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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 27 Oct 2018 - 12:03

27 octobre 1662
Louis XIV rachète Dunkerque à l'Angleterre,
la ville devient définitivement française.



Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun et Charles II par John Michael Wright.

En 1662, Charles II (roi d'Angleterre) est à court d'argent. Edward Hyde de Clarendon, chancellier d'Angleterre, lui conseille de vendre Dunkerque qui coûte au royaume plus d'un million de livres par an.


Godefroi d'Estrades

Godefroi d'Estrades ancien ambassadeur en Allemagne, Hollande et Angleterre est chargé des négociations pour la France. Edward Hyde de Clarendon, chancellier d'Angleterre, lui suggère qu'il pourrait céder la ville pour douze millions de livres. D'Estrades qui a été gouverneur de Dunkerque et connaît bien la ville lui répond qu'il ne dépasserait pas deux millions. Il faut cependant faire vite, car en Angleterre, l'idée de céder Dunkerque à la France est loin de faire l'unanimité. Le Conseil privé envisage plutôt de mettre le sort de la ville entre les mains du Parlement ou de la vendre à l'Espagne ou à la Hollande. Clarendon propose alors sept millions de livres.


Edward Hyde, 1st Earl of Clarendon (1609–1674)

Le 27 août, par l'intermédiaire de d'Estrades, Louis XIV fait connaître son dernier mot: Ce sera quatre millions dont deux au comptant, puis deux millions sur les deux années suivantes. Le 1er septembre, n'ayant pas reçu de réponse d'Estrades annonce qu'il quitte les négociations. Un accord est finalement trouvé pour cinq millions de livres, à la conditions de céder également Mardyck et les fortifications entre Bergues et Dunkerque.


Vue de Dunkerque côté mer vers 1700-1710
avec les fortifications construites par Vauban au travers du banc de sable.


Le 27 octobre, à Londres, la vente est enfin conclue. « La ville de Dunkerque avec ses vieilles et ses nouvelles fortifications, avec les matériaux et munitions qui s'y trouvaient ainsi que Mardyck et les forts entre Dunkerque et Bergues » sont remis à la France. La nouvelle est ressentie comme une trahison. Le parlement qui craint que le fameux repaire des corsaires dunkerquois ne ruine le commerce, tente en vain d'interdire aux troupes d'embarquer, mais le courrier arrive trop tard. Le 28 novembre les dernières troupes anglaises quittent Dunkerque. Les troupes françaises entrent le lendemain.

Le 2 décembre, Louis XIV en personne, vient prendre possession de la ville. Il est reçu par Godefroi d'Estrades, nouveau gouverneur de Dunkerque.

Sébastien Le Prestre de Vauban entreprend aussitôt de fortifier la ville et développe son port qui devient le plus grand port de guerre du royaume. Dès 1670, Louis XIV encourage la reprise de la course à Dunkerque.

Devenu impopulaire suite à la vente de Dunkerque, Clarendon tombe rapidement en disgrâce. Il est dépouillé de toutes ses biens et banni par le parlement. Il se retire en France et meurt à Rouen, le 9 décembre 1674.


Les fortifications de Dunkerque subsistent jusqu'au début du XXe siècle.
Ici la porte de Rosendaël, franchie par le tramway de Dunkerque peu avant la Première Guerre mondiale
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 30 Oct 2018 - 18:51

30 octobre 1839
Naissance de Alfred Sisley


Alfred Sisley circa 1897.
Collection Sirot-Angel, Paris.


Né en France de parents anglais, il a passé sa vie autour de Paris (sauf une courte période d'apprentissage à Londres de 1857 à 1861), mais a toujours conservé sa nationalité britannique. Rattaché au mouvement impressionniste et vivant et travaillant principalement en France. Il effectue une première démarche pour obtenir la naturalisation française en 1888 qui n'aboutit pas, puis à nouveau en 1898 interrompue par sa mort à l'âge de 59 ans d'un cancer de la gorge. Le succès, qu'il n'a pas connu de son vivant, va alors survenir.



