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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 17 Sep 2018 - 10:43

17 septembre 1878
Décès de Antoine de Tounens
ex-roi d'Araucanie et de Patagonie



Antoine de Tounens

Antoine de Tounens, né Antoine Tounens le 12 mai 1825 à La Chèzenote , commune de Chourgnac, et mort le 17 septembre 1878 à Tourtoirac, est un avoué français devenu aventurier, fondateur de l'éphémère royaume d'Araucanie et de Patagonie (1860-1862) et son premier roi sous le nom d'Orllie-Antoine Ier (écrit parfois Orélie-Antoine Ier).

Il débarque en 1858 au port de Coquimbo au Chili, s'installe d'abord à La Serena, et, après avoir passé quelque temps à Valparaíso et Santiago, se dirige vers l'Araucanie, à partir du port de Valdivia. Il entre en contact avec le lonco (chef militaire mapuche) Quilapán, qui s'enthousiasme pour son projet de fonder un État pour le peuple mapuche, afin d'être en mesure de résister à l'armée chilienne — la guerre d'Arauco faisant alors rage. Quilapán accorde à Antoine de Tounens un droit de passage sur ses terres, interdites aux huincas (Chiliens).


Antoine de Tounens acclamé par les chefs araucans

Il dote le nouvel État d'une constitution après avoir été élu roi par les chefs mapuches sous le nom d'Orllie-Antoine Ier (nom officiel en tant que roi), (ou Orélie-Antoine Ier avant le début du règne) (en espagnol : Orelio Antonio I ou Aurelio Antonio I).

Trois jours plus tard, il décrète l'union de l'Araucanie et de la Patagonie, fixant comme limites au désormais royaume d'Araucanie et de Patagonie le fleuve Biobío et le rio Negro au nord, l'océan Pacifique à l'ouest, l'océan Atlantique à l'est et le détroit de Magellan au sud.


Antoine de Tounens en 1872, caricaturé par P. Bernay
dans Le Grelot, 13 octobre 1972, numéro 79


Mettant en place un gouvernement, son royaume devient une menace politique pour les autorités chiliennes et argentines. Craignant une contre-attaque argentino-chilienne, il cherche des alliés et demande protection à l'Empire du Brésil et au Paraguay, mais sans succès. Il demande alors une aide européenne et se tourne vers la France, son pays d'origine. Mais le gouvernement français refuse de prendre toute responsabilité dans un conflit sud-américain à venir.

Après la prise de la capitale Perquenco par les troupes chiliennes le 5 janvier 1862, il est fait prisonnier et envoyé en détention au Chili puis condamné à l'internement dans un asile. Quant aux Mapuches et aux autres tribus, elles doivent subir la répression argentino-chilienne.


Carte du royaume vers 1865

L'intervention du consul général de France lui permet de regagner la France et il embarque le 28 octobre 1862 à Valparaiso à bord du Duguay-Trouin.

Rentré en France en mars 1863, Antoine de Tounens s'installe à Paris, où il crée une petite cour, décernant décorations et titres, tout en étant pauvre et endetté, et considéré par certains comme un souverain de fantaisie d'un pays qui n'existait pas réellement ou qualifié parfois « d'imaginaire ».

Après toutes ces tentatives malheureuses pour conquérir son ancien royaume, Antoine de Tounens, ruiné, tombe gravement malade et meurt à Tourtoirac (Dordogne), le 17 septembre 1878, âgé de 53 ans, alors qu'il était hébergé chez son neveu, Jean dit Adrien Tounens, boucher à Tourtoirac (Dordogne), son héritier potentiel. Sur son acte de décès, le maire de Tourtoirac porte la mention « Antoine de Tounens, ex-roi d'Araucanie et de Patagonie ».

Buste d'Antoine de Tounens en centre-ville
de Tourtoirac, où il est mort
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 17 Sep 2018 - 11:48

Passionnant destin que celui d'Antoine de Tounens passionné , semble-t'il , d'aventure .

merci  Opaline pour cet excellent récit .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 18 Sep 2018 - 9:10

18 septembre 1981
La France abolit la peine de mort



Le 17 septembre 1981, Robert Badinter, alors garde des Sceaux,
prononçait un discours historique devant l'Assemblée.


En 1972, Robert Badinter est l’avocat de Roger Bontems. Roger Bontems a participé à une prise d’otage dans la prison où il purge sa peine mais n’a tué personne durant cette prise d’otage. Il est tout de même condamné à mort puis exécuté. C’est à partir de ce moment-là que Robert Badinter s’engage pleinement contre la peine de mort.



En 1977, Robert Badinter est, avec Robert Bocquillon, l’avocat de Patrick Henry qui a tué un petit garçon. Au lieu de le défendre en tant qu’individu, Robert Badinter fait le procès de la peine de mort et Patrick Henry est condamné à la prison à perpétuité.

Devenu Ministre de la Justice après l’élection de François Mitterrand, il fait voter la loi abolissant la peine de mort en 1981.



Ainsi, « le 18 septembre 1981, par 363 voix contre 117, l’Assemblée nationale adopte, après deux jours de débats, le projet de loi portant abolition de la peine de mort présenté, au nom du Gouvernement, par Robert Badinter, garde des Sceaux, ministre de la justice. 12 jours plus tard, le texte est voté dans les mêmes termes par le Sénat, par 160 voix contre 126.
C’est l’aboutissement du long combat mené depuis deux siècles par la cohorte de ceux qui, dans les enceintes parlementaires, dans les prétoires ou dans leurs écrits, ont défendu la cause de l’abolition devant une opinion réticente, voire résolument hostile. »

Le 18 septembre 1981, l’abolition de la peine de mort en France est ainsi votée à l’Assemblée nationale.




Extrait du discours le Robert Badinter sur l’abolition de la peine de mort
à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981



D'autres avant lui avaient demandé  l'abolition de la peine de mort, et en particulier Alphonse de Lamartine et Victor Hugo

Discours d’Alphonse Lamartine contre la peine de mort

Plaidoyer contre la peine de mort - Victor Hugo

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 18 Sep 2018 - 10:10

merci  Opaline . Pour moi j'applaudie à cette Loi . En effet il s'avère que la peine de mort n'a jamais été dissuasive , il suffit pour m'en convaincre de constater que dans les Etats d'Amérique du Nord (USA ) où la peine est appliquée les crimes et assassinats sont de plus en plus nombreux .

