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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 27 Oct 2018 - 12:03

27 octobre 1662
Louis XIV rachète Dunkerque à l'Angleterre,
la ville devient définitivement française.



Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun et Charles II par John Michael Wright.

En 1662, Charles II (roi d'Angleterre) est à court d'argent. Edward Hyde de Clarendon, chancellier d'Angleterre, lui conseille de vendre Dunkerque qui coûte au royaume plus d'un million de livres par an.


Godefroi d'Estrades

Godefroi d'Estrades ancien ambassadeur en Allemagne, Hollande et Angleterre est chargé des négociations pour la France. Edward Hyde de Clarendon, chancellier d'Angleterre, lui suggère qu'il pourrait céder la ville pour douze millions de livres. D'Estrades qui a été gouverneur de Dunkerque et connaît bien la ville lui répond qu'il ne dépasserait pas deux millions. Il faut cependant faire vite, car en Angleterre, l'idée de céder Dunkerque à la France est loin de faire l'unanimité. Le Conseil privé envisage plutôt de mettre le sort de la ville entre les mains du Parlement ou de la vendre à l'Espagne ou à la Hollande. Clarendon propose alors sept millions de livres.


Edward Hyde, 1st Earl of Clarendon (1609–1674)

Le 27 août, par l'intermédiaire de d'Estrades, Louis XIV fait connaître son dernier mot: Ce sera quatre millions dont deux au comptant, puis deux millions sur les deux années suivantes. Le 1er septembre, n'ayant pas reçu de réponse d'Estrades annonce qu'il quitte les négociations. Un accord est finalement trouvé pour cinq millions de livres, à la conditions de céder également Mardyck et les fortifications entre Bergues et Dunkerque.


Vue de Dunkerque côté mer vers 1700-1710
avec les fortifications construites par Vauban au travers du banc de sable.


Le 27 octobre, à Londres, la vente est enfin conclue. « La ville de Dunkerque avec ses vieilles et ses nouvelles fortifications, avec les matériaux et munitions qui s'y trouvaient ainsi que Mardyck et les forts entre Dunkerque et Bergues » sont remis à la France. La nouvelle est ressentie comme une trahison. Le parlement qui craint que le fameux repaire des corsaires dunkerquois ne ruine le commerce, tente en vain d'interdire aux troupes d'embarquer, mais le courrier arrive trop tard. Le 28 novembre les dernières troupes anglaises quittent Dunkerque. Les troupes françaises entrent le lendemain.

Le 2 décembre, Louis XIV en personne, vient prendre possession de la ville. Il est reçu par Godefroi d'Estrades, nouveau gouverneur de Dunkerque.

Sébastien Le Prestre de Vauban entreprend aussitôt de fortifier la ville et développe son port qui devient le plus grand port de guerre du royaume. Dès 1670, Louis XIV encourage la reprise de la course à Dunkerque.

Devenu impopulaire suite à la vente de Dunkerque, Clarendon tombe rapidement en disgrâce. Il est dépouillé de toutes ses biens et banni par le parlement. Il se retire en France et meurt à Rouen, le 9 décembre 1674.


Les fortifications de Dunkerque subsistent jusqu'au début du XXe siècle.
Ici la porte de Rosendaël, franchie par le tramway de Dunkerque peu avant la Première Guerre mondiale
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 30 Oct 2018 - 18:51

30 octobre 1839
Naissance de Alfred Sisley


Alfred Sisley circa 1897.
Collection Sirot-Angel, Paris.


Né en France de parents anglais, il a passé sa vie autour de Paris (sauf une courte période d'apprentissage à Londres de 1857 à 1861), mais a toujours conservé sa nationalité britannique. Rattaché au mouvement impressionniste et vivant et travaillant principalement en France. Il effectue une première démarche pour obtenir la naturalisation française en 1888 qui n'aboutit pas, puis à nouveau en 1898 interrompue par sa mort à l'âge de 59 ans d'un cancer de la gorge. Le succès, qu'il n'a pas connu de son vivant, va alors survenir.



En 1874, avec Claude Monet, Auguste Renoir, Camille Pissarro, Edgar Degas et Berthe Morisot, il fonda de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs, et participa aux trois premières des huit expositions impressionnistes. La Première exposition des peintres impressionnistes qui a lieu dans les locaux du photographe Nadar en 1874, et à la deuxième Deuxième exposition des impressionnistes en 1876 et à la troisième en 1877. En dehors de la septième en 1882, il ne participera pas aux suivantes.


Le couple Sisley dînant chez les Bracquemond à Sèvres.
Marie Bracquemond, Sous la Lampe (1877), Galleries Maurice Sternberg (en), Chicago.


En 1878, il part de Marly-le-Roi pour Sèvres où il réside jusqu'en 1879.
Il se marie en 1866, puis, en 1880, s'installe définitivement avec sa famille à Moret-sur-Loing, à proximité immédiate du massif de Fontainebleau. Il participe alors, avec ses amis, aux expositions impressionnistes.


Passerelle d'Argenteuil (1872), Paris, musée d'Orsay.

Son séjour à Penarth dans le pays de Galles, à partir de juillet 1897, lui offre l’occasion de représenter une nature grandiose sur plusieurs marines, étudiant surtout les effets de lumière sur le sable et l'eau. Il peint les falaises de Langland, les énormes rochers contre lesquels se brisent des vagues vertes empanachées d'écume


Falaises à Penarth, soir, marée basse, 1897, hst, 54 x 65 cm, Alfred Sisley,
musée national du pays de Galles, Cardiff


Sisley est un vrai impressionniste, presque exclusivement paysagiste. Il lui faut la nature, les arbres, le ciel, quelques vieilles maisons. Les paysans sont là, parfois, mais réduits à des silhouettes : le sujet, même dans ce cas, demeure le paysage

Il semble admis par Gustave Geffroy, critique d'art, notamment, que Sisley jouit d’une reconnaissance établie de peintre impressionniste dès le lendemain de sa disparition : « Au jour où fut annoncée la mort de Sisley après tant de souffrances volontairement et fièrement dissimulées, il y eut un tressaillement dans tout le public renseigné. Les toiles possédées par ceux qui attendaient par le monde le caprice des amateurs furent immédiatement recherchées. »


Alfred Sisley, Le Pont de Moret, effet d’orage (1887),
Le Havre, musée d'art moderne André-Malraux.


