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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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mimi1260
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 4 Oct 2018 - 7:57

La Belgique est cerné de toute part : la Mer , le Pays Bas , l'Allemagne et la France .

Merci Opaline pour cet historique de notre voisin dont une partie de la population est francophone .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 5 Oct 2018 - 19:19

5 octobre 1789
Les Parisiennes vont chercher le roi à Versailles



La marche des femmes et de la garde nationale sur Versailles, le 5 octobre.

Le 5 octobre 1789, à Paris, quelques milliers de femmes mécontentes de la cherté de la vie et de la disette se rendent à Versailles auprès du roi Louis XVI. Victime de ses hésitations, le roi va se trouver prisonnier des révolutionnaires et des agitateurs parisiens.

Les Journées d'Octobre
À Versailles, les Monarchiens conduits par Jean Joseph Mounier conseillent au roi de faire venir des troupes à Versailles.
Le 1er octobre, à l'Opéra royal de Versailles, un banquet est offert au régiment des Flandres nouvellement arrivé. L'apprenant, les Parisiens pauvres s'en irritent. Eux-mêmes manquent de pain en raison de l'insécurité qui rend difficile l'acheminement des grains. Le dimanche 4 octobre, une foule nombreuse se réunit dans les jardins du Palais-Royal.


La marche des femmes le 5 octobre 1789.
Sur la droite, on aperçoit une bourgeoise entraînée par l'une des manifestantes.

Le lendemain s'ébranle un cortège de 7.000 ou 8.000 femmes en direction de Versailles. On crie : «À Versailles !» ou encore «Du pain !». Chacun brandit une arme improvisée, fourche ou pique. À la mi-journée, le cortège arrive devant les grilles du palais cependant qu'un autre quitte à son tour la capitale.
L'Assemblée est envahie et une délégation de femmes conduite par Mounier se rend auprès du roi. Celui-ci les écoute et promet de ravitailler Paris. Mais le second cortège arrive sur ces entrefaites et force les grandes grilles des écuries. Les émeutiers s'installent sur la place d'Armes, devant le château, en vue d'y passer la nuit.
La Fayette, informé des événements, arrive en fin de soirée à la tête de vingt mille hommes de la garde nationale. Il rétablit un semblant d'ordre... et va se coucher. Son inaction lui vaut le surnom de «Général Morphée».
Le roi, qui dispose pourtant de troupes sûres, renonce à disperser les émeutiers sur le conseil de son ministre Jacques Necker. Mais le lendemain matin, un garde de la Maison du roi, pris à partie par la foule, tue un garde national. C'est l'émeute. Plusieurs gardes royaux sont tués. Les grilles du château sont forcées et la foule se rue vers les appartements de la reine. Un garde du corps a juste le temps de crier : «Sauvez la reine !» avant d'être sauvagement tué. Marie-Antoinette s'enfuit par une porte dérobée, retrouve ses enfants et rejoint le roi dans ses appartements, échappant de peu au massacre.

Dessus de bouton non monté représentant le départ des femmes avec les canons le 5 octobre.

La Fayette, tout juste réveillé, accourt et persuade le couple royal de se montrer avec lui au balcon de la cour de marbre pour apaiser les émeutiers. À l'apparition de Louis XVI, les femmes crient : «Vive le Roi !» puis : «À Paris !».
La Fayette convainc enfin Louis XVI de ratifier la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen puis de se rendre à Paris. C'est ainsi qu'à 13 heures, la famille royale abandonne définitivement Versailles pour la capitale. Sa voiture est précédée par la foule triomphante des émeutiers qui exposent au bout de piques les têtes des gardes tués le matin même.
Une cinquantaine de voitures de grains et de farines accompagnent cet étrange convoi. On s'exclame : «Nous ne manquerons plus de pain, nous ramenons le boulanger, la boulangère, et le petit mitron». Le roi est accueilli dans sa capitale par un discours emphatique du maire Jean Bailly : «Quel beau jour, sire, que celui où les Parisiens vont posséder Votre Majesté et sa famille !».
En soirée, la famille royale s'installe tant bien que mal dans le palais des Tuileries, à l'abandon depuis trois décennies. Quelques jours plus tard, l'Assemblée constituante quitte à son tour la ville du Roi Soleil et s'installe près des Tuileries, dans la salle du Manège (en bordure de l'actuelle place de la Concorde).


Itinéraires connus et supposés des marches du 5 octobre -
Carte retouchée tirée de l’Atlas de la Révolution Française

Droite et gauche
Dans la salle du Manège des Tuileries, où se tient l'Assemblée constituante à partir d'octobre 1789, les députés prennent l'habitude de choisir leur place en fonction de leurs affinités politiques.
Les députés hostiles à la Révolution ou soucieux de la contenir s'asseoient sur le côté droit de la salle, par rapport au président de l'Assemblée (ce côté est dit le «côté de la reine»). Les autres, plus ou moins favorables à la Révolution, s'asseoient à la gauche du président (le «côté du Palais-Royal»).
De cette répartition des députés par affinités datent les clivages gauche-droite qui rythment aujourd'hui encore la vie politique dans toutes les démocraties.
La monarchie et l'Assemblée constituante se retrouvent prisonniers de Paris et soumis aux accès d'humeur de ses habitants. Il suffira dès lors qu'un groupe d'émeutiers envahisse la Chambre des députés pour qu'un gouvernement soit renversé.

Jean-Joseph Mounier président à l'Assemblée Nationale le 5 et le 6 octobre 1789.
(Alexandre Debelle, XIXe siècle).
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 6 Oct 2018 - 11:55

6 octobre 1927
Projection du premier film parlant




Ce 6 octobre 1927, “Le Chanteur de jazz ”, premier film parlant et chantant, sort en salle aux Etats-Unis.

Pour la premièrefois au cinéma, les spectateurs vont entendre la voix du principal acteur. Le triomphe est immédiat, les chroniqueurs de l’époque rapportent que les gens applaudissaient à chaque mot prononcé et pourtant il n’y en avait pas beaucoup car la bande sonore comprenait tout juste 354 mots !



Ce film raconte l’histoire d’un chanteur de jazz, Jack Robin, joué par Al Jolson, un juif d’origine russe, qui apparaît dans le film grimé en Noir (à l’époque, les acteurs noirs n’existaient pas). Jack doit monter un spectacle à Broadway, mais la représentation tombe le soir de Yom Kippour (le Jour du Grand Pardon, fête juive considérée comme la plus sainte de l’année juive), et son père, très malade, est incapable de chanter à la synagogue. Convaincu par sa mère de renoncer à son spectacle et de chanter à la place de son père à la synagogue, Jack remplit son devoir filial, avant que son père disparaisse dans la joie. Quelques années plus tard, le héros, de nouveau sur les planches, obtient un immense succès sous le regard ému de sa mère. Dans le film, Al Jolson chante en tout cinq chansons et entonne quelques thèmes religieux.



Certains professionnels du cinéma se montrent réticents quant au succès du parlant : ils s’inquiètent de l’impossibilité d’exporter les films à l’international (le doublage est encore inconnu). Jazz Singer va révolutionner l’industrie du cinéma : si le parlant contribuera à l’avènement de nouveaux réalisateurs tels qu’Howard Hawks, Marcel Pagnol ou Sacha Guitry, ce bouleversement signera aussi la fin de la carrière de grandes vedettes, telles que Buster Keaton.



