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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 25 Fév 2018 - 8:20

25 février 1899
Création officielle de Renault
fondée depuis le 1er octobre 1898




C’est le jour de la création officielle, à Boulogne-Billancourt, de Renault Frères, par les frères Renault, Fernand et Marcel. En vérité, le génie, celui sans qui rien n’aurait été possible, c’est un troisième frère Renault, Louis : il a transformé un vieux tricycle en une voiture à moteur capable d’atteindre les 50 kilomètres à l’heure. On lui doit aussi l’invention d’un changement de vitesses à prise directe, un système révolutionnaire à l’époque, qu’il s’empresse de faire breveter.


Renault Frères - 1899.

Marcel et Fernand Renault ont apporté 30000 francs chacun. Mais Louis, qui lui n’est que salarié, touche seulement 500 francs par mois pour gérer le domaine technique. Quant à ses deux frères, ils s’occupent de tout l’aspect administratif et commercial.


Stand Renault Frères au Salon de l'automobile de Paris 1901.

Le succès est-il au rendez-vous ?
Pas tout de suite. Les premières voitures coûtent cher à produire et ne sont donc accessibles qu’à de riches clients. Cependant les frères Renault ont le sens des affaires. Ils savent faire parler d’eux. Pour cela, ils font concourir leur automobile dans des courses : Paris-Madrid, Paris-Rambouillet, Paris-Bordeaux, Paris-Trouville. A chaque fois c’est la Renault qui l’emporte, et au volant, Louis ou Marcel Renault.


Marcel Renault lors du Paris-Madrid 1903.

La Première Guerre mondiale va contribuer à la renommée de l’entreprise : les Renault vont payer leur tribut en fournissant des munitions, des chars et des avions. Après le conflit, la gamme de voitures s’élargit, s’étend de la petite voiture jusqu’au poids lourd.



Le succès ne va pas se démentir pendant les années 20. L’essor de la marque au losange est continu : le losange, célèbre logo, est né en 1924, à l’avant d’une 40 CV type NM. Après la crise de 1929, comme beaucoup d’autres entreprises, Renault va marquer le pas, et pendant la guerre, les usines seront réquisitionnées par les Allemands. En 1945, l’entreprise est nationalisée.
Franck Ferrand
Europe 1

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 26 Fév 2018 - 15:45

26 février 1808
Naissance d'Honoré Daumier,
à Marseille.



Nadar, Honoré Daumier, photographie, Paris, BNF.

Ce caricaturiste de génie excellera dans la lithographie et s'appliquera à faire la satire de la vie politique et sociale de son temps. A partir de 1848, il se consacrera à la peinture et à la sculpture.

Graveur, dessinateur, peintre et sculpteur français, Honoré Daumier est surtout célèbre pour ses caricatures d’hommes politiques et ses satires du comportement de ses compatriotes. C’est l’un des grands illustrateurs du XIXème siècle.


Les Poires reflétant la détérioration de la popularité
de Louis-Philippe I.


Né à Marseille, de Marc Louis Daumier, vitrier, et de Cécile Catherine Philippe, il arrive à Paris en 1816. Il montre très tôt des dispositions pour les arts graphiques mais son père le place chez un huissier.

Il fait ses premiers pas dans le domaine de la lithographie chez l’éditeur Belliard et étudie les maîtres (Rubens, et Goya en particulier), au Louvre.

En 1829 il rencontre Charles Philipon, dessinateur, lithographe et journaliste, pour qui il fait ses premiers dessins pour la revue La Silhouette. Républicain convaincu, il participe à la révolution de Juillet 1830. Deux ans plus tard, il est condamné à six mois de prison pour son dessin de Louis-Philippe en Gargantua.


Caricature d'Honoré Daumier parue
dans « le Charivari » le 24 mars 1869.
Daumier utilisait la chauve-souris pour
croquer les hommes de Louis-Philippe.


En 1835, la loi contre la liberté de la presse l’oblige à s’orienter vers la caricature de moeurs : séries des Scènes parlementaires (1843), Gens de justice, Les Bons Bourgeois ( 1845-1848). La bourgeoisie, la corruption des magistrats et l’incompétence du gouvernement sont ses thèmes de prédilection. Robert Macaire, l’escroc bourgeois qui profite de toute situation avec son fidèle et dupe compagnon Bertrand est pour Daumier la figure emblématique de la société malhonnête et sans scrupules qui règne sous la monarchie de Juillet.


Une discussion littéraire. Le Charivari
(27 février 1864).


Il travaille également pour Le Charivari, qui le congédie en 1858, puis le reprend cinq ans plus tard. Eternellement pauvre, l’artiste finit par s’installer à Valmondois, où Corot lui fait cadeau d’une maison.


Les Joueurs d'échecs (1863), Paris, Petit Palais.

L’exposition rétrospective que Durand-Ruel lui consacre en 1878 ne connaît aucun succès auprès du public. Daumier meurt aveugle l’année suivante, âgé de soixante et onze ans. Il est enterré au Père-Lachaise.



Tombe d'Honoré Daumier,
Paris, cimetière du
Père-Lachaise (division 24).
source
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 27 Fév 2018 - 9:31

27 février 1854.
Schumann saute dans le Rhin
pour échapper à ses fantômes.
Plouf !



Robert Schumann, Vienne, 1839.
Lithographie de Joseph Kriehuber.


Repêché avant de se noyer, le compositeur achève sa vie dans un asile, victime de graves hallucinations musicales qui le rendent fou.

Robert Schumann décide le 27 février 1854 de s’entraîner à plonger dans le Rhin. Pour l’instant, il sommeille dans sa chambre de sa maison de Düsseldorf sous la surveillance de sa fille Marie, 12 ans. Dans la pièce d’à côté, son épouse, Clara, reçoit le docteur Hasenclever et le compositeur Albert Dietrich. Ils sont venus prendre des nouvelles du compositeur qui souffre d’illusions auditives et de dépression depuis quelques jours. Pendant qu’ils s’entretiennent, Robert Schumann se lève sans que Marie pense à prévenir sa mère. Il quitte la maison de Bilkerstrasse en peignoir et en pantoufles, sans même un chapeau malgré le froid de canard et la pluie battante, pour se diriger d’un pas décidé vers le Rhin. Chez lui, on finit par s’apercevoir de sa disparition. C’est le branle-bas de combat ! Tout le monde s’affole et le cherche dans la maison, dans le voisinage.

Pendant ce temps, Robert Schumann s’est arrêté sur un pont qui enjambe le fleuve. Il jette d’abord son alliance à l’eau, puis plonge à son tour dans les eaux glaciales. Il veut la mort, le silence. Deux bateliers passant par là, n’écoutant que leur courage, se jettent à leur tour dans l’eau glacée pour lui porter secours. Ils le repêchent in extremis, devant même employer la force pour le ramener à terre car le candidat au suicide tente de leur échapper.


Maison natale (vue actuelle).

Acouphènes

Un témoin de la scène reconnaît Herr Schumann, qui, récemment encore, dirigeait l’orchestre symphonique de Düsseldorf. Le rescapé est ramené chez lui tout trempé. L’heure est grave. Clara est dans tous ses états. Elle fait appeler le docteur Böger pour assister Hasenclever. Tous deux connaissent bien les périodes sombres traversées par Robert, qu’ils ont réussi à calmer à plusieurs reprises ces derniers temps. Mais après cette tentative de suicide, ils tombent d’accord : cette fois, la folie de Schumann est à son paroxysme. Jusqu’à nouvel ordre, il doit être placé sous surveillance permanente, et Clara et les enfants doivent quitter la maison.


Clara Wieck avant le mariage.

Il faut dire qu’au cours des dernières semaines la vie de Robert Schumann n’a pas été de tout repos. Il se plaint d’être poursuivi par des sons que personne d’autre ne perçoit. C’est insupportable. Ces sons deviennent des accords et, bientôt, des compositions entières. Cette musique résonne en lui comme une effroyable menace, allant jusqu’à le priver de sommeil. Alors, il boit, plus que de raison. Enceinte de leur huitième enfant, Clara est habituée aux fantômes de son époux. Avant même qu’ils ne soient mariés, Schumann avait déjà développé une tendance à l’hypocondrie et à la dépression depuis la mort de son frère et de sa belle-soeur en 1833. Voilà donc plus de vingt ans que ses démons lui font vivre un enfer, à lui et à toute sa famille.

Tantôt ils l’empêchent de parler, tantôt ils lui paralysent le dos. Jusqu’alors, ils finissaient toujours par décamper, mais cette fois les acouphènes ne veulent plus se taire. La veille de sa tentative de suicide, il demande même à Clara d’être interné, par peur de perdre le contrôle de lui-même et d’en arriver à lui faire du mal. Mais son épouse refuse, appelant le docteur Böger à l’aide... Une aide qui arrive trop tard, puisque, le lendemain, Schumann effectue le grand plongeon.


Robert Schumann,
d'après un daguerréotype de 1850.


Interné

Après le drame, conformément à la recommandation des deux médecins, Clara quitte le domicile conjugal, laissant Robert sous la garde de deux hommes qui se relaient jour et nuit. Peu à peu, il semble retrouver son calme. Le lendemain, il note même un thème qu’il "entend" sur du papier à musique, ce sont les Variations des esprits. Malheureusement, les délires reprennent de plus belle, obligeant les médecins Hasenclever et Böger à chercher un asile pour leur patient. Malgré les protestations de Clara qui refuse d’envoyer le grand Schumann dans une institution, ce dernier est conduit le 4 mars à l’asile du docteur Richarz à Endenich, près de Bonn, où il continue de composer tant bien que mal. Sa famille guette les rares nouvelles des médecins, allant d’espoirs fous en découragements fracassants.


L'asile d'Endenich aujourd'hui.

En 1855, Schumann improvise encore un peu au piano, mais tout est décousu, disloqué, sa musique vient d’une autre planète. Il perd bientôt l’usage de la parole, balbutie. Il ne mange plus grand-chose. Peu avant l’été 1856, son ami Johannes Brahms, qui s’occupe beaucoup de lui et de sa famille, lui rend visite. Désespéré, il l’observe relever compulsivement des noms dans un atlas et en dresser des listes alphabétiques comme un gamin. La folie a décomposé le compositeur. Le 29 juillet 1856, deux jours après la première visite de Clara, il meurt, dénutri et à bout de forces. Il n’a que 46 ans.

Pourquoi Clara n’est-elle pas venue le voir plus tôt ? Les avis divergent. Certains prétendent que les médecins l’en auraient empêchée, d’autres affirment que c’est elle qui refusait. Quoi qu’il en soit, elle écrit après cette dernière rencontre : "Il me sourit et d’un grand effort m’enserra dans ses bras. Et je ne donnerais pas cette étreinte pour tous les trésors du monde."

