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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 29 Juin 2018 - 7:10

29 juin 1525
L’avocat de François Ier
défend des rats menacés d’excommunication



Portrait de Barthélémy de Chasseneuz
par le graveur Jacquues Cundier.


La coutume d’excommunier les rats se traitait dans les règles : elle passait d’abord par-devant les juges civils ; deux avocats plaidaient, l’un pour et l’autre contre les rats. Ensuite, sur la sentence ces juges séculiers, ceux d’Église faisaient droit.

Barthélemy de Chasseneuz, mort premier président du parlement de Provence et jurisconsulte connu par ses commentaires sur la coutume de Bourgogne et par d’autres ouvrages, ne crut pas les rats indignes de son éloquence et de son érudition. En 1525, les rats accusés et convaincus d’avoir fait beaucoup de dégâts aux environs d’Autun, furent excommuniés par l’évêque. Chasseneuz, qui était alors avocat du roi François Ierdans cette ville, prit leur défense, et fit en leur faveur un fort beau plaidoyer, au moins autant qu’on peut le présumer ; car malheureusement il n’est point dans ses ouvrages.


Un médecin de peste à Rome,
pendant une épidémie de peste,
portant un masque de protection.


Le président de Thou en parle comme d’une pièce qui a subsisté, mais qu’il n’a pas vue, et semble ne la citer qu’après Chasseneuz lui-même, qui en parle dans son traité de la coutume de Bourgogne. Comme on l’a perdue, les historiens ont raisonné selon qu’il leur a plu, et disent que « monsieur de Chasseneuz (...) étant à Autun dans un temps que quelques villages de l’Auxois demandaient qu’il plût aux juges d’église d’excommunier les rats qui désolaient le pays, il avait pris la défense de ces animaux, et remontré que le terme qui leur avait été donné pour comparaître, était trop court, d’autant plus qu’il y avait pour eux du danger à se mettre en chemin, tous les chats des villages voisins étant aux aguets pour les arrêter en passant : sur quoi, Chasseneuz avait obtenu qu’ils seraient cités de nouveau, avec un plus long délai pour y répondre. »

Déjà, en 1516, les chenilles et les mulots de la région de Troyes avaient été excommuniés, cependant, parmi les animaux nuisibles, les rats ont toujours été ceux contre lesquels la répulsion était la plus grande. Ils étaient considérés comme des ennemis redoutables, et l’on pensait que les puces qu’ils transportaient contenaient les germes de la peste.


La puce du rat, Xenopsylla cheopis
est le principal vecteur de la peste.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 30 Juin 2018 - 9:10

30 juin 1559
Le dernier tournoi d’Henri II…



Le roi Henri II,
portrait d'après François Clouet, 1559.


Henri II est un passionné d’exercice physique, il adore les tournois. La paix revenue, il va s’en donner à cœur joie…

Le Beau Ténébreux

Jeudi 30 juin 1559. Catherine de Médicis vient de s’installer dans les tribunes qui ont été dressées devant l’Hôtel des Tournelles, rue Saint-Antoine – au niveau de l’actuel n° 62 – à Paris pour fêter le traité de Cateau-Cambrésis. À ses côtés, sa rivale en amour : Diane de Poitiers, vêtue de noir et blanc, ses couleurs, celles du deuil qu’elle porte depuis la mort de son mari en 1532, cela fait vingt-sept ans ! Henri II, le Beau Ténébreux à la triste figure, porte pour le tournoi les couleurs de sa maîtresse, le noir et le blanc !


Le tournoi fatal. Gravure allemande du XVIe siècle.

La prédiction de Nostradamus

Catherine de Médicis est terriblement angoissée : voilà bien des années, son astrologue Luc Gauric lui a demandé d’agir de sorte que son mari évite tout combat en champ clos, surtout vers sa quarantième année. Henri a quarante ans, et il va combattre en champ clos ! De plus, Nostradamus, consulté sur l’avenir du roi, a affirmé qu’il mourrait de façon cruelle. Ajoutez à cela que, de son troisième adversaire, Montgomery, Charles Quint a dit qu’il avait entre les deux yeux un signe néfaste qui présageait la mort d’un prince à la Fleur de Lys, l’emblème des rois de France. Enfin, pour couronner le tout, le cheval que monte le roi s’appelle… Malheureux !


Devant l’hôtel des Tournelles, le tournoi fatal à Henri II.

Choc terrible !

Le premier tournoi est lancé : Henri est vainqueur. Le deuxième est indécis : est-ce Henri, est-ce Guise qui a gagné ? On ne le sait trop. Le troisième s’engage : la lance de bois terminée par une pointe de fer, Henri lance son cheval contre l’anglais Montgomery. Le choc est terrible, mais les deux cavaliers demeurent en selle. Il est midi, il fait une chaleur étouffante. Montgomery demande l’arrêt du combat, conservant sous son bras sa lance cassée. Le roi refuse !


L'agonie d'Henri II à l'hôtel des Tournelles.

La lance dans l’œil, jusqu’à l’oreille !

Le maréchal de Vieilleville n’a pas le temps de raccrocher la visière du casque royal : déjà Henri II s’est saisi d’une nouvelle lance et galope vers Montgomery qui, sur son cheval au galop également, lui oppose sa lance cassée. Celle-ci glisse sur l’armure du roi et pénètre dans son casque qui s’ouvre sans difficulté. Les morceaux pointus de la lance cassée entrent dans la tête d’Henri II en cinq endroits, dans l’œil, le front, la tempe. Le plus gros morceau fait dix centimètres, il est entré par l’œil droit pour ressortir par l’oreille ! La tribune se lève, Henri II s’agrippe à l’encolure de son cheval, tombe dans les bras de ses pages. Catherine de Médicis s’évanouit. On appelle Ambroise Paré, Jean chapelain, premier médecin du roi.


André Vésale au chevet du roi

Henri, Catherine et Diane sur le poêle

Les blessures sont extrêmement graves. Dans les jours qui suivent, on fait même venir de Bruxelles, à bride abattue, André Vésale, un anatomiste flamand qui est le médecin de Philippe II d’Espagne ! Et puis, pour mieux comprendre l’état des lieux dans le royal cerveau, Ambroise paré demande qu’on exécute six condamnés à mort à la prison du Châtelet, et qu’on lui apporte leurs têtes tranchées. Consciencieusement, il enfonce dans ces têtes des morceaux de bois comparables à ceux de la lance de Montgomery. En vain ! La blessure du roi s’envenime, il meurt le 10 juillet 1559, en fin de matinée. Sur le poêle (le drap qui couvre le cercueil) figurent – comme à Chenonceaux – les initiales H de Henri, et C de Catherine de Médicis, la reine. Mais en y regardant mieux, on voit surtout, dans l’entrelacs des lettres majuscules, apparaître un D, un D majestueux d’insolence et d’amour : celui de Diane !