Aujourd’hui certains historiens s’accordent à penser que l’artiste est le représentant le plus pur de l’impressionnisme dans l’esprit et dans la forme, par ses choix de paysage, son traitement des variations atmosphériques, la délicatesse de ses touches et de ses couleurs. Mais on lui reproche parallèlement son manque d’évolution dans sa peinture et ses recherches picturales et de motifs.


Champ de maïs (1873), Hambourg, Kunsthalle.


Nature morte (vers 1880), Boston, musée des beaux-arts.


Matinée de juin à Saint-Mammès (1884), Tokyo, musée d'art Bridgestone.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Nov 2018 - 10:41

3 novembre 1793
Olympe de Gouges est guillotinée



Portrait de Olympe de Gouges (1748–1793)

Marie Gouze est née à Montauban dans une famille modeste, d'un père boucher et d'une mère servante. La rumeur publique laisse entendre qu'elle est la fille naturelle du poète, le marquis Le Franc de Pompignan, et même qu'elle serait la "bâtarde" du roi Louis XV.

En 1765, Marie Gouze se marie avec Louis Aubry, un officier de bouche de l’Intendant, avec qui elle aura, deux ans plus tard un enfant. Après la mort de son époux intervenue peu après, elle part avec son fils s'installer à Paris, ne voulant pas tenir son rôle de bourgeoise provinciale.

Rêvant de célébrité, elle prend le pseudonyme d'Olympe de Gouges, créé à partir du prénom de sa mère et de son patronyme. Elle devient une femme de lettres, publiant, à partir de 1780 des romans et des pièces de théâtre.



La Révolution Française donne à Olympe de Gouges l'occasion de montrer combien elle est en avance sur son temps. Face à l'Assemblée Constituante qui exclut les femmes des droits de cité, elle publie un texte qui est l'un des fondements du féminisme originel, "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne". Elle y prône l'émancipation de la femme et l'égalité totale et inconditionnelle entre les deux sexes. Olympe de Gouges est considérée comme l'une des premières féministes. Dans d'autres écrits, elle s'en prend à l'esclavage et à la peine de mort.


Olympe de Gouges à l’échafaud.

Sur le plan politique, Olympe de Gouges soutient le roi Louis XVI, lors de son procès. Puis elle prend le parti des Girondins et publie des pamphlets contre Marat et Robespierre. Après la chute des Girondins, elle est accusée d’être l’auteur d’une affiche girondine. Arrêtée le 20 juillet 1793, elle est condamnée à mort et guillotinée le 3 novembre 1793.
Pour la panthéonisation d’Olympe de Gouges

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Nov 2018 - 11:19

la pauvre, c'étaient vraiment des sauvages !!
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Nov 2018 - 12:13

La Révolution a été très violente pour la monarchie mais aussi pour les révolutionnaires.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 8 Nov 2018 - 22:28

9 novembre 1923
Le Putsch de la Brasserie



La Marienplatz à Munich pendant le putsch de la Brasserie.

Le 9 novembre 1923, après une soirée agitée dans une brasserie de Munich, un agitateur brave la police de la ville à la tête de 3.000 militants et en compagnie du prestigieux général Ludendorff, héros de la Grande Guerre. Il a nom Adolf Hitler...

L'«année inhumaine»
1923 (que les Allemands surnomment l'«année inhumaine») a mal commencé.
Le 11 janvier, les troupes franco-belges occupent le bassin de la Ruhr, principale source de richesse du pays, pour obliger les Allemands à verser les réparations de guerre auxquelles le traité de Versailles les a condamnés.


Adolf Hitler en tournée de propagande en 1923.

L'instabilité politique et la «résistance passive»à l'occupation étrangère entraînent des licenciements et des grèves dans tout le pays ainsi qu'une vertigineuse flambée des prix.
En octobre 1923, il faut compter plusieurs dizaines de milliards de marks (la monnaie de référence allemande) pour s'offrir... un dollar américain ou une baguette de pain ! Ce contexte encourage l'agitation révolutionnaire. À Berlin, le président de la République Ebert et le chancelier Streseman imposent l'état d'urgence le 26 septembre 1923, cependant que le financier Schacht donne un coup d'arrêt à l'inflation en créant une nouvelle monnaie, le Rentenmark. La Bavière refuse la dictature momentanée des Prussiens de Berlin. Elle proclame le même jour son propre état d'urgence et se donne un triumvirat aux pouvoirs dictatoriaux avec le commissaire d'État Gustav von Kahr, le général Otto von Lossow, commandant la Reischwehr(l'armée), et le colonel Hans von Seisser, chef de la police.
La menace du séparatisme bavarois plane sur le pays. C'est le moment que choisit Hitler pour tenter de se saisir du pouvoir à Munich.


Gustav von Kahr (à gauche).

Duel dans la Brasserie
Le 8 novembre, dans une grande brasserie de la capitale bavaroise, le Bürgerbraükeller, 3.000 bourgeois écoutent les trois principaux dirigeants du Land.
La brasserie est brutalement investie par les militants du parti nazi. Leur chef ou Führer, Hitler, monte sur l'estrade. Revolver au poing, il entraîne les dirigeants bavarois dans une arrière-salle et leur intime l'ordre de lui céder le pouvoir ! Mais les fieffés politiciens réussissent à s'esquiver après avoir fait mine de céder.


Réunion nazie à la Bürgerbräukeller, vers 1923.

Déconfit, l'agitateur tente à l'aube de reprendre l'initiative en s'emparant du ministère de la Guerre du Land de Bavière. Au bout de l'étroite Residenzstrasse, une centaine de policiers barrent la route à sa troupe.
Dès les premiers coups de feu, les agitateurs se débandent piteusement, leur chef le premier. Seul, le général Ludendorff fait face à la mitraille. On relève seize morts.


