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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 3 Jan 2018 - 0:29

3 janvier 1813 :
Le travail à la mine interdit aux enfants de moins de dix ans.





Durant des millénaires, les enfants ont filé un coup de main à leurs parents. Dans les champs, dans l'atelier, à l'usine. Et puis, voilà deux siècles, ils ont commencé à refuser le travail. Sous prétexte d'éducation...

Ce jour-là, Jean-Baptiste de Nompère, comte de Champagny et de l'Empire, duc de Cadore, grand chancelier de l'ordre de la Réunion, futur pair héréditaire des Cent-Jours, et ministre secrétaire d'État du gouvernement de Napoléon Ier, signe un décret sur le travail à la mine excluant l'embauche des enfants de moins de dix ans.


Hurrier Cobden - 1853 : « les esclaves blancs d'Angleterre ».

À l'époque, les mômes n'étaient pas les petits fainéants d'aujourd'hui qui squattent chez leurs parents jusqu'à 25 ans et plus. Au début du XIXe siècle, la plupart des enfants sont mis au turbin dès qu'ils peuvent marcher et gagner leur croûte. Autant d'empoché par des parents qui ne peuvent pas compter sur les allocs. En pays miniers, les très jeunes enfants sont recherchés, car leur petite taille leur permet de se livrer à de nombreuses activités dans les boyaux étroits. Ils se glissent partout, tirent les wagonnets douze heures par jour. Braves gosses qui aident leurs parents ! Cette main-d'oeuvre enfantine est vraiment du pain bénit : pas chère, docile, facilement renouvelable.

Vers la fin du XVIIIe siècle, quelques âmes charitables s'inquiètent du sort de cette jeune main-d'oeuvre corvéable à merci, et réclament une réglementation pour la protéger. Napoléon se laisse attendrir. D'où la rédaction d'un décret impérial signé par le duc de Cadore. Le texte précise qu'il "est défendu de laisser descendre ou travailler dans les mines et minières les enfants au-dessous de dix ans". Ce décret reste lettre morte, car Napoléon disparaît rapidement de la scène politique. Et ce ne sont pas les frères de Louis XVI qui vont s'inquiéter du sort des mioches.



Il faut attendre 1841 pour une nouvelle avancée en faveur de la fainéantise infantile. Vraiment timide : l'âge minimum de travail est alors porté... à 8 ans ! Mais, une fois de plus, la loi ne change rien à la pratique. Les petits morveux continent à aller au charbon. En 1874, nouvelle tentative : une nouvelle loi interdit l'embauche avant l'âge de 12 ans. Encore raté.

Enfin, le 28 mars 1882, la loi Ferry impose l'école obligatoire entre 6 et 13 ans. C'est depuis ce jour-là que nous avons commencé à devenir esclaves de nos enfants...
Le Point.fr


Victor Hugo
et le travail des enfants


Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche, on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue…



Victor Hugo
Mélancholia 1856
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 4 Jan 2018 - 9:31

4 janvier 1809
Naissance de Louis Braille




L’inventeur du système d’écriture tactile à l’usage des personnes aveugles ou fortement malvoyantes, Louis Braille, naît à Coupvray, près de Paris.

À l’âge de trois ans, le jeune Louis se blesse l’ œil droit avec une alêne. La blessure s’infectant, s’étendant à l’œil gauche, provoquera sa cécité.

Ayant quitté son village natal, c'est à l'Institution Royale des Aveugles, située au 68, rue Saint-Victor à Paris, école fondée par Valentin Haüy, qu'il étudie de 10 à 17 ans, puis qu'il enseigne.
Brillant en tout, en particulier en musique, il apprend le piano puis quelques temps après l'orgue.
Il améliorera la sonographie, un système d’écriture mis en place par Charles Barbier.


Maison Natale de Louis Braille

L'écriture braille
Louis Braille a travaillé à l'élaboration de son système d'écriture à partir de l'âge de douze ans. Entre 12 et 16 ans il va mettre au point une première version du Braille.
Il mettra en place son propre code alphabétique construit à partir de 2 rangées de 3 points, permettant 64 combinaisons comprenant l’alphabet, les accents, la ponctuation et les caractères musicaux.
L’alphabet braille sera rapidement adopté car nettement supérieur au système précédent.
En 1829 sort la première édition de l'ouvrage sur sa méthode dont la version définitive sera achevée en 1837 et qui sera peu à peu reconnue et définitivement adoptée par les aveugles du monde entier en 1844. Elle est encore universellement utilisée aujourd'hui

En 1835, Louis Braille atteint de tuberculose, a un premier accident pulmonaire. En grande partie due à l'insalubrité des locaux .
Le soir du 6 janvier 1852, il meurt à l'âge de 43 ans.
Il reposera à Coupvray avant d'être transféré au Panthéon en 1952.

Pour célébrer sa naissance, le 4 janvier sera déclarée Journée Mondiale du Braille en 2001.

Louis Braille et son invention


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 5 Jan 2018 - 11:17

5 janvier 1757
Tentative d'assassinat de Louis XV



Portait de Louis XV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud (1730).

