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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Laurelyne
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 9 Fév 2019 - 11:28

Opaline tu m'as appris quelque chose. Je ne connaissais pas le nom Mascareignes.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 11 Fév 2019 - 8:31

11 février 1950
Instauration du SMIG



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C’est le jour de l’entrée en vigueur du SMIG, c’est-à-dire le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti. Il s’agit donc, comme son nom l’indique, du salaire plancher pour employer quelqu’un.

Pourquoi est-il créé à ce moment-là ?
Afin de tenter d’accélérer la reprise et de ne pas sombrer dans la  misère totale. Nous sommes juste au lendemain de la Seconde Guerre  mondiale, la France est à genoux, en ruines... On n’arrête plus  l’inflation, il devient notamment difficile de se loger. Les tickets de  rationnement viennent seulement d’être supprimés. Or la Constitution de  1946 garantit « la protection de la santé, la sécurité matérielle, le  repos et les loisirs ». Dans les faits, on en en est loin ! Le SMIG est  une manière de pousser un peu à la hausse le pouvoir d’achat. Il a été  déterminé en fonction d’un budget type - les dépenses d’un ménage moyen.  De quoi vivre : se loger et manger à sa faim, avec un léger reliquat...

A combien s’élevait-il en 1950 ?
A 78 centimes de l’heure à Paris, un peu moins en province. Ce salaire  minimum va augmenter petit à petit. Il est d’abord indexé sur  l’inflation, puis sur la hausse du salaire moyen, en 1970.

Et depuis quand dit-on SMIC et non plus SMIG ?
Depuis cette même année 1970. Le SMIG devient le SMIC, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance  — joli nom technocratique. Il s’agit cette fois d’aider le salaire  minimum à rattraper le salaire moyen en l’augmentant chaque année.  Aujourd’hui, il est de 9,67 euros de l’heure. Mais ça, c’est une autre  histoire...

Le SMIG est toujours en vigueur au Maroc.

Franck Ferrand
Europe 1



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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 11 Fév 2019 - 11:00

Merci Opaline de nous rappeler tout ça. Moi j'ai du mal avec les sigles surtout qu'ils sont de plus en plus nombreux. On dirait que les gens ont la flemme d'écrire les mots.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Fév 2019 - 8:43

15 février 1571
Décès de Benvenuto Cellini



Anonyme, Portrait de Benvenuto Cellini,
Vienne, Bibliothèque nationale autrichienne.


Benvenuto Cellini est né à Florence. Son père, Giovanni Cellini, fils d'un maçon, est musicien et facteur d'instruments. Il épouse Maria Lisabetta Granacci, dont il a plusieurs enfants, Benvenuto étant le second, ainsi nommé parce que son père s'attendait à avoir une fille.

En 1515, Benvenuto est admis comme apprenti dans l'atelier d'orfèvrerie de Michelangelo Brandini (it) (père du sculpteur Baccio Bandinelli qui deviendra le rival de Cellini), puis dans celui de Marconi. Après quelques années, le Conseil des Huit de Florence décide de l'exiler pour son implication dans différentes altercations. Il vagabonde à Bologne, Pise, Rome et étudie chez différents orfèvres, avant de se retrouver à Rome en 1522.


Médaille frappée à l'effigie du roi François Ier, Berlin, musée de Bode.

En 1540, Cellini se rend en compagnie du cardinal Hippolyte II d'Este de Ferrare à la cour du roi François Ier de France qui souhaite le prendre à son service. Le roi lui commande une série de douze porte-flambeaux, grandeur nature, destinés à éclairer sa table. Soucieux de bien faire et de prouver sa valeur, Cellini se disperse dans plusieurs réalisations. Seul le porte-flambeau en argent à l’effigie de Jupiter, aujourd’hui perdu, verra le jour. Il se considère comme un artiste incompris, son caractère colérique et orgueilleux lui valant d'être surnommé « maledetto fiorentino » (maudit florentin).

Il réalise un buste de Jules César, ainsi que la célèbre Nymphe de Fontainebleau, aujourd'hui à Paris au musée du Louvre. Ce relief de quatre mètres de large était destiné au tympan de la Porte dorée du château de Fontainebleau et devait s'inscrire dans un ambitieux projet de recomposition de la principale entrée de la résidence royale.