En 1874, avec Claude Monet, Auguste Renoir, Camille Pissarro, Edgar Degas et Berthe Morisot, il fonda de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs, et participa aux trois premières des huit expositions impressionnistes. La Première exposition des peintres impressionnistes qui a lieu dans les locaux du photographe Nadar en 1874, et à la deuxième Deuxième exposition des impressionnistes en 1876 et à la troisième en 1877. En dehors de la septième en 1882, il ne participera pas aux suivantes.


Le couple Sisley dînant chez les Bracquemond à Sèvres.
Marie Bracquemond, Sous la Lampe (1877), Galleries Maurice Sternberg (en), Chicago.


En 1878, il part de Marly-le-Roi pour Sèvres où il réside jusqu'en 1879.
Il se marie en 1866, puis, en 1880, s'installe définitivement avec sa famille à Moret-sur-Loing, à proximité immédiate du massif de Fontainebleau. Il participe alors, avec ses amis, aux expositions impressionnistes.


Passerelle d'Argenteuil (1872), Paris, musée d'Orsay.

Son séjour à Penarth dans le pays de Galles, à partir de juillet 1897, lui offre l’occasion de représenter une nature grandiose sur plusieurs marines, étudiant surtout les effets de lumière sur le sable et l'eau. Il peint les falaises de Langland, les énormes rochers contre lesquels se brisent des vagues vertes empanachées d'écume


Falaises à Penarth, soir, marée basse, 1897, hst, 54 x 65 cm, Alfred Sisley,
musée national du pays de Galles, Cardiff


Sisley est un vrai impressionniste, presque exclusivement paysagiste. Il lui faut la nature, les arbres, le ciel, quelques vieilles maisons. Les paysans sont là, parfois, mais réduits à des silhouettes : le sujet, même dans ce cas, demeure le paysage

Il semble admis par Gustave Geffroy, critique d'art, notamment, que Sisley jouit d’une reconnaissance établie de peintre impressionniste dès le lendemain de sa disparition : « Au jour où fut annoncée la mort de Sisley après tant de souffrances volontairement et fièrement dissimulées, il y eut un tressaillement dans tout le public renseigné. Les toiles possédées par ceux qui attendaient par le monde le caprice des amateurs furent immédiatement recherchées. »


Alfred Sisley, Le Pont de Moret, effet d’orage (1887),
Le Havre, musée d'art moderne André-Malraux.


Aujourd’hui certains historiens s’accordent à penser que l’artiste est le représentant le plus pur de l’impressionnisme dans l’esprit et dans la forme, par ses choix de paysage, son traitement des variations atmosphériques, la délicatesse de ses touches et de ses couleurs. Mais on lui reproche parallèlement son manque d’évolution dans sa peinture et ses recherches picturales et de motifs.


Champ de maïs (1873), Hambourg, Kunsthalle.


Nature morte (vers 1880), Boston, musée des beaux-arts.


Matinée de juin à Saint-Mammès (1884), Tokyo, musée d'art Bridgestone.

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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Nov 2018 - 10:41

3 novembre 1793
Olympe de Gouges est guillotinée



Portrait de Olympe de Gouges (1748–1793)

Marie Gouze est née à Montauban dans une famille modeste, d'un père boucher et d'une mère servante. La rumeur publique laisse entendre qu'elle est la fille naturelle du poète, le marquis Le Franc de Pompignan, et même qu'elle serait la "bâtarde" du roi Louis XV.

En 1765, Marie Gouze se marie avec Louis Aubry, un officier de bouche de l’Intendant, avec qui elle aura, deux ans plus tard un enfant. Après la mort de son époux intervenue peu après, elle part avec son fils s'installer à Paris, ne voulant pas tenir son rôle de bourgeoise provinciale.

Rêvant de célébrité, elle prend le pseudonyme d'Olympe de Gouges, créé à partir du prénom de sa mère et de son patronyme. Elle devient une femme de lettres, publiant, à partir de 1780 des romans et des pièces de théâtre.