Ce mercredi, à cinq heures du soir, Louis XV, alors qu'il venait de descendre l'escalier du petit-degré pour monter en voiture dans la cour de marbre, est frappé par le coup de poignard de Damiens.

Robert-François Damiens était né dans un faubourg d'Arras, appelé le faubourg Sainte-Catherine. Dès son enfance, ses noires méchancetés le firent surnommer, dans son pays, Robert-le-Diable. Il s'engagea deux fois, et se trouva au siège de Philisbourg. De retour en France, il entra en qualité de domestique au collège des jésuites : il en sortit en 1738 pour se marier. Après avoir servi dans différentes maisons de la capitale, et avoir empoisonné un de ses maîtres dans un lavement, il finit par un vol de cinquante louis qui l'obligea à prendre la fuite.


Vu de dos, Damiens, vêtu d’une cape, porte un chapeau et tient encore son couteau à la main

Il rôda quelque temps à Saint-Omer, à Dunkerque, à Bruxelles. Revenu à Paris, et se trouvant sans condition, il allait souvent dans la grande salle du palais, le temps de la plus grande effervescence des querelles de la magistrature et du clergé. L'emportement avec lequel il parlait, alluma l'imagination de Damiens, et lui inspira l'idée du plus exécrable de tous les attentats. Le roi étant prêt de monter en carosse pour aller de Versailles à Trianon, avec le dauphin, entouré de ses grands-officiers et de ses gardes, fut frappé au milieu d'eux d'un coup qui pénétra de quatre lignes dans les chairs ; il porta la main à sa blessure, et la retira teinte de quelques gouttes de sang.

Il vit en se retournant ce malheureux qui avait son chapeau sur la tête, et qui était précisément derrière lui. Il s'était avancé à travers les gardes, couvert d'une redingotte, à la faveur de l'obscurité, et les gardes l'avaient pris pour un homme de la suite du roi. Il fut arrêté sur-le-champ, et aprè avoir subi quelques interrogatoires à Versailles, il fut transféré à Paris, dans la tour de Montgomery, au-dessus de la chambre que Ravaillac avait autrefois occupée. La grande chambre du parlement instruisit son procès. Malgré les tortures les plus cruelles, il ne fut pas possible de lui arracher le moindre aveu, qui pût faire penser qu'il avait des complices. Il protesta toujours qu'il « n'eût pas commis son crime, si on l'avait saigné copieusement, et si son imagination n'eût pas été enflammée par les propos atroces qu'on tenait à la porte de la grand'chambre. »


Robert François Damiens devant ses juges.

On trouve dans l'histoire du parlement, de Voltaire, un passage dont la fin est curieuse. « Damiens déclara dans son interrogatoire, que c'était le nommé Gauthier, homme d'affaires d'un conseiller au parlement, qui lui avait souvent dit, qu'on ne pouvait finir ces querelles qu'en tuant le roi ; qu'il lui avait entendu tenir ce discours dix fois, et ajouter que c'était une oeuvre méritoire. » On lui confronta ce Gauthier, qui nia toute sa déposition. Il avoua seulement qu'il avait entendu un jour Damiens parler vivement des affaires du parlement, et qu'il avait dit que c'était un bon citoyen. »


Damiens tenaillé, écartelé et brûlé


La France pittoresque
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 6 Jan 2018 - 10:06

6 janvier
Fête de l'Epiphanie.


Le terme épiphanie est issu du grec et signifie apparition.

On a nommé cette fête la fête des Rois, dans la prévention généralement établie que les mages étaient des rois. Ces trois mages s'appelaient Balthasar, Gaspard et Melchior. Cette fête ne se célébrait autrefois qu'après avoir été précédée d'une veille et d'un jeûne très sévère. Il paraît surprenant, qu'à une coutume si pieuse, on ait substitué plus tard une solennité bien opposée à l'abstinence et à la mortification.


Galette des Rois artisanale.

Les Romains faisaient à la fin de décembre, ce que nous avons transporté au mois de janvier, à l'occasion de la fête des Rois ; ils tiraient au sort avec des fèves à qui serait roi.
La fève dans la galette des rois remonte au temps des Romains. C'est une fève blanche ou noire qui était déposée pour les scrutins. Au début de janvier, les saturnales de Rome élisaient le roi du festin au moyen d'une fève. Si la tradition est d'origine religieuse, elle est devenue une tradition familiale où on se rassemble pour découper la fameuse galette. Celui qui trouvera la fève sera couronné roi ... et choisira sa reine.


La Fête des Rois, de Jacob Jordaens, v. 1640-45 (Kunsthistorisches Museum, Vienne).

Cet usage tirait son origine de ce que, chez les Grecs, on en usait pour l'élection des magistrats, d'où est venu ce précepte de Pythagore, a fabis abstine : « Ne vous mêlez point du gouvernement. » Cet usage, qui d'abord n'avait lieu qu'au mois de décembre, s'étendit ensuite à tous les autres mois de l'année. Anciennement, dit Plutarque, on créait un chef, un législateur, un roi de la table dans les repas les plus sages ; il se faisait de deux manières, ou par le sort du dé, ou par le choix des convives.


Le Gâteau des Rois, par Jean-Baptiste Greuze, 1774 (musée Fabre, Montpellier).