Bref, le public est emballé, mais en Amérique les professionnels de la profession s’inquiètent: pour certaines stars du muet, comme Buster Keaton ou Louise Brooks, l’avènement du parlant signera la fin de leur carrière... Et plus de 80 ans plus tard, par un drôle de retournement de l’histoire, un film muet en noir et blanc, qui raconte cette révolution du parlant, va remporter un succès international. "The Artist" , film français réalisé par Michel Hazanavicius, sort en 2011. Il va rafler plus de 100 récompenses partout dans le monde, dont un oscar pour l'interprète principal Jean Dujardin, premier acteur français à remporter la statuette dorée.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 6 Oct 2018 - 14:16

Belle évocation du 7ème Art et plus particulièrement des films "parlant" . Merci Opaline .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Oct 2018 - 10:45

7 octobre 1887
Scandale des décorations




Fin septembre 1887, Henriette Boissier, retirée depuis peu de la prostitution active en maison close, entre dans un commissariat parisien. Nourrissant un profond ressentiment à l'encontre des deux mères maquerelles (la dame Limouzin et la dame Ratazzi) sous la houlette desquelles elle a travaillé, elle se venge et raconte à la police que, dans les lupanars de ces tenancières, le commerce de charmes couvre en fait bien d'autres trafics.
Convoquées par la police, les deux maquerelles doivent révéler à la brigade des mœurs, sous peine de fermeture de leurs établissements et d'emprisonnement, la nature de ces trafics. Elles reconnaissent ainsi que, dans le secret de leurs boudoirs, des personnalités négocient à prix d'or des honneurs.


Le general Caffarel en tenue d'apparat.

Le 29 septembre, le préfet de police, agissant en vertu de l'article 10 du Code d'instruction criminelle, ouvre une enquête. Celle-ci progresse rapidement et met en cause le général Caffarel accusé de monnayer des décorations militaires et de favoriser des concurrents dans l'attribution de marchés militaires. Convoqué par le préfet de police, Caffarel avoue. Le ministre de la Guerre préfère étouffer l'affaire en plaçant le général à la retraite anticipée, sans poursuites judiciaires.


Jules Grévy, président de la République au centre du scandale.

Le scandale éclate le 7 octobre 1887 lorsque Le XIXe siècle (journal proche du boulangisme), sous la plume de Portalis, son directeur, révèle l'existence d'un trafic de décorations, sous le titre « La Légion d'honneur à l'encan ». Ce scandale, que la presse baptise « l'affaire des décorations », devient une affaire politique lorsque l'enquête révèle que le trafic de décorations est orchestré, depuis l'Élysée, par Daniel Wilson, député d'Indre-et-Loire et gendre du président de la République Jules Grévy.

Wilson a en effet utilisé son influence pour négocier des participations d'hommes d'affaires dans ses entreprises en échange de l'obtention de décorations. Il a revendu depuis un bureau de l'Élysée des milliers de décorations — notamment la Légion d'honneur pour 25 à 100 000 francs de l'époque — pour verser des subventions à des journaux de province6. Parmi ses complices, on compte le général Caffarel, le général comte d'Andlau, sénateur de l'Oise, et les deux maquerelles qui ont fait les révélations à la brigade des mœurs. L'instruction, confiée à un juge réputé intègre, M. Atthalin, met également en cause des intermédiaires et rabatteurs louches des deux sexes, qui se retranchent derrière les deux personnages influents du trafic, le général d'Andlau et Daniel Wilson.


Daniel Wilson, deux de ses filles et son beau-père Jules Grévy (à droite), en 1889.

Conséquences
La rue, les journalistes, la classe politique mais surtout Georges Clemenceau et Jules Ferry utilisent cette affaire pour s'acharner sur le président Jules Grévy et le poussent à la démission le 2 décembre après un vote du Parlement. Sadi Carnot lui succède, obtenant une majorité de suffrages notamment parce qu'en tant que ministre des Finances, il a refusé des recommandations de Wilson. Après avoir vainement tenté de préserver Jules Grévy, le président du Conseil Maurice Rouvier remet sa démission à son successeur.


Sur la caricature ci-dessus, on y voit Daniel Wilson au
centre distribuant de l'argent à Rouvier (Sur sa gauche).
La légende indique "Bon appétit messieurs....Ö ministres intègres"
(Il s'agit de vers tirés de la pièce de théâtre de Victor Hugo Ruy Blas).


Le procès en correctionnelle commence le 18 février 1888, et se termine le 3 mars, par la condamnation pour escroquerie de Madame Limouzin à six mois de prison, de Caffarel à 3 000 francs d'amende et Wilson à deux ans de prison, 3 000 francs d'amende et cinq ans de privation de ses droits civiques. Ce dernier, dont l'immunité parlementaire a été levée, fait appel un mois plus tard et est acquitté, les juges considérant que le délit d'escroquerie n'est pas constitué puisqu'il a utilisé son influence pour faire obtenir de vraies décorations. En novembre 1888, Wilson rejoint les bancs des députés à la Chambre, indifférent aux quolibets et à l'opprobre de ses collègues, et est réélu en 1893 et en 18969.

Le constat de l'absence de loi interdisant ce type de trafic entraîne la création d'une incrimination spécifique permettant de le réprimer : le trafic d'influence.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Oct 2018 - 11:10

Ce n'est pas surprenant , je pense qu'aujourd'hui des pressions sont faites auprès de la chancellerie pour favoriser l'octroie de cette distinction à des fins mercantiles .

Depuis sa création en 1802 , plus d'un million de personnes se sont vue attribuer la médaille : le mérite lié à cette distinction a été dévoyé lorsqu'on sait qu'à l'origine elle était sensé récompenser les militaires comme les civils ayant rendu des " services éminents à la Nation" !

Merci Opaline pour cette narration .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Oct 2018 - 21:23

A notre époque il suffit d'être influent, si on est riche c'est mieux triste
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 9 Oct 2018 - 11:29

9 octobre 1410
Construction de l'horloge astronomique de Prague




L'horloge astronomique de Prague (en tchèque Pražský orloj) est une horloge astronomique médiévale qui se trouve à Prague, capitale de la République tchèque, sur la place de la Vieille-Ville. L'horloge est située sur le mur Sud de l'hôtel de ville. Le monument a un fort attrait touristique : dès que sonnent les heures, des centaines de personnes se pressent à ses pieds pour l'observer s'animer et la photographier.

L'horloge aurait été construite par Nicolas de Kadau le 9 octobre 1410, et remaniée par le maître Hanus de la Rose (Jan Ruze) vers 1490. La légende veut que l’on ait crevé les yeux à l’horloger Hanus, pour l’empêcher de reproduire son chef-d’œuvre ailleurs.


Détail du fond fixe dont la partie bleue représente les heures diurnes.
À droite statue symbolisant la Mort, à gauche l'Avarice dont la représentation
s'inspire du stéréotype médiéval de l'usurier juif.


L'horloge s’anime toutes les heures jusqu'à 21 heures : les Douze Apôtres défilent au-dessus du cadran du haut, servant à lire l’heure (c’est un cadran 24 heures) et la position de la Lune et du Soleil tandis que le cadran du bas affiche le Saint du jour ainsi que les signes astrologiques. Prague dépendait alors de l'université de Louvain et de ce fait une autre horloge lui ressemble beaucoup, mais sans les automates en la cathédrale de Saint-Omer.


Représentation du fonctionnement de l'horloge astronomique.

Animation
Les Apôtres ont été sculptés par Vojtĕch Sucharda après que les précédents eurent brûlé en 1945.