Tombe de Robert et Clara Schumann
au vieux cimetière de Bonn.


Texte de Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos
lepoint.fr
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 28 Fév 2018 - 11:33

8 février 613
Supplice de la reine Brunehaut
(ou Brunehaud, ou Brunichilde)



La Reine Brunehaut

Epouse de Sigebet Ier, roi d'Austrasie, et mère de Childebert II. Thierry, roi de Bourgogne, avait laissé en mourant quatre fils, dont le plus âgé n'avait que dix à onze ans ; mais ils furent trahis par leurs propres sujets et livrés à Clotaire, qui les fit égoger. Cette cruelle exécution n'était que le prélude d'une autre encore plus barbare.


Mariage de Sigebert Ier et Brunehaut. Grandes chroniques de France.
Manuscrit du XVe siècle, Bibliothèque nationale de France, Paris.


Brunehaut restait ; la vengeance de Clotaire n'était point pleinement assouvie, ni ses inquiétudes entièrement dissipées. Il se fit amener cette princesse à la tête de son armée, lui fit des reproches aussi indécents qu'infondés, lui imputant des crimes qui étaient, pour la plupart, ou ceux de sa mère ou les siens. La soldatesque criait qu'elle méritait la mort. On la tourmenta durant trois jours ; on la promena par tout le camp sur un chameau ; on lui fit mille insultes et mille indignités ; on l'attacha à la fin à la queue d'un cheval indompté qui, la traînant sur les cailloux, et à travers les ronces et les épines, l'eut bientôt mise en pièces. Bientôt le sang de Brunehaut, ses membres déchirés couvrirent l’espace que l’animal, excité par le fouet et par les cris des soldats, parcourait dans une course furieuse.

Suivant une ancienne tradition, le corps meurtri fut placé sur un monceau de bois auquel on mit le feu ; ensuite on plaça sous le grand autel de l’église d’Autun les cendres et les os à demi brûlés qu’on avait recueillis sur le bûcher. En 1462 ce tombeau fut couronné d’une arcade dans l’intérieur de laquelle on plaça une inscription consacrée à la mémoire de Brunehaut.


Brunehaut devant Clotaire II

Ainsi périt, du genre de mort le plus affreux, l'épouse du plus grand monarque qui eût encore régné sur la France ; la fille et la mère de tant de rois ; cette reine que l'évêque Fortunat nous dépeint sous l'image même des grâces et de la beauté ; que Grégoire de Tours nous propose comme un modèle de décence, de vertu, de sagesse et de douceur ; que Saint-Grégoire, pape, nous représente occupée à tout ce que la religion exige d'une pieuse reine, d'une vertueuse régente, et d'une mère véritablement chrétienne.


Gravure montrant le supplice de la reine Brunehaut
MARY EVANS/SIPA


Rien n'est si suspect que ce qui a été décrit contre la mémoire de cette princesse. Il fallait quelques prétextes pour couvrir l'horreur et l'infamie du supplice auquel on n'eut pas honte de la condamner. Il ne fut pas difficile à un roi qui venait d'usurper deux royaumes, et à tant de seigneurs qui avaient favorisé l'usurpation, de surprendre la crédulité des peuples, en répandant mille bruits injurieux.


Supplice de Brunehaut en 613
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 1 Mar 2018 - 10:37

1er mars 1732
Mort de Pierre Chirac,
premier médecin de Louis XV



Pierre Chirac, né à Conques dans le Rouergue, en 1650, membre de l’Académie des sciences, remplaça le célèbre Dodard à la cour, en 1731, et fut en même temps le premier médecin du roi et le premier médecin de son siècle.

Il fit une espèce de révolution dans la médecine ; il introduisit l’usage de la saignée du pied dans la petite vérole, ayant remarqué que dans ceux qui étaient morts de cette maladie, il y avait inflammation de cerveau, et que si la saignée avait quelquefois été suivie de la mort, c’est qu’on y avait toujours recours trop tard. Silva disait qu’il appartenait à Chirac d’être législateur en médecine.

Il avait 70 ans lorsqu'en 1720 éclata la peste de Marseille. Les vieux souvenirs de l'épidémie de Rochefort l'excitaient à partir ; le roi l'en empêcha, mais le chargea de l'organisation des secours (François Chicoyneau dont il avait été le précepteur et qui était son gendre, ainsi que Verny de montpellier furent dépéchés sur place) . En 1728, il reçut des lettres de noblesse.



Chambre du roi Louis XV, Vaux-le-Vicomte

Le duc d’Orléans, blessé dangereusement à la funeste bataille de Turin, était sur le point de perdre le bras ; Chirac imagina de lui faire mettre ce bras dans les eaux de Balaruc, ce qui produisit une guérison prompte, parfaite et presque miraculeuse.

Chirac ne réussit à Paris qu’à force de mérite ; il avait tout ce qu’il fallait pour ne pas réussir. Il parlait peu, sans agrément, et sèchement. « Il présentait, dit Fontenelle, aux malades, l’idée désobligeante, quoique vraie, qu’il y avait de la fantaisie et de la vision dans leurs infirmités ; il leur niait sans détour jusqu’à leur sentiment même. Et combien les femmes principalement en devaient-elles être choquées ? »

Projet ambitieux de création d'une Académie de Médecine
Les Mémoires de l'Académie de chirurgie de 1819, nous apprennent que l'étroite amitié qui unissait de la Peyronie (premier chirurgien du roi) et Chirac, premier médecin du roi depuis 1731, était la base d'une confidence mutuelle sur les desseins qu'ils avaient conçus pour les progrès respectifs de la médecine et de la chirurgie. Chirac désirait en effet vivement établir à Paris une Académie de médecine, qui devait correspondre avec les médecins de tous les hôpitaux du royaume et des pays étrangers, pour leur proposer des remèdes à éprouver dans les différentes maladies, recueillir soigneusement le résultat de ces expériences, ainsi que les observations fournies par l'ouverture des cadavres, et former, par ce moyen, un corps de médecine fondé sur des faits avérés. Cette Académie ne devait pas être composée des seuls médecins de la Faculté de Paris, qui regarda cet établissement comme contraire à ses droits et privilèges. D'ailleurs, Pierre Chirac et les premiers médecins du roi auraient été présidents perpétuels de cette Académie.


La saignée : Abraham Bosse (1602-1676)

Bien que bien avancé, le projet a finalement été abandonné à la mort de Pierre Chirac le 1er mars 1732 à Marly, et l'Académie de médecine voulue par lui ne fut créée que sous Louis XVIII, par ordonnance du 20 décembre 1820, à l'instigation du baron Antoine Portal. Celui-ci avait occupé dès 1777 la chaire d'anatomie humaine au Jardin du Roi et était devenu, avant la Révolution, médecin de Monsieur, frère du roi Louis XVI et futur Louis XVIII qui revenu d'exil le nomma premier médecin du roi. Portal mit à profit l'estime dont l'honorait ce souverain pour reprendre le projet de Chirac.
La France Pittoresque
- Éloge de Pierre Chirac par Bernard Le Bovier de Fontenelle - Éloges des académiciens des sciences qui sont décédées entre 1699 et 1740 (Histoire de l'Académie Royale des sciences - Année 1732).

- Commentaires de la Faculté de médecine de Paris : années 1777 à 1786 et Biographie universelle paru vers 1860
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 2 Mar 2018 - 9:36

2 mars 1698
Fondation de Bâton-Rouge



Pierre LeMoyne d'Iberville

Pierre Le Moyne d’Iberville, né à Ville-Marie (Montréal) le 16 juillet 1661, est chargé par Louis XIV de prendre possession de la Louisiane, à l'embouchure du Mississippi, en vue de sa colonisation. Le fleuve a été découvert un peu plus tôt, en 1682, par Cavelier de la Salle qui l'a baptisé « fleuve Colbert » avant qu'il ne reprenne son nom indien.

Cliquer deux fois sur l'image pour grand format

Panneau présentant,
en langue française,
l'historique de Baton Rouge.


Le Moyne (ou LeMoyne) établit un fort à Biloxy. Il y construit le 1er mai 1699 un fort, appelé Fort Maurepas ou Old Biloxi, au nord-est de la Baie de Biloxi, à proximité de la ville actuelle de Ocean Springs. En explorant le fleuve, il rencontre des Indiens qui délimitent leur territoire avec des poteaux peints en rouge et nomme en conséquence la région « Bâton Rouge ». C'est aujourd'hui le nom de la capitale de l'État de Louisiane (200 000 habitants), la plus grande ville étant La Nouvelle-Orléans (New Orleans pour les Anglo-Saxons), qui sera fondée vingt ans plus tard, le 25 août 1718.


Plaque que Pierre Le Moyne, sieur d'Iberville plaça pour marquer
le premier établissement permanent de la Louisiane à Biloxi.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Mar 2018 - 14:49

3 mars 1802
Instauration des visites
sanitaires pour les filles de joie



Cette gravure du XVIe siècle représente des prostituées et un client dans un prostibulum, c'est-à-dire une
maison publique créée par les autorités municipales pour encadrer la prostitution au Moyen Âge.
Un bouffon, à droite, se cache les yeux pour ne pas voir la scène. Gravure tirée de l'ouvrage d'Eduard Fuchs,
Illustrierte Sittengeschichte Renaissance, Verlag Albert Langen, Munich, 1909.


L’histoire de la prostitution en France présente des similitudes avec l'histoire de la prostitution dans d'autres pays d'Europe, à savoir une succession de périodes de tolérance et de répression, avec toutefois des particularités telles qu'une relativement longue période de tolérance des lupanars.
Certaines rues de Paris, particulièrement spécialisées dans la prostitution (souvent au-delà des fortifications, d'où le terme de bordes, bordières et bordel), portaient au Moyen Âge des noms très évocateurs :

la rue du Poil-au-con, le « con » étant le sexe féminin (rue du Pélican, dans le 1er arrondissement, près de la première porte Saint-Honoré) ;
la rue Tire-Vit puis rue Tire-Boudin, le « vit » étant le sexe masculin (rue Marie-Stuart, dans le 2e arrondissement, près de la première porte Saint-Denis) ;
la rue Gratte-Cul (rue Dussoubs, dans le 2e arrondissement, elle aussi près de la première porte Saint-Denis) ;
la rue Trace-Putain (rue Beaubourg, dans le 3e arrondissement, menant de la porte Hydron à l'abbaye saint Martin-des-Champs) ;
la rue Baille-Hoë, ce qui veut dire « Donne-Joie » (rue Taillepain, dans le 4e arrondissement, près de la porte Saint-Merri) ;
la rue Pute-y-musse, la « pute y musarde » (rue du Petit-Musc, dans le 4e arrondissement, près de la première porte Saint-Antoine).