Les principaux putschistes internés à la prison de Landsberg en 1924.
De gauche à droite : Adolf Hitler, Emil Maurice, Hermann Kriebel, Rudolf Hess ainsi que le Dr Friedrich Weber.


Le «putsch de la Brasserie» débouche sur un fiasco complet. Le chef de la bande est arrêté deux jours plus tard. Au terme d'un procès orageux au cours duquel il va faire étalage de son talent de propagandiste, Hitler est condamné le 1er avril 1924 à cinq ans de prison. Il ne va en effectuer que neuf mois.
Il quitte la forteresse de Landsberg le 20 décembre 1924 avec un épais manuscrit qu'il a eu le loisir de dicter en prison à son fidèle Rudolf Hess. Il y annonce son projet politique pour l'Allemagne. Le titre ? Mein Kampf (Mon combat).


Un exemplaire de Mein Kampf.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 10 Nov 2018 - 12:05

10 novembre 1630
Journée des Dupes



Louis XIII, portrait peint par Philippe de Champaigne.

Lorsque Marie de Médicis fait nommer Richelieu ministre, elle croit qu'il va appuyer sa politique : catholique fervente, elle désire que le roi lutte contre les protestants à l'intérieur et à l’extérieur du royaume, et elle est pour le maintien de l'alliance de la France avec la très-catholique Espagne. Mais Richelieu conseille au roi d'adopter une toute autre politique : pour donner de la puissance à la France, il souhaite affaiblir la Maison de Habsbourg, dont une branche règne en Espagne. Un membre d'une autre branche des Habsbourgs est élu empereur du Saint-Empire romain germanique et il essaie de contrôler l'Allemagne. Louis XIII et Richelieu décident de soutenir les princes protestants allemands, révoltés contre l’empereur catholique Habsbourg. La reine-mère se fâche alors avec Richelieu.


La Reine demande à son fils la démission de Richelieu, le 10 novembre.
Dessin de Maurice Leloir (1910).


La « Journée des Dupes »
En septembre 1630, le roi tombe gravement malade. Marie de Médicis et Anne d'Autriche (femme de Louis XIII, elle appartient à la famille des Habsbourg) essaient de lui faire promettre, s'il guérit, de renvoyer Richelieu. Louis XIII se remet de sa maladie et tente sans succès de réconcilier sa mère et son principal ministre.

- le 10 novembre, Marie de Médicis annonce à Richelieu qu'elle lui retire toutes les charges qu'elle lui a confiées dans sa maison (dont celle de Grand aumônier).
- le 11 novembre, la reine-mère interdit au cardinal l'entrée de ses appartements alors qu'elle est en conférence avec son fils, elle essaie une nouvelle fois de l'obliger à se séparer de Richelieu. Le cardinal se croit alors perdu mais, dans la soirée, il réussit à s'entretenir avec le roi qui lui renouvelle alors sa confiance.
- le 12 novembre, alors que beaucoup attendent l'annonce du renvoi de Richelieu, celui-ci est officiellement confirmé comme principal ministre du roi (ceux qui croyaient triompher – les ennemis du cardinal – ont été « dupés »).


Marie de Médicis par Pierre Paul Rubens.

Conséquences
Marie de Médicis est exilée à Compiègne, d'où elle s'échappe pour se réfugier à l’étranger. Elle ne reviendra jamais en France. Louis XIII ne souhaitait pourtant pas se fâcher avec sa mère, mais l'entêtement de celle-ci à exiger le départ de Richelieu l'a obligé à l'éloigner de la Cour. Gaston d'Orléans, le frère du roi, part aussi en exil, mais il se réconcilie avec Louis XIII en 1634.

Le garde des Sceaux Michel de Marillac, un fidèle de la reine-mère qui devait remplacer Richelieu après son renvoi, doit partir en exil où il meurt en 1632. Son frère le maréchal Louis de Marillac (un autre partisan de la reine-mère) est arrêté puis condamné à mort et exécuté en 1632 sous le prétexte de péculat (c'est-à-dire, détournement de fonds, corruption). D'autres personnes ayant soutenu Marie de Médicis contre Richelieu sont emprisonnées.

Richelieu gardera la confiance du roi jusqu'à sa mort en 1642.


Le cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 16 Nov 2018 - 10:34

15 novembre 1956
« Love me tender »




Le 15 novembre 1956, Love me tender, premier film tourné avec Elvis Presley, sort dans les salles de cinéma américaines.

Les fans du rocker attendent avec impatience la première. Les producteurs sont particulièrement confiants car la chanson vedette du film, chantée par Elvis, s'arrache chez tous les disquaires depuis deux mois.



Cette chanson, «Love me tender», dont le film tire son nom, est un véritable phénomène aux États-Unis. Depuis qu'Elvis l'a chantée dans un grand show télévisé de la chaîne CBS, le succès a été immédiat.

Love Me Tender enregistre un million de précommandes après son interprétation. Cette émission joue un rôle déterminant et propulse Presley au rang de superstar nationale.



Lors des concerts de Presley, le public réagit de manière toujours plus incendiaire. Lors de son passage au Mississippi-Alabama Fair and Dairy Show, en septembre, 50 membres de la Garde nationale sont dépêchés pour prêter main-forte aux forces de l'ordre.

Elvis devient la véritable star de cette nouvelle musique, le Rock'n'roll. Elle envahit les États-Unis et bientôt le monde entier...


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 18 Nov 2018 - 17:13

Merci Opaline . Le jour ou j'ai passé et obtenu mon BEPC à Montpellier , le 16 septembre 1960 , je suis allé au ciné voir Elvis dans "bagarres au king créole" . Pour moi ce fût et c'est toujours un souvenir inoubliable .

Le film était sorti en 1958.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 13 Déc 2018 - 9:43

13 décembre 1860
Naissance de Lucien Guitry


Lucien Guitry (1860-1925)

Lucien Germain Guitry est un comédien français, né le 13 décembre 1860 à Paris 2e1, ville où il est mort le 1er juin 1925.
Il est considéré comme le plus grand comédien de son époque, égal masculin de Sarah Bernhardt, avec laquelle il a joué régulièrement ; il a créé des rôles marquants qui lui ont valu des triomphes internationaux répétés.


