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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Noel
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 21:10

Une sorte de pensionnat pour jeunes femmes. Une sorte de reconnaissance pour service rendu par leur parents méritants si j'ai bien compris.
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 21:15

@Noel a écrit:
Une sorte de pensionnat pour jeunes femmes. Une sorte de reconnaissance pour service rendu par leur parents méritants si j'ai bien compris.

Aves vocation à "'être de bonnes épouses, de dignes mères de famille."  rieur
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Noel
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 21:18

Je vois que nous nous comprenons, oui, j'avais envie d'écrire (pardonnez moi si je vous choque) mais "dressage" pour futures mères de famille.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 22:26

oui, super , école pour "femme parfaite", pour les parents :sur d'avoir un gendre qui répondra à certains critères :riche et bien placé dans la société, et pour les maris, une femme qui saura se tenir en société, effectivement, un bon dressage reflexion
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 16 Déc 2017 - 9:34

16 décembre 1731
Affaire de Girard et de la Cadière,
terminée au parlement de Provence



Gravure d’époque montrant la séduction de
Marie-Catherine Cadière par le P. Girard mené
par le diable.


Cette affaire fit un grand bruit dans le temps ; elle eut des suites funestes pour les jésuites, malgré le triomphe de leur confrère, et ces suites furent également funestes, par contrecoup, à la religion.

Jean-Baptiste Girard, jésuite, fut envoyé à Toulon en 1728, pour être directeur du séminaire royal de la marine. Parmi les pénitentes qui vinrent à lui, il distingua Marie-Catherine Cadière, fille de dix-huit à vingt ans, née avec un cœur sensible, et entêtée de la passion de faire parler de ses vertus. La pénitente, échauffée par le plaisir d’avoir un directeur qui la prônait partout, voulut avoir une réputation encore plus étendue. Elle eut des extases et des visions, et reçut des stigmates à côté du cœur.


Estampe datée de 1730 représentant Catherine
Cadière et Jean Baptiste Girard


Son directeur fut assez imprudent pour s’enfermer avec elle, dans le dessein de voir ce prétendu miracle ; il le vit : et sentant qu’il y avait quelque chose d’outré dans la conduite de sa pénitente, il chercha à s’en débarrasser. La Cadière, piquée contre lui, choisit un autre directeur. Elle s’adressa à un carme, fameux janséniste, et connu par sa haine contre les jésuites. Il engagea sa pénitente à faire une déposition horrible contre le père Girard ; et comme, par cette déclaration, elle aurait été aussi coupable que lui, il fallut avoir recours à l’unique moyen qu’il y avait, tout ridicule qu’il était : ce fut l’enchantement et le sortilège. Cette misérable étala sa honte aux yeux du public, par l’unique plaisir de la vengeance.

L’affaire fut portée au parlement d’Aix-en-Provence, et elle mit la combustion dans les familles. Enfin, après des cabales, des querelles, des satires, des chansons et des injures sans nombre, le parlement déchargea le père Girard des accusations intentées contre lui. La Cadière fut mise hors de cour et de procès ; mais on la condamna aux dépens faits devant le lieutenant de Toulon.


Exorcisme de Marie-Catherine Cadière à Toulon en 1730, en France.

C’était le parti le plus sage qu’on pût prendre. L’entêtement et la prévention des deux factions intéressées, avaient répandu un grand nuage sur cette affaire : les uns voulaient que le père Girard fût un sorcier ; les autres, un hypocrite voluptueux. L’accusation de magie est ridicule, et celle de libertinage ne l’est guère moins. L’amour n’était pas la faiblesse du jésuite : il avait alors plus de cinquante ans, et à cet âge, le cœur est rarement rempli des feux de l’amour.

L’ambition était sa passion dominante, et cette ambition le jeta dans cette scène risible et funeste, en lui faisant croire trop facilement les prétendus miracles de sa pénitente, dont la gloire rejaillissait sur le directeur. Ses supérieurs l’envoyèrent à Dôle après que le procès fût terminé. Il y fut fait recteur, et il y mourut en odeur de sainteté, à ce qu’ont dit les jésuites.
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LIRE L'AUTRE VERSION DE L'HISTOIRE:
 
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 17 Déc 2017 - 8:58

17 décembre 1599
Divorce du roi Henri IV




Marguerite de France, fille de Henri II, avait épousé en 1672, le prince de Béarn, si cher depuis à la France, sous le nom de Henri IV. Ce prince était encore de la religion protestante, et Charles IX dit en signant le mariage de sa sœur : « En donnant ma sœur Margot au prince de Béarn, je la donne à tous les huguenots du royaume. »

C’est sans doute ce propos, et peut-être aussi quelques indiscrétions de la princesse, qui ont donné lieu à quelques historiens de la peindre sous des couleurs peu favorables : d’autres ont cherché à la justifier.


Mariage d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois

« J’estime comme un autre, dit Saint-Foix, la vertu dans une femme ; mais parce qu’elle aura eu des amants, quelques faiblesses, il ne me semble pas » qu’on doive la déchirer impitoyablement, comme on a fait cette pauvre princesse, qui d’ailleurs était pleine de bonnes intentions pour la gloire et la tranquillité de l’Etat, et qui joignait au meilleur cœur, à l’âme la plus noble, la plus compatissante et la plus généreuse, beaucoup d’esprit et de beauté. »

« Vraie héritière des Valois, dit François Eudes de Mézeray, elle ne fit jamais don à personne, sans excuse de donner si peu. Elle était le refuge des gens de lettres, en avait toujours quelques-uns à sa table, et apprit tant en leur conversation, qu’elle parlait et écrivait mieux qu’aucune femme de son temps. »


Marguerite de France (Marguerite de Valois)

Henri IV, dont elle n’avait point eu d’enfants, se voyant paisible possesseur de la couronne, lui fit proposer pour le bien de l’Etat, de casser leur mariage : elle y consentit de la façon la plus noble, la plus modeste et la plus désintéressée ; et le mariage fut cassé à Paris, par des commissaires du pape, le 17 décembre 1599. Loin d’exiger plusieurs conditions auxquelles ce prince aurait été obligé de souscrire, elle demanda uniquement qu’on payât ses dettes, et qu’on lui assurât une pension convenable. « L’abaissement de sa condition, dit Mézeray, était si relevé par la bonté et les autres vertus royales qui étaient en elle, qu’elle n’en fut point à mépris. »


Isabelle Adjani et Daniel Auteuil (en Henri IV) dans « La Reine Margot »
de Patrice Chéreau en 1994 T.C.D / VISUAL Press Agency


Elle est ressortie des oubliettes de l’histoire de France en 1994 grâce au film «La reine Margot» de Patrice Chéreau. Reprenant vie sous les traits d’Isabelle Adjani, Marguerite de Valois était l’épouse d’Henri IV.

Le couple que forme Marguerite de Valois et Henri de Navarre est loin, semble-t-il, d’avoir été harmonieux, au point même que Marguerite se verra en 1586 soumise par son royal époux à une demi-captivité de 18 ans au château d’Usson, en Auvergne. Parmi les griefs dont elle fait l’objet, celui de ne pas avoir donné d’héritier à la couronne ne passe pas. Si bien que  Henri IV obtient la dissolution de leur mariage – qui a tout de même duré 27 ans – après avoir entamé des négociations à cette fin dès 1592. A peine plus d’un an plus tard, le roi de France épousera Marie de Médicis… ainsi que sa dot très importante.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 18 Déc 2017 - 9:11

18 décembre 1498
Somptueuse entrée de César Borgia à Chinon.



Louis XII, père du peuple.

Louis XII "le Père sdu Peuple", ainsi surnommé du fait des réductions d'impôts qu'il a prônées en arrivant au pouvoir, est séparé de sa femme Jeanne (duchesse du Berry, infirme et stérile) et demande au Pape Alexandre VI l'annulation pure et simple de son mariage. Pour ce faire, il reçoit la visite de son émissaire (le propre fils du Pape, frère de Lucrèce Borgia) César Borgia à Chinon.