Gisants de Catherine de Médicis et Henri II

LIRE AUSSI : Levrette VS Infertilité : la Monotonie Sexuelle Forcée d’Henri II et Catherine de Médicis
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 1 Juil 2018 - 7:04

1er juillet 1804
Naissance de George Sand



Portrait de George Sand par Auguste Charpentier
(1838) coll. Musée de la vie romantique, à Paris.


L'auteur est née le 1er juillet 1804 à Paris sous le nom d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant. Ses parents sont un officier, Maurice Dupin de Francueil, et la fille d'un pauvre cabaretier, Sophie Laborde.

Son père a eu un fils naturel d'une servante et sa mère une fille d'un père inconnu. Ensemble, ils ont eu plusieurs enfants morts en bas âge et c'est seulement quelques mois avant la naissance de la future George Sand qu'ils ont décidé de se marier enfin.

Notons pour la petite histoire que la mère de Maurice Dupin, Marie-Aurore de Saxe, était elle-même une fille illégitime du maréchal Maurice de Saxe, le vainqueur de Fontenoy (1745), et d'une maîtresse de passage, l'actrice Marie Rinteau.

Le maréchal de Saxe, qui n'avait ni reconnu ni légué quoi que ce soit à la seule descendante qu'on lui connaisse (malgré d'innombrables maîtresses), était lui-même le fils naturel de l'Électeur de Saxe, l'illustre Frédéric-Auguste 1er Le Fort et de la comtesse Aurore de Königsmarck.


La maison natale d'Aurore Dupin,
rue Meslay à Paris.


Révélation de George Sand

Le 2 mai 1832, la critique littéraire salue la sortie à Paris d'un roman intitulé Indiana. Tiré à 750 exemplaires, il dresse la critique de la vie bourgeoise sous le règne de Louis-Philippe 1er. Son auteur est un inconnu du nom de George Sand.

Derrière ce pseudonyme se cache une jeune femme de 28 ans au parcours déjà rocambolesque, née le 1er juillet 1804 à Paris sous le nom d'Amantine Aurore Lucile Dupin. Ses parents sont un officier et la fille d'un pauvre cabaretier.

Elle épouse à 18 ans le baron Dudevant dont elle se séparera en 1836 après une relation orageuse et de multiples liaisons. Un an après le mariage, en 1823, naît un garçon, Maurice. Cinq ans plus tard naît une fille, Solange.

Le pseudonyme George Sand sous lequel Aurore accède à la célébrité littéraire rappelle par ailleurs Jules Sandeau, l'amant avec lequel elle a commencé à écrire.


Portrait de « George Sand habillé en homme »

Passionnée et volontiers exubérante, révolutionnaire et républicaine dans l'âme, elle mène en marge de ses travaux d'écriture maints combats politiques et des engagements féministes avant l'heure.

Elle ne craint pas non plus de scandaliser les bonnes âmes en s'affichant en tenue d'homme ou avec un cigare.

Retour à la terre


La maturité venue, la romancière prend ses distances avec la bourgeoisie louis-philipparde et découvre comme bien d'autres le monde du travail. Elle devient ainsi l'amie du peintre Jean-François Millet, l'auteur de L'Angélus.


Maison de George Sand à Nohant

Après les journées révolutionnaires de 1848, elle se retire dans son château de Nohant, au coeur de cette campagne berrichonne qui lui fournit la matière de ses meilleurs romans : La Mare au diable (1846), François le Champi (1847) ou encore La petite Fadette (1849).

Elle écrit vite. Quatre jours lui suffisent par exemple pour écrire La Mare au diable, l'un de ses plus célèbres ouvrages. Mais elle prend ensuite son temps pour relire et corriger son texte.

Après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte et la fondation du Second Empire, en 1852, elle se tient à l'écart du pouvoir mais conserve l'estime de l'empereur, lui-même connu pour sa fibre sociale.

La « dame de Nohant » meurt dans la sérénité le 8 juin 1876. Passionnée, provocatrice, elle a créé un personnage inédit : la femme libérée.


Statue de Georges Sand au jardin du Luxembourg à Paris
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 1 Juil 2018 - 7:41

Haut personnage historique qui a marqué son époque .

Merci Opaline .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 2 Juil 2018 - 7:59


2 juillet 1816
Échouage de la Méduse




Le 2 juillet 1816, la frégate La Méduse s'échoue au large de l'actuelle Mauritanie avec 395 marins et soldats. Le navire a quitté Bordeaux le 27 avril, accompagné de la corvette L'Écho, la flûte La Loire et le brick L'Argus.

L'expédition est commandée par un capitaine de frégate émigré sous la Révolution, Hugues de Chaumareys (51 ans). Elle a reçu mission de réoccuper le Sénégal, restitué à la France par le traité de Paris, après la chute de Napoléon 1er, quelques mois plus tôt.


Le Naufrage de La Méduse, 1818, lithographie de Charles Philibert de Lasteyrie
d'après une composition d'Hippolyte Lecomte.


Le drame

Contre l'avis de ses officiers, le commandant veut couper au plus court. Son navire, La Méduse, s'éloigne ainsi du reste de la flotille et s'engage sur le banc de sable d'Arguin, à plus de 60 kilomètres des côtes africaines. Il est bientôt immobilisé et il faut l'évacuer.

Tandis que les officiers, les passagers et une partie des marins se replient sur les canots, 152 hommes doivent se contenter d'un radeau de fortune de 20 mètres de long. Le radeau est tiré dans un premier temps par les canots. Mais une nuit, les amarres cèdent, sans doute larguées volontairement par le commandant d'un canot, et le radeau est abandonné à lui-même.


Radeau de la Méduse reconstitué à l'échelle 1 visible dans la cour du musée de la Marine à Rochefort.

Après 13 jours sous un soleil implacable, une quinzaine de survivants sont enfin recueillis par L'Argus. Ils dépeignent les violences extrêmes auxquelles ils ont été réduits, y compris le cannibalisme. Leur récit émeut l'opinion publique. Le commandant Chaumareys et les officiers passent en cour martiale.

Un jeune artiste, Théodore Géricault, s'inspire du drame pour peindre l'un des premiers chefs-d'oeuvre de l'école romantique.

Le tableau Le Radeau de La Méduse (1819) de Théodore Géricault.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 2 Juil 2018 - 11:36

Merci Opaline pour cette quotidienne pleine d'enseignement
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 4 Juil 2018 - 8:08

4 juillet 1848
Décès de François-René de Chateaubriand


Anne-Louis Girodet, Portrait de Chateaubriand,
Saint-Malo, musée d’Histoire de la Ville et du Pays Malouin.


Avec les romans Atala (1801) et René (1802), le vicomte François-René de Chateaubriand apparaît comme le précurseur du romantisme.

C'est aussi le premier des grands hommes de lettres du XIXe siècle à s'engager activement dans la vie politique. Manifestant son soutien au Premier Consul Bonaparte et au Concordat, il publie en 1802 le Génie du christianisme.