La Révolution Française donne à Olympe de Gouges l'occasion de montrer combien elle est en avance sur son temps. Face à l'Assemblée Constituante qui exclut les femmes des droits de cité, elle publie un texte qui est l'un des fondements du féminisme originel, "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne". Elle y prône l'émancipation de la femme et l'égalité totale et inconditionnelle entre les deux sexes. Olympe de Gouges est considérée comme l'une des premières féministes. Dans d'autres écrits, elle s'en prend à l'esclavage et à la peine de mort.


Olympe de Gouges à l’échafaud.

Sur le plan politique, Olympe de Gouges soutient le roi Louis XVI, lors de son procès. Puis elle prend le parti des Girondins et publie des pamphlets contre Marat et Robespierre. Après la chute des Girondins, elle est accusée d’être l’auteur d’une affiche girondine. Arrêtée le 20 juillet 1793, elle est condamnée à mort et guillotinée le 3 novembre 1793.
Pour la panthéonisation d’Olympe de Gouges

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Nov 2018 - 11:19

la pauvre, c'étaient vraiment des sauvages !!
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Nov 2018 - 12:13

La Révolution a été très violente pour la monarchie mais aussi pour les révolutionnaires.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 8 Nov 2018 - 22:28

9 novembre 1923
Le Putsch de la Brasserie



La Marienplatz à Munich pendant le putsch de la Brasserie.

Le 9 novembre 1923, après une soirée agitée dans une brasserie de Munich, un agitateur brave la police de la ville à la tête de 3.000 militants et en compagnie du prestigieux général Ludendorff, héros de la Grande Guerre. Il a nom Adolf Hitler...

L'«année inhumaine»
1923 (que les Allemands surnomment l'«année inhumaine») a mal commencé.
Le 11 janvier, les troupes franco-belges occupent le bassin de la Ruhr, principale source de richesse du pays, pour obliger les Allemands à verser les réparations de guerre auxquelles le traité de Versailles les a condamnés.


Adolf Hitler en tournée de propagande en 1923.

L'instabilité politique et la «résistance passive»à l'occupation étrangère entraînent des licenciements et des grèves dans tout le pays ainsi qu'une vertigineuse flambée des prix.
En octobre 1923, il faut compter plusieurs dizaines de milliards de marks (la monnaie de référence allemande) pour s'offrir... un dollar américain ou une baguette de pain ! Ce contexte encourage l'agitation révolutionnaire. À Berlin, le président de la République Ebert et le chancelier Streseman imposent l'état d'urgence le 26 septembre 1923, cependant que le financier Schacht donne un coup d'arrêt à l'inflation en créant une nouvelle monnaie, le Rentenmark. La Bavière refuse la dictature momentanée des Prussiens de Berlin. Elle proclame le même jour son propre état d'urgence et se donne un triumvirat aux pouvoirs dictatoriaux avec le commissaire d'État Gustav von Kahr, le général Otto von Lossow, commandant la Reischwehr(l'armée), et le colonel Hans von Seisser, chef de la police.
La menace du séparatisme bavarois plane sur le pays. C'est le moment que choisit Hitler pour tenter de se saisir du pouvoir à Munich.


Gustav von Kahr (à gauche).

Duel dans la Brasserie
Le 8 novembre, dans une grande brasserie de la capitale bavaroise, le Bürgerbraükeller, 3.000 bourgeois écoutent les trois principaux dirigeants du Land.
La brasserie est brutalement investie par les militants du parti nazi. Leur chef ou Führer, Hitler, monte sur l'estrade. Revolver au poing, il entraîne les dirigeants bavarois dans une arrière-salle et leur intime l'ordre de lui céder le pouvoir ! Mais les fieffés politiciens réussissent à s'esquiver après avoir fait mine de céder.


Réunion nazie à la Bürgerbräukeller, vers 1923.

Déconfit, l'agitateur tente à l'aube de reprendre l'initiative en s'emparant du ministère de la Guerre du Land de Bavière. Au bout de l'étroite Residenzstrasse, une centaine de policiers barrent la route à sa troupe.
Dès les premiers coups de feu, les agitateurs se débandent piteusement, leur chef le premier. Seul, le général Ludendorff fait face à la mitraille. On relève seize morts.


Les principaux putschistes internés à la prison de Landsberg en 1924.
De gauche à droite : Adolf Hitler, Emil Maurice, Hermann Kriebel, Rudolf Hess ainsi que le Dr Friedrich Weber.