Sacha Guitry (1885-1957)

Connu pour ses nombreux succès auprès des femmes, Lucien Guitry est le père du dramaturge et acteur Sacha Guitry.

En 1885, il est engagé dans la troupe permanente au théâtre français de Saint-Pétersbourg, le fameux théâtre Michel. Pensionnaire, il signe pour 9 saisons d'hiver de 1882 à 1891.

Son fils, Alexandre (Sacha est le diminutif russe d'Alexandre), naît dans la capitale de l'Empire russe et est baptisé ainsi en l'honneur de son parrain le tsar Alexandre III qui appréciait le talent de Lucien Guitry et son style réaliste. Lucien Guitry est à l'époque en relation avec l'élite intellectuelle de la capitale pétersbourgeoise, dont Tchaïkovsky et son frère Modeste.

De retour à Paris pendant l'été 1885, il se sépare de sa femme Renée Delmas de Pont-Jest qui refuse ses nombreuses liaisons (il est connu sous le surnom de « Divan le terrible », pratiquant la promotion canapé), notamment avec Sarah Bernhardt.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 13 Déc 2018 - 10:48

Merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 16 Déc 2018 - 10:53

16 décembre 1883
Naissance de Max Linder



Max Linder en 1914.

Gabriel Leuvielle, dit Max Linder fut, en France, l'une des plus grandes vedettes comiques au temps du cinéma muet ; son jeu et ses inventions ont notamment influencé la création du personnage de Charlot (Charlie Chaplin).

Après des études au lycée de Talence, le jeune Gabriel Leuvielle entre au Conservatoire de Bordeaux. Il en est renvoyé durant sa deuxième année, après une altercation avec un professeur. Il continue néanmoins de jouer le répertoire classique, sous le pseudonyme de Max Lacerda à la demande de son père.

En 1904, il adopte le pseudonyme de Max Linder, choisi au hasard d'une promenade dans les rues de Bordeaux qui l'amène devant la devanture du magasin de chaussures Linder. La même année, il monte à Paris rejoindre un ancien professeur de déclamation qui dirige le théâtre de boulevard l’Ambigu. Il y joue ainsi qu'aux Variétés. Muni d'une lettre de recommandation d'un ami du théâtre de l'Ambigu, il est reçu dans la maison Pathé qui l'engage en 1905 pour « faire du cinématographe » : scénariste, réalisateur, acteur, il tourne alors près d’un film par jour. Cela ne l'empêche pas parallèlement de tenter d'entrer au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, mais il échoue au concours trois années consécutives.


Charlie Chaplin : « Mon maître, c'est Max Linder. ».

« Max » naît en 1910, avec Les Débuts de Max au cinéma (mais certains films plus anciens ont été rebaptisés Max...). Dès lors, Max devient une attraction cinématographique de tout premier plan avec une centaine de courts-métrages, comme Comment Max fait le Tour du Monde (1910), Max hypnotisé (1910), Max ne se mariera pas (1910), Max fiancé (1911), Max victime du quinquina (1911), Le Roman de Max (1912), Entente cordiale (1912), Une idylle à la ferme (1912), Les Vacances de Max (1913), Max fait de la photo (1913), Le Duel de Max (1913), Max sauveteur (1914), Max au couvent (1914)…

En 1921, il rencontre une jeune fille mineure de 16 ans, Ninette Peters (1905-1925), dans un palace de Chamonix où il se repose. Sa mère refusant la demande en mariage, il enlève la jeune femme (?) et l'emmène à Monte-Carlo. La mère cède à sa demande à la suite du scandale médiatique qu'il a soulevé : le 23 août 1923, il l'épouse à l'église Saint-Honoré-d'Eylau de Paris.



Miné par sa dépression et la demande de divorce de Ninette, le 31 octobre 1925, alors que le couple réside dans l'appartement de l'hôtel Baltimore (avenue Kléber à Paris), les deux corps sont retrouvés inanimés, les veines tailladées. Max Linder, probablement sous la menace de son revolver, a forcé sa femme à prendre le verre de Gardénal avant d'absorber lui-même le produit et de sectionner leurs artères du poignet gauche. Tous deux meurent dans la soirée de la suite de leurs blessures, la mort de Max Linder notée le 1er novembre à minuit et demi.


Max Linder Portrait et dans le film "Le Petit Café" de Raymond Bernard

L'apport de Max Linder au cinéma comique naissant est immense : il enrichit des scénarios banals d'une grande finesse d'observation, d'une dimension presque réaliste ; il réconcilie le cirque et le vaudeville, la farce et la comédie légère ; enfin, il impose un type profondément original, caractéristique de son époque. De Charlie Chaplin à Pierre Étaix, tous les grands comiques de l'écran lui doivent quelque chose.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 16 Déc 2018 - 18:07

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 16 Déc 2018 - 20:00

@Opaline a écrit:
15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)

Opaline ce topique est très instructif; il demande un grand travail en recherches diverses.
Il représente l'histoire, la vie de notre pays, qui il est dommage n'est sans doute plus étudié dans les écoles.

J'ai cité la toute première histoire pour des raisons particulières.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 17 Déc 2018 - 11:41

17 décembre 1706
Naissance de Émilie du Châtelet
1ère «femme savante»




Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, communément appelée Émilie du Châtelet (ou du Chastelet, ou du Chastellet), est née à Paris le 17 décembre 1706. Figure singulière du «Siècle des Lumières», première femme au monde à se vouer aux sciences, elle n'est pourtant demeurée dans les livres d'Histoire que comme l'égérie de Voltaire.

Une femme extrême en tout

Fille du baron de Breteuil, Émilie appartient à la riche noblesse de robe. Son père lui donne, fait rare, la même éducationqu'à ses garçons et Émilie saisit cette chance pour s'instruire avec avidité sur tous les sujets. Surdouée, elle s'initie à de nombreuses langues et à toutes les disciplines scientifiques. Elle manifeste aussi de grands talents en équitation comme au clavecin ou au théâtre.

Elle épouse le 20 juin 1725, à 18 ans, le marquis du Châtelet, un militaire de la noblesse d'épée, dontelle aura rapidement trois enfants avant de convenir avec lui de mener des vies séparées.