Au milieu du XVIIIe siècle, les lieutenants de police se préoccupaient de la démoralisation générale et des maux qu’elle entraînait ; mais aucun projet sanitaire n’aboutit, parce que « de pareilles mesures, dit le rapport de police, fourniraient matière à des risées pour le public »

Ainsi du projet élaboré en 1746 par Berryer ; ainsi, également, du système complet proposé par un certain Aulas en 1762, et qui fut rejeté. En 1770, Restif de la Bretonne, dans son Pornographe, mêle aux très sérieuses et très pratiques améliorations qu’il conseille de telles divagations qu’on passe outre sans l’écouter.


Étienne Jeaurat, Le transport des filles de joie de l'Hôpital,
1755, musée Carnavalet


Toute idée de surveillance paraît abandonnée, et lorsque le 6 novembre 1778, le lieutenant de police Lenoir publie la fameuse ordonnance réglant les garnis, les cabarets, les auberges et autres maisons où les femmes de mauvaise vie peuvent facilement trouver asile, il n’y fait même pas la plus légère allusion. L’ordonnance interdisait le racolage sous toutes ses formes. La répression s’abattit à nouveau sur les filles publiques, et tous les mois, trois ou quatre cents femmes étaient arrêtées à Paris.

De tous les projets avortés qu’on a pu mettre au jour à cette époque, il semblerait ressortir qu’on voulait punir non pas la débauche elle-même, mais le mal physique qui en résulte ; cette idée apparaît très nettement dans une ordonnance du 2 mai 1781, en vertu de laquelle tout militaire atteint de contagion pour la troisième fois sera condamné à servir deux années au delà du terme fixé par son engagement. Une telle prescription atteignait diamétralement le but opposé à celui que l’on cherchait : pour éviter le châtiment on cachait le mal que des mesures ne faisaient qu’aggraver.


La désolation des filles de joie suite à l’ordonnance
du 6 novembre 1778. Estampe de Jean-Baptiste Huet


La Révolution avait amené une licence de mœurs effrénées : toutes les plaies morales s’étalaient en public ; les jardins, les promenades, étaient envahis par la débauche, les gravures apposées aux vitres des marchands faisaient détourner les yeux des honnêtes gens ; les livres les plus infâmes s’entassaient chez les libraires, et bien des gens parlant de « leur âme sensible, » retournaient à l’état de brute. Il faut que le mal ait été bien grand pour que la commune, faisant trêve à ses préoccupations politiques, ait fait afficher, à la date du 4 octobre 1793, une proclamation qui tente de refréner tous les débordements dont Paris avait à souffrir. Il faut croire que la proclamation et les considérants emphatiques qui l’accompagnaient ne produisirent qu’un effet médiocre, car le 20 ventôse an IV (1796), la Convention prescrivit un recensement général des femmes vivant exclusivement de désordre.

Cette fois encore le règlement fut nul, et ce n’est que vers 1798 qu’on s’arrêta enfin à l’idée si simple de restreindre le mal produit par la débauche, en soumettant les femmes de mauvaises mœurs à des visites sanitaires, régulières, obligatoires et en les inscrivant. On mit la question à l’étude, et l’on peut croire qu’on procéda avec une extrême lenteur, car il faut attendre quatre années avant que l’arrêté du 12 ventôse an X (3 mars 1802) soit rendu et mette enfin en vigueur le système des visites périodiques et préventives.

A cette époque deux officiers de santé en étaient chargés : c’était bien insuffisant et presque dérisoire ; mais le principe était posé, et il n’allait pas tarder à recevoir un développement nécessaire. Un arrêté du 1er prairial an XIII (21 mai 1805) installa un véritable dispensaire de salubrité, rue Croix-des-Petits-Champs, sous le nom de Salle de Santé. Chaque fille devait s’y présenter quatre fois par mois, et acquitter mensuellement une taxe de 12 livres ; cette dernière mesure était déplorable, car éloignait ces malheureuses généralement fort pauvres, et comme les médecins, que nul contrôle n’entravait, ne se gênaient guère pour exiger six francs par visite, le dispensaire presque abandonné ne remplissait plus aucune des conditions de garantie qui l’avaient fait ouvrir.


La visite médicale, Toulouse-Lautrec, 1894

Savary, en arrivant à la police, fut frappé de ces inconvénients, qu’il fallait arrêter au plus vite sous peine de voir tomber en désuétude une institution qui, dans son germe, était excellente et pouvait facilement devenir féconde en bons résultats. Il créa une comptabilité spéciale pour le dispensaire, et, enlevant ainsi aux médecins le droit de percevoir eux-mêmes la taxe, fit cesser des abus qui n’avaient que trop duré. Un commissariat particulier, nommé au dispensaire le 20 août 1822, devint l’origine du service des mœurs, que Debelleyme organisa d’une façon définitive et sérieuse en 1828.

À cette même époque, comprenant que l’intérêt public seul était en question, que la taxe imposée aux filles fermait la porte du dispensaire, qu’il fallait par tous les moyens les y attirer, que la multiplicité des visites serait un bienfait pour la population, il abolit la rétribution exigée depuis 1802, et greva son budget à partir du 1er janvier 1829, de tous les frais de ce service spécial. En 1830, le dispensaire quitta la rue Croix-des-Petits-Champs, et fut installé dans les bâtiments mêmes de la préfecture de police.


Henri de Toulouse-Lautrec, Salon de la rue des Moulins, 1894,
Musée Toulouse-Lautrec
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 3 Mar 2018 - 16:34

Le plus vieux métier du monde, où est la vertu quand tout le monde adhère au vice.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 4 Mar 2018 - 10:07

4 mars 1193
Mort de Saladin



Saladin et Guy de Lusignan après la bataille de Hattin,
peinte par Jan Lievens en 1625.


Souverain d'Egypte, de Syrie, d'Arabie et de Mésopotamie. On sait quelle longue surprise la sagesse et la valeur de ce prince excitèrent parmi les Croisés, alors conduits par Richard Coeur-de-Lion et Philippe-Auguste. L'Europe n'avait à cette époque que du mépris pour l'Orient, qu'on supposait uniquement peuplé de barbares.
Un des plus grands bienfaits des Croisades a été de briser la barrière qui séparait ainsi ces deux mondes, d'enlever à la chrétienté sa prétention exclusive à la civilisation, et d'ouvrir devant elle un champ immense de poésie, de science et de richesses.

Malgré sa farouche opposition à la puissance chrétienne, Saladin gagna en Europe une immense réputation de souverain chevaleresque, à tel point qu'il exista au XIVe siècle un poème épique sur ses exploits et que Dante l'inclut parmi les âmes païennes des limbes.


Saladin est reçu au camp de Richard Coeur de Lion

L'empereur d'Allemagne Guillaume II, lors de sa visite à Damas en 1898, a offert à l'Empire ottoman la restauration du mausolée de Saladin construit en 1193, et un sarcophage de marbre. Actuellement dans le mausolée qui se trouve près de la mosquée des omeyyades, on trouve deux sarcophages : celui en marbre resté vide et celui en bois qui contient le corps de Saladin. Pour Guillaume II, il s'agissait d'honorer celui qui a vaincu à la fois l'Angleterre et la France.

Les chroniqueurs francs rapportent avec émotion que, lors de la prise d'Acre, Saladin rachète de ses deniers le nourrisson d'une jeune prisonnière franque pour le réunir à sa mère.

Mais le sultan témoigne aussi d'une cruauté inutile comme son époque en était coutumière. Ainsi laisse-t-il des religieux musulmans sans expérience du sabre massacrer de façon atroce les Templiers et Hospitaliers capturés après la bataille de Hattîn... Et lorsque, jeune officier, il s'empare du pouvoir au Caire, il frappe avec une grande rigueur les chrétiens et juifs d'Égypte. L'intolérance qu'il manifeste à cette occasion ne l'empêche pas d'entretenir le savant juif Maïmonide au nombre de ses conseillers.


Mausolée de Saladin à Damas

Au milieu du XXe siècle, quand le raïs Nasser tenta de restaurer l'unité du monde arabe en rapprochant son pays, l'Égypte, de la Syrie au sein d'une éphémère République Arabe Unie, il magnifia le souvenir de Saladin, dont il reprit le titre : al-Nasir (« le vainqueur »). Le sultan devint un modèle pour les nationalistes arabes en guerre contre Israël et l'Occident aussi bien que pour les propagandistes de la guerre sainte.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 6 Mar 2018 - 9:43

6 mars 1475
Naissance de Michel-Ange
La démesure dans l'art



Miguel Ángel, par Daniele da Volterra

Le 18 février 1564, Michelangelo Buonarroti, plus connu sous le nom de Michel-Ange, rejoint Dieu et ses anges. L'artiste toscan meurt à Rome à l'âge de 89 ans.
Jusqu'à sa mort en pleine gloire, il a poursuivi une collaboration âpre et féconde avec tous les papes de la Renaissance et dès 1552, une biographie lui a été consacrée.


Maison natale de Michelangelo à Caprese (Toscane).

Le génie de la Renaissance
Michel-Ange est né à Caprese, près d'Arezzo (Toscane), le 6 mars 1475, dans la famille d'un modeste fonctionnaire.

Il entre à 14 ans en apprentissage chez un artiste important, Domenico Ghirlandaio. Celui-ci détecte immédiatement chez l'enfant des talents très supérieurs aux siens et l'introduit auprès de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, maître tout-puissant de Florence et principal mécène de son temps.


La Création d'Adam (détail).
Voir en grand

Le jeune homme, qui manifeste assez vite une préférence pour la sculpture, va s'épanouir dans l'atmosphère follement optimiste et créatrice de la Florence de ce temps... non sans quelque désagrément : une bagarre avec son apprenti, jaloux de lui, lui vaut un nez cassé et le laisse plus ou moins défiguré.

Après la chute des Médicis, Michel-Ange se réfugie à Venise puis à Rome. On est au temps où triomphent l'humanisme et l'individualisme.


Moïse, Tombeau de Jules II,
basilique Saint-Pierre-aux-Liens, Rome


L'artiste ne tarde pas à subjuguer les amateurs d'art avec sa Pietà, une statue représentant la Vierge éplorée tenant dans ses bras, le corps de son fils, Jésus-Christ. Elle figure aujourd'hui en bonne place dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

À 23 ans, Michel-Ange accède à la gloire et bientôt à la fortune. Il confirme son talent avec la statue géante de David, aujourd'hui au musée de l'Académie, à Florence. Mais il se fait aussi remarquer par son tempérament taciturne et ses manières très peu sociables (peut-être une forme particulière d'autisme). Sa sexualité suscite encore des interrogations. On ne lui connaît pas de conquête féminine ni d'attrait pour les femmes. Impuissance ? Homosexualité contenue ?...