À chaque heure jusqu'à 21 h 00, le squelette brandit un sablier et tire sur une corde. Puis deux fenêtres s'ouvrent et, les douze apôtres défilent lentement, précédés de Saint Pierre d'une fenêtre à l'autre. Pendant ce temps les quatre automates placés à côté du cadran astrolabique s'animent : la Mort, un Turc, la Vanité, l'Avarice tandis que la clochette du Campanile se met à sonner.


La vanité et l'avarice

*La Mort tire sur la corde qu'il serre dans sa main droite pour sonner le glas et brandit puis inverse le sablier qu'il tient dans la main gauche
*le Turc secoue la tête pour montrer qu'il guette toujours,
*l'homme vaniteux se contemple dans un miroir,
*l'avare montre sa bourse.


La Mort et le Turc

Lorsque les fenêtres se referment, un coq ajouté en 1882, tout en haut, sort de sa fenêtre et annonce la mort prochaine.

Dans la partie basse, on trouve quatre autres personnages, dont un ange avec une épée.


Le calendrier de l'horloge de la vieille ville.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 9 Oct 2018 - 12:28

C'est vraiment ingénieux , merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Oct 2018 - 10:39

10 octobre 1903
La première mise en vente de l'aspirine en Allemagne




Son origine remonte à l’Antiquité, quand les Sumériens, ainsi que le grec Hippocrate, découvrirent les vertus antidouleur de l’écorce de saule. Au XIXe siècle, le principe actif est identifié : l’acide acétylsalicylique. Le chimiste allemand Felix Hoffmann, du laboratoire Dreser, parvient à le remplacer par l’acide spirique (extrait de la spirée) et met au point l’aspirine.


Saule blanc (Salix alba).

Il développa de nouvelles méthodes pour la préparation de l’acide acétyslsalicylique qui sera commercialisé sous la forme de poudre sous le nom d’aspirin (« a » pour acétylation, « spi » de la plante spiroea et le préfixe « in »)

Un brevet est déposé à Munich le 6 mars 1899 et l’entreprise Bayer commence à la commercialiser quatre ans plus tard et donnera naissance à un nouveau marché : l'industrie pharmaceutique.

L'aspirine sera mise en vente en Allemagne le 10 octobre 1903.



Le médicament remporte un franc succès. Ses vertus antidouleur et anti-fièvre font fureur et une grosse industrie pharmaceutique se crée en Allemagne autour de cette découverte.

L’aspirine arrivera en France en 1908 et sera commercialisée par la Société chimique des usines du Rhône.
Dans le Traité de Versailles en 1919, suite à la défaite de l’Allemagne,  une clause fait tomber le brevet dans le domaine public exclusivement en France. Cette subtilité diplomatique a permis à la France de l’exploiter à son tour.


Réclame de 1923 (L'Illustration).

L’Acide acétylsalicylique (l’aspirine) est un des médicaments les plus consommés au monde.
Dans les années 1950, l'aspirine semble condamnée par l'arrivée d'un nouvel antalgique, le paracétamol. Mais l'on découvre opportunément qu'elle peut aussi prévenir les accidents vasculaires. Et la voilà repartie pour une deuxième vie...
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Oct 2018 - 12:33

Très belle découverte et bravo à Mr.Hoffmann .

Merci Opaline .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Oct 2018 - 23:22

11 octobre 1963
La France pleure Édith Piaf et Jean Cocteau




Le vendredi 11 octobre 1963, s'éteignaient à quelques heures d'intervalle la chanteuse française Édith Piaf (1915-1963), à peine âgée de 48 ans puis, dans sa 74ème année, le poète et académicien Jean Cocteau (1889-1963).

Par cette étrange journée de « double deuil national » qui allait bouleverser la France entière, s'achevait - à la vie à la mort - une longue amitié tissée depuis plus de vingt ans.
Les décès quasi-simultanés - 7 heures du matin pour la « Môme de Paris » puis treize heures pour le « Funambule de tous les Arts » - n'éclipsent en rien l'aura éternelle d'une étoile filante à la voix exceptionnelle et celle d'un astre stellaire aux trop nombreux talents artistiques.

Une disparition prématurée et attendue
Au printemps de cette année 1963, prématurément vieillie, épuisée et malade, c'est très affaiblie qu'Édith Piaf était partie en convalescence dans le sud de la France. Tombée dans le coma en avril 1963, elle meurt au Plascassier, près de Grasse le jeudi 10 octobre 1963.


Enterrement d'Edith Piaf

Mais comme elle avait formulé le désir de mourir à Paris, son corps est ramené secrètement dans la nuit dans son hôtel particulier du boulevard Lannes où son décès d'une hémorragie interne, à l'orée de ses 48 ans, est constaté officiellement le lendemain par le docteur Bernay de Laval (vendredi 11 octobre 1963).

Les obsèques d'Édith Piaf ont lieu à l'église Saint-Honoré d'Eylau. Et c'est devant une foule immense de plus de 40.000 admirateurs, qu'elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise le 14 octobre 1963, en présence de Marlène Dietrich, témoin à son 1er mariage. Depuis lors, elle repose dans la division n°97, avenue transversale n°3, où sa tombe continue d'être fleurie quotidiennement.


Jean Cocteau

« Quand elle est morte... le Poète pleurait » (note)
Dans sa retraite de la Maison du Bailli à Milly-la-Forêt, Jean Cocteau -ménagé par sa cuisinière qui connaît parfaitement la fragilité de son état de santé-, apprend la mort quelques heures plus tôt de sa grande amie Edith Piaf qu'il avait fait débuter au théâtre dans sa pièce « Le Bel Indifférent » (1940). Au même moment, à Paris, nombre d'artistes et de personnalités s'étonnent que l'écrivain et académicien, si proche de la chanteuse défunte, mette autant de temps à témoigner ses souvenirs et à lui rendre hommage.


Cocteau et Piaf Les enfants terribles

Peu de personnes savent en réalité que, déjà victime de deux crises cardiaques et trop ému, il vient de déclarer à son proche entourage : « C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre. »
Quelques heures après, il s'éteint à son tour sans avoir eu la force d'écrire l'article que le magazine Paris-Match venait de lui commander pour être publié dès le lendemain de cette si pénible journée. Il repose dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples de Milly-la-Forêt, décorée par ses soins (1959).

Trop facile serait de conclure cet hommage croisé en rappelant au lecteur que, dans tous les kiosques de France et des pays francophones, le Parisien Libéré publia le lendemain un gros titre évocateur du départ crépusculaire de la somnambule du grand public et du funambule du Tout-Paris : « La mort d'Édith Piaf a tué Jean Cocteau ».
Accordons plutôt à ce dernier le mot de la fin : « Vivre me déroute plus que mourir ». Mieux encore, laissons à Édith Piaf celui de fredonner l'hymne à l'amour et à son éternel retour :
« Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le bien qu'on m'a fait, ni le mal
Tout ça m'est bien égal
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
C'est payé, balayé, oublié
Je me fous du passé
Balayés pour toujours
Je repars à zéro Car ma vie
Car mes joies
Aujourd'hui
ça commence avec toi... »


(paroles de Michel Vaucaire, musique de Charles Dumont, enregistré le 10 novembre 1960).


Herodote
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 13 Oct 2018 - 10:58

13 octobre 1307
Arrestation des Templiers



Ordre du Temple
Croix héraldique pattée


L'idée de détruire l'ordre du Temple était présente dans l'esprit du roi Philippe IV le Bel, mais ce dernier manquait de preuves et d'aveux afin d'entamer une procédure. Ce fut chose faite grâce à un atout majeur déniché par Guillaume de Nogaret en la personne d'un ancien Templier renégat : Esquieu de Floyran (aussi dénommé « Sequin de Floyran », ou encore « Esquieu de Floyrac »). Selon la thèse officielle, Esquieu de Floyran (bourgeois de Béziers ou prieur de Montfaucon) était emprisonné pour meurtre et partageait sa cellule avec un Templier condamné à mort qui se confessa à lui, lui avouant le reniement du Christ, les pratiques obscènes des rites d'entrée dans l'ordre et la sodomie.


