Le forum des Gens Ordinaires

Forum de discussions entre amis du net. Ouvert à tous.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  PublicationsPublications  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
AuteurMessage
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
Revenir en haut Aller en bas

AuteurMessage
Opaline
Moderateur
Moderateur


Messages : 407

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 30 Jan 2018 - 9:33

30 janvier 1735
Déclaration d'indépendance des Corses



La bataille de La Meloria

Le 30 janvier 1735, une assemblée corse, la Consulta d'Orezza, rejette la domination de Gênes, qui remonte à la bataille de La Meloria (1284), et donne à l'île une Constitution écrite (la première de l'Histoire).
L'initiative attire l'attention des élites de Paris mais aussi des Treize Colonies anglaises qui, à leur tour, proclameront unilatéralement leur indépendance sous le nom des États-Unis...
La République de Gênes tente de reconquérir l'île. C'est le début d'une « Guerre de quarante ans ». Mais sans s'en douter, les insurgés travaillent pour la France qui ambitionne de prendre pied sur l'île et d'en chasser les Génois.


Pasquale Paoli

De l'insurrection à l'indépendance unilatérale
Une première révolte a éclaté le 27 décembre 1729 lorsqu'un magistrat prétend soutirer une pièce à un berger du village du Borziu sous prétexte d'impôt. Un an plus tard, la révolte paysanne est relayée par les notables.
Gênes obtient des renforts de l'empereur allemand tandis que les Corses entament la guerre avec un énergique général, Giacinto - ou Hyacinthe - Paoli (le père du futur dirigeant corse Pasquale Paoli).
C'est alors que se réunissent à Orezza les délégués de toute l'île. Ils rejettent officiellement la souveraineté génoise et se donnent une Constitution du Royaume de Corse d'avant-garde, qui introduit la souveraineté du peuple et la séparation des pouvoirs.
L'assemblée se met par ailleurs en quête d'un monarque et offre la couronne de Corse au roi d'Espagne mais celui-ci la refuse. Plus volontaire, un personnage surgi de nulle part, le baron Théodore de Neuhoff, postule pour la couronne et offre sa fortune en contrepartie mais sa tentative fait long feu.


Cardinal Fleury

Un rêve avorté
Seuls les Anglais se montrent intéressés à aider les insurgés. C'est qu'ils veulent tirer parti de l'insurrection pour prendre pied en Corse.
Le Premier ministre français, le cardinal Fleury, riposte en apportant son aide aux Gênois en 1737.
Battus, les insurgés reprennent les armes en 1755 sous la conduite de Pasquale - ou Pascal - Paoli (30 ans), qui prend la relève de son père et soulève le peuple. Il crée un « Royaume de Corse » indépendant... et sans roi. Lui-même est proclamé général en chef à la consulta.
Lasse de la guerre, Gênes cède « provisoirement » ses droits sur la Corse à la France par le traité de Versailles du 15 mai 1768.

Hérodote
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 31 Jan 2018 - 10:10

31 janvier 1826
Mort de Lantier




Étienne-François de Lantier, (1er octobre 1734 Marseille–31 janvier 1826 Marseille). est un écrivain et auteur de théâtre français du XVIIIe siècle.
Élevé chez les Jésuites, il s’engage au régiment d’Angoumois. De retour à Marseille après quelques années il mène joyeuse vie ce qui amène son père à le faire enfermer à Notre-Dame-de-la-Garde.En 1768, il compose sa première comédie, L’impatient, qui connaît un succès honorable.Il monte alors à Paris.



Une petite pièce en vers sur Choiseul lui gagne la grâce du ministre et lui vaut en reconnaissance une pension de 1200 livres et un secrétariat d’ambassade à Dresde mais qui lui sont retirés 6 mois plus tard lors de sa disgrâce et son remplacement par le duc d’Aiguillon.En 1778, L’impatient est rejoué à Versailles avec Molé dans le rôle principal, et fait beaucoup rire le roi Louis XVI.
Il adresse au comte d’Artois un placet qui lui vaut une commission de capitaine.Il devient à la mode, ce qui lui ouvre les salons de Madame de Boufflers et de Madame de Brancas. Il est reçu chez le maréchal de Stainville, frère cadet de Choiseul.Il se lie avec La Harpe, Dorat, Cerutti, Neufchâteau.



En 1784 il publie sous le pseudonyme de l’abbé Mouche des poésies légères.En 1798, inspiré par la vie du Comte de Saint-Germain, il publie Les voyages d’Anténor qui connurent à l’époque un très grand succès avec 16 éditions et des traductions en diverses langues. Ils lui valurent le surnom d’Anarchasis des boudoirs.
En 1814, il retourne dans sa ville natale où il vit entouré de la considération de tous. Il fut membre de Académie de Marseille en 1786, de la Crusca à Florence, de l’Académie d'Arcadie à Rome et de la Société du Caveau. Il fut également chevalier de Saint Louis.
Bel esprit de salon, aimable et spirituel, il transmit la légèreté érotique du XVIIIe siècle à travers la Révolution.Ses œuvres complètes furent publiées en 1836 à Paris avec une notice biographique.

Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 1 Fév 2018 - 7:43

1er février 1328
La fin des Capétiens



Charles IV Le bel

Le 1er février 1328, le roi de France Charles IV le Bel, troisième et dernier fils de Philippe le Bel, meurt sans postérité mâle comme ses frères aînés. Il ne laisse que des filles et sa troisième femme, Jeanne d'Évreux, est à nouveau enceinte. À qui confier la régence en attendant la naissance espérée d'un garçon ?

Le jour même de la mort du roi, les Grands du royaume l'attribuent au comte Philippe de Valois (31 ans), dont le père Charles était le frère cadet de Philippe le Bel. Philippe est donc le cousin germain des trois derniers rois.

Arrive deux mois plus tard le moment de l'accouchement. La reine donne le jour à... une fille. Pour la première fois depuis l'avènement d'Hugues Capet, il ne se trouve pas un garçon pour perpétuer la dynastie en ligne directe. La succession par les femmes est rejetée comme elle l'avait déjà été onze ans plus tôt, après la mort de Louis X le Hutin et de son fils Jean 1er le Posthume.


Edward III (1327 - 1377)

Il ne reste plus aux Grands du royaume qu'à désigner le futur roi. Outre le régent Philippe de Valois, plusieurs prétendants revendiquent des droits sur la couronne.
- Le régent Philippe de Valois fait valoir de sa filiation avec Philippe III le Hardi, dont il est le petit-fils par son père (mais il n'est que le neveu de Philippe le Bel),
- Les droits du roi d'Angleterre ne sont pas minces car Édouard III est le petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, Isabelle, soeur des précédents rois,
- Le comte Philippe d'Evreux est en droit aussi de revendiquer la couronne car il est l'époux de Jeanne de Navarre, fille de Louis X le Hutin mais il n'insiste pas...


Philippe de Valois.

Après moult délibérations, à Vincennes, les Grands du royaume se décident le 8 avril 1328 à confier la couronne au régent Philippe de Valois. Aux yeux des féodaux et des juristes qui les assistent, celui-ci a pour principal avantage de n'être ni Anglais ni Navarrais ! C'est ainsi qu'il devient roi sous le nom de Philippe VI. Il est sacré à Reims le 29 mai suivant.

Sur le moment, le roi d'Angleterre accepte sa mise à l'écart. Le 6 juin 1329, dans la cathédrale d'Amiens, il rend l'hommage féodal à Philippe VI pour la Guyenne, qu'il tient du roi de France.

Beaucoup plus tard, les juristes tenteront de justifier l'élection de Philippe VI de Valois en invoquant une prétendue «loi salique» qui prohibe la transmission de la couronne par les femmes dans la tribu des Francs Saliens dont sont issus Clovis et ses descendants. En fait de «loi salique», ils exhibent un vieux document où il est simplement dit à propos de contrats de droit privé : « femme ne peut servir de pont et de planche » !



L'avènement de Philippe VI de Valois va entraîner moins de dix ans plus tard un conflit à multiples rebondissements entre les rois de France et d'Angleterre, entrecoupé de longues trêves... Beaucoup plus tard, au XIXe siècle, les historiens français conviendront de désigner cette longue période sous le nom de guerre de Cent Ans.
Herodote
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 2 Fév 2018 - 10:25

Et le Texas mexicain devient le 38e État des États-Unis. Pauvre Mexique !



Le 2 février 1848 est signé au nord de Mexico le traité de Guadalupe Hidalgo. Il met fin à la guerre entre les États-Unis et le Mexique, une guerre que les Américains appellent la “guerre de Mr Polk”. James Polk est le président des États-Unis d’alors. Il est démocrate, à une époque où les républicains n’existent pas encore. Son parti, miné par des rivalités internes, le choisit par défaut pour l’élection de 1844. Peu connu du grand public, il affiche un seul programme, qui est l’annexion du Texas.

À l’origine, le Texas fait partie du Mexique. Ce territoire plus grand que la France attire de nombreux migrants anglo-saxons, qui entendent y reproduire le modèle de société du sud des États-Unis. C'est-à-dire en particulier une économie fondée sur l’esclavage. En 1829, le Mexique abolit l’esclavage. Les colons américains se révoltent pour pouvoir continuer à utiliser des esclaves. Ils vont réussir à présenter cette révolte comme un combat pour la liberté et à en faire une véritable saga. Ainsi, tout amateur de western connaît l’assaut donné par l’armée mexicaine au fort Alamo en 1836 et se souvient avec émotion de John Wayne jouant Davy Crockett dans un film dont la musique est devenue culte.


Carte des territoires cédés par le Mexique : la Cession mexicaine figure en blanc, l'achat Gadsden en marron.

Malgré leur victoire à Alamo, les Mexicains sont obligés d’accorder son indépendance au Texas. Ils y mettent néanmoins une condition, à savoir qu’il ne rejoigne pas les États-Unis. C’est peine perdue ; le 1er mars 1845, le Texas devient le 38e État des États-Unis. Les Mexicains protestent, Polk leur déclare la guerre.

Le 2 février 1848, la messe est dite : le Mexique vaincu cède le nord de son territoire, qui deviendra les États américains du sud-ouest des États-Unis. C’est notamment à cette occasion que la Californie devient américaine. Lieu de découvertes d’or importantes un an après le traité, elle est aujourd’hui un des États les plus prospères du monde : son PIB est égal à celui de la France alors qu’elle ne compte que 45 millions d’habitants.

“À l’origine, le Texas fait partie du Mexique. Ce territoire plus grand que la France attire de nombreux migrants anglo-saxons, qui entendent y reproduire le modèle de société du sud des États-Unis. C'est-à-dire en particulier une économie fondée sur l’esclavage”

Cette bonne affaire pour les États-Unis est un rude coup pour le Mexique. À la fin du XIXe siècle, l’homme fort du pays, le général Porfirio Diaz, résume assez bien la situation en déclarant “Pauvre Mexique ; si loin de Dieu et si près des États-Unis”.

Il ne faut pas être grand clerc pour voir que beaucoup de Mexicains d’aujourd’hui pensent la même chose.

Pourtant, en 1845, au moment du déclenchement de la guerre de M. Polk, un jeune sénateur indépendant élu de l’Illinois, nommé Abraham Lincoln, avait dénoncé cette guerre. Sa justification, dont la défense de l’esclavage, lui paraissait profondément immorale. Or, il est le créateur du parti républicain. Mais le moins que l’on puisse dire est que l’évolution de ce parti et ses choix récents l’éloignent de lui et justifient pleinement la formule de Diaz.

