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 André Marie de Chénier.

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MessageSujet: André Marie de Chénier.   André Marie de Chénier. Icon_minitimeVen 3 Mai 2019 - 16:18

André Marie de Chénier, dit André Chénier, fils de Louis de Chénier et frère de Marie-Joseph Chénier, est un poète et journaliste français né le30 octobre 1762 à Constantinople et mort guillotiné à Paris le 7 Thermidor de l'an II (25 juillet 1794) à 31 ans.

André Marie de Chénier. Andrzo10


Sa poésie comprend des réécritures de poèmes antiques, des élégies personnelles, des poèmes philosophiques et des poèmes politiques marqués par le contexte révolutionnaire. L'œuvre inachevée de ce jeune poète du xviiie siècle, publiée progressivement à partir de 1819, a fait de lui une figure majeure de l'hellénisme en France1 et un inspirateur du romantisme.

Durant la période révolutionnaire, il entre dans les polémiques politiques. Héritier des Lumières, il est membre du parti constitutionnel, admire la Révolution de 1789 mais prend violemment position contre le jacobinisme mené par Robespierre, tout en méprisant les royalistes.

Enfance et adolescence

André Chénier est né à Galata, quartier de Constantinople (aujourd'hui Istanbul en Turquie), d’une mère grecque (Elisabeth Lhomaca)2,3 et d’un négociant français, Louis de Chénier. La famille rentre en France en 1765, mais le père repart bientôt seul pour être consul au Maroc4 (ville de Safi). André fut élevé par sa tante Marie et l'époux de celle-ci, André Béraut, à Carcassonne. Il est admis en 1773 au Collège de Navarre, qui est ouvert sur les idées nouvelles : l'histoire et la géographie sont inspirées de L'Essai sur les mœurs de Voltaire, la philosophie inspirée du sensualisme de Condillac. Il s'y lie avec des fils de grandes familles, notamment Charles et Michel de Trudaine, ainsi que Louis et François de Pange, grâce auxquels il put ensuite fréquenter les milieux littéraires et aristocratiques ; plusieurs de ses poèmes sont dédiés à ces amis. Les Trudaine et les Pange sont par ailleurs proches de Turgot, des Lumières et des encyclopédistes. Tous ces amis ont Condorcet pour maître à penser

Activités poétiques

Pour l'arracher à un amour malheureux pour une chanteuse de l'Opéra (sa Lycoris), on lui ménagea un stage d'élève officier à Strasbourg en 1782 ; mais il se vit fermer la carrière militaire comme roturier. Reportant désormais toute son ambition vers la poésie, quoique sans publier, il conçut de grands projets, avec l'espoir de devenir « l’Homère des modernes ».

Cependant, après un voyage en Suisse en 1784, il composa surtout des Élégies et des Bucoliques, où l'imitation des modèles antiques8 servait l'expression esthétique d'une inspiration orientée par sa passion pour la mondaine Michelle Guesnon de Bonneuil (appelée D'Azan ou Camille), puis par son amitié amoureuse pour la peintre italo-anglaise Maria Cosway née Hadfield, épouse de Richard Cosway, courtisée par l'ambassadeur américain Thomas Jefferson.

À partir de février 1787, au retour d'un rapide et mystérieux voyage en Italie, il s'occupa plus activement de poèmes philosophiques et satiriques qui portent la marque du climat idéologique et politique de l'époque prérévolutionnaire ; mais sa situation précaire l'obligea à contenir sa combativité.

Engagé comme ambassadeur privé du Marquis de la Luzerne, ambassadeur de France en Angleterre, il partit le 1er décembre 1787 en compagnie de Maria Cosway, qui rentrait à Londres, où il resta en service jusqu'en 1790, tout en disposant chaque été d'un congé à Paris.

Journalisme

Il contribua au Journal de la Société de 1789 qui compta une quinzaine de numéros2. À partir de 1791, il collabora, comme Michel Regnaud de Saint-Jean d'Angély et François de Pange, au Journal de Paris, organe du parti constitutionnel, où il condamna la Terreur de la Révolution dans des articles critiques contre Jacques Pierre Brissot, et d'autres plus véhéments contre les Jacobins, notamment Robespierreet Marat2. Inquiété pour ses prises de position publiques, il réussit à sortir de Paris, après le 10 août 1792, quittant le quartier du Sentier, où il résidait chez ses parents. Au moment des massacres de Septembre, il se rendit à Rouen, puis au Havre, d'où il aurait pu embarquer.
Il refusa néanmoins d'émigrer et revint à Paris, pour participer aux tentatives faites pour arracher Louis XVI à l'échafaud.

