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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 7 Mai 2018 - 8:54

7 mai 2010
Homo sapiens convole avec Néandertal



Svante Pääbo et son équipe à l'institut Max Plank

Dans une étude publiée par la revue Science le 7 mai 2010, une équipe internationale de généticiens a révélé que des croisements ont eu lieu au Proche-Orient entre les hommes de Néandertal et des Homo sapiens venus d'Afrique.
Des croisements ont aussi eu lieu entre Homo sapiens et un cousin de Néandertal, l'homme de Denisova (Sibérie). Il en résulte que les Européens, les Asiatiques et les Océaniens seraient tous porteurs de gènes néandertaliens ou dénisoviens. Les Africains (Khoisans et Bantous) en seraient quant à eux exempts du fait d'un lien exclusif avec Homo sapiens, l'ancêtre commun de toute l'humanité (*).
En parvenant ainsi à mesurer les flux de gènes à des dates très reculées, l'équipe conduite par le Suédois Svante Pääbo ouvre ainsi de nouvelles voies de recherche aux préhistoriens.


Cro-magnon
L'original est maintenant exposé
au Musée de l'homme à Paris.


Un aventurier de la recherche
En 1997, Svante Pääbo prend la direction du tout nouveau département de génétique 
de l’Institut Max-Planck d’anthropologie 
évolutionniste à Leipzig, en Allemagne, qui travaille sur le décryptage du génome humain. En 2006, grâce à un budget conséquent, l'équipe lance le programme de séquençage de Néandertal et décrypter son ADN (acide désoxyribonucléique).
Les premiers résultats tombent au bout de quatre ans avec en premier lieu, l'identification d'une nouvelle espèce du genre Homo à partir de minuscules ossements découverts dans la grotte de Denisova, dans l'Altaï (Sibérie du sud).
Cet homme de Denisova, sur lequel on n'a pas plus d'informations, descendrait d'un ancêtre commun avec Homo neanderthalensis et Homo sapiens, il y a un million d'années. À une date plus récente, il se serait uni avec son lointain cousin sapiens venu d'Afrique de sorte qu'une petite partie de ses gènes se retrouverait aujourd'hui encore chez les Asiatiques et les Aborigènes d'Océanie.


Un enfant de Néandertal, différent des humains... mais si peu.
Cette reconstitution est une dermoplastie réalisée par Elisabeth Daynès.
On peut retrouver l'Homme de Néandertal à La Chapelle-aux-Saints,
en Corrèze, lieu de la découverte d'un squelette complet en 1908.
Il s'y trouve un musée de l'Homme de Néandertal, dynamique et instructif.
©️ Philippe Plailly


Les amours fécondes de Cro-Magnon et Néandertal

Enfin vient la publication dans Science des résultats concernant Néandertal. L'équipe de Leipzig met en évidence des croisements entre Néandertal et Homo sapiens, preuve que les deux groupes étaient interféconds.
Ces croisements ont pu avoir lieu au Proche-Orient, il y a environ 70 000 à 80 000 ans, quand des groupes de Néandertaliens sont arrivés d'Europe. Si l'on en croit les scénarios des généticiens de Munich, ils y ont rencontré les Homo sapiens archaïques arrivés il y 150 000 ans environ, en provenance d’Afrique.

En nombre très restreint - quelques dizaines ou centaines de milliers au maximum, les uns et les autres ont cohabité pendant environ trente mille ans sur cet espace en partageant les mêmes techniques de type moustérien (d'après le site néandertalien du Moustier, en Dordogne). Et plus si affinités.


Répartition de l'Homme de Néandertal en Europe (bleu),
au Moyen-Orient (orange), en Asie centrale (vert),
et dans l'Altaï (violet)


Des croisements initiaux entre Homo sapiens et Néandertal résulterait donc la présence de 1 à 4% de gènes issus de Neanderthal dans le génome des Européens et des Asiatiques actuels, voire 6% chez les Papous d'Océanie ! Comme ce ne sont pas les mêmes gènes neanderthaliens qui se retrouvent d'un individu à l'autre, nous perpétuerions au total environ 30% du patrimoine génétique de Neanderthal ! Ces découvertes donnent à penser que Neanderthal et Homo sapiens ne seraient pas à proprement parler des espèces différentes. Il faudrait alors ne plus parler d'Homo neanderthalensis mais d'Homo sapiens neanderthalensis !


L'évolution de l'homme :-)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 7 Mai 2018 - 9:32

Un article identique a été posté le 11 Avril , mais c'est très intéressant de savoir d'où nous venons..

"Homo sapiens convole avec Néandertal



Dans une étude publiée par la revue Science le 7 mai 2010, une équipe internationale de généticiens a révélé que des croisements ont eu lieu au Proche-Orient entre les hommes de Néandertal et des Homo sapiens venus d'Afrique.



Des croisements ont aussi eu lieu entre Homo sapiens et un cousin de Néandertal, l'homme de Denisova (Sibérie). Il en résulte que les Européens, les Asiatiques et les Océaniens seraient tous porteurs de gènes néandertaliens ou dénisoviens. Les Africains (Khoisans et Bantous) en seraient quant à eux exempts du fait d'un lien exclusif avec Homo sapiens, l'ancêtre commun de toute l'humanité (*).



En parvenant ainsi à mesurer les flux de gènes à des dates très reculées, l'équipe conduite par le Suédois Svante Pääbo ouvre ainsi de nouvelles voies de recherche aux préhistoriens......"
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 8 Mai 2018 - 8:16

8 mai 1842
Premier accident de chemin de fer



Représentation de la catastrophe d'après une illustration de 1842.

Le 8 mai 1842, sous le règne de Louis-Philippe 1er, se produit le premier accident grave de l'histoire du chemin de fer : 55 morts.

Le drame survient à Meudon, sur la ligne Paris-Versailles, dans un train qui ramène des Parisiens venus passer la journée à Versailles pour le spectacle des grandes eaux. Les dix-huit voitures en bois déraillent et prennent feu. Les voyageurs succombent sans pouvoir sortir des compartiments, fermés à clé de l'extérieur selon l'usage de l'époque. Parmi les victimes figurent le navigateur Dumont d'Urville, découvreur de la terre Adélie, ainsi que sa femme et son fils.


Catastrophe ferroviaire entre Versailles et Bellevue le 8 mai 1842,
peinture d'A. Provost (1834-1855)


Le feu embrase rapidement les cinq voitures. Quarante-trois personnes périssent brûlées dans l'accident et neuf mourront de leurs blessures les jours suivants. Il y a une centaine de blessés graves. D'autres sources plus tardives évoqueront plus de 200 morts.

Malgré son caractère spectaculaire et inédit, le drame ne remet pas en cause la confiance de l'opinion publique dans le progrès technique. «Plaignons les victimes et marchons [sous-entendu : continuons d'aller de l'avant] !» déclare en guise d'épitaphe le député et poète Alphonse de Lamartine à la tribune de l'Assemblée législative, au lendemain de la catastrophe.


La chapelle Notre-Dame-des-Flammes,
érigée en mémoire des victimes.


Au début des années 1840, l'ingénieur écossais William Rankine (1820-1872) avait commencé à examiner les faciès de rupture d'essieux brisés lors de l'accident, montrant que le mode de rupture n'était pas lié à une fragilité des matériaux employés mais à un mode de défaillance aujourd'hui connu comme mode de rupture par fatigue. À l'époque, il y avait beaucoup de confusion au sujet du problème. Sa théorie sera contestée plusieurs années par les partisans d'une théorie opposée et erronée autour du mythe d'une hypothétique « re-cristallisation », affaiblissant le matériau par application d'un champ de contrainte.

L'accident avait pour origine la rupture des deux fusées d'un des essieux de la locomotive accidentée.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 8 Mai 2018 - 9:38

merci
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 10 Mai 2018 - 7:30

10 mai 1933
« Autodafé rituel des écrits juifs nuisibles »


Autodafé, Opernplatz à Berlin, le 10 mai 1933

Le 10 mai 1933 au soir, à Berlin, des étudiants nazis escortent, en brandissant des flambeaux, deux camions de livres de la porte de Brandebourg jusqu'à la place de l'Opéra, ou Franz-Josef Platz, face à l'université de Berlin.

Là, en dépit d'une pluie battante, ils déchargent le contenu des camions et organisent un « autodafé rituel des écrits juifs nuisibles ». 20.000 livres sont brûlés. Parmi les auteurs voués au feu figurent Heinrich Heine, Karl Marx, Sigmund Freud, Albert Einstein, Franz Kafka, Stefan Zweig, Felix Mendelssohn-Bartholdy.