Templier
Illustration anonyme, début du XIXe siècle.


Esquieu de Floyran n’ayant pas réussi à vendre ses rumeurs à Jacques II d'Aragon, y parvint en 1305 auprès du roi de France, Guillaume de Nogaret payant par la suite Esquieu de Floyran afin de diffuser au sein de la population les idées de « reniement du Christ et crachat sur la croix, relations charnelles entre frères, baisers obscènes exercés par les chevaliers du Temples ». Philippe le Bel écrivit au Pape pour lui faire part du contenu de ces aveux.


Philippe le Bel

En même temps, Jacques de Molay, au courant de ces rumeurs, demanda une enquête pontificale au pape. Ce dernier la lui accorda le 24 août 1307. Cependant, Philippe le Bel était pressé. Il n'attendit pas les résultats de l'enquête, prépara l'arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise, le jour de la fête de l’exaltation de la Sainte-Croix. Il dépêcha des messagers le 14 septembre 1307 à tous ses sénéchaux et baillis, leur donnant des directives afin de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des Templiers ainsi qu'à leur arrestation massive en France au cours d'une même journée, le vendredi 13 octobre 1307. Le but d'une action menée en quelques heures était de profiter du fait que les Templiers étaient disséminés sur tout le territoire et ainsi d'éviter que ces derniers, alarmés par l'arrestation de certains de leurs frères, ne se regroupassent et ne devinssent alors difficiles à arrêter.


Jacques de Molay,
grand maître des Templiers


Au matin du 13 octobre 1307, Guillaume de Nogaret et des hommes d'armes pénétrèrent dans l'enceinte du Temple de Paris où résidait le maître de l'ordre Jacques de Molay. À la vue de l'ordonnance royale qui justifiait cette rafle, les Templiers se laissèrent emmener sans aucune résistance. À Paris, on compta 138 prisonniers, en plus du maître de l'ordre.

Un scénario identique se déroula au même moment dans toute la France. La plupart des Templiers présents dans les commanderies furent arrêtés. Ils n'opposèrent aucune résistance. Quelques-uns réussirent à s'échapper avant ou pendant les arrestations. Les prisonniers furent enfermés pour la plupart à Paris, Caen, Rouen et au château de Gisors. Tous leurs biens furent inventoriés et confiés à la garde du Trésor royal.


Possessions de l'ordre des Templiers en Europe vers 1300.

Ceux qui, en 1306, avaient recueilli Philippe IV le Bel pendant les émeutes de Paris se retrouvaient maintenant incarcérés dans l'attente de leur procès.

Le 12 mai 1310, cinquante-quatre templiers qui avaient renié leurs aveux faits sous la torture en 1307 et étaient donc relaps. Tous les interrogatoires furent terminés le 26 mai 1311.

Toutefois, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clamèrent leur innocence. Ils avaient donc menti aux juges de l'Inquisition, furent déclarés relaps et remis au bras séculier (en l'occurrence, la justice royale). Voici la description qu'en fit, dans sa Chronique latine, Guillaume de Nangis, un chroniqueur de l'époque : « Mais alors que les cardinaux pensaient avoir mis un terme à cette affaire, voilà que tout à coup et inopinément deux d'entre eux, le grand maître et le maître de Normandie, se défendirent opiniâtrement contre le cardinal qui avait prononcé le sermon et contre l'archevêque de Sens Philippe de Marigny, revenant sur leur confession et sur tout ce qu'ils avaient avoué. »


Frères templiers sur le bûcher, manuscrit anonyme, 1384.

Le lendemain, Philippe le Bel convoqua son conseil et, faisant fi des cardinaux, condamna les deux templiers au bûcher. Ils furent conduits sur l'île aux Juifs afin d'y être brûlés vifs. Geoffroi (ou Godefroi) de Paris fut un témoin oculaire de cette exécution. Il écrivit dans sa Chronique métrique (1312-1316), les paroles du maître de l'ordre : « […] Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamné à tort : Dieu vengera notre mort. […] » Proclamant jusqu’à la fin son innocence et celle de l'ordre, Jacques de Molay s'en référa donc à la justice divine et c'est devant le tribunal divin qu'il assignait ceux qui sur Terre l'avaient jugé. La malédiction légendaire de Jacques de Molay « Vous serez tous maudits jusqu'à la treizième génération » lancée par des ésotéristes et historiens par la suite inspira Les Rois maudits de Maurice Druon. Les deux condamnés demandèrent à tourner leurs visages vers la cathédrale Notre-Dame pour prier. C'est avec la plus grande dignité qu'ils moururent. Guillaume de Nangis ajouta : « On les vit si résolus à subir le supplice du feu, avec une telle volonté, qu'ils soulevèrent l'admiration chez tous ceux qui assistèrent à leur mort… ».
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 13 Oct 2018 - 11:31

Bonjour Opaline . Ce sujet a été traité ce matin mais ton post comporte quelques nouvelles précisions qui complètent notre connaissance . Merci.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Oct 2018 - 11:29

Pardon, je n'avais pas vu. En fait je cherche un thème pour la date du jour et ensuite il me faut des images pour l'agrémenter. Cela prend du temps...
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Oct 2018 - 11:30

14 octobre 1670
Le Bourgeois gentilhomme



"Le bourgeois gentilhomme,
comédie-balet faite à Chambort,
pour le divertissement du Roy, 1673"


Le 14 octobre 1670, Molière donne la première représentation du Bourgeois gentilhomme au château de Chambord, devant le roi Louis XIV et sa cour.

La pièce résulte d'une commande du roi lui-même qui voulait un « ballet turc ridicule ». Louis XIV avait été affecté par le mépris manifesté par l'ambassadeur du Grand Turc (le sultan ottoman d'Istamboul), Soliman Aga, lors de la réception donnée en son honneur à Versailles en décembre de l'année précédente.


Frontispice de l'édition de 1682.

Insensible à l'attrait du « kawah » (le café) que l'ambassadeur avait fait découvrir à la Cour, le roi attendait de Molière qu'il le vengeât de ses mauvaises manières.

Fin théâtrale

Molière et Lully, le compositeur de la Cour, s'associent donc une nouvelle fois pour réaliser une comédie-ballet en cinq actes.

Le Bourgeois gentilhomme est la plus belle expression du théâtre total comme l'affectionne Molière, associant la comédie, la danse et la musique, dans une inspiration très baroque. Le roi lui-même apprécie le genre et, jusqu'à la trentaine, n'hésite pas à participer à certaines représentations de ballets en dansant en personne (voir le film de Gérard Corbiau, Le roi danse, 2000).

Le Bourgeois gentilhomme est un prétexte à railler la haute bourgeoisie de l'époque, avide de s'anoblir par l'achat de charges (les « savonnettes à vilains »).


Monsieur Jourdain
« Suivez-moi, que j'aille un peu montrer mon habit par la ville. »
(Acte III scène 1)


La pièce met en scène Monsieur Jourdain, un riche parvenu désireux d'acquérir de bonnes manières en vue d'obtenir un titre de noblesse. Il refuse de donner sa fille en mariage au jeune homme qu'elle aime parce que celui-ci n'est pas gentilhomme. Mais il se ravise lorsque le même jeune homme se présente comme le fils du Grand Turc et offre à M. Jourdain de l'élever à la dignité de « mamamouchi » en échange de la main de sa fille. L'affaire se conclut par un ballet oriental, sur une musique de Lully... dont les authentiques janissaires du sultan feront une marche populaire !