Le traité de Guadalupe Hidalgo ou traité de Guadeloupe Hidalgo (espagnol : Tratado de Guadalupe
Hidalgo - anglais : Treaty of Guadalupe Hidalgo) est le traité signé le 2 février 1848, qui met fin à
la guerre américano-mexicaine.
Copie du document.


Par jean-Marc Daniel

Par ce texte, le Mexique cède un immense territoire de 1,36 million de km2 aux États-Unis pour la somme de 15 millions de dollars américains ainsi que le règlement de plus de 3 millions de dollars en réclamations faites par des citoyens américains contre le Mexique1. Ces territoires non organisés (connus sous le nom de Cession mexicaine) correspondaient à la majeure partie des États mexicains de Alta California et de Santa Fe de Nuevo México, c'est-à-dire aujourd'hui les États américains de : Californie, Nevada et Utah (dans leur totalité) ; les deux tiers septentrionaux de l'Arizona ; ainsi que d'une partie du Colorado, du Nouveau-Mexique et du Wyoming. Le traité n'inclut pas huit îles ni les rochers escarpés en face de la Californie.

Par ce traité, les Mexicains reconnaissent également l'incorporation de la République du Texas comme État de l'union tout en lui cédant les territoires (faisant également partie des anciens États d'Alta California et de Santa Fe de Nuevo México), qui étaient situés à l'est du Rio Grande et du 107e méridien qui passe aux sources du fleuve, que les Texans revendiquaient depuis leur indépendance (et qui ne font donc pas partie de la Cession mexicaine), et qui constituent de nos jours : le Texas occidental, ainsi que des portions du Colorado, du Kansas, du Nouveau-Mexique, de l'Oklahoma et du Wyoming.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 4 Fév 2018 - 8:55

4 février 1790
Louis XVI promet de défendre
la liberté constitutionnelle



Gravure Assemblée nationale, époque du 4 février 1790 1 - Archives Nationales

Dès les premiers jours de l’année, des symptômes d’agitation générale s’étaient manifestés : le procès de Favras inquiétait les esprits et faisait renaître tous les soupçons contre la cour. MonSieur, depuis Louis XVIII, s’était cru obligé de venir à l’Hôtel-de-Ville expliquer ses relations avec l’accusé, et protester de son patriotisme. On conseilla au roi Louis XVI une démarche décisive, qui pût satisfaire l’opinion publique.


Portrait de Mr le marquis de Favras

« Le 4 février 1790, l’Assemblée fut étonnée de voir quelques changements dans la disposition de la salle. Un tapis à fleurs de » lis recouvrait les marches du bureau. Le fauteuil des secrétaires était rabaissé ; le président était debout à côté du siège où il » était ordinairement assis. Voici le roi, s’écrient tout-à-coup les huissiers ; et Louis XVI entre aussitôt dans la salle. L’Assemblée se lève à son aspect, et il est reçu au milieu des applaudissements. » .


Le Roi a l'Assemblée nationale le 4 fevrier 1790

Le discours que prononça le roi est singulièrement remarquable, en ce qu’il porte le cachet d’un de ces instants bien rares, où ce prince excellent, mais faible n’obéissait qu’à lui-même et s exprimait d’après le sentiment intime de sa véritable situation.

Après avoir rappelé ses vœux, ses efforts, ses sacrifices, Louis XVI « engageait tous ceux qui, comme lui, avaient souffert, à se consoler par l’espérance des biens que la Constitution nouvelle donnerait à la France : il promettait de la défendre et d’instruire son fils à l’aimer. Enfin il terminait son discours en recommandant la concorde et la paix à ce bon peuple, dont on l’assure qu’il est aimé, quand on veut le consoler de ses peines.


Discours du roi à l'Assemblée Nationale

« A ces derniers mots, tous les assistants éclatent en témoignages de reconnaissance. Le président fait une courte réponse, où il exprime le désordre de sentiment qui régnait dans cette circonstance. Le prince est reconduit aux Tuileries par la multitude. L’Assemblée lui vote des remerciements, à lui et à la reine. »
Une nouvelle idée se présente : Louis XVI venait de s’engager à maintenir la Constitution : c’était le cas pour les députés de » prendre cet engagement à leur tour. On propose donc le serment civique, et chaque député vient jurer d’être fidèle à la nation, à la loi, au roi, et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi. Les suppléants, les députés du commerce demandent à prêter serment à leur tour ; les tribunes, les amphithéâtres les imitent, et de toutes parts on n’entend plus que ces mots : Je le jure. Le serment fut répété à l’Hôtel-de-Ville, et, de communes en communes, par toute la France. »

L’effusion était vive et sincère : de nouvelles fautes de la cour ne tardèrent pas à la comprimer.


Execution de Mr le marquis de Favras :
extrait du Journal de Paris le 20 fevrier 1790.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 5 Fév 2018 - 9:02

5 février 1940
Découverte du caveau original
du pharaon Aménémopé



Pierre Montet

La tombe d'Aménémopé a été retrouvée en compagnie d'autres tombes royales dans la nécropole royale de Tanis. C'est la quatrième à avoir été mise au jour lors des fouilles de la mission archéologique française à Tanis, dirigée par l'égyptologue Pierre Montet. Le tombeau s'avéra vide de son contenu précieux, ne présentant plus qu'un sarcophage externe en quartzite, décoré au nom du roi tanite, au couvercle de granit qui avait été taillé dans une architrave de l'Ancien Empire.


Pierre Montet examinant la tombe de Psousennès Ier (1940)

La fouille de la tombe voisine de son prédécesseur, son père Psousennès Ier, livra néanmoins un second sarcophage au nom d'Aménémopé, intact. Le tombeau avait donc été partiellement pillée et le roi enterré à nouveau, cette fois dans le caveau prévu initialement pour sa mère Moutnedjemet, à côté de la tombe de son père. Le sarcophage du roi avait été épargné et livra un viatique funéraire assez riche, composé d'un masque en or et de nombreux bijoux prophylactiques qui protégeaient une momie réduite à l'état de squelette. Le sarcophage interne en bois avait disparu depuis longtemps, rongé par l'humidité du sous-sol du delta du Nil et seule les parties recouvertes d'or subsistaient. Cela a cependant permis de restituer le masque du sarcophage aux yeux en obsidienne et orné d'un uræus royal en or massif incrusté de cornaline et lapis lazuli1. La tête de la momie du roi était protégée par un masque funéraire en or.


Masque mortuaire en or de Psousennès Ier découvert
sur sa momie à Tanis par Pierre Montet en 1940.


Le caveau livra aussi une collection d'ustensiles et de vaisselle en or et en argent dont certains exemplaires sont des chefs-d'œuvre du genre témoignant de la maîtrise des artisans de la cour royale de la XXIe dynastie2. La tombe contenait également les vases canopes ainsi que de nombreux ouchebtis au nom du jeune pharaon.


Coupes uniques retrouvées par Montet dans la tombe intacte du général Wendjebauendjed
(littéralement le commandant en chef de l'armée) qui servit sous Psoussenès Ier


Ce trésor de Tanis est exposé principalement au musée égyptien du Caire. De nombreuses pièces issues des fouilles de la mission Montet sont visibles au musée du Louvre.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 6 Fév 2018 - 0:29

6 février 1879
Naissance de Francisque Louis Gustave Poulbot



Francisque Poulbot en 1913

Né dans une famille d'enseignants — ses parents sont instituteurs —, Francisque Poulbot est l'aîné de six enfants. Doué pour le dessin, il n'ose cependant pas se présenter à l'École des beaux-arts. À partir de 1900, ses dessins commencent à être publiés dans la presse.
Durant la Grande Guerre, il signe des affiches et des cartes postales patriotiques, ce qui lui vaudra, pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'occupation allemande, d'être assigné à résidence.


Affiche dessinée par Francisque Poulbot, 1916.

Le néologisme « poulbot » a été créé en référence à ses nombreuses illustrations représentant des titis parisiens : les gamins des rues. Une illustration de Gavroche, le célèbre personnage du roman Les Misérables de Victor Hugo, en est le parfait exemple. Il est également à l'origine du couple de poupées fétiches de la Première Guerre mondiale Nénette et Rintintin.


43 bis rue Damrémont

Au 43bis de la rue Damrémont, on peut voir un remarquable ensemble de faïences murales décorées par Poulbot sur le thème de la vie des poulbots dans le Montmartre de 1910. Cet ensemble décorait l'accès d'un ancien bain-douches.

Montmartre réserve bien des surprises au piéton amoureux de Paris. Ainsi, suffit-il de passer la porte du 43 bis rue Damrémont pour découvrir une merveille : un ensemble intact de panneaux de faïence de Poulbot !



L'ensemble fut commandé en 1910 par le propriétaire des bains-douches qui étaient alors installés dans l'immeuble.Les douze panneaux représentent les quatre saisons sur la Butte. Ils ont pour héros les gosses du maquis montmartrois que l'artiste n'a cessé de peindre avec son talent et surtout son coeur. Car Poulbot n'avait de cesse de leur venir en aide. S'il l'avait pu, il aurait accueilli toute la misère de son quartier et peut être du monde!



Il y a toujours dans les dessins de Poulbot des éléments très précis, des rues, des maisons que les montmartrois peuvent reconnaître, comme sur ce dernier panneau la maison de Rosimond, devenue depuis sur l'impulsion de Malraux (né à une centaine de mètres de cet immeuble, au 53 rue Damrémont) le musée du vieux Montmartre.
Le peintre nous rappelle que ses oeuvres ne sont pas de pures inventions.


Plus d'infos :
Montmartre secret
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 7 Fév 2018 - 10:06

7 février 1497
« Bûcher de vanité » à Florence



Bernardin de Sienne organise le Bûcher des Vanités, à Pérouse, de l'Oratoire de San Bernardino,
par Agostino di Duccio, construit entre 1457 et 1461


Le 7 février 1497, à la veille du Carême, le prédicateur Jérôme Savonarole organise à Florence, place de la Seigneurie, un grand « bûcher de vanité » (en italien Falò delle vanità) où bourgeois et coquettes jettent les attributs du luxe : jeux, instruments de musique, oeuvres d'art et jusqu'aux ouvrages de Boccace et Pétrarque.


Jérôme Savonarole par Fra Bartolomeo,
dans sa cellule au couvent San Marco, 1498


Les objets visés par cette destruction sont ceux qui poussent au péché, spécialement ceux qui touchent à la vanité, comme les miroirs, les cosmétiques, les robes richement travaillées, les bijoux, les instruments de musique. D’autres objets aboutissent sur le bûcher : livres immoraux, chansons non-religieuses, images licencieuses.


Peinture anonyme représentant le bûcher de Savonarole sur la Piazza della Signoria en 1498.

Certains artistes participent de leur propre chef à la fête. C'est le cas de l'illustre Botticelli, ancien protégé de Laurent le Magnifique, qui jette lui-même dans le brasier certaines de ses toiles d'inspiration mythologique ! Un tel comportement n'est pas sans rappeler les intellectuels du XXe siècle convertis à l'idéologie communiste... Beaucoup d'autres artistes florentins sont contraints à l'exil.

Cependant, Florence se lasse des excès de Savonarole. Lors du sermon de l’Ascension du 4 mai 1497, des bandes de jeunes déclenchent une émeute, qui devient une révolte : les tavernes rouvrent, les jeux reprennent publiquement.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 8 Fév 2018 - 7:17

8 février 1806
Invasion de Naples
par les Français



Ferdinand Ier des Deux-Siciles

Un trône dont la base trempe dans le sang glisse et tombe au moindre choc. Le roi des Deux-Siciles, Ferdinand Ier, et la reine Marie-Caroline l’éprouvèrent deux fois en peu d’années : la première, quand le général Championnet s’empara de Naples, et tenta d’établir la république parthénopéenne la seconde, quand Napoléon, vainqueur à Austerlitz, ordonna l’occupation de leur royaume au profit de l’un de ses frères, qui devait y jouer le rôle de son lieutenant.


