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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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mimi1260
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 4 Oct 2018 - 7:57

La Belgique est cerné de toute part : la Mer , le Pays Bas , l'Allemagne et la France .

Merci Opaline pour cet historique de notre voisin dont une partie de la population est francophone .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 5 Oct 2018 - 19:19

5 octobre 1789
Les Parisiennes vont chercher le roi à Versailles



La marche des femmes et de la garde nationale sur Versailles, le 5 octobre.

Le 5 octobre 1789, à Paris, quelques milliers de femmes mécontentes de la cherté de la vie et de la disette se rendent à Versailles auprès du roi Louis XVI. Victime de ses hésitations, le roi va se trouver prisonnier des révolutionnaires et des agitateurs parisiens.

Les Journées d'Octobre
À Versailles, les Monarchiens conduits par Jean Joseph Mounier conseillent au roi de faire venir des troupes à Versailles.
Le 1er octobre, à l'Opéra royal de Versailles, un banquet est offert au régiment des Flandres nouvellement arrivé. L'apprenant, les Parisiens pauvres s'en irritent. Eux-mêmes manquent de pain en raison de l'insécurité qui rend difficile l'acheminement des grains. Le dimanche 4 octobre, une foule nombreuse se réunit dans les jardins du Palais-Royal.


La marche des femmes le 5 octobre 1789.
Sur la droite, on aperçoit une bourgeoise entraînée par l'une des manifestantes.

Le lendemain s'ébranle un cortège de 7.000 ou 8.000 femmes en direction de Versailles. On crie : «À Versailles !» ou encore «Du pain !». Chacun brandit une arme improvisée, fourche ou pique. À la mi-journée, le cortège arrive devant les grilles du palais cependant qu'un autre quitte à son tour la capitale.
L'Assemblée est envahie et une délégation de femmes conduite par Mounier se rend auprès du roi. Celui-ci les écoute et promet de ravitailler Paris. Mais le second cortège arrive sur ces entrefaites et force les grandes grilles des écuries. Les émeutiers s'installent sur la place d'Armes, devant le château, en vue d'y passer la nuit.
La Fayette, informé des événements, arrive en fin de soirée à la tête de vingt mille hommes de la garde nationale. Il rétablit un semblant d'ordre... et va se coucher. Son inaction lui vaut le surnom de «Général Morphée».
Le roi, qui dispose pourtant de troupes sûres, renonce à disperser les émeutiers sur le conseil de son ministre Jacques Necker. Mais le lendemain matin, un garde de la Maison du roi, pris à partie par la foule, tue un garde national. C'est l'émeute. Plusieurs gardes royaux sont tués. Les grilles du château sont forcées et la foule se rue vers les appartements de la reine. Un garde du corps a juste le temps de crier : «Sauvez la reine !» avant d'être sauvagement tué. Marie-Antoinette s'enfuit par une porte dérobée, retrouve ses enfants et rejoint le roi dans ses appartements, échappant de peu au massacre.

Dessus de bouton non monté représentant le départ des femmes avec les canons le 5 octobre.

La Fayette, tout juste réveillé, accourt et persuade le couple royal de se montrer avec lui au balcon de la cour de marbre pour apaiser les émeutiers. À l'apparition de Louis XVI, les femmes crient : «Vive le Roi !» puis : «À Paris !».
La Fayette convainc enfin Louis XVI de ratifier la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen puis de se rendre à Paris. C'est ainsi qu'à 13 heures, la famille royale abandonne définitivement Versailles pour la capitale. Sa voiture est précédée par la foule triomphante des émeutiers qui exposent au bout de piques les têtes des gardes tués le matin même.
Une cinquantaine de voitures de grains et de farines accompagnent cet étrange convoi. On s'exclame : «Nous ne manquerons plus de pain, nous ramenons le boulanger, la boulangère, et le petit mitron». Le roi est accueilli dans sa capitale par un discours emphatique du maire Jean Bailly : «Quel beau jour, sire, que celui où les Parisiens vont posséder Votre Majesté et sa famille !».
En soirée, la famille royale s'installe tant bien que mal dans le palais des Tuileries, à l'abandon depuis trois décennies. Quelques jours plus tard, l'Assemblée constituante quitte à son tour la ville du Roi Soleil et s'installe près des Tuileries, dans la salle du Manège (en bordure de l'actuelle place de la Concorde).


Itinéraires connus et supposés des marches du 5 octobre -
Carte retouchée tirée de l’Atlas de la Révolution Française

Droite et gauche
Dans la salle du Manège des Tuileries, où se tient l'Assemblée constituante à partir d'octobre 1789, les députés prennent l'habitude de choisir leur place en fonction de leurs affinités politiques.
Les députés hostiles à la Révolution ou soucieux de la contenir s'asseoient sur le côté droit de la salle, par rapport au président de l'Assemblée (ce côté est dit le «côté de la reine»). Les autres, plus ou moins favorables à la Révolution, s'asseoient à la gauche du président (le «côté du Palais-Royal»).
De cette répartition des députés par affinités datent les clivages gauche-droite qui rythment aujourd'hui encore la vie politique dans toutes les démocraties.
La monarchie et l'Assemblée constituante se retrouvent prisonniers de Paris et soumis aux accès d'humeur de ses habitants. Il suffira dès lors qu'un groupe d'émeutiers envahisse la Chambre des députés pour qu'un gouvernement soit renversé.