Mais il prend ses distances avec Napoléon Bonaparte après l'exécution du duc d'Enghien, se retire à la Vallée-aux-Loups, au sud de Paris. En 1814, il s'érige en champion de la Restauration monarchique. Ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII, il prend prétexte d'une insurrection libérale en Espagne pour offrir à l'armée française un succès facile et aux Bourbons une revanche après les humiliations de l'ère révolutionnaire.



L'oeuvre la plus notable qui reste de lui sont les Mémoires d'outre-tombe, écrites en vue d'une publication posthume.

Victor Hugo rapporte que « M. de Chateaubriand, au commencement de 1847, était paralytique; Mme Récamier était aveugle. Tous les jours, à trois heures, on portait M. de Chateaubriand près du lit de Mme Récamier. [...] La femme qui ne voyait plus cherchait l'homme qui ne sentait plus. »

L'ancien secrétaire de Chateaubriand, un certain Pilorge, confia à Victor Hugo que dans les derniers temps de sa vie Chateaubriand était presque tombé en enfance et n'avait plus que deux à trois heures de lucidité par jour 29.


no 120 (ex-no 112) rue du Bac à Paris,
où Chateaubriand vécut de 1838 à sa mort.


Chateaubriand meurt à Paris le 4 juillet 1848 au 120 rue du Bac.

Ses restes sont transportés à Saint-Malo et déposés face à la mer, selon son vœu, sur le rocher du Grand Bé, un îlot dans la rade de sa ville natale, auquel on accède à pied depuis Saint-Malo lorsque la mer s'est retirée.


Tombeau de Chateaubriand face à la mer sur le rocher du Grand Bé.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 4 Juil 2018 - 8:15

Chateaubriand , un grand homme de lettre .

Merci Opaline de nous faire partager , journalièrement , tous ces destins ..
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 5 Juil 2018 - 8:51

5 juillet 1946
Naissance explosive du bikini



Présentation du premier bikini à la piscine Molitor (Paris) par Michèle Bernardini

Voila une bonne nouvelle ! Paris est la capitale historique du bikini !

En effet, si le 1er maillot de bain deux-pièces a fait son apparition dans les années 1930, le bikini (simple maillot deux-pièces), ne fut inventé puis présenté qu’en juillet 1946, à Paris, à la piscine Molitor.

Dans un contexte d’après-guerre, le bikini n’a jamais été particulièrement apprécié des parisiens. Et pour cause… après les longues années de restriction dues à la guerre cette petite révolution montrait pour la première fois le nombril jusque-là considéré comme une partie intime du corps.



Inventé par deux Français, l’ingénieur Louis Réard et le styliste Jacques Heim, il porte le nom de l’un des atolls de l’archipel Marshall où des tests nucléaires américains ont eu lieu le même mois. Les créateurs pensèrent qu’il aurait un effet aussi explosif qu’une bombe atomique … ils n’eurent pas tort !

C’est Micheline Bernardini , née en 1927 et danseuse au Casino de Paris qui fut choisie par Louis Réard pour être le premier mannequin a porter un bikini lors de sa présentation à la piscine Molitor le 5 juillet 1946 !

Pourtant le bikini ne constituait pas, et de loin, la 1ère pièce de vêtement révélant les formes des femmes en public. Au IVe siècle, les gymnastes romaines portaient des bandeaux masquant leurs seins, des bas de maillots proches du bikini et même des bracelets de chevilles !


Le bikini de l'Antiquité
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 6 Juil 2018 - 8:05

16 juin 1944
Exécution de Marc Bloch par les nazis



Marc Bloch.

Marc Bloch, l'un des plus grands historiens français du XXe siècle,fondateur avec Lucien Febvre des Annales d'histoire économique et sociale en 1929.
Il est issu d'une famille de juifs alsaciens qui ont opté pour la France après la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Mobilisé en 1914, il reçoit la Légion d'Honneur et la Croix de guerre.


Première édition des Caractères originaux
en deux volumes chez Armand Colin.


Après la Grande Guerre, il enseigne l'Histoire à la faculté de Strasbourg. Il s'insurge contre une vision trop événementielle de l'Histoire et crée en 1929 les Annales d'Histoire économique et sociale avec Lucien Febvre.
Son ouvrage majeur, La Société féodale, témoigne de la nouvelle approche qu'il veut promouvoir : en se référant aux archives et aux sources populaires, l'historien montre de façon vivante comment se sont tissés les liens féodaux au cours de l'époque carolingienne.
Il ressort de son étude que l'État moderne est le lointain rejeton de cette féodalité bâtie sur les relations personnelles de suzerain à féal.


Engagement de servir l'État signé par Marc Bloch à son entrée à Normale Sup, Archives nationales, 61 AJ.
Voir en grand

À 54 ans, le 24 août 1939, il obtient d'être mobilisé comme capitaine d'état-major, bien qu'ayant cinq enfants à charge. En 1943, l'intellectuel juif met sa famille à l'abri et rejoint la Résistance dans le groupe «Franc-Tireur». Il tire de cette expérience un petit ouvrage remarquable : L'étrange défaite (Albin Michel, nombreuses rééditions).

Marc Bloch est arrêté à Lyon le 8 mars 1944 par la Gestapo, interné à la prison Montluc et torturé par Klaus Barbie et ses hommes. Il meurt le 16 juin, fusillé aux côtés de vingt-neuf autres résistants « qu'il animait de son courage », non loin de Saint-Didier-de-Formans. Car on sait comment il est mort ; un garçon de seize ans tremblait près de lui : « Ça va faire mal. » Marc Bloch lui prit affectueusement le bras et dit seulement : « Mais non, petit, cela ne fait pas mal », et tomba en criant, le premier : « Vive la France ! », ainsi que le rapporte Georges Altman.


Le monument des Roussilles érigé sur le lieu de l’exécution de Marc Bloch.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 7 Juil 2018 - 10:06

7 juillet 1766
Naissance de Dominique Jean Larrey
à Baudéan (Hautes-Pyrénées)



Portrait de Dominique-Jean Larrey
par Anne-Louis Girodet-Trioson.
Paris, Musée du Louvre.


Fils d'un cordonnier des Pyrénées, Dominique Jean Larrey est l'une des plus belles figures de l'épopée napoléonienne. Il apprend la chirurgie sous l'égide de son oncle, chirurgien militaire à l'hôpital de la Grave, à Toulouse. Il débute comme chirurgien de la marine en 1787 avant d'être affecté à l'armée du Rhin au début de la Révolution. Là, il met au point des « ambulances volantes » avec lesquelles il va chercher les blessés sous le feu ennemi. Puis il accompagne Bonaparte en Égypte et ne tarde pas à s'attirer son amitié.


Ambulance volante du modèle Larrey.

À la bataille d'Aboukir, il sauve le général Fugière, sous le canon de l'ennemi, d'une blessure à l'épaule. Au siège d'Alexandrie, Larrey trouva le moyen de faire de la chair de cheval une nourriture saine pour les blessés, et fit tuer pour cet usage ses propres chevaux.



