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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 13 Avr 2018 - 9:45

13 avril 1942
Rawa-Ruska, le camp de la mort lente




Le 13 avril 1942, deux mille prisonniers de guerre français entrent dans le camp disciplinaire de Rawa-Ruska. Ils seront bientôt suivis de milliers d'autres. Tous vont souffrir des rigueurs extrêmes de ce camp de représailles, à l'image du docteur J. Guérin et de Georges Moret, dont nous reprenons les témoignages..

Le docteur J. Guérin a publié dès 1945 le souvenir de sa captivité. Il raconte avec beaucoup de vie et d'émotion sa descente aux enfers après une tentative d'évasion et son arrivée au camp de représailles. Herodote.net a numérisé son livre de souvenirs au format pdf, sans oublier les dessins qui l'accompagnent.
Georges Moret, aujourd'hui décédé, a confié à sa fille Paulette les souvenirs de sa captivité à Rawa-Ruska, le camp de la mort lente, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Comme lui, des milliers de militaires français capturés en 1940 ont eu à souffrir des rigueurs extrêmes de ce camp de représailles.



La défaite de juin 1940 s'est soldée par un bilan très lourd pour l'armée française : 120.000 morts, 200.000 blessés, 1.850.000 prisonniers dont 1,6 million envoyés en Allemagne dans des camps de prisonniers (en allemand, « stalags »).

Le camp de la mort lente

Le camp de Rawa-Ruska a été à l'origine ouvert pour accueillir les prisonniers de guerre soviétiques. Sa localisation ne doit rien au hasard.

Annexée par la Pologne lors du traité de Riga, le 18 mars 1921, la Galicie était devenue partie intégrante de l'URSS après un traité germano-russe du 28 septembre 1939. Après que, le 22 juin 1941, Hitler eut envahi l'URSS, elle passe rapidement sous le contrôle du Reich.


Cimetière juif de Rawa-Ruska

Comme la Galicie est une zone d'opérations militaires hors des contrôles de la Croix Rouge internationale, les gardiens allemands ont toute latitude pour perpétrer des exactions contre les prisonniers.

Sur cette terre marécageuse infestée de moustiques favorisant la propagation de maladies, règne un climat continental alternant hivers rigoureux et étés chauds.

Il suffit d'évoquer les noms des camps voisins de Treblinka, Chelmno, Belzec, Sobibor ou Auschwitz-Birkenau, pour comprendre que le camp 325 de Rawa-Ruska est situé dans le terrifiant « triangle de la mort » de la « Solution finale ».



L'arrivée des Français

Le 13 avril 1942, quand arrive le premier convoi de prisonniers de guerre français, vingt mille Russes ont déjà péri victimes de la famine et des mauvais traitements.

Plus de vingt mille prisonniers français et belges suivront dans les mêmes conditions. Rapidement, le camp s'avère trop petit et les nouveaux arrivants sont alors répartis dans des commandos satellites.

Squelettiques, épuisés, les prisonniers sont des victimes toutes désignées pour les maladies endémiques, les maladies pulmonaires ou digestives, l'avitaminose et la décalcification.

Au cimetière il y a une grande stèle de 1m qui a été mise en place en 1942 représentant un femme en deuil avec comme inscription " a nos camarades morts en captivité"




Voir le document Guérin

Voir le document Moret
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 14 Avr 2018 - 10:13

14 avril 1912
Naufrage du Titanic



Le Titanic au départ de Southampton


Le Titanic sombre au cours de son voyage inaugural, dans la  nuit du 14 au 15 avril 1912. C'est la catastrophe maritime la plus  médiatique de tous les temps.
Mais si grand qu'il soit, le bilan  de la catastrophe (au moins 1 502 victimes) n'est pas exceptionnel et le  monde a connu depuis lors des naufrages plus meurtriers.



Un exploit technique

Le paquebot britannique est mis sur cale le 31 mars 1909 à Belfast. Il est présenté comme le plus luxueux et le plus grand paquebot de tous les temps.

Le luxe intérieur est à l'avenant pour les premières classes du moins : piscine, bains turcs, gymnase, court de squash, électricité et chauffage dans toutes les chambres, escalier sculpté dans le style Art Nouveau, dôme lumineux...