Monsieur Jourdain : J'enrage.
Nicole : De grâce, Monsieur, je vous prie de me laisser rire. Hi, hi, hi.
Le Bourgeois gentilhomme
(gravure de Moreau le jeune)


Molière s'inquiète de l'accueil réservé du roi à sa pièce après la représentation de Chambord. C'est seulement au bout de cinq jours que le roi lui confie qu'il a trouvé la comédie excellente. Les Parisiens attendront cinq semaines avant de la découvrir à leur tour le 24 novembre 1670 au théâtre du Palais-Royal.

Avec Le Bourgeois gentilhomme, le comédien est au sommet de sa gloire mais il est également usé par les années de galère et les luttes contre les cabales de la cour.
Herodote

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Oct 2018 - 13:21

Pas grave Opaline . Pour ce qui me concerne , j'apprécie tes "petites histoires" quotidiennes qui agrémentent le forum . Merci à toi . image43
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 17 Oct 2018 - 11:56

17 octobre 1966
Mort de Cléo de Mérode




Cléopâtre-Diane de Merode dite Cléo de Mérode,
une danseuse et icône de beauté française.


Issue d’une branche autrichienne de la maison belge des Mérode, Cléopâtre Diane, dite Cléo, naît à Paris en 1875 de Vincentia de Mérode qui, séduite par un homme de la haute société viennoise, s’est exilée en France. Malgré son statut de fille mère, Vincentia réussit à entrer dans la bonne société parisienne, attendrie et charmée par la beauté virginale de sa fille. Bien plus qu’un moyen de revanche sociale, Cléo est la seule raison de vivre de sa mère ; âgée de sept ans, Cléo entre à l’école de danse de l’Opéra (voir De la classe à la scène, le ballet de l'Opéra de Paris vu par Edgar Degas), où son nom la distingue de la masse des petits rats et lui permet de danser dans les salons mondains ; pendant sa carrière à l’Opéra, elle se fait remarquer plutôt comme modèle des clichés réalisés en marge des représentations que comme interprète sur la scène.


Carte postale illustrée d’une photographie
de Cléo de Mérode en costume de scène (1901),
cliché Reutlinger.


Formée à l'école de danse de l'Opéra de Paris, cette jeune noble crée en 1896 au Casino de Royan Phryné un ballet de Louis Ganne puis nommée grand sujet à l'Opéra de Paris danse dans Coppélia, Sylvia ou la nymphe de Diane de Léo Delibes, Les deux pigeons d'André Messager, l'Étoile d'André Wormser et Le Couronnement de la Muse de Gustave Charpentier. Elle quitte l'institution en 1898 puis entreprend une carrière indépendante internationale et danse jusqu'à la Première Guerre mondiale.


Cléo vers 1903.

Sa beauté délicate, hors des canons de beauté 1900, est restée légendaire, ainsi que les hommages qu'elle reçoit de quelques célèbres soupirants, plus particulièrement le roi Léopold II de Belgique, aventures qu'elle relate dans ses mémoires, Le Ballet de ma vie, publiées en 1955 par les éditions Horay, à Paris.


La Danseuse (1896), sculpture d'Alexandre Falguière
pour lequel Cléo de Mérode a servi de modèle.


Elle pose pour le sculpteur Alexandre Falguière, pour les peintres Degas, Jean-Louis Forain, Boldini, elle est représentée par Henri de Toulouse-Lautrec et a son effigie en cire au musée Grévin dès 1895, façonnée par le chef d'atelier du musée, le sculpteur Léopold Bernstamm.

En 1901, le directeur des Folies Bergère, Édouard Marchand, la recrute pour un ballet pantomime en trois actes dénommé Lorenza. C’est le dernier grand spectacle qu'il organise dans cette salle parisienne.


La Bachellerie - Château de Rastignac
où séjourna Cléo de Mérode


Elle séjourne plusieurs étés de sa vie à Biarritz ou au château de Rastignac à La Bachellerie en Dordogne, chez la famille Lauwick.
Pendant l’Occupation, elle se retire à Saint-Gaultier, dans l’Indre.
Après la guerre, en 1950, Cléo de Mérode gagne un procès contre Simone de Beauvoir qui a fait l'erreur de l'assimiler à une « cocotte » dans le Deuxième Sexe.

Tombe de Cléo de Mérode sculptée par Luis de Périnat au Père-Lachaise.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 17 Oct 2018 - 12:25

Très belle femme et belle égérie . Merci Opaline.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 19 Oct 2018 - 22:41

19 octobre 1741
Naissance de Pierre François Choderlos de Laclos




Pierre François Choderlos de Laclos fut un remarquable officier de cavalerie et un acteur important de l'Ancien Régime et de la Révolution française.

Excellent technicien, il invente l'obus (un boulet creux chargé de poudre), une avancée majeure en artillerie. Choderlos de Laclos serait aussi l'inventeur du système de numérotation des rues de Paris. On lui doit également la construction de Fort Boyard, au large de La Rochelle.


Illustration de la lettre X des Liaisons Dangereuses, 1796

Pourtant, c'est un roman épistolaire (sous forme de lettres) écrit pour tuer l'ennui dans les villes de garnison qui a fait sa gloire à 40 ans : Les liaisons dangereuses. Ce chef-d'oeuvre de la littérature universelle a recueilli un succès immédiat dès sa sortie à 2 000 exemplaires le 23 mars 1782. Il met en scène l'amoralité cynique de la haute aristocratie de l'époque.
Coqueluche des salons, Choderlos de Laclos devient en 1788 secrétaire des commandements de Philippe d'Orléans, exerçant sur le duc une influence notable.


Publication de la loi martiale au Champ de Mars, le 17 juillet 1791. Estampe dessinée par Jean-Louis Prieur
et gravée par Pierre-Gabriel Berthault,
Paris, BnF, département des estampes et de la photographie.


Le 17 juillet 1791 les Jacobins ont voté une proposition de Laclos pour rédiger, sur le Champ-de-Mars, une pétition qui serait envoyée dans les départements pour s’opposer au rétablissement de Louis XVI dans ses droits constitutionnels. Cinq commissaires sont nommés pour la rédaction : Lanthenas, Sergent, Danton, Ducancel et Brissot. Robespierre s’oppose à la pétition, bien qu’il la reconnaisse comme légitime, craignant qu’elle soit le prétexte d’une nouvelle répression. Tournon fait lui aussi part de son opposition.


Malheureuse journée du 17 juillet 1791 : des hommes, des femmes, des enfants ont été massacrés sur
l'autel de la patrie au Champ de la Fédération, estampe anonyme, Bureau des Révolutions de Paris, 1791,
Paris, BnF, département des estampes et de la photographie.


Mais alors même que la signature de la pétition se déroule pacifiquement, l’Assemblée constituante invite la municipalité de Paris à rétablir l’ordre par tous les moyens. La garde nationale compte neuf blessés, dont deux meurent les jours suivants. Du côté des manifestants, aucun bilan officiel n’est dressé. Les estimations faites sur le coup varient de 10 morts dans la presse fayettiste et 12 selon Bailly, à un maximum de 400 selon Marat. Les estimations les plus nombreuses sont d’environ 50 morts.

Sous la Terreur, en 1793, ses relations avec le cousin du roi font de lui un suspect mais il revient en grâce après la chute de Robespierre et Bonaparte le nomme général d'infanterie le 16 janvier 1800.