Jean-Joseph Mounier président à l'Assemblée Nationale le 5 et le 6 octobre 1789.
(Alexandre Debelle, XIXe siècle).
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 6 Oct 2018 - 11:55

6 octobre 1927
Projection du premier film parlant




Ce 6 octobre 1927, “Le Chanteur de jazz ”, premier film parlant et chantant, sort en salle aux Etats-Unis.

Pour la premièrefois au cinéma, les spectateurs vont entendre la voix du principal acteur. Le triomphe est immédiat, les chroniqueurs de l’époque rapportent que les gens applaudissaient à chaque mot prononcé et pourtant il n’y en avait pas beaucoup car la bande sonore comprenait tout juste 354 mots !



Ce film raconte l’histoire d’un chanteur de jazz, Jack Robin, joué par Al Jolson, un juif d’origine russe, qui apparaît dans le film grimé en Noir (à l’époque, les acteurs noirs n’existaient pas). Jack doit monter un spectacle à Broadway, mais la représentation tombe le soir de Yom Kippour (le Jour du Grand Pardon, fête juive considérée comme la plus sainte de l’année juive), et son père, très malade, est incapable de chanter à la synagogue. Convaincu par sa mère de renoncer à son spectacle et de chanter à la place de son père à la synagogue, Jack remplit son devoir filial, avant que son père disparaisse dans la joie. Quelques années plus tard, le héros, de nouveau sur les planches, obtient un immense succès sous le regard ému de sa mère. Dans le film, Al Jolson chante en tout cinq chansons et entonne quelques thèmes religieux.



Certains professionnels du cinéma se montrent réticents quant au succès du parlant : ils s’inquiètent de l’impossibilité d’exporter les films à l’international (le doublage est encore inconnu). Jazz Singer va révolutionner l’industrie du cinéma : si le parlant contribuera à l’avènement de nouveaux réalisateurs tels qu’Howard Hawks, Marcel Pagnol ou Sacha Guitry, ce bouleversement signera aussi la fin de la carrière de grandes vedettes, telles que Buster Keaton.



Bref, le public est emballé, mais en Amérique les professionnels de la profession s’inquiètent: pour certaines stars du muet, comme Buster Keaton ou Louise Brooks, l’avènement du parlant signera la fin de leur carrière... Et plus de 80 ans plus tard, par un drôle de retournement de l’histoire, un film muet en noir et blanc, qui raconte cette révolution du parlant, va remporter un succès international. "The Artist" , film français réalisé par Michel Hazanavicius, sort en 2011. Il va rafler plus de 100 récompenses partout dans le monde, dont un oscar pour l'interprète principal Jean Dujardin, premier acteur français à remporter la statuette dorée.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 6 Oct 2018 - 14:16

Belle évocation du 7ème Art et plus particulièrement des films "parlant" . Merci Opaline .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Oct 2018 - 10:45

7 octobre 1887
Scandale des décorations




Fin septembre 1887, Henriette Boissier, retirée depuis peu de la prostitution active en maison close, entre dans un commissariat parisien. Nourrissant un profond ressentiment à l'encontre des deux mères maquerelles (la dame Limouzin et la dame Ratazzi) sous la houlette desquelles elle a travaillé, elle se venge et raconte à la police que, dans les lupanars de ces tenancières, le commerce de charmes couvre en fait bien d'autres trafics.
Convoquées par la police, les deux maquerelles doivent révéler à la brigade des mœurs, sous peine de fermeture de leurs établissements et d'emprisonnement, la nature de ces trafics. Elles reconnaissent ainsi que, dans le secret de leurs boudoirs, des personnalités négocient à prix d'or des honneurs.


Le general Caffarel en tenue d'apparat.

Le 29 septembre, le préfet de police, agissant en vertu de l'article 10 du Code d'instruction criminelle, ouvre une enquête. Celle-ci progresse rapidement et met en cause le général Caffarel accusé de monnayer des décorations militaires et de favoriser des concurrents dans l'attribution de marchés militaires. Convoqué par le préfet de police, Caffarel avoue. Le ministre de la Guerre préfère étouffer l'affaire en plaçant le général à la retraite anticipée, sans poursuites judiciaires.


Jules Grévy, président de la République au centre du scandale.