Il fait partie de la première promotion des membres de l'Académie royale de médecine, par ordonnance de Louis XVIII en 1820. Sa statue en marbre blanc, majestueuse et monumentale, sculptée par Pierre-Alfred Robinet, siège toujours dans le hall d'entrée de l'Académie de médecine à Paris, rue Bonaparte. En 1829, il est élu membre de l'Institut, à l'Académie des sciences.

Soucieux de soigner tous les blessés, y compris ennemis, il gagne aussi l'affection des soldats et même des ennemis. C'est au point qu'en témoignage de reconnaissance, un mamelouk lui offre douze odalisques !

De retour en Europe, il va suivre la plupart des campagnes napoléoniennes en qualité de chirurgien en chef de la Garde impériale puis de la Grande Armée. Par son activité tous azimuts, il jette les bases de la chirurgie militaire moderne. Il est fait baron sur le champ de bataille de Wagram, en 1809.


Statue de Larrey dans la cour de l'église du Val-de-Grâce.

À Waterloo, l'Anglais Wellington fait interrompre le tir de ses batteries quand il aperçoit le baron Larrey penché sur les blessés : « Je salue l'honneur et la loyauté qui passent ! ». Capturé par les Prussiens à l'issue de la bataille, le chirurgien manque néanmoins d'être fusillé. Il est sauvé grâce à l'intervention du général Blücher dont il avait soigné le fils... Sous la Restauration, il entre à l'Académie royale de médecine avant que Louis-Philippe 1er le nomme enfin gouverneur des Invalides.


Larrey soignant Rebsomen sur le champ de bataille de Hanau.

Le Val-de-Grâce a fait élever à Larrey une statue dont l'inauguration a eu lieu en août 1850.
Le nom de Larrey est inscrit sur la 30e colonne du pilier sud de l'Arc de Triomphe de l'Étoile à Paris.
Il existe une rue Larrey à Paris, dans le 5e arrondissement, et à Tarbes (Hautes-Pyrénées, son département de naissance) où une statue a aussi été érigée en son honneur.
A Toulouse, portent aussi le nom de Larrey deux hôpitaux : l'ancien hôpital militaire, aujourd'hui démoli, situé entre Capitole et Garonne, et le nouvel hôpital militaire Larrey, utilisé aujourd'hui par le CHU.


Cénotaphe de Larrey au cimetière du Père-Lachaise.
En épitaphe, un extrait du testament de Napoléon :
A Larrey, l'homme le plus vertueux que j'aie connu.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 7 Juil 2018 - 17:49

Merci Opaline  image43
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 8 Juil 2018 - 9:02

8 juillet 1617
Exécution de la maréchale d’Ancre
accusée d’avoir ensorcelé la reine



Léonora Dori, Chantilly, musée Condé, XVIe siècle.

D'origine modeste, Leonora, qui « estoit fille d’un menuisier », grandit à Florence au Palais Pitti en tant que demoiselle de compagnie de Marie de Médicis.

Devenue l'une des femmes les plus puissantes de France, Léonora obtient de la reine (alors régente après l'assassinat de Henri IV de France et pendant la minorité de Louis XIII) l'élévation de son mari, à la dignité de maréchal de France (sous le nom de maréchal d'Ancre). Elle obtient elle-même le titre de marquise d'Ancre. Capricieuse et cupide selon ses détracteurs, il est certain qu'elle fait tout de même preuve d'une grande intelligence et que contrairement à son époux, elle se tient plus ou moins retirée de la vie de Cour.

Malgré son origine modeste, sa fortune devient pourtant colossale puisqu'un ambassadeur vénitien l'évalue, en 1617, à quinze millions de livres ce qui équivaut aux trois quarts du budget annuel du royaume.


Arrestation de Leonora Dori

Après que le maréchal d’Ancre, Concino Concini, favori de Marie de Médicis — régente après l’assassinat du roi Henri IV et pendant la minorité de Louis XIII —, eut été tué sur le pont du Louvre (24 avril 1617), une commission fut envoyée au parlement pour condamner le maréchal après sa mort, pour juger sa femme Léonora Dori dite Galigaï, et pour couvrir, par une cruauté juridique, l’opprobre de l’assassinat.

Il n’y avait rien à reprocher à la maréchale ; elle avait été confidente de la reine, c’était là tout son crime : on l’accusa d’être sorcière ; car alors il fallait que la sorcellerie entrât pour quelque chose dans les grandes fortunes et dans les morts extraordinaires ; on prit des Agnus Dei qu’elle portait, pour des talismans.

Un conseiller lui demanda de quel charme elle s’était servi pour ensorceler la reine ? Galigaï, indignée contre le conseiller, et un peu mécontente de Marie de Médicis, répondit : « Mon sortilège a été le pouvoir qu’ont les âmes fortes sur les esprits faibles » ; réponse que Voltaire a mise dans la bouche de Mahomet :

Du droit qu’un esprit vaste et ferme en ses desseins,
A sur l’esprit grossier des vulgaires humains.



Arrestation de Galigaï

Quelques juges eurent assez de lumières et d’équité pour ne pas opiner à la mort ; mais le reste, entraîné par le préjugé public, par l’ignorance, et plus encore par ceux qui voulaient recueillir les dépouilles de ces infortunés, condamnèrent à la fois le maréchal déjà mort, et la femme, comme convaincus de sortilège, de judaïsme et de malversation.

La cour déclare lesdits Conchiny et Galigay sa veuve, criminels de lèse-majesté divine et humaine. » Même si elle a été accusée de sorcellerie au cours des débats du procès, l'arrêt n'en parle pas. Elle est décapitée et son corps brûlé le 8 juillet 1617 en place de Grève. La maréchale d'Ancre, accusée d'avoir ensorcelé Marie de Médicis, aurait répondu à ses juges : « Je ne me suis jamais servi d'autre sortilège que de mon esprit. Est-il surprenant que j'aie gouverné la reine qui n'en a pas du tout ? », la véracité de cette citation est remise en cause par Gédéon Tallemant des Réaux

La maréchale fut exécutée, et son corps brûlé à la place de Grève.


Gravure représentant l'exécution de la Galigaï, le 8 juillet 1617
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 8 Juil 2018 - 11:25

Ils n'étaient pas tendre , à l'époque ! Merci Opaline pour nous faire revivre ces moments historiques qui ont émaillés l'Histoire de France et qui n'apparaissent pas dans nos livres scolaires .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 10 Juil 2018 - 9:13

10 juillet 1900
Inauguration du métropolitain de Paris



Le métropolitain parisien. Chromolithographie de 1930

Si le premier projet de chemin de fer dans Paris vit le jour en 1855, c’est au lendemain de la guerre de 1870-1871 que sont menées, mais non retenues, de nouvelles études, au nombre desquelles celle d’un certain Heuzé rappelle celle qui sera adoptée près de 30 ans plus tard, en 1898, après d’ubuesques obstacles administratifs.