Présent sur place, Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, dénonce dans un discours radiodiffusé le « mauvais esprit du passé » et appelle les étudiants à lutter pour que «l'esprit allemand triomphe définitivement dans une Allemagne à jamais réveillée».

Des manifestations similaires, soigneusement planifiées, ont lieu au même moment dans d'autres villes allemandes. C'est le point d'orgue d'une campagne d'épuration entamée dans les semaines précédentes dans les universités, contre les enseignants juifs ou réputés hostiles au régime nazi. Les oeuvres des artistes « dégénérés », tels Van Gogh, Picasso, Matisse, Cézanne et Chagall, sont par ailleurs bannies des musées.


Autodafé - Berlin 10 mai 1933

Comme base du déroulement symbolique de la mise au bûcher on utilisera la sélection fournie ci-dessous et le représentant des étudiants restera aussi proche que possible de sa formulation en composant son allocution. Étant donné que pour des raisons pratiques il ne sera pas toujours possible de brûler tous les livres, il conviendra de se limiter aux ouvrages donnés dans la sélection pour choisir ceux qui seront nommément jetés dans les flammes. Cela n'empêchera pas qu'un grand nombre d'ouvrages finisse sur le bûcher. Chaque organisateur a toute liberté de faire là-dessus comme bon lui semble. »

« 1er récitant : Contre la lutte des classes et le matérialisme, pour la communauté nationale et un idéal de vie ! »
« Je jette dans les flammes les écrits de Marx et de Kautsky. »

« 2e récitant : Contre la décadence et la corruption morale, pour l'éducation et la tradition au sein de la famille et de l'État ! »
« Je jette aux flammes les écrits de Heinrich Mann, Ernst Glaeser et Erich Kästner. »

« 3e récitant : Contre les coups bas idéologiques et la trahison politique, pour le don de soi au peuple et à l'État !»
« je donne aux flammes les écrits de Friedrich Wilhelm Foerster. »

« 4e récitant : Contre la valorisation excessive de la vie pulsionnelle qui dégrade l'âme, pour la noblesse de l'âme humaine !»
« Je jette aux flammes les écrits de Sigmund Freud. »

« 5e récitant : Contre la falsification de notre histoire et la dévalorisation de ses grandes figures, pour le respect de notre passé, »
« je jette aux flammes les écrits d'Emil Ludwig et de Werner Hegemann (en). »


Affiche publiée en 1943 à la demande de l'United States Office of War Information (en) :
Ten years ago, the Nazis burned these books… but free Americans can still read them
(Il y a dix ans, les nazis ont brûlé ces livres, mais les Américains libres peuvent toujours les lire)


« 6e récitant : Contre le journalisme étranger au peuple et marqué par la judéo-démocratie, pour une participation consciente et responsables à l'œuvre de construction nationale ! »
« je jette aux flammes les écrits de Theodor Wolff et Georg Bernhard. »

« 7e récitant : Contre la trahison littéraire visant les combattants de la première guerre mondiale, pour l'éducation du peuple dans un esprit qui lui permette de prendre les armes pour sa défense »
« Je jette aux flammes les écrits d'Erich Maria Remarque. »

« 8e récitant : Contre la dénaturation barbare de la langue allemande, pour la protection du bien le plus précieux de notre peuple ! »
« Je jette aux flammes les écrits d'Alfred Kerr. »

« 9e récitant : Contre l'impudence et l'affectation, pour le respect et la vénération de l'immortel esprit du peuple allemand ! »
« Dévorez aussi, Ô flammes, les écrits de Tucholsky et de Ossietzky7 ! »

Dans le reportage radiophonique enregistré sur la place de l'opéra de Berlin, on note de légères variantes par rapport à la circulaire. On entend par exemple le mot « feu » au lieu de « flamme » dans la dernière invocation, l'utilisation du prénom de Karl Marx ou les mots « l'école de Sigmund Freud » au lieu de Sigmund Freud ; Emil Ludwig, pour la plus grande joie des spectateurs, est appelé « Emile Ludwig Cohen. »


Transport des ouvrages interdits sur la place de l'opéra de Berlin,
cliché provenant des archives fédérales allemandes
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 11 Mai 2018 - 8:46

11 mai 330
Naissance de la future Constantinople



Sainte-Sophie, Istanbul

Le 11 mai 330, l'empereur Constantin donne une nouvelle capitale à l'empire romain sous le nom officiel de «Nouvelle Rome». Cette cité prendra le nom de l'empereur après la mort de celui-ci. C'est sous ce nom, Constantinopolis ou Constantinople, qu'elle restera dans l'Histoire.

L'empire romain avait atteint ses plus grandes dimensions au siècle précédent. Il était devenu ingouvernable et résistait mal à la pression des Barbares.
En 293, l'empereur Dioclétien déplace le siège du gouvernement dans quatre villes proches des frontières les plus exposées (Milan, Nicomédie, Sirmium et Trèves). Il instaure un gouvernement collégial pour mieux tenir les frontières mais sa tentative fait long feu.

Son successeur Constantin 1er, élimine un premier rival, Maxence, à Rome le 28 octobre 312. Puis il se retourne contre le maître de la partie orientale de l'empire, Licinius. Celui-ci est défait le 3 juillet 324 près d'Andrinople.
Ayant rétabli à son profit l'unité de l'empire, le vainqueur s'établit à Nicomédie (aujourd'hui Izmit, au fond du golfe du même nom, sur la mer de Marmara) et se met aussitôt en quête d'un site propice à une nouvelle capitale. Il jette son dévolu sur la ville de Byzance. Le périmètre de la «Nouvelle Rome» est solennellement consacré le 8 novembre 324.
Le choix est judicieux. Byzance a été fondée mille ans plus tôt, en 667 avant notre ère, par des colons venus de Mégare, sur les détroits qui séparent l'Europe de l'Asie. La ville est située sur un promontoire à l'entrée du Bosphore. Cet étroit chenal ouvre sur la mer Noire (le Pont-Euxin en grec ancien), au nord, et sur la mer de Marmara, au sud.


Murs de Constantinople

Cette mer fermée débouche elle-même sur la mer Égée et la Méditerranée par le détroit des Dardanelles (l'Hellespont des Grecs anciens).
La nouvelle capitale surplombe la mer de Marmara et le Bosphore.

Elle est délimitée à l'est par un estuaire étroit qui remonte vers le nord et auquel sa beauté a valu d'être appelé la Corne d'Or (aujourd'hui, les bords de l'estuaire sont devenus une zone insalubre).

Contantinople commande les passages entre l'Europe et l'Asie. Elle est également proche des frontières du Danube et de l'Euphrate. Elle est enfin située au coeur des terres de vieille civilisation hellénique.
Comme il en est allé de Rome à ses lointaines origines, le périmètre de la ville a été d'abord délimité par un sillon tracé à la charrue. Puis, des dizaines de milliers de terrassiers se sont mis à l'oeuvre.



Murailles de Constantinople

L'inauguration solennelle (ou «dédicace») est empreinte de rites païens, avec un sacrifice à la Fortune et une dédicace du philosophe néoplatonicien Sopâtros. Mais Constantinople naît à l'époque où le christianisme s'impose dans l'empire romain et, à la différence de Rome, elle est totalement dépourvue de temples païens et presque exclusivement chrétienne.
Les habitants reçoivent les mêmes privilèges que les Romains, notamment l'exemption de l'impôt et les distributions gratuites de froment. Un Sénat est constitué à l'image du Sénat romain. Des patriciens romains et grecs bénéficient de palais. Constantin lui-même réside dans la nouvelle capitale jusqu'à sa mort en 337.

Un empire de mille ans
Mêlant avec bonheur les cultures hellénique et latine, la ville se développe très vite et surpasse Rome. En 395, avec la scission de l'empire romain entre un empire d'Orient et un empire d'Occident, elle devient la capitale de l'Orient. Sa population atteint un million d'habitants à son apogée deux siècles plus tard, sous le règne de l'empereur Justinien, ce qui en fait la principale métropole de son temps.


Heraclius

Le 27 décembre 537, Justinien dote la ville de son joyau : la basilique Sainte Sophie (Haghia Sofia ou Sainte Sagesse comme l'appellent encore les Turcs).
Avec l'empereur Héraclius, Constantinople abandonnera ses références latines et deviendra exclusivement grecque. L'empire prendra alors l'appellation de byzantin, en référence au nom grec de la ville.
Après plus de mille ans d'existence (un record !), l'empire byzantin cède le pas à l'empire ottoman. Constantinople en devient la capitale sous le nouveau nom d'Istamboul.

De Byzance à Istamboul
Après la prise de la ville par les Turcs en 1453, la cité devient la capitale de l'empire ottoman et la résidence officielle du calife musulman. Dans l'usage courant, elle prend alors le nom d'Istanbul (ou Istamboul en français). Selon une thèse très répandue, ce serait une déformation populaire de l'expression qu'employaient les Grecs pour dire : (je vais) eis tin Polin (à la Ville).