Cette visite du fils de Sa Sainteté le pape au roi Louis XII était la conclusion d'un marché. Pour pouvoir épouser Anne de Bretagne et obtenir du pape la dissolution de son mariage avec Jeanne de France, sa première femme, le roi Louis XII avait consenti à céder au bien-aimé fils du pape Alexandre Borgia le duché de Valentinois et la main d'une princesse de France.
La « sacrifiée » sera Charlotte d'Albret, soeur du roi de Navarre, fille du duc de Guyenne et demoiselle d'honneur de la reine Anne.


Luis XII et l'entrée triomphale de César Borgia

Ce jour-là, les habitants de Chinon, ébahis, regardèrent passer dans les rues de leur ville le rutilant cortège de César Borgia qui avait été cardinal, peut-être amant de sa soeur et, aussi, disait-on, meurtrier de son frère. Une multitude de pages, mignons, laquais, gentilshommes, ménestriers, tambourinaires, trompettes traversaient la Vienne, sans parler d'une centaine de mulets porteurs de trésors. Hommes et bêtes ruisselants d'or frisé d'argent précédaient le duc, monté « sur un gros et grand coursier harnaché fort richement avec une robe de satin rouge et de drap d'or mi-partie ». Cavalier et monture étant, en outre, « bardés de pierres précieuses ».

Cependant, malgré le fait qu'il soit le propre fils du Pape, il demeure à l'époque un bâtard qui de plus est a une solide réputation : il a de gros problêmes cutanés suite à sa syphilis, est un assassin à la recherche d'une épouse et n'aime pas passer inaperçu. Il arrive accompagné d'un cortège de laquais, chariots, bagages, vaisselle à une simple partie de chasse officiellement. le Roi ne peut se permettre d'annoncer publiquement une réunion avec un tel personnage mais il a besoin des papiers qu'il apporte.


Le Pape Alexandre VI et César Borgia

César Borgia fait la révérence rien que 3 fois devant le Roi, va pour lui baiser les pieds (usage à rome mais non à Chinon)  mais heureusement le roi l'arrête dans son élan par peur du ridicule, pas besoin de se faire remarquer outre mesure. Agacé, Louis XII accélère la rencontre. César Borgia lui remet l'accord d'annulation du Pape qui permettra à louis XII d'épouser la veuve de son défunt cousin Charles VIII.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 19 Déc 2017 - 15:33

19 décembre 1974
Dernier voyage pour le paquebot France



Le France à New York

Le « quai de l’oubli »

Le 19 décembre 1974, le France est remorqué, depuis le quai Joannès-Couvert, jusqu'au canal central dans la zone industrielle du Havre, par quatre remorqueurs. Le navire est amarré près des complexes pétrochimiques et va rester à cet endroit pendant quatre ans et demi, endroit qui est alors surnommé le « quai de l'oubli » ou le « quai de la honte ». Le commandant Pettré débarque le 21 décembre, et seuls quarante hommes restent à bord pour maintenir la chaudière en activité, afin de produire le minimum de chauffage et d'éclairage nécessaire. Cet abandon signifie aussi la fin des traversées transatlantiques pour la ville du Havre et de nombreuses suppressions d'emplois, malgré les promesses de réemploi de la CGM. 2 500 emplois sont directement supprimés par le désarmement du France, quelques milliers d'autres sont menacés indirectement.

L'entretien, le gardiennage et les frais de port du navire coûtant encore 200 000 francs par mois, la dernière chaudière est arrêtée le 29 avril 1975. Six hommes restent à bord pour la veille, pendant que l'électricité vient de la terre. Le France ne sortira du « quai de l'oubli » qu'une seule fois pendant ces quatre années, le 6 mai 1975, alors qu'une tempête casse ses amarres et le met en travers du chenal. Il reviendra à plusieurs reprises en tête de l'actualité : lorsque Michel Sardou écrit et interprète la chanson Le France, dont 500 000 exemplaires sont vendus en deux semaines et près de 1 000 000 écoulés au total ; ou lorsque, le 17 octobre 1975, une cinquantaine de grévistes d'Atochimie montent à bord pour déployer leurs banderoles ; d'autres grèves et manifestations utiliseront le France comme symbole.


Grand salon de première classe.

Diverses propositions plus ou moins fantaisistes de réutilisation du navire apparaissent : ainsi, Michel Crépeau, maire de La Rochelle, propose de l'amarrer entre l'île de Ré et La Pallice, pour en faire une maison de retraite pour marins ; un chirurgien parisien propose de le convertir en navire-hôpital au large du Liban, alors en pleine guerre civile ; une suggestion d'école hôtelière itinérante apparaît même. Des propositions plus sérieuses consistent en la revente du navire à une société de loisirs pour être reconverti en navire de croisière ou en hôtel flottant. Le musicien et patron de boîte de nuit marseillais Marcel Rossi crée un comité de sauvegarde du paquebot qui vise à le transformer en centre de loisirs flottant et en casino, amarré face au port de l'Estaque à Marseille14. Le projet le plus sérieux vient de la ville de Montréal, pour les Jeux olympiques d'été de 1976, mais il échoue. En novembre 1976, le France est mis quelques semaines en cale sèche, pour le débarrasser des algues et coquillages accrochés sur sa coque, puis il revient à son quai.

Rachat et changement de nom

Finalement, le France est racheté le 24 octobre 1977 par Akram Ojjeh, riche homme d'affaires saoudien, pour 80 millions de francs. S'il dit l'avoir fait pour « le protéger des ferrailleurs », le France ne navigue toujours pas. L'armateur norvégien Knut Ulstein Kloster, propriétaire de la société Norwegian Caribbean Line (NCL), négocie alors avec Akram Ojjeh et lui rachète le navire le 25 juin 1979, pour 77 millions de francs. L'armateur annonce que le paquebot va être renommé Norway et qu'il naviguera, mais dans une configuration pouvant accueillir plus de passagers et avec un équipage réduit et « bon marché ».


Le Norway à La Rochelle-Pallice le 31 juillet 1998.

À deux reprises, le Norway est symboliquement rebaptisé France pour deux croisières « à la française », embarquant entre autres de célèbres cuisiniers français, dont Paul Bocuse, Joël Robuchon, Troisgros, Guy Legay, Guy Savoy, Gaston Lenôtre, Léa Linster et Ginette Delaive-Lenoir. La première de ces croisières, du 1er au 10 décembre 1989, remporte un franc succès, mais la seconde, l'année suivante, sera plus mitigée.


Le Blue Lady à Alang en août 2007.

Le paquebot est fortement endommagé lors de l'explosion de l'une des quatre chaudières à Miami, le 25 mai 2003, causant la mort de plusieurs marins. Remorqué, il part de Floride le 4 juillet 2003, en direction de Bremerhaven, où il arrive le 24 juillet 2003, pour la réparation du système de propulsion. Son état général reste très bon, mais il a déjà 41 ans de service.
Il change encore de nom pour Blue Lady fin janvier 2006.

Entièrement pillé lors de son passage en Malaisie, son démantèlement intégral nécessite près de deux ans.


Le nez du paquebot exposé à Paris après sa vente aux enchères en 2009.

Un petit morceau de l'extrémité supérieure de la proue de l'ancien paquebot est vendue aux enchères, le 8 février 2009 à Paris, pour la somme de 273 000 €, à une société immobilière de Deauville. Cette pièce de 4 tonnes devrait être installée dans un square de la station balnéaire normande, face à la mer. Depuis 2009, Didier Spade, entrepreneur du projet du nouveau paquebot France, est le dépositaire de cette pièce. Elle est visible sur le quai du port de Grenelle à Paris.

Dans la mémoire collective en France, il a été célébré par la chanson de Michel Sardou Le France (1975), qui lui rend hommage juste au moment de sa vente. Resté six semaines numéro un, le single se vend à 950 000 exemplaires et demeure un titre majeur du répertoire du chanteur.


