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 Papy sous la casquette de Papyroutier

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Papy
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MessageSujet: Papy sous la casquette de Papyroutier   Mar 16 Jan 2018 - 15:52


Afin de rendre service à Jean Paul SAVARY , petit transporteur Vaudois, j’accepte d’aller rechercher un de ses camion remorque « abandonné » à Istanbul, c’était en Novembre 1969….le début d’une longue histoire, d’un long voyage, et d’une nouvelles passion….

En fait ce n’est pas rechercher qu’il aurait fallut dire, mais continuer le voyage en cours…la destination du chargement : MULTAN au Pakistan….mais étant déjà à Istanbul, une bonne partie du voyage était déjà faite, non ?


Afin de rendre service à Jean Paul SAVARY , petit transporteur Vaudois, j’accepte d’aller rechercher un de ses camion remorque « abandonné » à Istanbul, c’était en Novembre 1969….le début d’une longue histoire, d’un long voyage, et d’une nouvelles passion….

En 1969, je travaillais comme chauffeur dans une maison de Transport de la Riviera Vaudoise, les Transports POULY de Vevey…je conduisais un Camion Remorque MAN, c’était un 10210, cabine avancée, sans couchette, boite à vitesse ZF 6 vitesses avec commande a étage, en levant le levier la 1 ère et 2°, au milieu, 3° et 4°, en pressant vers le bas, 5° et 6°, pas de relais, pas très puissant…avec 18 tonnes de ciment on devait mettre la première pour terminer la montée de « la Biôlle » près d’Annecy .

Une particularité de l’entreprise, était le fait qua tous les camions étaient « transformables »
très rapidement, ils pouvaient tous recevoir indifféremment pont ridelle bâché, citerne, ou caisse fourgon de déménagement…

A Vevey, il y a aussi l’ administrations mondiale de Nestlé…de ce fait notre entreprise travaillait beaucoup pour ce gros client…principalement en déplacement mobilier des cadres de l’entreprise dans toutes l’Europe…. donc, je faisais partie de cette équipe de chauffeur….polyvalents… déménageur, citernier, ou autres transports de matériaux, notamment en approvisionnement de ciment prompt de Cruas en Ardèche ou St Egrève vers Grenoble…le patron de cette entreprise, un homme de grand coeur, ouvert au dialogue et a l’écoute des autres, bon vivant….enfin super ambiance….

Donc un certain soir de Novembre 1969, mon copain Jean Paul, me téléphone, et me dit tout de go : Jean, j’suis dans ma merde, ce salopard de … ??. à abandonné son Fiat à Istanbul, il a disparu avec le pognon que je lui avait donné…je sais que les clés sont dans le pare chocs, et que le camion se trouve sur un petit parking entre l’Aéroport et le Ferry…

Il faudrait que tu me rendes service et que tu ailles le rechercher labàs…. !! Bon, bon, rien que ça…mais bien sur, moi, je travaille chez Pouly, je veux bien en parles à Mr Fauchère, mais tu sais je ne peu rien présager de sa réponse….alors, rappelle moi demain soir…. mais moi, dans mon for intérieur je suis très tenté par ce projet.

Le lendemain, j’explique le coup à mon patron… qui comme moi, croit a une absence d’une semaine au maximum, il accepte, avec la condition bien sur que ce soit à la charge de Jean Paul… ce qui va de soit…

Donc, le soir même, bonne nouvelle à donner à Jean Paul, tout est OK de mon coté, une valdoche, le passeport, et rendrez vous demain à l’aéroport de Genève Cointrin pour l’avion d’Istanbul…Jean Paul est là, il me donne le billet d’avion, et six mille francs Suisse (24'000 FFrs), et c’est parti.

Il fait nuit quand nous atterrissons à Istanbul, naturellement les taxis nous tombent dessus comme la misère sur le pauvre monde, pas très au fait de la langue locale, j’ai bien du mal de me faire comprendre…enfin, je change mille balles en Turkich Lira, et, après plusieurs tentatives d’explications…le sens de l’opération à venir commence à ètre compris…on se met en route, dans un énorme « dolmus » direction le Ferry, il a compris ce que nous recherchions, un camion remorque Fiat…premier trajet de plus de 20 Kms négatif, nous n’avons rien vu, second trajet….ha, ça y est il est là…tout au fond d’un genre de square de l’autre coté de la route…(Pas très loin du Londra Camping que nous connaissons actuellement) .alors bien sur, on s’approche, le camion est bien tourné en direction de l’ouest, donc pas de problèmes on va rentrer…