On raconte qu'en 1684, le roi Louis XIV décida de fêter le jour des rois avec tous ses courtisans. On avait installé cinq tables, une pour les princes et quatre pour les dames et, bien entendu, autant de galettes. Il y eut à chaque table un roi et une reine qui devaient à leur tour nommer des ministres, des officiers, des ambassadeurs... D'une table à l'autre on s'amusait follement à se demander protection, à se proposer des alliances et aussi à se déclarer la guerre. Ce jour-là Louis XIV ne fut pas le roi, et recevoir des ordres l'amusa tant qu'il décida de recommencer la fête l'année suivante.


Gâteau des Rois consommé dans le Sud de la France.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Jan 2018 - 9:58

7 janvier 1709
Terrible hiver




Ce jour-là commença l'un des plus terribles froids dont on a gardé le souvenir, un hiver, comme le dit Saint-Simon, qui « fut de deux mois au-delà de tout souvenir ». On pouvait aller à pied du Danemark en Suède. Le Zuyderzee fut totalement gelé et même, ce qui ne s'était produit qu'en 1234, tous les canaux et la lagune de Venise furent pris par les glaces.
Le mardi 8 janvier 1709, le marquis de Dangeau notait dans son Journal : « Le roi n'a point voulu aujourd'hui aller à Trianon, parce qu'il vit hier, en allant à Marly, que ses gardes et les officiers qui le suivaient souffraient trop du froid excessif qu'il fait, car pour lui, ni le froid ni le chaud, quelque temps qu'il fasse, ne l'incommode jamais. »


Le lagon gelé en 1709, par Gabriele Bella,
une partie de la lagune gela en 1709 à Venise


Le 26 janvier, on put voire sur le Grand-Canal des boeufs tirer des traîneaux contenant des approvisionnements. Dans toutes les forêts d'Europe, les cerfs et les sangliers mouraient par milliers. Les courriers répétaient comme un leitmotiv : « On ne se souvient pas d'avoir ressenti un froid pareil. » Cependant, le froid prit une telle ampleur que Louis XIV, qui avait alors plus de soixante-dix ans, demeura confiné chez Mme de Maintenon. La température était atroce. « L'eau de la reine de Hongrie, les élixirs les plus forts et les liqueurs les plus spiritueuses cassèrent les bouteilles dans les armoires de chambres à feu et environnées de tuyaux de cheminées, dans plusieurs appartements de Versailles. »


Déficit de température durant l'hiver 1708/1709

Un magistrat parisien nous rapporte que « le pain gelait sur la table à mesure qu'on le mangeait. Le vin même gelait dans la cave. La bouteille de vin de Champagne se trouva toute gelée à l'exception d'un demi-verre qui était resté dans le centre de la bouteille, qui était tout l'esprit du vin et qui se trouva plus fort que de l'eau-de-vie. »
Toujours au cours de cet effarant mois de janvier 1709, le copiste de la marquise d'Huxelles dut interrompre son travail au milieu d'une lettre : l'encre de son encrier était gelée. Un incendie se déclara à Paris : lorsqu'on voulut sonner le tocsin, les cloches cassèrent ! Toutes les rivières de France étaient prises ; les moulins ne pouvaient tourner et les boulangers n'eurent plus de farine. Des centaines de personnes furent trouvées mortes de froid dans leur lit. Les oiseaux, gelés, tombaient en plein vol.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 8 Jan 2018 - 10:19

8 janvier 1642
Mort de Galilée.



Portrait de Galileo Galilei par Giusto Sustermans en 1636.

Il fut le premier qui fit parler à la physique le langage de la vérité et de la raison. Il n'y avait pas longtemps que le célèbre Copernic avait découvert le véritable système du monde : ce prudent astronome s'était bien gardé de faire intervenir dans son hypothèse, aucun passage des livres saints. Galilée en adoptant ce système, voulut absolument accorder l'astronomie et l'écriture sainte.

Déféré à l'Inquisition de Rome en 1615, il entassa démonstration sur démonstration, pour que le pape et le saint office déclarent le système de Copernic fondé sur la bible ; mais une congrégation nommée par le pontife, décida précisément tout le contraire. Galilée, dont on respectait les talents, en attaquant ses idées, en fut quitte pour une défense de ne plus soutenir ni de vive voix, ni par écrit, « que l'opinion du mouvement de la terre s'accordait avec les livres saints. »


Phases de la Lune dessinées par Galilée en 1616.

Galilée tint parole jusqu'en 1632, où il publia ses Dialogues, pour établir que « le soleil était immobile, et que la terre tournait autour de cet astre ». Il fut de nouveau cité à l'Inquisition, où il abjura son opinion sur l'évangile, comme une « absurdité » une « erreur », une « hérésie ». Mais un instant après, agité par le remords d'avoir fait un faux serment, on prétend qu'il frappa la terre du pied, en disant : « Mais pourtant elle tourne ! » Les inquisiteurs contents de sa soumission, le renvoyèrent à Florence.


La maison natale (au milieu) de Galilée à Pise.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 9 Jan 2018 - 9:31

9 janvier 1905
Mort de Louise Michel.



Louise Michel en 1880.