Le Jugement dernier.

Il est en butte à la concurrence du doux Raphaël, du rude Léonard de Vinci et de quelques autres artistes plus accommodants que lui. Cela ne l'empêche pas de gagner la faveur du souverain le plus emblématique de la Renaissance italienne, Giuliano Della Rovere, devenu pape le 1er novembre 1503 sous le nom de Jules II.

Avide d'en remontrer aux puissants de ce monde, Jules II exige un tombeau monumental. Michel-Ange commence son travail avec la statue de Moïse, que l'on peut voir aujourd'hui à l'église Saint-Pierre aux Liens, à Rome. Cependant, en 1508, le pape change brusquement d'idée. Il ne veut plus de mausolée et demande à Michel-Ange qu'il décore d'une immense fresque la voûte de la chapelle Sixtine.


La place du Capitole, œuvre de Michel-Ange

Michel-Ange architecte
Peu après le saccage de Rome par les lansquenets allemands de l'empereur Charles Quint (1527), le pape Paul III demande à l'artiste de réaménager la place du Capitole, siège du Sénat de la ville.

Michel-Ange dessine le plan actuel, remarquable d'équilibre et d'harmonie, avec, au centre de la petite place, la statue en bronze de l'empereur Marc-Aurèle, héritée de l'Antiquité.

En 1546, le même pape confie à Michel-Ange, architecte en chef du Vatican, le soin de reprendre la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, délaissée depuis la mort de Bramante, 32 ans plus tôt. Michel-Ange remanie les plans de son ancien rival et dessine une majestueuse coupole (136,50 mètres de hauteur totale). Parmi d'autres constructions romaines à mettre au crédit du vieil artiste figurent la Porta Pia et le palais Farnèse, qui abrite aujourd'hui l'ambassade de France.


Piazza Campidoglio ou Place du Capitole


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 7 Mar 2018 - 8:45

7 mars 1792
Antoine Louis préconise
la mise au point de la guillotine




Connue dès le XVIe siècle en Italie, la machine qui devait plus tard prendre en France le nom de guillotine, fut perfectionnée par le chirurgien Antoine Louis, qui mit en oeuvre un facteur de pianos nommé Schmidt, le docteur Guillotin n’étant pour rien dans le plan et dans la construction de l’instrument de mort.

On trouve dans les Chroniques de Jean d’Authon, publiées pour la première fois en entier en 1835 par le bibliophile Jacob (Paul Lacroix), les détails curieux d’une exécution faite à Gênes, le 13 mai 1507, avec une machine dont la guillotine n’offre qu’un perfectionnement.


Machine à décollation du XVIe siècle.
Dessin de l’italien Giulio Bonasone (1555)


Député de Paris à l’Assemblée constituante, Guillotin proposa le 10 octobre 1789, en vue de réduire toute exécution à mort à un seul et même genre de supplice, exprima le vœu qu’on pût substituer au bourreau une machine dont l’action serait plus sûre et plus rapide, mais dont il ne donna ni alors, ni depuis, aucun projet, aucune description. La demande de Guillotin fut ajournée jusqu’à la discussion du Code pénal, qui allait bientôt s’ouvrir ; et le 1er décembre 1789, le docteur fit adopter, sur son rapport, l’égalité des peines, sans distinction du rang ni de l’état du coupable. Ainsi il n’eût dû rester à Guillotin que l’honneur d’avoir le premier demandé l’égalité des peines, et, pour tous les condamnés, la peine de mort qu’il croyait la moins cruelle.


La guillotine en l’an II. On peut lire la légende : « Traîtres, regardez et tremblez, elle ne perdra
son activité que quand vous aurez tous perdu la vie ». Dessin publié dans La guillotine par
G. Lenotre (1920) et réalisé d’après une gravure originale de Le Glaive vengeur de la République


C'est donc le Dr Antoine Louis qui préconise,dans un rapport remis à l’Assemblée législative, la mise au point d’une machine à lame oblique (la guillotine) capable de donner la mort avec rapidité et de manière indolore. Si le concept de guillotine avait bien été inventé par Joseph Ignace Guillotin, c’est à Antoine Louis qu’est revenu la charge de trouver le concepteur de la machine et de réaliser les premiers essais. Antoine Louis était un médecin légiste reconnu, expert médical auprès des tribunaux et secrétaire de l’Académie de chirurgie depuis 1760.

Le 7 mars 1792, Antoine Louis déposa donc auprès de l’Assemblée sa « Consultation motivée sur le mode de décollation nouveau ». Il y note qu’ « Il est aisé de construire une pareille machine dont l’effet est immanquable ; la décapitation sera faite en un instant, suivant l’esprit et le vœu de la nouvelle loi ». Et ajoute : « Le mode de décollation sera uniforme dans tout l’empire. Le corps du criminel sera couché sur le ventre entre deux poteaux barrés par le haut d’une traverse, d’où l’on fera tomber sur le col une hache convexe au moyen d’une déclique [sic] : le dos de l’instrument sera assez fort et assez lourd pour agir efficacement, comme le moutonqui sert à enfoncer des pilotis et dont la force augmente en fonction de la hauteur dont il tombe ».
Antoine Louis apporta des modifications si substantielles à la machine de Guillotin qu’elle faillit s’appeler la « Louison »

Moins de deux mois après le rapport d’Antoine Louis, la guillotine allait commencer son œuvre de mort le 25 avril 1792.


Portrait d'Antoine Louis, le chirurgien concepteur de la guillotine
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 8 Mar 2018 - 7:57

8 mars 1554
Bulle de Jules III
sur les prêtres mariés



Le pape Jules III (1487-1555), accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec le cardinal Innocenzo Ciocchi del Monte par l'ambassadeur de Venise.

La sexualité des papes, bien que le célibat sacerdotal soit la règle dans l’Église catholique, est un sujet d'étude pour les historiens. Plusieurs papes de l’Église catholique romaine auraient eu des activités sexuelles avant ou après leur élection au pontificat, et d'autres étaient formellement mariés. Hormis dans ce dernier cas, de telles relations étaient réalisées sans le sacrement du mariage et contrevenaient à la règle du célibat sacerdotal.

Sur les 266 papes, vingt auraient eu des activités sexuelles, et quelques-uns d'entre eux ont même eu des enfants illégitimes. Certains furent également décrits comme ayant eu des relations homosexuelles ou incestueuses, notamment par des adversaires ou opposants politiques.



Lorsque l’Angleterre rentra momentanément dans le sein de l’Eglise catholique, sous le règne de Marie, cette princesse fit demander à Jules III, par le cardinal Polus, un règlement sur les prêtres mariés pendant les règnes de Henri VIII et d’Edouard VI.

Le pape donna à son légat le pouvoir de réhabiliter ces mariages, mais à trois conditions : la première que les prêtres qui les avaient contractés, seraient privés de l’exercice de tous les ordres ; la seconde, qu’après la mort de la personne à laquelle ils s’étaient précédemment unis, ils ne pourraient pas en épouser une autre ; la troisième, que les parties contracteraient un mariage légitime.

Cette bulle a servi de modèle à celle de Pie VII , en date du 15 août 1801.


Un prêtre prédit que le Pape permettra les prêtres mariés
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 9 Mar 2018 - 21:26

9 mars 1762
Condamnation et mort de Jean Calas




Le 9 mars 1762, Jean Calas est injustement condamné à mort par le Parlement de Toulouse.
Le «philosophe» Voltaire va se saisir de ce fait divers tragique pour mettre à nu les malfaçons de la justice française.

Le fait divers et la rumeur
Cinq mois plus tôt, le 13 octobre 1761, ce riche négociant toulousain, de religion protestante, avait découvert à son domicile son fils Marc-Antoine, 29 ans, mort étranglé.
Pensant que le malheureux s'était tué, il avait maladroitement tenté de dissimuler le suicide afin de préserver l'honneur familial.


La maison de Jean Calas à Toulouse

Mais la rumeur publique l'accuse de l'avoir assassiné Marc-Antoine parce qu'il voulait se convertir au catholicisme !
Jean Calas et son épouse, ainsi que son fils Pierre, sa servante et un ami sont jetés en prison. À leur procès, l'écrivain Laurent Angliviel de La Beaumelle prend courageusement leur défense en dépit de tous les faux témoignages qui s'accumulent.
Le Parlement de Toulouse condamne Jean Calas, par huit voix contre cinq, à subir la question ordinaire et extraordinaire, à être rompu vif et jeté dans un bûcher. Le malheureux est exécuté le lendemain, le 10 mars 1762. Ses co-accusés sont acquittés ou bannis.
La Beaumelle lui-même est banni de Toulouse pour «mauvaise conduite». Cela ne l'empêche pas de rédiger plusieurs mémoires pour la cassation du jugement et la libération des filles de la veuve Calas.


Jean Calas condamné au supplice de la roue.


Voltaire (1694-1778)

Voltaire et l'affaire Calas
Dans sa retraite de Ferney, près de Genève, Voltaire est informé de l'affaire par un marchand marseillais. Dans un premier temps, il prend fait et cause pour les juges et écrit au conseiller Le Bault : «Nous ne valons pas grand chose, mais les huguenots sont pires que nous et de plus ils déclament contre la comédie» (22 mars 1762).
Toutefois, ce persiflage ne dure pas car, dès la fin de ce même mois de mars, l'un des jeunes fils du supplicié rencontre Voltaire et le convainc de l'erreur judiciaire.


Speaking Out Against Injustice: The Case Of Jean Calas
(S'exprimer contre l'injustice: le cas de Jean Calas)


L'écrivain à succès recueille la veuve et deux de ses filles. Surtout, il organise un groupe de pression avec ses amis, y compris les souverains Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie (si la langue anglaise avait été à la mode, il l'aurait sans doute baptisé... Amnesty International).
Dénonçant les travers de l'organisation judiciaire, il publie son célèbre Traité sur la tolérance à l'occasion de la mort de Jean Calas (décembre 1763).
Le 4 juin 1764, le Conseil du Roi casse enfin les jugements prononcés contre les Calas. Le 9 mars 1765, le Parlement de Paris réhabilite Jean Calas et restitue ses biens à sa famille. Le roi Louis XV lui-même ajoute un don personnel de 30.000 livres.

Toulouse, musée Paul-Dupuy, clichés Mairie de Toulouse

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 10 Mar 2018 - 9:53

10 mars 1794
Robespierre fait arrêter Danton



Portrait de Danton par Constance-Marie Charpentier,
Musée Carnavalet, 1792.


La France s'est construite par le conflit entre nations ou entre personnalités. Des rivalités passionnantes aux conséquences gigantesques pour le pays.