Le scandale éclate le 7 octobre 1887 lorsque Le XIXe siècle (journal proche du boulangisme), sous la plume de Portalis, son directeur, révèle l'existence d'un trafic de décorations, sous le titre « La Légion d'honneur à l'encan ». Ce scandale, que la presse baptise « l'affaire des décorations », devient une affaire politique lorsque l'enquête révèle que le trafic de décorations est orchestré, depuis l'Élysée, par Daniel Wilson, député d'Indre-et-Loire et gendre du président de la République Jules Grévy.

Wilson a en effet utilisé son influence pour négocier des participations d'hommes d'affaires dans ses entreprises en échange de l'obtention de décorations. Il a revendu depuis un bureau de l'Élysée des milliers de décorations — notamment la Légion d'honneur pour 25 à 100 000 francs de l'époque — pour verser des subventions à des journaux de province6. Parmi ses complices, on compte le général Caffarel, le général comte d'Andlau, sénateur de l'Oise, et les deux maquerelles qui ont fait les révélations à la brigade des mœurs. L'instruction, confiée à un juge réputé intègre, M. Atthalin, met également en cause des intermédiaires et rabatteurs louches des deux sexes, qui se retranchent derrière les deux personnages influents du trafic, le général d'Andlau et Daniel Wilson.


Daniel Wilson, deux de ses filles et son beau-père Jules Grévy (à droite), en 1889.

Conséquences
La rue, les journalistes, la classe politique mais surtout Georges Clemenceau et Jules Ferry utilisent cette affaire pour s'acharner sur le président Jules Grévy et le poussent à la démission le 2 décembre après un vote du Parlement. Sadi Carnot lui succède, obtenant une majorité de suffrages notamment parce qu'en tant que ministre des Finances, il a refusé des recommandations de Wilson. Après avoir vainement tenté de préserver Jules Grévy, le président du Conseil Maurice Rouvier remet sa démission à son successeur.


Sur la caricature ci-dessus, on y voit Daniel Wilson au
centre distribuant de l'argent à Rouvier (Sur sa gauche).
La légende indique "Bon appétit messieurs....Ö ministres intègres"
(Il s'agit de vers tirés de la pièce de théâtre de Victor Hugo Ruy Blas).


Le procès en correctionnelle commence le 18 février 1888, et se termine le 3 mars, par la condamnation pour escroquerie de Madame Limouzin à six mois de prison, de Caffarel à 3 000 francs d'amende et Wilson à deux ans de prison, 3 000 francs d'amende et cinq ans de privation de ses droits civiques. Ce dernier, dont l'immunité parlementaire a été levée, fait appel un mois plus tard et est acquitté, les juges considérant que le délit d'escroquerie n'est pas constitué puisqu'il a utilisé son influence pour faire obtenir de vraies décorations. En novembre 1888, Wilson rejoint les bancs des députés à la Chambre, indifférent aux quolibets et à l'opprobre de ses collègues, et est réélu en 1893 et en 18969.

Le constat de l'absence de loi interdisant ce type de trafic entraîne la création d'une incrimination spécifique permettant de le réprimer : le trafic d'influence.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Oct 2018 - 11:10

Ce n'est pas surprenant , je pense qu'aujourd'hui des pressions sont faites auprès de la chancellerie pour favoriser l'octroie de cette distinction à des fins mercantiles .

Depuis sa création en 1802 , plus d'un million de personnes se sont vue attribuer la médaille : le mérite lié à cette distinction a été dévoyé lorsqu'on sait qu'à l'origine elle était sensé récompenser les militaires comme les civils ayant rendu des " services éminents à la Nation" !

Merci Opaline pour cette narration .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Oct 2018 - 21:23

A notre époque il suffit d'être influent, si on est riche c'est mieux triste
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 9 Oct 2018 - 11:29

9 octobre 1410
Construction de l'horloge astronomique de Prague




L'horloge astronomique de Prague (en tchèque Pražský orloj) est une horloge astronomique médiévale qui se trouve à Prague, capitale de la République tchèque, sur la place de la Vieille-Ville. L'horloge est située sur le mur Sud de l'hôtel de ville. Le monument a un fort attrait touristique : dès que sonnent les heures, des centaines de personnes se pressent à ses pieds pour l'observer s'animer et la photographier.

L'horloge aurait été construite par Nicolas de Kadau le 9 octobre 1410, et remaniée par le maître Hanus de la Rose (Jan Ruze) vers 1490. La légende veut que l’on ait crevé les yeux à l’horloger Hanus, pour l’empêcher de reproduire son chef-d’œuvre ailleurs.


Détail du fond fixe dont la partie bleue représente les heures diurnes.
À droite statue symbolisant la Mort, à gauche l'Avarice dont la représentation
s'inspire du stéréotype médiéval de l'usurier juif.