La célèbre héroïne de la Commune, était une ancienne institutrice si passionnée par les idées révolutionnaires qu'elle en avait perdu toute féminité. « Elle est laide, disait un journaliste, mais si on essaye d'oublier qu'elle est femme, sa laideur ne choque plus. » Elle racontait d'ailleurs elle-même avec beaucoup d'humour que suivie un soir, dans une rue de Paris, par un mauvais garçon en quête d'aventure, elle s'était brusquement retournée vers lui. L'homme s'était enfui épouvanté.


Louise Michel dans sa maison

Le 9 janvier 1905, Louise Michel mourait d’une congestion pulmonaire à Marseille où elle s’était rendue pour donner l’une de ses innombrables conférences en faveur de la cause libertaire.

En 1871, elle participe activement aux événements de la Commune de Paris, autant en première ligne qu'en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires.



Depuis son retour de Nouvelle-Calédonie – elle y fut déportée dès 1872 pour sa participation à la Commune – et à la faveur de l’amnistie générale de 1880, Louise Michel avait connu une intense activité de journaliste, de pamphlétaire et de conférencière. Elle était ainsi devenue une incarnation populaire de la révolution.


Les obsèques de Louise Michel.
Albert PETERS-DESTERACT ( - )
© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani


La dépouille de la « Vierge rouge » fut ramenée à Paris. À la gare de Lyon, d’importantes forces de police avaient été déployées pour contenir le cortège funèbre qui devait accompagner jusqu’au cimetière de Levallois-Perret le corbillard de septième classe, dit « des pauvres », recouvert d’un drap rouge et bordé de noir.

Dans cette eau-forte polychrome, l’artiste a cherché à produire l’effet d’une foule dense et compacte, sorte de flot humain ponctué de couronnes mortuaires, hérissé de drapeaux rouges et de bannières noires, duquel émerge au centre un cuirassier du service d’ordre. En privilégiant la représentation du cortège au détriment de celle du corbillard, hors champ, l’artiste peut mettre en scène l’hétérogénéité des admirateurs de Louise Michel – femmes, ouvriers, vétérans des causes passées, gamins de Paris dont un crieur du Libertaire… – et en promouvoir la cohérence par les couleurs. Avec un cadrage serré sur la foule et l’alignement des façades qui ferme toute perspective, Peters-Destéract tente de représenter ce que fut ce parcours de quatorze kilomètres que le cortège accomplit en quatre heures.

CLIC SUR LA PHOTO
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Jan 2018 - 10:22

10 janvier 1870
Mort de Victor Noir.




Pierre Bonaparte - l'un des fils de Lucien, frère de Napoléon Ier - tue ce jour-là Victor Noir, un jeune rédacteur du journal de Rochefort, la Marseillaise. La publication avait attaqué le prince Bonaparte de manière assez grossière. L'auteur de l'article, Grousset, avait même insulté toute la famille impériale, et un duel avait été prévu entre le pamphlétaire et le neveu du grand empereur.



Victor Noir, de son vrai nom Ivan Salmon, était l'un des deux jeunes témoins envoyés par Grousset au prince, à son domicile 9 rue d'Auteuil. L'entrevue prit tout de suite un caractère violent, Victor Noir frappa Bonaparte de sa canne au visage et le prince Pierre fit feu... Il alla aussitôt se constituer prisonnier, mais, le surlendemain, les funérailles de Victor Noir devaient donner lieu à de violentes manifestations contre le régime impérial et grouper autour du cercueil de Victor Noir les futurs communards.


Funérailles de Victor Noir

Plus de cent mille personnes se déplacent et initient une agitation anti-bonapartiste qui prélude à la chute du Second Empire. Les obsèques du 12 janvier sont frénétiques. Des gens du peuple coupent les traits des chevaux pour tirer le char funèbre à leur place. On croise dans cette foule Eugène Varlin, Louise Michel (qui prend le deuil après les funérailles), Jean-Baptiste Millière… Pour certains comme Gustave Flourens, les funérailles sont une occasion de déclencher le renversement de l'Empire, ils réclament de transporter le corps dans Paris pour appeler la foule à l'insurrection. Mais de leur côté, les partisans de l'Internationale pensent que la révolution est inéluctable et qu'il serait imprudent de la compromettre par trop de précipitation. Charles Delescluze, rédacteur du Réveil, appelle au calme et Rochefort, Vallès et Grousset proposent de se rendre à l'Assemblée, où ils ne sont même pas reçus.


En 2004, une barrière a été installée autour de la tombe
pour empêcher cette "profanation" pas tout à fait catholique


En 1891, la dépouille, devenue un symbole républicain, est transférée à Paris au Père-Lachaise. Jules Dalou, ardent défenseur de la RépubliqueNotes , réalise son gisant en bronze, où Noir apparaît dans l’état où il aurait été trouvé après le coup de feu. L’œuvre est conçue dans un réalisme dénué de tout ornement. La bouche est ouverte et les mains gantées, les vêtements dégrafés, le chapeau a roulé.
Suivant la technique courante à l’époque, Dalou modèle d’abord la figure nue avant de l’habiller, dotant en l'occurrence son œuvre d'une virilité bien moulée par le pantalon. Ce réalisme anatomique entraîne certaines personnes superstitieuses à toucher le gisant depuis des années, d’où une oxydation disparue de la patine et une érosion du bronze sur le relief du visage, l’impact de balle, la partie virile et les chaussures, que présente la statue de nos jours. Un folklore veut en effet que les femmes en mal d’enfants touchent le gisant afin d’être rendues fertiles. C’est surtout par cette tradition, toujours en vogue, qu’est connue la sépulture de Victor Noir.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 11 Jan 2018 - 8:22

11 janvier 1814
Trahison de Murat.



