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 Les croisades

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MessageSujet: Les croisades   Les croisades Icon_minitimeLun 28 Mar 2022 - 16:07

1095-1096


De l'appel de Clermont au départ des croisés
Les croisades SaintSepulcre

Le Saint Sépulcre de Jérusalem (1436)


Les croisades débutent le 27 novembre 1095 lorsque le pape Urbain II invite les guerriers d'Occident à délivrer le Saint-Sépulcre et secourir les chrétiens d'Orient. C'est que la chrétienté paraît très menacée en cette fin du XIe siècle : 


À Jérusalem, le Saint-Sépulcre, l'endroit supposé où le Christ aurait été inhumé après sa crucifixion, a été détruit en 1009 dans un accès de fanatisme.


Plus gravement, la Palestine a été occupée en 1071 par les Turcs Seldjoukides, lesquels empêchent depuis lors les pèlerins d'aller faire leurs dévotions à Jérusalem.


De son côté, l'empereur chrétien de Byzance attend une aide militaire urgente pour résister à la pression turque.


Enthousiasme général


L'appel du pape obtient un écho inespéré. C'est que la « chrétienté » (ainsi appelle-t-on alors l'Europe occidentale), encore fragile et fruste, déborde d'énergie.


Depuis l'An Mil, cette chrétienté vit une grande époque de renouveau religieux. Les guerriers codifient leurs combats et respectent les trêves de Dieu avec plus ou moins bonne grâce. Bénéficiant d'une meilleure sécurité, les paysans améliorent leurs conditions de vie.


Dans les familles, les cadets reçoivent l'appel du pape Urbain II avec un enthousiasme d'autant plus débordant qu'ils entrevoient un champ d'aventures à la mesure de leurs frustrations.
Les croisades Lermite1

Pierre L'Ermite prêchant la première croisade (manuscrit du XIIIe siècle, bibliothèque de l'Arsenal, Paris)


Échec de la croisade populaire


Suite à l'appel d'Urbain II, les paysans se mobilisent les premiers, sans autres armes que leur foi. La plupart suivent un apôtre charismatique, Pierre l'Ermite. Tous se rassemblent à Cologne et c'est de là qu'ils partent, le 12 avril 1096, sans attendre l'appui des chevaliers. 


Après bien des tourments, les survivants arrivent à Constantinople bien avant que les guerriers aient eux-mêmes quitté leur lieu de rassemblement. Pressés d'en découdre, ils traversent le Bosphore, provoquent les Turcs et se font massacrer.


Les guerriers, quant à eux, se rassemblent au Puy et attendent le 15 août 1096 pour se mettre en route selon les instructions du pape. Près de trois ans s'écouleront avant qu'ils atteignent leur but, la libération de Jérusalem et du tombeau du Christ.


Les croisades en Terre Sainte


Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II invite les guerriers d'Occident à délivrer le Saint-Sépulcre et secourir les chrétiens d'Orient.


En deux siècles, les croisades vont mettre en branle plusieurs centaines de milliers de personnes...
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MessageSujet: Re: Les croisades   Les croisades Icon_minitimeLun 28 Mar 2022 - 16:20

L'épopée des croisades

Les Templiers de la chapelle de Cressac

Au sud d'Angoulême, au bout d'une petite route de campagne, on peut se laisser surprendre par une chapelle d'apparence austère. À l'intérieur, rien moins qu'une représentation des croisades vieille de 800 ans !

C'est un austère bâtiment en pierre, avec un toit à double pente et d'étroites fenêtres sur le mur pignon. Aux alentours, rien d'autre que la paisible campagne de l'Angoumois : vallons, prés et bois, fermes isolées.

Mais à l'intérieur, c'est toute une épopée qui se déroule sous vos yeux ! Vous êtes au XIIe siècle, dans la chapelle de Cressac Saint-Genis, dont les peintures murales rappellent les exploits des templiers et des croisés en Terre sainte.

La chrétienté médiévale est alors en pleine expansion... Saint Bernard, réformateur de l'ordre de Cîteaux, inspire un retour à l'austérité dans les mœurs monastiques comme dans l'architecture.