L'orgueilleux navire est réputé insubmersible du fait de sa double coque en plaques d'acier, par ailleurs divisée en 16 compartiments étanches dont chacun peut être isolé des autres par une porte coulissante en cas d'incident. L'armateur n'a pas jugé nécessaire en conséquence de prévoir autant de places dans les canots de sauvetage que de personnes à bord !


Le capitaine Edward John Smith

Le Titanic appareille de Southampton (Angleterre) le 10 avril 1912 à 13h30 pour un voyage qui doit le mener à New York avec à son bord 2 207 personnes d'après les chiffres officiels : 885 membres d'équipage, 329 passagers de première classe, 285 en seconde et 706 en troisième.

Le dimanche 14 avril à 22h55, le Californian, qui navigue au large de Terre-Neuve, passe non loin du Titanic. Il signale à ce dernier la présence de plusieurs icebergs.

Mais le directeur de la compagnie Joseph Bruce Ismay (49 ans) fait fi de toute prudence, désireux qu'il est de remporter le record de vitesse dans la traversée de l'océan. Devant le Mauretania et la Cunard ! Le capitaine Edward John Smith (62 ans), bien qu'expérimenté, se laisse convaincre de pousser les feux.


Le paquebot file à 22 noeuds sur une mer lisse comme un miroir. Le drame se produit à 23h40. La vigie voit trop tard la masse d'un iceberg et l'officier de garde ne peut faire marche arrière. Il tente malencontreusement de l'éviter et le heurte sur le côté.

Lentement, le Titanic prend l'eau sans qu'il soit possible de le sauver.


Le naufrage du Titanic (gravure d'époque)

À minuit 20, le capitaine Smith ordonne l'évacuation du navire. Il va être englouti avec lui deux heures plus tard. Se brisant en deux, le paquebot sombre et repose depuis lors par 3800 mètres de fond.

Un navire, un seul, se porte au secours du géant des mers. C'est le Carpathia (de la Cunard !), arrivé à 3h45 sur les lieux du naufrage. Sous le commandement d'Arthur Rostron, il va recueillir en tout et pour tout 705 survivants. Le naufrage aura fait un minimum de 1502 victimes (non compris d'éventuels passagers clandestins comme le héros du film de James Cameron).

337 corps ont pu être repêchés et seront inhumés pour la plupart dans les cimetières d’Halifax en Nouvelle-Écosse (Canada).


Chaloupes des rescapés.

L’épave du Titanic, gisant à 3.843 m de profondeur à 650 km au sud-est de Terre-Neuve, ne sera localisée qu’en 1985.


L'épave du Titanic, avant de se détériorer peu à peu.






Fragment de lustre

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mimi1260
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 14 Avr 2018 - 10:51

merci  Opaline . Quel drame  épouvantable !
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 15 Avr 2018 - 10:35

15 avril - 12 novembre 1900
Exposition universelle à Paris



Affiche officielle


Le 15 avril 1900, Paris quitte le XIXe siècle avec la plus grande exposition universelle jamais organisée en France. 50 millions de visiteurs jusqu'à sa clôture le 12 novembre suivant. La Ville-Lumière rayonne alors de tous ses feux et l'on parlera plus tard de ces années-là avec nostalgie en les qualifiant de « Belle Époque ».


Pavillon de la Belgique.

La Ville-Lumière à son apogée
Pour l'exposition sont construits le pont Alexandre III, le Grand Palais et le Petit Palais ainsi que les gares d'Orsay, des Invalides et de Lyon. Les frères Lumière présentent leurs films sur écran géant. Le 19 juillet est inaugurée la première ligne du métro parisien (Porte Maillot-Porte de Vincennes). Au terminus de la ligne, dans le bois de Vincennes, se déroulent aussi, du 14 mai au 28 octobre, les IIe Jeux Olympiques de l'ère moderne ! Pour parfaire le tout, le président Émile Loubet invite les maires de France à un banquet géant dans le jardin des Tuileries...


Rodin dans son atelier

Parmi les festivités parallèles, notons l'exposition personnelle d'Auguste Rodin. Le sculpteur, au sommet de la gloire, présente un éventail de son oeuvre dans un pavillon place de l'Alma, à deux pas de l'exposition officielle. L'exposition est inaugurée le 1er juin 1900 par le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts Georges Leygue. Elle vaudra à l'artiste une consécration internationale... et une recette de 200 000 francs.
Nous nous consolerons en songeant que pour l'entrée dans le IIIe millénaire, nous avons eu droit au scintillement de la Tour Eiffel.