L'horloge s’anime toutes les heures jusqu'à 21 heures : les Douze Apôtres défilent au-dessus du cadran du haut, servant à lire l’heure (c’est un cadran 24 heures) et la position de la Lune et du Soleil tandis que le cadran du bas affiche le Saint du jour ainsi que les signes astrologiques. Prague dépendait alors de l'université de Louvain et de ce fait une autre horloge lui ressemble beaucoup, mais sans les automates en la cathédrale de Saint-Omer.


Représentation du fonctionnement de l'horloge astronomique.

Animation
Les Apôtres ont été sculptés par Vojtĕch Sucharda après que les précédents eurent brûlé en 1945.

À chaque heure jusqu'à 21 h 00, le squelette brandit un sablier et tire sur une corde. Puis deux fenêtres s'ouvrent et, les douze apôtres défilent lentement, précédés de Saint Pierre d'une fenêtre à l'autre. Pendant ce temps les quatre automates placés à côté du cadran astrolabique s'animent : la Mort, un Turc, la Vanité, l'Avarice tandis que la clochette du Campanile se met à sonner.


La vanité et l'avarice

*La Mort tire sur la corde qu'il serre dans sa main droite pour sonner le glas et brandit puis inverse le sablier qu'il tient dans la main gauche
*le Turc secoue la tête pour montrer qu'il guette toujours,
*l'homme vaniteux se contemple dans un miroir,
*l'avare montre sa bourse.


La Mort et le Turc

Lorsque les fenêtres se referment, un coq ajouté en 1882, tout en haut, sort de sa fenêtre et annonce la mort prochaine.

Dans la partie basse, on trouve quatre autres personnages, dont un ange avec une épée.


Le calendrier de l'horloge de la vieille ville.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 9 Oct 2018 - 12:28

C'est vraiment ingénieux , merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Oct 2018 - 10:39

10 octobre 1903
La première mise en vente de l'aspirine en Allemagne




Son origine remonte à l’Antiquité, quand les Sumériens, ainsi que le grec Hippocrate, découvrirent les vertus antidouleur de l’écorce de saule. Au XIXe siècle, le principe actif est identifié : l’acide acétylsalicylique. Le chimiste allemand Felix Hoffmann, du laboratoire Dreser, parvient à le remplacer par l’acide spirique (extrait de la spirée) et met au point l’aspirine.


Saule blanc (Salix alba).

Il développa de nouvelles méthodes pour la préparation de l’acide acétyslsalicylique qui sera commercialisé sous la forme de poudre sous le nom d’aspirin (« a » pour acétylation, « spi » de la plante spiroea et le préfixe « in »)

Un brevet est déposé à Munich le 6 mars 1899 et l’entreprise Bayer commence à la commercialiser quatre ans plus tard et donnera naissance à un nouveau marché : l'industrie pharmaceutique.

L'aspirine sera mise en vente en Allemagne le 10 octobre 1903.



Le médicament remporte un franc succès. Ses vertus antidouleur et anti-fièvre font fureur et une grosse industrie pharmaceutique se crée en Allemagne autour de cette découverte.

L’aspirine arrivera en France en 1908 et sera commercialisée par la Société chimique des usines du Rhône.
Dans le Traité de Versailles en 1919, suite à la défaite de l’Allemagne,  une clause fait tomber le brevet dans le domaine public exclusivement en France. Cette subtilité diplomatique a permis à la France de l’exploiter à son tour.


Réclame de 1923 (L'Illustration).

L’Acide acétylsalicylique (l’aspirine) est un des médicaments les plus consommés au monde.
Dans les années 1950, l'aspirine semble condamnée par l'arrivée d'un nouvel antalgique, le paracétamol. Mais l'on découvre opportunément qu'elle peut aussi prévenir les accidents vasculaires. Et la voilà repartie pour une deuxième vie...
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Oct 2018 - 12:33

Très belle découverte et bravo à Mr.Hoffmann .

Merci Opaline .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Oct 2018 - 23:22

11 octobre 1963
La France pleure Édith Piaf et Jean Cocteau




Le vendredi 11 octobre 1963, s'éteignaient à quelques heures d'intervalle la chanteuse française Édith Piaf (1915-1963), à peine âgée de 48 ans puis, dans sa 74ème année, le poète et académicien Jean Cocteau (1889-1963).

Par cette étrange journée de « double deuil national » qui allait bouleverser la France entière, s'achevait - à la vie à la mort - une longue amitié tissée depuis plus de vingt ans.
Les décès quasi-simultanés - 7 heures du matin pour la « Môme de Paris » puis treize heures pour le « Funambule de tous les Arts » - n'éclipsent en rien l'aura éternelle d'une étoile filante à la voix exceptionnelle et celle d'un astre stellaire aux trop nombreux talents artistiques.

Une disparition prématurée et attendue
Au printemps de cette année 1963, prématurément vieillie, épuisée et malade, c'est très affaiblie qu'Édith Piaf était partie en convalescence dans le sud de la France. Tombée dans le coma en avril 1963, elle meurt au Plascassier, près de Grasse le jeudi 10 octobre 1963.