De cette austérité se ressent ladite chapelle, dernier vestige d'une commanderie du Temple, la commanderie du Dognon.

Cet ordre de moines-chevaliers puissant, né en Terre Sainte, possédait dans tout le royaume, aux XIIe et XIIIe siècles, des établissements comme celui-là.

Après la dissolution de l'ordre des templiers par Philippe le Bel et jusqu'à la Révolution, la chapelle allait être incessamment pillée tout en conservant miraculeusement la plus grande partie des peintures décorant ses parois.

Les chevaliers francs et les Templiers, sous la conduite de Geoffroy Martel, frère du comte d'Angoulême, et d'Hugues VIII de Lusignan, comte de la Marche du Poitou, avaient à cette occasion vaincu le redoutable Nour el-Dîn, atâbeg (seigneur) de Mossoul.


Le registre inférieur, un peu plus tardif, représente un échange de prisonniers à l'occasion d'une trêve. D'autres peintures, sur les autres murs, montrent qui un évêque, qui un saint ou un roi.

La chapelle de Cressac somnole aujourd'hui sur sa colline, solitaire si ce n'est le voisinage d'un hameau et d'une route départementale qui lui amène quelques rares visiteurs. La communauté protestante de Barbezieux, sensible à l'austérité cistercienne de son architecture, en a fait un temple et l'honore périodiquement de quelques offices religieux.
Les croisades Cressac_chapelle

La chapelle des templiers à Cressac (Charente)
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MessageSujet: Re: Les croisades   Les croisades Icon_minitimeLun 28 Mar 2022 - 16:23

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MessageSujet: Re: Les croisades   Les croisades Icon_minitimeMar 29 Mar 2022 - 8:59

1099-1144


Les croisés consolident leur conquête


Avec la conquête de la Syrie, de la Palestine et surtout de Jérusalem, les croisés ont atteint en 1099 le but que leur avait fixé trois ans plus tôt le pape Urbain II.


Deux ans plus tard est annoncée l'arrivée d'un nouveau convoi de 150 000 pèlerins en armes. Raimon de Saint-Gilles va à leur rencontre à Constantinople pour les guider à travers l'Anatolie. Mais les pèlerins veulent avant tout délivrer Bohémond de Tarente, momentanément prisonnier des Turcs dans une forteresse du Taurus, à l'Est de l'Anatolie. Raimon tente de les dissuader de cette folie. En vain.


L'immense troupe s'enfonce dans des déserts inconnus et se fait massacrer par les Turcs. Avec ce désastre, les croisés perdent l'espoir de peupler de chrétiens d'Occident les terres qu'ils viennent de conquérir. Ils vont devoir survivre en petit nombre, en s'appuyant sur les chrétiens orientaux, Grecs, Arabes ou Arméniens, qu'ils encourageront à s'établir sur leurs terres.


Des croisés repartent chez eux, estimant leur mission accomplie, cependant qu'en Occident, d'autres chevaliers se croisent et vont par petits groupes prêter main-forte à ceux qui sont restés en Orient. Ces flux, par terre ou par mer, ne vont jamais cesser pendant un siècle.


Les États francs de Terre Sainte


Les croisades CarteHouotEtatslatins_mini

Forts du succès de leur première croisade, les barons francs reconstituent en Palestine le système féodal.


Ainsi naissent les États francs de Palestine et de Syrie : comté d'Édesse et principauté d'Antioche.


La Palestine à l'heure féodale
Les croisades Croisepriant

Les croisés en prière


Les barons francs se partagent leurs conquêtes mais acceptent l'autorité d'un suzerain commun, l'« avoué du Saint-Sépulcre », Godefroi de Bouillon. À ce dernier, qui meurt en 1100, succède son frère Baudouin de Boulogne qui prend le titre de roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin Ier.


Raimon de Saint-Gilles, déçu de n'avoir pas eu la couronne de Jérusalem, entame le siège de Tripoli, un port prospère situé au nord du Liban actuel.