Par André Larané
Pour Herodote




Pavillon de l'Empire ottoman.

CLIC SUR LA PHOTO

Tour Eiffel, Exposition universelle de 1900, Eugène Trutat, conservée au Muséum de Toulouse
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 15 Avr 2018 - 10:38

@mimi1260 a écrit:
merci  Opaline . Quel drame  épouvantable !

L'orgueil de d'un homme et son pouvoir a fait plus de 1500 morts
Citation :

Mais le directeur de la compagnie Joseph Bruce Ismay (49 ans) fait fi de toute prudence, désireux qu'il est de remporter le record de vitesse dans la traversée de l'océan. Devant le Mauretania et la Cunard ! Le capitaine Edward John Smith (62 ans), bien qu'expérimenté, se laisse convaincre de pousser les feux.
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Raboliot
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 15 Avr 2018 - 14:27

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Coccinelle
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 15 Avr 2018 - 14:46

tout ça ne donne pas trop envie de partir en croisière... reflexion
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 17 Avr 2018 - 10:50

17 avril 1696
Mort de madame de Sévigné




Marie Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, par
le peintre sur porcelaine Marie-Victoire Jaquotot


Cette femme aimable et spirituelle, sans avoir jamais songé à composer le plus petit livre, est devenue l’un des auteurs les plus célèbres, et le plus classique de son genre. Des feuilles légères, des confidences échappées journellement à la tendresse maternelle et à l’amitié, des détails de ménage qui ne pouvaient être destinés au grand jour de l’impression, ont rendu à jamais populaire, à jamais immortel le nom de madame de Sévigné : ce nom désigne à la postérité le modèle accompli du style épistolaire.

Qui n’a pas lu et relu ces lettres charmantes ? A qui, non pas seulement le nom de Sévigné, mais ceux du marquis son fils, de sa fille madame de Grignan, de sa petite-fille Pauline, du bon abbé de Coulanges son oncle, de la terre des Rochers et du jardinier Pilois, sont-ils étrangers ? Qui ne connaît pas la vie de cette femme célèbre, sa descendance, par Bénigne de Rabutin, baron de Chantal, son père, de Jeanne-Françoise Frémiot de Chantal, placée par l’Eglise au nombre des saintes, et fondatrice de l’ordre de la Visitation ; sa parenté avec Bussy-Rabutin, ce fanfaron d’esprit et de gentilhommerie, courtisan satirique et comme de raison disgracié, dont sa cousine redouta toujours la plume caustique et le propos mordant ?


Louis Bourdaloue.
Brillant prédicateur connu pour la qualité de ses sermons
Statue par Louis Desprez dans la cour Napoléon
du palais du Louvre.


Ce goût pour les études et les réflexions sérieuses ; cette fidélité à de hautes vertus dans la personne de ses amis de Port-Royal, fidélité qui la tenait dans une sorte de disgrâce, et dont elle ne se dissimulait pas l’influence défavorable à sa famille, honoreront toujours son caractère. Combien on a de plaisir à lire le récit piquant de cette dispute de Boileau avec un jésuite, en présence de Bourdaloue, à un dîner chez le président de Lamoignon ; à voir comment, en rappelant cette vieille querelle sur les anciens et les modernes, elle aime à montrer l’impétueux satirique, prenant d’abord parti pour ses chers anciens, puis proclamant la supériorité d’un seul moderne, d’un seul, qu’il se défend de nommer, puis enfin conjuré, pressé par le jésuite, jetant à la tête des bons pères le nom pétrifiant de Pascal !

Qui ne sait que Marie de Rabutin-Chantal perdit son père un peu plus d’un an après sa naissance ; qu’elle eut l’obligation d’une excellente éducation à l’affection de son oncle, le bien bon abbé de Coulanges ; que, grâce aux soins de cet oncle chéri, les langues latine, espagnole, italienne lui devinrent familières ; que, mariée à l’âge de dix-huit ans au marquis de Sévigné, elle eut, après moins de sept ans d’union, à déplorer la perte de son époux tué en duel ; que, restée veuve à l’âge de vingt-cinq ans, avec un fils et une fille, elle leur consacra sa vie, toujours fidèle aux lois d’un chaste veuvage, et uniquement vouée aux soins de leurs intérêts et de leur fortune ?