C'est juste mon avis .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 19 Sep 2018 - 9:06

@mimi1260 a écrit:
merci  Opaline . Pour moi j'applaudie à cette Loi . En effet il s'avère que la peine de mort n'a jamais été dissuasive , il suffit pour m'en convaincre de constater que dans les Etats d'Amérique du Nord (USA ) où la peine est appliquée les crimes et assassinats sont de plus en plus nombreux .

C'est juste mon avis .

Complètement de ton avis bonjour
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 19 Sep 2018 - 9:06

19 septembre 1899
Dreyfus gracié par Emile Loubet



Alfred Dreyfus

En 1899, alors que l'Affaire divise la France depuis cinq ans, Alfred Dreyfus est gracié par le président de la République. Une décision qui oppose à nouveau les deux camps.



19 septembre 1899. Le président de la République Émile Loubet, suivant l'avis de son président du Conseil, Pierre Waldeck-Rousseau, gracie Alfred Dreyfus, condamné quelques jours auparavant à 10 ans de réclusion lors de la révision de son procès. L'officier français, accusé à tort d'avoir divulgué des informations militaires à l'armée allemande, avait été condamné à la déportation à vie sur l'île du Diable en Guyane en décembre 1894. La mobilisation des dreyfusards, et notamment d'Émile Zola, avait ouvert la voie à un second procès. Dès le lendemain de la grâce présidentielle, Alfred Dreyfus est remis en liberté.

La décision divise naturellement les deux camps qui s'étaient opposés pendant l'Affaire :


L'Aurore, où Zola avait publié son fameux « J'accuse...! », ne se contente pas de se réjouir de la grâce et appelle à la réhabilitation :
Citation :
"La grâce de Dreyfus ne peut être que le mouvement spontané, naturel, légitime, par lequel les représentants du pouvoir civil refusent de s'associer à l'iniquité obstinée des juges militaires. C'est le gouvernement de la France républicaine repoussant avec horreur toute responsabilité, toute solidarité dans ce déni de justice. Bien loin de mettre obstacle à l'œuvre de réparation, c'en est le prélude et comme l'annonce.
Dreyfus va être libre : libre de ses mouvements, libre de respirer l'air du dehors, libre de chercher à reprendre ses forces, libre de tenter de revivre à combien plus forte raison, libre de travailler à recouvrer son honneur, libre de préparer sa réhabilitation, libre de s'efforcer de libérer la France des remords et de la bonté d'une injustice obstinément maintenue."


L'Ouest-Éclair se fait fort de mettre les choses au clair :
Citation :
"Il faut voir les choses comme elles sont et ne pas donner aux mots une signification qu'ils n'ont pas. La grâce et la réhabilitation, que quelques-uns confondent trop facilement, n'ont au point de vue de l'analogie, qu'un rapport purement physique : celui de la mise en liberté de l'individu qui en a bénéficié.
La réhabilitation efface le crime ; la grâce ne l'efface pas ; et dans le premier cas c'est une innocence que la loi reconnait, tandis que dans le second, c'est une culpabilité à laquelle le Chef de l'État fait miséricorde. Ainsi en va-t-il pour Dreyfus."


L'Intransigeant du 22 septembre titre de manière éloquente : « Le traître en liberté »
Citation :
"Dreyfus a trouvé, dans ceux qui applaudissent à sa grâce, ses maîtres en crapulerie et même en trahison.
Depuis la feuille du salarié Jaurès, qui mange à tous les râteliers et, après avoir tapé les syndicats ouvriers, se fait nourrir par les syndicats juifs ; toute la séquelle des journaux et des journalistes qui ont vécu depuis trois ans sur l’Affaire, comme les poux vivent sur la tête d’un teigneux, affirment que la délivrance de leur traître de juif répond au vœu de toute la France civilisée."

Il faudra attendre 1906 pour que Dreyfus soit réhabilité. Et que le climat s'apaise, enfin.


Mémorial Dreyfus
A l’occasion du 120eme anniversaire de la dégradation du capitaine Alfred Dreyfus et à un peu plus de 110 ans de sa réhabilitation, l’association « Monument Dreyfus » a lancé une souscription nationale pour la réalisation d’une statue à la mémoire du mulhousien le plus connu dans le monde. Le monument symbolisera la victoire de la vérité sur le mensonge et sera un témoignage pour l’honneur d’un homme injustement accusé. Il sera réalisé par l’artiste Sylvie Koechlin et installée au parc Steinbach.

source
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 19 Sep 2018 - 9:41

L'affaire Dreyfus a été une infamie et un complot ourdit par des Officiers Généraux couverts par la "grande muette" : l'Armée.

merci  Opaline pour ce rappel historique .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 21 Sep 2018 - 8:41

21 septembre 1711
Duguay-Trouin s'empare de Rio de Janeiro



Duguay-Trouin vu par l'illustrateur Obra de Chasselai
dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. (Musée de Rio)


De toutes les expéditions de Duguay-Trouin, la plus célèbre est la prise de Rio de Janeiro en 1711. Le projet mûrissait depuis 1706 : intercepter la flotte annuelle de l’or qui apporte du Brésil à Lisbonne les métaux précieux. En 1710 le capitaine Duclerc était allé attaquer le Brésil avec 5 vaisseaux et un millier de soldats, mais l’expédition avait été un échec : fait prisonnier avec plus de 600 hommes il avait été assassiné dans des circonstances obscures. L'opération fut donc décidée pour venger cet échec.


Ferdinand Perrot : La flotte de Duguay-Trouin attaquant Rio de Janeiro en 1711 (1844)

Le deuxième raid sur Rio de Janeiro ou seconde bataille de Rio de Janeiro est une tentative réussie, par une escadre française placée sous les ordres de René Duguay-Trouin de capturer le port de Rio de Janeiro en septembre 1711, pendant la guerre de Succession d'Espagne. Les Portugais alors maîtres de la ville, et au premier rang desquels le gouverneur de la ville et l'amiral de la flotte qui y était stationnée, se révèlent incapable d'opposer une résistance efficace et ce malgré leur supériorité numérique.