Enterrement d'Edith Piaf

Mais comme elle avait formulé le désir de mourir à Paris, son corps est ramené secrètement dans la nuit dans son hôtel particulier du boulevard Lannes où son décès d'une hémorragie interne, à l'orée de ses 48 ans, est constaté officiellement le lendemain par le docteur Bernay de Laval (vendredi 11 octobre 1963).

Les obsèques d'Édith Piaf ont lieu à l'église Saint-Honoré d'Eylau. Et c'est devant une foule immense de plus de 40.000 admirateurs, qu'elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise le 14 octobre 1963, en présence de Marlène Dietrich, témoin à son 1er mariage. Depuis lors, elle repose dans la division n°97, avenue transversale n°3, où sa tombe continue d'être fleurie quotidiennement.


Jean Cocteau

« Quand elle est morte... le Poète pleurait » (note)
Dans sa retraite de la Maison du Bailli à Milly-la-Forêt, Jean Cocteau -ménagé par sa cuisinière qui connaît parfaitement la fragilité de son état de santé-, apprend la mort quelques heures plus tôt de sa grande amie Edith Piaf qu'il avait fait débuter au théâtre dans sa pièce « Le Bel Indifférent » (1940). Au même moment, à Paris, nombre d'artistes et de personnalités s'étonnent que l'écrivain et académicien, si proche de la chanteuse défunte, mette autant de temps à témoigner ses souvenirs et à lui rendre hommage.


Cocteau et Piaf Les enfants terribles

Peu de personnes savent en réalité que, déjà victime de deux crises cardiaques et trop ému, il vient de déclarer à son proche entourage : « C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre. »
Quelques heures après, il s'éteint à son tour sans avoir eu la force d'écrire l'article que le magazine Paris-Match venait de lui commander pour être publié dès le lendemain de cette si pénible journée. Il repose dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples de Milly-la-Forêt, décorée par ses soins (1959).

Trop facile serait de conclure cet hommage croisé en rappelant au lecteur que, dans tous les kiosques de France et des pays francophones, le Parisien Libéré publia le lendemain un gros titre évocateur du départ crépusculaire de la somnambule du grand public et du funambule du Tout-Paris : « La mort d'Édith Piaf a tué Jean Cocteau ».
Accordons plutôt à ce dernier le mot de la fin : « Vivre me déroute plus que mourir ». Mieux encore, laissons à Édith Piaf celui de fredonner l'hymne à l'amour et à son éternel retour :
« Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le bien qu'on m'a fait, ni le mal
Tout ça m'est bien égal
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
C'est payé, balayé, oublié
Je me fous du passé
Balayés pour toujours
Je repars à zéro Car ma vie
Car mes joies
Aujourd'hui
ça commence avec toi... »


(paroles de Michel Vaucaire, musique de Charles Dumont, enregistré le 10 novembre 1960).


Herodote
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 13 Oct 2018 - 10:58

13 octobre 1307
Arrestation des Templiers



Ordre du Temple
Croix héraldique pattée


L'idée de détruire l'ordre du Temple était présente dans l'esprit du roi Philippe IV le Bel, mais ce dernier manquait de preuves et d'aveux afin d'entamer une procédure. Ce fut chose faite grâce à un atout majeur déniché par Guillaume de Nogaret en la personne d'un ancien Templier renégat : Esquieu de Floyran (aussi dénommé « Sequin de Floyran », ou encore « Esquieu de Floyrac »). Selon la thèse officielle, Esquieu de Floyran (bourgeois de Béziers ou prieur de Montfaucon) était emprisonné pour meurtre et partageait sa cellule avec un Templier condamné à mort qui se confessa à lui, lui avouant le reniement du Christ, les pratiques obscènes des rites d'entrée dans l'ordre et la sodomie.


Templier
Illustration anonyme, début du XIXe siècle.


Esquieu de Floyran n’ayant pas réussi à vendre ses rumeurs à Jacques II d'Aragon, y parvint en 1305 auprès du roi de France, Guillaume de Nogaret payant par la suite Esquieu de Floyran afin de diffuser au sein de la population les idées de « reniement du Christ et crachat sur la croix, relations charnelles entre frères, baisers obscènes exercés par les chevaliers du Temples ». Philippe le Bel écrivit au Pape pour lui faire part du contenu de ces aveux.


Philippe le Bel

En même temps, Jacques de Molay, au courant de ces rumeurs, demanda une enquête pontificale au pape. Ce dernier la lui accorda le 24 août 1307. Cependant, Philippe le Bel était pressé. Il n'attendit pas les résultats de l'enquête, prépara l'arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise, le jour de la fête de l’exaltation de la Sainte-Croix. Il dépêcha des messagers le 14 septembre 1307 à tous ses sénéchaux et baillis, leur donnant des directives afin de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des Templiers ainsi qu'à leur arrestation massive en France au cours d'une même journée, le vendredi 13 octobre 1307. Le but d'une action menée en quelques heures était de profiter du fait que les Templiers étaient disséminés sur tout le territoire et ainsi d'éviter que ces derniers, alarmés par l'arrestation de certains de leurs frères, ne se regroupassent et ne devinssent alors difficiles à arrêter.