Choderlos de Laclos.
©️ Reproduction en héliogravure d'un pastel original
sur papier attribué à Alexander Kucharsky, XVIIIe s., BMG.


Trouvant en « Bonaparte un Philippe d'Orléans qui réussissait », il fait campagne en Allemagne et en Italie, où il commande l'artillerie et meurt de la malaria en 1803.

Par la diversité de ses talents, Pierre François Choderlos de Laclos n'est pas une exception en son temps. Que l'on songe aussi au chevalier de Saint-Georges, métis aussi bon musicien qu'escrimeur, ou encore à un autre officier d'artillerie, Napoléon Bonaparte lui-même, qui écrivit à Valence Le Souper de Beaucaire...
André Larané
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 24 Oct 2018 - 10:29

24 octobre 79
Destruction de Pompéi.



Le Dernier Jour de Pompéi de Karl Brioullov (1830-1833).
Huile sur toile (456,5 cm x 651 cm), musée Russe (Saint-Pétersbourg).


La destruction de Pompéi résulte de l'ensevelissement de la ville romaine sous les cendres libérées par l'éruption du Vésuve en 79.
Lors de cette éruption volcanique de type plinien, les villes voisines d'Herculanum, Oplontis et Stabies furent également ensevelies.
Cette catastrophe fit probablement plusieurs milliers de victimes.


Région concernée par la chute de pierres ponces.

Les seuls témoignages directs qui nous soient parvenus sont deux des Lettres écrites par Pline le Jeune en réponse à une demande de son ami Tacite. Elles relatent sa propre expérience de l'éruption et les circonstances de la mort de son oncle Pline l'Ancien, parti observer le phénomène de plus près. Ni l'une ni l'autre ne concernent directement le sort de la ville de Pompéi. Ces observations générales ont été complétées par l'analyse stratigraphique des dépôts volcaniques dans la cité, les fouilles archéologiques et l'étude d'éruptions modernes comparables, comme celles du mont Saint Helens (1980) ou du Pinatubo (1991).


József Molnár (1876), un des nombreux tableaux inspirés par la catastrophe au XIXe siècle.

La violente éruption du Vésuve provoque l'enfouissement de la riche cité romaine de Pompéi sous une pluie de cendres volcaniques. Le même jour, le port voisin d'Herculanum, à l'habitat plus populaire, est écrasé, lui, sous une coulée de roches et de laves.
Pompéi disparaît sous 6 mètres de lapilli (fines particules de roches volcaniques) et Herculanum sous 16 mètres de boues. Sorties de l'oubli 1700 ans plus tard, ces deux cités nous ont permis, grâce à leur malheur soudain, de connaître la civilisation romaine à son apogée avec autant de précision que si elle s'était éteinte hier.


À Pompéi, des chercheurs ont trouvé un homme écrasé par un rocher
dans sa fuite loin du volcan en éruption


Un volcan que l'on croyait éteint
Vénus et Mars, peinture murale dans la maison de l''amour (Pompéi), photo : André Larané, Herodote.netLa précédente éruption du Vésuve remontait à 3 500 ans avant JC et n'avait laissé aucun souvenir dans la mémoire des hommes.
Aussi les Romains ne savaient-ils même pas que la montagne fertile dominant la baie de Naples était un volcan !
Pourtant, une alerte avait eu lieu le 5 février de l'an 62, sous le règne de l'empereur Néron.
Elle s'était traduite par un violent tremblement de terre qui avait détruit une première fois Pompéi.


Pompéi, Maison de la Famille Vettii , 70 après J.-C. /

Sans attendre, les riches propriétaires avaient reconstruit les superbes demeures décorées de fresques, de statues, de mosaïques et de fontaines, où ils venaient se reposer des turbulences de la vie romaine.
La reconstruction était à peine terminée que le volcan se réveillait pour de bon en l'an 79, sous le règne de Titus, celui-là même qui écrasa avec son père une révolte juive.


Le Vésuve en éruption

Une surprise de taille
En une heure, le volcan propulse dans l'atmosphère un énorme nuage de cendres brûlantes en forme de pin parasol. À plusieurs kilomètres de hauteur, ces cendres d'un total de plusieurs millions de tonnes se refroidissent et retombent sous forme de poussières et de pierres ponce sur Pompéi. On parle de nuées ardentes.



Sur les 10 000 à 15 000 habitants que devait compter Pompéi, on en a retrouvé à ce jour 2 000 qui ont succombé par asphyxie. Habitués aux tremblements de terre mais ignorant tout du volcanisme, ils avaient négligé de fuir quand il en était encore temps.

Quelques heures plus tard, une coulée composée de roches en fusion et de cendres, dite pyroclastique, dévale la pente du Vésuve et carbonise instantanément Herculanum et ses habitants. On retrouvera deux mille ans plus tard des débris de squelettes. Au total, en près de 24 heures, le Vésuve entraîne la mort de plusieurs milliers de personnes dans les villes et les campagnes du golfe de Naples.


Angelica Kauffmann, Pline le Jeune et sa mère à Misène (1785).

À Misène, à la pointe nord du golfe de Naples, un jeune homme de 17 ans, Pline le Jeune, assiste à l'éruption et en rédigera trente ans plus tard le compte-rendu détaillé dans deux lettres à l'historien Tacite. Les vulcanologues donneront bien plus tard le qualificatif de plinéen à une éruption volcanique comme celle qu'il a décrite.

L'oncle du jeune homme, Pline l'Ancien, est un savant connu pour une gigantesque Histoire naturelle en 37 volumes (on lui doit aussi cette critique des excès gastronomiques de ses concitoyens : « Un cuisinier coûte plus cher qu'un triomphe »). Au moment de la catastrophe, il commande la flotte romaine qui mouille à Misène. Mû par la curiosité scientifique et par un sentiment d'humanité, il meurt asphyxié sur la plage de Stabies après avoir tenté avec ses navires d'apporter de l'aide à des habitants.


Les amants de Pompéi unis à jamais par l'explosion du Vésuve

Victimes
Dès le début des fouilles au XVIIIe siècle, la découverte de squelettes de victimes provoque une curiosité et une fascination qui ne se démentiront pas. Cet intérêt n'ira pourtant que rarement de pair avec une démarche scientifique pouvant nous en apprendre plus sur le déroulement de l'éruption. Ce n'est qu'en 1863 que le responsable des fouilles, Giuseppe Fiorelli, a l'idée de couler du plâtre dans le creux laissé dans la gangue de lapilli et de cendres par la décomposition des corps, de sorte qu'une fois dégagé des matériaux volcaniques, le moulage permet d'appréhender la position dans laquelle la mort a saisi la victime, par exemple les derniers efforts qu'elle a faits pour éviter l'asphyxie en se couvrant le visage d'un tissu. En 1985, Amedeo Cichitti tente d'améliorer la méthode en réalisant des moulages transparents en résine, qui permettraient ainsi de voir, au-delà de la forme externe, les squelettes ou encore d'autres objets que la victime portait sur elle. Les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances et l'expérience n'a pas été renouvelée.


Fidèle jusqu'à la mort d'Edward Poynter (1865).
Huile sur toile (115 cm x 75 cm),
Walker Art Gallery (Liverpool).