Billaud, au Comité, avait réclamé la tête de son ex-ami Danton. Collot et plusieurs autres appuyaient cette demande. Robespierre refusait encore de désigner des « coupables ». Hésitait-il ? Pressentait-il que la mort de Danton en entraînerait d’autres ? Répugnait-il à sacrifier cet homme qui ne lui inspirait pas de sympathie, mais qui était si étroitement lié à sa propre histoire ? Croyait-il le parti de Danton plus fort qu’il n’était ? Craignait-il une réaction de l’opinion ? Il accepta de rencontrer Danton. À la fin de janvier et au début de février, ils se virent plusieurs fois en tête à tête ou chez des relations communes. Chaque fois, l’entretien tourna à l’aigre. Ils ne pouvaient s’entendre. Ils s’efforçaient de rester courtois, mais la politesse même de Robespierre irritait Danton, tandis que la dénonciation par celui-ci des crimes de la Terreur exaspérait Robespierre, qui ne pouvait concevoir que des crimes eussent été commis au nom de la Révolution.


Robespierre, avec son chien danois Brount (qu'il avait ramené de son voyage en Artois en 1791), Danton,
et Marat, peinture d'Alfred Loudet, 1882 (musée de la Révolution française).


Il fallait en finir, il n’y aurait pas de réconciliation. Robespierre en était-il tourmenté au point qu’il tomba malade ? Du 11 février au 12 mars, on ne le vit nulle part. Il resta cloîtré dans sa chambre de la rue Saint-Honoré, jetant sur le papier l’ébauche d’un « discours sur les factions » qu’il laissa inachevé.

Danton est guillotiné le 5 avril à l'âge de trente-quatre ans. Passant en charrette devant la maison de Robespierre (guillotiné le 28 juillet), il s'écrie : « Robespierre, tu me suis ! Ta maison sera rasée ! On y sèmera du sel ! ».

Il existe un récit de son exécution par Arnault :

« L’exécution commençait quand, après avoir traversé les Tuileries, j’arrivai à la grille qui ouvre sur la place Louis XV. De là, je vis les condamnés, non pas monter mais paraître tour à tour sur le fatal théâtre, pour disparaître aussitôt par l’effet du mouvement que leur imprimait la planche ou le lit sur lequel allait commencer pour eux l’éternel repos (…) Danton parut le dernier sur ce théâtre, inondé du sang de tous ses amis. Le jour tombait. Je vis se dresser ce tribun, à demi éclairé par le soleil mourant. Rien de plus audacieux comme la contenance de l’athlète de la Révolution ; rien de plus formidable comme l’attitude de ce profil qui défiait la hache, comme l’expression de cette tête qui, prête à tomber, paraissait encore dicter des lois. Effroyable pantomime ! Le temps ne saurait l’effacer de ma mémoire. J’y trouve toute l’expression du sentiment qui inspirait à Danton ses dernières paroles, paroles terribles que je ne pus entendre, mais qu’on répétait en frémissant d’horreur et d’admiration : « N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle est bonne à voir. »


Mandat d'arrêt de Danton et de ses amis par le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale.
On a l’impression que ces quelques lignes raturées et surchargées ont été écrites au cours d’une
discussion dans un certain désarroi. Barère aurait tenu la plume. Billaud-Varenne signe fermement
le premier. Carnot aurait dit en mettant sa signature : « Songez-y bien, une tête comme celle de
Danton en entraîne beaucoup d’autres. » Robespierre signe tout en bas un des derniers. Du Comité de
salut public, seul Lindet refuse de signer.


C’est Albert Mathiez, grands historien universitaire, qui va établir de façon quasi irréfutable, en épluchant minutieusement ses comptes et en faisant un inventaire systématique de ses amis douteux, la corruption de Danton. Il fonde sa propre revue destinée à exalter l’œuvre de Robespierre et va reprendre, en l’étayant de documents, le réquisitoire de Robespierre et de Saint-Just contre Danton. Pour lui et pendant longtemps pour les historiens de la Société des études robespierristes qui se réclament de lui, Danton est un vendu et un débauché qui a mené une politique de double-jeu, Mathiez résumant sa pensée en écrivant « Danton était un démagogue affamé de jouissances, qui s'était vendu à tous ceux qui avaient bien voulu l'acheter, à la Cour comme aux Lameth, aux fournisseurs comme aux contre-révolutionnaires, un mauvais Français qui doutait de la victoire et préparait dans l'ombre une paix honteuse avec l'ennemi, un révolutionnaire hypocrite qui était devenu le suprême espoir du parti royaliste ».


Danton conduit à l’échafaud. Sanguine attribuée à Wille.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 11 Mar 2018 - 8:59

11 mars 1649
La Fronde contre le Roi



Anne d' Autriche par Paul Rubens

Le 11 mars 1649, la régente Anne d'Autriche et son Premier ministre Mazarin concluent la paix avec le Parlement de Paris. C'est la fin de la Fronde parlementaire.
Cette rébellion des magistrats français a été baptisée du nom d'un jeu d'enfant en raison de son caractère brouillon. Réduits à l'impuissance, les magistrats renoncent à limiter en France le pouvoir royal.
Les Princes et les grands seigneurs s'y essaient à leur tour. Cette Fronde des Princes n'a pas plus de succès que la précédente mais elle cause beaucoup de désordres et fait de nombreuses victimes dans le peuple.


Le Président Molé, saisi par les factieux,
au temps des guerres de la Fronde.
(Peinture d'histoire de François-André Vincent, 1779.)

Voir en grand


La Fronde parlementaire

En 1648, la France est gouvernée par la régente Anne d'Autriche, mère du jeune roi Louis XIV (9 ans), qui bénéficie des utiles conseils de Mazarin.
Le pays doit mener des guerres extérieures contre les Habsbourg et cet effort nécessite d'accroître les impôts. Il n'en faut pas plus pour entraîner les privilégiés dans une révolte. Ceux-ci montent le peuple contre le gouvernement en faisant valoir le luxe dans lequel se complaît la Cour.
Le 13 mai 1648, le Parlement de Paris entreprend de réformer ce qu'il estime être les abus de l'État. À l'initiative du conseiller Pierre Broussel, il constitue une Chambre qui aura à décider de la réforme de l'État.
Le 2 juillet 1648, cette Chambre impose à Anne d'Autriche une charte de 27 articles qui donne au Parlement le droit de valider tout impôt nouveau. La régente feint de se soumettre. Mais voilà que son armée remporte à Lens une grande victoire sur les Espagnols.


Louis-Dieudonné et sa mère Anne d'Autriche, vers 1639.
La Fronde se déroule pendant la minorité de Louis XIV.
Le pouvoir est assuré par la régence de la reine-mère
qui s'appuie sur son principal ministre, le cardinal Mazarin.


La régente, rassurée sur la situation extérieure, fait arrêter plusieurs parlementaires, y compris Pierre Broussel, auquel son intégrité (fait rarissime) vaut une immense popularité.
À cette annonce, Paris se soulève au cours d'une «journée des Barricades». La régente feint une nouvelle fois de se soumettre. Elle libère ses prisonniers mais s'enfuit à Saint-Germain-en-Laye avec le cardinal, le jeune roi Louis XIV et son frère Philippe. Pendant ce temps, l'armée royale, commandée par Condé, organise le siège de Paris.
Les parlementaires, qui détiennent déjà beaucoup de privilèges, n'ont pas vraiment envie d'une Révolution. Ils rendent les armes et signent la paix à Rueil.


Portrait du cardinal Mazarin, huile sur toile,
Chantilly, musée Condé, vers 1658-1660.


La Fronde des Princes
Le cardinal et la régente regagnent Paris en octobre sous les acclamations mais ils doivent dés lors combattre la Fronde des Princes, plus violente mais aussi plus brouillonne et bagarreuse.
À Paris et dans les provinces se multiplient les «mazarinades», écrits et chansons satiriques qui traînent Mazarin dans la boue...
Le Grand Condé, l'ancien vainqueur de Rocroi, noue des complots avec quelques grands seigneurs dont son frère le prince de Conti, et bientôt, la guerre civile, aggravée par l'intervention des Espagnols, met le pays à feu et à sang.

²
Louis II de Bourbon, prince de Condé (1621-1686),
par David Teniers le jeune, Bruxelles.

Le retour de l'autorité royale
Les maladresses de Condé et son alliance avec les Espagnols conduisent à la défection de ses partisans. Le 21 octobre 1652, Louis XIV, qui a été déclaré majeur le 7 septembre 1651, rentre à Paris avec sa mère. Il tient un lit de justice et prononce une amnistie générale (ou presque). Quatre mois plus tard, Mazarin retrouve à son tour Paris.
La Fronde des Princes est finie. Mais Louis XIV en gardera rancune aux Parisiens. Il choisira plus tard de quitter le Louvre, résidence de la cour depuis quatre siècles, et de bâtir un nouveau palais à Versailles.
La monarchie française sortira renforcée des épreuves de la Fronde tandis qu'à la même époque, l'Angleterre fera l'expérience de la République après avoir exécuté son roi . La France évoluera vers une monarchie absolue, l'Angleterre vers une monarchie parlementaire.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 12 Mar 2018 - 8:35

12 mars1613
Naissance de André Le Nôtre
Un jardinier qui sait se faire apprécier



André Le Nôtre portant l'ordre de Saint-Michel,
par Carlo Maratta, château de Versailles


Fils et petit-fils d'un jardinier des Tuileries, André Le Nôtre suit à l'adolescence des cours d'art dans l'atelier du peintre Simon Vouet. Il s'initie avec passion à l'art pictural avant de prendre la succession de la charge paternelle.
Au terme d'une longue vie toute entière consacrée à l'art des jardins, son nom va être associé pour toujours au Grand Siècle français et au Roi-Soleil.

Un travailleur infatigable

Dans la lettre d'accréditation du 26 janvier 1637 signée de Louis XIII, le roi lui donne du «cher et bien-aimé», preuve que le jeune homme connaît déjà les manières de la Cour, apprises auprès de son père, homme ambitieux et proche de la cour.


Le Nôtre dessine les nouveaux jardins du château
de Vaux-le-Vicomte pour Nicolas Fouquet.


Comme beaucoup d'hommes de talent du Grand Siècle, c'est au service du richissime surintendant des finances Nicolas Fouquet que Le Nôtre va révéler son art.

Sa grande oeuvre est Vaux-le-Vicomte, entre Melun et Fontainebleau. Autour de ce château, construit par l'architecte Louis Le Vau et le peintre Charles Le Brun, il crée en pleine forêt un surprenant agencement de parterres et de fontaines, tirant parti des courbures du relief et des filets d'eau pour animer le site.