Le Chauffeur de Taxi très intéressé par tout ce mic mac reste là, je trouve les clefs dans le pare chocs, j’ouvre la cabine…un bordel pas possible à l’intérieur….les papiers ? ha ils sont là ! mais quoi ? des carnets de Tir ? alors ce n’est pas vide ! ! Je regarde mieux, en effet, le camion est encore plombé, et les carnets pour ou ?....c’est alors que je découvre toute l’histoire, le camion est en fait chargé de tuyaux en plastic destinés à un chantier de l’ Entreprise DUMEZ à Multan au Pakistan…cet enfoiré de Jean Paul…il m’à bien eu…..je me rend en conférence, je continue, ou je rentre….

Bof, pour moi, pauvre ignorant que je suis, Multan c’est pas loin d’ici, ne suis-je pas déjà à Istanbul, donc pas de problème c’est sûrement la porte d’ à coté… alors je continue… faisant quand même le tour du camion, je me rend compte que si l’aspect extérieur est correct, les pneus arrière eux par exemple ont eu la « pelade », le profil « slick » genre tête à Barthez me fait immédiatement comprendre la motivation du « salopard » qui a abandonné le camion….enfin on verra bien, Jean Paul m’à quand même donné six mille Francs Suisses, non ?

Donc maintenant il s’agit de mettre en route « l’ usine », dans ce modèle de Fiat, le capot du moteur s’ouvre à l’intérieur de la cabine…ha oui, j’ai pas dit, c’est un Fiat 619 direction à droite, deux essieux directeur du solide quoi comme les mille pattes qu’on voit en Italie, alors après avoir fait un minimum de « ménage » avec l’aide du chauffeur de « Dolmus » le capot levé on procède aux vérifications minimums…et test de démarrage…..que t’chi, y veut rien savoir l’ bestiau….alors d’abord voir s’il y a du carburant, il y a , ensuite, purge….mais les outils ?....alors mon nouveau copain Turkich opère…en quatre coup de cuillère à pot, ça démarre, putain comme ça tourne rond ces Fiats…

Bon alors on va pas coucher là…donc je décide de passer le Bosphore tout de suite, le « collèga » m’aide, nous arrivons à l’embarquement…il m’indique pour prendre le billet, je lui file son royal Bakchich, il n’en fini pas de remerciements, il a sûrement plus gagné avec moi en deux heures que pendant toute sa semaine de boulot avec le « Dolmus », et en fin j’embarque, le spectacle très nouveau pour moi, est magnifique, toutes ces lumières, cette agitation en plein nuit, fantastique….arrivé de l’autre coté, il est au moins deux heures du matin, alors, coup de barre oblige, je me met en position de replis….une petite place dans tous ce tohu-bohu, on verra le reste quand il fera plus jour…

La suite se passe plutôt bien, je ne suis pas vraiment tout seul, il y a des Anglais, des Suisses Allemand, pas vu de Français , des Bulgares, des Hongrois, je vais de découvertes en découvertes, le Bolu, Ankara, Sivas, Erzincan, Dogubaïzit, Bazargan, Marand, Zandjan, Téhéran…bof, rien de bien spécial à raconter, sinon que je dois bien vite m’adapter aux conditions de circulation locales, qui n’ont rien à voir avec celles de nos régions….le Fiat tourne comme une horloge, avec les dix tonnes qu’il trimbale, il vole littéralement « de trou en trou ».

Coté bouffe, bien sur, plus rien à voir avec le « Disque Bleu »,, heureusement mon « prédécesseur » avait quand même prévu la chose….il y avait des cassoulets, n’en veux tu n’en voilà… je complète le garde manger avec les produits locaux, Yémurta, Ekmeck, Pénir, Bira, etc…

A Téhéran je passe chez l’Agent d’ Astran International, Mister Ranguy, après un petit break dans cette ville je reprend la direction de Mesched, je dois y « faire » les visas d’Afghanistan et de Pakistan….et je l’ai su bien après j’aurais du passer aussi à la Chambre de Commerce d’Afghanistan pour faire un manifeste, car le carnet de Tir n’a plus de valeur sorti d’Iran, mais….