Le musée Carnavalet conserve de nombreux objets en rapport avec Mme de Sévigné, sa famille et son époque : portraits, autographes, éléments de mobilier, la pièce la plus importante étant un secrétaire en laque de Chine lui ayant appartenu, provenant du château des Rochers, qui porte les armes dites « d'alliance » des familles de Sévigné et de Rabutin.


Le secrétaire de Madame de Sévigné
Musée Carnavalet - Histoire de Paris


Ce meuble à nombreux tiroirs (plusieurs sont derrière l’abattant) a été fabriqué en Extrême-orient, et sans doute importé par l’intermédiaire des Pays-Bas. Décoré de motifs dorés (guirlandes de fleurs, fruits, oiseaux, papillons) sur fond de laque noire, il porte aussi, sur l’abattant, les armes de Rabutin et de Sévigné, donc de l’illustre marquise. Il vient de son château des Rochers (à Vitré, Ille-et-Vilaine) où elle fit de nombreux séjours, et l’on peut supposer qu’elle y a écrit un certain nombre de ses lettres. Ce meuble est donc à la fois une réplique particulièrement précieuse et un témoignage sur les rapports artistiques entre l’Extrême-Orient et l’Europe.

Une médaille à l'effigie de Mme de Sévigné a été réalisée par le graveur Raymond Joly en 1976 ; un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0942).
Une rose (obtenteur Moreau-Robert) porte son nom.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 18 Avr 2018 - 18:40

18 avril 1558
Décès de Roxelane
épouse de Soliman le Magnifique




Originaire de Ruthénie, un pays chrétien à l'est des Carpathes, elle a été enlevée par des Tatars et vendue au harem à l'avènement de Soliman, en 1520. Les Occidentaux la connaissent sous le nom de Roxelane, déformation de « la Ruthénienne ».

Remarquée par le sultan, qui l'appelle « reine de toutes les beautés », elle devient à dix-sept ans son amante exclusive, ce qui suscite la jalousie de la vâlidé (la mère du sultan) et surtout de la cadine (la mère de l'héritier, un garçon de cinq ans).

Perfide, celle-ci l'invite dans ses appartements et, dans un accès de colère, la blesse au cuir chevelu avec des ciseaux.

Habile, Roxelane, de retour chez elle, repousse l'invitation du sultan à le rejoindre sous un prétexte futile. Soliman, intrigué, va la voir, découvre la blessure et la force à lui en révéler la cause.


Mausolée de Roxelane, mosquée Süleymaniye, Istanbul.

Courroucé, il épargne néanmoins la cadine mais la relègue dans ses appartements. C'est une première victoire pour Roxelane qui, le 30 septembre 1522, accouche d'un fils, Mehmed. Elle aura trois autres garçons et une fille.

Les deux époux vivront une éternelle lune de miel que seule la mort viendra interrompre.

Sa jovialité, doublée d'un tempérament bien trempé et d'une ambition sans limite, vont valoir à Roxelane de cogérer l'empire en coulisse au côté de Soliman.

Bien que confinée au harem, elle entretient des relations épistolaires avec les diplomates occidentaux et cultive l'intrigue.

Roxelane meurt d'une pleurésie (refroidissement) le 18 avril 1558, à près de 60 ans.


Herodote


Intérieur du mausolée de Roxelane, mosquée Süleymaniye, Istanbul.



Mosquée Süleymaniye d'Istanbul
conçue par l'architecte Sinan pour le sultan Soliman le Magnifique
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 19 Avr 2018 - 7:25

19 avril 1956
Conte de fée à Monaco.
Grace dit oui à Rainier




La survie de la Principauté de Monaco dépend de ce mariage, célébré le 19 avril 1956 devant les caméras du monde entier.
À la trentaine consommée, le prince Rainier III le sait bien : « Point d'héritier, point de pays ! » Une  convention franco-monégasque datant de 1918 précise en effet que la  Principauté deviendrait un État sous protectorat français si le  souverain disparaissait sans descendance directe ou adoptive.

La demande en mariage
Depuis le début de la décennie, Rainier a une obsession : remplir les  caisses de la Principauté. Au sortir de la guerre, les comptes étaient  dans le rouge. Aussi, avec l'aide de l'armateur grec Aristote Onassis,  le prince a-t-il eu la riche idée de créer et développer la Société des  bains de mer, temple du jeu et de l'hôtellerie de luxe, principale  ressource économique du pays.
Maintenant, l'heure est venue pour lui de se marier et d'assurer la pérennité de son oeuvre.  