Bon nombre de corps ainsi que le contexte archéologique de leur découverte ont donné lieu à des spéculations quant aux circonstances de leur mort. Certaines découvertes, par leur très forte charge émotionnelle, ont donné naissance à des légendes et ont inspiré des artistes. C'est le cas d'un corps découvert — sans doute en 1763 — dans un édicule près de la porte d'Herculanum. Une légende voudrait qu'il s'agisse d'une sentinelle fidèle à son poste et qui aurait succombé là. Elle inspira au peintre britannique Sir Edward Poynter une toile célèbre en son temps : Faithful unto Death "Fidèle jusqu'à la mort" (1865). L'écrivain américain Mark Twain en tira un récit poignant, mais bien loin de la vérité : l'édicule où fut découvert le corps n'est pas un poste de garde, mais le tombeau de Marcus Cerrinius Restitutus


Chien de la maison de Vesonius Primus

Furent également retrouvées des dépouilles d'animaux, dont des chevaux et des chiens. Le moulage d'un chien, réalisé en 1874, est devenu célèbre. L'animal fut retrouvé dans la maison de Vesonius Primus. Enchaîné à un piquet, le chien escalada la couche de pierres ponces au fur et à mesure que celles-ci envahissaient le bâtiment, pour finir par succomber à la nuée ardente qui suivit.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 25 Oct 2018 - 19:02

25 octobre 1836
Érection de l'obélisque de la Concorde



Place de la concorde
Obélisque vu en direction de l'église de la Madeleine.


Le mardi 25 octobre 1836, vers quinze heures, sous les applaudissements de 200.000 spectateurs, l’Obélisque du Louxor atteint la verticale et trône au milieu de la place de la Concorde.

Il a fallu quatre heures, trois cents personnes et l’aide d’une petite machine à vapeur pour dresser les 230 tonnes de granit !

L’aventure remonte à 1830, lorsque le Pacha Muhammad Ali offre à Louis-Philippe un des deux obélisques du temple de Thèbes, vieux de trois milles ans et dédié à Ramsès II.

C’est le deuxième cadeau diplomatique de l’Égypte à la France. Le 9 juillet 1827, Paris avait déjà accueilli un girafon répondant au doux nom de Zarafa, premier animal de son espèce à fouler le sol français.


Abattage de l'obélisque de Louxor. Maquette au 1/66. © A. Fux Musée national de la Marine

Il fallut près de sept ans pour le démonter et le transporter sur un parcours de 12.000 kilomètres en bateau, de Louqsor au quai de la Concorde, au centre de Paris (en descendant le Nil, traversant la Méditerranée, passant le détroit de Gibraltar pour rejoindre l'océan Atlantique jusqu'au Havre puis remontant la Seine).

Faute de bois et d'ateliers en Égypte, des machines à poulies furent construites en France, sur les plans de l'ingénieur de marine Apollinaire Lebas, puis remontées sur place. Elles permettent de coucher l'obélisque puis de le faire glisser sur quatre cents mètres jusqu'au Nil.


L'entrée du temple de Louxor ; au 1er plan, le vide créé par l'obélisque manquant

Le navire de transport, le « Luxor » a également été construit en France, à Toulon. Il a un fond plat, un faible tirant d'eau et cinq quilles pour supporter la haute mer, ainsi que trois mâts démontables pour pouvoir passer sous les ponts de la Seine. Sa poupe détachable permet de charger le monolithe par l'arrière.

La presse a suivi les travaux et le voyage. Il fallut décider de l'endroit où l'ériger…

La polémique fait rage : certains penchent pour la place de la Bastille, d'autres pour le Louvre, d'autres encore pour le pont Neuf, au milieu de la Seine... Finalement, le nouveau roi Louis-Philippe 1er, dans un souci d'apaisement, tranche en faveur de la place de la Concorde.


Érection de l'obélisque de Louxor sur la place de la Concorde,
le 25 octobre 1836, par François Dubois (1790-1871).


Le second obélisque…
Reprenant une tradition bimillénaire inaugurée à Rome par l'empereur Auguste, ou plutôt Mécène, qui eut le premier l'idée d'utiliser les obélisques égyptiens comme décor urbain, le wali propose à la France et à l'Angleterre de leur faire cadeau des deux obélisques d'Alexandrie en remerciement de leur contribution à la modernisation du pays. Mais en connaisseur avisé, l'égyptologue Champollion lui suggère d'offrir plutôt à la France les deux obélisques de Louqsor… ce dernier accepte cette requête.


Installé à l’entrée du temple de Louxor, avec un deuxième obélisque identique,
il avait été édifié par le pharaon Ramsès II au 13e siècle avant JC.


Les deux obélisques furent édifiés à l’entrée du temple de Louqsor (ou Louxor) au XIIIe siècle av. J.-C. par Ramsès II. Ces monuments, qui figurent un rayon de « soleil pétrifié », sont le point de contact entre le monde des dieux et celui des hommes.

L’obélisque occidental fut choisi pour être le premier transporté à Paris.
Les difficultés de transfert du premier obélisque dissuadèrent les Français d'aller chercher aussi le second.
Quant aux Anglais, ils ont aussi renoncé à l'obélisque de Karnak, encore plus grand, qui leur avait été offert.

Anciennement Place Louis XV, c’est là entre autres qu’ont été guillotinés Marie-Antoinette et Louis XVI. L’obélisque, de forme neutre, n’avait donc aucune connotation politique mise à part celle de rapprocher symboliquement la France et l’Egypte.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 26 Oct 2018 - 9:30

26 octobre 1795
Installation du Directoire en France.
Incroyables et Merveilleuses



Incroyable et Merveilleuse.

Les Incroyables et Merveilleuses sont un courant de mode de la France du Directoire caractérisé par sa dissipation et ses extravagances, en réaction à la sombre tristesse qu'avait répandue la Terreur.
Après la fin de la Terreur en 1794, les rues se remplissent d'« incroyables » et de « merveilleuses », de jeunes Français royalistes qui s'adonnent aux plaisirs, adoptent un style vestimentaire outrancier et s'amusent à rosser les Jacobins.


Les Merveilleuses, estampe de Carle Vernet, 1797 - source : Gallica-BnF

La mort de Robespierre, le 27 juillet 1794, marque la fin de la Terreur. Mais aussi le début d'une période qu'on appellera « réaction thermidorienne », au cours de laquelle toute une partie de la jeunesse royaliste va se déchaîner, en réponse aux années sanglantes qui ont précédé.
Dès le lendemain de l'exécution de Robespierre, les rescapés de la Terreur s'en donnent à cœur joie. Des carrosses circulent à nouveau dans Paris. Le luxe, le plaisir, la frivolité réapparaissent. On organise partout des fêtes, des bals réservés aux familles des victimes de la Terreur, où l'on danse en habit de deuil. Les jeux d'argent reviennent à la mode, les restaurants se multiplient.


"Les Physionomies du jour", estampe de Thomas-Charles Naudet, 1798 - source : Gallica-BnF

Les garçons habités par cette soudaine « fureur de vivre » vont se faire appeler « incroyables » et les femmes « merveilleuses », deux expressions qu'ils emploient à tout bout de champ, en roulant le « r » à l'anglaise, ou en le faisant carrément disparaître (ils prononcent « inc'oyables » et « me'veilleuses »).
Premier signe de changement : l'accoutrement. Alors que la Terreur proscrivait l'extravagance vestimentaire, la jeunesse dorée du Directoire va aller plus loin dans l'excentricité que quiconque auparavant.


La belle Merveilleuse aux Champs-Elysées,
dessin de Claude-Louis Desrais, 1798
- source : Gallica-BnF


Les Merveilleuses se parent d'habits évoquant l'antiquité grecque et romaine, le plus dénudé possible, se vêtant de tuniques « à la Minerve » ou de robes « à la Diane », parfois translucides ou portées humides pour mieux mouler leurs formes – ce qui entraîne sans surprise la réprobation du public. Parmi les plus célèbres de ces jeunes prêtresses, Joséphine de Beauharnais, future épouse de Napoléon.