Salière de Cellini
Musée d'Histoire de l'art de Vienne


Il signe également son chef-d’œuvre d’orfèvrerie, la salière représentant Cybèle, déesse de la terre et Neptune, dieu de la mer. Entre les deux, un récipient en forme de barque est prévu pour le sel, rencontre de la Mer et de la Terre. Des boules d’ivoire encastrées sous le socle permettent de déplacer la salière sur la table, au gré des convives. La salière, qui mesure trente-cinq centimètres de large par vingt-cinq de haut, constitue l’unique objet d’orfèvrerie de Cellini qui n’a pas été perdu.

L'œuvre d'art a été volée dans la nuit du 10 au 11 mai 2003, avant d'être retrouvée en bon état dans une caisse en plomb enfouie dans un bois, près de Zwettl, à 90 kilomètres au nord de Vienne, en janvier 2006 ; le voleur s'est rendu après la diffusion par la police d'images prises par des caméras de sécurité, qui avaient permis de l'identifier3.


Persée tenant la tête de Méduse,
Florence, Loggia dei Lanzi.


En 1545, il se résout à retourner à Florence où Cosme Ier de Toscane le prend à son service. Il lui commande une statue à ajouter aux chefs-d’œuvre, dont le David de Michel-Ange, qui ornent déjà la Piazza della Signoria.
Le sujet choisi est Persée, personnage mythologique de la Grèce antique. Après neuf ans d'efforts, d'obstacles et de tensions de toutes sortes, l'œuvre est enfin dévoilée au public le 27 avril 1554. Le Persée vaudra à Cellini l'admiration unanime.


Crucifix, San Lorenzo de El Escorial,
Monastère de l'Escurial.


Il sculpte en 1556-1557 sa dernière œuvre majeure, un Crucifix de marbre qu'il destine à l'origine à son propre tombeau. Le crucifix est composé de deux blocs, un en marbre noir de Carrare, l'autre en marbre blanc à grain très fin. Le bloc noir servit à tailler la croix ; le blanc, le Christ, grandeur nature. Le Christ est représenté presque entièrement nu, dans une position douloureuse et très expressive, et dans la veine maniériste de l’époque. Le duc Cosme Ier, impressionné par le résultat, l’acheta à Cellini. Le duc François Ier de Médicis le fera ensuite installer en 1565 au Palais Pitti, avant de l'offrir au roi Philippe II d'Espagne. Il est aujourd'hui exposé à l'Escurial.

Benvenuto Cellini meurt le 13 février 1571 et il est enterré à Florence dans l'église de Santissima Annunziata.


Nymphe de Fontainebleau, Paris, musée du Louvre.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 16 Fév 2019 - 19:55

En ce moment je suis en train de lire plusieurs livres sur cette époque de grands peintres, sculpteurs, etc... je me "délecte".
Je trouve magnifique la salière et très ingénieux les boules sous le socle qui permettaient de la faire circuler sur la table.
Le plus ingénieux reste, pour moi, Léonard de Vinci.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 20 Fév 2019 - 9:29

20 février 1662
Molière épouse Armande Béjart



Portrait de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière (1622-1673)

Le lundi 20 février 1662 est un jour qui devait donner dans le futur un héritier aux affaires théâtrales de Jean-Baptiste Poquelin de Molière.
Ce jour là Molière épouse Armande Gresinde Claire Elisabeth Béjart.

Elle a 20 ans de moins que lui et ils auront trois enfants. Leurs deux fils, Louis et Pierre, n’atteindront pas leur premier anniversaire.


Armande Béjart

Il leur restera une fille, Esprit-Madeleine.

Molière avait choisi comme parrain pour son fils aîné Le Roi Louis XIV.
Les relations entre Molière et le roi eurent des répercussions sur son mariage : la rumeur raconta qu’Armande Béjart était en fait la fille de Molière.

Ce dernier avait était très épris de Madeleine Béjart, la mère d’Armande.



Il est dit que ce ne fut pas un heureux mariage, et que Molière s’en inspira pour écrire « L’école des femmes », pièce dans laquelle il dit : « L'amour rend agile à tout l'âme la plus pesante ».

Molière et Armande se séparèrent en 1666 et se réconcilièrent à la mort de Madeleine Béjart six ans plus tard.

Le contrat de mariage de Molière et d’Armande Béjart est conservé parmi les documents historiques du minutier central aux Archives de France.