Hubert Robert
Vue du bosquet des Bains d'Apollon


Après la disgrâce du surintendant en 1661, Le Nôtre entre au service de Louis XIV et acquiert la charge prestigieuse de contrôleur général des bâtiments. Il va transposer ses créations à Versailles, mais aussi à Marly ou encore à Chantilly. De tous ses jardins, ce dernier est celui qu'il préfère.


Parterres du Midi, château de Versailles

Mais il va sans dire que c'est le «Grand Parc» de Versailles qui exige le plus de soins avec plusieurs centaines d'hectares et 7000 jardiniers (une quarantaine aujourd'hui).

Un homme de bonne compagnie


Apprécié du roi qui aime à s'entretenir avec lui, lui manifeste une affection quasi-filiale et n'hésite pas, dans son grand âge, à pousser lui-même sa chaise, André Le Nôtre est regardé de haut par Mansart, l'architecte de Versailles. Il lui rend la pareille en ne le présentant jamais autrement au roi que sous l'appellation méprisante : «Votre maçon...».

Le jardinier du roi n'en est pas moins un courtisan apprécié, simple de manières mais d'une grande culture et d'une conversation agréable. Il est anobli par le roi en 1675 et quand Le Nôtre lui dit en souriant qu'il a déjà pour armoiries «trois limaçons couronnés d’une pomme de chou», Louis XIV le prend au mot et lui confère pour de bon lesdites armoiries.


Armoiries.

Si l'on en croit son biographe Erik Orsenna, ce créateur hors normes et fantaisiste se révèle dans la vie privée avide de richesses, dur en affaires, conformiste en amour. Rien d'euphorisant, d'autant qu'il a la douleur de perdre ses trois enfants en bas âge.

Réfugié dans le travail, c'est seulement à 80 ans qu'il renonce à sa charge officielle auprès du roi. Tandis que le roi lui confère le prestigieux ordre de Saint-Michel, lui-même lui offre sa collection de toiles de maître.

Il ne va pour autant arrêter toute activité et, jusqu'à sa dernière heure, va mettre ses talents et son oeil d'artiste au service de la haute noblesse, multipliant en France et à l'étranger des jardins qui tirent gloire, aujourd'hui, de son génie.


Plan général des jardins du Château de Versailles
dressé pour Louis XV par Jean Chaufourier en 1720


Le « jardin à la française »

Le jardinier du Roi-Soleil a repris et développé les idées classiques sur le jardin, qui s'étaient épanouies en France au début du XVIIe siècle, à partir du jardin italien de la Renaissance, avant de s'étendre au reste de l'Europe.

Mais il ne s'est jamais soucié d'exposer ses principes ni de transmettre son savoir, à la différence par exemple de l'agronome de Versailles, Jean-Baptiste de La Quintinie (1626-1688), qui laissera en guise de testament ses « Instruction pour les jardins fruitiers et potagers ».

C'est Antoine-Joseph Dézalliers d'Argenville, né en 1680, qui a bien plus tard théorisé le fameux « jardin à la française » dans différents traités aux titres savoureux.

Ce jardin aux formes classiques, fondé sur la perspective et la symétrie, avait vocation à humaniser les parcs des châteaux installés au coeur des forêts.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, à l'heure de la révolution industrielle et de l'urbanisation, il a été délaissé au profit du « jardin à l'anglaise », destiné quant à lui à réintroduire un semblant de nature dans les villes victimes de la pollution industrielle.

Jean Larané
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 13 Mar 2018 - 9:23

13 mars 2005
Décès de Zouhair Yahyaoui
cyberdissident tunisien
actif en faveur de la liberté d'expression.



Portrait de Zouhair Yahyaoui en 2004

Économiste de formation, il connaît un succès grandissant1 grâce à ses écrits vitriolés, rédigés sous le pseudonyme d'Ettounsi (« Le Tunisien » en arabe) sur le journal en ligne Tunezine, le plus souvent en dialecte, et dénonçant la censure et le non-respect des droits de l'homme par le régime de Zine el-Abidine Ben Ali. Il diffuse notamment la lettre ouverte que le juge Mokhtar Yahyaoui (en), son oncle, adresse au président pour dénoncer l'absence d'indépendance du pouvoir judiciaire.

Il est arrêté le 4 juin 2002, aux environs de 19 h, par six policiers en civil dans le cybercafé de Ben Arous où il travaille et gère son site. Condamné le 10 juillet par la quatrième chambre de la cour d'appel de Tunis à une peine de deux ans de prison pour « propagation de fausses nouvelles dans le but de faire croire à un attentat contre les personnes et contre les biens » et « vol par utilisation frauduleuse de moyens de communication », le procès ne semble pas remplir les conditions d'un procès équitable. Il devient alors le symbole des difficultés du journalisme en Tunisie.



Il passe un an et demi à la prison de Borj El Amri où il subit torture et humiliations et entreprend des grèves de la faim pour protester contre sa détention. Privé de courrier, de lecture, de colis de nourriture et même de son journal intime, il souffre d'abcès dentaires mais ne peut consulter un dentiste qu'après des mois de souffrance. Il bénéficie d'une libération conditionnelle, le 18 novembre 2003, grâce à des pressions internationales.

Honoré le 19 juin 2003 du premier prix Cyberliberté de Reporters s@ns frontières - Globenet, il meurt à l'âge de 37 ans d'une crise cardiaque, le 13 mars 2005, à l'hôpital Habib-Thameur de Tunis.


Timbre en hommage à Yahyaoui

Le 13 mars 2012, un an après la déchéance du président Ben Ali, le président Moncef Marzouki rend hommage à Yahyaoui en se rendant sur sa tombe en compagnie de sa famille. Il remet par ailleurs à sa mère les insignes de grand officier de l'ordre de la République décernés à titre posthume.

Le jour anniversaire de son décès est déclaré Journée nationale pour la liberté d'Internet.

En 2013, le président Moncef Marzouki inaugure une maison des jeunes à Ghomrassen baptisée à son nom.

Le 13 mars 2017, à l'occasion de la Journée nationale pour la liberté d'Internet, la Poste tunisienne édite un timbre à son effigie, faisant de lui la 65e personnalité tunisienne représentée sur un timbre.


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 14 Mar 2018 - 7:33

14 mars 1824
Naissance de Louis-Félix Chabaud
Sculpteur et médailleur français.



Louis-Félix Chabaud photographié par Pierre Petit,
Paris, musée d'Orsay.


Fils d’agriculteur, Louis-Félix Chabaud fréquente l’école communale de Venelles (Bouches-du-Rhône) jusqu’en 1836 et entre en apprentissage chez un boulanger, puis chez un marbrier aixois, M. Raimond. Il commence ses études à l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence avec Joseph Marius Ramus et les termine à l'École des beaux-arts de Paris sous la direction de James Pradier.


L'Industrie, médaille, avers.

Le 9 septembre 1848 il remporte le 1er grand prix de Rome en gravure de médaille et pierre fine pour son Mercure formant le caducée. Il séjourne à Rome pendant quatre ans, pensionnaire de l’État à la villa Médicis.


Le Génie des Arts, Marseille, palais des Arts.

De retour à Paris, il expose au Salon de 1853 et obtient le 3e prix pour L’Agriculture (bronze) et Cérès embrassant Triptolème. En 1855, il est également primé pour une série de médailles : Agriculture, Napoléon III et une tête de femme.


Mercure formant le caducée (1848),
plâtre, École des beaux-arts de Paris.


En 1857, il est à nouveau primé pour une sculpture en plâtre représentant La Chasse, acquise par l’État français. En 1859, douze camées en pierres fines lui valent le prix de la gravure et il reçoit, en 1863, une 3e médaille pour une statue de L’Agriculture et un bas-relief intitulé L'Abolition de l’esclavage.


Arc doubleau de la scène, Paris, palais Garnier,
photograpié par Louis-Émile Durandelle.


Réputé comme sculpteur ornemaniste, il participe au chantier de décoration du palais Garnier à Paris.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 15 Mar 2018 - 7:49

15 mars 44 avant JC
«Tu quoque, mi fili»



Buste en marbre de Jules César trouvé dans le Rhône.

Jules César est assassiné le 15 mars de l'an 44 av. J.-C.
En cinq courtes années, nanti de tous les pouvoirs, il a réussi à moderniser l'administration de l'empire romain. Aussi son souvenir va-t-il rester gravé jusqu'à nos jours dans la mémoire des hommes, malgré sa mort prématurée à seulement 55 ans.


La Mort de César par Karl von Piloty « Métellus lui découvrit le haut de l’épaule ; c’était le signal.
Casca le frappa le premier de son épée » (Plutarque).


L'assassinat
Fort de son prestige de conquérant des Gaules, Jules César a franchi cinq ans plus tôt le Rubicon. Nommé dictateur à vie, il n'a de cesse de combattre ses ennemis tout en modernisant l'administration de l'empire (extension du droit de vote, octroi de terres aux combattants....).
Mais, au sommet du pouvoir, César songe à se doter d'un titre royal qui assure la pérennité de son oeuvre au-delà de la mort. Avec sa jeune maîtresse, Cléopâtre, reine d'Égypte, il envisage un moment de se faire consacrer fils d'Amon, à l'image d'Alexandre le Grand.
Le 15 février de l'an 44 av. J.-C., à l'occasion des Lupercales, le fidèle Marc Antoine pose sur la tête de César le diadème des rois grecs. Mais la foule proteste et le dictateur ôte lui-même la couronne et l'envoie au temple de Jupiter.
Qu'à cela ne tienne, Jules César projette d'accepter le titre de roi pour la partie orientale de l'empire romain à l'occasion de la prochaine réunion solennelle du Sénat.


Cléopâtre et César par Jean-Léon Gérôme (1866).

Celle-ci doit avoir lieu le jour des Ides de mars en un lieu appelé « portique de Pompée », qui remplace la Curie, incendiée huit ans plus tôt. Ses proches, y compris sa femme Calpurnie, avertissent César d'une grave menace et lui font part de mauvais présages mais il n'en a cure.
Or, pas moins de soixante sénateurs trempent dans un complot contre sa personne. Ils craignent pour l'avenir du régime sénatorial et oligarchique, aujourd'hui qualifié par anachronisme de « républicain » (*).. Parmi eux, Cassius, l'ancien chef de la flotte de son ennemi Pompée, qui est déçu que son ralliement à César ne lui ait pas rapporté plus d'honneurs.
À peine installé dans la salle, sous la statue de Pompée, son ancien rival, César est provoqué par un sénateur du nom de Tullius Cimbre. Celui-ci, rejoint par d'autres sénateurs, lui soumet une requête et, feignant la colère, agrippe la toge de César et l'arrache.
À ce signal, c'est aussitôt le hallali. Selon le récit de l'historien Suétone, Jules César est frappé de 23 coups de poignard par les sénateurs qui l'entourent.