Invasion de Naples (1806)

II n’est pas dans l’histoire de page plus terrible plus dégoûtante que celle qui retrace la première restauration de Ferdinand. Ni le rang, ni le sexe, ni l’âge ne furent épargnes ; les potences s’élevaient aux accents frénétiques d’une joie barbare ; et, quand la cour reparut dans Naples, on illumina jusqu’aux échafauds, il y eut des bals au milieu des supplices. Pour attribuer à chaque personnage la part qui lui revient dans ces horribles scènes, il faut dire que la reine Marie-Caroline en était l’âme, et que Ferdinand se bornait au rôle passif de témoin. La reine avait pour complices et pour instruments de ses fureurs, cette fameuse lady Hamilton, à laquelle Nelson prostituait sa gloire, le ministre Acton, et le cardinal Ruffo.


La reine Marie-Caroline vers 1790 par Élisabeth Vigée Le Brun.

« Ce système impolitique d’aveugle cruauté dura longtemps, » et se serait prolongé encore, si la victoire de Marengo, en frappant de crainte le cabinet dé Naples, ne l’avait force’ d’adopter » des principes moins désastreux. Il accorda enfin une amnistie aux révolutionnaires napolitains : il en restait peu à immoler. Bonaparte, bien qu’abusé plusieurs fois par la politique fallacieuse de Naples, consentit, par égard pour l’Espagne, à reconnaître diplomatiquement sa neutralité. » Un traité fut conclu sur cette base entre l’empire français et le royaume de Naples, le quatrième jour complémentaire de l’an XIII (21 septembre 1806).

Malgré cet engagement solennellement juré, la reine, dans un voyage qu’elle fait à Vienne, s’associe à la nouvelle coalition formée contre la France, et Naples reçoit une armée anglo-russe. Depuis quelques mois, Ferdinand avait rappelé les Jésuites : à de telles oeuvres, on reconnaît leur présence.


Joseph Bonaparte

Napoléon triomphe dans les champs d’Austerlitz, et, du haut de sa puissance, il prononce en ces termes la sentence de Ferdinand : « La maison de Naples a perdu la couronne sans retour ; la presqu’île de l’Italie tout, entière fait partie du grand empire. A cette voix, qu’elle prend pour l’organe même du destin, la cour de Naples s’épouvante ; sans attendre l’arrivée de Masséna, qui s’avance rapidement vers la Campanie, elle se hâte, selon sa coutume, de s’enfuir et d’aller se cacher derrière les rochers de la Sicile. Bientôt l’armée française pénètre dans Naples, dont la garnison déposant les armes se rend à discrétion, et les canons des forts annoncent l’entrée triomphale de Joseph Bonaparte ».
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 9 Fév 2018 - 10:21

9 février 1450
Mort à Jumièges d'Agnès Sorel



Portrait d'Agnès Sorel d'après Jean Fouquet,
Château Royal de Loches.


Maîtresse officielle de Charles VII. Ce qui distingue avantageusement Agnès Sorel parmi les maîtresses des rois, c'est que tandis que les autres ont trop souvent avili leurs amants, elle a illustré le sien, et ne s'est servi de l'empire que l'amour lui donnait sur Charles VII, que pour lui inspirer le courage convenable à sa situation, et qui seul pouvait lui faire reconquérir la France. Elle voulait être la maîtresse d'un roi, mais d'un roi qui ne fût pas sans royaume. L'amour qui écarta tant de héros des sentiers du devoir et de la gloire, y ramena l'heureux Charles VII.
Les historiens ont fait deux observations importantes sur Agnès Sorel ; l'une qu'elle se défendit longtemps contre son amant, et que cet amant était son roi : « Toute simple demoiselle que je suis, disait-elle un jour à Potron de Saintrailles, la conquête du roi ne sera pas facile ; je le révère et je l'honore ; mais je ne crois pas que j'aie rien à démêler avec la reine à son sujet. » Mais en amour la chute est toujours voisine du plus beau langage.


Portrait de Charles VII, par Jean Fouquet,
vers 1445 ou 1450, musée du Louvre.


L'autre observation est que les amours du roi n'eurent point un éclat capable d'offenser les moeurs publiques. Charles VII eut onze enfants de la reine, pendant la liaison avec Agnès. Agnès Sorel eut de Charles VII trois filles, dont l'aînée eut une destinée tragique. Son mari, Jacques de Brezé, l'ayant surprise en adultère, la poignarda sur-le-champ avec son amant, qui était un homme attaché à son service, et s'appelait Pierre de Lavergne. Charles avait donné à Agnès le château de Beauté-sur-marne. Elle mourut en couche à l'abbaye de Jumièges, âgée de quarante ans, étant encore, disent les historiens, « la plus belle personne de France. »


Sculpture de marbre blanc d’après le masque
mortuaire d'Agnès Sorel conservé à l'hôtel
Lallemant à Bourges.


Sitôt installée par Charles au Manoir de la Vigne au Mesnil-sous-Jumièges près de Rouen, elle est soudainement prise d'un « flux de ventre » selon Jean Chartier, chroniqueur officiel de la cour, et meurt en quelques heures le 9 février 1450, non sans recommander son âme à Dieu et à la Vierge Marie. En donnant naissance à un enfant prématuré de sept mois (sa dernière fille, qui meurt quelques semaines après elle), celle qui fut la première maîtresse officielle d’un roi de France meurt à l'âge de vingt-huit ans, officiellement d'une infection puerpérale. Elle a le temps de léguer ses biens à la collégiale de Loches pour que des messes y soient dites pour le repos de son âme, à l'abbaye de Jumièges où est déposé son cœur, ainsi qu'aux membres de sa famille et au roi à qui elle lègue ses bijoux.

Sa mort est si rapide qu'on soupçonne un empoisonnement. On accuse même Jacques Cœur, désigné comme exécuteur testamentaire, de l'avoir fait assassiner, mais il est lavé de ce chef d'inculpation. Les soupçons se portent alors jusqu'au XXIe siècle sur le Dauphin, le futur Louis XI, ennemi du parti qu’elle soutenait.


La Vierge allaitante en manteau d'hermine
représentée sous les traits d'Agnès Sorel21,
Musée royal des beaux-arts (Anvers).


L'analyse des restes de son cadavre, effectuée à l'occasion de l'ultime déplacement de son gisant dans la collégiale Saint-Ours de Loches en juin 2004, programmé pour des raisons muséographiques par le conseil général d'Indre-et-Loire, a révélé une ascaridiose (tube digestif infesté d'œufs d'ascaris), et qu'elle avait absorbé des sels de mercure, purge associée à de la fougère mâle utilisée pour bloquer la croissance des parasites. C'est l'ingestion d'une dose excessive de ce métal lourd qui a entraîné une mort très rapide, en moins de 72 heures. Cependant, les quantités de mercure détectées par l'analyse d'un poil de l'aisselle sont telles (dix mille à cent mille fois celles d'une dose thérapeutique) qu'il est difficile de croire à une erreur médicale. Le suicide ou l'empoisonnement (à cette époque le mercure était donné sous forme liquide avec de la mie de pain agglomérée pour éviter qu'il ne brûle l'estomac) de cette jeune mère vulnérable qui se relève de couches ne sont donc pas à écarter. Dans la seconde hypothèse, deux personnes de son entourage pourraient être soupçonnés d'être les coupables de son assassinat : sa cousine germaine, Antoinette de Maignelais qui, trois mois après la mort d'Agnès Sorel prenait sa place dans le lit du roi, et son médecin, Robert Poitevin, qui était aussi un de ses trois exécuteurs testamentaires.

Le tombeau d'Agnès Sorel au château de Loches (avant 2005).
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 10 Fév 2018 - 9:41

10 février 1589
Assassinat de
Jean-Sébastien Duranti, à Toulouse




Fils d'un conseiller au parlement de TOulouse, d'abord capitoul en 1563, ensuite avocat-général, il fut nommé premier président du parlement par Henri III, en 1581, lorsque la France commençait à être en proie aux fureurs de la Ligue. Ce vertueux et respectable magistrat employa d'abord toute l'autorité de sa place et de son mérite, pour arrêter les intrigues des factieux. Après avoir plusieurs fois échappé à la mort, en s'opposant à des mouvements populaires, il périt, glorieuse victime de son courage et de sa fidélité.

Cet infortuné magistrat n'eut pas été plutôt assassiné, que tous les tigres et toutes les furies populaires se jetèrent avec rage sur son cadavre, le percèrent de mille coups, comme s'il eût été encore vivant, et le traînèrent par les pieds à la place de l'échafaud ; comme il n'y avait point de potence dressée, on l'attacha debout au pilori, et on cloua derrière lui le portrait du roi Henri III ; les uns lui arrachaient la barbe, les autres le suspendant par le nez, lui disaient : « Le roi t'était si cher ; te voilà maintenant avec lui. »

Telle fut la récompense des soins qu'il s'était donnés l'année précédente, pour sauver Toulouse des horreurs de la famine et de la peste. Cette ville lui devait encore la fondation du collège de l'Esquille, l'établissement de deux confréries, l'une pour marier les pauvres filles, l'autre pour soulager les prisonniers, et enfin, beaucoup de libéralités pour les jeunes gens qui donnaient des espérances.


Portrait de Jean-Etienne Duranti signé " E fil" dans :
A. Dumay, Narratio caedis D.D. Joaniis Stephani Durantii,
Toulouse, 1667.


Le lendemain de l'assassinat de Duranti, quelques amis fidèles le firent enterrer secrètement au grand couvent des Cordeliers ; il fut enseveli dans ce tableau de Henri III, qu'on avait attaché derrière lui.
Quand la France fut rentrée dans le devoir, les héritiers de cet illustre magistrat lui rendirent les honneurs funèbres que réclamaient ses honorables restes. On lit sur son épitaphe : Vive plures, et felicius morere. La même épitaphe lui fait dire :
Steti, dum res stetit gallica,
Cecidi, cadente regno.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 11 Fév 2018 - 11:32

11 février 1654
Abdication de Christine de Suède




Une reine qui ordonna d'atroce façon l'assassinat de son amant Monadelschi. Une reine habillée en homme, servie par des valets ; une reine jurant comme un charretier ; une reine, le fouet à la main, matant ses dogues et son amant... Mais aussi, une reine gaie et vaillante, colérique et emportée, « civile et caressante », une reine s'exprimant en latin, parlant huit langues et en comprenant onze.

En 1650, Christine se fait couronner… « roi » de Suéde : un vocable étrange (alors qu’il y avait des reines en Angleterre ou en Russie) qui, peut-on le penser, peut déjà révéler certains aspects de sa personnalité privée…


La reine Christine à l’age de six ans en 1632

Christine ne manifeste malheureusement qu'un médiocre intérêt pour le peuple, lequel est dominé par un luthéranisme austère et dévot. Ses riches collections et la cour brillante, dont elle s’entoure et qu’elle veut consacrer aux fêtes du corps et de l'esprit en viennent ainsi à absorber une part grandissante du budget (en 1653 : près de 15 % des revenus publics). Cette situation mécontente rapidement le peuple (qu’il ne faut jamais négliger, on le sait bien)…

Pour faire face à ces goûts dispendieux, elle multiplie alors les aliénations de terres de la couronne : des cessions, donations ou hypothèques au profit de la haute noblesse, la seule à pouvoir avancer les fonds nécessaires. Cela a alors pour conséquence de réduire les ressources du royaume de 32 % et d’accentuer le mécontentement contre l'aristocratie jugée accapareuse de biens, de privilèges et de monopoles. Pour limiter ce mécontentement, Christine envisage un temps de recourir à des anoblissements massifs qui lui assureraient une clientèle fidèle parmi les ordres inférieurs. Tergiversant, elle ne le fera jamais.