Dans les dernières années de l’Empire, l’Administration se préoccupait fort de l’achèvement des voies de communication de la capitale. Un projet de chemin de fer urbain avait été dressé par un groupe d’ingénieurs et la question allait peut-être entrer dans une phase définitive, lorsque éclata la guerre de 1870. Tout fut remis en question. Cependant, vers la fin de 1871, le 10 novembre, le Conseil général de la Seine invita le Préfet à faire étudier par une Commission spéciale un réseau de transport en commun par tramways et chemins de fer intérieurs. Nommée peu de temps après, cette Commission eut aussitôt à examiner, en outre du projet Brame-Flachat, un certain nombre d’autres projets intéressants parmi lesquels il convient de citer ceux de Le Hir, Le Masson, Vauthier, Le Tellier et Guerbigny.


Travaux de construction du métropolitain en 1899.
Illustration parue dans le Supplément du
Petit Journal du 14 mai 1899


Le 22 novembre 1895, une dépêche du ministre des Travaux publics proclama que la Ville aurait le droit d’assurer l’exécution à titre d’intérêt local des lignes destinées à la circulation urbaine. C’est l’avant-projet de réseau de « chemin de fer urbain à traction électrique » d’Edmond huet — directeur des travaux de la ville de Paris — et de Fulgence Bienvenüe — ingénieur en chef des Ponts et Chaussées — qui avait été retenu.


Détail d’un édicule Guimard (modèle créé au début du XXe siècle) ornant l’accès de la station Abesses.
À l’origine placé station Hôtel de Ville, il fut déplacé à la station Abesses en 1974


Le Conseil municipal obtint bientôt le vote par les Chambres, le 30 mars 1898, d’une loi déclarant d’utilité publique l’établissement d’un chemin de fer métropolitain municipal, à traction électrique, comprenant les six lignes suivantes : 1° Ligne de la Porte de Vincennes à la Porte Dauphine ; 2° Ligne circulaire par les anciens boulevards extérieurs ; 3° Ligne de la Porte Maillot à Ménilmontant ; 4° Ligne de la Porte de Clignancourt à la Porte d’Orléans ; 5° Ligne du boulevard de Strasbourg au Pont d’Austerlitz ; 6° Ligne du Cours de Vincennes à la place d’Italie.

La même loi prévoyait la concession éventuelle de deux autres lignes, à savoir : 1° Ligne du Palais-Royal à la Place du Danube ; 2° Ligne d’Auteuil à l’Opéra par Grenelle. Deux lois nouvelles en date du 22 avril 1902 et du 6 avril 1903 rendirent définitive la concession de ces deux lignes.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 11 Juil 2018 - 7:07

11 juillet 1804
Décès de Alexander Hamilton
Le père de l'industrie américaine




Alexander Hamilton, l'un des fondateurs des États-Unis, a animé le courant fédéraliste dans les années qui ont suivi l'indépendance. À ce titre, il s'est fait le champion de l'industrialisation du pays et du renforcement du pouvoir central.

Des analyses politiques de haute volée
Né en 1755 dans une famille pauvre de l'île de Nevis (Antilles britanniques), Alexander Hamilton devient aide de camp de George Washington pendant la guerre d'indépendance, avec le grade de lieutenant colonel, puis s'installe comme avocat.
Il est délégué de New York à la Convention de Philadelphie en charge de donner une Constitution au pays. Du 27 octobre 1787 au 15 août 1788, tandis qu'a débuté le processus de ratification, il publie dans différents journaux, avec son ami James Madison, fils d'un planteur de Virginie, des analyses politiques de haute volée destinées à inspirer les conventionnels et éclairer le grand public. Ce total de 85 articles est au final rassemblé sous l'intitulé Federalist Papers (Le Fédéraliste en français).


Alexander Hamilton, l'un des fondateurs des États-Unis

Champion de la libre entreprise
Premier Secrétaire au Trésor (ministre des Finances) dans le gouvernement des États-Unis, sous la présidence de George Washington, Hamilton crée le 4 juillet 1791 la Banque fédérale (Bank of the United States), embryon de banque centrale. Le public s'arrache les actions de la banque.
Le 17 mai 1792, à son initiative, les négociateurs d'actions et de titres bancaires se concertent pour prévenir les actions néfastes de quelques spéculateurs. Leur réunion a lieu au 68, Wall Street, à New York. C'est l'origine de la Bourse actuelle.
Alexander Hamilton s'oppose au rêve bucolique du Secrétaire d'État Thomas Jefferson d'une Amérique constituée de petits propriétaires libres et égaux. Il nourrit quant à lui le rêve d'un État fort et puissant, dirigé par la riche oligarchie d'affaires de la Nouvelle Angleterre.

Le ministre expose dans un célèbre rapport (Report on Manufacturers) le principe d'une protection douanière et d'une politique industrielle vigoureuse afin de favoriser l'émergence d'une économie moderne.
Ses préconisations seront reprises plus tard par l'économiste allemand Friedrich List, qui justifiera le protectionnisme dans les pays en voie d'industrialisation.
Mais lui-même n'ira pas plus loin dans leur mise en oeuvre.



Le 11 juillet 1804, Alexander Hamilton affronte dans un duel au pistolet le vice-président américain Aaron Burr, qu'il avait qualifié d'«homme dangereux à qui l'on ne doit pas faire confiance», ce qui n'était d'ailleurs que pure vérité.
Opposé par principe au duel, Hamilton tire en l'air. Son adversaire riposte par un tir à l'abdomen. Hamilton meurt après trente heures d'agonie. Les États-Unis perdent avec lui un économiste de talent et un chef politique méritant.

Fabienne Manière
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 11 Juil 2018 - 13:42

Merci Opaline pour ces petites "histoires" pittoresques mais néanmoins historiques .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 12 Juil 2018 - 8:10

12 juillet 100 av. J.-C.
Naissance de Jules César



Buste en marbre de Jules César
trouvé dans le Rhône.


De son vrai nom Caius Julius (Caius est son prénom et Cæsar un surnom), il est issu d'une famille patricienne qui prétend descendre de Iule, fils d'Énée, lui-même fils de Vénus et fondateur indirect de Rome.

À 16 ans, Jules épouse Cornélia, la fille du consul Cinna, qui lui donnera une fille, Julia. Ce sera son seul enfant légitime.

Affaire de moeurs

Pendant la période des mystères de Bona Dea (la Bonne Déesse), il est de coutume à Rome que des fêtes strictement réservées aux femmes se déroulent dans la maison du grand Pontife, qui n'est autre que Jules César.

Guidé par la curiosité, le jeune amant de Pompéia, Publius Claudius Pulcher, communément appelé Claude (ou Clodius), pénètre dans la maison sous un déguisement de femme mais il est trahi par sa voix. L'incident fait scandale et Cicéron lui-même dénonce le sacrilège. César en prend prétexte pour répudier sa femme Pompéia au motif que « la femme de César ne doit pas être soupçonnée ! », selon ses propres mots. Son amant obtient l'acquittement, probablement par prévarication, en achetant les juges....