Il se replia au printemps 1793 à Versailles, d'où il se rendait souvent à Louveciennes où se trouvait la propriété de ses amis Lecouteulx2. Discrètement amoureux de Françoise Lecouteulx, il composa pour elle la mélancolique série des Odes à Fanny.

Arrestation et condamnation

Appel des dernières victimes de la terreur dans la prison de saint Lazare.7, 9 thermidor 1794 par Charles Louis Müller

André Chénier est arrêté à Passy (sur l'actuelle rue Bois-Le-Vent9) le 7 mars 1794 alors qu’il rend visite à son amie, Adélaïde Piscatory, marquise de Pastoret. Venant de Versailles, il est accompagné d'Émilie-Lucrèce d’Estat qui, comme lui, a participé aux achats de votes de Conventionnels pendant le procès de Louis XVI. Mlle d’Estat, maîtresse puis épouse de José Ocariz, l’ancien chargé d’affaires ayant rang d’ambassadeur espagnol à Paris avant la déclaration de guerre, qui a supervisé cette vaste opération de corruptionNote, a conservé des papiers relatifs à cette affaire. Ce dossier très important qu'André Chénier a eu entre les mains est activement recherché par les comités de l’an II.

Sachant que Mlle d’Estat, dont le frère et la sœur viennent d’être guillotinés, est elle-même en grand danger, Chénier se met courageusement en avant, créant une espèce de confusion à l’occasion de laquelle Mlle d’Estat peut s’esquiver tandis qu’on l’emmène, lui, en prison à Saint-Lazare. Impliqué dans une affaire qui permet d’exécuter les suspects sans les entendre, il est condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, pour avoir « recelé les papiers de l'ambassadeur d'Espagne ».
Il est également accusé comme « ex-adjudant-chef et chef-de-brigade » sous les ordres de Charles-François Dumouriez d'avoir écrit « un mémoire contre des habitants de la commune de Breteuil » alors qu'en réalité, c'est son frère « Sauveur » Chénier qui en est l'auteur et qui est lui-même emprisonné à Beauvais.

À l'instar de Jean-Baptiste Coffinhal qui avait adressé à Antoine Lavoisier lors de son procès : « La République n’a pas besoin de savants, ni de chimistes », Fouquier-Tinville adressa à André Chénier la phrase suivante : « La République n’a pas besoin de poète ».
André Chénier est guillotiné le 7 thermidor, avec le poète Jean-Antoine Roucher et Frédéric de Trenck, deux jours avant l’arrestation de Robespierre. La veille de sa mort, il aurait écrit l’ode La Jeune Captive, poème qui évoque la figure de sa muse, Aimée de Coigny.

S'adressant à Jean Antoine Roucher, ses dernières paroles prononcées avant de monter sur l’échafaud sont : « Je n'ai rien fait pour la postérité », ajoutant en se désignant la tête : « Pourtant, j’avais quelque chose là ! » ou « C'est dommage, il y avait quelque chose là ! ».
Son corps, parmi mille trois cents autres victimes de la Terreur et de la guillotine, est jeté Place de la Nation, dans une fosse commune du couvent des Chanoinesses, plus tard devenu le cimetière de Picpus à Paris.

Il est aussi connu pour l'anecdote suivante : attendant son tour devant l'échafaud, il lit une pièce de Sophocle. Lorsque le bourreau l'appelle pour lui lier les mains, Chénier remet son livre en poche, non sans avoir corné la page13.

Son frère cadet, Marie-Joseph Chénier, écrivain, dramaturge, mena de pair une carrière politique. Après la mort d'André, les Royalistes se livrèrent à une violente campagne diffamatoire contre Marie-Joseph, le traitant de Caïn et l’accusant faussement, pour discréditer les Républicains, d’avoir laissé exécuter son frère.

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MessageSujet: Re: André Marie de Chénier.   André Marie de Chénier. Icon_minitimeVen 3 Mai 2019 - 16:23

Œuvres d’art inspirées de ses poèmes et de sa vie

Buste d'André Chénier par le sculpteur David d'Angers (1839).