Jacques de Molay,
grand maître des Templiers


Au matin du 13 octobre 1307, Guillaume de Nogaret et des hommes d'armes pénétrèrent dans l'enceinte du Temple de Paris où résidait le maître de l'ordre Jacques de Molay. À la vue de l'ordonnance royale qui justifiait cette rafle, les Templiers se laissèrent emmener sans aucune résistance. À Paris, on compta 138 prisonniers, en plus du maître de l'ordre.

Un scénario identique se déroula au même moment dans toute la France. La plupart des Templiers présents dans les commanderies furent arrêtés. Ils n'opposèrent aucune résistance. Quelques-uns réussirent à s'échapper avant ou pendant les arrestations. Les prisonniers furent enfermés pour la plupart à Paris, Caen, Rouen et au château de Gisors. Tous leurs biens furent inventoriés et confiés à la garde du Trésor royal.


Possessions de l'ordre des Templiers en Europe vers 1300.

Ceux qui, en 1306, avaient recueilli Philippe IV le Bel pendant les émeutes de Paris se retrouvaient maintenant incarcérés dans l'attente de leur procès.

Le 12 mai 1310, cinquante-quatre templiers qui avaient renié leurs aveux faits sous la torture en 1307 et étaient donc relaps. Tous les interrogatoires furent terminés le 26 mai 1311.

Toutefois, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clamèrent leur innocence. Ils avaient donc menti aux juges de l'Inquisition, furent déclarés relaps et remis au bras séculier (en l'occurrence, la justice royale). Voici la description qu'en fit, dans sa Chronique latine, Guillaume de Nangis, un chroniqueur de l'époque : « Mais alors que les cardinaux pensaient avoir mis un terme à cette affaire, voilà que tout à coup et inopinément deux d'entre eux, le grand maître et le maître de Normandie, se défendirent opiniâtrement contre le cardinal qui avait prononcé le sermon et contre l'archevêque de Sens Philippe de Marigny, revenant sur leur confession et sur tout ce qu'ils avaient avoué. »


Frères templiers sur le bûcher, manuscrit anonyme, 1384.

Le lendemain, Philippe le Bel convoqua son conseil et, faisant fi des cardinaux, condamna les deux templiers au bûcher. Ils furent conduits sur l'île aux Juifs afin d'y être brûlés vifs. Geoffroi (ou Godefroi) de Paris fut un témoin oculaire de cette exécution. Il écrivit dans sa Chronique métrique (1312-1316), les paroles du maître de l'ordre : « […] Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamné à tort : Dieu vengera notre mort. […] » Proclamant jusqu’à la fin son innocence et celle de l'ordre, Jacques de Molay s'en référa donc à la justice divine et c'est devant le tribunal divin qu'il assignait ceux qui sur Terre l'avaient jugé. La malédiction légendaire de Jacques de Molay « Vous serez tous maudits jusqu'à la treizième génération » lancée par des ésotéristes et historiens par la suite inspira Les Rois maudits de Maurice Druon. Les deux condamnés demandèrent à tourner leurs visages vers la cathédrale Notre-Dame pour prier. C'est avec la plus grande dignité qu'ils moururent. Guillaume de Nangis ajouta : « On les vit si résolus à subir le supplice du feu, avec une telle volonté, qu'ils soulevèrent l'admiration chez tous ceux qui assistèrent à leur mort… ».
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 13 Oct 2018 - 11:31

Bonjour Opaline . Ce sujet a été traité ce matin mais ton post comporte quelques nouvelles précisions qui complètent notre connaissance . Merci.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Oct 2018 - 11:29

Pardon, je n'avais pas vu. En fait je cherche un thème pour la date du jour et ensuite il me faut des images pour l'agrémenter. Cela prend du temps...
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Oct 2018 - 11:30

14 octobre 1670
Le Bourgeois gentilhomme



"Le bourgeois gentilhomme,
comédie-balet faite à Chambort,
pour le divertissement du Roy, 1673"


Le 14 octobre 1670, Molière donne la première représentation du Bourgeois gentilhomme au château de Chambord, devant le roi Louis XIV et sa cour.

La pièce résulte d'une commande du roi lui-même qui voulait un « ballet turc ridicule ». Louis XIV avait été affecté par le mépris manifesté par l'ambassadeur du Grand Turc (le sultan ottoman d'Istamboul), Soliman Aga, lors de la réception donnée en son honneur à Versailles en décembre de l'année précédente.


Frontispice de l'édition de 1682.