Destiné essentiellement à la croisière et inspiré par la renommée de son prédécesseur, un projet de nouveau paquebot France existe.
Le projet du nouveau France est géré par la société Seine Alliance, société française domiciliée en France, qui développe des projets dans les domaines fluviaux et maritimes. Didier Spade est à la tête de cette société et est toujours dépositaire du nez de l'ancien paquebot France, acquis par la société immobilière de Deauville le 8 février 2009 à Paris, par la maison de ventes aux enchères Artcurial.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 19 Déc 2017 - 18:44

Ce devait être un beau bateau. confu
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 20 Déc 2017 - 9:59

20 décembre 1664
Jugement de Fouquet.



Portrait de Fouquet par Charles Le Brun.

Accédant à la fonction de surintendant des finances dans la seconde moitié du XVIIe siècle, Nicolas Fouquet devint l'un des personnages les plus influents du royaume à cette époque, connu pour son goût des arts, des lettres et des fêtes somptueuses.
Jalousé notamment par Colbert, qui convainquit Louis XIV de le faire arrêter, il se défendra vigoureusement à son procès pendant trois ans pour que le Roi décide finalement lui-même de la sentence finale : la prison à perpétuité.


Le château de Vaux-le-Vicomte.

À partir de 1653, il fait bâtir le magnifique château de Vaux-le-Vicomte (sur l'actuelle commune de Maincy). Le domaine, acheté avant son accession à la surintendance, n'est que friches au milieu desquelles est construit un vieux château. Il y fait travailler Le Vau, Le Brun, Le Nôtre et Villedo. Il s'entoure d'une petite cour d'écrivains comme Molière, La Fontaine, Madame de Sévigné ou Mademoiselle de Scudéry.

Le roi y vient pour la première fois en juillet 1659. Le 17 juillet 1660, Fouquet l'y reçoit de nouveau, accompagné par l'infante Marie-Thérèse que le roi vient d'épouser, alors qu'ils reviennent de Saint-Jean-de-Luz.

Le 11 juillet 1661, il reçoit une nouvelle fois la Cour. Louis XIV n'ayant pu assister à la fête, une autre est donnée le 17 août pour le monarque accompagné de ses 600 courtisans. Elle est somptueuse, avec jets d'eaux, feux d'artifice, ambigu (buffet) donné pour plus de mille couverts et supervisé par François Vatel, et création de la pièce de Molière Les Fâcheux : fête spectaculaire dont La Fontaine donne un compte rendu détaillé à son ami Maucroix. Louis XIV est furieux de voir tant de splendeur alors que ses propres demeures sont vides. L'origine de tant d'argent lui paraît suspecte. L'offre de Fouquet de lui donner Vaux ne fait que l'irriter davantage. Selon l'abbé de Choisy, Louis XIV aurait déclaré dans le carrosse qui le ramène à Paris à Anne d'Autriche : « Ah, madame, est-ce que nous ne ferons pas rendre gorge à tous ces gens-là ? »


Le chancelier Séguier, principal accusateur de Fouquet, par Gérard-Léonard Hérard, musée du Louvre.

Le 10 décembre1662, Colbert fait remplacer Lamoignon, jugé trop favorable à l'accusé, et lui substitue Pierre Séguier, dont la haine pour l'ancien surintendant est notoire.
Les deux crimes reprochés sont le péculat (détournement de fonds publics par un comptable public) et la lèse-majesté, passibles tous deux de la peine de mort.

Le procès ne fut jugé qu'au bout de trois ans, en 1664. De vingt-deux juges qui opinèrent, il y en eut neuf qui conclurent à la mort, et les treize autres, parmi lesquels il y en avait à qui Gourville avait fait accepter des présents, opinèrent à un bannissement perpétuel. Le roi commua la peine en une plus dure. Cette sévérité n'était conforme ni aux anciennes lois du royaume, ni à celles de l'humanité.


Fouquet fut enfermé au château de Pignerol. Il y mourra en 1680.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 21 Déc 2017 - 11:10

21 décembre 1721
Mort du peintre français Antoine Watteau



Portrait de Watteau par Rosalba Carriera (1721)
Pastel sur papier, 55 × 43 cm, Museo Civico Luigi Bailo, Trévise


Jean-Antoine Watteau est né à Valenciennes en 1684 dans une famille de maîtres-couvreurs. Il commence son apprentissage de peintre à l’âge de dix ans chez Jacques-Albert Gérin, peintre valenciennois. A la mort de Gérin, en 1702, Watteau s’installe à Paris et poursuit ses études chez un graveur et décorateur de théâtre, Claude Gillot. Son goût pour les personnages de théâtre et les fêtes galantes trouve probablement ses racines dans cet apprentissage. Vers 1707-1708 il entre chez Claude III Audran, graveur de renom, en fonction au palais du Luxembourg. C’est dans ce palais qu’il découvre Rubens et en fait des copies. Il est reçu comme élève de l’Académie. A partir de 1709, Watteau se constitue une clientèle en peignant des sujets militaires. En 1717, l’Académie souhaitant le recevoir parmi ses membres, il présente comme morceau de réception Le pèlerinage à l’île de Cythère, une fête galante, genre créé pour lui dans la hiérarchie artistique académique.


Watteau. L'Embarquement pour Cythère, 1718
Huile sur toile, 129 × 194 cm, Schloss Charlottenburg, Berlin


Il souffre probablement de la tuberculose et part pour Londres en 1717-1720 pour tenter de se soigner. Il rencontre en Angleterre de nombreux artistes français qui s’inspirent de son œuvre pour réaliser des gravures très appréciées. L’influence de Watteau sur l’art anglais se retrouve en particulier chez Gainsborough. De retour à Paris, son talent exceptionnel est désormais reconnu par des collectionneurs (le comte de Caylus, Antoine le la Rocque) et par des marchands comme Gersaint pour qui il peint L’Enseigne de Gersaint (1720). Son mal s’aggravant, son ami l’abbé Haranger l’installe à Nogent-sur-Marne où il mourra à l’âge de trente-sept ans. Gersaint est chargé de vendre les œuvres de Watteau : il en obtiendra 3000 livres, ce qui est important pour un peintre de l’époque mais beaucoup moins élevé que les prix actuels pour un peintre célèbre. Par exemple, un carrosse (sans les chevaux) valait 2000 livres, un abonnement à un journal 7 livres.


Pour visionner d’autres œuvres sur Google Art Project, cliquer sur le nom du peintre :
WATTEAU
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 22 Déc 2017 - 14:40

22 décembre 1666
Naissance de l'Académie royale des sciences



Le 22 décembre 1666, Colbert réunit une quinzaine de savants dans la Bibliothèque du roi, rue Vivienne, à Paris. Parmi eux figure un étranger, l'astronome et physicien hollandais Christian Huygens.  Ils ont reçu de Louis XIV mission « d'avancer et favoriser la science pour l'utilité publique et la gloire de son règne » et constituent donc l'Académie des sciences de Paris
.
Elle est inspirée de la Royal Society fondée six ans plus tôt à Londres et mieux encore de l'Accademia dei lincei (« Académie des lyncées »), fondée en 1603 à Rome et reconnue comme la plus ancienne académie des sciences. Ainsi le XVIIe siècle sera-t-il aussi le Grand Siècle des Sciences
Trois ans plus tard, l'académie prend le nom d'Académie royale des sciences et reçoit ses premiers statuts, à l'imitation de l'Académie française fondée plus de trente ans plus tôt. L'une et l'autre font aujourd'hui partie de l'Institut de France.



Colbert présente à Louis XIV les membres de l'Académie royale des sciences (Henri Testelin)

Le grand tableau d’Henri Testelin est en fait un carton de tapisserie pour une pièce jamais tissée de la tenture de L’Histoire du Roi. Il représente une scène imaginaire, la présentation au roi des membres de la nouvelle Académie des sciences qui vient d’être fondée. Cet espace fictif s’ouvre sur l’Observatoire, que Claude Perrault commence alors à édifier.

Le peintre a particulièrement soigné le portrait de chaque participant, ainsi facilement reconnaissable : à droite de Louis XIV, assis sur un fauteuil, Monsieur, son frère, est habillé de rouge ; à gauche, Jean-Baptiste Colbert, qui arbore fièrement l’insigne de l’ordre du Saint-Esprit, avec derrière lui son secrétaire, Charles Perrault (l’auteur des Contes), présente au souverain les membres de l’Académie, à commencer par l’abbé Jean-Baptiste du Hamel, le premier secrétaire, qui s’incline respectueusement vers le souverain. Derrière lui sont figurés Pierre de Carcavi, Jean Picard, Christiaan Huygens, Jean-Dominique Cassini, Philippe de La Hire, l’abbé Edme Mariotte et Jacques Borelly.