Quatre vaisseaux de ligne portugais sont perdus et la ville est contrainte de payer une forte rançon pour éviter d'être pillée et détruite.


Bataille du cap Lizard (1707), vue par un peintre du XIXe siècle, Théodore Gudin. Duguay-Trouin et Forbin
surprennent un grand convoi anglais à destination du Portugal. Ils anéantissent l'escorte et dispersent le convoi.
Pour les Anglais c'est « le désastre du convoi du Portugal ».



Il fallait préparer cette grosse expédition avec soin, à moins de vouloir terminer comme le capitaine Duclerc l’année précédente. Mais Duguay-Trouin était un organisateur et un meneur d’homme hors pair. « Aussitôt que cette résolution eut été prise, nous nous rendîmes à Brest, mon frère et moi. (...) Je donnais toute mon attention à faire préparer de bonne heure, avec tout le secret possible, les vivres, les munitions, tentes, outils, enfin tout l’attirail nécessaire pour camper, et pour former un siège. J’eus soin aussi de m’assurer d’un bon nombre d’officiers choisis, pour mettre à la tête des troupes, et pour bien armer tous ces vaisseaux. Les soins que nous prîmes pour accélérer toutes choses, furent si vifs et si bien ménagés, que malgré la disette où étaient les magasins du Roi, tous les vaisseaux de Brest et de Dunkerque se trouvèrent prêts à mettre à la voile dans deux mois, à compter du jour de mon arrivée à Brest »

Après trois jours de bombardements, Duguay-Trouin débarque ses troupes dans l'immense baie, soit 3 700 hommes, soutenues par le feu de ses navires, pour attaquer la ville. Le gouverneur de Rio de Janeiro, Castro-Morais, avait fait fortifier la ville après l'attaque française de l'année précédente, mais il se révèle être un bien mauvais défenseur, certains défenses récemment construites ne résistent pas aux bombardements. Les forts sont enlevés les uns après les autres en onze jours, après de multiples péripéties, plusieurs tentatives de « sorties » de la garnison et l'arrivée d'une troupe de secours. Les Portugais incendient en se retirant les vaisseaux et les entrepôts qu’ils ne pouvaient défendre.


Vue satellite de la baie de Rio. L'image nous donne un bon aperçu de l'immensité
de la baie et de l'étroit goulet pour y pénétrer.


Après un conseil le 21 septembre au cours duquel Moraes ordonne aux défenseur de la ville de tenir le front, des miliciens se mettent à déserter cette nuit-là, suivis peu de temps après par les douze mille hommes de la garnison. Dans des circonstances troubles, les Français qui avaient été fait prisonniers l'année précédente parviennent à sortir de la prison dans laquelle ils étaient enfermés.

On restait dans une expédition corsaire et il n'était pas question de conquête permanente : l'escadre se retire donc (13 novembre) pour prendre le chemin du retour. Retour très difficile car la flotte est dispersée par une violente tempête après avoir franchi l'équateur. À l'arrivée à Brest (6 février 1712) trois navires avaient sombré, dont Le Magnanime qui ramenait une large partie du butin (avec « six cent mille livres en or et en argent »). Néanmoins le bénéfice financier de l'opération restait considérable : il rapportait à Brest plus de 1,3 tonne d’or, sans compter les 1 600 000 livres de la cargaison de deux navires revenus bien plus tard après un immense détour par la « mer du sud »


René Duguay-Trouin racontant ses exploits à Louis XIV,
au retour de l'expédition de Rio. (Obra de Chasselai, date inconnue,
Musée de Rio)


Duguay-Trouin fut acclamé en héros : cette expédition victorieuse faisait beaucoup pour le moral français très malmené jusque-là par les épreuves de la guerre de Succession d'Espagne (elle s'acheva en 1713). Louis XIV félicite en personne son marin couvert de gloire : « Le roi, se plut à me témoigner une grande satisfaction de ma conduite et beaucoup de disposition à m’en procurer la récompense ; il eut la bonté de me gratifier d’une pension de deux mille livres (…) en attendant ma promotion de chef d’escadre. »
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 21 Sep 2018 - 9:37

merci Opaline , je connaissais les exploits de Duguet - Trouin mais il est intéressant de rafraîchir sa mémoire .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 22 Sep 2018 - 11:39

22 septembre 1609
Expulsion des Morisques d'Espagne



Embarquement de Morisques au port du Grao à Valence.

L'expulsion des Morisques d'Espagne est une expulsion promulguée par le roi Philippe III d'Espagne le 22 septembre 1609 qui signifie l'abandon des territoires espagnols par les Morisques, descendants des populations musulmanes converties au christianisme par le décret des rois catholiques du 14 février 1502. Bien que la rébellion des morisques de Grenade quelques décennies avant soit à l'origine de la décision, elle affecte particulièrement le royaume de Valence qui perd à cette occasion une grande partie de ses habitants.


Expulsion des Morisques au port de Dénia

Plus d'un siècle après leur conversion forcée au christianisme et bien que devenus, à force de métissage, physiquement indiscernables des « vieux chrétiens », une grande partie des Morisques se maintient comme un groupe social cloisonné du reste de la société espagnole, en dépit de la perte de l'usage de l'Arabe andalou au bénéfice du castillan et de leur connaissance très pauvre des rites de l'islam, religion qu'ils continuent toutefois de pratiquer en secret.

Les Morisques de Valence sont principalement expulsés à partir des ports de la région vers ceux d'Oran et de l'Oranie que les Ottomans aident activement à rejoindre. Ceci est illustré par l'aide fournie par les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse ainsi que par leur livre des invasions (غزوات عروج وخير الدين) qui indique que pas moins de 70 000 Morisques ont été transportés vers les côtes algériennes.