Selon une autre thèse, ce nom viendrait d'une altération populaire progressive de «Konstinoupolis» en Konstantinopol (comme Sevastopolis est devenue Sébastopol) puis Stantinopol. Comme la phonétique turque ne peut prononcer un st sans le faire précéder d'un i (ainsi stylo devenant istilo), on a donc eu Istantinopol puis, la paresse aidant, Istantpol, Istanbul (Istamboul en français littéraire).


Constantinople au XVIeme siècle
D'après une aimable contribution de Jean-Marc Meyer, byzantiniste

Jean-François Zilberman
Pour Herodote
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 12 Mai 2018 - 9:18

12 mai 1881
Traité du Bardo avec la Tunisie



Représentation de la signature du traité du Bardo

Le 12 mai 1881, un traité institue le protectorat de la République française sur la Tunisie, une régence ou province autonome de l'empire ottoman.
 C'est l'aboutissement de manigances politiques, diplomatiques et financières  qui ont complètement échappé à l'opinion publique française, laquelle  découvre du jour au lendemain que son empire colonial s'est encore  agrandi.
 Le protectorat tunisien est aussi lourd de conséquences. Pour le  gouvernement français, il apparaît comme une première revanche sur le  destin après la guerre franco-prussienne.  Mais à l'Angleterre, il fournit le prétexte à une mainmise sur  l'Égypte. Et pour l'ensemble des pays européens, il amorce le partage de  l'Afrique.


Le bey de       Tunis, Mohamed Es-Sadok Bey, son premier ministre Mustapha Khaznadar
      et les fonctionnaires du palais.


Troubles manigances
 Les beys de Tunis, à l'image du vice-roi d'Égypte Méhémet Ali, tentent de moderniser leur pays, allant jusqu'à abolir l'esclavage et introduire une Constitution de type parlementaire.
 
Mais la France, qui s'est installée en force dans l'Algérie voisine,  prend pied dans la régence en 1869, par le biais d'une commission  anglo-italo-française destinée à résorber la dette extérieure de  l'État. Le Premier ministre Kheireddine (on écrit aussi Khérédine ou Khayr al-Dîn) réussit toutefois à rétablir les finances et entreprend avec un certain succès une nouvelle et vaste politique de réformes.


Mohammed es-Sadok, bey de Tunis

 Les Européens n'auraient-ils plus rien à faire dans ce pays ? Que nenni ! Entre-temps, au congrès de Berlin  de 1878, la France a obtenu l'accord tacite des autres puissances  européennes pour renforcer sa présence en Tunisie avec pour  justification de protéger la colonie voisine d'Algérie.

Le 24 avril 1881, sur ordre du chef du gouvernement Jules Ferry,  un corps expéditionnaire de 35.000 hommes traverse la frontière,  officiellement pour poursuivre des montagnards khoumirs qui sèment le  trouble en Algérie.  
Le 12 mai, ils arrivent à proximité du Bardo, dans la banlieue de Tunis, où se situe le palais du bey  et laissent à celui-ci deux heures pour examiner un projet de traité en  dix articles qui met fin à l'indépendance de la Tunisie. Mohammed  es-Sadok n'a guère d'autre choix que de se soumettre.


Première page du traité du Bardo
Voir en grand

C'est ainsi qu'il signe en son palais de Kassar Saïd un  traité par lequel il confie à la France les affaires étrangères, la  défense du territoire et la réforme de l'administration. De fait, il se  place sous la « protection » de la France même si la Tunisie ne devient officiellement un « protectorat »  que le 8 juin 1883, à la signature du traité de La Marsa, qui confirme  le précédent et donne à la France le droit d'instaurer des « réformes administratives, judiciaires et financières ».

 Fâcheuses conséquences
 Après la soumission de la Tunisie, la France est naturellement portée  à regarder avec concupiscence du côté du Maroc, dernier État d'Afrique  du Nord qui ne soit pas encore passé sous tutelle française.
 Mais le traité du Bardo soulève aussi l'irritation de l'Italie qui se  serait bien vue protectrice de la Tunisie, si proche d'elle. Du coup,  Rome signe le 20 mai 1882 avec Berlin et Vienne le traité de la  Triple-Alliance par lequel l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie  se promettent aide et assistance en cas d'agression par la France ou la  Russie. Ce traité sera régulièrement renouvelé jusqu'à la veille de la  Première Guerre mondiale.

 Quant à l'Angleterre, l'éternelle rivale, elle prend prétexte de ce  traité pour précipiter sa propre intervention dans les affaires  égyptiennes. Dès l'année suivante, elle établit son protectorat sur  cette ancienne province ottomane.


Signature du Traité de Tunis au   Bardo 12 mai 1881
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 12 Mai 2018 - 9:39

merci Opaline , je suis abonné depuis plusieurs années chez Hérodote . J'adore l'Histoire et Hérodote est très féru et très documenté dans ce domaine .

Bonne journée Opaline , je ne manque jamais de vous lire , même si je ne "poste" pas comme aujourd'hui .

Merci encore .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 13 Mai 2018 - 9:40

Il y a aussi "La France Pittoresque", très bon site aussi
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 13 Mai 2018 - 9:40

13 mai 1958
Alger se révolte



Paris-Match-Mai-1958

Le 13 mai 1958, les Algérois d'origine européenne en appellent au  général de Gaulle pour maintenir la souveraineté de la France sur  l'Algérie. L'insurrection va avoir raison de la IVe République... et inutilement prolonger la guerre d'Algérie en mettant fin aux espoirs nés quelques mois plus tôt.

Sabotage d'une solution politique

Au début de l'année 1958, Pierre Pflimlin, député MRP  (chrétien-démocrate) de Strasbourg, est pressenti pour la présidence du  Conseil. Mais il est soupçonné de vouloir négocier un cessez-le-feu avec  les rebelles du FLN qui luttent pour l'indépendance de l'Algérie.

Les gaullistes qui militent corps et âme pour le retour du général de Gaulle au pouvoir encouragent les Pieds-noirs  à la sédition. Ils laissent entendre que le Général est la personnalité  la mieux placée pour maintenir les trois départements algériens au sein  de la République.

Le 10 mai 1958, Alain de Sérigny, directeur de l'Écho d'Alger,  publie un éditorial où il en appelle à de Gaulle pour sauver l'Algérie  française que les partis traditionnels et le prochain gouvernement  s'apprêtent à lâcher : « Je vous en conjure, parlez, parlez vite, mon général... »



 Vrai-faux coup d'État

 Le 13 mai 1958 est le jour de l'investiture de Pierre Pflimlin. À  Alger a lieu une manifestation d'anciens combattants à la mémoire de  trois militaires du contingent faits prisonniers par les fellaghas  et fusillés en Tunisie. Profitant de la manifestation, les partisans de  l'Algérie française donnent l'assaut au bâtiment du gouvernement  général sous la conduite de Pierre Lagaillarde, un leader étudiant.  Après la mise à sac du gouvernement général, les émeutiers nomment un  Comité de salut public.

 Le général Jacques Massu en prend la présidence. Il envoie à Paris un télégramme : « ...  exigeons création à Paris d'un gouvernement de salut public, seul  capable de conserver l'Algérie partie intégrante de la métropole ». Les députés, qui n'apprécient pas cette intrusion, investissent comme prévu Pierre Pflimlin. C'est la rupture avec Alger.
 En attendant la prise de fonctions du nouveau Président du Conseil,  Félix Gaillard confie les pleins pouvoirs civils et militaires en  Algérie au général Raoul Salan, qui commande l'armée sur place.



Le 14 mai, à 5 heures du matin, Massu lance un nouvel appel : « Le  comité de salut public supplie le général de Gaulle de bien vouloir  rompre le silence en vue de la constitution d'un gouvernement de salut  public qui seul peut sauver l'Algérie de l'abandon ».

 Le lendemain, 15 mai 1958, le général Raoul Salan prononce une  allocution devant le comité de salut public, à l'intérieur du  Gouvernement général d'Alger : « Vive la France, vive l'Algérie française, vive le général de Gaulle ! »

 Puis il se rend sur le balcon et s'adresse à la foule rassemblée sur le Forum : « Nous gagnerons parce que nous l'avons mérité et que là est la voie sacrée pour la grandeur de la France. Mes amis, je crie : « Vive la France ! Vive l'Algérie française ! »... Il se retourne vers l'intérieur mais se heurte à la haute silhouette du gaulliste Léon Delbecque qui lui souffle : « Vive de Gaulle, mon général ! » Revenant vers le micro, Salan reprend la phrase : « Vive de Gaulle ! »

 Les dés sont jetés avec cet appel public au Général, éjecté de  l'activité politique en 1947 mais toujours très désireux de donner à la  France des institutions plus stables que la IVe République.