Le «putsch de la Brasserie» débouche sur un fiasco complet. Le chef de la bande est arrêté deux jours plus tard. Au terme d'un procès orageux au cours duquel il va faire étalage de son talent de propagandiste, Hitler est condamné le 1er avril 1924 à cinq ans de prison. Il ne va en effectuer que neuf mois.
Il quitte la forteresse de Landsberg le 20 décembre 1924 avec un épais manuscrit qu'il a eu le loisir de dicter en prison à son fidèle Rudolf Hess. Il y annonce son projet politique pour l'Allemagne. Le titre ? Mein Kampf (Mon combat).


Un exemplaire de Mein Kampf.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 10 Nov 2018 - 12:05

10 novembre 1630
Journée des Dupes



Louis XIII, portrait peint par Philippe de Champaigne.

Lorsque Marie de Médicis fait nommer Richelieu ministre, elle croit qu'il va appuyer sa politique : catholique fervente, elle désire que le roi lutte contre les protestants à l'intérieur et à l’extérieur du royaume, et elle est pour le maintien de l'alliance de la France avec la très-catholique Espagne. Mais Richelieu conseille au roi d'adopter une toute autre politique : pour donner de la puissance à la France, il souhaite affaiblir la Maison de Habsbourg, dont une branche règne en Espagne. Un membre d'une autre branche des Habsbourgs est élu empereur du Saint-Empire romain germanique et il essaie de contrôler l'Allemagne. Louis XIII et Richelieu décident de soutenir les princes protestants allemands, révoltés contre l’empereur catholique Habsbourg. La reine-mère se fâche alors avec Richelieu.


La Reine demande à son fils la démission de Richelieu, le 10 novembre.
Dessin de Maurice Leloir (1910).


La « Journée des Dupes »
En septembre 1630, le roi tombe gravement malade. Marie de Médicis et Anne d'Autriche (femme de Louis XIII, elle appartient à la famille des Habsbourg) essaient de lui faire promettre, s'il guérit, de renvoyer Richelieu. Louis XIII se remet de sa maladie et tente sans succès de réconcilier sa mère et son principal ministre.

- le 10 novembre, Marie de Médicis annonce à Richelieu qu'elle lui retire toutes les charges qu'elle lui a confiées dans sa maison (dont celle de Grand aumônier).
- le 11 novembre, la reine-mère interdit au cardinal l'entrée de ses appartements alors qu'elle est en conférence avec son fils, elle essaie une nouvelle fois de l'obliger à se séparer de Richelieu. Le cardinal se croit alors perdu mais, dans la soirée, il réussit à s'entretenir avec le roi qui lui renouvelle alors sa confiance.
- le 12 novembre, alors que beaucoup attendent l'annonce du renvoi de Richelieu, celui-ci est officiellement confirmé comme principal ministre du roi (ceux qui croyaient triompher – les ennemis du cardinal – ont été « dupés »).


Marie de Médicis par Pierre Paul Rubens.

Conséquences
Marie de Médicis est exilée à Compiègne, d'où elle s'échappe pour se réfugier à l’étranger. Elle ne reviendra jamais en France. Louis XIII ne souhaitait pourtant pas se fâcher avec sa mère, mais l'entêtement de celle-ci à exiger le départ de Richelieu l'a obligé à l'éloigner de la Cour. Gaston d'Orléans, le frère du roi, part aussi en exil, mais il se réconcilie avec Louis XIII en 1634.

Le garde des Sceaux Michel de Marillac, un fidèle de la reine-mère qui devait remplacer Richelieu après son renvoi, doit partir en exil où il meurt en 1632. Son frère le maréchal Louis de Marillac (un autre partisan de la reine-mère) est arrêté puis condamné à mort et exécuté en 1632 sous le prétexte de péculat (c'est-à-dire, détournement de fonds, corruption). D'autres personnes ayant soutenu Marie de Médicis contre Richelieu sont emprisonnées.

Richelieu gardera la confiance du roi jusqu'à sa mort en 1642.


Le cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne.
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