La forteresse de Mont-Pèlerin, qu'il a érigée au-dessus de la ville, domine encore celle-ci. Mais c'est seulement à ses héritiers que reviendra l'honneur d'entrer enfin dans la ville le 12 juillet 1109 et de fonder ainsi un quatrième État franc, le comté de Tripoli.


Au contact des musulmans et des chrétiens orientaux, les croisés restés en Palestine et en Syrie créent une culture originale, mi-latine, mi-orientale.


Leurs descendants, souvent issus de mariages avec des femmes orientales (arméniennes, grecques ou syriaques, voire sarrasines), sont connus sous le surnom de « poulains » (l'équivalent du mot actuel « créoles »). Bons connaisseurs des réalités du pays, ils savent que leurs États, pris en tenaille entre l'Égypte fatimide et la Syrie turque, l'une et l'autre musulmane, ne pourront survivre qu'aussi longtemps que ces États resteront désunis.


Première contre-offensive turque


Dès 1110 prend forme la contre-offensive turque avec le siège d'Édesse par le seigneur turc (ou atâbeg) de la ville voisine de Mossoul. Les croisés, unissant leurs forces, sauvent Édesse mais doivent évacuer quelques postes avancés. La population arménienne de ces villes est massacrée par les musulmans.


En représailles, le chef normand Tancrède impose un tribut au roi turc d'Alep et fait ériger une croix au sommet du principal minaret de la ville.


À Bagdad, où siège le calife, la foule, conduite par des bourgeois d'Alep, manifeste violemment sa colère dans la grande mosquée, à l'heure de la prière. Elle exige du calife et du sultan une réplique immédiate. Mais Baudouin Ier, prodigieux guerrier et roi efficace, réunit tous ses vassaux et repousse avec succès une nouvelle offensive de l'atâbeg de Mossoul, Maudoud.


La chevalerie franque, disciplinée, ferme sur ses positions et protégée par ses armures de fer, a raison de la cavalerie légère des Turcs et des Arabes. Au terme de cette campagne, le royaume musulman d'Alep fait allégeance aux Francs. Le roi meurt le 2 avril 1118 alors qu'arrive à Jérusalem son cousin Baudouin du Bourg, comte d'Édesse. Les barons font aussitôt de ce dernier le roi Baudouin II.


Baudouin II, saint et malin
Pieux, intelligent et courageux, Baudouin II a aussi la réputation d'un homme habile. On raconte que lorsqu'il gouvernait Édesse, il s'était trouvé dans l'impossibilité de payer ses troupes.

Un jour qu'il conversait avec son beau-père Gabriel, un richissime Arménien, voilà qu'arrive le chef de ses gardes, qui exige du comte l'application de son serment (selon un plan concerté à l'avance).
Embarrassé, le seigneur lorrain se tourne vers son beau-père. Il lui explique qu'il a promis à ses hommes de couper sa barbe s'il ne pouvait régler leur solde. Or, la barbe est une tradition sacrée chez les Arméniens et ne saurait être coupée. Aussi Gabriel s'empresse-t-il de dépanner son gendre... contre la promesse de ne jamais plus engager son système pileux.


Moines et chevaliers
Les croisades Croisadestempliers

Départ des chevaliers pour la croisade


Le nouveau roi va consolider la conquête franque. On assiste sous son règne à la naissance d'ordres monastiques originaux qui rassemblent des chevaliers dévoués à la défense du Saint-Sépulcre et de la Terre sainte. Tout en conservant leur vocation militaire, ces chevaliers font, comme les moines ordinaires, voeu de chasteté et de pauvreté.



Les plus connus de ces ordres combattants sont les Templiers (Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon) et les Hospitaliers, futurs chevaliers de Rhodes puis de Malte.


L'ordre des Templiers est fondé de toutes pièces en 1118 par le Champenois Hugues de Payens et installé dans le « Temple de Salomon » (l'actuelle mosquée el-Aqsâ, sur l'esplanade du Temple).