Jules César s'engage dans le cursus honorum ou carrière des honneurs tout en menant la vie dissipée d’un dandy. Il forme un triumvirat - ou gouvernement à trois - avec deux autres ambitieux, Crassus et Pompée. Lui-même obtient la charge de consul pour l'année 59 avant JC puis lève des légions et entreprend la conquête de la «Gaule chevelue». Le récit de ses huit années de campagne, La guerre des Gaules, est un chef-d’œuvre de la littérature latine.


La Mort de César par Karl von Piloty « Métellus lui découvrit le haut de l’épaule ;
c’était le signal. Casca le frappa le premier de son épée » (Plutarque)


Auréolé par sa gloire militaire, César estime l’heure venue de mettre de l’ordre dans les affaires de Rome. Il franchit avec son armée le Rubicon, un petit fleuve italien, et entre à Rome en violation des règles édictées par le Sénat, assemblée des plus grandes familles de Rome. Personne n’ose protester et Jules César en profite pour écraser ses rivaux, à commencer par Pompée. Il obtient enfin du Sénat la quasi-totalité des pouvoirs, cela sans toucher en apparence aux institutions républicaines.

Il réorganise l’administration et la rend plus efficace. Mais il est assassiné par des sénateurs qui craignent qu’il ne se proclame roi… Malgré la brièveté de son passage au pouvoir (5 ans), Jules César a marqué profondément de son empreinte les institutions romaines et même les nôtres. Son nom se retrouve dans le titre des anciens souverains allemands (Kaiser) et russes (tsar) !
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 13 Juil 2018 - 9:33

13 juillet 1793
Assassinat de Marat




Joseph Boze, Portrait de Marat (1793),
Paris, musée Carnavalet.

Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday poignarde le tribun révolutionnaire Jean-Paul Marat dans sa baignoire où il soignait un eczéma généralisé (forme de lèpre).

Assassin et martyr
Médecin devenu député à la Convention nationale, Marat (50 ans) s'était rendu populaire auprès des sans-culottes parisiens par ses diatribes assassines, publiées dans L'Ami du peuple.


Le Journal de Marat, l'Ami du peuple,
no 124 du 5 juin 1790.

Voir en grand

Sa meurtrière est une Normande de petite noblesse de 25 ans, arrière-petite-fille du grand Corneille et nourrie de lectures classiques. Ayant noué des sympathies avec les Girondins modérés, traqués par Marat, elle voit en ce dernier le fossoyeur de son idéal de liberté.


Portrait de Charlotte Corday,
Jean-Jacques Hauer, (XVIIIe siècle)


Le 13 juillet au matin, Charlotte Corday achète un couteau de cuisine et se rend au domicile de Marat, au 30 rue des Cordeliers (actuellement Rue de l'École-de-Médecine dans le VIe arrondissement). Après deux tentatives, la jeune femme parvient, en fin de journée, à être introduite auprès de Marat, -qui prend un bain de soufre pour soulager son corps malade. Elle a prétexté détenir des informations sur des Girondins réfugiés à Caen -considérés comme des traîtres par Marat. Après un échange avec le député, au cours duquel elle s'informe du sort réservé aux Girondins dénoncés, elle le poignarde à la poitrine, lorsqu'il révèle qu'il les fera tous guillotinés.


L’Assassinat de Marat de Jean-Joseph Weerts (vers 1880).

Elle espère, à l'image des héroïnes antiques, faire oeuvre utile en l'éliminant, quitte à sacrifier aussi sa jeune vie... Mais son geste n'aura d'autre effet que d'amplifier la Terreur. Elle-même sera guillotinée le 17 juillet 1793 sur la place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), après l'entrée de la dépouille de sa victime au Panthéon. Lamartine, plus tard, la qualifiera d'« Ange de l'assassinat ».


Jacques-Louis David, La Mort de Marat (1793),
musées royaux des beaux-arts de Belgique.

Voir en grand

Le peintre Louis David, par ailleurs député montagnard à la Convention, laisse de l'assassinat un tableau célèbre, qui exalte l'image du tribun et gomme celle de sa jeune meurtrière. De celle-ci, on retient qu'un portrait, réalisé pendant son procès et achevé dans sa cellule à sa demande, par Jean-Jacques Hauer.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 13 Juil 2018 - 9:56

Merci Opaline pour cet intermède historique .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 14 Juil 2018 - 10:42

14 juillet 1862
Naissance de Gustav Klimt
Le chantre de la « Vienne joyeuse »




Peintre de la beauté féminine et lui-même homme à femmes, Gustav Klimt naît près de Vienne le 14 juillet 1862 dans le ménage d'un ciseleur de métaux précieux.
Admis à l'école des arts décoratifs, il commence sa carrière en décorant de fresques différents bâtiments de la capitale austro-hongroise mais il doit batailler ferme pour faire reconnaître son style inédit et plein de fraîcheur, où les formes oniriques et les symboles l'emportent sur le réalisme.
À 26 ans, il reçoit de l'empereur François-Joseph 1er la médaille d'or du mérite artistique.


Judith et la tête de Holopherne (1901),
Vienne, musée du Belvédère.

La « période dorée »
Fort de ses premiers succès, Gustav Klimt entre à l'Association des artistes en arts plastiques (Künstlerhaus Genossenschaft). En 1895, il ouvre son propre atelier de peinture, dans une inspiration impressionniste.
Le 3 avril 1897, 40 artistes du Künstlerhaus quittent l'Association et fondent un mouvement rebelle, justifié, appelé Sécession. Klimt en devient le président.
C'est la naissance du Jugendstil, version autrichienne de l'Art Nouveau inauguré à Paris par Alfons Mucha. La même année, Gustav Mahler fait sa propre révolutionne à la tête de l'Opéra de Vienne.
En 1901, l'artiste peint l'un de ses chefs-d'oeuvre, Judith, une figure biblique à la touche moderne. En 1902, lors de la XIVe exposition de la Sécession, il réalise une fresque spectaculaire dite fresque Beethoven, à la gloire du compositeur.
Klimt multiplie dès lors les oeuvres picturales et décoratives. Il va également décorer à Bruxelles le palais Stoclet, construit par l'architecte Josef Hoffman.
Le tableau ci-dessous, qui représente les trois âges de la vie, est un témoignage de cette nouvelle esthétique qui va illuminer l'Europe de la « Belle époque ».


Voir l'image en grandes dimensions

À la veille de la Grande Guerre de 14-18, l'artiste obtient une éclatante reconnaissance internationale. Cette « période dorée », illustrée par ses tonalités dorées, sera brève. Il s'éteint à Vienne le 6 février 1918, quelques mois avant ses amis l'architecte Otto Wagner et le peintre Egon Schiele.
La même année disparaît dans la tourmente la Vienne heureuse des Habsbourg.