La Mort de César par Vincenzo Camuccini, 1798 « Il s’était défendu, dit-on, contre les autres,
et traînait son corps de côté et d’autre en poussant de grands cris. Mais quand il vit Brutus venir
sur lui l’épée nue à la main, il se couvrit la tête de sa robe » (Plutarque).


Brutus
Parmi les conjurés qui s'en prennent à César figure Brutus. Le dictateur a placé toute sa confiance en ce jeune sénateur qui est le fils de sa maîtresse Servilia (et peut-être de lui-même).
En le voyant, il lui lance en grec (la langue de l'élite romaine) : « Kai su teknon », ce que les chroniqueurs latins ont traduit par un mot de dépit : « Tu quoque, mi fili » (Toi aussi, mon fils). Il pourrait s'agir au contraire d'une malédiction à l'adresse du traître au sens de : « Qu'il t'arrive à toi aussi le même sort ! ». Là-dessus, César se recouvre de sa toge et cesse d'espérer.


Portrait d'homme, dit « Brutus ». Marbre, œuvre romaine,
30-15 av. J.-C. Provenance : Tibre, Rome.


Difficile succession
Les comploteurs s'enfuient, leur forfait accompli, tandis que le corps de la victime se vide de son sang. Trois esclaves le ramènent à sa demeure.
Les assassins songent à jeter le cadavre dans le Tibre mais le peuple, qui garde un excellent souvenir de César et de sa générosité, se révolte. Il exige que, selon la tradition, son corps soit incinéré en place publique. C'est ce qui est fait le 20 mars... et le bûcher flambe si haut qu'il s'étend aux maisons alentour.
Malgré sa fin tragique et prématurée, après cinq années à peine de pouvoir, Jules César reste étonnamment vivant dans les mémoires et jusque dans le langage commun. Les titres de Kaiser et de tsar sont des déformations de son nom pour désigner le souverain en allemand et en russe.
Quelques jours seulement après la mort du dictateur, son petit-neveu Octave, le futur Auguste, entreprend de le venger. Contre Marc Antoine, qui tente d'instaurer la paix à Rome, il se prévaut du testament de César pour réclamer son héritage. Les guerres civiles se prolongeront encore une quinzaine d'années avant que ne s'établisse la pax romana, la « paix romaine ».

Jean-François Zilberman
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 15 Mar 2018 - 10:23

15 mars 1900
Sarah Bernhardt triomphe pour sa prestation dans "L'Aiglon"
d'Edmond Rostand qu’elle a elle-même mise en scène.[/color][/size]



L’Aiglon d’Edmond Rostand

Drame en six actes et en vers, représenté pour la première fois au Théâtre Sarah-Bernhardt, le 15 mars 1900.
Distribution : 35 hommes, 17 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Notice sur data.libretheatre.fr
L’argument
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531420904/f115.item

M. Rostand et son Aiglon. Dessin de A. Rouveyre. Source : BnF/Gallica



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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 16 Mar 2018 - 8:14

merci
Très intéressant
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 16 Mar 2018 - 9:39

16 mars 597 avant JC
Nabuchodonosor s'empare de Jérusalem


La destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor (enluminure médiévale).


Le 16 mars de l'an 597 av. J.-C., Jérusalem tombe aux mains de Nabuchodonosor.
Le puissant roi de Babylone reçoit la soumission du royaume de Juda. Celui-ci est l'ultime survivance du royaume d'Israël fondé quatre siècles plus tôt par Saül, David et Salomon, et dont la population a déjà eu à souffrir des Assyriens.
Nabuchodonosor déporte la famille royale et l'élite juive dans son pays, entre le Tigre et l'Euphrate (l'Irak actuel).
Dix ans plus tard, suite à une ultime révolte, toute la population de Jérusalem est envoyée en Mésopotamie et le Temple de Salomon est détruit. C'est la première diaspora.


Nabuchodonosor fait tuer les Enfants de Sédécias en présence de leur Père
( Anne-Louis Girodet)

Nabuchodonosor place sur le trône Sédécias, le fils d'un ancien roi de Juda. Mais celui-ci ne tarde pas à intriguer contre son maître et forme même une coalition avec les Égyptiens et les habitants de Tyr. On est en 586 av. J.-C. quand Nabuchodonosor prend Jérusalem pour la troisième fois. La répression ne se fait pas attendre. Le roi Sédécias, qui a tenté de s'enfuir par une brèche de la muraille, est capturé près de Jéricho, aveuglé et jeté au cachot en Babylonie cependant que ses fils sont mis à mort.


Vignette illustrant la déportation à Babylone des Juifs de Jérusalem.

Les prophètes hébreux de l'époque, tels Jérémie et Ézéchiel, voient dans ces malheurs une punition infligée au peuple hébreu pour avoir désobéi à Dieu.
À Babylone, cependant, les Juifs vont affermir leur religion et regagner en prospérité ce qu'ils ont perdu en liberté.
Cinquante ans plus tard, lorsque Cyrus, roi de Perse, conquerra la Babylonie, une partie des Hébreux retournera en Palestine pour bâtir un deuxième Temple, tout en demeurant sous la tutelle des Perses.
Avec la chute de Jérusalem, c'en est fini de l'indépendance d'Israël pour... 2500 ans, jusqu'à la résurrection de l'État hébreu au XXe siècle de notre ère (mise à part une brève période d'indépendance sous les Maccabées ou Asmonéens).
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 19 Mar 2018 - 9:12

19 mars 1882
La Sagrada Familia
à Barcelone




Le monument le plus visité de Barcelone et peut-être d’Espagne est un chantier !
Il s’agit du Temple expiatoire de la Sagrada Familia, symbole le plus éclatant de Barcelone et de la Catalogne.
La construction de cette basilique catholique dédiée à la Sainte Famille débute le 19 mars 1882 à l’initiative d’une association des dévots de Saint-Joseph.
Elle est financée uniquement par les aumônes et la générosité des fidèles.
Le projet va prendre une ampleur inattendue dès l'année suivante avec sa prise en main par un nouvel architecte visionnaire, Antoni Gaudí (31 ans).
Cet architecte catalan apparaît comme le principal représentant de l’Art Nouveau, un courant artistique qui s’est épanoui dans toute l’Europe au tournant du XXe siècle.


Antoni Gaudi

En rupture avec l’académisme, il promeut les références à la nature, en particulier au milieu marin, avec des motifs décoratifs et des structures tout en courbes et en couleurs.
Comme l’ensemble de l’Art Nouveau, l’art de Gaudí est imprégné par l’appétit de vie, le mystère de la Nature et la gaieté. On peut l'apprécier à travers ses nombreuses réalisations architecturales qui font la beauté de Barcelone .
Toutes en rondeur, elles excluent la ligne droite et angulaire, ce qui leur donne une infinie douceur et une grande humanité, à l’opposé des constructions glaciales et sans âme de la fin du XXe siècle.
Ainsi en va-t-il de la Sagrada Familia.


Façade de la Nativité

Un artiste rempli de foi
D’emblée, le jeune architecte, fervent catholique, fait le choix d’un édifice de très grandes dimensions, avec une nef de 90 mètres de long, surmontée de 18 tours, pour les douze apôtres, les quatre évangélistes, Marie et le Christ. La tour la plus haute, qui représente le Christ, culmine à 170 mètres.
Toute la basilique est ainsi chargée de symboles religieux, dans sa structure et ses éléments décoratifs tant extérieurs qu'intérieurs. Elle compte par exemple trois façades qui représentent la Nativité, la Passion et la Gloire ou la Résurrection du Christ.



L’architecte a rapidement mesuré l’ampleur du chantier et compris qu’il ne serait achevé que bien après sa mort. Il a donc élevé en premier lieu les tours afin que celles-ci ne soient jamais remises en cause, et gardé pour la fin la couverture de la nef.
Renversé par un tramway le 10 juin 1926, Antoni Gaudí a été inhumé dans la crypte de la basilique à laquelle il a offert la plus grande part de son génie.

La Sagrada Familia en chantier au XIXeme siècle

Les travaux se sont poursuivis sous la direction de ses disciples. En 1997 toutefois, les admirateurs de Gaudí se sont émus de ce que la façade de la Passion a été décorée de sculptures toutes en angles vifs et acérés, l'exact opposé de la douceur du maître.
La nef, aujourd’hui couverte, a été consacrée par le pape Benoît XVI le 7 novembre 2010 et l’ensemble des travaux pourraient être achevés en 2026, pour le centenaire de la mort de Gaudí, lequel pourrait être béatifié à cette occasion.

La chapelle intérieure


Camille Vignolle
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 21 Mar 2018 - 8:28

21 mars 1098
Robert de Molesme fonde Cîteaux




Le 21 mars 1098, Robert de Molesme fonde un monastère à Cîteaux, près de Dijon. Son ambition est de renouer avec l'idéal monastique de saint Benoît de Nursie, fondé sur la prière, le dépouillement et le travail. Il veut mettre un frein aux dérives laxistes des abbayes clunisiennes, sevrées de dons et enclines à rechercher le confort.

L'abbaye accueille en 1112 un jeune noble bourguignon qui, deux ans plus tard, va fonder une « abbaye-fille » à Clairvaux, en Champagne. Connu sous le nom de saint Bernard de Clairvaux, il va étendre l'ordre cistercien à toute l'Europe, de sorte que l'on pourra dire du XIIe siècle chrétien qu'il est celui de Cîteaux comme le XIe siècle fut celui de Cluny.

On voit ci-dessous saint Bernard de Clairvaux (avec une auréole) prendre l'habit monastique en présence de l'abbé de Cîteaux Étienne Harding.




Une entreprise modèle
À la différence de Cluny, dont les ressources matérielles reposaient sur le travail des serfs, Cîteaux veut appliquer à la lettre la règle bénédictine (orare et laborare, prier et travailler). Les moines doivent donc se suffire à eux-mêmes.

La participation aux offices et à la liturgie ainsi qu'à l'administration de l'abbaye (le chapitre) est réservée aux moines de choeur. Le travail dans les fermes ou « granges » est quant à lui confié aux moines convers qui ont pour seule obligation d'assister à l'office dominical.

À la différence également de Cluny, qui réservait le statut envié de moine de choeur aux enfants de la haute aristocratie offerts (oblatus en latin, d'où le nom d'oblats donnés à ces enfants) par leur famille à l'abbaye, Cîteaux n'accepte que des hommes, souvent issus de la petite ou moyenne noblesse, comme saint Bernard, aptes à se mettre au travail immédiatement.

Par humilité, tous les moines cisterciens adoptent un habit de laine non teinte, ce qui leur vaut l'appellation de « moines blancs », qui les distingue des « moines noirs » de Cluny.