La foule lors du 13 Mai 1958

De Gaulle, le retour

 De sa retraite de Colombey-les-deux-Églises, de Gaulle fait répondre le jour même qu'il se tient prêt à « assumer les pouvoirs de la République ».
 Le 19 mai, il donne une conférence de presse pour dire qu'il refuse  de recevoir le pouvoir des factieux d'Alger. Aux journalistes qui  s'inquiètent de l'éventualité d'une dictature, il lance : « Croit-on qu'à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? ».

 Le 27 mai, de Gaulle affirme dans un communiqué qu'il entame le processus régulier pour « l'établissement d'un gouvernement républicain ». Stupeur dans la classe politique. Serait-ce un coup d'État ?
 Pour dénouer la situation, René Coty, le président de la République,  se résout le 1er juin, dans un message au Parlement, à en appeler au « plus  illustre des Français... Celui qui, aux heures les plus sombres de  notre histoire, fut notre chef pour la reconquête de la liberté et qui,  ayant réalisé autour de lui l'unanimité nationale, refusa la dictature  pour établir la République ».



De Gaulle : « Je vous ai compris »

Le 4 juin 1958, du balcon du Gouvernement Général d'Alger, le général de Gaulle lance à la foule : « Je vous ai compris. Je sais ce qui s'est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité. Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France, et je déclare qu'à partir d'aujourd'hui, la France considère que dans toute l'Algérie, il n'y a qu'une seule catégorie d'habitants : il n'y a que des Français à part entière, des Français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs... »

Ce cri va semer d'amères illusions chez les Français d'Algérie, ceux-là mêmes qui ont ramené de Gaulle au pouvoir le 13 mai 1958. Sans prendre aucun engagement concret, le général les laisse croire à sa résolution de conserver l'Algérie à la France.

Aujourd'hui, ces quatre mots : « Je vous ai compris », sont devenus pour beaucoup de Français le modèle du cynisme en politique.

 Le général forme sans attendre un gouvernement de rassemblement avec  Guy Mollet, chef de la SFIO (parti socialiste), Antoine Pinay (Centre  National des Indépendants, droite), Pierre Pflimlin, MRP (chrétien  démocrate), Michel Debré (gaulliste)...
 Investi de la présidence du Conseil, le général Charles de Gaulle s'attelle à la mise sur pied d'une nouvelle Constitution. Elle est approuvée par référendum le 28 septembre 1958 avec 79,2% de Oui et toujours en vigueur.

 Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est  élu président de la République et de la Communauté française par un collège électoral. Succédant à René Coty, il devient le premier président élu de la Ve République.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 14 Mai 2018 - 8:57

14 mai 1796
Édouard Jenner découvre la vaccination




Le 14 mai 1796, un médecin de campagne vaccine un jeune garçon afin de le protéger contre la variole.
Il utilise pour cela du pus provenant d'une maladie apparentée mais bénigne, la vaccine des vaches. En cela, il se distingue de ses prédécesseurs qui, non sans risque, immunisaient leurs patients en leur inoculant la variole elle-même.
Par une action déterminée auprès de ses collègues, Édouard Jenner (47 ans) va donner à la vaccination une caution scientifique et la généraliser à l'ensemble de la population.

Une pratique ancestrale mais mal maîtrisée

Très tôt, dès le Moyen Âge, on s'est aperçu que les personnes ayant survécu à la variole étaient définitivement immunisées contre le fléau. Le savant andalou Averroès y fait allusion et des praticiens ont l'idée d'inoculer la maladie à leurs patients, avec un maximum de précautions, afin de les protéger contre les fréquentes épidémies.
Mais cette protection préventive n'est pas sans danger et elle nécessite que le patient soit très soigneusement isolé afin qu'il ne provoque pas lui-même une épidémie. Elle est limitée pour cela aux milieux aristocratiques et bourgeois.


Caricature publiée en 1802 de Jenner vaccinant des patients qui craignaient
qu'il leur fasse pousser des cornes de vaches.

Jenner invente la vaccination

Édouard Jenner, médecin de campagne passionné par la recherche, n'a pas craint de lancer une campagne préventive auprès de sa clientèle. Il s'est aperçu comme cela que plusieurs de ses patients étaient insensibles à l'inoculation. Après enquête, il a découvert qu'il s'agissait de valets de ferme en contact avec les vaches.
Il a pu faire le rapprochement avec la vaccine ou variole des vaches (en anglais, «cow-pox»). Cette maladie bénigne est courante chez les valets qui traient les vaches et entrent en contact avec les pustules des pis. Elle a pour effet de les immuniser contre la véritable variole, le plus souvent mortelle.

Édouard Jenner a l'idée d'inoculer par scarification non plus du pus de la variole mais du pus de la vaccine, beaucoup plus bénin et tout aussi efficace. Il prélève donc du pus sur la main d'une femme qui a été infectée par sa vache, Blossom, atteinte de la vaccine, et l'inocule à un enfant de 8 ans, James Phipps.

James Phipps contracte ladite maladie sous la forme d'une unique pustule et en guérit très vite.
Trois mois plus tard, indifférent au «principe de précaution», le médecin lui inocule la véritable variole. À son grand soulagement, la maladie n'a aucun effet sur l'enfant. C'est la preuve que la vaccine l'a immunisé contre la variole en entraînant la formation d'anticorps propres à lutter contre l'infection.



Enfant atteint de la variole

Rapide diffusion de la vaccination
Édouard Jenner diffuse avec courage le principe de la vaccination dans le public, en encourageant la vaccination de masse. Ses opposants contestent l'inocuité de sa méthode ou même parfois dénoncent la prétention de vouloir contrarier les desseins de la providence.

Il publie à ses frais An inquiry into the causes and effects of the variolae vaccina (Enquête sur les causes et les effets de la vaccine de la variole) et jette les bases de l'immunologie appliquée à la variole. Il se satisfait d'une approche empirique et ne se soucie pas d'aller plus avant dans la compréhension du phénomène. Il appelle «virus» le facteur mystérieux de la vaccine (d'après un mot latin qui signifie poison).
La pratique de la vaccination se répand très vite en Europe et en Amérique, contribuant au recul des épidémies. À ce jour, les grandes campagnes de vaccination contre la variole ont pratiquement éliminé ce virus de la surface de la terre.


Edward Jenner
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 14 Mai 2018 - 9:24

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 15 Mai 2018 - 8:31

15 mai 756
Naissance de l'émirat de Cordoue


Le prophète de l'islam Mahomet,
illustration d'un manuscript ottoman du 17e siècle

Un émirat fondé à Cordoue le 15 mai 756 fait de l'Espagne le premier État musulman indépendant. Jusqu'à cette date, tous les musulmans étaient soumis à l'autorité directe du calife de Bagdad.

Une tragédie de palais
Peu après la mort du prophète Mahomet (632), ses successeurs, les califes de la dynastie des Omeyyades, ont établi leur capitale à Damas, en Syrie.
Mais une sédition née en Perse entraîne en 750 le massacre du calife régnant et de toute sa famille. Une nouvelle dynastie de califes, les Abbassides, accède au pouvoir. Elle s'installera plus tard à Bagdad.
Un Omeyyade, cependant, a survécu au massacre. Il s'agit d'un petit-fils du calife Hicham, dénommé Abd er-Rahman el-Dachil (ou Abd al-Rahman al-Daklil). Après de longues péripéties en Afrique du nord, Abd er-Rahman el-Dachil débarque en Espagne.


Émirat de Cordoue en 929.

Refuge andalou
La péninsule ibérique a été conquise un demi-siècle plus tôt par un chef berbère du nom de Tarik obéissant aux califes omeyyades. La petite troupe a renversé la dynastie royale, issue des Wisigoths.
En souvenir de ce succès, les Omeyyades ont conservé en Espagne de nombreux fidèles parmi les troupes d'occupation musulmane, chez les soldats d'origine yéménite ou berbère.


Statue d'Al-Hakam II sur le Campo Santo
de los Martires à Cordoue.

Abd er-Rahman el-Dachil rallie ces troupes à sa cause et, grâce à des complices, s'empare du pouvoir dans la capitale, Cordoue, où il se fait nommer émir d'al-Andalous (nom arabe de l'Espagne).

Abd er-Rahman 1er va doter le pays d'une administration exemplaire. Il va aussi unir l'islam andalou et apaiser les tensions entre les musulmans d'origine arabe et ceux d'origine berbère, venus d'Afrique du nord. Il n'arrivera pas à soumettre les régions montagneuses du nord, qui resteront chrétiennes mais il repoussera les offensives de Charlemagne et de son légendaire neveu Roland !