Joachim Ier Murat, Roi de Naples.

Joachim est le dernier des onze enfants d'un couple d'aubergistes, Pierre Murat-Jordy et sa femme, Jeanne Loubières.
Les relations sont difficiles avec Napoléon. S'ils sont beaux-frères, les deux hommes ne s'apprécient guère. Napoléon méprise Murat qu'il qualifie de « coq vaniteux », il aurait préféré donner la main de sa sœur Caroline au général Moreau mais, voulant rendre sa sœur heureuse, il avait privilégié l'amour à la raison.


Caroline Bonaparte

Le 1er août 1808, Joachim Murat devient roi de Naples. Il doit abandonner le grand-duché de Berg, toutes ses propriétés françaises ainsi que leur luxueux mobilier et sa solde de maréchal, dont il conserve toutefois le bâton, et n'accueille pas la nouvelle avec le plus grand enthousiasme. Il se ravise vite devant l'accueil chaleureux que lui réservent les Napolitains. Ils aiment ce cavalier déjà légendaire, son goût du panache et du flamboyant. Ils se souviennent aussi probablement avec reconnaissance de sa proclamation de 1801.


Pièce du royaume de Naples à l'effigie de Murat.

A  la  suite  d’un  ultimatum  de  Metternich,  apporté  par  Neipperg  –  le  futur époux de Marie-Louise – et après quatre jours d’ultimes temporisations, Murat se décide à trahir Napoléon. Il met ainsi un terme à près d’un an de négociations secrètes avec l’Autriche, puis les Alliés.
Ces négociations ne l’ont pas empêché d’ailleurs de se battre encore un peu  dans  la  campagne  d’Allemagne  et  de  mettre  en  déroute  la  cavalerie ennemie. Un beau jour, il arrive en chargeant à 300 mètres de la butte où se
tient l’empereur de Russie Alexandre :
« Vraiment, murmure le tsar, notre allié cache trop son jeu ! »


Le général Murat à la bataille d'Aboukir. Tableau d'Antoine-Jean Gros (1806).

Mais ce 11 janvier 1814, le traité est enfin signé ; le roi Murant acceptait de  mettre  à  la  disposition  des  Alliés  un  contingent  de  30.000  hommes  et s’engageait  à  ne  conclure  la  paix  que  d’accord  avec  l’Autriche.  Il  renonçait  en outre à son royaume - l’Angleterre l’exigeait – si on lui accordait un territoire de 40.000 âmes en Italie.
Deux jours plus tard, Murat entrait dans la chambre de sa femme où se trouvait Mme de Récamier à qui il demanda ce qu’il devrait faire :
« Vous êtes Français, Sire, répondit-elle, c’est à la France qu’il vous faut être fidèle. »
Murat pâlit : « Je suis donc un traître dit-il. » Et montrant par la fenêtre la flotte anglaise entrant dans le port de Naples, il se jeta sur un canapé et fondant en larmes, il couvrit sa figure de ses mains. »


Statue de Joachim Murat sur la façade du Palais royal de Naples.

En septembre 1815, voulant rééditer pour son propre compte le retour de l’Ile  d’Elbe,  il  débarqua  non  loin  de  Naples  avec  25  hommes.  Capturé  par  les soldats du roi Ferdinand IV, il fut condamné à mort.
Il partit bravement à la mort, rachetant par ses dernières heures, les deux années où il avait forfait à l’honneur.


Copie originale de l'acte de condamnation à mort de Joachim Murat conservé aux Archives d'État de Naples.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 12 Jan 2018 - 9:47

12 janvier 1913
Les derniers omnibus à chevaux disparaissent au profit des autobus.



Un omnibus à Paris en 1900.

En France, les omnibus naissent à Nantes, au début du XIXe siècle, lorsqu'Étienne Bureau, petit-fils d'armateur, imagine un véhicule pour transporter ses employés entre les bureaux de l'entreprise, situés dans le centre, rue Jean-Jacques-Rousseau, et les entrepôts des Salorges où se trouvent les services de la Douane.

En 1826, Stanislas Baudry, un autre homme d'affaires nantais, met en place le même service pour convoyer ses clients du centre-ville vers la rue de Richebourg, où se trouvent des bains publics qu'il a créés comme annexe d'une minoterie.
Lorsque Stanislas Baudry décide de créer le même service à Paris, il fonde une nouvelle entreprise à qui il donne le nom d'Entreprise générale des omnibus (EGO).