Amie des arts, des lettres et des sciences, fascinée par la France dont elle avait appris la langue alors qu'elle n'avait pas encore dix ans, Christine encourage le développement de l'université d'Upsala, correspond avec de nombreux savants européens et attire des Français à sa cour tels Pierre Bourdelot (qui devint son médecin) ou Gabriel Naudé, le bibliothécaire de Mazarin, un des hommes les plus érudits de son temps. Son coiffeur, son maître à danser, son fauconnier, son capitaine des gardes, son valet personnel, eux aussi viennent de France.

Perpétuellement insatisfaite, égoïste, sensible à la flatterie, passionnée, capricieuse, versatile et obstinée, telle apparaît Christine de Suède qui va se laisser largement emporter par sa vie privée au détriment des affaires de l’Etat : « Les passions sont le sel de la vie : on n'est heureux ni malheureux qu'à proportion qu'on les a violentes ! »


La reine Christine à l’age de douze ans, en 1638

Pourquoi, toute sa vie, va-t-elle afficher une antipathie pour le mariage ? Peut-être pour la raison qu’elle avance en 1649 : « Le mariage entraîne des sujétions, je ne puis déterminer le moment où je serai en état de vaincre cette répugnance. » Peut-être aussi parce que Christine, rapidement frappe ses contemporains par sa « différence » : toute sa vie, ses amours seront également partagés entre les hommes et les femmes, tel celui pour Ebba Sparre (1626-1662), qu'elle appelle " Belle " dans des lettres enflammées.


La reine Christine et Descartes

Elle adorait s’entourer de savants, de lettrés qu’elle couvrait d’or. Le français Descartes fut même invité à Stockholm, et à cinq heures tous les matins, il conversait avec la reine des traités de mathématiques, mais le climat du nord lui fut fatale, et il devait mourir à Stockholm le 11 février 1650.

Devant le mécontentement soulevé par ses frasques et les conséquences économiques et sociales désastreuses de sa mauvaise gestion, Christine décide en 1654 d'abdiquer en faveur de son cousin Charles-Gustave, qui prend le nom de Charles X. Quelque temps après son départ, elle se convertit officiellement au catholicisme à Bruxelles.

Christine de Suède s'inscrit parmi les pionnières du féminisme moderne, à l'égal de quelques autres contemporaines célèbres (Mlle de Scudéry, Ninon de Lenclos, voire Madame de Maintenon).

la plume et le rouleau
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 12 Fév 2018 - 9:01

12 février 1542
Exécution de Catherine Howard,
reine d’Angleterre



Catherine Howard par Hans Holbein le Jeune.

Ainsi que l’infortunée Anne Boleyen, Catherine Howard était nièce du duc de Norfolk : séduit par sa beauté, par sa jeunesse, par son caractère aimable, Henri VIII se hâta de rompre les nœuds qui l’unissaient, depuis quelques mois seulement, à la disgracieuse Anne de Clèves, et peu de temps après la sentence de divorce, Catherine fut proclamée reine d’Angleterre (8 avril 1540).

Dans l’ivresse de ses nouveaux plaisirs, Henri ne dissimula pas son amour pour celle qui les lui donnait. Mêlant toujours la dévotion à la licence il institua dans sa chapelle une prière spéciale, destinée à rendre grâces au ciel de son bonheur, et il voulut que l’évêque de Lincoln composât un hymne sur le même sujet. La prière devait bientôt se changer en un bill du parlement, et l’hymne en un chant de mort.

Catherine, la jeune, l’aimable, la séduisante Catherine, ne s’était pas toujours conservée pure et intacte : avant d’être admise à la couche d’un roi, elle avait admis plusieurs simples mortels à la sienne. Un nommé Lascelles, dont la sœur, autrefois attachée au service de la vieille duchesse de Norfolk, avait été élevée avec Catherine, vint faire au primat Cranmer de graves révélations : il indiquait les circonstances, et nommait les coupables. Comme en un cas pareil il n’était pas moins dangereux de se taire que de parler, Cranmer consulta le chancelier et le comte de Hertford : suivant leur avis unanime, il remis au roi un mémoire explicatif et détaillé sur un point d’histoire qui le touchait de près.


Thomas Culpeper exécuté le 10 décembre 1541

Henri traita d’abord le récit de fable ridicule. Cependant il ordonna d’éclaircir les faits. On interrogea Lascelles, on questionna sa sœur. On arrêta deux officiers de la vieille duchesse, Mannoc et Derham, accusés d’avoir partagé les faveurs de Catherine. Les plus tristes lumières jaillirent de cette enquête ; il en résulta que, même depuis son mariage, Catherine n’était pas à l’abri de tout soupçon. Quand on lut au roi les divers interrogatoires, il garda longtemps un morne silence, puis il fondit en larmes.

Interrogée à son tour, Catherine commença par se renfermer dans une dénégation complète ; mais forcée d’abandonner ce système, elle avoua les fautes commises pendant qu’elle était libre, en persistant à soutenir que jamais elle n’avait trahi la foi conjugale. Cette déclaration, au moins douteuse, ne put la sauvée.

Le tyran, blessé dans son amour propre plus encore que dans son amour, s’adresse au Parlement, ministre ordinaire de ses vengeances : les deux chambres, lui répondent en l’invitant « à ne pas s’affliger d’un accident désagréable, auquel tous les hommes sont sujets ; à considérer la fragilité de la nature humaine, ainsi que les vicissitudes des choses de ce monde et à tirer de ce coup d’œil philosophique un moyen de consolation. » Elles lui demandent en outre la permission de lancer un bill d’attainder contre la reine et ses complices. Henri n’était pas homme à refuser une grâce de ce genre : les parents, les amis de Catherine sont enveloppés dans la proscription.


Exécution de Catherine Howard

C’est alors que le Parlement rendit cette loi fameuse, dénoncée à tous les siècles comme un modèle accompli d’absurdité et de barbarie ; par cette loi, toute personne qui, instruite d’une infidélité de la reine, n’en avertissait pas le roi ; toute fille qui, épousant un roi d’Angleterre et n’étant plus vierge, n’en faisait pas l’aveu devait être punie de mort. Le peuple s’égaya surtout de cette dernière clause, et dit que le roi ferait bien à l’avenir de n’épouser que des veuves : c’est en effet le parti qu’il prit, en épousant Catherine Parr. (voy. 12 Juillet 1545.)

Le lendemain même de l’adoption de cette loi, Catherine Howard et lady Rochefort montèrent sur l’échafaud. Le sort de lady Rochefort, confidente des égarements de la reine, n’excita aucune pitié ; on n’oublia pas qu’elle s’était portée accusatrice contre son mari et contre Anne Boleyn, sa belle-soeur. On n’oublia pas non plus que Catherine, cédant aux insinuations du duc de Norfolk son oncle en faveur du catholicisme, avait animé l’intolérance royale et réclamé plusieurs fois contre les réformés l’exécution du statut de sang (bloody bill). Ce souvenir contribua peut-être à diminuer l’horreur d’un châtiment si peu proportionné à la faute dont il était la conséquence, (voy. 28 Janvier 1747, Mort de Henri VIII.)

Henry VIII
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 13 Fév 2018 - 9:23

13 février 1917
Arrestation de Mata Hari




Margaretha Zelle, hollandaise dont le surnom malais Mata Hari (l'œil du ciel= le soleil) est devenu un synonyme d'espionne, est une courtisane et surtout agent double travaillant en dilettante pour les Allemands et les Français.


Mata Hari en danseuse javanaise en 1906.

Célèbre danseuse de la belle époque, jeune femme romanesque, collectionnant les amants et ayant besoin d'argent pour son train de vie, elle est vite engagée par le service de renseignement allemand. L'agent H21 gagne alors Paris. Repérée par le contre-espionnage français, Mata Hari accepte de travailler aussi pour la France.


Mata Hari en 1910.

Probablement pour la punir de son double jeu, le service de renseignement allemand laisse intercepter un message secret qui la désigne clairement comme espionne.


Mata Hari, le jour de son arrestation.

Son procès s'ouvre au moment où la France doute et cherche à se ressaisir. Cette affaire d'espionnage, largement gonflée pour les besoins de la propagande, en fournit l'occasion. Bien que l'activité d'espionnage de Mata Hari soit avérée, les informations qu'elle a pu communiquer n'avaient que peu de valeur.


Extrait des minutes de la décision du Conseil de guerre condamnant à mort Mata Hari.

Accusée d'espionnage au profit de l'Allemagne dans le cadre d'une enquête sommaire, Mata Hari passe du statut d'idole à celui de coupable idéale dans une France traumatisée par la guerre et dont l'armée vient de connaître d'importantes mutineries après l'échec de la bataille du Chemin des Dames. Son avocat et ancien amant Édouard Clunet n'a le droit d'assister qu'aux premiers et derniers interrogatoires. L'instruction est assurée par le capitaine Pierre Bouchardon, rapporteur au Troisième conseil de Guerre. À ce titre, il instruira toutes les grandes affaires d'espionnage du premier conflit mondial. Son procès, dont le substitut du procureur est André Mornet, ne dure que trois jours sans apporter de nouveaux éléments. Elle est même, lors du procès, abandonnée par son amoureux Vadim Maslov qui la qualifie tout simplement « d'aventurière ».

Elle est condamnée à mort pour intelligence avec l'ennemi en temps de guerre sur réquisitoire de l'avocat général Mornet et sa grâce rejetée par le président Raymond Poincaré, qui laisse la justice suivre son cours.


L'exécution de Mata Hari (film de 1920).

Elle est fusillée à Vincennes le 15 octobre 1917 où comme l'artiste qu'elle est face à son dernier public, elle affronte dignement son peloton d'exécution.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 14 Fév 2018 - 10:02

14 février 1349
Massacre de la Saint-Valentin.



Pogrom de Strasbourg, illustration du XIXe siècle d’Émile Schweitzer.
Voir en grand

Le Pogrom de Strasbourg est le massacre par des habitants de Strasbourg de plus de 900 des 1 884 habitants juifs de la ville1 le 14 février 1349, jour de la Saint-Valentin. Il est connu aussi sous la désignation de massacre de la Saint-Valentin.

À Strasbourg, cet événement tragique est étroitement lié à la révolte des corporations de métiers qui se déroule cinq jours auparavant et qui renverse le pouvoir en place depuis 1332, composé de riches bourgeois dont le juge Sturm et Conrad Kuntz von Winterthur, les deux stadtmeister (équivalents au maire de la ville) et Pierre Schwaber, l'ammeister (chef des corporations de métiers), qui garantissaient jusqu'alors une protection aux Juifs de la ville. Les artisans, aidés par une grande partie de la population, se sont insurgés plus particulièrement contre Schwaber, jugeant son pouvoir trop important, et sa politique envers les Juifs trop favorable.


Saint-Valentin : 14 Février 1349, le massacre des Juifs de Strasbourg

Les raisons du développement de la haine des Juifs sont facilement identifiables. Au cours des siècles, elles trouvèrent un terreau favorable dans le ressentiment religieux et sociétal à l'encontre des Juifs qui était basé sur des accusations récurrentes comme le meurtre du Christ, la profanation d'hosties, les meurtres rituels, le complot juif, le vol et l'usure.