A partir de 929, elle devient la capitale d'un califat indépendant, après que l'émirAbd al-Rahman III a rompu tout lien avec les Abbassides de Bagdad et s'est lui-même proclamé calife. Les règnes d'Abd al-Rahman III (912-961), de son fils al-Hakam II (961-976) et du hadjib (vizir) al-Mansur ibn Abi Amir (981-1002) constituent la période la plus glorieuse de l'histoire de la ville.


André Larané
Herodote


La mosquée-cathédrale de Cordoue,
constituée à la base d'une mosquée et « surmontée » d'une cathédrale.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 17 Mai 2018 - 8:06

17 mai 1510
Sandro Botticelli s'éteint à 65 ans



Autoportrait de Botticelli, publié vers 1475.
Détail issu de L'Adoration des mages.


Le 17 mai 1510 s'éteint à Florence Sandro Botticelli.
Le peintre est né dans la même ville 65 ans plus tôt sous le nom d'Alessandro Filipepi, dans la famille d'un tanneur. Comme l'un de ses frères, rondouillard, avait été surnommé Botticelli, qui signifie petit tonneau, le sobriquet fit le tour de la famille et fut accolé au futur peintre.

Le premier peintre humaniste

Sandro Botticelli fait son apprentissage dans l'atelier d'un grand peintre florentin du Quattrocento (le XVe siècle italien), Filippo Lippi (1406-1469). Comme tous les artistes de la Renaissance, celui-ci, tel un chef de cuisine moderne, dirige une équipe d'aides et d'apprentis, chacun étant spécialisé, qui dans les drapés, qui dans les fils d'or...

Avec son équipe, le maître répond aux commandes de la bourgeoisie et réalise pour elle de petits tableaux à la chaîne. À l'occasion, il est aussi sollicité par des abbés, des évêques ou des princes pour réaliser des oeuvres plus ambitieuses.


Un portrait de Simonetta Vespucci par Sandro Botticelli

Botticelli passe à l'atelier de Verrochio où il côtoie Léonard de Vinci, un rival. En 1470, il ouvre son propre atelier. Son talent vaut au jeune homme de fréquenter les meilleures familles de la cité, les Vespucci dont un représentant, Amerigo, donna son prénom à un continent, et surtout les Médicis. Le puissant Laurent le Magnifique lui accorde sa protection. Le peintre fréquente par ailleurs les plus grands esprits de l'humanisme, tels Pic de la Mirandole ou Marsile Ficin, traducteur de Platon.

Ses amis l'initient à la philosophie néoplatonicienne qui voit le monde sensible comme le reflet du monde des idées. Cette philosophie se reflète dans ses célèbres allégories inspirées de l'Antiquité païenne.


Le Printemps, 1478-1482, Galerie des Offices, Florence.

Son chef-d'oeuvre Le Printemps, destiné à une villa des Médicis, expose toute la grâce et l'optimisme de la Renaissance italienne, avec une touche d'inquiétude chez la nymphe de droite, saisie par la divinité Zéphyr. Il s'agit vraisemblablement de la première peinture européenne qui puise son inspiration dans l'Antiquité païenne.

Elle montre les différentes saisons (sauf l'hiver) avec de droite à gauche Zéphyr, la nymphe Chloris, le Printemps, Vénus que domine Cupidon, les Trois Grâces et le dieu Mercure.


Le Châtiment de Coré, fresque murale de la Chapelle Sixtine (avant restauration).

En 1481, le pape Sixte IV commande à Botticelli quelques fresques pieuses pour la chapelle à laquelle il laissera son nom, la Sixtine ! On peut encore admirer ces panneaux à côté des fresques monumentales de Michel-Ange, postérieures de trois décennies.

Après son voyage à Rome, qui ne lui rapporte guère d'argent, l'artiste entreprend La Naissance de Vénus. Cette nouvelle allégorie néoplatonicienne illustrerait selon certains commentateurs les quatre éléments (terre, eau, air, feu) et l'Amour qui scelle leur harmonie.


Jérôme Savonarole, qui influenca Botticelli,
par Fra Bartolomeo, 1498


Premiers nuages

Après la mort de son protecteur Laurent le Magnifique, en 1492, le peintre subit comme beaucoup de Florentins l'influence du prédicateur Jérôme Savonarole.

L'optimisme propre à l'humanisme est battu en brèche par la montée des inquiétudes religieuses. La peinture de Botticelli se fait plus austère. Et l'on ne saurait oublier en marge de ses célèbres allégories quelques portraits émouvants de vérité et des peintures de madones maternelles et recueillies.


Vénus et les Grâces offrant des présents à une jeune fille,
fresque de la villa Lemmi, à Florence, Musée du Louvre.

Marie Desclaux
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 18 Mai 2018 - 8:16

18 mai 1302
Les «Matines de Bruges»


Panneau du coffre d'Oxford ou de Courtrai.

Les « matines de Bruges » est un terme désignant le massacre survenu dans la nuit du 18 mai 1302 dans leur chambre à coucher d'un millier de partisans du roi de France, dont la garnison française logée chez l'habitant, et de bourgeois par les membres des milices communales flamandes. La dénomination « matines » a été donnée par analogie avec les Vêpres siciliennes. Cette révolte mena à une autre bataille célèbre, la bataille des Éperons d'or, qui opposera les milices flamandes aux troupes françaises le 11 juillet de la même année.

Cette journée a été appelée «Matines de Bruges» par analogie avec les «Vêpres siciliennes» qui chassèrent 20 ans plus tôt les Français de Sicile. Elle réduit à néant le rêve des rois capétiens d'annexer les Flandres. Jalouses de leur indépendance, les cités flamandes finissent par se fédérer à leurs voisines brabançonnes, jusqu'à constituer la Belgique.


Matines de Bruges 1302. enluminure de la fin du 14e ou début 15e


Un trop puissant voisin

Sous Philippe Auguste et Saint Louis, la France était devenue le plus puissant royaume d'Europe.
Mais à la fin du XIIIe siècle, la Flandre et l'Angleterre commencent à lui faire de l'ombre grâce à leur enrichissement rapide. L'Angleterre vend de la laine aux communes flamandes comme Bruges, Ypres ou Gand. Celles-ci fabriquent des draps qu'elles revendent à prix d'or dans toute l'Europe.

Le comte de Flandre veut s'allier au roi anglais. Mais le roi de France Philippe IV le Bel l'attire à Paris, l'emprisonne et installe en Flandre un gouverneur à sa dévotion.


Bruges, quartier médiéval (DR)

Des voix dissidentes se font entendre à Bruges. Méfiant, le gouverneur français abroge les libertés communales et occupe en force la ville. C'est alors que surviennent les «Matines de Bruges».

La « bataille des éperons d'or »
Comme si cet avertissement ne suffisait pas, les chevaliers français, commandés par Robert d'Artois, sont honteusement battus par les milices communales du parti de la griffe deux mois plus tard, le 11 juillet 1302, à la « bataille des éperons d'or », près de Courtrai.

Le 23 juin 1305, une paix de compromis permet à Philippe le Bel d'annexer seulement Lille, Douai et Béthune. La France atteint alors la frontière qui sera encore sienne sept siècles plus tard en dépit de nombreuses guerres.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 19 Mai 2018 - 8:34

19 mai 1536
Henri VIII d’Angleterre
fait décapiter Anne de Boleyn,
sa seconde femme



Portrait posthume de la reine Anne Boleyn.

Anne de Boleyn, fille d’un gentilhomme anglais, avait suivi à la cour de France Marie d’Angleterre, femme de Louis XII ; elle fut ensuite fille d’honneur de la reine Claude, femme de François Ier. De retour en Angleterre, elle y porta ce goût pour la galanterie dont on tenait école à la cour de France ; Henri VIII la vit et en devint éperdument ’amoureux. Anne de Boleyn, d’un enjouement et d’une liberté qui promettait tout, eut pourtant l’adresse de ne se pas abandonner entièrement, et d’irriter la passion du roi, qui résolut d’en faire sa femme. Ce fut alors qu’il se sépara de Catherine d’Aragon, par ce fameux divorce, cause fatale du schisme d’Angleterre.


Henri VIII. Il a envoyé à Anne plusieurs
douzaines de lettres d'amour.