De nombreux objets illustrent la diversité des activités scientifiques : squelettes d’animaux, sphère armillaire, horloge, globe terrestre (à gauche), plan du canal des Deux Mers, destiné à relier l’Atlantique à la Méditerranée, qui commence alors à être réalisé par Pierre-Paul Riquet, traités scientifiques, plans de fortifications, globe céleste (à droite).-
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 23 Déc 2017 - 9:22

23 décembre 1588
Henri III fait assassiner le duc de Guise aux états de Blois.



Henri III poussant du pied le cadavre du duc de Guise, peinture romantique de Charles Durupt,
musée des beaux-arts de Blois (1832).
À droite de la composition, l'artiste dépeint deux mignons portant des pourpoints de couleur jaune et rose.
Leur attitude maniérée ainsi que le bilboquet arboré par l'un d'entre eux soulignent le caractère frivole
de ces courtisans,conformément aux représentations héritées des propagandes huguenote et ligueuse.


Le duc reçut plusieurs avis qu'on en voulait à sa vie. La veille du jour de sa mort, il trouva en dînant, sous sa serviette, un billet qui lui marquait que son dernier moment approchait. Il dit seulement : « Il n'oserait », et acheva de dîner tranquillement. Néanmoins l'après-dîner, sur des avis réitérés, il tint conseil avec le cardinal de Guise, son frère, et l'archevêque de Lyon, sur le parti qu'il devait prendre.

Le cardinal fut d'avis qu'il s'en allât à Paris ; mais l'archevêque lui ayant représenté que s'il abandonnait les états, tous ses amis perdraient courage, et qu'il ne retrouverait jamais une si belle occasion d'établir son autorité, il se résolut à tout hasarder. Le lendemain, il alla chez le roi : il fut un peu surpris de voir la garde renforcée, les cent-suisses rangés sur les degrés. Dès qu'il fut entré dans la première salle, on ferma la porte. Il ne laissa pas de faire bonne mine, salua tous ceux du conseil avec ses grâces ordinaires ; et dans le temps qu'il voulait entre dans le cabinet, il fut percé de plusieurs coups de poignard, sans pouvoir mettre l'épée à la main, et expira en disant : « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! » Dès qu'il fut mort, le roi descendit dans la chambre de la reine mère qui était malade, et lui dit ce qui venait d'être fait. « Je ne sais, lui dit-elle, si vous en avez bien prévu les suites. »


Le duc Henri de Guise. Dessin, Paris, musée du Louvre.

Le temps des assassins

Quelques mois plus tôt, le roi Henri III a été chassé de Paris parce que, n'ayant pas d'enfant mâle pour lui succéder, il acceptait de laisser le trône, à sa mort, à Henri de Navarre, un protestant ! Réunis dans une Ligue catholique, les Parisiens se disposent à donner la couronne au duc Henri de Guise.

Henri III affecte alors de se soumettre et promet de ne jamais conclure «aucune paix ou trêve avec les hérétiques». Il nomme Henri de Guise lieutenant général du royaume et lui demande de le rejoindre à Blois où doivent se réunir les états généraux.

Le roi supporte sans mot dire l'insolence de son ennemi mais décide d'agir. Le vendredi 23 décembre 1588, au petit matin, une douzaine de fidèles le rejoignent dans son antichambre. Ils font partie de la garde royale. Le roi lui-même leur distribue des poignards. Leur chef se cache dans la chambre du roi avec huit complices. Les autres attendent à côté. Le roi se retire.

Henri de Guise pénètre dans la chambre où le roi l'a convoqué sous prétexte d'en terminer avec les affaires courantes avant Noël. Le duc est aussitôt percé de coups de poignard.

Quand le roi rentre dans la chambre et voit ce colosse de près de deux mètres étalé de tout son long au pied de son lit, la chronique lui prête cette réflexion : «Mon Dieu, qu'il est grand ! Il paraît même plus grand mort que vivant !»


Assassinat d'Henri de Lorraine, duc de Guise (1549-88)
Par Hippolyte (Paul) Delaroche (1797 - 1856)
Huile sur toile (1834)
Blois, Musée des Beaux-Arts


Le lendemain, c'est au tour du cardinal Louis de Lorraine, le frère du Balafré, d'être à son tour assassiné. Son corps est brûlé et jeté dans la Loire (ce refus de sépulture témoigne de la haine qui agite les esprits).
Les chefs de la Ligue sont arrêtés mais le camp catholique ne désarme pas. Paris proclame la déchéance d'Henri III. Les troupes espagnoles campent à Paris et Rouen, en soutien des insurgés.

Il appartiendra à Henri de Navarre, devenu Henri IV, de restaurer la paix civile.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 24 Déc 2017 - 10:12

24 décembre 1800
L'attentat de la rue Saint-Nicaise



Attentat rue St Nicaise - Musée Carnavalet


Le soir du 24 décembre 1800, la capitale française est secouée par une violente explosion.
Le Premier Consul Napoléon Bonaparte a été visé par une « machine infernale » en se rendant à l'opéra. La bombe a explosé à l'instant où son cortège s'engageait dans la rue Saint-Nicaise, sur le chemin qui mène du palais des Tuileries à l'opéra, place Louvois, dans le quartier du Sentier (le passage Saint-Nicaise et l'opéra ont aujourd'hui disparu).

Le Premier Consul est miraculeusement épargné mais l'attentat fait autour de lui vingt-deux morts et cinquante-six blessés.
« Le fracas du coup, les cris des habitants, le cliquetis des vitres, le bruit des cheminées et des tuiles pleuvant de toutes part, firent croire au général Lannes, qui était avec le Consul, que tout le quartier s'écroulait sur eux », racontera Pierre Louis Desmaret, chef de la division de la police secrète.



Un coup à gauche
Le carrosse de Bonaparte poursuit sa route et le Premier Consul se rend au spectacle comme si de rien n'était... sans se préoccuper du sort de son épouse [url=https://www.herodote.net/Bio/bio.php?nom=Tascher de la Pagerie]Joséphine[/url] et de sa belle-fille Hortense, laquelle a été légèrement blessée, dans une autre voiture. Mais, dès le lendemain, il saisit le prétexte de l'attentat pour frapper le camp jacobin qui lui en veut d'avoir mis fin à la Révolution en instaurant un an plus tôt sa dictature.

Le Sénat dresse une liste de 130 proscrits et Joseph Fouché, ancien prêtre oratorien devenu ministre de la Police générale, en fait déporter pas moins de 95.

Fouché mène par ailleurs son enquête. Ses enquêteurs n'ont pas la tâche facile. Ils ne disposent pour tout indice que de la tête du cheval qui traînait la machine infernale. Avec celle-ci, ils font le tour des maquignons de Paris et identifient les acheteurs du cheval ! Fouché peut bientôt apporter la preuve au Premier Consul que l'attentat de la rue Saint-Nicaise a été en fait ourdi par les chouans royalistes.



Un coup à droite
Qu'à cela ne tienne. Après avoir frappé à gauche, Bonaparte frappe à droite ! Il fait établir des tribunaux spéciaux pour punir les coupables. Parmi eux deux chefs royalistes, rapidement guillotinés...
Mais, vexé que Fouché l'ait contredit sur les responsables de l'attentat, le Premier Consul lui enlève le ministère de la Police et lui donne en compensation un siège de sénateur (lorsque, quatre ans plus tard, le royaliste Georges Cadoudal manigancera un nouvel attentat contre le Premier Consul, celui-ci se repentira de s'être séparé de son efficace ministre).