Camille Vignolle

***********************

Klimt est connu pour son utilisation de l'or dans les peintures, qu'il découvre après avoir vu des mosaïques byzantines de Ravenne. Mais ses inspirations sont éclectiques. Les historiens de l'art répertorient des inspirations aussi diverses que celles de la Grèce classique, minoenne et égyptienne. Il est aussi inspiré par les ciselures d'Albrecht Dürer, les peintures européennes de la fin du Moyen Âge et de l'école japonaise de Rimpa.
Klimt peint également quelques paysages, privilégiant le format carré (comme beaucoup d'artistes de la Sécession), avec une absence de personnage, ce qui donne une ambiance de particulière sérénité. Ces tableaux sont peints sur le motif et terminés en atelier.
Klimt a beaucoup dessiné. Le catalogue raisonné de ses dessins comporte plus de 3 700 numéros mais il est probable que ce nombre soit largement sous évalué, l'artiste n'étant guère conservateur de ses feuillets.


Le Jardin aux tournesols (1905-1908), huile sur toile (110 × 110 cm),
[i]Österreichische Galerie Belvedere (Vienne).
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 15 Juil 2018 - 10:21

15 juillet 1914
La France adopte l'impôt sur le revenu



« Amours fiscales », dans Le Rappel, lundi 6 juillet 1914.

Le président de la République Raymond Poincaré obtient de la majorité parlementaire, hostile à la guerre, qu'elle renonce à abroger la loi du 19 juillet 1913 prolongeant le service militaire à trois ans.

En échange, il lui concède l'impôt progressif sur le revenu. Il est adopté par la Chambre des députés le 15 juillet 1914.
Fatal compromis

L'impôt sur le revenu est promu et porté par l'un des dirigeants les plus brillants de sa génération, Joseph Caillaux. Ministre des Finances dans le gouvernement de Georges Clemenceau en 1906, il préconise un impôt unique sur l'ensemble des revenus (salaires, retraites, revenus agricoles et industriels, rentes...).

La réforme est votée par la Chambre des députés le 9 mars 1909 mais rejetée par le Sénat qui a fait traîner les choses.


Joseph Caillaux, homme politique Sarthois,
à qui l'on doit la Loi portant sur l'impôt sur le revenu


À l'automne 1913, Caillaux est donné vainqueur des élections législatives de mai 1914 avec au programme ce fameux impôt et aussi l'abolition de la « loi des trois ans » qui porte de deux à trois ans la durée du service militaire.

La droite engage alors contre lui une campagne très dure, incluant la publication par Le Figaro de sa correspondance intime. Son épouse Henriette Caillaux, désespérée par la crainte du déshonneur, tue le directeur du journal, Gaston Calmette. Du coup, Joseph Caillaux se met en retrait de la politique afin de préparer la défense de sa femme au procès prévu du 20 au 31 juillet 1914.


Joseph Caillaux parle de son impôt avec les journalistes en 1904

Malgré son absence, son parti gagne comme prévu les élections avec le Bloc des gauches, mais c'est René Viviani, un socialiste indépendant, homme affable et nullement informé des affaires internationales, que Raymond Poincaré appelle à la Présidence du Conseil. Le président de la République ne va pas avoir de difficulté à négocier avec lui un compromis sur la loi des trois ans et l'entraîner à ses côtés dans la course à la guerre.

Les députés du Bloc des gauches acceptent la loi Barthou (service militaire de 3 ans au lieu de 2) et, en contrepartie, les sénateurs acceptent l'article de la loi des finances qui énonce : « Il est établi un impôt général sur le revenu ». Le débat s'ouvre au Sénat le 3 juillet 1914, quelques jours après l'attentat de Sarajevo dont personne n'imagine encore les tragiques conséquences.

Utilité marginale et progressivité de l'impôt

Le principe de la progressivité de l'impôt dérive de la théorie de l'utilité marginale développée par Alfred Marshall (1842-1924) selon laquelle tout franc supplémentaire procure à son détenteur une utilité moindre que le franc qui l'a précédé. Les hauts revenus ont de ce fait une utilité marginale beaucoup plus faible que les bas revenus : le riche peut non seulement combler ses besoin vitaux mais aussi satisfaire des plaisirs tout à fait superflus et futiles tandis que le pauvre a tout juste assez de son revenu pour nourrir sa famille.

Un impôt strictement proportionnel au revenu reviendrait à enlever au riche seulement un peu de superflu et priver le pauvre de satisfactions vitales... Si l'on veut donc que chaque contribuable soit également pénalisé par l'impôt, il faut que celui-ci soit proportionnellement plus élevé pour les hauts revenus.

Alban Dignat
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 16 Juil 2018 - 8:38

16 juillet 1796
Naissance de Jean-Baptiste Corot


Jean-Baptiste Corot par Nadar.

"Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien" Claude Monet, 1897
" Il est toujours le plus grand, il a tout anticipé..." Edgar Degas, 1883

Aujourd'hui, il est assez étonnant de lire l'admiration sans borne que Camille Corot (1796-1875) suscita de manière constante auprès de la nouvelle génération de peintres qui prenait son envol alors qu'il terminait son oeuvre. Il semble en effet étrange que ces artistes aient pu tenir autant en estime le "Père Corot", alors même que Corot prétendait rester étranger aux développements artistiques naissants, et désapprouvait l'action contestatrice de Monet et des "Indépendants".


Vue de Florence depuis le jardin de Boboli (v. 1835-1840), musée du Louvre, Paris

La grande touche de modernité qui remplit la plupart des oeuvres de Monet, l'urbanité instruite de Degas, la recherche expérimentale sans fin qui caractérisent ces deux oeuvres paraissent totalement opposées à la vision contemplative, hors du temps et immuable de Corot - ce que d'aucuns ont appelé ses "vues monotones de Ville d'Avray" -.


Jean-Baptiste Camille Corot - 1er autoportrait

"En parcourant davantage la littérature, on apprend que dans les années 1920-1930, le peintre Jacques Emile Blanche et l'historien Alfred Barr, créateur du Musée d'Art Moderne de New-York, pensaient que l'impact de Corot sur l'art du XXième siécle égalerait celui de Cézanne .
Ces vues sont si éloignées de la conception actuelle sur Corot, comme dernier peintre de l'école néoclassique, qu'il semble nécessaire de s'interroger sur son oeuvre, et sa place dans l'histoire de la peinture.


Tivoli, les jardins de la Villa d'Este (1843), musée du Louvre, Paris

A partir des années 1930, les historiens de l'art ont essayé d'établir Corot comme le précurseur des Impressionnistes, l'inventeur des paysages baignés de lumière détachés de toute anecdote ou incident sans intérêt. Frappés par ses merveilleuses études peintes en plein air en Italie, les écrivains Germain Bazin et Kenneth Clark virent en Corot "le peintre à l'optique parfaite et au regard innocent" - en bref, le peintre de l'homme sans pensée -
Depuis les années 1980, quand Pierre Galassi rapprocha les peintures en plein air de Corot de celles de ses contemporains Michallon, Bertin, Granet, Caruelle d'Aligny, les historiens d'art identifièrent Corot à la génération des peintres qui l'avaient précédé plûtot qu'à celle de ceux qui le suivirent.