L’amour avait placé Anne de Boleyn sur le trône, l’amour l’en fit descendre. Parmi ses filles d’honneur, Jeanne de Seymour frappa les yeux de Henri par sa beauté. Dégoûté de la reine, il veut mettre cette fille à sa place ; il la fait condamner, avec son frère, à perdre la tête pour crime non avéré d’inceste, et pour crime aussi mal prouvé d’adultère. Elle n’était coupable que d’avoir entendu de ces choses flatteuses qu’on dit à toutes les femmes, et qu’une reine vertueuse peut entendre, quand l’enjouement de son esprit permet quelque liberté à ses courtisans.


Thomas Cromwell : autrefois ami d'Anne,
il participa au complot qui causa sa mort.


Anne est jugée à la tour de Londres, le 15 mai 1536. Durant son procès, elle nie avec véhémence toutes les accusations et se défend avec éloquence, mais en vain. Elle est également reconnue coupable et condamnée à mort, soit par décapitation ou sur le bûcher, au bon plaisir du roi. En guise de clémence, le roi opte pour la décapitation et fait appel à un expert de l'épée venu expressément de Calais, l'épée étant jugée plus noble et plus efficace que la hache, en général utilisée en Angleterre pour les exécutions.

Les présumés amants de la reine sont exécutés le 17 mai 1536. Le même jour, l'archevêque Thomas Cranmer déclare illégitimes le mariage d'Anne et du roi et leur fille Élisabeth.

Ce n’était pas la première tête couronnée qui périssait tragiquement en Angleterre, mais ce fut la première qui mourut par la main du bourreau. Henri fit en quelque sorte l’apologie d’Anne de Boleyn, en épousant, le lendemain de l’exécution, Jeanne de Seymour, qui mourut au bout d’un an, de l’opération césarienne que le roi lui fit faire, en disant : « Je trouverai bien assez d’autres femmes, si celle-là meurt. »

Thomas Cranmer par Gerlach Flicke
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 20 Mai 2018 - 6:50

20 mai 1498
Vasco de Gama aborde à Calicut, en Inde




Vasco da Gama - 1838

Le 20 mai 1498, Vasco de Gama aborde à Calicut, en Inde. Le navigateur portugais a été mandaté par le roi du Portugal Manuel 1er, dit le Fortuné, pour achever la mission entamée dix ans plus tôt par Bartolomeu Dias. À 29 ans, il devient ainsi le premier Européen à rallier l'Inde par la mer, en contournant l'Afrique.

C'est l'aboutissement du prodigieux rêve entretenu par les Portugais depuis près d'un siècle.


Le contournement de l'Afrique par Vasco de Gama.
Premier voyage (1497-1499).


Sur la route des épices

Vasco de Gama quitte Lisbonne et l'embouchure du Tage le 8 juillet 1497, avec trois lourdes nefs et une caravelle, ainsi que 160 hommes d'équipage.

Il fait escale sur l'île de Sainte-Hélène, au milieu de l'Atlantique sud, puis contourne le cap de Bonne Espérance. Remontant le long de la côte africaine, la flotte atteint successivement les ports de Mozambique, Mogadiscio et Kilwa où des commerçants arabes venus du nord commercent avec les Africains de l'intérieur.


L'arrivée à Calicut

Plus au nord encore, à Malinde, il sympathise avec le sultan local qui lui confie un pilote italien, venu là par l'Égypte et l'empire ottoman. Avec son aide, le navigateur coupe au large vers la péninsule indienne et la côte de Malabar.

C'est ainsi qu'il atteint Calicut (aujourd'hui Kozhikode), un port prospère du Dekkan indien. Le capitaine envoie à terre un émissaire et celui-ci a la surprise d'être abordé dans un mélange d'espagnol et d'italien par un marchand juif tunisien, Gaspar. À son interlocuteur, il déclare tout de go être venu chercher « des chrétiens et des épices ».

Le marchand le met en relations avec le seigneur local. Après que deux émissaires eussent annoncé son arrivée, le navigateur est reçu avec tous les honneurs réservés à un grand ambassadeur.


Vasco Da Gama est félicité par le Zamorin, maître de Calicut


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 21 Mai 2018 - 9:01

21 mai 1358
La Grande Jacquerie




Gaston Phébus et Jean de Grailly chargent les Jacques et les Parisiens qui tentent de prendre la
forteresse du marché de Meaux où est retranchée la famille du Dauphin. (9 juin 1358).
Jean Froissart, Chroniques. Miniature du XVe siècle

Le 21 mai 1358, cent paysans du Beauvaisis s'attaquent aux châteaux de leur région, violant et tuant les habitants, brûlant les demeures. Leur révolte s'étend très vite à la paysannerie du bassin parisien.
C'est la plus grande des «jacqueries» qui ont ensanglanté les campagnes françaises au Moyen Age. Ces révoltes sont ainsi nommées d'après l'appellation de Jacques ou Jacques Bonhomme donnée aux paysans.

Noblesse indigne
Les révoltés figurent parmi les paysans aisés de l'une des régions les plus riches d'Europe. Depuis l'épidémie de peste qui a ravagé l'Occident dix ans plus tôt, ils sont en situation de mieux faire valoir leurs droits car les seigneurs sont partout en quête de main-d'oeuvre pour remettre en culture les terres abandonnées.

La Grande Jacquerie survient peu après que les chevaliers français aient été écrasés par les Anglais à Poitiers. Le roi est prisonnier à Londres tandis que Paris est sous la coupe d'Étienne Marcel, le prévôt des marchands.


Paysans contre chevalier - Miniature du XVeme siècle

Les paysans ne supportent pas que les nobles, qui ont lâchement fui devant les Anglais, fassent maintenant pression sur eux pour leur extorquer de nouvelles taxes.


La répression de la révolte paysanne

Ceux-ci n'en écrasent pas moins les Jacques à Clermont-sur-Oise le 10 juin 1358. Les chefs des révoltés sont impitoyablement torturés et exécutés. En dépit de ce drame, les révoltes paysannes se renouvelleront les années suivantes, notamment en Angleterre, en 1381, avec Wat Tyler, et en Hongrie.

John Huston a réalisé un film intéressant, quoique oublié, autour des jacqueries françaises : Promenade avec l'amour et la mort.

[size=32]VIDEO[/size]


André Larané
Hérodote
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 22 Mai 2018 - 8:14

22 mai 1848
En Martinique les esclaves se défont de leurs chaînes




Le mardi 22 mai 2018, la Martinique commémore l’abolition de l’esclavage. Il y a 170 ans, le 22 mai 1848, « nos ancêtres ont franchi un pas décisif vers leur libération en mettant un terme à ce système ignoble qu’a été l’esclavage. Une importante page dans l’histoire de l’humanité dans sa marche vers la justice et le progrès« .

La Martinique se souvient du 22 mai 1848, jour où les esclaves se sont défaits de leurs chaînes. Conférences, marches, retraite aux flambeaux, vidé, bèlè et autres manifestations symboliques, les 20, 21 et 22 mai, c’est la Martinique entière qui commémore l’abolition de l’esclavage.

Il y a 170 ans, à force de révoltes et de détermination, les esclaves martiniquais ont arraché eux-mêmes leur liberté, avant que le décret d’abolition ne parvienne jusqu’à eux.



Retour sur une libération obtenue après deux jours d’émeutes décisives.

En Martinique comme dans les autres colonies, les esclaves n’ont jamais cessé de lutter pour obtenir leur liberté. Le 27 avril 1848, sous l’impulsion de Victor Schoelcher, un décret proclamant l’abolition de l’Esclavage dans les colonies françaises est enfin adopté. Il entre en vigueur le 23 mai en Martinique.

Les esclaves doivent être affranchis dans les deux mois qui suivent… Cependant, les journées puis les semaines passent et la libération tant espérée n’arrive pas. Les esclaves craignent que ce décret soit factice. En effet, le rétablissement de l’esclavage huit ans après son abolition de 1794 reste gravé dans les esprits.

Certains bourgeois de couleur et quelques démocrates blancs s’allient à la cause des esclaves et entrent en campagne pour réclamer leur libération immédiate. Les esclaves sont à bout, le sentiment de révolte prend de plus en plus d’ampleur .



En effet, les 21 et 22 mai 1848, l’île est le théâtre de nombreuses émeutes. A Saint-Pierre, un esclave est arrêté et conduit en prison pour avoir joué du tambour. La nouvelle se répand très rapidement. C’est l’embrasement. Plus de 2 000 esclaves se saisissent de coutelas, de lames et de bâtons et vont réclamer sa libération. Ils se heurtent à des maîtres armés de fusils.