Grace Kelly en 1956

Son confesseur, le révérend américain J. Francis Tucker le convainc  de recevoir une vedette hollywoodienne déjà élevée au rang de star et  oscarisée pour son rôle dans Une fille de province. Elle est à Cannes, pour le Festival. Elle doit en profiter pour tourner quelques scènes du nouveau film d'Alfred Hitchcock, La Main au collet. Elle s'appelle Grace Kelly.
Pour assurer la « promo » de la belle Américaine, née dans  une riche famille de Philadelphie, on a imaginé une séance photos avec  Rainier, en son palais. Mais le prince est en retard. Grace s'impatiente  dans la salle du trône. Monseigneur finit par apparaître.Confus, Rainier propose le tour du propriétaire et la convie à saluer les pensionnaires indolents de son zoo privé...

La relation entre Grace et Rainier  provoque de nombreuses rumeurs. La presse à sensation raconte que Jack  Kelly est abasourdi quand il entend la dot réclamée, deux millions de  dollars. Elle prétend aussi que non seulement le prince aime les belles  actrices (comme la Française Gisèle Pascal avant Grace), mais qu'il s'assure en plus de leur fertilité pour assurer un héritier à la principauté5. Ainsi la famille Kelly est horrifiée par l'obligation faite à Grace de se soumettre à des tests de fertilité.



Le prince annonce officiellement les fiançailles le 5 janvier 1956.  Le mariage est fixé au 19 avril. Elle a 26 ans et lui 33 ans. Le mariage  du prince et de la star semble sortir le Rocher de sa léthargie. Comme  d'un coup de baguette magique. Une quarantaine de diplomates sont  présents et la France a dépêché l'un de ses jeunes espoirs de la  politique, François Mitterrand.
Les magazines du monde entier ont envoyé des meutes de reporters. Et  il y a les 750 invités. Ils se pressent d'abord dans la salle du trône,  pour le mariage civil, puis sous les voûtes de la cathédrale de Monaco  avant d'envahir les jardins du palais. Onassis, le roi Farouk, le prince  Aga Khan et Ava Gardner, éblouissante et solitaire.


La princesse Grace et son mari à la Maison-Blanche
en 1961.


Miss Kelly, qu'il faudra bientôt appeler Son Altesse Sérénissime,  plus belle que jamais dans sa robe de tulle de soie garnie de dentelle  et de milliers de petites perles, avance vers le choeur au bras de son  père. La cérémonie fait l'objet d'une retransmission « en direct » grâce à l'Eurovision. Trente millions de spectateurs, au bas mot...

Grace donnera naissance à trois enfants avant de disparaître  tragiquement d'un accident de voiture en 1982, laissant derrière elle  une légende où le glamour accompagne la tragédie. Rainier s'éteindra en  2005, à 82 ans, laissant le trône à son fils Albert.


Le prince Albert et sa mère Grace Kelly en septembre 1972.  

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 22 Avr 2018 - 14:32

22 avril 1500
Les Portugais s'installent au Brésil



Pedro Álvares Cabral
Considéré comme « le découvreur du Brésil ».


Le 22 avril 1500, treize caravelles arrivent en vue de côtes inconnues, au sud-ouest de l'océan Atlantique. Pedro Álvares Cabral et ses 1200 hommes viennent de découvrir par mégarde ce qui deviendra le Brésil

Et le Portugal inventa le Brésil...

Le navigateur portugais, missionné par le roi Manuel 1er le Fortuné, projetait en fait de contourner l'Afrique et de gagner les Indes comme son prédécesseur Vasco de Gama.


Peinture romantique du premier débarquement de Cabral sur l'Ilha de Vera Cruz (en).
On l'aperçoit sur le rivage, au centre, debout devant le soldat qui déploie une bannière de l'ordre du Christ.


Il avait jugé qu'il était de son intérêt de s'éloigner des rives africaines afin de profiter des alizés de l'Atlantique sud et d'échapper aux grands calmes du golfe de Guinée, où s'immobilisaient les voiliers.
Comme les autres Européens de son temps, Pedro Álvares Cabral ignore encore que les terres découvertes par Christophe Colomb quelques années plus tôt correspondent à un nouveau continent. C'est donc avec surprise qu'il découvre une vaste et belle terra incognita au niveau de la future ville brésilienne de Salvador. Il la baptise du nom de Santa Cruz (Sainte Croix).