Il y a une autre chose me préoccupe un peu, n’ avais je pas convenu avec mon patron que j’ en avais pour une semaine, et puis voilà déjà vingt jours que je suis parti de Genève….bof une petite carte pour expliquer la situation …et in hallah !! et puis, y a quand même ces putains de pneus slick qui n’en finissent pas de crever…les goujons de roues n’ont pas le temps de gripper….



Attente a la Frontière Irano Afghane de Taibad

Arrivé à Taïbad, la Frontière Iranienne, le carnet de Tir « déchargé » après un no mans land d’une dizaine de kilomètres, j’arrive donc en Afghanistan… manifeste, me dit le chef douanier…..manifeste ?.....mister, you ave not manifeste ? No Mister, you kommbac to Iran, ist not possible for you transit Afghanistan…….bordel, que aco !!!!, ils m’expliquent alors que je devais faire un manifeste in the Afghanistan Commerce Chamber in Mesched….ha bon ?....mais alors que faire ? retourner la bas….bien pas de problème, j’y retourne, seulement arrivé de nouveau in the Iran Border…Mister, is not possible Go with truck, our TIR carnet is finich, alors putain, que faire….j’y vais donc en Bus….labàs les mecs me disent qu’ils veulent voir le camion…..enfin le truc dingue, digne des administrations d’ici….je retourne à la frontière, je palabre avec tous les chefs que je peux et comme je peux…peut ètre qu’avec un bacchich ça va s’arranger….enfin j’attend que le vent tourne…

Il tourne en effet, mais pas du tout comme je croyais,,,,c’est sous la forme de hippies que ça se passe, un mec, une nana, de vrais pouilleux…ils vont à la recherche du paradis du coté de Katmandou, ils viennent vers moi, ils m’interpellent en mauvais Allemand (Le camion à une immatriculation Suisse Allemande (BS)…et soudain ils se rendent compte que je parles Français….

Ce sont des Suisses, de Lausanne, des paumés de labàs, elle, Cosette était institutrice, et le mec était dessinateur industriel chez Bobst….il habitent à une dizaine de kilomètres de chez moi en Suisse…..alors bien sur….aussi bien comme pour l’un que pour les deux autres, c’est quand même bon de se retrouver là… «Entre pays».

Cosette, bien que très « deg » dans sa présentation, est quand même mieux lotie que moi pour les explications Anglophones, son aide est incontestable…..pendant que le mec fume ses joints et garde le camion ou l’inverse, je retourne avec elle en Bus à Mesched, avec une lettre écrite en « Farsi » par le chef de la douane, au bout de deux jours, nous avons le fameux manifeste…..ça y est on est sauvé, ça repart de plus belle…je sais ce que vous pensez, et bien non, je n’ai pas « consommé » à ma traductrice….

Mais cette fois avec mes deux « compagnons » hippie, dans la cabine déjà particulièrement surchargée (la nuit je me fraie un passage jusqu’à la couchette, et eux dorment par terre sous la remorque) la route entre Herat et Kandahar construite par les Américains est super,il y a des motels, entre Kandahar et Kaboul, construite par les Russe, est presque aussi bien, mais pas de motels, Kaboul une jolie villes, les gens sont très gentils, nous y restons deux jours, enfin nous attaquons le Kibert Pass ( fief actuel de Ben Laden) enfin le Pakistan….

Naturellement dans ces pays là, la drogue est monnaie courante, tout le monde fume ça comme ici les gauloises, si mes deux copains étaient « aux anges », moi par contre…pas terrible le test, ça ma rendu malade…cela à été la seule et unique fois que j’ai goûté à ce truc là.

On roule à gauche au Pakistan, la route n’est goudronnée qu’au milieu, alors c’est le plus gonflé qui reste sur l’asphalte, j’avoue que j’ai souvent sauté sur le bas coté au dernier moment….notre route longe le fleuve Indus, il est presque sec, les Indous ont détourné la flotte, c’est pour cela que nous allons là-bas, Dumez fais des forages pour récupérer de l’eau.

Un chantier énorme que le cite Dumez, une organisation militarisée, le camp de base est situé bien loin du chantier proprement dit, je n’ai pas le droit d’y aller, c’est des chauffeurs de Dumez qui prennent mon camion en charge….ils me le rendent lavé, graissé, vidangé, et surtout avec des pneus neufs à l’arrière, tout ça gratuit….miracle de la solidarité Française, un des chefs de chantier n’était t’il pas le fils Thiévent de Sochaux…et moi, je suis d’ Exincourt, le village d’à coté, le monde est très petit, v’savez !.