Insensible à l'attrait du « kawah » (le café) que l'ambassadeur avait fait découvrir à la Cour, le roi attendait de Molière qu'il le vengeât de ses mauvaises manières.

Fin théâtrale

Molière et Lully, le compositeur de la Cour, s'associent donc une nouvelle fois pour réaliser une comédie-ballet en cinq actes.

Le Bourgeois gentilhomme est la plus belle expression du théâtre total comme l'affectionne Molière, associant la comédie, la danse et la musique, dans une inspiration très baroque. Le roi lui-même apprécie le genre et, jusqu'à la trentaine, n'hésite pas à participer à certaines représentations de ballets en dansant en personne (voir le film de Gérard Corbiau, Le roi danse, 2000).

Le Bourgeois gentilhomme est un prétexte à railler la haute bourgeoisie de l'époque, avide de s'anoblir par l'achat de charges (les « savonnettes à vilains »).


Monsieur Jourdain
« Suivez-moi, que j'aille un peu montrer mon habit par la ville. »
(Acte III scène 1)


La pièce met en scène Monsieur Jourdain, un riche parvenu désireux d'acquérir de bonnes manières en vue d'obtenir un titre de noblesse. Il refuse de donner sa fille en mariage au jeune homme qu'elle aime parce que celui-ci n'est pas gentilhomme. Mais il se ravise lorsque le même jeune homme se présente comme le fils du Grand Turc et offre à M. Jourdain de l'élever à la dignité de « mamamouchi » en échange de la main de sa fille. L'affaire se conclut par un ballet oriental, sur une musique de Lully... dont les authentiques janissaires du sultan feront une marche populaire !


Monsieur Jourdain : J'enrage.
Nicole : De grâce, Monsieur, je vous prie de me laisser rire. Hi, hi, hi.
Le Bourgeois gentilhomme
(gravure de Moreau le jeune)


Molière s'inquiète de l'accueil réservé du roi à sa pièce après la représentation de Chambord. C'est seulement au bout de cinq jours que le roi lui confie qu'il a trouvé la comédie excellente. Les Parisiens attendront cinq semaines avant de la découvrir à leur tour le 24 novembre 1670 au théâtre du Palais-Royal.

Avec Le Bourgeois gentilhomme, le comédien est au sommet de sa gloire mais il est également usé par les années de galère et les luttes contre les cabales de la cour.
Herodote

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Oct 2018 - 13:21

Pas grave Opaline . Pour ce qui me concerne , j'apprécie tes "petites histoires" quotidiennes qui agrémentent le forum . Merci à toi . image43
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 17 Oct 2018 - 11:56

17 octobre 1966
Mort de Cléo de Mérode




Cléopâtre-Diane de Merode dite Cléo de Mérode,
une danseuse et icône de beauté française.


Issue d’une branche autrichienne de la maison belge des Mérode, Cléopâtre Diane, dite Cléo, naît à Paris en 1875 de Vincentia de Mérode qui, séduite par un homme de la haute société viennoise, s’est exilée en France. Malgré son statut de fille mère, Vincentia réussit à entrer dans la bonne société parisienne, attendrie et charmée par la beauté virginale de sa fille. Bien plus qu’un moyen de revanche sociale, Cléo est la seule raison de vivre de sa mère ; âgée de sept ans, Cléo entre à l’école de danse de l’Opéra (voir De la classe à la scène, le ballet de l'Opéra de Paris vu par Edgar Degas), où son nom la distingue de la masse des petits rats et lui permet de danser dans les salons mondains ; pendant sa carrière à l’Opéra, elle se fait remarquer plutôt comme modèle des clichés réalisés en marge des représentations que comme interprète sur la scène.


Carte postale illustrée d’une photographie
de Cléo de Mérode en costume de scène (1901),
cliché Reutlinger.


Formée à l'école de danse de l'Opéra de Paris, cette jeune noble crée en 1896 au Casino de Royan Phryné un ballet de Louis Ganne puis nommée grand sujet à l'Opéra de Paris danse dans Coppélia, Sylvia ou la nymphe de Diane de Léo Delibes, Les deux pigeons d'André Messager, l'Étoile d'André Wormser et Le Couronnement de la Muse de Gustave Charpentier. Elle quitte l'institution en 1898 puis entreprend une carrière indépendante internationale et danse jusqu'à la Première Guerre mondiale.


Cléo vers 1903.

Sa beauté délicate, hors des canons de beauté 1900, est restée légendaire, ainsi que les hommages qu'elle reçoit de quelques célèbres soupirants, plus particulièrement le roi Léopold II de Belgique, aventures qu'elle relate dans ses mémoires, Le Ballet de ma vie, publiées en 1955 par les éditions Horay, à Paris.


La Danseuse (1896), sculpture d'Alexandre Falguière
pour lequel Cléo de Mérode a servi de modèle.