Le château de Cirey. Lithographie d’époque.

Émilie aspire à tous les plaisirs, des jeux d'argent à l'amour en passant par la comédie. Elle prend des amants comme le mathématicien Maupertuis. Elle s'initie par ailleurs aux travaux du savant anglais Isaac Newton, mort en 1727, et entame la traduction de ses oeuvres.

En 1733, elle a le bonheur de découvrir en Voltaire, son nouvel amant, un homme tout autant qu'elle passionné par Newton dont il a découvert l'oeuvre lors de son séjour forcé en Angleterre.

Mais Voltaire a maille à partir avec la police du roi Louis XV suite à la publication de ses Lettres philosophiques.Il quitte Paris et s'établit dans un château délabré que possède le mari d'Émilie à Cirey-sur-Blaise, dans le duché de Lorraine (aujourd'hui en Haute-Marne, au sud de Saint-Dizier).

Sa maîtresse l'y rejoint à l'été 1735 et, ensemble, ils vont y passer près d'une dizaine d'années consacrées à l'amour, au théâtre et à l'étude (philosophie, sciences...).


Le château de Cirey-sur-Blaise (Photo André larané - 2011)

La science avant tout

Émilie se jette à corps perdu dans la science. Elle intervient avec brio dans un duel entre les tenants de Newton et ceux de Leibniz. Ce contemporain de Newton, né à Leipzig (Saxe), a conçu comme son homologue anglais une oeuvre immense.

Il a notamment formulé l'hypothèse que l'énergie d'un objet, longtemps nommée«force vive» avant de s'appeler «énergie cinétique», était proportionnelle à sa masse... et au carré de sa vitesse.

Émilie en fait la démonstration expérimentale dans son château de Cirey en faisant tomber une bille de plomb dans de l'argile molle à partir de hauteurs variables.

En 1748, la marquise rencontre le jeune et beau chevalier de Saint-Lambert, poète à ses heures, de dix ans son cadet. Cela se passe à Lunéville, à la cour du duc de Lorraine. Elle en tombe amoureuse... et enceinte.


Représentation de Gabrielle Émilie du Châtelet in VOLTAIRE,
François Marie Arouet, Elemens de la philosophie de Newton,
Editionn Etienne Ledet,1738


Nourrie d'un terrible pressentiment, elle se hâte de terminer son oeuvre clé, la traduction et le commentaire du latin en français du premier livre des Principes mathématiques de la philosophie naturelle d'Isaac Newton, communément appelés les Principia. Elle accouche d'une fillette le 5 septembre 1749, dans des conditions difficiles.

Elle n'a que le temps de boucler son manuscrit et de le faire envoyer à la bibliothèque du roi avant de rendre l'âme quatre jours plus tard. «Le caractère de Madame du Châtelet était d'être extrême en tout», dira fort justement d'elle l'abbé Raynal.

Voltaire, très affecté par sa disparition, choisit de quitter la France pour le château de Sans-Souci, à Potsdam, où l'a invité le roi de Prusse Frédéric II. Mais il s'occupe par ailleurs de faire publier le manuscrit d'Émilie. Ses Principes resteront jusqu'à la fin du XIXe siècle un manuel de référence.

Herodote



Frontispice de la traduction des Principia de Newton

Image de couverture de l'interprétation de Voltaire du travail d'Isaac Newton, Eléments de la philosophie de Newton, mis à la portée de tout le monde (1738). Le philosophe assis traduit l'œuvre de Newton. Son manuscrit semble "éclairé" par une "lumière" quasi divine venant de Newton lui-même ; cette lumière est réfléchie par le miroir que tient une muse, en réalité Emilie du Châtelet, la maîtresse de l'écrivain, traductrice de l'oeuvre de Newton et collaboratrice de Voltaire.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 17 Déc 2018 - 12:58

Belle évocation , merci Opaline . flr5
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 24 Déc 2018 - 9:12

24 décembre 1894
Mucha invente l'Art nouveau en peinture



Alphonse Mucha vers 1901.

Le 24 décembre 1894, le téléphone sonne chez un imprimeur parisien... À l'autre bout du fil, Sarah Bernhardt en personne ! La comédienne a besoin au plus vite d'affiches pour son nouveau spectacle, Gismonda.

L'imprimeur est embarrassé. Ses dessinateurs habituels préparent en famille les fêtes de Noël...

Heureusement, dans l'atelier, quelqu'un est encore en train de corriger des épreuves. Il s'agit d'un artiste tchèque, Alfons Mucha (34 ans).


Sarah Bernhardt dans le rôle de Gismonda,
affiche de théâtre créée en 1894.


Après avoir décoré les logis de quelques aristocrates austro-hongrois, il s'est installé à Paris où, faute de mieux, il illustre des livres.

Sollicité par l'imprimeur, il relève le défi et dès le matin du 1er janvier 1895, Paris se couvre de grandes affiches qui annoncent le prochain spectacle de Sarah Bernhardt.

Ces affiches sont aussi longilignes que la comédienne. Elles recueillent d'emblée un immense succès et des amateurs n'hésitent pas à les découper nuitamment !


Biscuits Lefèvre-Utile ou LU (1896)

La « divine Sarah », ravie du travail, conclut un contrat d'exclusivité de six ans avec l'artiste.

C'est ainsi que Mucha donne naissance à un courant pictural nouveau, précisément appelé «Art nouveau».

Cet art proche de la Nature, pétri de joie et de gaieté, apaisant, quelque peu bourgeois, sera le dernier vent d'optimisme sur l'Europe de la Belle époque.


L'Épopée slave, 1910-1928, Veletržní palác
(Palais des foires et expositions), Prague.


Splendeurs de la Belle Époque

Dans la peinture comme dans l'architecture et la décoration, nombre d'artistes vont illustrer le nouveau courant artistique.

L'Art nouveau prolonge et élargit l'assise du Symbolisme, un courant cantonné dans les milieux intellectuels et poétiques. Il enterre pour de bon l'historicisme, un courant architectural et pictural né sous le Second Empire, dont le plus célèbre témoignage est l'Opéra-Garnier.