Acte extrait des registres paroissiaux de Saint-Germain l’Auxerrois (21 février 1662)

« Du lundy vingtiesme Jean-Baptiste POQUELIN, fils de Jean POQUELIN et de feue Marie CRESÉ, d’une part, et Armande Grésinde BEJARD, fille de feu Joseph BEIARD et de Marie HERVÉ d’autre part, tous deux de cette paroisse, vis-à-vis le Palais Royal, fiancés et mariés tout ensemble, par permission de Mr de COMTES, doyen de Nostre-Dame et grand vicaire de Mgr le cardinal de RETZ, archevesque de Paris. En présence dud. Jean POQUELIN, père du marié, et de André BOUDET, beau-frère du marié, et de ladite Marie HERVÉ, mère de la mariée et Louis- BEIARD et Magdeleine BEJARD, frère et sœur de la mariée, et d’autres, avec dispense de deux bancs…
Signé : J-B. POQUELIN, Armande-Grésinde BEJART, J. POQUELIN, A. BOUDET, Marie HERVÉ, Louys BEJART, BEIART »
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 20 Fév 2019 - 10:55

merci Opaline , c'est un moment historique .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 3 Mar 2019 - 9:51

3 mars 1802
Instauration des visites
sanitaires pour les filles de joie



Les filles passent la visite sanitaire deux fois par mois.

Au milieu du XVIIIe siècle, les lieutenants de police se préoccupaient de la démoralisation générale et des maux qu’elle entraînait ; mais aucun projet sanitaire n’aboutit, parce que « de pareilles mesures, dit le rapport de police, fourniraient matière à des risées pour le public »

Ainsi du projet élaboré en 1746 par Berryer ; ainsi, également, du système complet proposé par un certain Aulas en 1762, et qui fut rejeté. En 1770, Restif de la Bretonne, dans son Pornographe, mêle aux très sérieuses et très pratiques améliorations qu’il conseille de telles divagations qu’on passe outre sans l’écouter.


Rare photo connue d'une prostituée
à Poitiers (photo fonds Gérard Simmat)


Toute idée de surveillance paraît abandonnée, et lorsque le 6 novembre 1778, le lieutenant de police Lenoir publie la fameuse ordonnance réglant les garnis, les cabarets, les auberges et autres maisons où les femmes de mauvaise vie peuvent facilement trouver asile, il n’y fait même pas la plus légère allusion. L’ordonnance interdisait le racolage sous toutes ses formes. La répression s’abattit à nouveau sur les filles publiques, et tous les mois, trois ou quatre cents femmes étaient arrêtées à Paris.

De tous les projets avortés qu’on a pu mettre au jour à cette époque, il semblerait ressortir qu’on voulait punir non pas la débauche elle-même, mais le mal physique qui en résulte ; cette idée apparaît très nettement dans une ordonnance du 2 mai 1781, en vertu de laquelle tout militaire atteint de contagion pour la troisième fois sera condamné à servir deux années au delà du terme fixé par son engagement. Une telle prescription atteignait diamétralement le but opposé à celui que l’on cherchait : pour éviter le châtiment on cachait le mal que des mesures ne faisaient qu’aggraver.


Hommes attablés en compagnie de femmes légèrement vêtues.
Recto, encre brune, lavis gris


La Révolution avait amené une licence de mœurs effrénées : toutes les plaies morales s’étalaient en public ; les jardins, les promenades, étaient envahis par la débauche, les gravures apposées aux vitres des marchands faisaient détourner les yeux des honnêtes gens ; les livres les plus infâmes s’entassaient chez les libraires, et bien des gens parlant de « leur âme sensible, » retournaient à l’état de brute. Il faut que le mal ait été bien grand pour que la commune, faisant trêve à ses préoccupations politiques, ait fait afficher, à la date du 4 octobre 1793, une proclamation qui tente de refréner tous les débordements dont Paris avait à souffrir. Il faut croire que la proclamation et les considérants emphatiques qui l’accompagnaient ne produisirent qu’un effet médiocre, car le 20 ventôse an IV (1796), la Convention prescrivit un recensement général des femmes vivant exclusivement de désordre.



Cette fois encore le règlement fut nul, et ce n’est que vers 1798 qu’on s’arrêta enfin à l’idée si simple de restreindre le mal produit par la débauche, en soumettant les femmes de mauvaises mœurs à des visites sanitaires, régulières, obligatoires et en les inscrivant. On mit la question à l’étude, et l’on peut croire qu’on procéda avec une extrême lenteur, car il faut attendre quatre années avant que l’arrêté du 12 ventôse an X (3 mars 1802) soit rendu et mette enfin en vigueur le système des visites périodiques et préventives.