Elle pose pour le sculpteur Alexandre Falguière, pour les peintres Degas, Jean-Louis Forain, Boldini, elle est représentée par Henri de Toulouse-Lautrec et a son effigie en cire au musée Grévin dès 1895, façonnée par le chef d'atelier du musée, le sculpteur Léopold Bernstamm.

En 1901, le directeur des Folies Bergère, Édouard Marchand, la recrute pour un ballet pantomime en trois actes dénommé Lorenza. C’est le dernier grand spectacle qu'il organise dans cette salle parisienne.


La Bachellerie - Château de Rastignac
où séjourna Cléo de Mérode


Elle séjourne plusieurs étés de sa vie à Biarritz ou au château de Rastignac à La Bachellerie en Dordogne, chez la famille Lauwick.
Pendant l’Occupation, elle se retire à Saint-Gaultier, dans l’Indre.
Après la guerre, en 1950, Cléo de Mérode gagne un procès contre Simone de Beauvoir qui a fait l'erreur de l'assimiler à une « cocotte » dans le Deuxième Sexe.

Tombe de Cléo de Mérode sculptée par Luis de Périnat au Père-Lachaise.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 17 Oct 2018 - 12:25

Très belle femme et belle égérie . Merci Opaline.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Hier à 22:41

19 octobre 1741
Naissance de Pierre François Choderlos de Laclos




Pierre François Choderlos de Laclos fut un remarquable officier de cavalerie et un acteur important de l'Ancien Régime et de la Révolution française.

Excellent technicien, il invente l'obus (un boulet creux chargé de poudre), une avancée majeure en artillerie. Choderlos de Laclos serait aussi l'inventeur du système de numérotation des rues de Paris. On lui doit également la construction de Fort Boyard, au large de La Rochelle.


Illustration de la lettre X des Liaisons Dangereuses, 1796

Pourtant, c'est un roman épistolaire (sous forme de lettres) écrit pour tuer l'ennui dans les villes de garnison qui a fait sa gloire à 40 ans : Les liaisons dangereuses. Ce chef-d'oeuvre de la littérature universelle a recueilli un succès immédiat dès sa sortie à 2 000 exemplaires le 23 mars 1782. Il met en scène l'amoralité cynique de la haute aristocratie de l'époque.
Coqueluche des salons, Choderlos de Laclos devient en 1788 secrétaire des commandements de Philippe d'Orléans, exerçant sur le duc une influence notable.


Publication de la loi martiale au Champ de Mars, le 17 juillet 1791. Estampe dessinée par Jean-Louis Prieur
et gravée par Pierre-Gabriel Berthault,
Paris, BnF, département des estampes et de la photographie.


Le 17 juillet 1791 les Jacobins ont voté une proposition de Laclos pour rédiger, sur le Champ-de-Mars, une pétition qui serait envoyée dans les départements pour s’opposer au rétablissement de Louis XVI dans ses droits constitutionnels. Cinq commissaires sont nommés pour la rédaction : Lanthenas, Sergent, Danton, Ducancel et Brissot. Robespierre s’oppose à la pétition, bien qu’il la reconnaisse comme légitime, craignant qu’elle soit le prétexte d’une nouvelle répression. Tournon fait lui aussi part de son opposition.


Malheureuse journée du 17 juillet 1791 : des hommes, des femmes, des enfants ont été massacrés sur
l'autel de la patrie au Champ de la Fédération, estampe anonyme, Bureau des Révolutions de Paris, 1791,
Paris, BnF, département des estampes et de la photographie.


Mais alors même que la signature de la pétition se déroule pacifiquement, l’Assemblée constituante invite la municipalité de Paris à rétablir l’ordre par tous les moyens. La garde nationale compte neuf blessés, dont deux meurent les jours suivants. Du côté des manifestants, aucun bilan officiel n’est dressé. Les estimations faites sur le coup varient de 10 morts dans la presse fayettiste et 12 selon Bailly, à un maximum de 400 selon Marat. Les estimations les plus nombreuses sont d’environ 50 morts.

Sous la Terreur, en 1793, ses relations avec le cousin du roi font de lui un suspect mais il revient en grâce après la chute de Robespierre et Bonaparte le nomme général d'infanterie le 16 janvier 1800.


Choderlos de Laclos.
©️ Reproduction en héliogravure d'un pastel original
sur papier attribué à Alexander Kucharsky, XVIIIe s., BMG.


Trouvant en « Bonaparte un Philippe d'Orléans qui réussissait », il fait campagne en Allemagne et en Italie, où il commande l'artillerie et meurt de la malaria en 1803.

Par la diversité de ses talents, Pierre François Choderlos de Laclos n'est pas une exception en son temps. Que l'on songe aussi au chevalier de Saint-Georges, métis aussi bon musicien qu'escrimeur, ou encore à un autre officier d'artillerie, Napoléon Bonaparte lui-même, qui écrivit à Valence Le Souper de Beaucaire...
André Larané
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