En 1908, c'est la fin. Les artistes reviennent brutalement à la ligne droite. C'est le «cubisme» et les débuts de l'abstraction.


Vitrail dans la Cathédrale Saint-Guy de Prague.

Camille Vignolle
Herodote
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 24 Déc 2018 - 10:34

Intéressant  merci Opaline et bonnes fëtes .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 27 Déc 2018 - 9:34

27 décembre 1822
Naissance de Louis Pasteur



Louis Pasteur par le photographe Félix Nadar en 1878.

Né à Dole (Jura), dans la famille d'un négociant aisé en tannerie, Louis Pasteur est sans doute le savant le plus populaire qu'ait connu l'humanité à ce jour. Étudiant les fermentations, il découvre qu'elles naissent dans des microorganismes. C'en est fini de la croyance en la génération spontanée ! Il invente en conséquence une technique de chauffage qui protège la bière et le lait contre les ferments ; c'est la «pasteurisation».


Maison de Louis Pasteur à Dole.

Il révèle l'existence des «microbes» en enquêtant sur la maladie des vers à soie dans la vallée du Rhône. Le corps médical et le public comprennent ainsi qu'il est possible, grâce à l'hygiène, de se protéger contre les maladies transmises par les microbes. Il s'ensuit une amélioration notable de l'espérance de vie partout dans le monde.


Le laboratoire de Pasteur à l'ENS, rue d'Ulm à Paris.

Ses succès valent à Pasteur fortune et considération. Mais le meilleur reste à venir. Le 6 juillet 1885, le savant reçoit dans son cabinet un petit berger alsacien, Joseph Meister, qui a été mordu par un chien enragé et exige des soins immédiats. Il prend le risque de lui inoculer un nouveau vaccin de son invention. Et à son grand soulagement, l'enfant sort guéri de l'épreuve.


Lettre de Pasteur à Napoléon III,
demandant de nouveaux moyens matériels
pour mener à bien ses recherches,
avec annotations de Victor Duruy.
Archives nationales de France.


Au sommet de la gloire, Pasteur en profite pour lancer une souscription en vue de fonder à Paris l'Institut qui portera son nom. C’est le premier institut de recherche scientifique au monde. Le savant le dirigera jusqu'à sa mort 28 septembre 1895, à Marnes-la-Coquette, et y repose depuis lors.


Façade du bâtiment historique de l''Institut Pasteur


Le tombeau de Pasteur se situe sous les marche de l'entrée dans la crypte

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 21 Jan 2019 - 9:58

21 janvier 1793
Le roi Louis XVI est guillotiné


Rédacteur du Journal de Paris, François Jean Aubert de Vitry brosse le portrait de Louis XVI, retrace les grandes lignes de son règne et du procès qui déboucha sur sa mort le 21 janvier 1793


Portrait de Louis XVI adolescent, par Peter Hall

Louis XVI, pendant toute la durée de sa détention, n’avait opposé aux outrages dont on l’abreuvait, lui et sa famille, qu’une résignation et une douceur d’âme qui ne se démentirent jamais. Ses adversaires même se sentirent souvent attendris malgré eux. Sa bonté les désarma plus d’une fois. « Mes ennemis, disait ce prince à M. de Malesherbes avec une abnégation qui avait aussi sa noblesse, veulent me donner de la célébrité : j’avais besoin de mes malheurs pour valoir quelque chose, et, grâce au ciel, on ne m’en laisse pas manquer. »

A neuf heures les portes de la chambre du Roi s’ouvrent avec fracas ; Santerre, accompagné de huit officiers municipaux, entre à la tête de dix gendarmes qu’il range sur deux lignes.


Louis XVI et l'Abbé Edgeworth de Firmont au pied de l'échafaud, le 21 janvier 1793

« Marchons, » dit le Roi. Il descendit de la Tour, traversa à pied la première cour de sa prison, et monta ensuite dans une voiture avec son confesseur : il était escorté de plusieurs détachements de cavalerie. Louis employa tout le temps du trajet à réciter les prières des agonisants, ou à lire dans un livre de piété.

Parvenu au pied de l’échafaud, il s’entretint quelques minutes avec l’abbé Edgeworth, quitta ensuite lui-même sa redingote, délia ses cheveux, ôta sa cravate, ouvrit sa chemise pour découvrir son col et ses épaules, et se mit à genoux pour recevoir la dernière bénédiction de son confesseur. Aussitôt il se releva, et franchit de pied ferme les degrés de l’échafaud.


Gravure, vers 1830

Louis, sur l’échafaud, demanda à parler au peuple. On lui dit qu’il fallait avant tout qu’il eût les mains liées et les cheveux coupés ; d’autres racontent que l’on voulut lui lier les mains par surprise : on redoutait sa force de corps ; car il passait pour l’un des hommes les plus robustes de France. « Les mains liées, » s’écria ce prince un peu brusquement : il opposait même de la résistance. « Encore ce sacrifice, lui dit son confesseur ; Jésus s’est laissé lier par ses bourreaux. » Le roi, cédant aussitôt, dit aux siens : « Faites tout ce qu’il vous plaira. »


Mort de Louis XVI le 21 janvier 1793

Quand ses mains eurent été liées et ses cheveux coupés, Louis dit : « J’espère qu’à présent on me permettra de parler ; » et, s’avançant sur le côté gauche de l’échafaud, il fit signe aux tambours de cesser. Alors, d’une voix forte, il s’écria : « Français, je meurs innocent ; je pardonne à mes ennemis ; je désire que ma mort soit… » Un roulement de tambours, ordonné par Santerre, commandant de la force armée, ne permit pas d’en entendre davantage. On ajoute que ce fanatique dit au roi : « Je vous ai amené ici non pour haranguer, mais pour mourir. » Aussitôt les exécuteurs attachèrent la victime ; sa tête tomba à dix heures vingt minutes : l’un des bourreaux la montra au peuple.



(D’après « Éphémérides universelles, ou tableau religieux, politique,
littéraire, scientifique et anecdotique présentant, pour chaque jour
de l’année, un extrait des Annales de toutes les nations
et de tous les siècles », édition de 1835)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 23 Jan 2019 - 8:13

23 janvier 1846
Abolition de l'esclavage en Tunisie.