Souvent dans l'interdiction de pratiquer d'autres métiers, les Juifs exercent le rôle de prêteur et assurent ainsi une position importante dans l'économie urbaine. Mais cette activité leur attire de nombreuses inimitiés. Les chroniqueurs relatent que les Juifs font l'objet de nombreux griefs : ils sont considérés comme présomptueux, durs en affaires et ne désirent s'associer avec personne4. Ce manque d'égard apparent des Juifs n'est pas dû à une dureté particulière, mais trouve sa véritable raison dans l'énormité des droits et taxes qui leur est imposée pour l'octroi d'une protection. Les Juifs formellement appartenaient toujours à la maison du roi, mais celui-ci avait depuis longtemps fait don des droits à la ville (en 1347, Charles IV avait reconfirmé l'attribution des droits à la ville). Strasbourg reçoit donc la plus grande partie des impôts juifs, mais en contrepartie doit prendre à sa charge la protection des Juifs (le montant exact des impôts est fixé dans une lettre datant de 1338, à la suite des rançonnements et des massacres de Juifs en Alsace par les bandes d'Armleder). Pour pouvoir répondre aux exigences pécuniaires de la ville, les Juifs devaient se montrer très stricts sur leurs créances, ce qui provoquait la haine de la population et surtout de leurs débiteurs.

La noblesse écartée du pouvoir au profit des patriciens joue un rôle non négligeable au cours de ce soulèvement. Les familles Zorn et Müllenheim veulent récupérer leurs anciennes prérogatives même si pour cela elles doivent s'allier avec les artisans. Les chroniqueurs relèvent que les nobles se sont rassemblés en arme sur la place de la cathédrale en même temps que les artisans, qu'ils ont participé aux discussions et imposé leurs exigences aux Meisters au nom des artisans. Les nobles ne s'associent pas seulement avec les corporations, mais aussi avec l'évêque de Strasbourg. Un jour seulement avant le soulèvement, ils avaient rencontré l'évêque et discuté du « problème juif ». Lors de cette réunion, la discussion avait porté sur la façon de se débarrasser des Juifs, et non sur le fait de savoir si on devait se débarrasser des Juifs. Ce point était déjà décidé un mois auparavant.


La passerelle des Juifs se trouve près de la Porte des Juifs de l’ancienne enceinte de Strasbourg qui menait au cimetière où furent brûlés les Juifs de la ville.

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, le quartier juif est cerné et ses habitants conduits au cimetière de la communauté. Là, on bâtit un immense bûcher où ils sont brûlés vifs. Certains autres sont enfermés dans une maison en bois à laquelle on met le feu. Celui-ci dure six jours. Seuls échappent au massacre ceux qui abjurent leur foi, les petits enfants et quelques belles femmes.

Toutes les dettes dues aux Juifs sont automatiquement effacées et les gages et lettres de crédit que possédaient les Juifs rendus à leurs débiteurs. Puis après la mort des Juifs, il s'agit de distribuer leurs avoirs. Le chroniqueur Twinger von Königshofen voit là la véritable raison de l'assassinat des Juifs : « S'ils avaient été pauvres et si les nobles ne leur devaient rien, ils n'auraient pas été brûlés ». Le meurtre des Juifs permet ainsi à de nombreux débiteurs de se rétablir financièrement. Beaucoup de ceux qui ont favorisé le renversement du conseil avaient des dettes chez les Juifs. À côté des nobles et des bourgeois de Strasbourg, il y a l'évêque Berthold II de Bucheck, dont les droits chez les Juifs étaient insignifiants par rapport à ses dettes, mais aussi des nobles terriens et des princes tels que le margrave de Bade et les comtes de Wurtemberg. L'argent liquide des Juifs, est selon la volonté du Conseil, réparti entre les artisans, comme une sorte de « récompense » pour leur soutien à la destitution des anciens Meisters. Cette promesse d'une partie de la richesse des Juifs, sans doute surestimée, qui leur avait été faite auparavant, les avait donc encouragés au massacre. La mauvaise conscience semble cependant avoir tourmenté certains.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 15 Fév 2018 - 7:55

15 février 1855
Naufrage de la Sémillante
au large des îles Lavezzi
dans les bouches de Bonifacio.




La Sémillante était une frégate de la marine française du XIXe siècle. Dans son voyage depuis l'arsenal de Toulon vers la guerre de Crimée, elle fait naufrage au large des îles Lavezzi.

La Sémillante quitte le port de Toulon le 14 février 1855, commandée par le capitaine Jugan, à destination de la Crimée (mer Noire) pour apporter aux forces françaises des vivres, des renforts en troupe et en matériel pour faire la guerre à la Russie.

Son équipage est de 293 hommes, outre son état-major. À son bord, a pris place un détachement plus de 400 militaires de l’armée de terre avec un matériel important (canons, mortiers, munitions, vivres…).


Cimetière de la Sémillante sur les îles Lavezzi

Elle est prise dans une violente tempête au large de la Sardaigne et son commandant décide de passer par les bouches de Bonifacio, aux îles Lavezzi, dans une zone de brisants et d’écueils. Poussée par une rafale de sud, elle heurte à une vitesse estimée à 12 nœuds un haut-fond rocheux signalé par une bouée. Broyée par le choc, elle coule par le fond dans la nuit du 15 au 16 février 1855, corps et biens ; tout a été instantanément englouti.

Le 18 février, les premiers cadavres, certains complètement déchiquetés, sont ramenés sur les grèves par les courants. Ils sont tous inhumés sur l’île, faute de moyens de transport, par une corvée de 50 soldats, détachés en renfort des marins. Le 20, le nombre de corps inhumés s’élève à 250. Les corps du capitaine Jugan et de l’aumônier ont pu être identifiés.

Il n'y eut aucun survivant sur les 773 hommes à bord de la Sémillante. 560 corps reposent dans les deux cimetières de l’île. Les autres corps ne seront pas retrouvés.


Cimetière où sont inhumés les naufragés de la Sémillante.

La plaque sur le bâtiment des cimetières sur les îles Lavezzi indique :

« À la mémoire des officiers des armées de terre et de mer qui ont trouvé la mort dans le naufrage de la Sémillante le 15 février 1855 vers midi. Leurs restes sont confondus ici avec ceux de leurs hommes unis dans le repos éternel comme ils l'étaient dans le devoir. Que leurs noms soient connus pour nous permettre d'honorer leur mémoire. »

Cet incipit en la mémoire des naufragés est suivi par une succincte liste de noms dont les restes sont enterrés ici. Les cimetières comprennent d'autres plaques exhortant à prier pour tel ou tel naufragé…


La garde d'honneur

Depuis, et chaque année, pour le 15 février, une délégation civile et militaire rend hommage à ces hommes disparus tragiquement avant d’aller se battre en Crimée. Un office religieux est également rendu sur l’Ilot des Lavezzi et un recueillement est organisé sur les tombes de ces militaires qu’il ne faut pas oublier. Pour cela 3 coups de canon sont tirés vers la mer pour rappeler aux disparus la mémoire vivante et fidèle des français, 163 ans après cette tragédie.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 16 Fév 2018 - 8:41

16 février 1932
L’industriel Jean Mantelet
dépose le brevet du Moulin-Légumes



Brevet du Moulin-Légumes déposé le 16 février 1932 par Jean Mantelet. © Crédit photo : INPI

Le "Moulin-Légumes", dont le brevet fut déposé le 16 février 1932 sous le numéro 732.100, est le premier ustensile inventé par Jean Mantelet. Il lui permettra de créer sa société et fameuse marque d’électroménager Moulinex qui va accompagner l’avènement de la société de consommation pendant les Trente Glorieuses.

L’anecdote dit que Jean Mantelet, las de manger les purées grumeleuses de sa femme, finit par s’enfermer dans son atelier de la Manufacture d’emboutissage de Bagnolet pour mettre au point une moulinette à légumes. L’appareil qu’il crée est rotatif pour un écrasement régulier, présente un fond convexe – et non conique – , et dispose d’un seul tamis pour tous les légumes.



Le 16 février 1932, il dépose un brevet et commercialise son « Moulin-Légumes » sur les foires. Encouragé par un prix au concours Lépine, il décide de se lancer dans la production de masse. Le succès est immédiat : 2 millions d’exemplaires seront vendus entre 1933 et 1935 ! De cette invention naît la société Moulin-Légumes. Jean Mantelet ne cesse alors d’innover : entre 1929 et 1953, il dépose 93 brevets !

En 1953, son Vélosolex lui donne l’idée d’intégrer un moteur électrique à ses appareils. Il crée alors le premier moulin à café électrique bon marché : le Moulinex, qui donnera son nom définitif à l’entreprise. Un chapelet d’inventions qui ont accompagné les Trente Glorieuses et présentées sous le fameux slogan de la marque : « Moulinex libère la femme ! »
Institut National de la Propriété Industrielle

1986 - Jean Mantelet évoque les débuts de son entreprise
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 17 Fév 2018 - 9:31

17 février 1788
Mort de Quentin de La Tour



Autoportrait de La Tour (vers 1751)
Amiens, Musée de Picardie


Il s'installa comme peintre à Paris, où, profitant de l’anglomanie ambiante, il se fit passer pour un peintre anglais et se mit, avec ses portraits, en rapport avec les personnes en crédit et avec les artistes. Rigaud, qui ne voulait se lier qu’avec des célébrités, le reçut froidement. Largillierre, qui avait également eu sa période anglaise devint, en revanche, vite son ami, un conseiller bienveillant et un protecteur. Jean Restout, qui fut son maitre, aura une grande influence sur lui, et le mit en relation avec Lemoine, Vien, Carle Vanloo, Vernet, Parrocel, Greuze. Présenté au graveur Tardieu, celui-ci le fait connaitre à Pierre Delaunay, peintre de l’Académie de Saint-Luc, marchand de tableaux quai de Gesvres, puis à Vermansal, qui le fait entrer dans l’atelier du peintre belge et ami de Watteau, Jean-Jacques Spoëde, où il fit des portraits, qui le firent remarquer par Louis de Boullogne, premier peintre du roi, qui lui dit :
« Vous ne savez encore ni peindre ni dessiner mais vous possédez un talent qui peut vous mener loin"


Portrait de Louis XV en buste
(exposé au Salon de 1748),
Paris, Musée du Louvre.


À son apogée, il réalise différents portraits de Louis XV, de la famille royale et de son entourage, et devient ainsi, après Jean-Marc Nattier, un artiste en vogue. À sa maturité, La Tour est un excellent dessinateur ; surnommé « le prince des pastellistes », il acquiert une remarquable maitrise du portrait au pastel, appliquant méthodiquement un ensemble de règles de cadrage, d’éclairage, de composition.

Il pouvait se permettre des caprices avec les grands :

« La Tour connaissait mal l’art des courtisans. Mandé pour faire le portrait de Mme de Pompadour, il répondit brusquement : Dites à Madame que je ne vais pas peindre en ville. » Un de ses amis lui fit observer que le procédé n’était pas très honnête. Il promit de se rendre à la cour au jour fixé ; mais à condition que la séance ne serait interrompue par personne. Arrivé chez la favorite, il réitère ses conventions, et demande la liberté de se mettre à son aise : elle lui est accordée. Tout à coup il détache les boucles de ses escarpins, ses jarretières, son col, ôte sa perruque, l’accroche à une girandole, tire de sa poche un petit bonnet de taffetas, et le met sur sa tête. Dans ce déshabillé pittoresque, le peintre se met à l’ouvrage ; mais à peine a-t-il commencé le portrait, que Louis XV entre dans l’appartement. La Tour dit, en étant son bonnet : « Vous aviez promis, Madame, que votre porte serait fermée. » Le roi rit du reproche et du costume de l’artiste, et l’engagea à continuer : « Il n’est pas possible d’obéir à Votre Majesté, répliqua le peintre ; je reviendrai lorsque Madame sera seule. » Aussitôt il se lève, emporte sa perruque, ses jarretières, et va s’habiller dans une autre pièce, en répétant plusieurs fois : « Je n’aime point à être interrompu. » La favorite céda au caprice de son peintre ; et le portrait fut achevé. »

Il refusa également d’achever le portrait de mesdames de France parce qu’elles le faisaient attendre.