La Expulsión de los Moriscos, gravure de Vicente Carducho,
Musée du Prado, Madrid


Selon le frère Jaime Bleda, les Morisques débarqués sur les côtes maghrébines ont eu droit à un accueil sanglant de la part des autochtones. Ainsi, celui-ci rapporte :

« Ainsi, il est certain que des milliers de Morisques qui quittèrent ce Royaume de Valence, même pas le quart survécut. Nombreux périrent en mer noyés, jetés par-dessus bord par les patrons des bateaux qui les volaient. D'autres naufragèrent sans pouvoir atteindre les plages de la Berbérie. Les Arabes en tuèrent un nombre infini. La plupart moururent de faim, de soif, de froid et d'affliction après leur arrivée en Afrique, où ils se voyaient exilés d'un paradis terrestre dans les sables, la sécheresse et la chaleur ardente de ces contrées, et aux mains de cette gent si féroce, inhumaine et barbare. C'eût été encore mieux pour l'Espagne, si tous avaient péri. »


Chronique des Maures d'Espagne: Jaime Bleda

Des études récentes semblent conclure que bien au contraire, l'expulsion était loin de mettre fin à la population morisque en Espagne et que dans de grandes parties du pays (l'Andalousie, Castille, Murcie et Extremadure), elle a été un échec, surtout en raison du rejet que cette mesure produit entre la population et les autorités locales qui soutenaient souvent une communauté qui était pleinement intégrée et en voie d'assimilation.


Débarquement des Morisques dans le port d’Oran en 1613

Le destin tragique des Morisques ne s’arrêta pas là ; une nouvelle vie les attendait ailleurs, mais le prix à payer fut élevé. La plupart d’entre eux échoua au Maghreb où, après une phase difficile de réislamisation, ils finirent par s’intégrer à leurs nouvelles patries : Tunisie, Maroc, Algérie, Turquie, dans l’armée, l’artisanat, l’agriculture et le commerce. Il y eut aussi des retours en Espagne, et même des Morisques qui réussirent à braver l’interdiction de rester en Espagne, bénéficiant souvent de la complicité de leurs compatriotes vieux-chrétiens.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 22 Sep 2018 - 12:27

Zemmour aurait certainement aimé vivre à cette époque pour ce réjouir du spectacle .

merci  Opaline pour nous faire revisiter un chapitre Espagnol historique .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 23 Sep 2018 - 8:43

[justify]23 septembre 1865
Naissance de Suzanne Valadon
Artiste peintre française.



Suzanne Valadon en 1919

Fille naturelle d’une blanchisseuse, Suzanne Valadon devient acrobate de cirque en 1880, jusqu’à ce qu’une chute mette fin prématurément à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle habite avec sa mère, puis avec son fils, le futur peintre Maurice Utrillo, né en 1883, elle a la possibilité de s’initier à l’art.


Suzanne Valadon, Autoportrait (1898),
Musée des beaux-arts de Houston.


Son genre de beauté solide attire le regard des artistes et, devenue leur modèle, elle les observe en posant, et apprend ainsi leurs techniques. Modèle de Pierre Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, de Henri de Toulouse-Lautrec, elle noue des relations avec certains. Habituée des bars de Montmartre où la bourgeoisie parisienne vient s’encanailler, Toulouse-Lautrec, durant cette période, fait d’elle le portrait intitulé Gueule de bois.


Valadon par Auguste Renoir (1880),
National Gallery of Art[/i
].

Edgar Degas (pour qui elle n'a jamais posé, malgré ce que l'on dit souvent), remarquant les lignes vives de ses dessins et de ses peintures, encourage ses efforts. Elle connaît de son vivant le succès et réussit à se mettre à l’abri des difficultés financières de sa jeunesse, pourvoyant aux besoins de son fils, appelé à sa naissance Maurice Valadon, et qui prend en 1891 le nom de famille de Miguel Utrillo, son père putatif, lorsque celui-ci le reconnait.


Portrait d'Erik Satie (1893), huile sur toile,
Paris, musée national d'art moderne.


Suzanne Valadon peint des natures mortes, des bouquets et des paysages remarquables par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Elle est aussi connue pour ses nus. Ses premières expositions au début des années 1890 comportent principalement des portraits, dont celui d’Erik Satie avec qui elle a une relation en 1893. Il lui propose le mariage au matin de leur première nuit. Seule relation intime de celui-ci, elle le laisse, comme il dira, avec « rien, à part une froide solitude qui remplit la tête avec du vide et le cœur avec de la peine.


Le Lancement du filet (1914), musée des beaux-arts de Nancy.

En 1894, Suzanne Valadon est la première femme admise à la Société nationale des beaux-arts. Perfectionniste, elle peut travailler plusieurs années ses tableaux avant de les exposer.

La peintre trouve dans la galeriste Berthe Weill une alliée solide qui soutient son travail. La marchande fait ainsi participer l'artiste à près de dix-neuf expositions entre 1913 et 1932, dont trois rétrospectives personnelles.


Nus (1919), huile sur toile,
musée d'Art de São
Paulo.


À la fin de sa vie, Suzanne Valadon se lie d'amitié avec le peintre Gazi le Tatar (Gazi-Igna Ghirei dit, 1900-1973) et, poussée par cette rencontre, se remet à peindre.

Suzanne Valadon est morte le 7 avril 1938, entourée de ses amis peintres André Derain, Pablo Picasso et Georges Braque ; elle est enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen.


Le bleu espace

Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées, dont le Musée national d'art moderne à Paris, le Metropolitan Museum of Art à New York, le Musée de Grenoble, le Musée des beaux-arts de Lyon. Une exposition permanente lui est dédiée à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), sa ville natale.


Portrait de Miss Lily Walton 1922 [/justify


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 23 Sep 2018 - 8:56

Beau et talentueux personnage que fut Suzanne Valadon que je ne connaissais pas .


De plus j'ignorai qu'elle était la mère de Maurice Utrillo .


Merci Opaline pour ce partage quotidien .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 25 Sep 2018 - 9:18

25 septembre 1513
Balboa découvre l'océan Pacifique



Vasco Nunez de Balboa

Le 25 septembre 1513, le conquistador espagnol Vasco Núñez de Balboa (38 ans) arrive après plusieurs jours de marche à travers la cordillère d'Amérique centrale en vue d'un océan encore inconnu des Européens.
Il le baptise « Grande mer du Sud » (en espagnol, « mar del Sur ») et, pénétrant dans ses eaux, en prend possession au nom du roi d'Espagne.

Six années après les rapports de voyage d'Amerigo Vespucci, traduits sur une carte du géographe Waldsemüller, il démontre que les terres découvertes par ]Christophe Colomb constituent bien un Nouveau Monde, séparé de l'Asie par un grand océan.