Le Premier Consul comprend que son pouvoir personnel et la stabilité du régime ne seront assurés que par la paix avec les Anglais et la réconciliation religieuse... Ce sera chose faite quinze mois plus tard. Et un petit délai supplémentaire permettra à Bonaparte de devenir consul à vie puis de prendre le titre de Napoléon 1er, empereur des Français... pour le meilleur et pour le pire.....
(Herodote)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 24 Déc 2017 - 11:47

La politique et ses manigances, cela n'a pas changé depuis. Si l'on savait tout....
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 25 Déc 2017 - 11:25

25 décembre 1870
L'improbable repas de Noël lors du siège de Paris




PARIS, SEPTEMBRE 1870.

La capitale est aux mains de l’armée Prussienne. Elle encercle la ville et prive les Parisiens des besoins les plus rudimentaires : charbon, gaz et nourriture. Mais les habitants ne se laissent pas mourir et vont contrer la famine à leur manière…

Coupés du monde extérieur, les Parisiens sont voués à une mort lente et douloureuse à cause de la famine qui gagne petit à petit du terrain. La solution ? mettre dans leur assiette chevaux, chiens, chats, mulets et… rats ! Il se raconte que tous ces mets étaient même très bons. La bourgeoisie est elle aussi contrainte de manger ses animaux domestiques… On est loin de la gastronomie française qui fait aujourd’hui la renommée de la France. Enfin, pas si loin que ça…

LE « MIRACLE » DE NOËL

Juste avant Noël, le chef Choron a vent d’une mauvaise nouvelle. Les animaux de la Ménagerie du Jardin des Plantes et du Parc Zoologique n’ont eux aussi plus de quoi se nourrir. Le personnel s’apprête donc à les tuer. Mais ils ne mourront pas « pour rien » puisque le chef décide de concocter un menu de Réveillon à base de ces animaux exotiques dans son mondain restaurant, le « Café Voisin ». Le Tout-Paris se presse donc pour oublier la guerre et festoyer comme il se doit.



À la carte : tête d’Agneau farcie, chameau rôti à l’anglaise, civet de kangourou, côte d’Ours sauce poivrade, terrine d’antilope aux truffes, les éléphants Castor et Pollux… Le cuisinier n’oublie pas ses bonnes manières et tente de proposer à ses invités un dîner digne des plus prestigieux Noël ! Sans oublier le vin, gastronomie française oblige, Choron proposa la crème de la crème : Mouton Rotschild 1846, Latour Blanche 1861… On entend d’ici les éclats de rire et les bruits des couverts pendant que Paris est à feu et à sang à l’extérieur. Si ce repas avait été leur dernier, ils seraient morts certainement repus. Heureusement pour nous, un mois plus tard, le 26 janvier 1871 l’armistice est déclarée et Paris libérée !



source
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 26 Déc 2017 - 21:53

26 décembre 1863
Naissance de Charles Pathé.




Charles Pathé, né le 26 décembre 1863 à Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne), mort le 25 décembre 1957 à Monte-Carlo est un industriel et producteur de films pour le cinéma.

En août 1894, il découvre le phonographe Edison à la foire de Vincennes (l'actuelle Foire du Trône). Il a immédiatement le coup de foudre pour cet appareil et veut en acheter un pour commencer à faire des démonstrations sur les foires. Puis c'est à Londres qu'il découvre le kinétoscope inventé par Thomas Edison. Il étend ses activités dans le commerce des projecteurs et des films. Il est aussi l'inventeur du premier magazine d'actualités cinématographiques. En 1896, il fonde la société Pathé Frères et, avec son frère Émile, se lance la même année dans l'industrialisation de l'enregistrement du son.


Charles Pathé se lance dans la production cinématographique

Charles comprend que la location des films, pour une durée de quatre mois maximum, est une activité plus lucrative que la vente. Il s'associe ensuite avec des financiers, ce qui augmente son capital. Le 28 décembre 1897, les nouveaux capitaux de la société « Pathé frères » lui permettent de créer « la nouvelle société Pathé Frères », qui fait entrer cette société de production dans la grande finance. Tous les secteurs d'activité sont alors exploités : la production, les laboratoires, la diffusion, l'exploitation de films... De 1902 à 1904, il ouvre des succursales en Europe et aux États-Unis. La production de films passe de soixante-dix en 1901 à cinq cents en 1903. La société crée en 1905 le logo du coq gaulois, qui reste aujourd'hui encore son emblème.


Façade d'un cinéma Pathé avec l'emblème du coq, Montpellier

Il entrera en compétition avec l'américain Eastman, fondateur de la maison Kodak, et finira par gagner le monopole européen de la fabrication de la pellicule. En 1906, il ouvrira sa 1ère salle de cinéma à Paris et en 1907,transformera le Cirque d'hiver de Paris en salle de projection.


Charles et Émile Pathé dans une caricature de Adrien Barrère

Il imaginera, en 1909, le premier journal d'actualités cinématographiques, le Pathé-Journal. En 1922, Pathé Frères fusionnera avec EMI et devient Pathé-Marconi "La Voix de son Maître" jusqu'en 1990, où la société prendra le nom d'EMI France.

Sa découverte de Max Linder, qu'il engage en 1905, figure parmi ses titres de gloire.


Projecteur de film Pathé de 1910

Il établit un grand monopole cinématographique Pathé, qui consiste en productions contrôlées de films au moyen de ses agences. Il crée à cette fin de nombreux studios dans le monde. Segundo de Chomón fonde en 1906 la succursale espagnole à Barcelone, et quatre ans plus tard Pathé pénètre le marché américain avec Pathé-America, liée au trust de la Motion Picture Patents Company.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 26 Déc 2017 - 22:02

Quand on a une bonne idée et que l'on sait la développer et bien la gérer. salutation
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 27 Déc 2017 - 10:06

27 décembre 1718
Arrêt du conseil qui défend de faire
des paiements en argent au-dessus de 600 livres.




John Law contrôleur de la Banque Royale –
Gravure de Georg Frederick Schmidt (1738)
d'après Hyacinthe Rigaud
(v. 1719-1720).


Cet arrêt fut le plus funeste de tous ceux qui furent rendus dans le temps du système Law. Lorsque Philippe, duc d'Orléans, eut été nommé régent du royaume, il trouva les finances dans le plus grand désordre, et l'Etat presque ruiné. Par un mémoire qu'il rendit public, la dette nationale, à la mort du roi, montait à deux milliards soixante-deux millions en capital, portant quatre-vingt-dix millions d'intérêt. Le maréchal de Noailles assure dans ses mémoires, qu'au lieu de onze cent millions d'espèces que l'on devait avoir, il eût été difficile d'en trouver six cents, tant l'exportation avait été énorme, et tant le commerce en avait souffert.


Caricature de John Law de Lauriston et de son système (1720).

L'an 1716, le roi donna un édit, portant établissement d'une banque générale pour tout le royaume, sous le nom du sieur Law et compagnie. Il était libre à toute personne de porter son argent à la banque, qui devait donner en échange des billets payables à vue. Le commerce du Mississipi, du Sénégal et des Indes, devint la base du système de Law. L'an 1718, le 4 décembre, la banque générale est déclarée banque royale, et Law en est nommé directeur. Le 27 du même mois, sort un arrêt du conseil, qui défend de faire des paiements en argent au-dessus de 600 livres, ce qui rendit nécessaires les billets de la banque royale, et obligea d'en créer une multitude.


Billet de la Banque générale pour 10 écus. Ce billet, daté du 20 juin 1718,
porte la signature de John Law.
© Musée de Poitiers


Cet arrêt fut l'époque et la cause d'une révolution étonnante dans les moeurs de la nation. L'intérêt étouffa la voix de la nature et de l'équité ; on se sacrifia mutuellement comme dans un naufrage ou un incendie ; le frère fut trahi par le frère, et la père par le fils ; l'homme secourable fut écrasé par celui dont il avait prévenu la ruine, et périt par son propre bienfait. Le tableau de cet affreux désordre est parfaitement tracé dans les Lettres persanes de Montesquieu.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 28 Déc 2017 - 10:35

28 décembre 1680
Apparition d'une gigantesque comète.