Vingt-cinq esclaves sont tués. La vue de ces cadavres et des nombreux blessés décuple la volonté des insurgés. Ils menacent d’incendier toute la ville. Paniqué, conscient de son impuissance face à la détermination des esclaves, le conseil municipal se réunit d’urgence et vote l’entrée en vigueur immédiate du décret d’abolition à Saint-Pierre.



source
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 22 Mai 2018 - 8:50

@Opaline a écrit:
22 mai 1848
En Martinique les esclaves se défont de leurs chaînes



.../...
source: Hérodote
merci Opaline  image43 ,  une vilaine page de l'Histoire du Monde , enfin effacée .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 23 Mai 2018 - 8:48

23 mai 1901
Découverte de
la Séquestrée de Poitiers




Ce jour-là, un commissaire, accompagné de trois policiers, pénètre dans une maison bourgeoise de Poitiers. Ils y découvrent Blanche Monnier, 52 ans. Elle est ligotée sur son lit et dans un état de faiblesse extrême : Blanche est squelettique et ne pèse que 25 kilos ! L’odeur est pestilentielle. Il faut vous dire que personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis 25 ans !

Elle était séquestrée ? Mais par qui ?

Par sa propre mère, qui cachait Blanche dans une chambre du second étage aux fenêtres condamnées pour, semble-t-il, dissimuler les troubles mentaux de sa fille, en proie à des crises d’hystérie et qui s’était entichée d’un républicain, quand la famille Monnier était royaliste.

Les faits : une séquestration de 25 ans !

Fin 1901, le Procureur de la République de Poitiers reçut la lettre anonyme suivante :
Monsieur le Procureur, Je viens au nom de plusieurs personnes indignées, vous faire une déclaration d’une grande gravité. Il existe dans une maison au 21 rue de la Visitation, une vieille dame Monnier, qui habite avec sa fille qu’elle tient séquestrée depuis 25 ans. La fenêtre est cadenassée… La malheureuse est toujours nue et d’une malpropreté repoussante. Au nom de l’humanité, je viens vous prier d’user de vos droits. Si vous refusez, je m’adresserai au ministère de la justice… Un bon citoyen indigné.

Le procureur diligenta sur les lieux le commissaire Central. Lorsque le commissaire Bucheton ouvrit la porte de cette chambre, il ne distingua d’abord presque rien, une obscurité presque complète y régnant.
« Une odeur infecte, indéfinissable, inimaginable, se répandait dans le réduit, dont la fenêtre était close et les persiennes cadenassées… Dans un coin se trouvaient des gravats, une paillasse pourrie. Là, sur une toile cirée, reposait un être humain réduit à l’état de bête sauvage. Une femme était là, se cachant sous une couverture, poussant des gémissements inarticulés. La malheureuse était entièrement nue. Sa maigreur était telle qu’on eût dit un squelette : les cuisses étaient de la grosseur du poignet d’une personne ordinaire, les bras comme le goulot d’une bouteille ; les doigts avaient le volume d’un crayon, et au bout des ongles d’une longueur démesurée. Quant à la figure, c’était à faire frémir… Les cheveux, mêlés depuis tant d’années, formaient une natte indescriptible tombant jusqu’aux hanches, formée par les cheveux emmêlés, c’était une pâte infecte, cirée comme à l’encaustique par les immondices, où grouillaient des générations d’insectes et d’où sortaient des cafards. Autour de l’infortunée ce n’était que pourriture. Elle était couchée sur une sorte de croûte, de pâte, formée par ses excréments, ses déjections, des débris de viande, de pain en putréfaction, entassés là depuis des années ; autour de cela des vers énormes rampaient, des rats, de la vermine de toute sorte… Sur le corps de la séquestrée des vers couraient également ».
Sa mère et son frère furent aussitôt arrêtés. Les faits étaient clairs, il fallait juger l’innommable.



Et personne n’était au courant ?

Si ! Et c’est tout le scandale de l’affaire. Le frère de Blanche, Marcel, vivait dans la maison et n’a rien dit. Deux bonnes aussi étaient dans le secret, puisqu’elles nourrissaient Blanche. Tous seront acquittés au procès, la notion de « non-assistance à personne en danger » n’existant pas encore dans le droit de l’époque. La mère, quant à elle, est morte quelques jours après son arrestation. On ne saura jamais vraiment pourquoi elle avait séquestré sa fille.

La défense : la réclusion « volontaire », l’anorexie.

En face, les accusés sont de riches notables. Ils vont bénéficier d’une défense de premier plan et de nombreux soutiens. Ils sont politiquement très marqués comme royalistes. À un moment où les puissants monarchistes menacent encore la République, l’affaire prend une tournure très politique : royalistes contre républicains. Pour les royalistes, il est hors de question que cette famille soit éclaboussée par ce scandale. Tous les coups seront permis. La mère meurt d’une crise cardiaque peu après son incarcération à la prison de Poitiers. Elle échappera ainsi au jugement.

Reste le fils, un sous-préfet, docteur en Droit... Son avocat va dérouler la défense classique utilisée dans les cas de séquestration déjà jugés : la victime était folle au moment de son incarcération. Pour le démontrer, il se fait aider par des médecins et se plonge dans les ouvrages des meilleurs psychiatres de l’époque. Il note scrupuleusement les symptômes de différents troubles psychiques, particulièrement d’une maladie mentale qu’on nommait à l’époque monomanie hystérique. Les faits sont très anciens, 25 ans ! Dans la ville, très peu se souviennent de cette timide jeune fille, très réservée. On se souvient juste qu’elle avait fréquenté un avocat républicain, un ennemi de la famille… L’avocat de Monnier, le frère de la séquestrée, lui, n’a cure de ces mémoires défaillantes. Il va se constituer une armée de témoins, tous amis de la famille ou politiquement très engagés comme royalistes ou à l’extrême droite. Chacun va être chargé de débiter un ou plusieurs symptômes de la soi-disant maladie mentale ayant affecté Blanche avant son incarcération. Blanche sera ainsi accusée de s’être montrée nue à la fenêtre de sa chambre (une bonne raison de la cadenasser…), d’avoir refusé de s’alimenter (d’où sa maigreur)…

Pour le frère, la défense va faire encore preuve de plus d’imagination. Comment expliquer que le sous-préfet, qui prétendait rendre visite presque tous les jours à sa mère, n’ait pas remarqué les conditions plus que déplorables dans lesquelles on maintenait sa sœur ? Un médecin qui assiste l’avocat va sortir du chapeau une maladie rarissime : le crétinisme intellectuel. Il ne sentait pas les odeurs, entendait à peine, en plus il était myope, il ne se rendait compte de rien. Là aussi, l’avocat fera intervenir des témoins complaisants qui certifieront que le frère n’avait ni ouïe, ni odorat, ni goût, au point qu’il mangeait les cafards qui couraient sur les murs… Un témoin, très joueur, certifiera même qu’il lui avait fait manger des excréments sans qu’il s’en rende compte… Le portrait qu’ils en font est celui d’un parfait crétin, un idiot du village. Ils décrivent un bien étrange docteur en Droit… Me Barbier ira même jusqu'à affirmer que Marcel Monnier ne possédait qu'« un dizième de facultés supérieures ! »

Tout cela n’est pas crédible. La seule contestation des faits est politique, menée par les journaux royalistes qui refusent cette mise en accusation d’un membre de leur caste. À l’époque, tous ceux qui ont étudié le dossier n’ont aucun doute sur les faits. André Gide, vingt ans plus tard, relatera le procès de façon fidèle. Il n’a aucun doute sur l’abomination des faits.



Mais comment a-t-elle découverte ?
Il y a avait quelques rumeurs qui circulaient dans ce quartier de Poitiers, et une lettre anonyme a alerté les autorités. Malheureusement, il était bien trop tard. Blanche Monnier fut placée dans un hôpital où elle finira ses jours sans recouvrer la raison.


La chambre de Blanche Monnier se situait sous les toits

C’est André Gide qui a popularisé cette affaire, à travers un livre intitulé : La séquestrée de Poitiers. Cette affaire n’est pas sans en rappeler d’autres, plus récentes, comme l’affaire Fritzl ou celle de Natascha Kampusch. Mais enfin, ça, ce sont d’autres terribles histoires...

Outre André Gide qui s'inspira de ce fait divers pour dénoncer l'atmosphère étouffante des familles de la bourgeoisie, Georges Simenon s'en inspira également pour décrire les personnages de son Bourgmestre de Furnes.




Blanche Monnier
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 24 Mai 2018 - 6:50

24 mai 1096
L'art roman s'épanouit à Toulouse



Table d'autel de la basilique Saint-Sernin

Le 24 mai 1096, le pape Urbain II consacre la table d'autel de la basilique Saint-Sernin, à Toulouse, avec pas moins de quatorze évêques et archevêques. Cette cérémonie marque l'épanouissement de l'art roman, un style architectural d'inspiration byzantine.