Un car Ripert sur le Pont Tilsit (actuel Pont Bonaparte) à Lyon vers 1900

À la fin du XIXe siècle, les voitures d'omnibus sont souvent soit dérivées du modèle parisien, à impériale et roues inégales, soit du type « Car Ripert », conçu par le carrossier marseillais Ripert au début des années 1880, plus pratiques et plus légers que les omnibus parisiens, transposant pour la route le petit tramway à plates-formes extrêmes qui existait à l'époque.


Car Ripert grenoblois

Journal des Débats, 7 janvier 1830 :
    « Une ordonnance de police taxe à 50 centimes (6 sous) les places des Omnibus et autres voitures de cette nature qui circulent dans Paris. »
    L'italique montre soit que le mot est encore ressenti comme étranger, moins de deux ans après l'apparition des omnibus à Paris, soit qu'il est plus ou moins réservé aux véhicules de l'EGO.


Omnibus De Dion-Bouton toujours en 1899, conduit par Georges Bouton en personne.

Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, chapitre LXXVII
(L'action se situe en 1838 à Paris. Albert de Morcerf entre dans l'appartement de style oriental d'Haydée, dans la maison du comte de Monte-Cristo) :
    « Mon cher hôte, et vous, signora,…, excusez ma stupéfaction. … Voici que je retrouve l'Orient, l'Orient véritable… Tout à l'heure, j'entendais rouler des omnibus et tinter les sonnettes des marchands de limonades. O signora ! que ne sais-je parler le grec… »

A Bordeaux, en 1897 une déclaration municipale sous le mandat du maire Camille Cousteau est adoptée pour substituer la traction électrique à la traction animale. En 1898, la Compagnie Française des Tramways Électriques et Omnibus de Bordeaux (TEOB) est créée. Camille Cousteau inaugure, en février 1900, la première ligne de tramway électrique.


Tramway électrique place de la Comédie dans les années 1900

Chanson nantaise (Almanach de 1828), sur l'air d'En avant, Fanfan Latulipe (extrait) :

« Pauvre fiacr', quand tu t'appliques
A chercher de rich's chalands
Les échopp's et les boutiques
Seront à nous pour longtemps.

On dit bientôt qu'sur chaqu'route,
Les piétons ne s'verront plus ;
La moitié d'la Franc', sans doute,
Mèn'ra l'autr' en omnibus. »


Cette chanson aurait été composée par un conducteur des omnibus nantais.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 13 Jan 2018 - 10:34

13 janvier 1898
Émile Zola : "J'accuse !"




L'écrivain Émile Zola publie dans le journal "L'Aurore" une lettre ouverte au président de la République Félix Faure.
Le titre lui est soufflé par Georges Clémenceau, alors éditorialiste du journal : "J'accuse".

Vendu habituellement à trente mille exemplaires, le journal diffuse ce jour là près de trois cent mille copies !


Première des 32 pages autographes du manuscrit de « J'accuse… ! », janvier 1898

La lettre dénonce l'antisémitisme et les erreurs judiciaires dont est victime le capitaine Alfred Dreyfus depuis le mois d'octobre 1894.


En mars 1898, Émile Zola est photographié par Nadar
dans l'attitude qu'évoque la conclusion de « J'accuse…! » :
« J'attends ».


En prenant ouvertement la défense de Dreyfus, condamné à la déportation à vie en Guyane pour crime d'espionnage au profit de l'Allemagne, Zola s'oppose au gouvernement de Jules Méline, lequel déclara « Il n'y a pas d'affaire Dreyfus. »

Zola sera condamné à 3.000 francs d'amende et à un an de prison pour diffamation envers une autorité publique.

Le "J'accuse" fait du cas Dreyfus une "affaire" et divise la France. Cette affaire est l'une des crises les plus graves de la IIIe République.


DREYFUS, Alfred (1859-1935)

Capitaine artilleur d'origine juive, est accusé et jugé sommairement de haute trahison en 1894 avant d'être réintégré en 1906.
Dans ce texte virulent qui occupe la première page du quotidien, le célèbre écrivain dénonce les manigances qui entourent le procès du capitaine Alfred Dreyfus, accusé à tort d'espionnage, et l'acquittement par le conseil de guerre, trois jours plus tôt, du capitaine Esterhazy, le vrai coupable.

La source du combat d'Émile Zola est à rechercher dans la tradition d'engagement politique de l'intellectuel, illustrée avant lui, et notamment, par Voltaire et l'affaire Calas au XVIIIe siècle ou encore plus récemment, par Victor Hugo, dont l'affrontement avec Louis-Napoléon Bonaparte reste vivant dans tous les esprit.
Ces écrivains ont su à l'occasion consacrer leur savoir-faire et leur habileté rhétorique à combattre l'intolérance et l'injustice. Ils ont mis leur célébrité au service de la cause défendue, sans souci des conséquences. Le camp dreyfusard cherchait à générer un engagement de ce type, souhaitait l'emblème littéraire au profit de leur cause. La presse de l'automne-hiver 1897-1898 fait référence de nombreuses fois à l'affaire Calas ou au Masque de fer, en réclamant un nouveau Voltaire pour défendre Alfred Dreyfus.


L'âge du papier par Félix Vallotton.
Eau forte publiée le 23 janvier 1898 dans le Cri de Paris.