En rouge, la route suivie par Cabral du Portugal vers l'Inde en 1500,
et la route retour en bleu.


Les Indiens du cru lui offrent de magnifiques plumes d'oiseaux et aussi du brésillet, un bois connu au Portugal sous le nom de pau brasil et avec lequel on fait une teinture rouge. Ce pau brasil désignera plus tard le pays : Brésil (en portugais, Brasil) !

Pedro Álvares Cabral ne manque pas de renvoyer l'une de ses caravelles à Lisbonne, en y joignant quelques beaux perroquets, pour faire part de sa découverte.


Cabral (au centre-gauche, levant le bras) observe la côte brésilienne
pour la première fois le 22 avril 1500.


Il séjourne une dizaine de jours sur ce qu'il croit être une île et en prend possession au nom de son roi sans en soupçonner l'importance. Après cela, il reprend son voyage vers le cap de Bonne Espérance, au sud de l'Afrique, fait escale sur l'île de Madagascar et arrive comme prévu aux Indes, à Cochin, où il se pourvoit en épices.

Il revient à Lisbonne deux ans plus tard avec quatre navires et non plus douze, et le tiers de ses hommes seulement. Mais il ramène aussi de pleines cargaisons d'épices et le souvenir d'une certaine découverte à l'ouest de l'Atlantique sud.


12 des 13 navires de la flotte de Cabral sont reproduits.
La plupart furent perdus, comme on peut le voir sur ce dessin
extrait de Memória das Armadas, vers 1568.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 23 Avr 2018 - 14:13

23 avril 1775
Naissance de William Turner
« Mon style, c'est l'atmosphère ! »


Autoportrait

Inclassable, William Turner ? On le dit en effet à la fois fidèle aux grands maîtres de la peinture et à l'origine du mouvement impressionniste.
Adulé comme l'un des plus grands maîtres de la peinture anglaise, cet esprit orgueilleux et bougon n'a cessé de cultiver le mystère autour de sa personne et de son œuvre.
Levons ce mystère pour découvrir celui qui influença durablement l'art européen.


Drawing of St John's Church, Margate, vers 1786.
Il n'a que 11 ans.

Le talent n'attend pas

L'histoire commence le 23 avril 1775, avec la naissance de Joseph Mallord William Turner au milieu des perruques, dans le magasin que son barbier de père tient du côté de Covent Garden, à Londres.

Tandis que sa mère s'enfonce bientôt dans la folie, le jeune garçon se réfugie dans le dessin en s'inspirant le plus souvent de gravures entrevues dans les livres.
William ne cessera d'ailleurs, tout au long de sa vie, de créer d'après ses souvenirs, n'hésitant pas à ajouter à ses paysages des formes observées précédemment.


Le Palais de l'archevêque à Lambeth, 1790.

Le jeune garçon est soutenu par son père, persuadé que c'est là sa vocation, qui lui permet d'exposer ses premiers dessins dans sa vitrine et l'encourage dès l'âge de douze ans à vendre ses œuvres.
Il sait déjà séduire le public avide de romantisme en lui proposant des aquarelles représentant des sujets à la mode, comme des marines ou des châteaux écossais.


Le Dernier Voyage du Téméraire, 1839.

Turner senior avait bien raison : William a le dessin dans la peau. Après avoir appris les règles de la perspective dans un atelier d'architecture, il est admis en 1789, à quatorze ans seulement, à la Royal Academy of Arts... Il entre en peinture tandis que la France entre en Révolution !
Ses toiles sont dans un premier temps d'un style plutôt académique. Dans sa maturité, elles vont évoluer jusqu'à se rapprocher de l'abstraction, avec deux générations d'avance sur son temps.


Calais Sands at Low Water -
Poissards Collecting Bait (1832) de Turner.


Le peintre cannibale

Habitué à peindre d'après nature, Turner comprend qu'il doit aussi se nourrir de l'œuvre des maîtres. On le voit, tôt le matin, tracer un croquis d'un tableau exposé dans la Royal Academy pour le terminer ensuite chez lui.

Il se fait alors cannibale, observant avec une faim inassouvie les œuvres des siècles passés. Il scrute, assimile, digère avant de réutiliser les techniques et les motifs dans ses propres créations.
Pour cela, il n'hésite pas à aller au-devant des tableaux en multipliant les visites des collections privées, puis les voyages dans toute l'Europe : il court de France en Suisse, des Pays-Bas à l'Italie.