Il est, avec Chatterton et Gilbert, l’un des trois auteurs « maudits » présentés par le Docteur Noir dans le Stello d’Alfred de Vigny.
La Jeune Tarentine par Alexandre Schoenewerk, sculpture en marbre, 1871, 171 cm x 74 cm x 68 cm. Coll. Musée d’Orsay, Paris (France).

Sa destinée a inspiré l’opéra vériste d’Umberto Giordano sur un livret de Luigi Illica, Andrea Chénier, dont la première eut lieu à La Scala de Milan, le 28 mars 1896.

En 1910, Jean-Marie Mestrallet rédige un poème dramatique en quatre actes : André Cheniér14,15.

Torse de La Jeune Captive par René Iché, sculpture en marbre, 1932, H. 64 cm. Coll. Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris, Paris (France).

La Jeune Tarentine par René Iché, sculpture en marbre, 1932-34, L. 85 cm. Coll. privée, New-York (États-Unis).

Dans ses Poèmes de Fresnes écrits en prison d'où il attend son jugement en 1945, Robert Brasillach compare sa situation à celle d'André Chénier.

Le Pas du juge (2009), roman de Henri Troyat dont il est le personnage central, avec son frère Marie-Joseph et leurs parents (le père est Louis de Chénier).

Hommage

Plaque au n°97 rue de Cléry.
À Paris, dans le 2e arrondissement, une rue Chénier existe depuis 1864, à quelques pas du 97 rue de Cléry où est apposée une plaque mémorielle.

Et il y a aussi un collège appelé le collège André Chénier à Marseille dans le 12e arrondissement. Un autre collège également à Carcassonne dans le sud de la France appelé André Chénier.
A Carcassonne encore, entre la gare et le centre-ville, un square bordé d'un mail porte également son nom.
L'Institution Sainte-Marie d'Antony possède un amphithéâtre nommé André Chénier.

À Versailles, une rue André Chénier existe dans le centre-ville. Elle est l'une des quatre rues périphériques de la Place du Marché Notre-Dame. Sur un plan de 1854 cette rue s'appelait Rue des Fripiers16, elle apparaît sous son nom actuel sur un plan de 188917.
Une école primaire de Louveciennes porte son nom.

Le nom d’André Chénier a été donné à une rue d’Amiens et à une rue limitrophe entre la commune de Massy et d'Antony.

Bibliographie

Œuvres de Chénier

André Chénier, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1940, Bibliothèque de la Pléiade, édition de Georges Walter.

André Chénier, Poésies, Paris, Gallimard, 1994, coll. "Poésie", édition de Louis Becq de Fouquières, fac-similé de l'édition de 1872, (ISBN 2-07-032812-0).

André Chénier, Œuvres poétiques, tome 1 : Imitations et préludes. Art d'aimer. Élégies. Édition critique par Georges Buisson et Édouard Guitton, Paradigme, 2005.

Andre Chénier, Œuvres poétiques, tome 2 : Bucoliques. Epîtres et Poétique. L'Invention. Édition critique par Georges Buisson, Paradigme, 2010, édition de référence du jury de l'agrégation de Lettres.

Ouvrages sur Chénier

Paul Dimoff, La vie et l’œuvre d'André Chénier, Paris 1936, Slatkine Reprints 1970.
Georges Walter, André Chénier, son milieu, son temps, Paris, Robert Laffont, 1946.
Jean Fabre, Chénier, l'homme et l'oeuvre, Hatier, 1955.
Jean-Marie Gerbault, André Chénier, Paris, Seghers, 1958.
Catriona Seth, André Chénier, le miracle du siècle, Paris, PUPS, 2005.
Jean Goulemot, André Chénier : poésie et politique, (avec Jean-Jacques Tatin-Gourier), Paris, Minerve, 2005, vol.I, 219 p. (ISBN 2-86931-113-3)
Catriona Seth et Agnès Steuckardt, André Chénier. Études sur les Imitations et préludes poétiques, Art d'aimer et Elégies, Neuilly, Atlande, 2005.
Venance Dougados et son temps, André Chénier, Fabre d'Églantine, actes du colloque international tenu à Carcassonne les 5, 6 et 7 mai 1994, (éd.) Sylvie Caucanas et Rémy Cazals, 1995, 222 p. (ISBN 2-906442-12-7)
Henri Troyat, Le pas du juge ou la vie des frères Chénier, Paris, de Fallois, 2009, 202 p. (ISBN 978-2-8770-6682-2)
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