Gravure allemande de 1707 représentant la comète de 1680
(appelée comète de Kirch, ou Grande Comète de 1680)


La queue de cette comète observée dans toute l'Europe occupait la moitié de la voûte céleste. On devine combien cette image impressionnante occasionna de terreurs. De tous temps, il a existé un préjugé voulant qu'une comète soit le signe avant-coureur de quelque malheur ou de la mort de quelque personnage important. Mais en France, tout finit par des chansons et l'on fredonna :

Soyez bien sûr que la comète,
Du ciel la funeste interprète,
Prédit toujours la mort d'un grand ;
Ne voilà-t-il pas qu'à Versailles,
Etendu, couché sur la paille,
Vient de mourir un éléphant !


Bien des comètes sont demeurées célèbres dans l'Histoire : entre autres, celle qui est apparue après la mort de Dimitrius, roi de Syrie, en 146 av. JC, et dont le noyau était aussi gros que le soleil. La comète qui apparut à la naissance de Mithridate en 130 av. JC terrorisa. Les contemporains ont raconté qu'elle semblait embraser tout le ciel et qu'elle répandait deux fois plus de lumière que le soleil.

Parmi les comètes célèbres, citons encore celle que virent les Normands de Guillaume le Conquérant, à la veille de l'invasion de l'Angleterre, et qui est représentée sur la tapisserie de Bayeux. Les comètes faisaient assurément déraisonner, du moins il faut le supposer lorsqu'on lit ce texte signé Ambroise Paré : « Cette comète était si horrible et si épouvantable qu'elle engendra grand terreur au vulgaire et qu'il en mourut beaucoup de peur ! Les autres tombèrent malades... Elle apparaissait être de longueur excessive et était de couleur de sang. A la sommité d'icelle on voyait la figure d'un bras courbé tenant une grande épée dans la main comme s'il eût voulu frapper. Au bout de la pointe, il y avait trois étoiles. Aux deux côtés des rayons de cette comète, il se voyait grand nombre de haches, couteaux, épées colorées de sang, parmi lesquels il y avait grand nombre de faces humaines hideuses avec les barbres et les cheveux hérissés. »
https://www.youtube.com/watch?v=tqXpLsfxW4U

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 30 Déc 2017 - 10:39

30 Décembre 1916
Assassinat de Raspoutine
« Si je suis tué par des hommes ordinaires, par mes frères, toi, tsar Nicolas, tu vivras. Tu resteras sur le trône et tes enfants vivront. Si je suis tué par des seigneurs, des aristocrates, mon sang coulera sur toute la Russie, et ils devront quitter le pays qui basculera et sera vaincu. » (décembre 1916).

Il y a un siècle, dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916 (pour le calendrier grégorien), Grigori Efimovitch Raspoutine fut assassiné à Petrograd (Saint-Pétersbourg). Il devait avoir probablement 47 ans, presque 48 ans.
Raspoutine avait déjà été victime d’une première tentative d’assassinat, par une ancienne prostituée qui l’avait poignardé le 29 juin 1914. Il en réchappa et en profita pour renforcer son emprise auprès de la famille impériale.
À sa mort, Raspoutine était donc au sommet de son influence, voire de son pouvoir. Réel personnage de roman, vaguement mystique, pseudo-moine originaire de Sibérie, il était un conseiller tellement proche de la tsarine Alexandra Fiodorovna (Alix de Hesse-Darmstadt), chargée de gouverner la Russie à partir du 21 août 1915, pendant que son époux Nicolas II commandait lui-même les armées impériales, qu’il prenait des décisions importantes (des nominations notamment) alors qu’il n’avait aucune légitimité, suscitant jalousie et agacement dans la famille impériale et parmi les autres proches du tsar, suscitant aussi l’inquiétude par sa proximité avec l’Allemagne, pays contre lequel la Russie était en guerre depuis le 1er août 1914.


« Si je suis tué par des hommes ordinaires, par mes frères, toi, tsar Nicolas, tu vivras. Tu resteras sur le trône et tes enfants vivront. Si je suis tué par des seigneurs, des aristocrates, mon sang coulera sur toute la Russie, et ils devront quitter le pays qui basculera et sera vaincu. » (décembre 1916).



Il y a un siècle, dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916 (pour le calendrier grégorien), Grigori Efimovitch Raspoutine fut assassiné à Petrograd (Saint-Pétersbourg). Il devait avoir probablement 47 ans, presque 48 ans.

Raspoutine avait déjà été victime d’une première tentative d’assassinat, par une ancienne prostituée qui l’avait poignardé le 29 juin 1914. Il en réchappa et en profita pour renforcer son emprise auprès de la famille impériale.

À sa mort, Raspoutine était donc au sommet de son influence, voire de son pouvoir. Réel personnage de roman, vaguement mystique, pseudo-moine originaire de Sibérie, il était un conseiller tellement proche de la tsarine Alexandra Fiodorovna (Alix de Hesse-Darmstadt), chargée de gouverner la Russie à partir du 21 août 1915, pendant que son époux Nicolas II commandait lui-même les armées impériales, qu’il prenait des décisions importantes (des nominations notamment) alors qu’il n’avait aucune légitimité, suscitant jalousie et agacement dans la famille impériale et parmi les autres proches du tsar, suscitant aussi l’inquiétude par sa proximité avec l’Allemagne, pays contre lequel la Russie était en guerre depuis le 1er août 1914.
Mikhaïl Rodzianko, président de la Douma, avait ainsi mis en garde Nicolas II : « Je dois dire à Votre Majesté que cela ne peut pas continuer beaucoup plus longtemps. Personne ne vous ouvre les yeux sur le rôle véritable que cet homme joue. Sa présence à la Cour de Votre Majesté sape la confiance dans le pouvoir suprême et peut avoir un effet néfaste sur le sort de la dynastie et détourner le cœur des gens de leur empereur. ».
Alexandre Kerenski, député et futur Président du gouvernement provisoire de la Russie du 21 juillet 1917 au 8 novembre 1917, s’était également inquiété : « La foi aveugle de la tsarine en Raspoutine l’a amenée à lui demander conseil, non seulement dans les questions personnelles, mais aussi sur des questions de politique d’État. Le général Alekseïev, tenu en haute estime par Nicolas II, a essayé de parler à la tsarine au sujet de Raspoutine, mais il réussit seulement à s’en faire une ennemie implacable. Le général m’a dit plus tard à ce sujet sa profonde préoccupation en apprenant qu’une carte secrète des opérations militaires avait trouvé son chemin dans les mains de l’impératrice. Mais comme beaucoup d’autres, il était impuissant à prendre des mesures. ».
Touché par de nombreux scandales mettant en jeu la réputation de la cour, Raspoutine a fédéré autour de lui tellement de détestation et de crainte qu’il fut finalement assassiné. Il fut invité à dîner dans le palais de son futur assassin et fut empoisonné au cyanure de potassium (introduit dans des pâtisseries) mais insuffisamment (ou même pas du tout) au point d’être achevé par beaucoup de coups et par cinq coups de feu issus de trois revolvers différents. Son corps fut ensuite jeté dans la Nevka. Lorsque que le corps a été retrouvé, gelé, le 1er janvier 1917, on a fait une autopsie qui révéla la présence d’eau dans les poumons, ce qui signifiait que Raspoutine n’était pas encore mort malgré ses blessures lorsqu’il fut jeté dans l’eau et mourut noyé.
Ce fut le prince Félix Youssoupov, issue d’une famille encore plus riche que celle de Nicolas II, qui organisa le complot visant à l’éliminer. Les parents de Félix Youssoupov avaient été humiliés par Raspoutine quelques mois auparavant. Parmi ses complices, le grand-duc Dimitri Pavlovitch Romanov (très "proche" sentimentalement de Féix Youssoupov), le député Vladimir Pourichkevitch (leader d’un parti d’extrême droite), le lieutenant Sergueï Soukhotine et le docteur Stanislas Lazovert (médecin-chef d’un train-hôpital de la Croix-Rouge qui fut sous les ordres de Vladimir Pourichkevitch mais qui apparemment, n’aurait pas fourni le cyanure de potassium mais une poudre inoffensive).
Lorsque la police arriva, les deux derniers conspirateurs avaient déjà fui Petrograd, et les trois premiers, interrogés, dont la mort était réclamée par la tsarine pour venger Raspoutine, ont eu la vie sauve et furent seulement exilés par le tsar, car la population fut réjouie et soulagée de l’assassinat de Raspoutine.
Enterré le 3 janvier 1917 au palais de Tsarskoïe Selo, près de Petrograd, le corps de Raspoutine fut exhumé et brûlé le 22 mars 1917, ses cendres dispersées dans la forêt, par les bolcheviks. La famille impériale fut elle-même massacrée par les bolcheviks dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 à Iekaterinbourg.
Raspoutine aurait fait devant l’impératrice cette prophétie : « Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n’aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils, vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après, le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable. ».
Bien plus tard après son assassinat, beaucoup de témoignages concordants laissèrent entendre que l’agent secret britannique Oswald Rayner, ami d’enfance de Félix Youssoupov, était présent lors de l’assassinat, voire a tiré lui-même sur Raspoutine : la Grande-Bretagne voulait éviter à tout prix que la Russie retirât ses troupes contre l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale. L’ancien diplomate russe devenu romancier français Vladimir Fédorovski, après avoir mené sa propre enquête, a affirmé le 1er décembre 2011 que les coups de feu ont été tirés par le grand-duc Dimitri Pavlovitch et par Oswald Rayner ("Le Roman de Raspoutine" aux éd. du Rocher).
Par ailleurs, le grand-duc Nicolas Mikhaïlovitch Romanov, grand historien à l’esprit très libéral, évoqua, dans son journal, une relation très ambiguë entre Raspoutine et le prince Félix Youssoupov : « Félix Youssoupov me narra toute l’histoire, son affection, sa relation homosexuelle avec Raspoutine. Le starets se prit d’affection pour lui. Peu après, le prince lui fit entièrement confiance. Ils se sont vus presque chaque jour et parlèrent de tout. Raspoutine l’initia à ses projets. Une chose incroyable se produisit, Raspoutine était épris et avait une passion charnelle pour Félix. Je suis convaincu qu’il y avait des manifestations physiques de cette amitié sous forme de baisers, d’attouchements de part et d’autre et peut-être quelque chose de plus cynique. Le sadisme de Raspoutine laisse un doute. Je comprenais peu les perversités sexuelles de Félix. Bien avant son mariage, des rumeurs circulèrent sur sa lascivité. ».
Après l’abdication de Nicolas II le 15 mars 1917, le prince Félix Youssoupov s’exila en Crimée, puis a pu fuir le 11 avril 1919 la Russie devenue soviétique, à bord d’un cuirassé de la Royal Navy. Après un séjour à Rome puis à Londres, lui et sa famille s’installèrent à Paris en 1920 et y restèrent. Il publia ses mémoires, notamment sur la mort de Raspoutine en 1927, et exprima ainsi ses scrupules juste avant l’assassinat : « Une inexprimable pitié pour cet homme m’a soudain saisi. La fin ne justifie pas les moyens ignobles. J’ai ressenti le mépris de soi. Comment pourrais-je commettre une telle infamie ? J’ai regardé la victime. Le "vieil homme" était confiant et calme. Et puis, soudain, apparut devant moi la vie de Raspoutine dans toutes ses abominations. Et mes doutes et scrupules disparurent. ».
Félix Youssoupov est mort le 27 septembre 1967 : Alain Decaux venait de l’interviewer pour réaliser avec Robert Hossein et Claude de Sailly le film "J’ai tué Raspoutine" sorti le 3 mai 1967, film dans lequel, pour le rôle du grand-duc Dimitri Pavlovitch, a joué …l’actuel député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany ! Félix Youssoupov est enterré au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.