Venise, vue du canal de la Giudecca, 1840.

Grand admirateur des peintres classiques français, il se nourrit de Nicolas Poussin et Claude Lorrain dont une toile, dit-on, lui aurait arraché des larmes de bonheur.
Ce respect pour la tradition se double d'une volonté d'aller plus loin que ces dignes prédécesseurs, de dépasser les maîtres pour affirmer sa supériorité.

Le maître de la lumière

À 45 ans, Turner est déjà un peintre reconnu : il enseigne depuis 1807 à la Royal Academy, a ouvert une galerie à Londres et rencontre du succès en produisant scènes héroïques et paysages.
Il lui manque encore l'élément qui va chambouler son art... C'est un voyage à Venise qui le lui fournit en lui révéler la lumière et Canaletto.


The Grand Canal - Venice, vers 1835.

Quand il débarque dans la cité des Doges en 1819, il prend du recul pour mieux se consacrer à son sujet de prédilection : la lumière. Ainsi reprend-il les vues bien connues alors de Canaletto mais en accentuant les reflets de l'eau, l'or du soleil et les effets de brume...
Turner, qui n'a jamais excellé dans la représentation des détails, exécute des représentations moins précises mais baignant dans la lumière, comme si un voile incandescent avait été jeté sur les toiles.

Pour « rendre la limpidité de l'air », comme il l'a expliqué, il est un des premiers à mettre des fonds blancs dans ses peintures à l'huile, créant ainsi une harmonie de tons clairs.
Il n'oublie pas pour autant les leçons des maîtres : l'art du clair-obscur hérité de Rembrandt est ainsi accentué pour mieux jouer sur les contrastes et faire exploser les couleurs.

Peintre d'Histoire, peintre de son temps

Par son art pictural tout en sensibilité, Turner révolutionne la peinture d'histoire, comme on le voit ci-dessous avec l'incendie du Parlement de Westminster, en 1834.
Il ne manque pas d'évoquer l'épopée napoléonienne, sans parti pris ni triomphalisme, en témoignant de sa compassion pour les victimes et les vaincus.


La Bataille de Trafalgar, 1822-1825.

On le voit avec la bataille de Trafalgar (1823), le champ de bataille de Waterloo, peint en 1818, ou guerre, exil et rocher, une évocation de Sainte-Hélène qu'il peint en 1842, lors du retour des cendres de Napoléon à Paris.
L'une de ses toiles à la plus forte intensité dramatique est Le négrier (1840). Elle montre un navire négrier qui, menacé par un typhon, se déleste de ses esclaves malades ou mourants.


Le Négrier, 1840.

Des zones d'ombre

L'homme est en effet connu pour son caractère... particulier. Est-on seulement sûr de son lieu de naissance ? Le Kent ou le Devon, comme il aime à le dire à l'un ou à l'autre ? Sa date de naissance, le 23 avril, est aussi sujette à discussion : elle tombe le même jour que celle de Shakespeare. Pas moins. On est seulement sûr de la date de son baptême, le 14 mai 1775...

Dans le privé, le peintre ne s'est jamais marié mais ne s'est pas privé de faire des enfants, tout en dédaignant de s'en occuper. Il reste un mystère pour ses amis qui le décrivent « aussi silencieux qu'un bloc de granit pour ce qui est des mouvements de son âme ».


Turner peignant sur ses tableaux
exposés à la Royal Academy, en public.


Bougon, il aime à voyager seul, armé de sa boîte d'aquarelles et d'un parapluie-épée. Ceux qui ont la chance de suivre ses cours en ressortent somnolents, assommés par ses conférences inaudibles.
Indifférent aux autres, il n'a cependant pas négligé sa propre gloire, léguant ses œuvres à la toute jeune National Gallery à condition qu'elles soient accrochées en vis-à-vis de celles de son cher Le Lorrain.

Il est temps alors pour lui de disparaître en emménageant sous le pseudonyme étrange de M. Booth (« baraque ») dans une obscure maison de Chelsea, où il meurt le 19 décembre 1851, veillé par la compagne de ses vieux jours.
L'ogre de la peinture anglaise, qui aurait créé près de 30.000 œuvres en tout, se sera montré excentrique jusqu'au bout !
Il sera inhumé dans la cathédrale Saint-Paul de Londres, à côté du peintre Joshua Reynolds.