Les Hospitaliers tirent leur nom d'un hôpital fondé à Jérusalem vers 1070 et développé par un mystique provençal, Gérard, mort en 1120. Il revient à son successeur, Raymond du Puy, de transformer cette communauté charitable en ordre monastique voué à la défense du Saint-Sépulcre.


Les uns et les autres construisent de puissantes forteresses en pierre qui condensent le savoir-faire militaire de l'Occident et de l'Orient. Appelées kraks, d'après un mot arabe qui signifie forteresse, elles ne seront jamais conquises par des armées ennemies.


Faisant preuve d'un remarquable esprit de discipline et d'une redoutable efficacité militaire, ces ordres monastiques vont se pervertir au bout de quelques décennies du fait de leur succès et de leur colossale richesse, jusqu'à trahir la cause franque comme on le verra lors de la bataille de Hattîn.


Précaire équilibre


Les Turcs mènent en ordre dispersé la guerre contre les principautés franques, elles-mêmes trop souvent divisées.


Le 28 juin 1119, le prince Roger d'Antioche assisté de 700 chevaliers attaque imprudemment quelques dizaines de milliers de Turcs. Le massacre est général et la ville d'Antioche manque d'être conquise par les Turcs, n'était la réaction immédiate du roi de Jérusalem.


Habile politique, Baudouin II veille à attiser les divisions dans le camp turc et n'hésite pas à s'allier avec tel chef musulman contre tel autre. Cette attitude suscite la désapprobation et le mépris des nouveaux arrivants. Ces guerriers fraîchement débarqués d'Europe se montrent avides d'en découdre avec les infidèles. Ils ne comprennent pas la prudence du roi et des poulains. D'où de très nombreuses erreurs stratégiques qui vont mener les États francs à leur perte en l'espace de deux générations.
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MessageSujet: Re: Les croisades   Les croisades Icon_minitimeMar 29 Mar 2022 - 9:11

1189-1291


Ultimes croisades


Suite à la victoire du sultan Saladin à Hattîn et à la chute de Jérusalem, les Francs de Palestine ont fait appel une troisième fois à leurs coreligionnaires d'Occident. Mais la nouvelle expédition n'a pas réussi à reprendre Jérusalem, du fait des dissensions entre les rois Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste. Après le retour chez eux des deux souverains, les Francs n'ont plus conservé en Palestine qu'un droit d'accès au tombeau du Christ, le Saint-Sépulcre, et quelques ports sur le littoral du Levant.


Le scandale de la quatrième croisade (1204)


Un siècle après l'appel du pape Urbain II, la chrétienté occidentale est en pleine transformation (mutation, dirait-on aujourd'hui).


Le commerce et l'urbanisation se développent, le niveau de vie s'améliore, le servage disparaît. Des États modernes émergent. L'art gothique est en plein essor... Les gens n'ont plus autant d'enthousiasme pour aller reconquérir Jérusalem. En Terre sainte même, les ports francs d'Acre, Tyr et Tripoli (au nord de l'actuel Liban) sont devenus de très fructueux lieux d'échanges entre l'Orient et l'Occident. Ils font la fortune des marchands italiens.


Il faut toute l'énergie du pape Innocent III pour mettre sur pied une nouvelle expédition. Celle-ci est confiée à de simples chevaliers. Pour le transport, on fait appel aux navires de Venise. Mais les Vénitiens exigent des chevaliers, en guise de paiement, qu'ils s'emparent pour leur compte de la ville chrétienne de Zara en Dalmatie et rétablissent sur le trône de Byzance un empereur à la solde de Venise.


Le pape a beau protester et excommunier les Vénitiens, rien n'y fait. Au lieu d'aller combattre les infidèles, les croisés s'emparent de Byzance le 12 avril 1204 et mettent à sac la ville. Ils instaurent pour finir un « Empire latin » avec à sa tête l'un des leurs. Ce détournement de la 4e croisade scandalise à bon droit la chrétienté et élargit le fossé qui sépare la chrétienté orthodoxe de rite grec de la chrétienté catholique de rite latin.