La fille de Raspoutine, née le 27 mars 1899, Maria Grigorievna Raspoutine, émigra après la Révolution russe en Roumanie, puis en France, enfin aux États-Unis où elle mourut le 27 septembre 1977 (à Los Angeles). Elle chercha à faire juger le prince Félix Youssoupov lorsque ce dernier a reconnu dans un livre qu’il avait été l’un des assassins de son père mais fut déboutée par un tribunal français qui se considéra incompétent. Elle-même a écrit un livre sur son père, publié en 1966 aux éditions Albin Michel.
par Sylvain Rakotoarison (son site)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 1 Jan 2018 - 14:37

1er janvier 1565
Et l'année commença un 1er janvier



Charles IX François Clouet via Wikimedia Commons

L'année n'a pas toujours commencé au premier janvier en France. La décision fait partie de plusieurs réformes prises par Charles IX pour mettre fin au désordre ans le royaume.

L'année n'a pas toujours commencé au premier janvier. C'est même par une décision royale que le début de l'année fut fixé à cette date. L'édit de Paris pris par le jeune Charles IX en 1563 était une manière d'uniformiser et de mettre de l’ordre dans son royaume en pleine guerre de religion. De quoi nous rappeler que le calendrier, aussi, est politique.

La décision est prise à la suite d'un grand tour de France. «Charles IX est présenté à son royaume par sa mère, Catherine de Médicis, qui veut en pacifier les troubles», explique l'historien moderniste Xavier Le Person. Charles IX monte sur le trône à l'âge de 10 ans, suite à la mort prématurée de son père Henri II lors d'un tournoi et au décès de son frère aîné François II après une seule année de règne. La succession d’un roi mineur survient alors que les tensions entre catholiques et protestants s'aggravent en ce milieu de XVIème siècle.

Nouvelle année à Lyon, pas dans le reste du royaume

Lors de ce tour de France, Charles IX «écoute les doléances de ses sujets et fait le constat de la diversité des pratiques». Parmi elles, celles du calendrier, qui varie d'une partie à l'autre du royaume. «Dans certains endroits, l'année commence le 25 mars, qui est le jour de l'Annonciation, ailleurs à Pâques qui est une fête mobile, ou encore à Noël», décrit Xavier Le Person. Autrement dit, quand l'an 1560 débute à Lyon, une bonne partie du royaume est encore en 1559 pour plusieurs mois. Pas ultra simple comme fonctionnement! «Cela provoque des problèmes», confirme l'historien. Une réforme pouvait apporter une solution à ce casse-tête calendaire. C'est l'objet de l'article 39 de l'édit de Paris de janvier 1563, qui fixe pour tout le royaume le début de l'année au 1er janvier 1564.

Cet édit n'est pas le seul à œuvrer à l'uniformisation de ce royaume bien disparate. A titre d'exemple, rappelons que la Bretagne a été rattachée au royaume de France seulement quelques décennies plus tôt. A la même époque, des mesures sont prises pour harmoniser le royaume et l'adapter à une gestion plus administrative. «Il faut relier cette réforme à la logique de Villers-Cotterêts», insiste Xavier Le Person. C'est-à-dire à l'ordonnance de Villers-Cotterêts prise en 1539 par François Ier, le grand-père de Charles IX, et qui fait du français la langue obligatoire dans le droit et l'administration, y remplaçant le latin.

Dans la même veine, la Grande ordonnance de Blois de 1579 de Henri III, le successeur de Charles IX à qui Xavier Le Person a consacré sa thèse, marque un effort royal de codification des coutumes du royaume.

Un début de l'année qui concerne surtout les magistrats et les prêtres

Concrètement, l'instauration du début de l'année au 1er janvier concerne surtout les magistrats, les lettrés et au premier chef les prêtres qui enregistrent baptêmes –dont la tenue des registres est obligatoire depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts– mariages et décès, dans chaque paroisse. «La confusion dure 3-4 ans. On voit dans les archives que certains clercs ne savaient plus quelle était l'année en cours, ils rayaient la date, corrigeaient à nouveau... Mais en 1567, la logique royale l'emporte», décrit l'historien.

«Cette réforme ne dérange que les lettrés et pas les paysans. Elle a des impacts limités sur l'ensemble des Français», estime Xavier Le Person. Il n’a pas connaissance de fêtes paysannes célébrant le début de l'année au printemps décalées au 1er janvier pour respecter la décision royale, ce que met en scène Jean Teulé dans Charly 9, son roman sur Charles IX. Le romancier y fait référence à la mort de nombreux paysans qui auraient revêtu leur fine chemise de printemps en plein hiver! Rajoutant d'autres morts à la conscience déjà tourmentée de Charles IX, le roi de la St-Barthélémy.