Mais avec tout ça, voilà deux mois bientôt que je suis parti, on n’avait pas dit une semaine ? J’ai fais le réveillon avec eux…et je suis rentré en direction de Téhéran…j’ai laissé les amis hippies à Lahore qui se trouve ètre à proximité de la frontière de l’Inde….il est a noter qu’une proposition de travail leur a été faite par Dumez, lui comme dessinateur , et elle comme serveuse au foyer Dumez, à la conditions naturellement qu’ils reprennent « figure humaine » lui se couper les « douilles » et elle se fringuer un peu mieux…Cosette accepte, mai lui refuse catégoriquement de « sabrer se crinière », alors ils repartent sans un rond, mais préfèrent comme ça….drôle, non ?

Ce voyage inaugural, à été suivi de deux autres, j’ai croisé le second en Afganistan, c’est Guy Mathey de Genève qui accompagné de son épouse Caroline les à faits tous les deux, par la suite ce couple déjà très âgés à effectué plusieurs voyages sur Téhéran, tout d’abord, ils avaient un Fiat 619 aussi et ensuite ils ont eus un des tous premiers Scania 140…de Suisse, malheureusement la vie à été très cruelle envers eux, Caroline Mathey est partie la première des suites d’un cancer, et Guy ne lui a pas longtemps survécu….des chasseurs l’ont retrouvé mort dans sa voiture…un tuyaux était relié à l’échappement, il était parti rejoindre Caroline….



En attente de rechargement à la Foire Exposition de Téhéran
Ce seront les deux seules photos de ce voyage

Cela à beau ne pas ètre très cher par labàs, mais avec six mille francs (même suisse) le pognon, commençait à faire un peu défaut, il était donc indispensable de se « refaire » pour pouvoir rentrer….qu’à cela ne tiennes, à Téhéran, avec l’aide de Mister Ranguy, après avoir attendu quelques jours que la Foire Internationale de Téhéran se termine, et j’ai rechargé le stand Anglais pour rentrer….payé au cul du camion…donc pas de problèmes….rentrée normale, passage par l’ Autriche, Allemagne, Zéebruge Dover, Addington, au siège d’Astran…pour moi, retour en Suisse en avion…presque juste trois mois après mon départ de Genève…..tu parles d’une semaine….

Coté Transport Pouly, j’avais quand même envoyé des cartes au patron, alors il avait installé une carte de Moyen Orient au tableau d’affichage, il épinglait mes cartes au fur et a mesure de leur réception, en fait pour lui il à très bien pris la chose, et même a mon retour il à organisé « une monstre verrée » en mon honneur….merci patron…ça a été mon dernier patron…mais quel patron..

Pendant ce temps là, Jean Paul Savary avait bien sur fait faillite… naturellement je n’ai pas pu toucher de salaire, tout juste quelques acomptes qu’il à apporté à ma famille, mais par contre j’ai eu un prix de faveur pour le matériel….le vieux Fiat et un nouveau camion remorque, un Scania 110 super. Astran qui avait quand même bien apprécié « ma prestation » m’à aidé financièrement, par une caution bancaire, c’est ainsi que je suis devenu patron à mon tour…..

Cosette, elle, j’ai eu l’occasion par la suite de la revoir à …Londres, elle avait travaillait comme serveuse au Swisscenter dans Piccadilly, elle avait retrouvé une apparence beaucoup plus clean, « mettable » dirais je, plus rien à voir avec le tas de chiffons qui m’avait cependant bien aidé, son mec lui il est resté labàs au Népal, il est gourou parait il… à moins que comme malheureusement tant d’autres il ai rejoint ce paradis qu’il était venu chercher bien loin de chez lui.

Une semaine à la maison, les formalités administratives faites au sujet du Scania, chargé en Suisse pour la Grande Bretagne…et une fois labàs premier chargement pour Téhéran, des machines à laver Hoower et du Whisky pour le Scania, du groupage pour le Fiat, en même temps que ses camions, j’ai repris le chauffeur qui restait chez Jean Paul, ainsi Michel Gürthner à conduit le Fiat…tout c’est bien passé, alors pourquoi pas continuer, hein ? C’est ce que j’ai fait…
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Noel
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MessageSujet: Re: Papy sous la casquette de Papyroutier   Mar 16 Jan 2018 - 20:56

Belle aventure, aujourd'hui, est-ce encore possible.
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Papy sous la casquette de Papyroutier
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