Portrait de La marquise de Pompadour
(1748-55), Paris, musée du Louvre.


Lié au mouvement philanthropique des Lumières, il octroya des rentes à des institutions religieuses de sa ville natale, pour leurs œuvres sociales. En 1782, il fonda une école de dessin qui existe encore aujourd'hui sous le nom d’École de La Tour.

En 1784, alors qu'il est atteint de démence sénile, sa famille le fait revenir à Saint-Quentin. Après sa mort, en 1788, son fonds d'atelier et une grande partie de son œuvre ont été légués à la ville de Saint-Quentin par son frère.
Parmi les portraits célèbres de Maurice Quentin de la Tour, on citera : Voltaire, Louis XV, D’Alembert, Jean-Jacques Rousseau, la dauphine Marie-Josèphe, le Prince François-Xavier de Saxe, le Prince Clément-Wenceslas de Saxe, Madame de Pompadour, Marie-Christine de Saxe, Choderlos de Laclos, Grimod de La Reynière, Belle de Zuylen, Justine Favart, etc...
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 18 Fév 2018 - 10:06

18 février 1933
Le café de l'Europe à Paris
propose une nouvelle boisson, le Coca-Cola




Ancienne publicité bien conservée dans une rue du
vieil Atlanta, aujourd'hui souterraine.


Contrairement à la chronologie officielle de l'entreprise, Coca-Cola ne s'est pas implantée en France en 1933, mais en 1919. Après la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, les soldats américains mobilisés en attente dans des camps de transit, doivent embarquer vers les États-Unis. Un Américain habitant la France, Raymond Linton, a l'idée de vendre la boisson à ses compatriotes.

Raymond Linton livre son témoignage sur les premières livraisons : « Le premier envoi de Coca-Cola vers la France est arrivé à Bordeaux, au printemps 1919. Si les tonneaux pouvaient parler, je serais effrayé à l'idée de ce que des milliers de tonneaux de vin passant par le port auraient à dire à ces premiers tonneaux rouges et nul doute que ces tonneaux rouges auraient également beaucoup de choses à dire […] Les services de la douane n'avaient pas un tel produit sur leurs listes et ils refusaient de m'écouter quand je leur expliquais que ce n'était pas de l'extrait de coca. Ils furent même très surpris lorsque leurs chimistes fournirent les résultats des analyses. » Le succès des ventes aux soldats américains poussèrent l'entreprise à s'implanter à Paris, le 11 juillet 1919. Mais la production française ne débuta qu'en 1921.


Publicité datant de 1890.

Au fil des années, de nombreux sodas, ou colas alternatifs, ont fait concurrence à Coca-Cola. Ils incluent notamment : Kofola dès 1962, Selecto, Mecca Cola, Alp'Cola, Anjou Cola, la Loère Colas (en Touraine), le Montania Cola (en Haute-Savoie et Savoie), le Sowest Cola (sud ouest de la France) , le Breizh Cola (en Bretagne), Auvergnat Cola (en Auvergne), Colà-Occitan (en Languedoc-Roussillon), Biper Cola (cola basque), China Cola, Chtilà Cola, Cola'rdeche, Colt Cola (Aveyron)

En octobre 2013, la société inaugure une co-entreprise, Infineo, fondée avec APPE (leader du PET en Europe) pour 8,7 millions d'euros. Implantée en Bourgogne, la co-entreprise permet de recycler les bouteilles de Coca-Cola pour en faire des granulés de plastique recyclables.


Usine d'embouteillage, rue Bellechasse à Montréal, Canada. 8 janvier 1941.

Études scientifiques mensongères en France
Coca-Cola finance des études faussement scientifiques publiées dans les médias par des organismes de recherche. La firme a, par exemple, cofinancé une étude du CRÉDOC qui affirme alors qu'il n'existe pas de corrélation entre la consommation de sodas et l'obésité. Elle a ensuite repris sur son propre site cette affirmation du CRÉDOC, en n'indiquant toutefois pas sur cette page que c'est la firme qui a financé cette étude.

Lobbying auprès des décideurs politiques
En 2011, le groupe Coca-Cola s'oppose vigoureusement à l'entrée en vigueur de la taxe sur les sodas fixée au premier janvier 2012 par le gouvernement français.
La corruption aurait été permise grâce à Dominique Reiniche, à la tête de Coca-Cola Europe entre 2005 et 2014 .

La multinationale du soda sucré verse 50 000 euros à la ville de Meaux que dirige Jean-François Copé pour exposer au musée de la Grande Guerre du pays de Meaux une bouteille censée être trouvée dans les tranchées de la Meuse et qui daterait de 1917 mais qui ne vaut en réalité que 20 euros. La bouteille, qui n'a aucune valeur, ne sera jamais exposée. Le député Jean-François Copé défend alors les positions de la multinationale américaine, et va jusqu’à menacer la députée Valérie Boyer de la faire échouer à la prochaine élection. Les médias révèlent que Coca-Cola est également client pour un montant de 120 000 euros de l'entreprise Bygmalion, fondée par Bastien Millot et Guy Alvès, deux proches de Jean-François Copé, et impliquée dans un grave scandale de financement politique et de fausses facturations lors de la campagne de Nicolas Sarkozy. source
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 19 Fév 2018 - 10:08

19 février 1791
Mesdames, tantes de Louis XVI
veulent quitter la France

Le 19 février 1791, Mesdames, les tantes de Louis XVI, quittent Paris pour Rome. Dans une France en proie au troubles, où courent mille rumeurs de complot aristocratique, ce départ, qui pose en outre la question de l'émigration, va avoir un retentissement considérable et provoquera un houleux débat à l'Assemblée.



Depuis le début de la Révolution, contrairement à de nombreux grands, Madame Adélaïde et Madame Victoire, filles de Louis XV et tantes de Louis XVI, n'ont pas suscité l'opprobre. Elles s'entourent de modérés et un judicieux don patriotique leur garantit la tranquillité. Certes, le comte d'Artois, frère du roi et futur Charles X, les princes de Condé et de Conti, ainsi que des personnalités marquantes de la Cour ont déjà émigré. Mais,nullement inquiétées,Mesdames, qui approchent toutes deux de la soixantaine, pourraient continuer à vivre paisiblement... si leur sérénité n'était mise à l'épreuve
par la question religieuse.

JeanMarc Nattier - Victoire de France.

A la suite de la promulgation de la Constitution civile du clergé, les prètres non jureurs se voient retirer leurs fonctions, et Mesdames refusent d'avoir affaire à ceux qui ont embrassé le parti de la Révolution. "La difficulté de suivre leur culte, de garder des prètres de leur choix, l'épreuve imminent de Pâques troublaient ces femmes craintives", rapporte Jules Michelet dans son Histoire de la Révolution Française. Elles projettent de quitter le royaume et de se rendre à Rome, pour y voir le pape et y retrouver leur ami le cardinal de Bernis, qui accueille à bras ouverts les premiers émigrés.

"Il eût été plus noble à elles, sans doute, de s'obstiner à partager le sort de leur neveu, les misères et les dangers de la France. Mais, enfin, elles voulaient partir", note Michelet sans indulgence. Nulle loi ne s'oppose à ce départ. En outre, il n'est guère à craindre que Mesdames apportent un soutien déterminant aux entreprises des émigrés. La chose paraît donc entendue. Louis XVI leur donne son aval et entreprend de leur faciliter les démarches. Il demande au ministère des Affaires Etrangères de leur établir un passeport, charge le ministère de l'Intérieur de prier les communes de favoriser leur passage. Toutes ces précautions n'empêchent ni les Jacobins, ni la presse patriote de se déchaîner. Les tantes du roi sont accusées d'emporter de fortes sommes d'argent, soupçonnées de vouloir emmener le dauphin. Le peuple redoute que ce départ ne soit le signe de la fuite du roi. Inquiet, Mirabeau demande en vain à Louis XVI d'intervenir.



Adélaïde de France.(1749) - Jean-Marc Nattier

Cette effervescence pousse Mesdames à précipiter eur départ. Le 19 février 1791, elles se mettent en route. Mais la splendeur de leur équipage les fait remarquer, et elles sont arrêtées à Moret sur Loing, peu après Fontainebleau. Au patriote qui les insulte elles produisent leur passeport et le certificat les autorisant à quitter Paris. Tandis que les autorités hésitent sur la décision à prendre, leur escorte force le passage. A Arnay le Duc, une quarantaine de kilomètres avant Châlons sur Saône, elles sont de nouveau arrêtées et, là, font appel au roi. "Messieurs, ayant appris que l'Assemblée nationale avait donné à examiner au comité de Constitution une question qui s'est élevée à l'occasion d'un voyage projeté par mes tantes, je crois à propos d'informer l'Assemblée que j'ai appris ce matin qu'elles étaient parties hier soir à dix heures. Comme je suis persuadé qu'elles ne peuvent être privées de la liberté qui appartient à chacun d'aller où il veut, j'ai cru ne devoir ni pouvoir mettre aucun obstacle à leur départ, quoique je ne voie qu'avec beaucoup de répugnance leur séparation d'avec moi", écrit Louis XVI aux députés. Le 28 février, Mesdames sont enfin autorisées à poursuivre leur voyage. cette affaire, à priori anodine, fait à Paris un bruit incroyable. A cette occasion, explique Michelet, "se combattirent deux principes et deux esprits; l'un, le principe original et naturel qui avait fait la Révolution, la justice, l'équitable humanité; l'autre, le principe d'expédients, d'intérêt, qui s'appela le salut public".

Alexandre Lameth; appuyé par son frère et par Barnave, proposa, à plusieurs reprises que, sans permettre qu'aucun obstacle fût apporté au voyage de Mesdames, le président fût chargé de prier le roi de peser, dans sa sollicitude, s'il devait, dans les circonstances actuelles, permettre à Mesdames de sortir du royaume. « L'Europe sera bien étonnée, observa très plaisamment M. de Menou, d'apprendre que l'assemblée nationale s'est occupée pendant quatre heures du départ de deux dames qui aiment mieux entendre la messe à Rome qu'à Paris. » Cette observation fit tomber toutes les oppositions, et ramena la majorité de l'assemblée à Paris proposé par Mirabeau.

Après cet incident, la situation se durcit. Les rumeurs de complot contre les révolutionnaire grandissent, la guerre civile couve. Le 28 février, une émeute se produit faubourg Saint Antoine et les insurgés occupent le donjon de Vincennes. Des gentilshommes envahissent les Tuileries, faisant rebondir les rumeurs d'un départ du roi, que la presse républicaine accuse de vouloir prendre la tête des armées ennemies pour massacrer les patriotes. La fuite de Louis XVI, arrêté à Varennes le 20 juin suivant, compromettra définitivement le souverain et sa famille aux yeux du peuple.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 20 Fév 2018 - 8:34

20 février 1684
Le Pont Royal alors appelé Pont Rouge
est emporté par les glaces


Situé vis-à-vis de la rue du Bac, à Paris, il communique du quai des  Tuileries aux quais de Voltaire et d’Orsay. En cet endroit, il n’y avait  autrefois pour traverser la rivière et communiquer du Pré-aux-Clercs  aux Tuileries qu’un bac établi en vertu de lettres patentes du  6 novembre 1550.