De l'unanimité politique dans la condamnation du « traître Dreyfus » en 1894, le monde politique se divise peu à peu à l'image de la population elle-même, à mesure des révélations. Cette scission en deux camps radicalement opposés est une conséquence de la publication du pamphlet de Zola, et du procès qui s'ensuit un mois plus tard.

La gauche républicaine dans son ensemble change d'avis, éclairée par les preuves des manipulations politiques et militaires61. À l'image de Clemenceau ou Jaurès, très hostiles à Dreyfus en 1894, ils finissent par être convaincus par les plus chauds partisans du capitaine en comprenant les réalités du dossier. Ils s'engagent dès lors totalement pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus.

Mais par cette scission, la France politique restera durablement coupée en deux camps irréductibles. René Rémond voit même dans cet évènement l'une des origines de l'affrontement droite-gauche, encore en vigueur de nos jours.


« Le roi des porcs », caricature dans le Musée des
Horreurs. Émile Zola devient la cible privilégiée du courant
anti-dreyfusard.


En conclusion de son article, Zola appelle de ses vœux un procès devant les Assises afin de faire éclater la vérité. Il espère substituer une affaire Zola aux affaires Dreyfus et Esterhazy, sur lesquelles il est interdit de revenir, puisqu'elles ont été jugées. L'indécision est grande dans les pouvoirs publics, qui hésitent à traduire l'écrivain devant le tribunal.

Seules dix-huit lignes du journal sur plusieurs centaines sont retenues contre Émile Zola et Alexandre Perrenx, gérant du quotidien. Il est en effet jugé à plusieurs reprises, car, d'une part, le procès d'assises est cassé et rejugé, et, d'autre part, plusieurs procès connexes sont intentés contre l'écrivain. Le premier procès se déroule du 8 au 23 février 1898, au travers de quinze audiences. La condamnation qui s'ensuit est cassée le 2 avril 1898. Un second procès se déroule le 18 juillet 1898 qui confirme la condamnation.

Pour échapper à la prison, Zola s'exile en Angleterre dès le 18 juillet, où il passe onze mois dans l'attente d'une révision du procès Dreyfus. L'arrêt de révision renvoyant Alfred Dreyfus devant le conseil de guerre de Rennes est rendu le 3 juin 1899. Zola peut alors rentrer en France où il publie dans L'Aurore l'article Justice dans lequel il se félicite de cette décision. Mais le procès de Rennes est éprouvant pour les dreyfusards, proches du désespoir, et Zola continuera à lutter jusqu'à sa mort pour demander la réhabilitation d'Alfred Dreyfus.


Zola et la Postérité, caricature de Caran d'Ache, 1899.


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Jan 2018 - 10:46

14 janvier 1858
Un attentat contre Napoléon III à l'origine de l'Opéra-Garnier




Un attentat à l’origine de l’Opéra-Garnier ? Oui ! Tout commence avec un autre drame : l’assassinat du duc de Berry en 1820, à la sortie de l’Opéra de la rue de Richelieu (1er et 2e arr).
Brrr, souvenir sanglant ! On détruit la salle, et Paris se retrouve sans opéra. Vite, on reconstruit une salle, en 1821 : l’opéra Le Peletier, situé dans la rue du même nom, dans le 9e arr.
Avant sa destruction par un incendie en 1873, c’est une salle super courue, bien qu’elle soit située dans un quartier mal famé, un vrai coupe-gorge...
Mais c’est aussi l’endroit où l’empereur Napoléon III et sa femme Eugénie échappe à l’attentat de Felice Orsini, le 14 janvier 1858.



L’explosion vient de souffler les jambes des chevaux. Des hurlements stridents éclatent à droite, à gauche. Du sang. Partout. Horreur !
3 bombes viennent d’éclater dans la rue Le Peletier, au moment du passage de la calèche impériale : lancées à tour de rôle par les 3 complices d’Orsini. Orsini, lui, en balance une, mais pas la 2nde prévue... Pourquoi ? La 1ere l’a touché à la tête et l'a complètement estourbi...


"Felice Orsini (1819-1858)

Les explosions font une dizaine de morts et près de 200 victimes. Toutes les vitres de la rue Le Peletier ont été soufflées. Le couple impérial, lui, s’en sort sans un bleu. Ou presque : Eugénie a été éjectée de la voiture et on la retrouve la choucroute de traviole, couverte de sang sur le trottoir.
Woah ! On remerciera le concepteur du carrosse qui avait installé d'épaisses plaques d’acier sur les côtés...
Dès le lendemain, Napoléon prend la décision de faire construire un nouvel opéra dans un endroit plus aéré, moins coupe-gorge, pour éviter ce genre de truc... Et hop : un certain Charles Garnier se lance dans la construction de l’opéra actuel dès 1861.
Orsini, lui, s'était fait exécuter le 13 mars 1858...