Maisons et moulin sur les rives d'un cours d'eau

Comme les oeuvres de ces peintres, et d'autres, devinrent plus connues, Corot fut de plus en plus classé comme le disciple obéissant de Pierre-Henri Valenciennes, le codificateur du paysagisme néoclassique, comme le dernier d'une lignée de peintres continuant de travailler une esthétique ayant pris naissance au 18ième siécle.
Cependant, alors que chacun des deux points de vue contient une part importante de vérité, aucune classification de Corot -comme le dernier Néoclassique ou comme le premier Impressionniste - ne suffit à rendre compte de la totalité de son oeuvre.
Par exemple, aucune explication satisfaisante ne rend compte de ses extraordinaires peintures historiques, comme "Agar dans le désert", "Diane surprise à son bain", "Démocrite et les Abdéritains", "Homère et les bergers", qui firent sa renommée en 1840 : le type de peinture qui fit dire à Baudelaire, "à la tête de l'école moderne du paysage se tient M.Corot". Ces oeuvres continuent de déranger les critiques modernes.


Homère et les bergers

Aucune des 2 théories ne rend compte convenablement non plus de l'oeuvre de Corot comme portraitiste. Degas estimait que Corot était encore plus grand comme portraitiste que comme paysagiste, et recommanda à ses amis collectionneurs, tels Henri Rouart qui posséda la "Femme en bleu", davantage les portraits de Corot que ses paysages.
Mary Cassatt conseilla également aux collectionneurs américains, les Havermeyer, Palmer, Colonel Payne, d'acquérir des portraits de Corot plûtot que des paysages. Encore, ce fut Corot le portraitiste qui impressionna Van Gogh, Gauguin et Cézanne.
Dans les années 1910, Juan Gris et Picasso imitèrent des portraits de Corot. L'exposition de ses oeuvres organisée à la Paul Rosenberg & Cie. en 1928 influença profondément le travail d'André Derain et d'André Lhote


Femme en bleu

Aujourd'hui encore Corot continue de poser problème aux historiens d'art et critiques.
Nous aurions pu ne montrer que ses tableaux les plus réussis et enchanteurs afin de présenter Corot comme un peintre conséquent et cohérent. Un des traits caractéristiques de Corot, qui apparaît bien dans cette exposition, est son dessin maladroit et ses compositions stéréotypées. Son oeuvre reflète les doctrines en apparence contradictoires du Néoclassicisme, du Romantisme, du Réalisme, du Naturalisme.

Quoiqu'il en soit, les artistes de Delacroix à Courbet à Renoir à Picasso, qui connaissaient bien son oeuvre, la tinrent résolument comme majeure. Nous espérons que cette exposition permettra à la nouvelle génération de mieux connaître cette oeuvre et de découvrir par eux-mêmes tout ce que ses tableaux ont à offrir.


Tous les tableaux de Corot

source
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 16 Juil 2018 - 9:03

Merci Opaline , très intéressant de connaître la vie de nos Artistes , en l'occurrence un immense peintre impressionniste .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 17 Juil 2018 - 9:20

17 juillet 1791
La fusillade du Champ-de-Mars



Le Champ-de-Mars tel qu’aménagé pour la Fête de la Fédération,
un an avant la fusillade, musée de la Révolution française.


Le 17 juillet 1791, une fusillade se produit sur le Champ de Mars, à Paris. C'est la conséquence immédiate de la fuite du roi Louis XVI jusqu'à Varennes.

Une retombée de la fuite du roi

Dès que la fuite du roi est connue, le club des Cordeliers demande aux députés de l'Assemblée Constituante de proclamer la déchéance du monarque et l'avènement de la République. Mais les députés s'y refusent et le lendemain, le roi ayant été arrêté et ramené à Paris, ils inventent la fiction de son enlèvement. C'est contre son gré qu'il se serait enfui et sa déchéance n'aurait donc pas lieu d'être...

Le club des Cordeliers ne se satisfait pas de cet arrangement et rédige une deuxième pétition en faveur de la République. Le texte est mis au point par Brissot avec le concours de Choderlos de Laclos (l'auteur des Liaisons dangereuses !). Il est soutenu par Danton et Marat. Les pétitionnaires réclament « un nouveau pouvoir constituant » pour « procéder d'une manière vraiment nationale au jugement du coupable et surtout au remplacement et à l'organisation d'un nouveau pouvoir exécutif ».


Publication de la loi martiale au Champ de Mars, le 17 juillet 1791.
Estampe dessinée par Jean-Louis Prieur et gravée par Pierre-Gabriel Berthault,Paris,
BnF, département des estampes et de la photographie.


Une délégation dépose le texte le 17 juillet 1791 sur l'autel de la patrie du Champ-de-Mars, à l'endroit où eut lieu la Fête de la Fédération, afin de la faire signer par les Parisiens. Mais deux hommes cachés sous l'autel sont pris à partie et massacrés par la foule.

Les députés de l'Assemblée craignent que la Révolution ne sombre dans l'anarchie et que la déchéance de Louis XVI n'entraîne la France dans une guerre contre les autres monarchies européennes. Prétextant du désordre, ils ordonnent au maire de Paris, l'astronome Jean Bailly, de proclamer la loi martiale.

Le maire, révolutionnaire modéré et populaire, élu à la mairie le surlendemain de la prise de la Bastille, ne se fait pas prier. Ni une ni deux, il fait appel à la garde nationale et lui ordonne de disperser la foule du Champ-de-Mars. Commandée par La Fayette en personne, elle pénètre sur le Champ-de-Mars où elle est accueillie à coup de pierres.


Estampe anonyme, Bureau des Révolutions de Paris, 1791, Paris, BnF,
département des estampes et de la photographie.


Elle fait feu sans sommation sur les pétitionnaires. On compte plusieurs dizaines de morts. De nombreuses arrestations viennent compléter la répression. Le club des Cordeliers est fermé. Danton et Marat, prudents, s'enfuient en Angleterre.

Au club des Jacobins, l'atmosphère est toute différente. De nombreux militants, y compris Robespierre, jugent inopportun ou prématuré d'abolir la monarchie et entérinent donc la répression du Champ-de-Mars. Celle-ci n'en brise pas moins la lune de miel entre l'Assemblée et le peuple de Paris. Premières failles dans le consensus révolutionnaire.

[extrait du film La Révolution française de Robert Enrico et Richard T. Heffron (1989)]
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 17 Juil 2018 - 10:14

Bonjour Opaline , déjà posté , mais le tien est plus complet et comporte davantage de détails très intéressants . Merci à toi pour tes posts quotidiens qui nous éclairent sur des événements historiques , souvent ignorés par l'Enseignement Scolaire qui se contente d'enseigner à nos élèves de simples généralités .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   

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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)
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