Pourquoi le 1er janvier? Et pourquoi pas?

Mais, au fait, pourquoi le 1er janvier? Xavier Le Person reconnaît que cela peut faire l’objet de discussions. On reprend probablement le jour de début d’année choisi par Jules César lors de sa réforme du calendrier –dit calendrier julien– qui s’imposa ensuite à tout le monde romain.

Mais la question devrait plutôt être: pourquoi pas le 1er janvier? Choisir une date qui ne correspond à aucune fête religieuse particulière n'est pas anodin. «Dans le contexte des guerres de religion, c'est un moyen d'affirmer un temps du roi supérieur au temps de l'Eglise. Cela peut aussi apparaître comme un moyen de trouver une concorde entre protestants et catholiques, autour d'un nouveau calendrier, pas religieux, mais royal», propose Xavier Le Person.

D'après ce dernier, on manque d'études sur l'acceptation de cette réforme, mais il semble qu'elle ait été adoptée en France autant par les réformés que par les catholiques. Ce qui ne fut pas le cas de toute les réformes calendaires de l'époque.

Quelques années plus tard, en 1582, le pape Grégoire VIII réorganise lui aussi le calendrier, en remplaçant le calendrier julien par le calendrier grégorien, mieux aligné sur le temps solaire, rappelle Xavier Le Person. Le calendrier julien avait accumulé un retard d’environ 10 jours par rapport au calendrier solaire au XVIe siècle. Le pape, pour retrouver la coïncidence coupa 10 jours de l’année 1582 et pour éviter le renouvellement de l’inconvénient, décida qu’on conserverait les années bissextiles, mais sur quatre années séculaires une seule serait bissextile. Si le calendrier grégorien est immédiatement adopté par les Etats catholiques que sont la France, l'Espagne, le Portugal, ou encore les cités-Etats italiennes , «cette réforme voulue par le Pape n'est pas acceptée par les protestants». En Angleterre, le calendrier grégorien n'est adoptée que deux siècles plus tard, en 1752, non sans provoquer des émeutes à Londres.

La décision de Charles IX de commencer l'année au 1er janvier a rencontré plus de succès. Mais «il ne faut pas voir l'histoire de l'Etat en termes d'une amélioration constante» prévient le moderniste. Car, loin de participer d’une construction conceptuelle de l'Etat, cette réforme se passe de manière très pragmatique. «L'Etat fonctionne alors dans des relations d'homme à homme, il s'agit pour le roi de donner satisfaction à ses sujets». Des désordres sont constatés, des sujets se plaignent, pour mettre fin au désordre du royaume, le roi prend des décisions... dont certaines façonnent toujours l'organisation du temps actuel.
Hélène Ferrarini
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 2 Jan 2018 - 10:10

2 janvier 1685
Thomas Corneille entre à l'Académie.



Thomas Corneille à l’âge de 81 ans.

De dix-neuf ans le cadet de son frère Pierre, Thomas Corneille s’appliqua toute sa vie à suivre la voie de son aîné.

Il y avait entre Pierre Corneille et son cadet Thomas une grande ressemblance de goûts, de pensée et de façon de vivre. Ils avaient épousé les deux soeurs et les deux ménages habitèrent ensemble pendant vingt-cinq ans. Les deux frères, vivant sous le même toit, avaient installé leurs bureaux l'un au-dessous de l'autre avec une trappe pratiquée par le plancher, ce qui leur permettait de se parler pendant leurs journées de travail. Voisenon affirmait que lorsque Pierre avait besoin de quelques rimes, il soulevait la trappe pour les demander à son frère. On raconte même qu'un jour Pierre Corneille, ayant plus particulièrement des difficultés pour trouver ses rimes, soulevait sans cesse sa trappe, ce qui avait fini par agacer prodigieusement son frère. A la fin de la journée, il buta encore sur un mot sans lui trouver de rime. C'était le mot perde, qui a la particularité dans le langue française de ne rimer qu'avec le mot de Cambronne... Thomas Corneille profita avec joie de cette occasion d'exprimer son énervement et donna la rime à son frère mais d'une voix particulièrement forte et claironnante.


Pierre Corneille

Thomas Corneille a souvent été considéré par certains comme quelqu’un qui n’a été remarqué que pour le nom qu’il portait, tandis que d’autres estiment qu’il a eu la malchance d’avoir un frère qui lui faisait de l’ombre, comme il en aurait fait à presque n’importe qui d’autre. Quoi qu’il en soit, modeste, affable, toujours prêt à louer le mérite d’autrui, bienfaisant, religieux sans faste de dévotion, Thomas possédait toutes les vertus de son frère avec plus d’agrément dans l’esprit et plus de grâce dans le monde.

En 1685, il succéda à l’Académie française au fauteuil de son frère mort l’année précédente, et produisit une nouvelle édition des Remarques de Vaugelas en 1687, avant de s’atteler, en 1694, à un Dictionnaire des termes des arts et des sciences en complément du dictionnaire de l’Académie puis à un Dictionnaire universel géographique et historique en 1708. Il avait également produit une traduction complète des Métamorphoses d’Ovide en 1697.
:clphoto:


LIRE :
Réponse au discours de réception de Thomas Corneille
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 3 Jan 2018 - 0:29

3 janvier 1813 :
Le travail à la mine interdit aux enfants de moins de dix ans.





Durant des millénaires, les enfants ont filé un coup de main à leurs parents. Dans les champs, dans l'atelier, à l'usine. Et puis, voilà deux siècles, ils ont commencé à refuser le travail. Sous prétexte d'éducation...

Ce jour-là, Jean-Baptiste de Nompère, comte de Champagny et de l'Empire, duc de Cadore, grand chancelier de l'ordre de la Réunion, futur pair héréditaire des Cent-Jours, et ministre secrétaire d'État du gouvernement de Napoléon Ier, signe un décret sur le travail à la mine excluant l'embauche des enfants de moins de dix ans.


Hurrier Cobden - 1853 : « les esclaves blancs d'Angleterre ».

À l'époque, les mômes n'étaient pas les petits fainéants d'aujourd'hui qui squattent chez leurs parents jusqu'à 25 ans et plus. Au début du XIXe siècle, la plupart des enfants sont mis au turbin dès qu'ils peuvent marcher et gagner leur croûte. Autant d'empoché par des parents qui ne peuvent pas compter sur les allocs. En pays miniers, les très jeunes enfants sont recherchés, car leur petite taille leur permet de se livrer à de nombreuses activités dans les boyaux étroits. Ils se glissent partout, tirent les wagonnets douze heures par jour. Braves gosses qui aident leurs parents ! Cette main-d'oeuvre enfantine est vraiment du pain bénit : pas chère, docile, facilement renouvelable.

Vers la fin du XVIIIe siècle, quelques âmes charitables s'inquiètent du sort de cette jeune main-d'oeuvre corvéable à merci, et réclament une réglementation pour la protéger. Napoléon se laisse attendrir. D'où la rédaction d'un décret impérial signé par le duc de Cadore. Le texte précise qu'il "est défendu de laisser descendre ou travailler dans les mines et minières les enfants au-dessous de dix ans". Ce décret reste lettre morte, car Napoléon disparaît rapidement de la scène politique. Et ce ne sont pas les frères de Louis XVI qui vont s'inquiéter du sort des mioches.



Il faut attendre 1841 pour une nouvelle avancée en faveur de la fainéantise infantile. Vraiment timide : l'âge minimum de travail est alors porté... à 8 ans ! Mais, une fois de plus, la loi ne change rien à la pratique. Les petits morveux continent à aller au charbon. En 1874, nouvelle tentative : une nouvelle loi interdit l'embauche avant l'âge de 12 ans. Encore raté.

Enfin, le 28 mars 1882, la loi Ferry impose l'école obligatoire entre 6 et 13 ans. C'est depuis ce jour-là que nous avons commencé à devenir esclaves de nos enfants...
Le Point.fr


Victor Hugo
et le travail des enfants


Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche, on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue…



Victor Hugo
Mélancholia 1856
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