Un Incroyable, dessin de Claude-Louis Desrais, 1798
- source Gallica BnF


Les Incroyables (aussi appelés « muscadins ») adoptent quant à eux une mode insensée : portant de longues tresses de cheveux qui leur tombent sur les tempes ou sur les épaules, ils se promènent avec d'énormes lunettes ou des binocles sur le nez comme s'ils étaient myopes, arborent de grands anneaux aux oreilles et un chapeau à larges bords, et se vêtent d'un habit court qui les fait paraître bossus et disgraciés.


« Ah ! S’il voyait ! » Gravure satirique anonyme de 1797 montrant un « aveugle »
déchirant « par mégarde » la robe transparente d’une Merveilleuse qui expose ainsi ses fesses au public.


Les caricaturistes et une partie de la presse vont les tourner en ridicule. Ainsi La Clef du cabinet des souverains, qui imagine en 1798 un dialogue entre un Parisien et un provincial s'enquérant de cette nouvelle mode :

– Mais , mon ami, demandait à un parisien un bon provincial , qu’est-ce donc que vos incroyables dont on parle tant ?
– Il n’est pas facile de définir cette bizarre espèce d’individus.
– Sont-ils royalistes ?
– Quelle idée ! Pour être royalistes, pour combattre des républicains, il faut encore quelque caractère, ces gens-là n’en ont point.
– Sont-ils républicains ?
– Pas davantage ; ils ne connaissaient de chose publique que les Vénus ambulantes ; et d’égalité, que celle qui réunit autour d’un tapis vert la pimpante merveilleuse et l’insolent laquais.
– Que diable sont-ils donc pour être si incroyables ?
– D’abord ils composent leur mérite d’éléments si particuliers, que plus ils en ajoutent, et plus le total devient futile et se rapproche du rien.
– Ah ! voilà en effet de l'incroyable.
– Ensuite, vous savez que jadis les lourds enfants de la fortune étaient un peu sots, mais bonnes gens, et que les fringants petits-maîtres étaient passablement fats, mais quelquefois aimables. Hé bien ! nos incroyables ont su, laissant tout le reste, extraire de ces deux caractères la sottise et la fatuité, dont ils ont fait, à leur profit une composition vraiment incroyable.



Les incroyables, estampe de Carle Vernet, 1796 - source : Gallica-BnF

La presse jacobine va s'empresser de les prendre pour cible. Il faut dire que la grande mode chez les Incroyables est de s'attaquer physiquement aux Jacobins et aux Sans-culotte (les « culs crottés ») qui ont le malheur de les croiser. Ils portent à cet effet un bâton en forme d'assommoir qu'ils appellent « le pouvoir exécutif ».


Incroyable et Merveilleuse - peinture sous verre, musée Borély, Marseille.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 26 Oct 2018 - 10:56

Eh oui , après la REVOLUTION qui a brimé le peuple , l'exagération est de mise . En fait elle aura servi la haute bourgeoisie qui , bien entendu , se réjouit de la fin de la TERREUR .

Veillons à ce que ce cruel épisode ne se renouvelle avec les extrémistes de tout bord qui pointent le bout de leur nez !

Merci Opaline de nous avoir relaté cette tranche de notre Histoire .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 26 Oct 2018 - 18:41

On fait croire aux gens que c'est le peuple qui a fait la révolution, mais non, c'est la bourgeoisie.

- Robespierre était avocat et a fait d'excellentes études dans des collèges réputés
- Danton était avocat également, son père était procureur
- Mirabeau, s'appelait Honoré Gabriel Riqueti comte de Mirabeau, était un membre de la noblesse. Il avait fait du droit également et avait participé à la rédaction du Code civil
- Emmanuel-Joseph Sieyès ou l'abbé Sieyès était vicaire général de Chartres et conseiller commissaire à la chambre supérieure du clergé. J'imagine que pour de tels postes il faut un minimum d'instruction
- Antoine-Pierre-Joseph-Marie Barnave avocat et fils d'avocat
- Camille Desmoulins encore un avocat et journaliste de surcroît.

Et j'en oublie certainement
Mais même à notre époque tous ces gens ne feraient pas partie du petit peuple
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 27 Oct 2018 - 12:03

27 octobre 1662
Louis XIV rachète Dunkerque à l'Angleterre,
la ville devient définitivement française.



Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun et Charles II par John Michael Wright.

En 1662, Charles II (roi d'Angleterre) est à court d'argent. Edward Hyde de Clarendon, chancellier d'Angleterre, lui conseille de vendre Dunkerque qui coûte au royaume plus d'un million de livres par an.


Godefroi d'Estrades

Godefroi d'Estrades ancien ambassadeur en Allemagne, Hollande et Angleterre est chargé des négociations pour la France. Edward Hyde de Clarendon, chancellier d'Angleterre, lui suggère qu'il pourrait céder la ville pour douze millions de livres. D'Estrades qui a été gouverneur de Dunkerque et connaît bien la ville lui répond qu'il ne dépasserait pas deux millions. Il faut cependant faire vite, car en Angleterre, l'idée de céder Dunkerque à la France est loin de faire l'unanimité. Le Conseil privé envisage plutôt de mettre le sort de la ville entre les mains du Parlement ou de la vendre à l'Espagne ou à la Hollande. Clarendon propose alors sept millions de livres.


Edward Hyde, 1st Earl of Clarendon (1609–1674)

Le 27 août, par l'intermédiaire de d'Estrades, Louis XIV fait connaître son dernier mot: Ce sera quatre millions dont deux au comptant, puis deux millions sur les deux années suivantes. Le 1er septembre, n'ayant pas reçu de réponse d'Estrades annonce qu'il quitte les négociations. Un accord est finalement trouvé pour cinq millions de livres, à la conditions de céder également Mardyck et les fortifications entre Bergues et Dunkerque.


Vue de Dunkerque côté mer vers 1700-1710
avec les fortifications construites par Vauban au travers du banc de sable.


Le 27 octobre, à Londres, la vente est enfin conclue. « La ville de Dunkerque avec ses vieilles et ses nouvelles fortifications, avec les matériaux et munitions qui s'y trouvaient ainsi que Mardyck et les forts entre Dunkerque et Bergues » sont remis à la France. La nouvelle est ressentie comme une trahison. Le parlement qui craint que le fameux repaire des corsaires dunkerquois ne ruine le commerce, tente en vain d'interdire aux troupes d'embarquer, mais le courrier arrive trop tard. Le 28 novembre les dernières troupes anglaises quittent Dunkerque. Les troupes françaises entrent le lendemain.

Le 2 décembre, Louis XIV en personne, vient prendre possession de la ville. Il est reçu par Godefroi d'Estrades, nouveau gouverneur de Dunkerque.

Sébastien Le Prestre de Vauban entreprend aussitôt de fortifier la ville et développe son port qui devient le plus grand port de guerre du royaume. Dès 1670, Louis XIV encourage la reprise de la course à Dunkerque.

Devenu impopulaire suite à la vente de Dunkerque, Clarendon tombe rapidement en disgrâce. Il est dépouillé de toutes ses biens et banni par le parlement. Il se retire en France et meurt à Rouen, le 9 décembre 1674.


Les fortifications de Dunkerque subsistent jusqu'au début du XXe siècle.
Ici la porte de Rosendaël, franchie par le tramway de Dunkerque peu avant la Première Guerre mondiale
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