Expédition de Balboa vers le Pacifique 1513 (aller en rouge, retour en bleu)

C'est ainsi que l'océan Pacifique, colonisé depuis des siècles par les ancêtres des Polynésiens, entre dans la réalité européenne. Son nom actuel lui sera donné huit ans plus tard par Magellan, quand le grand navigateur portugais aura découvert la voie maritime permettant d'y accéder.


Vasco Núñez de Balboa prend possession de
l'océan Pacifique au nom des souverains de Castille


Ingratitude
De retour à Santa Maria, Balboa n'est guère récompensé. La couronne espagnole, qui n'a pas oublié l'atteinte portée à son autorité, envoie dans la colonie une expédition de 1500 hommes, la plus importante qui ait jamais jusque-là traversé l'Atlantique. Balboa s'incline et remet la charge de gouverneur au commandant de l'expédition, Pedro Arias Dávila.
De sa rétrogradation, il se console en caressant le projet de reprendre l'exploration de la « grande mer du Sud ». Le nouveau gouverneur, jaloux de ses succès, l'en empêche mais consent tout de même à lui céder l'une de ses filles en mariage. La réconciliation ne va pas durer plus de deux ans. L'explorateur est arrêté sur ordre du gouverneur par un certain Francisco Pizarre. Après un long procès, il est décapité avec quatre de ses compagnons à Acla (Panamá actuel) le 15 janvier 1519.


Exécution de Balboa.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 25 Sep 2018 - 9:40

Il ne faisait pas bon de vivre à cette époque . Quelle ingratitude et quelle vilenie !

merci  Opaline pour ce partage .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 27 Sep 2018 - 8:11

27 septembre 1822
Champollion déchiffre les hiéroglyphes



Portrait par Léon Cogniet (1831).

Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion (32 ans) découvre le secret des hiéroglyphes, l'écriture des anciens Égyptiens au terme de recherches harassantes qui auront vite raison de sa santé.
Il fut le premier à déchiffrer les hiéroglyphes, il est considéré comme le père de l'égyptologie.
Il disait de lui-même : « Je suis tout à l'Égypte, elle est tout pour moi ».


Champollion en tenue égyptienne,
peinture au pastel de G. Angelelli, 1828.


Rivalité franco-britannique
Né à Figeac, dans le département du Lot, ce surdoué apprend très tôt de nombreuses langues anciennes et, poussé par la nécessité, devient professeur d'histoire.
Il se passionne bientôt pour la civilisation des pharaons, mise à la mode par l'expédition en Égypte de Bonaparte, en 1798-1799.
En 1798, des soldats français découvrent à Rosette, dans le delta du Nil, une pierre noire gravée de trois textes dont l'un en grec ancien, un autre en démotique, une écriture égyptienne tardive, et le troisième en hiéroglyphes.

La pierre est embarquée sur un navire à destination de la France mais les Anglais l'interceptent et la transportent à Londres, au British Museum.


La pierre de Rosette

Elle va dès lors exciter la curiosité des savants, en particulier du jeune Champollion et d'un Anglais de quinze ans son aîné, Thomas Young. Young déchiffre la version démotique et découvre que les cartouches en hiéroglyphes contiennent les noms de divers pharaons.
Jean-François va plus loin. Il observe que le texte hiéroglyphique contient trois fois plus de signes que le texte grec ne compte de mots. Il en déduit que les hiéroglyphes (on en recense environ 5 000) ne sont pas seulement des idéogrammes, contrairement aux préjugés ambiants. Ils peuvent aussi dans un même texte servir de signe phonétique comme nos lettres de l'alphabet.


La reproduction de la pierre de Rosette sur la place des Écritures de Figeac.

C'est ainsi qu'il déchiffre les noms de Cléopâtre, Ramsès et Thoutmosis. L'émotion le fait alors sombrer dans un état d'inconscience. C'est seulement cinq jours plus tard qu'il révèle sa découverte dans une lettre à l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres.
Jean-François Champollion meurt de surmenage à 42 ans, au milieu des honneurs, après avoir enfin visité l'Égypte, le pays de ses rêves.


Buste conservé au musée du Louvre.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 28 Sep 2018 - 10:11

28 septembre 1934
Naissance de...Brigitte Bardot




Née le 28 septembre 1934 à Paris, Brigitte Bardot est la fille d'un industriel, Louis Bardot et d'Anne-Marie Mucel, mère au foyer. Elle a une soeur cadette, Marie-Jeanne, née en mai 1938. Les deux petites filles qui reçoivent une éducation sévère, évoluent dans un univers artistique. Elles pratiquent la danse classique, déambulent devant la caméra de leur père, passionné de cinéma et voient défiler dans l'appartement familial le Tout-Paris. Marie-Jeanne, brillante élève, est souvent préférée par ses parents à Brigitte, au tempérament plus effronté. En 1948, celle-ci est reçue au concours d'entrée du Conservatoire de danse de Paris. Malgré son amblyopie (elle ne voit que d'un oeil), la jeune fille se mue en ravissante adolescente rapidement remarquée par Hélène Lazareff, directrice du magazine Elle et grande amie de sa mère. A 15 ans, Brigitte Bardot fait de nombreuses fois la une de l'hebdomadaire. Le réalisateur Marc Allégret remarque ce visage et l'auditionne pour Les lauriers sont coupés. Le film tombe aux oubliettes mais elle fait la connaissance de l'assistant de Marc Allégret, le jeune Roger Vadim. Ses parents, d'abord opposés à leur relation, lui demandent d'attendre ses 18 ans pour l'épouser.


Bardot et Sami Frey à Saint-Tropez en 1963.