A cette époque deux officiers de santé en étaient chargés : c’était bien insuffisant et presque dérisoire ; mais le principe était posé, et il n’allait pas tarder à recevoir un développement nécessaire. Un arrêté du 1er prairial an XIII (21 mai 1805) installa un véritable dispensaire de salubrité, rue Croix-des-Petits-Champs, sous le nom de Salle de Santé. Chaque fille devait s’y présenter quatre fois par mois, et acquitter mensuellement une taxe de 12 livres ; cette dernière mesure était déplorable, car éloignait ces malheureuses généralement fort pauvres, et comme les médecins, que nul contrôle n’entravait, ne se gênaient guère pour exiger six francs par visite, le dispensaire presque abandonné ne remplissait plus aucune des conditions de garantie qui l’avaient fait ouvrir.



Savary, en arrivant à la police, fut frappé de ces inconvénients, qu’il fallait arrêter au plus vite sous peine de voir tomber en désuétude une institution qui, dans son germe, était excellente et pouvait facilement devenir féconde en bons résultats. Il créa une comptabilité spéciale pour le dispensaire, et, enlevant ainsi aux médecins le droit de percevoir eux-mêmes la taxe, fit cesser des abus qui n’avaient que trop duré. Un commissariat particulier, nommé au dispensaire le 20 août 1822, devint l’origine du service des mœurs, que Debelleyme organisa d’une façon définitive et sérieuse en 1828.


Henri de Toulouse-Lautrec, "Ces dames au réfectoire (Le dame al refettorio)",
ca Szépmüvészeti Múzeum, Budapest


À cette même époque, comprenant que l’intérêt public seul était en question, que la taxe imposée aux filles fermait la porte du dispensaire, qu’il fallait par tous les moyens les y attirer, que la multiplicité des visites serait un bienfait pour la population, il abolit la rétribution exigée depuis 1802, et greva son budget à partir du 1er janvier 1829, de tous les frais de ce service spécial. En 1830, le dispensaire quitta la rue Croix-des-Petits-Champs, et fut installé dans les bâtiments mêmes de la préfecture de police.


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 16 Mar 2019 - 9:18

16 mars 1922
La Grande-Bretagne reconnaît le royaume d'Égypte.




Le royaume d'Égypte (arabe : المملكة المصرية) est le régime politique en vigueur en Égypte de 1922 à 1953. Le royaume a été créé en 1922 lorsque le gouvernement britannique a reconnu l'indépendance de l'Égypte. Le sultan Fouad Ier devint ainsi le premier roi du nouvel État


Fouad Ier.

L'Égypte a été occupée et contrôlée par le Royaume-Uni à partir de 1882, lorsque ses forces interviennent pour soutenir le régime du khédive contre la révolution nationaliste de Ahmed Urabi. Bien que faisant partie nominalement de l'Empire ottoman, l'occupation militaire britannique de l'Égypte va durer jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. En 1914, à la suite de la déclaration de guerre contre l'Empire ottoman, la Grande-Bretagne transforme l'Égypte en protectorat et dépose le khédive. Ce dernier est remplacé par un autre membre de la famille, Hussein Kamel, qui prend le titre de sultan d'Égypte.


Hussein Kamal Pacha,
premier sultan d'Égypte de 1914 à 1917


La monarchie est établie et reconnue par les Britanniques en 1922 en la personne de Fouad Ier. Ils sont en lutte contre le parti Wafd, une organisation nationaliste qui s'oppose fortement à l'influence britannique et à leur mainmise sur le canal de Suez.

Fouad Ier décède le 28 avril 1936. Le roi Farouk, son fils, âgé de seize ans, lui succède. Jusqu'au 29 juillet 1937, il est assisté par le conseil de régence présidé par le prince Mohamed Ali Tewfik.


Le roi Farouk en 1948.

Le règne de Farouk a été caractérisé par un mécontentement de plus en plus nationaliste sur l'occupation britannique, la corruption et l'incompétence royale et la désastreuse guerre israélo-arabe. Tous ces facteurs ont contribué à affaiblir la position terminale de Farouk et ouvert la voie à la révolution de 1952. Farouk Ier a été contraint d'abdiquer en faveur de son jeune fils Ahmed Fouad qui est devenu Fouad II, tandis que l'administration du pays passe au Mouvement des officiers libres sous Mohammed Naguib et Gamal Abdel Nasser. L'enfant-roi règne moins d'un an et le 18 juin 1953, les révolutionnaires abolissent la monarchie et déclarent l'Égypte une République, mettant fin à un siècle et demi de domination de la dynastie de Méhémet Ali.