Portrait d'Ahmed Bey

L'esclavage en Tunisie est un phénomène particulier de la traite arabe. Aboli le 23 janvier 1846 par Ahmed Ier Bey, puis en 1890 par la France après l'instauration du protectorat français de Tunisie, l'esclavage a persisté jusqu'au début du XXe siècle.


Esclaves capturés par Charles Quint en Tunisie, XVIe siècle, détail de la porte de Palerme (Italie).

La Tunisie se trouve dans une situation semblable à celle de l'Algérie quant à sa position géographique qui la maintient à l'écart des grands courants transsahariens. Elle reçoit cependant des caravanes du Fezzan et de Ghadamès dont l'apport au XVIIIe siècle consiste uniquement, d'après des observateurs de l'époque, en poudre d'or et en esclaves. Ces derniers, au début du siècle suivant, arrivent à un rythme annuel oscillant entre 500 et 1 200 dont une partie est réexpédiée vers les ports du Levant.


Routes de la traite arabe au Moyen Âge.

Avant de procéder à l'abolition définitive de l'esclavage, Ahmed Ier Bey a, le 29 avril 1841, un entretien avec Thomas Reade (officier britannique) qui lui conseille d'interdire ce commerce. Convaincu de la nécessité d'une telle action, étant lui-même fils d'une esclave et considéré comme un prince ouvert au progrès, prompt à réprimer toute forme de fanatisme, il décide d'interdire l'exportation des esclaves le jour même de sa rencontre avec Reade. Procédant par étapes, il a déjà libéré les esclaves blancs puis il ferme le marché aux esclaves de Tunis en août et annonce, en décembre 1842, que toute personne née dans le pays est désormais libre.


Maison des esclaves chrétiens à Tunis.
Voir en grand

L'abolition totale est décidée pour tout le pays par le décret du 23 janvier 1846. Il n'en reste pas moins que même si cette abolition est acceptée par la population citadine, elle est rejetée — selon Ibn Abi Dhiaf — à Djerba et dans d'autres localités, chez les Bédouins et les paysans qui ont besoin d'une main d'œuvre servile et bon marché.


Décret d'abolition du 23 janvier 1846.
Voir en grand

Ces résistances justifient la deuxième abolition décidée par les Français, sur décret d'Ali III Bey, le 28 mai 1890. Ce décret promulgue en effet des sanctions pécuniaires (sous forme d'amendes) et même des sanctions pénales (sous forme d'emprisonnements) pour ceux qui continuent à alimenter le commerce des esclaves ou à maintenir en esclavage leurs serviteurs ou leurs domestiques. L'historiographie coloniale tentera d'ailleurs d'effacer la mémoire de la première abolition et mettra en relief la deuxième abolition ; l'historiographie contemporaine agit de même en tentant d'oublier l'abolition française pour valoriser celle de 1846.


Ancien marché aux esclaves de la médina de Tunis.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 30 Jan 2019 - 10:55

30 janvier 1828
Naissance des omnibus parisiens




Au début du XIXe siècle, on reprit l’idée des carrosses à cinq sols qui, au XVIIe siècle, possédaient des départs à heures réglées, des trajets immuables, et des prix modiques.

C’est en 1828 que Stanislas Baudry, qui avait exploité avec succès à Nantes un service de voitures omnibus, obtint la permission de faire rouler les premières voitures sur les Boulevards. Ces véhicules, qui avaient l’aspect des anciennes diligences, contenaient de douze à vingt personnes, toutes à l’intérieur, l’impériale n’étant pas encore connue.


Stanislas Baudry

En ce qui concerne l'époque contemporaine, Stanislas Baudry est le premier en France à avoir fait circuler des véhicules ouverts à tous sur des lignes prédéfinies.
Mais il s'est certainement inspiré de l'initiative privée d'Étienne Bureau, petit-fils d'un armateur nantais, qui, peu avant celle de Baudry, met en place un service de transport des employés de son grand-père par une voiture circulant entre la rue Jean-Jacques-Rousseau et les Salorges, où se trouve le bureau de la Douane.


Carte postale ancienne d'un omnibus de la ligne E sur le boulevard Saint-Martin.
Omnibus de la ligne E à la hauteur du boulevard Saint-Martin.


Des affiches placardées sur les murs de Paris annoncèrent en ces termes leur création : « Ces voitures, dont le nombre va progressivement être porté jusqu’à cent dans Paris, préviennent de leur passage par un jeu de trompettes de nouvelle invention.

Elles sont organisées de manière qu’elles s’arrêtent au moindre signe fait au cocher ou au conducteur, que la portière située dans la partie postérieure ne fait courir aucun danger aux personnes qui montent ou descendent, qu’un conducteur chargé de la perception du prix de la course veille au maintien de l’ordre qui doit toujours y régner.

Chacune d’elles porte sur ses flancs l’indication du point de départ et d’arrivée. Le prix de la course, qui est de 25 centimes, ne variera jamais quel que soit le point de la ligne où monte le voyageur qui fait arrêter partout où il veut descendre. »



La rue Saint-Lazare au tout début du XXe siècle supportait déjà un important trafic
de véhicules de transports en commun : de nombreux omnibus et un tramway à air comprimé de la CGO
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 2 Fév 2019 - 10:36

2 février 1709
Alexandre Selkirk recueilli au large du Chili
Le vrai Robinson




Alexandre Selkirk, marin écossais, est recueilli sur une île déserte au large du Chili. Il vivait sur cette île depuis son naufrage en 1704.
Alexander Selkirk commence sa carrière de marin en 1695. En 1703, il rejoint une expédition corsaire dans l'océan Pacifique sous le commandement du capitaine William Dampier. Il est nommé navigateur du Ports (en), commandé par le capitaine Thomas Stradling. À ce poste intermédiaire entre les officiers et les sous-officiers, il connaît parfaitement le navire, son état et ses performances.


Statue représentant Alexandre Selkirk.