La jolie blonde continue les photos de mode pour le magazine Elle et par l'intermédiaire de Roger Vadim côtoie de nombreux metteurs en scène. Elle décroche son premier rôle en 1952 dans le film de Jean Boyer Le trou normand, aux côtés de Bourvil. Dorénavant guidée par un manager, Olga Horstig, elle tourne plusieurs films en 1955 (Les grandes manoeuvres, Cette sacrée gamine,La lumière d'en face). L'année suivante, pour le Festival de Cannes, elle décide d'éclaircir sa chevelure… le blond doré qu'elle affiche sur la croisette attire tous les regards et permet d'obtenir un financement pour le film de Roger Vadim. Et dieu…créa la femme sort quelques mois plus tard et fait d'elle une star internationale (premier film français à se classer au box-office américain) et contribue à lancer le mythe B.B. Dès lors elle enchaîne les tournages, Babette s'en va en guerre de Jacques Charrier, En cas de malheur où elle donne la réplique à Jean Gabin, LaVérité de Raoul Lévy, Le Mépris de Jean-Luc Godard…En 1963, elle accepte un tournage à Londres aux côtés d'Anthony Perkins, Une ravissante idiote, d'Edouard Molinaro. La même année, Jacques Rozier consacre un documentaire à Bardot; intitulé Paparazzi, il décrit le déchaînement de la presse autour de la star qui apparaît alors comme une proie traquée. Le duo qu'elle forme avec Jeanne Moreau dans Viva Maria ! en 1966 est un nouveau succès mondial.


« Je l’ai aimé et il m’a aimée, à la folie… »
– Propos de Brigitte Bardot, Nice-Matin du 2 mars 2011


Parallèlement, elle devient la muse de Serge Gainsbourg qui lui compose plusieurs célèbres titres (Harley Davidson, Bonnie & Clyde, Je t'aime moi non plus, Comic Strip). En 1968, elle accepte de prêter ses traits à Marianne (représentée sous les traits d'une anonyme jusqu'alors) et son buste, sculpté par Aslan, vient orner toutes les mairies de France. En 1970, l'actrice retrouve les plateaux de cinéma et rejoint le casting du film de Michel Melville, L'Ours et la poupée, avec Jean-Pierre Cassel. La même année, sur le tournage des Novices elle rencontre Annie Girardot qui devient une amie fidèle. Après Les Pétroleuses (1971) aux côtés de Claudia Cardinale, et Boulevard du rhum avec Lino Ventura, elle retrouve Roger Vadim pour lequel elle tourne Don Juan73 (1972) mais le film est un flop. Après une apparition dans L'histoire très bonne et très joyeuse deColinot trousse-chemise de Nina Companeez (1973), Brigitte Bardot annonce qu'elle met un terme à sa carrière cinématographique.


Brigitte Bardot à Nice, en 2002.

Brigitte Bardot entame une nouvelle vie, loin de l'agitation médiatique dont elle a souffert durant sa carrière, et se consacre depuis exclusivement à la défense des animaux. D'abord porte-parole de la SPA, elle lance en 1977 une vaste campagne médiatique au large des glaces polaires du Canada pour dénoncer le massacre d'animaux et le commerce de la fourrure. En 1986, elle crée son association, la Fondation Brigitte Bardot, pour mener à bien ses combats; lutte contre la chasse aux phoques, à la baleine, commercialisation de la fourrure…Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages : ses mémoires, publiées en deux tomes – Initiales B.B (1996) et Le carré de Pluton (1999) – Un cri dans le silence (2003), et Pourquoi ? (2006).


Brigitte Bardot en 1962.

Côté vie privée, à 18 ans, Brigitte Bardot épouse Roger Vadim le 20 décembre 1952. Leur divorce est prononcé cinq ans plus tard le 6 décembre 1957. Après une idylle avec Jean-Louis Trintignant puis Gilbert Bécaud, elle rencontre Jacques Charrier sur le tournage de Babette s'en va en guerre et l'épouse le 18 juin 1959. Le 11 janvier 1960, naît leur fils unique, Nicolas. Après une liaison avec Sami Frey, le divorce avec Jacques Charrier est prononcé en 1962. Durant l'été 1966, l'actrice tombe sous le charme du milliardaire Günther Sachs, leur mariage est célébré à Las Vegas le 14 juillet 1966. Le troisième divorce de l'actrice est prononcé le 1er octobre 1969. En 1977, elle fait la connaissance d'Allain Bougrain-Dubourg et partage sa vie pendant sept ans. Brigitte Bardot est aujourd'hui mariée à Bernard d'Ormale qu'elle a épousé le 16 août 1992 quelques mois après leur rencontre. Elle a deux petites-filles, Théa Joséphine et Anna Camilla, et une arrière petite-fille.


« Un matin, Serge me réveilla pour m’annoncer : “Je t’ai écrit cette nuit la plus belle preuve d’amour du monde”. C’était Je t’aime moi non plus. D’une impudeur grandiose. À notre image. Il n’existe aucun document filmé du duo. Cette chanson a failli causer un drame, car j’étais alors mariée à Gunter Sachs… Il a fallu, vite fait, la mettre dans le coffre-fort de Philips. Plus tard, malgré le grand succès du duo avec Jane Birkin, Serge a ressorti notre version. Je trouve ça bien pour le public de savoir que nous l’avions créée tous les deux. »
– Propos de Brigitte Bardot, Nice-Matin, 2 mars 2011
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 28 Sep 2018 - 10:25

Une icône française ,  merci Opaline .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 29 Sep 2018 - 10:25

29 septembre 1703
Naissance de François Boucher



Boucher par Gustav Lundberg 1741

Peintre du plaisir et de l'amour, il nous livre ici le portrait alangui de Mlle Louise O'Murphy, une très jeune Irlandaise qui fut sa maîtresse, cela va sans dire, et aussi l'une des nombreuses compagnes de jeux du roi Louis XV.


Portrait présumé de Marie-Louise O'Murphy (1752), Munich, Alte Pinakothek.

Au «Siècle des Lumières» (le XVIIIe), il n'y avait plus besoin de prétextes mythologiques ou religieux pour donner à voir la nudité féminine !


Pan et Syrinx (1759), Washington, National Gallery of Art.

Le séducteur vénitien Casanova lui-même aurait, dans une mansarde, repéré Marie-Louise O'Murphy, encore vierge et pleine de promesses. Il l'aurait offerte au roi, par l'intermédiaire de son valet de chambre Lebel.

Louis XV, après avoir tiré de la jeune fille quelques satisfactions dans sa maison de plaisirs du Parc-aux-Cerfs, à Versailles, l'a honnêtement mariée à un noble désargenté.


Le Pont (1751), Paris, musée du Louvre.