Portrait de William Turner à 69 ans
(Charles Martin, 1844)

Isabelle Grégor


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 24 Avr 2018 - 19:26

24 avril 1916
«Pâques sanglantes» à Dublin



Le lundi de Pâques du 24 avril 1916, en pleine guerre mondiale, un groupe d'Irlandais se soulèvent contre le colonisateur britannique. Les Britanniques et les Irlandais loyaux à la Couronne voient cette tentative comme un mauvais coup porté aux soldats qui se battent dans les tranchées.


Le centre de Dublin bombardé pendant l'insurrection


De la loyauté à la trahison

En août 1914 a éclaté la Grande Guerre. Le Premier ministre britannique Lord Asquith convainc les Irlandais des deux camps, nationalistes et loyalistes, de mettre une sourdine à leur différend jusqu'à la fin du conflit. Il fait d'autre part avaliser le texte du « Home rule » (autonomie de l'île) par le roi Georges V avec la promesse d'un amendement concernant l'Ulster. Dès le début du conflit européen, les Irlandais se portent massivement volontaires dans l'armée britannique pour combattre les Allemands. Au total 200 000 environ.

Mais quelques extrémistes du Sinn Fein nationaliste et de l'IRB (Irish Republican Brotherhood) préfèrent appliquer l'adage : « England's difficulty is Ireland's opportunity » (Les difficultés de l'Angleterre sont des occasions à saisir pour l'Irlande). Ces hommes forment ce que l'on appellera un peu plus tard l'Irish Republican Army (IRA)...


Photographie de Patrick Pearse en 1916.

Ils occupent plusieurs bâtiments stratégiques au centre de Dublin, dont la Poste, l'Hôtel de ville, le Palais de Justice et des gares, et déploient le drapeau tricolore au-dessus de la Poste. L'un de leurs chefs, le poète Patrick Pearse, lit une proclamation aux badauds : « Au nom de Dieu et des générations mortes dont elle reçoit la vieille tradition nationale, l'Irlande, par notre voix, appelle ses enfants à son drapeau. Soutenus par nos frères exilés en Amérique, nous déclarons que le droit du peuple irlandais à la propriété de l'Irlande et à la libre détermination de sa destinée est libre et imprescriptible ».

Les insurgés espèrent que les badauds vont se rallier à l'insurrection. Las, ils sont conspués par la foule qui commence à se rassembler devant le bâtiment. Qui plus est, ils s'abstiennent d'occuper le Château, résidence du vice-roi et siège du gouvernement général, bien qu'il n'ait pas de défenseurs. C'est l'échec.


Prisonniers irlandais sous bonne garde

Une répression féroce... et contre-productive

L'armée britannique amène de l'artillerie lourde et bombarde consciencieusement le centre de Dublin. Après cinq jours de résistance, les insurgés capitulent sans conditions. Bilan humain : une soixantaine de morts parmi les insurgés, une centaine parmi les assaillants et plus de deux cents parmi les civils, environ 3 000 arrestations.


James Connolly vers 1900.

Un Conseil de guerre condamne à mort tous les meneurs (James Connolly, blessé, doit être calé contre une chaise pour être fusillé comme il convient). Parmi les condamnés à mort figure John MacBride dont le fils, Seán MacBride, deviendra Premier ministre de la République d'Irlande avant de fonder Amnesty International et d'obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix en 1974.

Un certain Eamon de Valera échappe à l'exécution du fait de sa citoyenneté américaine (il est né d'un père espagnol et d'une mère irlandaise). Il deviendra le premier Président de la République d'Irlande...


Éamon de Valera
Troisième président d'Irlande
du 25 juin 1959 au 24 juin 1973



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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 25 Avr 2018 - 8:16

25 avril 1973
Inauguration du boulevard périphérique à Paris




Construction du Périf – Porte de Pantin ©️Roger Viollet

Le point sur la construction du Boulevard périphérique

Reportage sur le tracé du Boulevard périphérique avec les dates de mise en circulation, maquettes. A la Porte de la Chapelle, les travaux sont quasiment terminés. Le franchissement de la Porte de la Vlilette par le Boulevard périphérique sera assuré par un tronçon en béton qui sera terminé fin 1966.


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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)
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