Léonard Saurfelt. "L'Opéra Garnier vu de la rue Auber, vers 1880"
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Hier à 9:53

15 janvier 1681
Sédileau, membre de l'académie des Sciences, fait les expériences suivantes sur la neige :


1. La neige telle qu'elle tombe naturellement, sans être ni pressée, ni foulée, rend un sixième d'eau
2. Lorsque la neige fond, elle ne fond pas comme le beurre, la graisse, ni même comme la glace, dont les parties de la surface extérieure se fendent d'abord, et deviennent fluides ; mais la neige, avant de tomber et de se réduire en eau, rentre en elle-même, et diminue beaucoup son volume. Sur la gelée, le même physicien remarque plusieurs choses : qu'ayant expoé à l'air un verre rempli d'eau pour la faire geler, la surface supérieure est glacée la première ; ayant fait geler du vin et du vinaigre, ces liqueurs commencent à se glacer en même temps dans le haut et dans le bas du verre ; ayant gelé du vin et du vinaigre qui était resté non glacé, le vin avait perdu beaucoup de sa force, sans avoir perdu de sa couleur ; le vinaigre avait augmenté en force et en couleur.




Sédileau est un mathématicien et astronome français, membre de l'Académie royale des sciences, mort à la fin d'avril 1693.
Il a été un observateur, soit pour l'astronomie, soit pour l'histoire naturelle. Il a donné une grande quantité de relevés météorologiques permettant de constater que la quantité de l'eau de pluie est suffisante pour produire celle que les rivières donnent à la mer.
En 1683, Cassini a proposé à l'Académie de prolonger à travers tout le royaume la mesure de la Méridienne de Paris à travers tout le royaume commencée par Jean Picard. Cassini, avec l'aide de Sédileau, Chazelles, Des Hayes, Perin et Varin, il a mesuré la portion entre Paris et Bourges.
Il a eu une grande part aux travaux de Philippe de La Hire. Il a suivi les travaux du canal devant amener l'eau de l'Eure au château de Versailles.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Aujourd'hui à 10:40

16 janvier 1920
La « Prohibition » entre en vigueur aux États-Unis




À partir de cette date, les Américains n’ont plus le droit d’acheter, de vendre ou de fabriquer une seule goutte d’alcool. C’est ce que l’on appelle la Prohibition.

Les mesures relatives à la prohibition furent alors promues et soutenues par plusieurs pasteurs désireux d'élever le niveau de moralité et d'améliorer la vie des citoyens parmi les plus pauvres, de même que par certaines femmes associant alcoolisme et violences conjugales. Avant d'être force de loi, les mesures de Prohibition furent revendiquées par une importante faction du « mouvement pour la tempérance (en) », un mouvement social-religieux des plus actifs qui souhaitait aussi voir l'alcool rendu illégal au Canada. Les premières Ligues de tempérance firent d'abord leur apparition à la fin du XVIIIe siècle. Dès lors et à partir de 1825, Lyman Beecher, pasteur presbytérien du Connecticut, se mit à haranguer ses concitoyens sur les dangers de l'alcool. La Société américaine de tempérance fut ainsi fondée en 1826 et dès la première moitié du XIXe siècle, l'État du Maine instaura la prohibition. En 1855, 12 autres États avaient rejoint le Maine dans la prohibition totale et formèrent alors le groupe des États dits « secs » (dry states) ; les autres États où les lois de prohibition ne s'appliquaient pas furent qualifiés d'« humides » (wet states).


Une descente de police, en 1925, à Elk Lake (James (en)),
dans la province de l'Ontario.


Alors que la plupart des brasseries américaines étaient aux mains d'intérêts dirigées par des Germano-Américains ou leurs descendants, le mouvement prohibitionniste fut encouragé par le sentiment germanophobe prévalant lors de la Première Guerre mondiale et l'alcool ne devait, en aucun cas, détourner les Américains de leur but essentiel : la victoire. Le 22 décembre 1917, le 18e amendement à la Constitution fut proposé à la chambre des représentants et adopté, en 1919, par trente-six des États américains. Le Volstead Act interdira alors la fabrication, la vente et le transport de toutes boissons contenant plus de 0,5 % d'alcool, exception faite pour les breuvages médicaux, du vin pour la messe ou pour les boissons concoctées à la maison.



Beaucoup de problèmes sociaux furent engendrés par l'ère de la prohibition. Un marché noir extrêmement rentable et souvent violent de l'alcool se développa. Le trafic illicite d'alcool s'étendit lorsque de puissants gangs réussirent à infiltrer et corrompre les agences dont la mission était justement de veiller à l'application de la prohibition. Les boissons les plus fortement alcoolisées gagnèrent en popularité car leur pouvoir enivrant élevé rendait leur contrebande plus rentable. Enfin, faire respecter la prohibition eut un coût élevé qui, ajouté à l'absence de revenu provenant des taxes légales sur l'alcool (soit environ 500 millions de dollars américains annuellement pour l'ensemble du pays), greva durement les réserves financières des États-Unis.

Amendé le 17 février 1933 par le Blaine Act, autorisant la vente de bières légères et de boissons faiblement alcoolisées.
En avril 1933, le président Franklin Delano Roosevelt abrogea finalement le Volstead Act qui jusqu'alors justifiait et définissait la prohibition. Cela permit à l’État de lever de nouvelles taxes.
Le Volstead Act, devint finalement caduque, laissant la place à la ratification du 21ème amendement de la Constitution et à la fin officielle de la Prohibition aux Etats-Unis à partir du 5 décembre 1933.

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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)
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