« Croisade des enfants » et 5e croisade (1217)


La suite n'est plus qu'une interminable agonie... malgré les qualités du nouveau roi de Jérusalem. Celui-ci, Jean de Brienne, est un seigneur champenois élu par les barons de Terre sainte sur les conseils du roi de France Philippe Auguste.


Énergique sexagénaire, au demeurant bel homme, il se marie en 1208, pour la bonne cause, à l'héritière du royaume de Jérusalem, la fille d'Isabelle et Conrad de Montferrat, alors âgée de 17 ans.


En 1212, en France et en Allemagne, des enfants ou « pastoureaux » se rassemblent au sein d'une improbable expédition, à l'appel d'un jeune illuminé, et malgré les avertissements du pape et des seigneurs, tentent de se rendre à Jérusalem. Leur sort est tragique. Beaucoup, s'étant livrés de confiance à des armateurs, sont vendus comme esclaves en Égypte. Les autres périssent sur les routes.


Là-dessus, le pape Innocent III lance au concile Latran IV l'idée d'une nouvelle croisade. Celle-ci sera mise en oeuvre par son successeur, Honorius III et placée sous le commandement du duc d'Autriche Léopold VI, du roi de Hongrie André II et du roi de Jérusalem. Les deux souverains débarquent à Acre en septembre 1217 mais ils rechignent à s'unir sous le commandement avisé du roi Jean de Brienne. Après de vaines escarmouches avec les musulmans, André II se lasse et rentre chez lui.


Comme de nouveaux renforts débarquent, Jean de Brienne décide alors d'attaquer... l'Égypte. Son objectif est d'asphyxier le poumon du monde arabe en s'emparant de ses débouchés maritimes, Alexandrie et Damiette, puis de négocier leur rétrocession de Jérusalem. Ce calcul n'est pas loin de réussir. Toujours portés par la supériorité militaire que leur confèrent leur discipline et leurs armures de fer, les croisés débarquent devant Damiette le 29 mai 1218.


Le sultan d'Égypte Mélik el-Kâmil, neveu de Saladin, se montre disposé à céder Jérusalem contre la levée du siège... Hélas, le mauvais sort s'acharne sur les croisés, cette fois en la personne du légat pontifical, un Espagnol du nom de Pélage. À peine débarqué, ce nouveau-venu repousse l'offre du sultan. Il prétend obtenir à la fois Damiette et la Ville sainte.


Le légat ordonne d'en finir avec Damiette puis enlève le commandement de l'armée à Jean de Brienne. Tandis que ce dernier rentre en Syrie, le légat repousse une nouvelle offre du sultan et lance une folle expédition vers Le Caire ! Jean de Brienne, consterné, revient dare-dare par souci de sauver ce qui peut l'être.
Les croisades Sepulcre

L'église du Saint Sépulcre de Jérusalem surmontée du croissant


Las, comme on est au mois d'août 1221, l'armée des croisés se rend prisonnière de la crue annuelle du Nil. Elle est contrainte à la reddition. Le sultan, magnanime, la renvoie dans ses foyers cependant que Jean de Brienne se livre en otage... Pélage rentre à Rome où il se fait copieusement tancer par le pape Honorius III.


La fausse croisade de Frédéric II (1229)


La tentative suivante de reconquête de Jérusalem n'a rien d'une expédition militaire. Elle est le fait de Frédéric II de Hohenstaufen, titulaire de l'empire d'Allemagne et héritier par sa mère du royaume normand de Sicile.


Cultivé, curieux, ami des lettrés musulmans, ce prince manifeste par ailleurs un grand cynisme et une absence totale de piété. L'historien René Grousset dit de lui : «Si Frédéric II affectait de tant admirer l'islam, c'était un peu à la façon de Montesquieu et de Voltaire, moins pour l'islam lui-même que contre l'Église romaine».


À l'occasion de son sacre, en 1220, l'empereur allemand fait au pape Honorius III, en 1220, le voeu de se croiser... Bientôt veuf, il se propose d'épouser la fille du roi de Jérusalem Jean de Brienne, Isabelle. Celle-ci a 11 ans et lui-même 28.