Les Goncourt
Les frères Goncourt tentent d'arriver à un jugement équilibré, considérant le succès extraordinaire de Boucher et les objections de ses critiques. « Boucher est un de ces hommes qui signifient le goût d'un siècle, qui l'expriment, le personnifient et l'incarnent». Malgré leur admiration, ils concluent : « Il est simplement un peintre original et grandement doué, à qui il a manqué une qualité supérieure, le signe de race des grands peintres : la distinction. Il a une manière et n'a pas de style. […] La vulgarité élégante, voilà la signature de Boucher. […] Pour tout dire et oser un terme de l'argot des ateliers qui peint un peu durement son talent : il est « canaille »».


"La Toilette intime (Une femme qui pisse)"
(années 1760), collection particulière.


Œuvre
Boucher ne cherche pas à reproduire la réalité. C'est un peintre précieux et sensuel, utilisant des coloris brillants, des lignes serpentines et une profusion d'accessoires pittoresques. Sa prédilection pour les nus féminins lui vaut, de son vivant, le surnom de « peintre des Grâces ».


Moulin à Charenton (années 1750), musée des beaux-arts d'Orléans.

Il puise son inspiration dans l'univers poétique de la mythologie d'Ovide (L'Enlèvement d'Europe ) et des scènes pastorales. Il peint aussi des scènes de la vie familiale (Le Déjeuner , des paysages (Paysage près de Beauvais ; Le Moulin), des portraits et des tableaux religieux.


Saint Pierre tentant de marcher sur les eaux (1766),
cathédrale Saint-Louis de Versailles.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 29 Sep 2018 - 10:40

Pittoresques mais jolis tableaux .  merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 30 Sep 2018 - 9:44

30 septembre 1679
Naissance de Jacques Cassard
Marin et corsaire français.




Né le 30 septembre 1679 dans une famille de marchands nantais, Cassard entame une carrière de marin à 14 ans sur les marchands appartenant à sa famille. En janvier 1697, il rejoint la marine française sur le bombardement Éclatante.

En 1700, Cassard devint capitaine de marchand. L'année suivante, la guerre de succession d'Espagne éclate et Cassard se convertit en corsaire. En 1705, il est capitaine du corsaire Saint Guillaume, capturant 12 marchands et pillant Cork. Deux ans plus tard, il a capturé 13 marchands avec la duchesse Anne, gagnant un rang dans la marine.



En 1709, Cassard, promu commandant, est chargé d'escorter un convoi de nourriture de 25 navires à bord de l'éclatant à 68 canons. Le 29 avril, soutenu par Sérieux, il a vaincu cinq navires anglais, permettant au convoi d'atteindre Marseille en toute sécurité.

L'année suivante, Cassard dirige un escadron comprenant le Parfait à 74 canons, le Sérieux à 58 canons et le Phénix à 50 canons et le Sirène à 60 canons, avec son drapeau sur Parfait. Il avait pour mission d'escorter un convoi de 84 navires venant de Smyrna, bloqué à Syracuse par une flotte britannique. Il a capturé le HMS Pembroke, tandis que Sérieux a assuré la reddition du HMS Falcon à 32 canons lors de la bataille du 9 novembre à Syracuse. Le convoi arrive à Toulon.


L'abordage (Jean Bruneau, peintre nantais)

En 1711, Cassard assura à nouveau le passage à un convoi de 43 navires à destination de Pensacola.

En décembre 1711, Cassard obtient le commandement d'une escadrille de six navires et embarque dans une expédition au cours de laquelle il effectue des descentes dans des colonies anglaises, hollandaises et portugaises au Cap-Vert et dans les Caraïbes.

Après le traité d'Utrecht et la fin de la guerre en 1713, Cassard entreprit de nombreux procès pour obtenir des paiements.

Ruiné et fatigué par le manque de reconnaissance dont il est victime, il se rend tous les jours dans l'antichambre du cardinal de Fleury pour plaider sa cause. À cette époque, il vit misérablement à Paris avec l'argent que lui envoient ses deux sœurs restées à Saint-Malo.


Jacques CASSARD : officier du Roi
(Jean Bruneau, peintre nantais)


En plus de devoir affronter cette situation humiliante, il doit faire face aux regards moqueurs des courtisans. Un matin du mois de mars 1728, alors que Cassard patiente à son habitude dans l'antichambre du ministre, il rencontre le non moins célèbre corsaire Duguay-Trouin, qui sentant l'injustice vécue par Cassard, s'exclame devant l'assistance :

« Vous ne connaissez pas cet homme, messieurs? Tant pis pour vous! C'est le plus grand homme que la France ait à présent : c'est Cassard! Je donnerais toutes les actions de ma vie pour une des siennes. Il n'est pas connu ici, mais il est craint et redouté chez les Portugais, chez les Anglais, chez les Hollandais dont il a ravagé les possessions en Afrique et en Amérique. Avec un seul vaisseau il faisait plus qu'une escadre entière. ».



Jacques Cassard se retire définitivement en 1731.

En 1736, Jacques Cassard va réclamer justice au Cardinal de Fleury, précepteur et principal ministre du roi Louis XV, ainsi que les sommes qui lui étaient dues. Mais son caractère fier n'arrange en rien la situation. Il se heurte à l'attitude hautaine du diplomate. Hors de lui, il insulte (et bouscule ?) le ministre. Déclaré fou, il est interné dans la forteresse de Ham dans la Somme, où il meurt après quatre ans de détention.

Il décède le 21 janvier 1740, à l'âge de 60 ans, quatre ans après la mort de Duguay-Trouin. Il est enterré le lendemain dans la paroisse Saint-Martin de Ham.


Jacques CASSARD : le prisonnier du fort de Ham
(Jean Bruneau, peintre nantais)


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 30 Sep 2018 - 10:19

Triste fin pour un grand serviteur du Royaume ! Louis XV , et avant lui Louis XIV , sont , en grande partie , la cause de la chute de Louis XVI et de la Révolution Française qui va suivre .  merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 2 Oct 2018 - 10:23

2 octobre 1853
Décès de François Arago



François Arago.

Aîné d'une famille de propriétaires terriens, François Arago est un remarquable exemple d'ascension par le mérite. À dix-sept ans, il entre à Polytechnique non sans éblouir son examinateur, le physicien Gaspard Monge.