Gamal Abdel Nasser en 1968.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 16 Mar 2019 - 9:36

Je me souviens de tout ça.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 17 Mar 2019 - 10:51

17 mars 1808
Création du baccalauréat
moderne par Napoléon



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Son étymologie, « bacca laurea », désigne en latin médiéval la « couronne de lauriers » remise aux vainqueurs. Apparu au Moyen-Âge, le baccalauréat constitue, avant la licence et le doctorat, le premier des grades de l’Université de Paris, l'Universitas magistrorum et scholarium parisiensium (1215), la future Sorbonne.

Création de l’Université impériale

Avec la suppression de l’Université de Paris sous la Révolution française (par décret de la Convention du 15 septembre 1793) et son remplacement par un ensemble de grandes écoles (École polytechnique, Conservatoire national des arts et métiers, École normale supérieure, École des beaux-arts), le baccalauréat disparaît lui aussi. Mais dès l’établissement du Consulat (1799), Napoléon entreprend une profonde réforme de l’enseignement qui va bientôt le faire réapparaître.

Par la loi du 1er mai 1802, Napoléon crée les lycées et commence à remettre de l’ordre dans la situation léguée par la Révolution. Mais face aux difficultés rencontrées, il cherche alors à mettre en place une institution d’instruction publique capable de regrouper l’ensemble des formations dispensées en France : de l’enseignement primaire jusqu’à l’enseignement supérieur.

Ainsi naît « l’Université impériale » créée par la loi du 10 mai 1806, qui n’a pas vocation à être un établissement supérieur, mais bien plutôt « un corps chargé exclusivement de l'enseignement et de l'éducation publics dans tout l'Empire ».


Diplôme du baccalauréat à l’époque de Napoléon

Des enseignants qui deviennent un corps public

C’est le décret du 17 mars 1808 qui fonde véritablement l’Université impériale créée deux ans plus tôt. De fait, par ce décret, l’Université obtient le monopole de l’enseignement :

Article 1. « L’enseignement public, dans tout l'Empire, est confié exclusivement à l'Université. »
À l’origine d’une pérennisation du corps enseignant, l’Université impériale en organise en effet le contrôle des compétences avec la création des grades universitaires – baccalauréat, licence et doctorat – qui deviennent les conditions d’accès au métier d’enseignant.

C’est désormais par les enseignants et non par les établissements que s’exerce le contrôle de l’État sur l’enseignement :
Art 3. « Nul ne peut ouvrir d’école, ni enseigner publiquement sans être membre de l’Université impériale, et gradué par l’une de ses Facultés. »



Le baccalauréat, premier grade universitaire

Décerné par les Facultés, il est conçu comme le premier grade universitaire. Car le baccalauréat a la double particularité de sanctionner la fin des études secondaires et d’ouvrir l’accès à l’enseignement supérieur.

Art. 19. « Pour être admis à subir l'examen du baccalauréat dans la Faculté des Lettres, il faudra : 1° être âgé au moins de seize ans ; 2° répondre sur tout ce que l'on enseigne dans les hautes classes des Lycées. »

Initialement, deux baccalauréats sont créés : le baccalauréat ès lettres pour les facultés des lettres et le baccalauréat ès sciences pour les facultés des sciences, à condition, pour ce dernier, que le candidat soit déjà titulaire du baccalauréat ès lettres :
Art. 22. « On ne sera reçu bachelier dans la Faculté des sciences qu'après avoir obtenu le même grade dans celle des lettres, et qu'en répondant sur l'arithmétique, la géométrie, la trigonométrie rectiligne, l'algèbre et son application à la géométrie. »

Jusqu’en 1830, l’examen du baccalauréat ès lettres ne comporte que des épreuves orales portant sur des auteurs grecs et latins, sur la rhétorique, l’histoire, la géographie et la philosophie. La première session du baccalauréat a lieu en 1809 : 32 diplômes de bacheliers dont 31 ès lettres et un ès sciences sont délivrés. Puis la barre des 1 000 diplômés est franchie en 1811, avec 983 bacheliers ès lettres et 43 bacheliers ès sciences.



Un baccalauréat pour les filles plus d'un siècle après

Le baccalauréat n’est institué pour les filles qu’en 1919, soit cent onze ans après l’institution de celui des garçons en 1808. Il ne devient identique pour les deux sexes qu’en 1924. Enfin, ce n’est qu’en 1971 que les nouveaux lycées sont systématiquement mixtes. Quant à l’École polytechnique, fondée en 1794 par la Convention, elle ne s’ouvre aux filles qu’en 1972.