Une basilique pour les pèlerins
La nouvelle église est destinée à l'accueil et au recueillement des pèlerins qui viennent y vénérer des reliques importantes dont un corps qui serait celui de Saint Jacques le Majeur. Elle est édifiée à quelques centaines de mètres de la cité médiévale. Son nom rappelle le premier évêque de Toulouse, martyrisé au IIIe siècle par les Romains.

Construite sur le tombeau du saint, Saint-Sernin est qualifié pour cette raison de basilique. La consécration de l'autel par le pape Urbain II lui vaut de recevoir de celui-ci un somptueux ombrellino (une ombrelle qui abrite les autels des grandes basiliques).


La table d'autel porte le nom du sculpteur, Bernard Gilduin,
dont le style est présent à maintes reprises dans l'édifice.

Au fil du temps, la basilique Saint-Sernin va prospérer et accueillir des chanoines et des moines de l'ordre des Augustins.

Saint-Sernin de Toulouse appartient par son architecture au deuxième âge de l'art roman, avec une rare unité de conception. Elle compte parmi les plus grandes églises romanes existantes.


Plan de la basilique Saint-Sernin

Comme toutes les églises romanes édifiées entre l'An Mil et la fin du XIIe siècle dans le Poitou, l'Auvergne, la Bourgogne, la Provence, la Rhénanie... elle se définit par un plan en forme de croix latine. Avec un peu d'imagination, on peut y reconnaître le plan rectangulaire des basiliques romaines, complété sur le côté par deux travées perpendiculaires (les transepts) qui rappellent les bras de la croix du Christ. Le clocher s'élève à la croisée des transepts.


Vue globale de la nef.

À Saint-Sernin, chaque travée est constituée d'une nef principale et de deux nefs latérales de même hauteur. Chaque nef comporte une voûte en berceau qui s'appuie sur des arcs en plein cintre, lesquels reposent sur de solides piliers. Des contreforts extérieurs en maçonnerie ainsi que des arcs-doubleaux renforcent la voûte de distance en distance

La construction de Saint-Sernin débute vers 1080. Elle est menée de main ferme par un chanoine du nom de Raymond Gayrard et lorsque celui-ci meurt en 1118, le chantier s'interrompt brusquement pour ne reprendre et s'achever que beaucoup plus tard.

Dans la première période, la pierre et la brique rose caractéristique de la vallée de la Garonne, se partagent les faveurs de l'architecte. Dans la seconde période, la brique l'emporte nettement sur la pierre et dans la structure commence de se faire sentir l'influence du style ogival ou gothique.


Entrée Ouest de la basilique.


Herodote

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 25 Mai 2018 - 9:02

25 mai 1720
Le retour de la peste à Marseille



Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille), tableau de Michel Serre (musée Atger, Montpellier).
L'inhumation des cadavres à la Tourette par le chevalier Roze, qui figure de façon exemplaire
l'intervention de l'État, a été l'objet de représentations iconographiques nombreuses.

Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine entre dans le port de Marseille avec un passager clandestin venu de Syrie, le bacille de la peste. A bord, une dizaine de personnes ont déjà succombé au mal.
  Les propriétaires du navire, discrètement prévenus par le capitaine,  font jouer leurs relations pour éviter une quarantaine brutale qui  empêcherait le débarquement de la cargaison.

  Les médecins du port prennent l'affaire avec détachement et décident une quarantaine «douce»  : les marins sont débarqués et enfermés dans un dispensaire. Mais les  hommes, une fois à terre, n'entendent plus s'occuper de leur linge sale.  Ils en font des ballots qu'ils confient à des lavandières...



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Le 20 juin, une lavandière meurt après quelques jours d'agonie sans que quiconque prenne garde au «charbon»  apparu sur ses lèvres. C'est seulement le 9 juillet, après quelques  autres décès, que deux médecins venus au chevet d'un adolescent donnent  enfin l'alerte. La peste !


Avis au public de 1720 concernant l'enlèvement
des cadavres morts de la peste

  L'épidémie va bientôt faire un millier de morts par jour dans la  ville. L'évêque, Monseigneur Belsunce, parcourt les rues au mépris de la  mort, assiste et secourt les malades. Le chevalier Roze libère des  bagnards et, avec eux, incinère les cadavres qui par milliers  pourrissent dans les rues. Tâche indispensable et ô combien dangereuse !  Sur 200 forçats, 12 sont encore en vie cinq jours plus tard.


Mgr de Belsunce consacrant la ville de Marseille au Sacré-Cœur de Jésus.
Vitrail de la basilique du Sacré-Cœur à Marseille.



Bureau de santé sur le Vieux-Port, construit en 1719

De nouvelles analyses  révèlent que l’épidémie de peste qui a ravagé Marseille au 18e siècle ne  venait pas d’Asie, comme on le pensait jusqu’alors, mais est une  résurgence de la grande Peste noire ayant dévasté l’Europe… quatre  siècles plus tôt


Vue du Cours (actuellement Cours Belsunce)
huile sur toile de Michel Serre

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Hier à 15:04

26 mai 1797
Fin de la «Conjuration des Égaux»



Gracchus Babeuf âgé de 34 ans,
gravure de François Bonneville, 1794.

Le 26 mai 1797, Gracchus Babeuf et un acolyte, Darthé, sont guillotinés à Vendôme. Leur mort met un point final à la «Conjuration des Égaux».

Au XXe siècle, au temps du communisme triomphant, Gracchus Babeuf était dans les écoles soviétiques l'un des plus connus de tous les révolutionnaires français avec Robespierre. En effet, les marxistes-léninistes avaient fait de ce révolutionnaire le premier théoricien du communisme et de la dictature du prolétariat.

Le communisme avant la lettre
Né à Saint-Quentin en 1760, François Babeuf, qui se fera plus tard prénommer Gracchus en souvenir d'un héros de Rome,  exerce avant la Révolution le métier d'arpenteur. Dans cette fonction,  il est sensibilisé aux inégalités foncières de l'Ancien Régime.

Au début de la Révolution, nommé administrateur de district dans la  Somme, il formule un projet visant à l'abolition de la propriété  individuelle. Mais c'est seulement sous le Directoire qu'il sort de l'anonymat.


Supplice de douze des  prévenus dans l'affaire de Grenelle : fusillés le 4.eme jour  complementaire
de l'an 4.eme de la Rép. fran.se.
Estampe anonyme, Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1796.

  Après la chute de Robespierre, nouveaux riches et nouveaux pauvres se  côtoient avec un commun désintérêt pour la politique, les uns désirant  jouir de leurs richesses mal gagnées, les autres regrettant en silence  le bon vieux temps de la Terreur !
  L'anarchie est à son comble. L'économie est désorganisée, la monnaie  papier (assignats) ne vaut plus rien, les impôts ne rentrent plus,  l'administration ne fonctionne que par intermittences, la criminalité  s'étend avec son corollaire, la misère.
  Cette situation révolte les purs révolutionnaires. Autour de Babeuf  et Lindet, un ancien député jacobin de la Convention, se réunissent des  petits bourgeois épris d'égalité politique et jacobins dans l'âme.


Incroyables et Merveilleuses dans les jardins de l'ancien Palais-Royal

Ultime sursaut révolutionnaire

Au nom des babouvistes, Sylvain Maréchal publie le Manifeste des Égaux  qui préconise l'instauration de l'égalité et surtout la prise du  pouvoir par la violence. Il n'est plus question de faire confiance au  peuple et aux élections pour améliorer la société ! 

Au printemps 1796, les babouvistes se proposent de renverser le  Directoire et de rétablir la Constitution de 1793, jamais entrée en  application.



  Le Directoire a vent de leurs intentions mais ne se décide pas à  agir. Lazare Carnot, l'un des Directeurs, mobilise toutefois la police  et, grâce à des dénonciations, fait arrêter les principaux chefs du  complot le 10 mai 1796.
  Les Jacobins restés fidèles à Babeuf et Lindet tentent dans la nuit  du 9 au 10 septembre 1796 de rallier à leur cause les soldats du camp de  Grenelle.

  Les soldats font mine de les écouter avant de les fusiller sur place.


Première page de l'édition du Tribun du Peuple de 1795
(sous-titré « Le Défenseur des Droits de l'Homme »)

Des babouvistes aux royalistes
  En condamnant à mort les meneurs de cette «Conjuration des Égaux»  et en faisant traîner leur procès, le gouvernement du Directoire veut  donner à l'opinion publique une fallacieuse impression de force. Il veut  aussi se rallier la bourgeoisie désireuse d'ordre. Mais l'élimination  de l'opposition jacobine de gauche redonne du tonus à l'opposition  royaliste, violemment frappée par la répression de Vendémiaire, deux ans plus tôt. Celle-ci se reprend à espérer une prompte restauration de la monarchie. 
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   

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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)
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