Après des aventures singulières, y compris des mesures de longitude en Catalogne qui lui valent la prison, il devient à 23 ans astronome à l'Observatoire de Paris. Il en prendra la direction de 1843 à sa mort.

Admis dans le même temps à l'Académie des Sciences avec une dispense d'âge, il s'attache à promouvoir les jeunes talents. Il s'illustre aussi par ses recherches dans l'optique et l'électromagnétisme en collaboration avec André Marie Ampère.



La mort de son épouse, en août 1829, est parfois avancée comme l'une des raisons qui l'ont poussé à se tourner vers la vie publique, tant sur le plan scientifique que politique. Après avoir été élu secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, il remporte ses premiers succès électoraux : conseiller général de la Seine en septembre 1830, député des Pyrénées-Orientales en juillet 1831.


CAYENNE, Rue François Arago un jour de Carnaval en 1913

Il est pendant les Trois Glorieuses colonel de la Garde nationale, puis une des figures du parti républicain pendant la monarchie de Juillet. Candidat aux élections législatives dans les Pyrénées-Orientales, le journal L'Indépendant des Pyrénées-Orientales est fondé en 1846 afin de le soutenir. Il est alors élu avec succès cette même année remportant 98,9 % des suffrages exprimés. Il choisit cependant de représenter la Seine, où il est élu simultanément et avec un score aussi enthousiaste.


Le "Nègre" armé.
Sur l’entrée de la maison,
le décret abolissant l’esclavage est affiché.


Après la révolution de 1848, il devient ministre de la Guerre, de la Marine et des Colonies dans le gouvernement provisoire de la Seconde République, mis en place par Lamartine puis président de la Commission exécutive, assumant de fait durant un mois et demi une charge proche de celle de chef de l'État. Il contribue à ce titre à l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. Il refuse par la suite de prêter le serment de fidélité à Louis-Napoléon Bonaparte qui est exigé des fonctionnaires et préfère démissionner de son poste au Bureau des longitudes. Le prince-président refuse sa démission, le dispensant implicitement du serment d’allégeance.


Gravure célébrant les associations antiesclavagistes,
après l'abolition de l'esclavage


Après le Coup d'État du 2 décembre 1851 qui aboutit à la création du Second Empire, il démissionne de ses fonctions. Napoléon III demande qu'il ne soit pas inquiété. Malade, souffrant de diabète et de diverses affections, Arago meurt dans l'année qui suit, le 2 octobre 1853. Lors de ses obsèques, plusieurs dizaines de miliers de personnes assistèrent au passage du cortège entre l'Observatoire et le cimetière du Père-Lachaise (4e division) où il est inhumé.

Son nom est inscrit sur la tour Eiffel ; par ailleurs, un monument parisien lui est spécialement consacré : l'« hommage à Arago ».


Médaillon no 97A dans le passage de Richelieu
L'un des 135 médaillons de bronze de l'Hommage à Arago.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 2 Oct 2018 - 12:10

Merci Opaline pour cette excellente évocation .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 4 Oct 2018 - 7:35

4 octobre 1830
La Belgique s'émancipe sur un air d'opéra




Territoire sans unité nationale, périodiquement disputé par toutes  les grandes puissances européennes depuis le Moyen Âge, la Belgique  proclame son indépendance le 4 octobre 1830.

Une union mal assortie
Quinze ans plus tôt, l'Angleterre avait imposé son union avec l'ancien royaume de Hollande pour former le Royaume-Uni des Pays-Bas.  Mais catholiques et bons vivants, les Belges se sentaient peu  d'affinités avec les Hollandais calvinistes qu'ils jugeaient plutôt  austères.


Épisode des journées de septembre 1830 par Gustave Wappers en 1834. On peut apercevoir, sur le tableau,
Louis de Potter, futur membre du gouvernement provisoire, embrassant le drapeau belge.
Source : Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.


Le soir du 25 août 1830, le théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, donne une représentation de La Muette de Portici.  Cet opéra d'Auber raconte un soulèvement des Napolitains contre leur  oppresseur. Le public, enthousiaste, reprend le refrain : « Amour sacré de la patrie, rends-nous l'audace et la fierté ».

La  tension est telle que des émeutes se produisent à la sortie du théâtre.  Des bourgeois se réunissent à l'Hôtel de ville et se donnent un drapeau  tricolore avec les couleurs noir-jaune-rouge du Brabant, la région de  Bruxelles.


Portrait du gouvernement provisoire de Belgique par Charles Picqué (1799-1869) en 1830.
De gauche à droite : Alexandre Gendebien, André Jolly, Charles Rogier, Louis de Potter, Sylvain Van de Weyer,
Feuillien de Coppin, Félix de Mérode, Joseph Vander Linden, Emmanuel van der Linden d'Hooghvorst.
Source : Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (acquis en 1864)


Les insurgés suggèrent une « séparation administrative » de la Belgique et des Pays-Bas.
Les  deux moitiés du royaume ne seraient plus unies que par une allégeance  personnelle à la dynastie d'Orange-Nassau. Mais le roi fait la sourde  oreille.
L'insurrection s'emballe. Liège et plusieurs cités ouvrières se soulèvent au chant de la Marseillaise puis de la Brabançonne, l'hymne belge hâtivement composé pour la circonstance.
Le  23 septembre s'élèvent les premières barricades. L'armée se heurte aux  insurgés dans le parc de Bruxelles mais se retire sans trop insister.


Léopold 1er

L'indépendance  est proclamée le 18 novembre 1830 par les cent quatre-vingt-huit  membres du Congrès. Ceux-ci se prononcent à une très large majorité pour  l'établissement d'une monarchie constitutionnelle. Il s'agit en  l'occurrence de ne pas effrayer les voisins européens qui, tous, ont des  régimes monarchistes.
Après avoir sollicité le jeune fils du  nouveau roi des Français Louis-Philippe 1er, les Belges se rabattent sur  le prince allemand Léopold de Saxe-Cobourg, veuf d'une princesse  anglaise. Il prête serment le 21 juillet 1831 et devient roi sous le nom  de Léopold 1er...
La Brabançonne
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 4 Oct 2018 - 7:57

La Belgique est cerné de toute part : la Mer , le Pays Bas , l'Allemagne et la France .

Merci Opaline pour cet historique de notre voisin dont une partie de la population est francophone .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   

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