En octobre 1704, après une campagne décevante contre les navires et les villes de l'empire espagnol en Amérique, l'expédition se sépare en plusieurs groupes. Le capitaine Stradling fait escale aux îles Juan Fernandez, au large de Valparaíso, pour approvisionner le bateau en bois et en eau avant de repartir vers le royaume d'Angleterre en octobre 1704. Le bateau ayant subi de gros dommages dans les batailles et nécessitant un carénage, Selkirk veut le réparer avant de franchir le cap Horn.

Devant le refus obstiné du capitaine Stradling d'accéder à sa requête, Selkirk, sous le coup de la colère, refuse de poursuivre la route et exige qu'on le laisse sur l'île Mas-a-Tierra, dans l'archipel Juan Fernández, à quelque 400 miles (600 km) des côtes chiliennes. Il essaya de convaincre quelques-uns de ses compagnons d'équipage de déserter avec lui en restant sur l'île. Son plan reposait sur l'hypothétique passage d'un autre bateau qui leur viendrait en aide. Personne ne s'engage avec lui dans l'aventure.



Selkirk vécut quatre ans et quatre jours sans la moindre compagnie humaine, sauf les pirates qui survinrent peu après. Tout ce qu'il possédait sur l'île était un mousquet, de la poudre à canon, des outils de charpentier, un couteau, quelques vêtements et de la corde. À cause de bruits étranges qui lui parvenaient de l'intérieur des terres, qu'il craignait provenir de bêtes dangereuses, Selkirk resta dans les premiers temps sur le rivage pour être plus en sécurité. Pendant ce temps il mangea principalement des crustacés comme des crabes. Il scrutait quotidiennement l'océan pour trouver des bateaux, seule source d'aide possible. La solitude, la misère et le remords furent ses seuls compagnons pendant son temps passé sur l'île. Finalement, la seule chose qui le poussa dans l'intérieur de l'île fut les réunions bruyantes des hordes de lions de mer à la saison de reproduction.


La vie intrépide d'Alexandre Selkirk, le vrai Robinson Crusoé

Une fois qu'il fut installé dans les terres sa vie prit un tour plus agréable. Il disposait de plus de nourriture : des chèvres sauvages (introduites par de précédents marins) lui donnaient viande et lait ; des navets, des choux et des baies de poivre noir lui offraient plusieurs assortiments de légumes et épices. Bien que des rats puissent l'attaquer la nuit, il lui était possible de dormir en sécurité s'il avait l'astuce de domestiquer ou de dormir près de quelques chats sauvages.

Après trois années de solitude, entouré seulement de chiens, de chats et de chèvres qu'il apprivoise, il aperçoit deux fois des navires et se signale à eux. Cependant, ces navires sont espagnols et, loin de le sauver, l'équipage de chacun des navires l'aurait pendu comme pirate s'il ne s'était enfui et caché à temps.


L'île de Robinson Crusoé, à 600 km au large de Santiago-du-Chili

Il doit encore patienter près de deux années et demi supplémentaires avant que William Dampier ne le secoure le 2 février 1709, au cours d'une expédition menée par le capitaine Woodes Rogers. Il fut d'une grande aide pour soigner les hommes de Rogers atteints de scorbut, il chassait pour l'équipage deux à trois chèvres par jour. Selkirk reprend avec eux les raids sur les côtes chiliennes et péruviennes.

Son histoire inspira Daniel Defoe, qui écrivit son livre Robinson Crusoé (publié en 1719), racontant l'histoire d'un homme, seul rescapé d'un naufrage, qui doit survivre sur l'île en la civilisant. Celui-ci fait une rencontre étonnante, Vendredi, un Indien. L'histoire fut reprise par Michel Tournier sous le titre Vendredi ou la Vie sauvage (publié en 1971).


Daniel Defoe (auteur de Robinson Crusoé)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 2 Fév 2019 - 15:50

Je ne connaissais pas cette histoire .  merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 9 Fév 2019 - 9:56

9 février 1513
Découverte des Mascareignes par Pedro de Mascarenhas.



Pedro de Mascarenhas

Découvertes par le navigateur portugais Pedro de Mascarenhas le 9 février 1513, elles sont alors inhabitées avant d'être colonisées par la France puis par le Royaume-Uni.


Le jardin Pamplemousse à Maurice

Les Mascareignes sont un archipel de l'océan Indien formé de trois îles principales, La Réunion, l'île Maurice et Rodrigues, ainsi que plusieurs petites îles proches. Cet archipel est partagé entre deux pays : la France avec La Réunion et Maurice avec le reste de l'archipel. Agaléga et les Cargados Carajos (Saint-Brandon) appartiennent à Maurice et sont parfois rattachées aux Mascareignes.



Malgré la distance importante qui existe entre les principales îles, La Réunion, l'île Maurice et Rodrigues, elles forment un archipel du fait de leur histoire et de leur géologie commune. L'archipel a été formé par le point chaud de la Réunion il y a plusieurs millions d'années. Les îles qui le composent ont été colonisées par les puissances européennes à partir du XVIIe siècle.


Port Louis, Capitale de Maurice

Au Moyen Âge, les îles sont découvertes par les navigateurs arabes qui quadrillent la mer de Zanj. D'un point de vue européen, l'archipel aurait été découvert par le navigateur portugais Pedro de Mascarenhas le 9 février 1513. L'archipel est baptisé en son honneur en 1528 par son confrère Diogo Rodrigues, lequel a donné son nom à Rodrigues.



Le 25 juin 1638 la France prend possession de l'archipel avant que les Britanniques ne fassent de même le 29 juin 1642. Ils débarquent alors en rade de Saint-Paul à La Réunion. En 1735, le Français Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais devient le premier gouverneur général des Mascareignes. En 1764, la Compagnie française des Indes orientales fait faillite et l'archipel est racheté par Louis XV en 1766.

Les Mascareignes sont peuplées au total de plus de deux millions d'habitants appelés « Mascarins ».


Une rue de Grand Baie (Maurice)
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Laurelyne
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Laurelyne

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 9 Fév 2019 - 11:28

Opaline tu m'as appris quelque chose. Je ne connaissais pas le nom Mascareignes.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   

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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)
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