Jean de Brienne, ébloui, envoie sa fille en Sicile. Elle y mourra bientôt de chagrin cependant que son père, victime d'un marché de dupes, devra, dès le soir des noces, céder ses droits sur la couronne de Jérusalem à son cynique gendre.


 En 1227, lassé d'attendre la croisade promise par Frédéric II, le nouveau pape Grégoire IX excommunie l'empereur.


Encore sous le coup de l'excommunication, Frédéric II se résigne à prendre le chemin de l'Orient. Il traite avec le sultan Mélik el-Kâmil et achète le droit d'entrer dans la Ville sainte et de s'y faire couronner roi de Jérusalem. En échange, il convient de mettre ses troupes au service du sultan d'Égypte dans la guerre que celui a engagée contre... son frère, le sultan de Damas. Mais le temps que l'empereur arrive en Terre sainte, le sultan de Damas est mort et avec lui la guerre fratricide.


De mauvais gré, le sultan d'Égypte livre à Frédéric Jérusalem, Bethléem, Nazareth et Sidon par l'accord de Jaffa du 11 février 1229. Détesté par les Francs de Palestine et leur chef, le seigneur de Beyrouth Jean d'Ibelin, méprisé par les musulmans qui ne goûtent pas son athéisme et son cynisme, Frédéric II reprend sans attendre le chemin de la Sicile. Dès le 23 août 1244, des bandes de Turcs Khwarizmiens allaient définitivement enlever Jérusalem aux Francs et restituer la ville au sultan.
Les croisades LouisIX

Louis IX ou Saint Louis s'embarque à Aigues-Mortes pour la croisade


La septième croisade (1249-1254)


Le roi de France Louis IX (futur Saint Louis) se montre très affecté par la perte de Jérusalem. Il entreprend une nouvelle croisade avec les encouragements du pape Innocent IV. S'embarquant avec son armée à Aigues-Mortes, en Provence, il atteint le delta du Nil et s'empare de Damiette. Il bat à el-Mansourah (le Champ de la victoire en arabe), plus au sud, l'armée du sultan, composée de mercenaires appelés mamelouks.


Mais son avant-garde s'aventure imprudemment sur la route du Caire en dépit de ses ordres. Bientôt, toute l'armée est bloquée sur place par la crue du Nil et menacée par la famine et l'épidémie. Elle tente de battre en retraite. Le 8 septembre 1250, Saint Louis est capturé en protégeant son arrière-garde. Le vainqueur est un mamelouk turc promis à un grand destin, Baïbars l'Arbalétrier. Sa dynastie, se substituant à celle de Saladin, règnera sur l'Égypte jusqu'à la conquête par le sultan turc Sélim Ier en 1517. Les Mamelouks n'en continueront pas moins de dominer la société égyptienne jusqu'à l'arrivée de Bonaparte en 1798.


Hôte forcé des Égyptiens, Saint Louis impressionne ses geôliers par sa piété et sa grandeur d'âme. Libéré contre une rançon et la restitution de Damiette, il rentre en France après un séjour de quatre années dans les échelles franques du Levant dont il restaure l'administration et les défenses.


Huitième et dernière croisade (1270)


Saint Louis est encore à l'origine de la huitième et dernière expédition. Comme précédemment, il s'embarque avec son armée à Aigues-Mortes mais se dirige vers... Tunis. Son objectif est de convertir le sultan hafside El-Moutansir et de le dresser contre le sultan mamelouk d'Égypte Baïbars, celui-là même qui l'a capturé lors de la précédente croisade.


Mais les barons francs sont las et à peine débarquée à Carthage le 17 juillet 1270, l'armée est frappée par une épidémie de typhus. Le roi lui-même est atteint et meurt pieusement sous les murs de Tunis, emportant avec lui l'idéal religieux de la croisade.


Les ultimes vestiges de la présence franque en Palestine disparaissent en 1291 avec la chute de Saint-Jean-d'Acre aux mains des mamelouks.

André Larané
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