 Ce bac subsista jusqu’en 1632, époque où un sieur Barbier, qui  possédait un clos à l’ouest du chemin du Bac, devenu depuis la rue du  Bac, fit construire dans la direction actuelle de la rue de Beaune un  pont qui reçut le nom de Pont Barbier, et ensuite celui de Pont Sainte-Anne, en l’honneur de la reine Anne d’Autriche ; pus tard ce pont fut nommé Pont des Tuileries, parce qu’il y aboutissait, et plus communément Pont Rouge, parce qu’il était peint de cette couleur.


Le Pont Rouge, qui fut emporté par les glaces le 20 février 1684

Ce pont se composait alors de dix arches ; au milieu de sa longueur  était placée une construction en bois, bâtie sur pilotis, qui paraît  avoir servi à une machine hydraulique. Il fut endommagé et brisé  plusieurs fois par la violence des eaux. Toujours réparé, il finit par  être entièrement emporté par les glaces le 20 février 1684.
Madame de Sévigné rapporte cette destruction et écrit : « Le pont Rouge partait pour Saint-Cloud. » Le pont y perd huit de ses arches.

Louis XIV ordonna de le reconstruire en pierres, par arrêt du conseil  en date du 10 mars 1685. Les fondations en furent jetées le 25 octobre  suivant. Louvois venait alors de succéder à Colbert, dans la charge de  surintendant des bâtiments. Les dessins furent donnés par Jules  Hardouin-Mansart (1646-1708), premier architecte du roi et neveu du  célèbre François Mansart, et la construction suivie par l’architecte  Jacques Gabriel (1630-1686).
 La fondation de la première pile, du côté des Tuileries, ayant  présenté des difficultés à cause de la mauvaise qualité du terrain, on  appela le frère François Romain, moine de l’ordre de Saint-Dominique,  qui y employa, pour la première fois, la machine à draguer. Il avait  alors déjà participé à de nombreuses constructions ou reconstructions,  ayant notamment achevé fin 1684 le pont Saint-Servais de Maastricht.


Lieven Cruyl Travaux de construction en 1686 Batardeau pour la réalisation d'une pile.

 « Il prépara, dit un historien contemporain, par ce moyen le terrain  sur lequel la pile devait être élevée, fit échouer un grand bateau  marnois rempli de matériaux, et l’entoura de pieux battus sous l’eau et  d’une jetée de pierre. On forma ensuite une espèce de caisse ou crèche  contenant des assises de pierre, cramponnées, attenantes à ces parois,  et après qu’elle eut été immergée et consolidée par de longs pieux de  garde, on remplit le vide que laissaient entre eux les parements avec  des moellons et du mortier de Pouzzolane, que l’on employa pour la  première fois à Paris. Cette fondation fut chargée d’un poids beaucoup  plus considérable que celui qu’elle devait soutenir après la  construction du pont, et comme au bout de six mois d’épreuve, il ne se  manifesta qu’un tassement de 27 millimètres, qui fut attribué à la  retraite des mortiers, on éleva sans crainte la pile et les deux arches  collatérales. C’est dans cette pile qu’on a déposé les inscriptions et  les médailles. »


Le Pont Royal en 1850. Aquarelle de Gaspard Gobaut (1814-1882)

Ce pont fut nommé Pont Royal, soit parce que le roi en fit les  frais qui s’élevèrent à la somme de 742 171 livres et 11 sous, soit  parce qu’il aboutissait à une maison royale. Sa construction fut achevée  le 13 juin 1689. En 1792, on lui donna le nom de Pont National, puis Pont de la République ; en 1804, celui de Pont des Tuileries ; en 1815, il reprit son nom de Pont Royal.  Il se compose de cinq arches à plein-cintre, dont le diamètre moyen est  22 m. Sa largeur entre les têtes est de 17 m, et sa longueur totale  entre les deux culées est 128 m.
 
(D’après « Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique, archéologique et anecdotique des rues, des palais, des monuments, des jardins, des musées,des bibliothèques, des théâtres, des hôtels, lieux et maisons célèbres de Paris » (par Girault de Saint-Fargeau), édition de 1850 et « Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments » (par Félix et Louis Lazare) paru en 1844)
 

Vue du pont.

Au XVIIIe siècle, c'est un lieu de prédilection pour toutes sortes de fêtes et réjouissances parisiennes.
Le 11 juillet 1791, le cortège transportant les cendres de Voltaire passe par le pont.
Après la Révolution française, entre 1792 à 1804, le pont est bien sûr renommé « pont National », puis « pont des Tuileries » jusqu'en 1814.
C'est là que Napoléon Bonaparte fit disposer des canons pour défendre le palais des Tuileries, où siégeaient la Convention nationale et le Comité de salut public dirigé par Maximilien de Robespierre.
En 1852, l'épaisseur de la clé de la travée centrale est diminuée pour limiter la raideur des accès.
En 1939, il est classé monument historique au même titre que le pont Neuf et le pont Marie.
En 2005, il fut illuminé à l'occasion de la candidature de Paris pour accueillir les Jeux olympiques d'été de 2012.
 
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 21 Fév 2018 - 10:25

21 février 1944
    L'Affiche rouge


Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches  rouges. Placardées à 15 000 exemplaires, elles font état de l'exécution  au mont Valérien de 23 « terroristes » membres d'un groupe de FTP (francs-tireurs partisans), qualifiés d'« armée du crime ».



Le  chef de ce groupe de résistants s'appelle Missak (Michel) Manouchian.  Il est né en Arménie 36 ans plus tôt et a perdu son père dans le génocide arménien.
Quand  il arrive en France, en 1924, il apprend le métier de menuisier et  adhère au syndicat communiste, la CGTU. Il écrit par ailleurs des poèmes  et se consacre à la littérature et à l'étude. Au Parti communiste, il  fait partie du groupe MOI (Main-d'Oeuvre Immigrée). Pendant l'occupation  allemande, il rejoint un petit réseau de résistants communistes, les  FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans-Main-d'Oeuvre Immigrée).


La  propagande nazie daube sur l'origine étrangère de Manouchian et de ses  compagnons d'infortune (pour la plupart Arméniens comme lui ou juifs  d'Europe de l'Est). Mais il n'est pas sûr que cette argumentation ait eu  l'effet attendu sur l'opinion française si l'on en croit le beau poème  de Louis Aragon chanté par Léo Ferré...




Un réseau très recherché


Le réseau des FTP-MOI a été fondé en mars 1942 par Boris Holban (34  ans), de son vrai nom Bruhman. Issu d'une famille juive qui a fui la  Russie pour la Bessarabie puis la France, Boris Holban s'engage en 1939  dans un régiment de volontaires étrangers. Fait prisonnier, il réussit à  s'évader grâce au réseau d'une religieuse de Metz, Soeur Hélène  (François Mitterrand bénéficiera du même réseau).
En mars 1942,  Boris Holban met sur pied les FTP-MOI parisiens avec des équipes de  Roumains, de juifs polonais et d'Italiens sans compter un détachement  spécialisé dans les déraillements et des services de renseignement, de  liaison et de soins médicaux. Ce sont au total 30 combattants et une  quarantaine de militants. Ils sont affiliés au mouvement des FTP, créé  par le parti communiste à la fin de l'année précédente.
Les  FTP-MOI commettent à Paris 229 actions contre les Allemands, de juin  1942 à leur démantèlement en novembre 1943 par la Brigade Spéciale N°2  des Renseignements généraux (BS2), un organe de la préfecture de police  de Paris chargé de la traque des communistes.



Missak Manouchian
(01 septembre 1906-21 février 1944)


La plus retentissante de leurs actions est l'assassinat, le 28 septembre 1943, du général SS Julius Ritter, qui supervise le Service du Travail Obligatoire (STO), responsable de l'envoi en Allemagne de centaines de milliers de jeunes travailleurs français.
En  août 1942, la direction nationale des FTP enlève la direction des  FTP-MOI à Boris Holban car celui-ci refuse d'intensifier le rythme de  ses actions. Il juge non sans raison que le réseau est au bord de la  rupture. Il est remplacé à la tête du groupe par Missak Manouchian.


Suite  à une trahison, celui-ci est arrêté par la police française avec  plusieurs de ses amis le 16 novembre 1943, à Évry Petit-Bourg, sur les  berges de la Seine. Sa compagne Mélinée réussit à échapper à la police.
Livrés  à la police militaire allemande, Manoukian et 23 de ses camarades sont  jugés devant la presse collaborationniste qui s'appesantit sur leurs  origines et leur « cynisme ». Vingt-deux sont exécutés le 21 février 1944. C'en est fini des FTP-MOI.




Rappelé par les FTP en décembre 1943, Holban retrouve et exécute le traître qui a livré le groupe.
Après  la Libération, il s'en retourne en Roumanie où il devient colonel puis  général. Mais le dictateur Ceaucescu le déchoit de son grade et l'envoie  travailler dans une usine jusqu'à sa retraite. Revenu en France, il  sera décoré de la Légion d'Honneur le 8 mai 1994 sous l'Arc de Triomphe  de l'Étoile par le président Francois Mitterrand.
 

André Larané
Hérodote





Strophes pour se souvenir
LIRE LA SUITE:
 
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 22 Fév 2018 - 8:03

22 février 1680
Exécution de la Voisin
et «affaire des Poisons»




Catherine Deshayes, veuve Montvoisin,
dite La Voisin


Le 22 février 1680, une femme est brûlée en place de Grève, face à l'Hôtel de ville de Paris, sous l'accusation de sorcellerie et d'empoisonnement. Née Catherine Deshayes 40 ans plus tôt, elle est connue dans le quartier de Saint-Denis, lieu de tous les trafics, d'après le nom de son mari, la «Voisin».

Il pourrait s'agir d'un fait divers parmi d'autres. Mais la Voisin, qui s'est enrichie dans la pratique des avortements et le commerce des poisons, a dénoncé avant de mourir nombre de ses clients et clientes, dont certains appartiennent à la haute aristocratie.
Madame de Montespan, la maîtresse du roi Louis XIV, est compromise ! C'est le point d'orgue d'une affaire à rebondissements...


La Voisin, ses exploits, ses malheurs, gravure
(provenant de la bibliothèque interuniversitaire de Santé).


La Voisin
À l'origine de l'«affaire des Poisons», il y a le 17 juillet 1676 l'exécution d'une autre empoisonneuse - de haut rang celle-là -, la marquise de Brinvilliers (46 ans). Elle débouche sur une multiplication de rumeurs à Paris sur des empoisonnements qui impliqueraient des personnes de haut rang.
Gabriel Nicolas de La Reynie, le «lieutenant de police de la ville de Paris», a été chargé par le ministre Louvois de faire toute la lumière sur ces affaires. Dans la plus grande discrétion, il lance ses limiers dans les milieux interlopes de la rue Saint-Denis, où se pratique le commerce des poisons.
L'enquête est suivie avec la plus grande attention en hauts lieux, car certains affirment que Louis XIV lui-même est menacé...
Une tireuse de cartes, Marie Bosse, puis une certaine Vigouroux, enfin la fameuse Voisin, tombent dans les rêts de la police et se voient inculpées d'empoisonnement.