Comme les vocations affluent, Cîteaux est en mesure de fonder en 1112 une première « abbaye-fille » à La Ferté-sous-Grosne, près de Mâcon, puis une deuxième en 1114 à Pontigny, près d'Auxerre, en attendant Clairvaux et Morimond. Ce sont les « premières filles » de l'ordre cistercien qui vont elles-mêmes rayonner à leur tour, soit par création de nouvelles abbayes, soit par affiliation d'abbayes préexistantes.




À la conquête des âmes
L'abbé Étienne Harding, successeur de Robert de Molesme, rédige une Charte de charité selon laquelle chaque « fille » devra être autonome d'un point de vue matériel mais se soumettre à une visite annuelle de son « abbé père ». En sens inverse, Cîteaux elle-même sera inspectée chaque année par les quatre abbés des « premières filles ». Enfin, tous les abbés se réuniront une fois par an à Cîteaux dans un « chapitre général » pour légiférer et examiner les éventuels manquements à la règle. Cette Charte de charité est une innovation qui, en assurant durablement la cohésion de l'ordre cistercien, en fait le premier ordre monastique authentique.


Abbaye de Cîteaux

Après le départ d'Étienne Harding en 1133, saint Bernard de Clairvaux fait réviser la liturgie élaborée par celui-ci en introduisant de nouveaux chants et un style plus épuré, propice à la contemplation.

Il met en avant la charité, autrement dit l'amour de Dieu, qui se traduit par l'Incarnation (Dieu fait homme), ce qui le conduit à valoriser la dévotion à la Vierge, Mère de Dieu. Pour cette raison, la plupart des églises cisterciennes sont dédiées à Notre-Dame. Il valorise aussi la communication avec les défunts et diffuse la croyance au purgatoire, un sas où les pécheurs, après leur mort, attendent de pouvoir enfin accéder au paradis et à la connaissance de Dieu.


Crosse en argent doré ayant appartenu
à Robert de Molesme (vers 1028-1111)


Déclin et renaissance

Au début du XIIIe siècle, l'ordre cistercien rayonne sur l'ensemble de l'Europe. Ses moines et abbés se montrent très actifs, tant dans le domaine liturgique que dans le domaine matériel. Les cisterciens sont ainsi à la pointe de la technique et soucieux d'innovation.

L'abbé Étienne de Lexington, au milieu du XIIIe siècle, fonde à Paris, dans le Quartier Latin, le collège des Bernardins en vue de parfaire la formation intellectuelle des moines...

Il n'empêche que les moines se laissent aller à un certain relâchement, ce qui leur vaut des critiques en nombre croissant.

Qui plus est, l'ordre cistercien, voué à la contemplation dans des « déserts » loin des villes, entre en concurrence avec les ordres mendiants à vocation urbaine, fondés par saint François d'Assise et saint Dominique.

Sévèrement étrillé pendant la guerre de Cent Ans puis les guerres de religion et la Réforme protestante, il va se relever quelque peu au XVIIe siècle grâce à la réforme de l'abbé de Rancé, à La Trappe (Normandie).

En 1892, les monastères de la mouvance trappiste donnent naissance à l’Ordre des Cisterciens de la Stricte Observance.

Des moines s'installent quelques années plus tard à Cîteaux, dans les bâtiments à l'abandon depuis la Révolution, et redonnent vie à l'antique abbaye. Celle-ci a retrouvé aujourd'hui son activité première. Clairvaux a quant à elle été sauvée d'une totale destruction par sa transformation en prison en 1808.


Abbayes cisterciennes actuelles en Europe


Les trois soeurs provençales

Trois abbayes cisterciennes de Provence sont appelées les « trois sœurs provençales »1 : l'abbaye du Thoronet, l'abbaye de Silvacane et l'abbaye de Sénanque.



Abbaye de Silvacane.


Abbaye de Sénanque.


Abbaye du Thoronet.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 22 Mar 2018 - 19:05

22 mars 1963
Le scandale Profumo



John Dennis Profumo (né le 30 janvier 1915 à Kensington
(Londres) et mort le 9 mars 2006 à Londres)


Une comédie de boulevard est à l'origine du plus grand scandale politique des années 1960. Elle débute à Londres avec une bagarre entre l'amant et le souteneur d'une jolie femme aux mœurs légères, Christine Keeler, 21 ans.
L'enquête de police révèle qu'elle a eu une liaison avec John Profumo, 48 ans, secrétaire d'État à la Guerre dans le gouvernement conservateur d'Harold Macmillan et, en parallèle, une liaison avec un certain Eugeni Ivanov, attaché naval à l'ambassade soviétique de Londres et espion du KGB.

L'affaire émeut l'opinion. Interpellé par les députés et les journalistes, le ministre déclare le 22 mars 1963 devant la Chambre des Communes, n'avoir jamais commis aucune « inconvenance ».
Mais en juin de la même année, en voyage à Venise avec sa femme, il finit par craquer et lui avoue sa faute.
L'affaire s'est déroulée deux ans plus tôt, le week-end des 8 et 9 juin 1961, à la faveur d'une invitation du couple dans le manoir historique du vicomte d'Astor, à Cliveden, au bord de la Tamise, à l'ouest de Londres.
Au même moment, un employé du vicomte recevait aussi des amis, parmi lesquels Christine Keeler et Eugeni Ivanov. Comme il faisait chaud, ils avaient investi la piscine du fameux manoir et c'est ainsi que le ministre avait fait la connaissance de la call-girl. Leur relation avait duré trois mois.

De retour à Londres, le ministre revient devant le Parlement le 4 juin pour une confession publique. On lui reproche (avec raison) d'avoir menti et on le soupçonne (à tort) d'avoir dévoilé sur l'oreiller des secrets militaires.

Homme intègre et brillant, promis à devenir Premier ministre, Profumo démissionne sur le champ. Il entraîne dans sa chute le Premier ministre qui présente à son tour la démission du gouvernement le 29 octobre 1963.


Christine Keeler, née le 22 février
1942 à Uxbridge et morte le
4 décembre 2017 à Farnborough


Quelques jours plus tard, John Profumo se présente dans une association caritative de l'Est londonien, Toynbee Hall, pour faire la plonge !
Avec sa femme, il va désormais consacrer sa vie aux humbles et y gagnera une pleine réhabilitation. Il sera élevé à la dignité de Commandeur de l'Empire et reconnu par Margaret Thatcher comme un héros national. Un hommage unanime lui sera rendu à sa mort le 9 mars 2006.
On se rappellera sur le tard qu'en mai 1940, face à la menace hitlérienne, il avait figuré parmi les 41 députés conservateurs qui s'étaient opposés à la politique d'apaisement du Premier ministre Neville Chamberlain et avaient contribué à l'arrivée de Winston Churchill au pouvoir.

Des adaptations théâtrales et cinématographiques ont été réalisées sur l'affaire Profumo.
André Larané
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 23 Mar 2018 - 18:59

23 mars 1534
Henri VIII est excommunié



Henri VIII par Hans Holbein le Jeune.

e roi Henri VIII dirige l’Angleterre et l’Irlande de 1509 à 1547. De ces presque trente-huit ans de règne, l’histoire retient le schisme de 1534 de l’Église d’Angleterre avec Rome, ainsi que les six mariages aux conséquences éminemment politiques du souverain.

Gagnée par les ambitions d’indépendance vis-à-vis de l’Église importées par la montée du protestantisme en Europe, l’Angleterre se trouve profondément divisée entre catholiques et protestants, allégeance au pape et idées proto-nationalistes. Henri VIII est lui-même profondément attaché aux préceptes catholiques, mais lassé de l’autorité du pape qui possède de façon indirecte, par l’entremise du clergé, un cinquième des terres anglaises. Les caisses de l’État sont vides, asséchées par le train de vie fastueux du roi et le conflit de 1522 avec la France ; et le monarque veut faire annuler son mariage avec la reine Catherine d’Aragon pour épouser sa maîtresse Anne Boleyn, enceinte de lui. Or le pape Clément VII craint la réaction du neveu de Catherine d’Aragon, qui n’est autre que Charles Quint, et laisse traîner l’affaire à dessein.


Catherine d'Aragon fut la première épouse
d'Henri VIII, vers 1525.


Henri VIII résout alors ses deux problèmes en faisant prononcer son divorce par Thomas Cranmer, récemment nommé archevêque de Canterbury, puis en confisquant les biens religieux, en dissolvant les monastères et en arrêtant les membres du clergé qui se montraient hostiles à la suprématie royale. Il se proclame chef de l’Église d’Angleterre, et en réaction, le pape l’excommunie ainsi que l’archevêque de Canterbury. Les historiens sont en désaccord quant à la cause directe de cette excommunication : d’aucuns arguent qu’il s’agit du remariage du roi, d’autres de la dissolution des monastères. Le doute plane également sur la date exacte de l’évènement : selon certains, il aurait eu lieu le 23 mars 1534, mais d’autres avancent la date du 11 juillet 1533, ou évoquent l’an 1535 ou 1538.


Anne Boleyn fut la deuxième épouse d'Henri VIII,
copie d'un portrait de 1534.


La Réforme anglaise ainsi entamée aura de lourdes conséquences sur le reste du règne de Henri VIII, ainsi que sur les règnes successifs de ses trois enfants reconnus, Edouard VI, Marie Ière dite « la sanglante » (surnom qui lui est attribué lorsqu’elle réprime violemment des révoltes protestantes après avoir réinstauré le catholicisme) et Elizabeth Ière (qui détruit l’œuvre du règne de sa demi-sœur en installant définitivement le protestantisme). Quant à son remariage si coûteux, il se solde d’un échec lorsqu’Anne Boleyn se révèle incapable de concevoir un fils : elle met au monde une fille, la future Elizabeth Ière, et fait par la suite une ou plusieurs fausses couches, puis délivre un garçon mort-né. Lassé de sa femme, hanté par l’obsession d’obtenir un héritier mâle, Henri VIII fait monter des fausses accusations d’adultère et d’inceste contre elle et la fait exécuter par décapitation, ainsi que son frère. Il se remariera encore quatre fois, et son avant-dernière femme, Catherine Howard, fut elle aussi décapitée, à l’âge de vingt ans, après avoir été trouvée coupable d’adultère.


Jeanne Seymour est la troisième épouse d'Henri VIII ;
portrait réalisé par Hans Holbein le Jeune en 1536.


Le roi que la postérité surnomma Barbe-Bleue fit également exécuter certains de ses proches tombés en disgrâce, dont Thomas More (son chancelier, l’humaniste ami d’Érasme et auteur de L’Utopie, canonisé en 1935 par le pape Pie XI), Thomas Cromwell (son conseiller) et Thomas Culpeper (son valet personnel).


par Auriane de Viry
pour La Revue des Deux Mondes



Thomas Cromwell vers 1532 par Hans Holbein le Jeune.
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