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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 17 Mar 2019 - 11:17

Pendant longtemps l'instruction des filles n'avait pas une grande importances. Jeunes elle devaient aider au foyer et s'occuper de leurs plus jeunes frères et sœurs.


Plus tard, elles s'occupaient de leur foyer, des enfants et du bien être de leur mari.



Habitudes ou résurgences certains pays gardent ou retrouvent cette mentalité venue de la fin du bas moyen âge.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 21 Mar 2019 - 8:51

21 mars 1910
Décès de Félix Nadar



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L'illustrateur et photographe Félix Tournachon (1820-1910) a bien fait de prendre un pseudonyme : un « Panthéon de Tournachon » aurait-il connu le succès de son « Panthéon de Nadar », album de gravures où se côtoient hommes politiques, écrivains et artistes de son temps ? Il a rencontré la plupart de ceux-ci au cours de sa période de bohème, avant de connaître la fortune grâce à la caricature et surtout la photographie.

Car Nadar est un homme curieux de tout : il se plonge sous Paris pour un reportage sur les catacombes ou encore s'envole à bord de son ballon pour prendre les premiers clichés aériens. Ruiné par la Commune, cet esprit insatiable, ouvert à toute idée nouvelle (c'est dans son atelier qu'exposent les peintres impressionnistes), nous aura fait parvenir un témoignage irremplaçable sur son siècle.


George Sand, 1864

Né en pleine époque romantique, Félix Tournachon tente d'abord sa chance dans le journalisme et l'écriture, puis la caricature et la gravure. Il entrera finalement dans la postérité comme photographe sous le pseudonyme de Nadar.
Cet artiste bohème, en bons termes avec le tout-Paris comme avec tous les artistes de son temps, hisse la photographie au rang d'art, par ses portraits de célébrités comme par ses paysages. Découvrant l'aérostation (les ballons arrimés au sol), il invente en 1858 la photographie aérienne.


« Il y a [...] des gens qui savent voir et d’autres qui ne savent même pas regarder » (Nadar).

L’invention de la photographie ne fut pas le fruit du hasard mais d’une longue gestation.
Il y a d'abord la découverte par Aristote de l'image inversée qui apparaît dans une « chambre noire ». Léonard de Vinci creuse le sujet. Au XVIIIe siècle, les recherches se multiplient d'autre part pour tirer parti de la sensibilité à la lumière des sels d’argent avant que le chimiste anglais Thomas Wedgwood n'arrive à fixer des images l'espace de quelques secondes.


Paul Nadar, frère de Félix, Autoportrait instantané devant l'opéra, vers 1890. BnF, département

Bienvenue pour une séance de supplice !
Il faut beaucoup de bonne volonté pour, les premières années, aller se « faire tirer le portrait ».
Non seulement la séance est hors de prix (5 frs alors qu’un ouvrier en gagne 1 par jour), mais elle est aussi une véritable torture.
Le volontaire doit se tenir immobile de longues secondes en plein soleil, aidé pour cela par un appui-tête plus ou moins confortable, le visage couvert de farine pour mieux prendre la lumière.
On comprend dès lors que les modèles des portraits de l’époque paraissent quelque peu figés et peu souriants !


Cléo de Mérode, une icône entre Romantisme
et Symbolisme NADAR (Gaspard Félix TOURNACHON)


Quand le technicien se fait artiste
C'est avec suspicion, voire moquerie, que les peintres virent arriver ces drôles de chimistes encombrés par leurs machines, qui de plus avaient l'ambition de reproduire la réalité !


A bas la photo : Marcelin, "Le portrait d'autrefois, et aujourd'hui"
Journal amusant, 6 septembre 1856


Mais la concurrence était déloyale : certains artistes s'essayèrent donc à la photographie, comme Edgar Degas ou Édouard Vuillard, tandis que les photographes devenaient de plus en plus artistes.
Certaines de leurs réalisations sont même devenues des « classiques », connues de tous : en France les noms de Jacques- Henri Lartigue (1894-1986), Henri Cartier-Bresson (1908-2004) ou Robert Doisneau (1912-1994) nous invitent à observer avec un autre œil la bonne société des années 20 ou le petit peuple parisien d'après-guerre. Que ce soit dans un atelier de mode ou sur un champ de bataille, l'œil a ainsi su trouver un nouveau support pour voir le monde à la façon d'un créateur.
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