Catherine Deshayes Monvoisin "La Voisin"


Poisons et messes noires au Grand Siècle
En avril 1679, l'affaire prenant de l'ampleur et les inculpés se faisant toujours plus nombreux, le roi décide de mettre en place à l'Arsenal une cour extraordinaire de justice qui prendra le nom évocateur de «Chambre ardente» - ainsi nommée car elle siégeait dans une pièce tendue de draps noirs et éclairée par des flambeaux.
Une véritable hantise gagne la population parisienne, laquelle voit l'œuvre des empoisonneuses dans le moindre décès prématuré. Or, rien n'effraie les empoisonneuses, qui se trouvent au cœur des pratiques les plus sordides de l'époque. On découvre que certaines, comme la Voisin, se rendent complices de «messes noires», au cours desquelles de faux, voire de vrais prêtres, posent un calice sur le ventre d'une femme nue et, au-dessus de celui-ci, sacrifient au diable un nouveau-né !
C'est dans cette atmosphère pour le moins sulfureuse que travaille la Chambre ardente. Elle siège pendant trois ans, jusqu'en juillet 1682, date à laquelle elle aura au total prononcé 442 jugements, dont 36 condamnations à mort, 23 bannissements et 5 condamnations aux galères.
La Voisin est exécutée après avoir mis en cause beaucoup de monde. Elle se refuse à livrer le nom de la Montespan mais le nom de la maîtresse royale ressurgit dans la suite des interrogatoires. La fille de la Voisin l'accuse d'avoir participé à une «messe noire».
Le roi est horrifié d'apprendre que sa maîtresse, alors en défaveur, lui aurait fait absorber des philtres d'amour et aurait aussi manigancé le renvoi de Mlle de La Vallière, voire la mort de Mme de Fontanges et la stérilité de la reine !... Empressé d'en finir, il suspend les interrogatoires et jette lui-même dans la cheminée les papiers qui compromettent son ancienne maîtresse.
Les principaux accusés non encore condamnés sont mis aux fers dans différentes forteresses, à raison de six par cachot, jusqu'à ce que la mort les délivre.

Marquise de Montespan



Hérodote
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 23 Fév 2018 - 7:41

23 février 1717
Naissance de Jean Dugain
Chasseurs d'esclaves



Fers d'esclave

La carrière de chasseur de primes de Jean Dugain commence quelques années après le début d'un mouvement de durcissement des règlements locaux quant aux esclaves en fuite, les marrons disparus dans les Hauts de l'île, c'est-à-dire hors du littoral dans les montagnes. Après qu'une amnistie a été promise aux fugitifs qui se rendraient en 1719, le conseil supérieur de Bourbon ordonne en 1725 de tuer les Noirs qui refuseraient de se livrer aux autorités, et « une impitoyable chasse à l'homme » est initiée. L'année suivante, le même conseil promet trente livres pour tout esclave mort ou vif. Enfin, en 1729, un règlement est élaboré pour les détachements luttant contre les marrons. Dès lors, ces détachements se professionnalisent et Jean Dugain se retrouve à la tête de l'un d'entre eux, tout comme François Mussard et François Caron17, ce dernier étant le seul des trois de la première génération de colons.


Un nègre pendu vivant,
représenté par William Blake.


Il capture un grand nombre de fugitifs, notamment un individu venu sur une embarcation de fortune de l'île de France, l'actuelle île Maurice, et il signale aux autorités le 28 juin 1758 qu'il est prêt à le rendre à son propriétaire si celui-ci le réclame. Il tue également plusieurs marrons, notamment une femme dans les bois, ce qui lui vaut la promesse d'une esclave pour récompense – cette promesse est formellement établie le 27 août 1757 aux dépens de la commune de Sainte-Suzanne. Dans le cours de ses opérations, il aurait obtenu à certaines occasions le soutien de Noirs qui se rendent à lui : d'après un rapport qu'il dresse le 3 juin 1758, il apprit un jour d'un certain Mac l'emplacement exact d'une grotte dans la partie haute de la rivière des Remparts où se trouvaient des fugitifs, mais les chiens de ces esclaves les alertèrent à temps et leur permirent de disparaître par la deuxième issue de leur repaire avant son irruption par surprise.


Transport des esclaves dans un négrier.

Le chasseur de primes eut un fils qui reçut le même prénom que lui, et c'est cet homme que Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent désigne par le nom de Jean Duguin orthographié avec un U dans le récit des séjours qu'il fit à Tenerife, sur l'île de France, sur l'île de La Réunion et à Sainte-Hélène paru en 1804 et intitulé Voyage dans les quatre principales îles des mers d'Afrique.

:clphoto:

Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent -
Voyage dans les quatre principales
îles des mers d'Afrique


Il fut le premier homme blanc à assister à une éruption volcanique du Piton de la Fournaise en surplomb de l’Enclos Fouqué, la dernière caldeira formée par ce volcan actif. En outre, il fut peut-être également le premier colon à atteindre le sommet du Piton des Neiges, le plus haut sommet montagneux de l’île de la Réunion, ou au moins à le fréquenter régulièrement.

Aujourd'hui, plusieurs siècles après sa mort, qui est survenue après 1787, Jean Dugain demeure le plus célèbre chasseur de l'histoire de La Réunion avec François Mussard, qui agissait plutôt au sud tandis que lui parcourait surtout le nord.
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 24 Fév 2018 - 14:50

24 février 1848
Insurrection républicaine à Paris

Le 24 février 1848, au terme de trois jours d'émeutes et de malentendus, l'opposition libérale obtient le départ du roi Louis-Philippe 1er. C'est la naissance de la IIe République. Son existence sera autrement plus brève (3 ans) que celle du régime auquel elle avait succédé.


Louis-Philippe  1er (Musée de Versailles)

Un règne ennuyeux
Pour le roi des Français, c'est la fin d'un long règne de dix-huit ans, la «Monarchie de Juillet», ainsi appelée parce qu'elle est issue de la Révolution des Trois Glorieuses (26 à 28 juillet 1830).
Mari aimant et bon père, Louis-Philippe 1er apparaît comme le «roi-bourgeois»  par excellence. Sa vie paisible aux Tuileries, auprès de la reine  Marie-Amélie et de leurs cinq fils, reflète les aspirations de la  bourgeoisie de son époque.

La seule guerre notable est la conquête de l'Algérie. Cet irénisme n'est pas du goût de tout le monde. Le roi est visé par de  nombreux attentats dont celui de Fieschi, le plus meurtrier, en 1835,  qui débouche sur une restriction de la liberté d'expression. Les  ouvriers, tels les canuts de Lyon,  se révoltent en vain contre l'écrasement des salaires. Les bourgeois  libéraux, quant à eux, vivent dans le souvenir de la Grande Révolution  et de Napoléon 1er.

Interdits de réunion, les républicains  contournent la loi en organisant à partir du 9 juillet 1847 des banquets  qui réunissent des centaines de participants autour de quelques  éminents orateurs. On en compte pas moins de 70 à Paris et dans les  grandes villes du royaume au cours des sept mois suivants.


François Guizot

Une révolution romantique
L'un  de ces banquets ayant été interdit, les étudiants et les ouvriers  manifestent le 22 février 1848 à Paris. Ils sont rejoints le lendemain  par la garde nationale composée de petits bourgeois. La rue commence à  se calmer quand le roi renvoie enfin son Premier ministre, le triste et  impopulaire François Guizot.  Mais, le soir du 23 février, une manifestation dégénère devant le  ministère des Affaires étrangères, sur le boulevard des Capucines. Un  coup de feu entraîne une riposte des soldats. On relève une vingtaine de  morts. Les barricades se multiplient.

Dans la nuit, Louis-Philippe rappelle Adolphe Thiers,  qui l'a porté au pouvoir 18 ans plus tôt, mais le remède est sans  effet. Reçu avec hostilité par la troupe stationnée au Carrousel, devant  le palais des Tuileries, le roi se résout à abdiquer en faveur de son  petit-fils, le comte de Paris, en confiant la régence à la duchesse  d'Orléans.
La foule envahit le Palais Bourbon où siègent les députés. Les républicains commencent à se manifester. Un cri retentit : «À l'Hôtel de Ville !»


Lamartine sur le perron de l'Hôtel de Ville - Musée de Versailles

Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure et Marie, rejoints par le poète Lamartine (58 ans) proclament dans la nuit l'avènement d'un gouvernement républicain. Ainsi naît la IIe République.
Deux jours plus tard, Lamartine convainc les républicains d'adopter le drapeau tricolore et fait par ailleurs abolir la peine de mort pour les délits politiques.

C'est ainsi qu'un petit groupe de républicains, à l'instigation de  Ledru-Rollin et du vieux poète Lamartine (58 ans), gagne le lieu  mythique de la Grande Révolution, celle de 1789. Lamartine,  Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure et Marie proclament dans la nuit  l'avènement d'un gouvernement républicain. Ainsi naît la IIe République.
La  Révolution parisienne a un énorme retentissement dans les élites  européennes. Devant la contagion révolutionnaire, les monarques  concèdent des Constitutions à Berlin, Munich, Vienne, Turin... C'est «le printemps des peuples».


Victor Hugo plante un arbre
de la liberté sur la Place
Royale (Place des Vosges)

En août 1849, présidant le Congrès international de la paix, Victor Hugo lance, prophétique :
« Un  jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre,  vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos  qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez  étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité  européenne (...) ».
Revenir en haut Aller en bas
Opaline
Moderateur
Moderateur
avatar

Messages : 407
Qualité : Qualité

MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 25 Fév 2018 - 8:20

25 février 1899
Création officielle de Renault
fondée depuis le 1er octobre 1898




C’est le jour de la création officielle, à Boulogne-Billancourt, de Renault Frères, par les frères Renault, Fernand et Marcel. En vérité, le génie, celui sans qui rien n’aurait été possible, c’est un troisième frère Renault, Louis : il a transformé un vieux tricycle en une voiture à moteur capable d’atteindre les 50 kilomètres à l’heure. On lui doit aussi l’invention d’un changement de vitesses à prise directe, un système révolutionnaire à l’époque, qu’il s’empresse de faire breveter.


Renault Frères - 1899.

Marcel et Fernand Renault ont apporté 30000 francs chacun. Mais Louis, qui lui n’est que salarié, touche seulement 500 francs par mois pour gérer le domaine technique. Quant à ses deux frères, ils s’occupent de tout l’aspect administratif et commercial.


Stand Renault Frères au Salon de l'automobile de Paris 1901.

Le succès est-il au rendez-vous ?
Pas tout de suite. Les premières voitures coûtent cher à produire et ne sont donc accessibles qu’à de riches clients. Cependant les frères Renault ont le sens des affaires. Ils savent faire parler d’eux. Pour cela, ils font concourir leur automobile dans des courses : Paris-Madrid, Paris-Rambouillet, Paris-Bordeaux, Paris-Trouville. A chaque fois c’est la Renault qui l’emporte, et au volant, Louis ou Marcel Renault.


Marcel Renault lors du Paris-Madrid 1903.

La Première Guerre mondiale va contribuer à la renommée de l’entreprise : les Renault vont payer leur tribut en fournissant des munitions, des chars et des avions. Après le conflit, la gamme de voitures s’élargit, s’étend de la petite voiture jusqu’au poids lourd.



Le succès ne va pas se démentir pendant les années 20. L’essor de la marque au losange est continu : le losange, célèbre logo, est né en 1924, à l’avant d’une 40 CV type NM. Après la crise de 1929, comme beaucoup d’autres entreprises, Renault va marquer le pas, et pendant la guerre, les usines seront réquisitionnées par les Allemands. En 1945, l’entreprise est nationalisée.
Franck Ferrand
Europe 1

Accédez à la chronique source
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)
Revenir en haut 
Page 3 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
 Sujets similaires
-
» Une jolie petite histoire …. pour méditer
» Que diriez-vous, "en prime", d'une petite... Histoire désobligeante?
» Ma petite collection
» histoire séquentielle
» Eul mal coeffi d' Omonville La Petite!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le forum des Gens Ordinaires :: Le coin culturel :: Histoires et légendes-
Sauter vers: