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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 2 Sep 2018 - 9:24

2 septembre 31 avant JC
La bataille d'Actium



Représentation fantaisiste de la bataille d'Actium par Lorenzo A. Castro, 1672

Le 2 septembre de l'an 31 av. J.-C. pendant la dernière Guerre civile de la République romaine, qui suit l'assassinat de Jules César, une grande bataille navale se déroule près d'Actium, sur la côte occidentale de la Grèce, dans le golfe Ambracique, au sud de l'île de Corfou. Elle met aux prises les forces d'Octave et celles de Marc Antoine et Cléopâtre, les amants les plus célèbres de l'Antiquité, sinon de toute l'Histoire.. Elle voit la victoire d'Octave et marque la fin de la guerre civile. Par son ampleur et ses conséquences, la bataille d'Actium est généralement considérée par les historiens comme l'une des batailles navales les plus importantes de l'histoire.


Le Repas de Cléopâtre et de Marc Antoine
Natoire, Charles-Joseph (1700-1777)


Le dernier combat

Marc Antoine, amoureux de la reine d'Égypte, avait rompu l'accord de Brindes qui le liait à son rival. Il avait répudié sa femme Octavie, soeur d'Octave, et préparé l'avènement d'un royaume oriental.

Octave ayant fait ouvrir un testament que Marc Antoine avait imprudemment laissé à Rome, les Romains furent scandalisés d'apprendre que pour lui, l'héritage de César devait revenir à Césarion, le fils adultérin de l'ancien dictateur et de Cléopâtre.

Là-dessus, Octave presse le Sénat romain de déclarer la guerre à Cléopâtre VII. Il ne dit rien d'Antoine, qui est encore influent à Rome, mais il se porte avec sa flotte au-devant de son rival.


Buste de Marc Antoine, musée du Vatican.

Antoine et Cléopâtre cinglent avec leur flotte du côté de la Grèce occidentale. Ils disposent d'environ 300 navires romains et 200 égyptiens. Octave a quant à lui 400 navires (et 37 000 hommes de combat). Il est aussi assisté par son ami d'enfance qui est un amiral de génie, Agrippa.

Après plusieurs mois de course-poursuite, Antoine et Cléopâtre se trouvent piégés dans le golfe d'Amvracique, au sud de l'île de Corfou. La chaleur, la malaria et la soif les poussent à forcer le blocus d'Octave et à engager le combat.

Ayant enduré beaucoup de pertes, la flotte de Cléopâtre arrive à se dégager et à gagner la pleine mer. La reine se retire du champ de bataille avec une soixantaine de vaisseaux et son trésor, sans demander son reste.


Buste de Cléopâtre VII, 40/30 av. J.-C.,
Altes Museum, Berlin.


Antoine, incrédule ou découragé, déserte sa flotte. Il consomme l'échec de son camp et offre une victoire totale à son ennemi. C'est la fin des guerres civiles qui ont suivi l'assassinat de Jules César.

Le drame se dénoue à la manière d'une tragédie shakespearienne (ce qu'il deviendra d'ailleurs).

Acte 1 : Antoine rejoint Cléopâtre dans la capitale des Ptolémées, Alexandrie. Mais la reine s'enferme dans son mausolée et refuse de revoir son amant. Elle lui fait dire qu'elle est morte ! Désespéré, Antoine se poignarde... et expire dans les bras de Cléopâtre.

Acte 2 : Octave débarque à son tour à Alexandrie. Il veut avant tout cueillir le fruit de sa victoire. Il met la main sur le trésor des Ptolémées pour s'assurer à Rome un magnifique triomphe. Il impose aussi à l'Égypte, qui est alors le « grenier à blé » de la Méditerranée, un énorme tribut afin de pourvoir aux distributions gratuites de céréales dont bénéficient les citoyens de Rome. On a évalué ce tribut annuel à 20 millions de boisseaux, soit 133 000 tonnes (*).

Cléopâtre tente de refaire au vainqueur le coup de la séduction. Mais Octave ne se laisse pas fléchir. Il menace même d'enchaîner la reine et de la faire figurer dans son triomphe, à Rome. La séductrice préfère en définitive rejoindre son amant dans la mort.

La Mort de Cléopâtre, de Reginald Arthur (1892).
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 2 Sep 2018 - 11:25

Belle et dramatique histoire d'amour que celle de Cléopâtre et Marc-Antoinemerci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 3 Sep 2018 - 10:06

3 septembre 1928
Alexander Fleming découvre la pénicilline



Alexander Fleming en 1945.

Le 3 septembre 1928, le docteur Alexander Fleming, 47 ans, de retour de vacances, retrouve son laboratoire de Saint-Mary's Hospital, à Londres.

Il constate que les boîtes de Petri, où il faisait pousser des staphylocoques (bactéries), ont été envahies par des colonies cotonneuses d'un blanc verdâtre. C'est qu'elles ont été contaminées par les souches d'un champignon microscopique, le penicillium notatum, qu'utilisait son voisin de paillasse.



Avant de les jeter, Fleming y jette un coup d'oeil et s'aperçoit qu'autour des colonies de champignons, ses staphylocoques ne se sont pas développés ! L'esprit en éveil, le savant établit un lien entre ce phénomène d'apparence anodine et ses travaux de recherche sur les substances antibactériennes.

Il émet alors l'hypothèse qu'une substance sécrétée par les champignons est responsable de l'absence de bactéries autour d'eux. Il l'appelle aussitôt « pénicilline ».

L'année suivante, Fleming publie le compte-rendu de sa découverte. Il a la prescience de son importance scientifique mais n'en mesure pas encore l'immense portée. Pendant une dizaine d'années, la pénicilline ne va servir qu'à isoler en laboratoire la bactérie B. influenzae, qui seule résiste à son action.


Durant la Seconde Guerre mondiale, Fleming,
dans son laboratoire de l’hôpital Sainte-Marie de Londres.


Le hasard fait bien les choses
Un jour, une femme apporte au laboratoire de l'usine un melon recouvert d'une moisissure à l'aspect inhabituel.

Les chercheurs identifient la moisissure : elle a nom penicillium chrysogenum. Et ils découvrent qu'elle a la faculté de produire 200 fois plus de pénicilline que la penicillium notatum ! Il devient dès lors possible de produire la pénicilline à l'échelle industrielle. Les laboratoires américains Merck, Pfizer et Squibb se lancent dans l'aventure alors que la Seconde Guerre mondiale exerce plus que jamais ses ravages dans le Pacifique comme en Europe.



Très vite, la pénicilline est mise à profit pour guérir les malades victimes de maladies microbiennes et d'infections.

Première d'une nouvelle famille de médicaments qualifiés d'antibiotiques, elle va participer au sauvetage de nombreux blessés sur le front. Elle va ouvrir aussi la voie à la guérison de nombreuses maladies comme la tuberculose ou la syphilis.

On estime que les antibiotiques, découverts par inadvertance par Alexander Fleming, ont permis de prolonger d'une dizaine d'années l'espérance de vie des hommes. Le savant a été anobli et, en 1945, a reçu le prix Nobel de physiologie-médecine avec Chain et Florey.



Alexander Fleming recevant son prix Nobel de physiologie ou médecine.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 4 Sep 2018 - 9:45

4 septembre 1838
La guerre de la pâtisserie



L'attaque du port de Veracruz / détail d'une peinture de Pharamond Blanchard

L’indépendance du Mexique ne signifie pas la fin des conflits pour le pays, au contraire. De nombreuses guerres jalonnent le 19ème siècle mexicain, et la première d’entre elles implique une fois de plus des Français.

La France est dans les années 1830 un partenaire commercial important du pays, mais ne réussit pas à obtenir de statut privilégié (contrairement au Royaume-Uni et aux États-Unis) et les produits en provenance de l’hexagone ou de ses colonies sont fortement taxés. Dans le contexte d’instabilité politique de cette décennie, la communauté française installée au Mexique est en outre victime de nombreuses exactions, dont des « emprunts forcés » afin de pallier aux difficultés économiques du pays. Ces commerçants contactent les diplomates français sur place pour exiger des réparations, qui sont refusées par le ministre des affaires étrangères Luis Cuevas au prétexte que la période de troubles révolutionnaires que vient de traverser le pays innocente le gouvernement mexicain de toute responsabilité dans ces problèmes.



Parmi les Français qui exigent une indemnisation, il y a le pâtissier Remontel, propriétaire d’un établissement dans le quartier de Tacubaya à Mexico et qui se plaint du saccage de celui-ci par des troupes mexicaines lors de conflits dans les derniers moments de la Guerre d’Indépendance en 1832. C’est ce détail pour le moins cocasse qui amènera les historiens à parler pour ce qui va suivre de « Guerre des Pâtisseries ».


Le bombardement du fort de Saint Jean d'Ulloa vu depuis la corvette la Créole.

En 1838 une flotte de 26 navires français arrive au large de Veracruz et exige le paiement de 600 000 pesos (une somme exorbitante pour l’époque), sans quoi elle bloquera tous les ports mexicains qu’elle sera en mesure de prendre afin de bloquer les exportations du pays. Le gouvernement se contente d’abord de contourner ce blocus en faisait passer les produits mexicains par le Texas nouvellement indépendant, mais celui-ci décide vite de stopper cette coopération de peur de voir ses propres exportations bloquées par les Français.

C’est l’intervention du Royaume-Uni qui met fin à ce conflit émaillé de batailles entre l’armée française et l’armée mexicaine pour le contrôle des nombreux ports détenus par la première. Le président Anastasio Bustamante finit par promette de payer les 600 000 pesos, et les troupes françaises se retirent en mars 1839.


Le Bombardement de Saint Jean d’Ulloa, par Jean Antoine Théodore de Gudin.

Mais la somme ne sera jamais payée. N’oublions pas que le Mexique occupe une position privilégiée entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, et qu’il présente un grand intérêt commercial pour les nations européennes. C’est un débat d’historiens que de déterminer les responsabilités respectives des pays impliqués dans ce conflit. Mais le non-respect de la promesse de paiement par le président Bustamante alimentera une certaine hostilité gauloise à l’égard du Mexique et fait partie des motifs qui seront invoqués au moment de la deuxième intervention française, en 1861.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 5 Sep 2018 - 9:57

5 septembre 1725
Le mariage polonais de Louis XV



Portrait de Louis XV
par Carle Van Loo


Le 5 septembre 1725, le jeune Louis XV, bel adolescent de 15 ans, épouse la modeste et pieuse Marie Leszczynska (22 ans), fille d'un ex-roi de Pologne en exil et ruiné.

Ce mariage de l'arrière-petit-fils de Louis XIV, souverain du plus puissant royaume d'Europe, voire du monde, avec une princesse inconnue, est le résultat d'étonnantes intrigues nobiliaires à la cour de Versailles.

Un mariage inattendu
Le duc Philippe d'Orléans a gouverné le pays avec le titre de Régent après la mort de Louis XIV, dix ans plus tôt.
Quelques mois avant de mourir, le 2 décembre 1723, il fait sacrer le roi à Reims. Louis XV est déclaré majeur le 15 février 1723.
Comme l'adolescent ne manifeste pas la volonté de prendre en main les affaires du royaume, le duc de Bourbon offre de s'en charger à la place du précédent régent.


Louis_XV_Marie_Leszczynska_Mariage_1725_Gallica_BNF

Il est prévu que Louis XV, qui n'a pas encore treize ans, épousera plus tard une infante d'Espagne. Mais celle-ci n'a pour l'heure que trois ans et la santé chétive du roi fait craindre que le mariage n'ait jamais lieu.
L'intrigant duc de Bourbon songe que si le roi venait à disparaître avant d'avoir pu donner un héritier à la couronne, c'est le fils de l'ancien Régent qui deviendrait roi selon les règles normales de succession. Cette éventualité est insupportable au duc de Bourbon, qui descend du Grand Condé et ne peut imaginer de s'incliner devant la famille rivale des Orléans !


L'Auguste Cérémonie du mariage de Louis XV, Roi de France et de Navarre avec Marie Leczinski,
princesse de Pologne faite par Mgr le Cardinal de Rohan Prince du S.t Empire, Archevêque de Strasbourg
le 5 septembre 1725 (Gallica, BNF)


Usant de son influence au gouvernement, le duc fait capoter le projet de mariage du roi avec la petite infante d'Espagne et il met ses conseillers en quête d'une princesse bonne à marier. Il faut que la future ait du sang royal, soit catholique... et en âge d'enfanter. Les personnes qui réunissent ces qualités ne sont pas légion...C'est ainsi que Stanislas Leszczynski et son épouse Catherine Opalinska ont la surprise un jour, dans leur retraite de Wissembourg, de recevoir du duc de Bourbon une demande en mariage du roi pour sa fille Marie. On imagine la surprise de l'un et de l'autre ! Bien entendu, les beaux-parents du roi de France quittent Wissembourg pour une résidence mieux en rapport avec leur nouvelle situation, à Meudon.



Au demeurant, le mariage va se révéler heureux, du moins pendant les premières années. Le jeune roi de France se montre sincèrement amoureux de sa femme et celle-ci, bonne épouse, lui donne pas moins de dix enfants en dix ans avant qu'il ne cherche d'autres plaisirs dans les bras des marquises.


Marie Leszczyńska, reine de France (1703-1768).
©️ Charles-André van Loo


Quelques mois après son mariage, Louis XV a la sagesse de renvoyer le duc de Bourbon. Il le remplace à la tête du gouvernement par son précepteur, l'évêque de Fréjus, André de Fleury (73 ans).Celui-ci devient cardinal la même année (dans le désir de s'inscrire dans la continuité de Richelieu et Mazarin, deux cardinaux qui avaient remarquablement dirigé la France au siècle précédent).


Marie Anne Victoire enfant 1724-1725
par Alexis Simon Belle


Après une grossesse à risque, Marie ferme la porte conjugale, de peur que le prochain enfant ne la perde. Si Louis XV a commencé à avoir discrètement une relation avec Louise Julie de Mailly-Nesle en 1733, elle devient favorite à partir de 1738, et l'on connaît le bal des favorites, dont Madame de Pompadour … Oh, peut être vous voulez savoir ce qu'est devenue Marie-Anne-Victoire d'Espagne ? Oh, après être retournée en Espagne, elle finit par épouser un autre roi, Joseph 1e du Portugal, devint régente à la mort de son époux. Ah, les mariages et les alliances, ça va, ça vient …
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 5 Sep 2018 - 11:20

merci Opaline pour cet épisode historique .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 6 Sep 2018 - 8:55

6 septembre 1925
Inauguration de la tour Perret à Grenoble,
première tour en béton armé construite en Europe.



© Ville de Grenoble - La tour Perret à Grenoble

La tour Perret est une tour d'observation située à Grenoble dans le parc Paul-Mistral. Édifice emblématique de la ville, c'est aussi la première tour en béton armé construite en Europe. Elle a été classée au titre des monuments historiques en 19988. C'est également le seul vestige restant de l'exposition internationale de la houille blanche et du tourisme.

Elle a été construite par l'architecte et entrepreneur Auguste Perret en 1924 à l'occasion de la tenue en 1925 de l'exposition internationale de la houille blanche et du tourisme sur la production, le transport et la distribution de l'énergie électrique, et le tourisme, seconde source d'activité économique dans les Alpes au début du siècle.


Panorama de la tour en 1925

Haute de 95 mètres et de section octogonale, elle repose sur des fondations de 15 mètres constituées de 72 pieux de béton armé réunis au sommet par une dalle et s'appuyant sur une couche dure de graviers. L'ossature se compose de huit poteaux verticaux. Le diamètre de la tour est de 8 mètres à la base. Le dernier étage est accessible par des escaliers hélicoïdaux (visibles dans la partie terminale ajourée) ou par l'ascenseur.


Affiche de la Compagnie des chemins de fer PLM
pour l'exposition internationale de la houille blanche
et du tourisme en 1925


Lors de son inauguration, le 6 septembre 1925, par le président du conseil Paul Painlevé, ainsi que par Édouard Herriot et André Hesse, plus de 2 000 visiteurs monteront dans la tour en empruntant les ascenseurs qui desservent la plateforme d'orientation située à 60 m. Au moment du repas et durant tout le temps de celui-ci, Édouard Herriot et André Hesse redescendent les derniers et restent bloqués dans l'ascenseur sans que les employés de la tour ne s'en aperçoivent, provoquant ainsi une certaine panique dans les services de police.

Aujourd'hui
Son état dégradé lui a valu d'être fermée au public en 1960. Elle a été classée au titre des monuments historiques en 1998. Actuellement, le sommet de la tour est illuminé en hiver et reste utilisé comme support pour les feux d'artifices du 14 juillet.


État de dégradation de la tour Perret en 2015

Sans véritable entretien depuis sa construction, la dégradation de la tour risque de devenir irréversible : des ferraillages sont dénudés ou cassés et l'oxydation de l'armature métallique fait éclater le béton armé. Un projet de réhabilitation de ses 95 m de haut en béton armé a été présenté lors du dernier conseil municipal. Le budget de ce projet, qui devrait s'étendre sur plus ou moins cinq ans, est estimé à 8 millions d'euros. Martine Jullian, élue chargée du patrimoine, parle "d’un héritage précieux mais lourd puisqu'il coûte".


État de dégradation de la tour Perret en 2015
(détail de jonction des fers)

La tour Perret étant classée monument historique depuis 1998, l'Etat est tenu d’assumer une part significative des subventions, soit environ 2 millions d'euros. Le département de l'Isère pourrait également participer. La municipalité devrait lancer une "souscription populaire", comme cela avait été fait pour la rénovation du Panthéon à Paris. Une autre piste de financement serait le mécénat.



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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 6 Sep 2018 - 9:08

Je ne connaissais pas cette tour . Elle a son charme  merci Opaline.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 7 Sep 2018 - 10:23

7 septembre 1707
Naissance de Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon
Portraitiste de la Nature



Statue de Buffon au Jardin des Plantes de Paris
Photo de Paul Mason (2010)


Depuis 1908, Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, accueille du haut de son fauteuil de bronze les promeneurs venus profiter des allées fleuries de «son» Jardin des Plantes. Le Bourguignon peut ainsi apprécier jour après jour la grandeur et la popularité de son œuvre. Digne représentant des Lumières, il a en effet révolutionné les sciences en consacrant plus de 50 années à l'élaboration d'une gigantesque Histoire naturelle.

Comment devenir en 10 jours intendant du Jardin du Roi... et le rester 50 ans
Personne n'aurait pu deviner que le jeune Buffon, élève moyen issu d'une famille devenue noble quelques années à peine auparavant, deviendrait un personnage majeur du royaume et de l'histoire des sciences.



Né le 7 septembre 1707 à Montbard (Côte-d'or actuelle), il se lance d'abord dans les mathématiques avant de se consacrer à l'étude de la nature tout en se positionnant fort adroitement auprès de ses relations haut placées. C'est ainsi qu'à la mort subite de François du Fay, intendant du Jardin du Roi, il parvient en quelques jours à être nommé au poste désormais vacant. Commence ainsi, l'année de ses 31 ans, une aventure qui allait durer 50 ans.


Portrait de Buffon par François-Hubert Drouais (1753).

Il entreprend aussitôt de moderniser et développer l'institution créée sous Louis XIII pour former médecins et apothicaires : le Cabinet d'histoire naturelle explose rapidement sous les dons de richesses et curiosités naturelles venues des quatre coins du monde, que les meilleurs professeurs se succèdent dans les salles de cours et que les locaux puis les jardins, après 1771, prennent des dimensions qui aujourd'hui encore peuvent surprendre les promeneurs des quais de Seine.


Histoire naturelle, générale et particulière.: BUFFON

L'œuvre d'une vie : l'Histoire naturelle
Planches de l'Histoire naturelle : Le lérot et le surmulot«J'ai passé 50 ans à mon bureau» : c'est avec ces quelques mots que Buffon résume la genèse puis la rédaction des 36 volumes de son Histoire naturelle, une des plus grandes aventures éditoriales de son temps. Création de la Terre, diversité de l'humanité, caractéristiques de chaque espèce animale...

C'est toute l'histoire et les spécificités de notre planète et de ses habitants qui sont présentées au public dans un style à la fois soigné, précis et accessible à tous.



Membre de l'Académie française, Buffon porte en effet beaucoup d'attention à l'écriture mais aussi à l'iconographie de ses ouvrages. L'Histoire naturelle comporte ainsi près de 2000 dessins passés pour beaucoup à la postérité, tout comme sont restées célèbres certaines de ses expressions telles que le lion «roi des animaux» ou encore le cheval «plus noble conquête [de] l'homme».



Par son style, sa rigueur et son ambition de développer et surtout vulgariser le savoir, Buffon a marqué son époque mais aussi les siècles suivants puisqu'il a ouvert la voie à plusieurs générations de grands spécialistes de l'histoire naturelle, devenue grâce à lui une science à part entière.

Seule la mort, à 81 ans en 1788, put mettre fin à l'insatiable curiosité et la boulimie de travail de celui qui eut l'extrême honneur de voir, de son vivant, sa statue commandée par le roi lui-même.


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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 9 Sep 2018 - 10:16

9 septembre 1901
Décès du peintre
Toulouse-Lautrec



Henri de Toulouse-Lautrec,
photo en pieds par Paul Sescau,
1894. Musée Toulouse-Lautrec, Albi.


Henri de Toulouse-Lautrec naît le 24 novembre 1864 dans l'hôtel familial du Bosc, à Albi. Victime des liens consanguins de son illustre lignée, il est atteint d'une maladie génétique qui fragilise ses os. Adolescent, il fait une chute qui lui fracture le bassin et interrompt la croissance de ses jambes.


"Yvette Guilbert chantant", détail, d'Henri de Toulouse-Lautrec (1894)

Pendant ses longues convalescences, il cultive son goût pour le dessin et la peinture, jusqu'à s'y consacrer entièrement. Il fréquente les ateliers de Léon Bonnat, sur la butte Montmartre, au nord de Paris, découvre le groupe de Pont-Aven et, avec Van Gogh, les estampes japonaises.

Rompant avec l'académisme, il abandonne les sujets chevalins et bucoliques.


"La gueule de bois", Suzanne Valadon par Henri de Toulouse-Lautrec

Adonné à la boisson, il dessine et peint comme un forcené les modèles rencontrés dans les cabarets et les bordels de Montmartre, témoignant d'une grande sensibilité pour le petit peuple de la nuit.


Paris à la fin du XIXe siècle vu par Toulouse-Lautrec

Adepte d'un style « post-impressionniste » annonciateur du XXe siècle, il découvre la lithographie et donne ses lettres de noblesse à un média nouveau, l'affiche publicitaire. Le succès lui vient avec l'affiche du Moulin-Rouge, célèbre cabaret de Montmartre, en 1891.


Dans le lit (1893), huile sur toile (54 × 70,5 cm), Paris, musée d'Orsay.

Le travail acharné conjugué à la syphilis et à l'alcool ont raison de sa santé. Il est interné dans une clinique de Neuilly par sa famille en 1899


Toulouse Lautrec buvant un café

À sa mort prématurée, à 37 ans, le 9 septembre 1901, au château de Malromé, près de Bordeaux, sa mère, la comtesse Adèle de Célayran, qui ne l'a jamais abandonné, propose ses oeuvres aux musées parisiens mais ceux-ci rejettent l'offre et s'en tiennent à quelques oeuvres de jeunesse.


Toulouse-Lautrec a énormément fréquenté les femmes,
sa fortune personnelle lui permettait de fréquenter
assidûment les meilleurs bordels de l'époque.


Sa ville natale d'Albi se montre plus réceptive. Ses édiles décident de consacrer la Berbie à leur enfant prodige et le musée Toulouse-Lautrec est inauguré en 1922. C'est ainsi que le palais des austères archevêques offre aujourd'hui à notre regard la plus belle collection qui soit de Toulouse-Lautrec, avec des prostituées en veux-tu en voilà !...

Autoportrait devant un miroir


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 9 Sep 2018 - 10:33

merci Opaline , il existe un Musée à Albi dans le Tarn que j'ai eu le plaisir de visiter .

C'était un grand peintre , trop tôt disparu . Son infirmité était dûe , comme souligné dans ton postage , à une consanguinité parentale .



Musée Toulouse-Lautrec à Albi.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 9 Sep 2018 - 20:37

Je suis allée à Albi il y a quelques années mais je n'ai pas eu le temps de visiter
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 10 Sep 2018 - 9:09

10 septembre 1898
Assassinat de « Sissi »



Élisabeth d'Autriche et de Hongrie en 1867.

Le samedi 10 septembre 1898, une vieille dame de 61 ans est assassinée à Genève, sur le quai du Mont-Blanc, par un anarchiste italien.

Il s'agit d'Élisabeth de Wittelsbach, épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, affectueusement surnommée « Sissi » (« Sisi » en autrichien).



Le meurtrier, Luigi Lucheni (26 ans), voulait à tout prix tuer un prince européen. Il avait jeté son dévolu sur le comte de Paris mais celui-ci avait reporté son déplacement à Genève.

Un journal de la ville commet alors l'imprudence de briser l'incognito de l'impératrice, qui promenait de ville en ville sa neurasthénie.

L'anarchiste se met en faction près de l'hôtel Beau-Rivage où réside l'impératrice.


Lime de 9 cm et demi de long utilisée
pour poignarder l'impératrice.


Vers 15 heures, celle-ci sort au bras de sa dame de compagnie, la comtesse Irma Sztaray, en vue de prendre le bateau pour sa résidence de Territet, sur l'autre rive du lac.

Passant près du jeune homme, l'impératrice reçoit ce qu'elle croit être un coup de poing et trébuche.

Tandis que le meurtrier s'enfuit, elle atteint avec peine son bateau et perd connaissance.

C'est ainsi que « Sissi » paie de sa vie la folie anarchiste et meurtrière de son époque, prémonitoire de la Grande Guerre.


Luigi Lucheni

Pour ce meurtre, Luigi Lucheni fut condamné à la réclusion à perpétuité. Il se lança dans la rédaction de ses mémoires. Lorsque ses cahiers lui furent volés par des gardiens, il se révolta et subit des brimades, avant d'être retrouvé pendu dans une cellule de la prison de l’Évêché à Genève le 19 octobre 1910.

Dans les années 1980, la tête de Luigi Lucheni conservée dans du formol a été remise au musée d'anatomie pathologique de Vienne.


Sissi sur son lit de mort

Fin des Habsbourg
Apprenant la mort de son épouse, le vieil empereur murmure : « Rien ne me sera donc épargné sur cette terre ». Et il ajoute pour lui-même : « Nul ne sait combien nous nous sommes aimés ;».

L'empereur, il est vrai, n'est pas gâté par le sort. Avant l'assassinat de sa femme, il a connu la mort tragique de son frère Maximilien à Queretaro, au Mexique, en 1867, et le suicide de son fils Rodophe à Mayerling. La soeur de sa femme, la duchesse d'Alençon, a brûlé vive dans l'incendie du Bazar de la Charité, à Paris, en 1897.


Assassinat de Sarajevo -
La quatrième de couverture du Petit Journal du 12 juillet 1914.


« Der alte Herr » (le vieux Monsieur) n'est pas au bout de ses peines. Son héritier et neveu, l'archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914. À sa mort, le 21 novembre 1916, à 86 ans, après un règne interminable de 68 ans, François-Joseph 1er laisse un trône en sursis et un empire en déconfiture.

Le destin sentimental et tragique de « Sissi » a suscité une abondante littérature et fait la gloire de Romy Schneider au cinéma, dans les films d'Ernst Maritschka (1955-1957).


Romy Schneider dans "Sissi"
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 10 Sep 2018 - 13:51

La vraie "Sissi" ne ressemblait absolument pas au personnage incarné par Romy Schneider .

Merci Opaline pour ce rappel historique et dramatique .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 11 Sep 2018 - 11:20

11 septembre 1811
Naissance de Victor Duruy



Victor Duruy par Nadar (1875-1895).

Fils d'un ouvrier des Gobelins, Victor Duruy, remarqué pour ses dons intellectuels, est envoyé au collège, entre à l'École normale supérieure et obtient l'agrégation d'Histoire.

Rénovation pédagogique

Dans les années 1850, Napoléon III, qui désire écrire une Histoire de Jules César, consulte cet historien éminent aux sympathies républicaines ! Les deux hommes ayant de la sorte appris à s'estimer, Victor Duruy devient ministre de l'Instruction publique en 1863.


Le maître d'école au XIXème siècle

À ce poste, jusqu'en 1869, il met en oeuvre un projet très ambitieux d'enseignement laïc, gratuit et obligatoire, que reprendra plus tard, sous la IIIe République, Jules Ferry. Il multiplie les bourses et crée la caisse des écoles pour venir en aide aux familles nécessiteuses.

Par la loi du 10 avril 1867, il contraint les communes de plus de 500 habitants à ouvrir une école primaire pour les filles. Il tente aussi d'ouvrir l'enseignement secondaire public aux filles malgré l'opposition des congrégations religieuses, attachées à leur monopole.


Photo de l'école primaire de Buigny-les-Gamaches (80)

Victor Duruy met en place des réformes pédagogiques ponctuelles, un ensemble de mesures réparties sur tout le ministère, dans de nombreux décrets et circulaires (notamment l’instruction aux recteurs du 10 mai 1864, « sur la nourriture, l’habillement, la gymnastique, les récréations, l’hygiène, l’installation et l’appropriation de locaux dans les lycées »).

Il soutient ainsi le vice-recteur de l’académie de Paris, Octave Gréard, qu’il a nommé en 1866, dans sa réforme de l’organisation pédagogique des écoles primaires de la Seine, organisées en trois niveaux : cours élémentaire, cours moyen, cours supérieur.


Ecole Lutte contre l'alcoolisme

Il prône des leçons courtes, d’une heure maximum, notamment pour les langues vivantes, afin de ne pas épuiser l’esprit des élèves, en prévoyant des pauses régulières ; c’est ainsi qu’il institutionnalise le principe de la récréation toutes les deux heures de cours, et après les repas (donc la pause du déjeuner)

Il encourage un enseignement plus vivant : de nombreuses expériences et manipulations en sciences, les sorties dans la nature ou dans les musées, l’utilisation de l’image, des cartes, des atlas…

Il souhaite également un meilleur encadrement des élèves : des classes de petits effectifs (les classes pouvaient à l’époque compter plusieurs dizaines d’élèves), des punitions moins sévères, des professeurs suivant leurs élèves sur toute l’année, la création d’un « bulletin scolaire » récapitulant les résultats trimestriels sur toute la scolarité de l’élève et rendu aux familles à la fin de celle-ci.

Il crée enfin en 1868 un enseignement secondaire « spécial » (on dirait aujourd'hui « technologique ») pour les besoins des entreprises.


Enseignement au XIXe siècle à l'École polytechnique

Enseignement supérieur
On doit à Victor Duruy les deux décrets du 31 juillet 1868, qui créent, l'un, des laboratoires dans les facultés, et l'autre, l'École pratique des hautes études "afin de développer la recherche et de former des savants". Le ministre souhaitait également voir instaurée la liberté de l'enseignement supérieur6, mais il n'y parvient pas en raison des nombreuses oppositions. Il développe donc à la place des séries de conférences et de cours libres à partir de 1864.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 11 Sep 2018 - 11:28

 En effet Victor Duruy était un érudit . Merci Opaline pour ce beau et intéressant moment de lecture décrivant l'histoire de ce monsieur doué d'une immense intelligence .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 12 Sep 2018 - 9:01

12 septembre 1910
Première représentation
de la Symphonie nº 8 de Mahler



Gustav Mahler en 1909

La Symphonie nº 8 en mi bémol majeur dite « des Mille » de Gustav Mahler, fut écrite en grande partie en 1906, et terminée (orchestration et touches finales) en 1907.

Cette symphonie dure approximativement 80 minutes (elle n'est pas aussi longue que la troisième symphonie qui, avec ses 95 minutes, est la plus longue du répertoire après la symphonie N°1 dite "gothique" de Havergal Brian, 105 minutes), mais certaines interprétations plus rapides ne durent que 70 minutes et d'autres plus longues 85 (Kent Nagano par exemple) voire 90 minutes (Christoph Eschenbach).
La symphonie se divise en deux grandes parties :
   Hymnus : Veni Creator Spiritus, Allegro Impetuoso
   Schluss Szene aus « Faust » [Scène Finale de « Faust »] Poco Adagio, etwas bewegterrr


Répétition à Munich, en septembre 1910, dans la Neue Musik-Festhalle

La première représentation de cette symphonie eut lieu à Munich le 12 septembre 1910. Les huit solistes, les chœurs comprenant 850 chanteurs (dont 350 enfants) et l'orchestre se composant de 171 instruments (dont 84 cordes), portèrent les effectifs de l'orchestre à 1029 personnes. Pour cette raison, Emil Guttmann, l'impresario de Mahler, qualifia l'œuvre de symphonie des mille. Mahler n'approuvera jamais vraiment ce titre, mais c'est sous cette dénomination qu'on appelle aujourd'hui le plus souvent la huitième symphonie de Mahler.


La première américaine (1916), avec Leopold Stokowski, dirigeant 1068 musiciens et choristes

La première de la symphonie, à laquelle assistèrent de nombreuses personnalités (Arnold Schönberg, Anton Webern, Leopold Stokowski, Bruno Walter, Georges Clemenceau, etc.) remporta un vif succès. Ce fut l'une des rares œuvres de Mahler à recevoir un accueil favorable du vivant du compositeur. La première de la huitième symphonie sera la dernière première d'une de ses œuvres à laquelle Mahler assistera de son vivant. Par la suite, il terminera encore seulement deux œuvres: Das Lied von der Erde et la symphonie no 9.

Finale de la Symphonie nº 8 de Mahler
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 12 Sep 2018 - 10:21

J'aime mais c'est un peu "tristounet"comme musique .  merci pour ce partage Opaline.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 14 Sep 2018 - 9:38

14 septembre 1769
Naissance de Alexander von Humboldt
«Second découvreur de l'Amérique».




Personnage hors du commun tant par sa culture, ses réalisations que sa résistance physique, l'allemand Humboldt a marqué son siècle et l'histoire des sciences en parcourant le monde. Rien pourtant ne semblait annoncer ce destin exceptionnel...

Friedrich Karl, Wilhelm, Heinrich Alexander, baron von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, est un naturaliste, géographe et explorateur allemand, né le 14 septembre 1769 à Berlin et mort le 6 mai 1859 à Potsdam ou Berlin. Il était membre associé de l’Académie des sciences française et président de la Société de géographie de Paris. Par la qualité des relevés effectués lors de ses expéditions, il a fondé les bases des explorations scientifiques.


L'expédition américaine d'Alexander von Humboldt

Un génie ? Plutôt le désespoir de sa famille !
Né en 1769 dans une famille aristocratique berlinoise, ouverte à l'esprit des Lumières, le jeune Alexander fait en effet pâle figure aux côtés de son frère Wilhem, esprit brillant qui deviendra un des fondateurs de la linguistique moderne.

Pourtant formé avec le même soin, le cadet déçoit et est orienté vers une carrière administrative jusqu'à ce que le déclic ait lieu avec la découverte de ses domaines de prédilection : la botanique, la chimie et l'ailleurs.


Alexandre de Humboldt peint
par Friedrich Georg Weitsch, 1806


À la recherche d'un terrain de jeux
En 1796, la mort de sa mère lui procure enfin la liberté et l'argent pour courir le monde, et il ne s'en prive pas.

L'Europe est son premier terrain d'aventure : il y multiplie les contacts avec les plus grands savants, hante les bibliothèques et transporte en tous lieux ses instruments de mesure.

Et qu'importe si l'expédition à laquelle l'explorateur Bougainville lui avait proposé de s'associer ne peut se faire, il est déjà parti ailleurs en compagnie d'Aimé Bonpland, son double et ami pour la vie.

Face à tant d'enthousiasme, le roi d'Espagne ne peut qu'accorder aux deux jeunes aventuriers la clef de ses colonies américaines pour une mission scientifique qui ne durera pas moins de cinq années.


Humboldt et Bonpland dans la jungle amazonienne.

L'Amérique à la loupe
Remontant les fleuves en pirogue, s'ouvrant un chemin dans les forêts vierges, escaladant les plus hautes montagnes, Humboldt et Bonpland accumulent les observations, relevés et échantillons tout au long des 15.000 km de leur trajet.

Ils vont ainsi révolutionner la connaissance de l'Amérique espagnole qu'ils étudient dans ses moindres détails : géologiques, géographiques, mais aussi historiques avec la redécouverte des Mayas, ou encore politiques.

Car si, le 23 juin 1802, Humboldt n'hésite pas à gravir les pentes du Chimborazo (6310 m) au nom de la science, faisant de lui l'homme le plus haut du monde, il sait aussi s'intéresser aux populations locales dont il dresse un portrait inédit par sa précision et sa pertinence.


Humboldt photographié en 1857

Direction plein est
Couvert d'honneurs, Humboldt poursuit sans relâche à son retour en Europe ses activités de savant mais aussi de vulgarisateur scientifique.

Bonpland s'étant installé en Argentine au moment de la Restauration, c'est donc seul qu'il repart à l'âge de 58 ans pour une traversée de la Sibérie. Doté d'une résistance physique hors du commun qui lui permit de supporter toutes les rudesses de ses périples sans jamais être malade, il finit par être victime des faiblesses de l'âge qui l'oblige à rester à son bureau, rédigeant encore et toujours comptes rendus, ouvrages de référence et innombrables lettres.

La mort le rattrape finalement à 89 ans, mettant fin à une carrière exceptionnelle d'explorateur et de scientifique dont le nom figure sur les cartes aux quatre coins de l'Amérique.


Le manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti, Meyen, 1834)

Manchot de Humboldt
Alexander von Humboldt a intéressé certains théoriciens de la sexualité.
On attribue néanmoins à Humboldt des relations amoureuses avec l'officier Reinhard von Haeften, le peintre Carl von Steuben, le chimiste Louis Joseph Gay-Lussac, avec qui il a vécu quatre années durant à Paris, et avec François Arago.

Humboldt était l'ami du botaniste Aimé Bonpland, qui l'a accompagné lors de son expédition en Amérique latine.
Le Manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti Meyen, 1834) est une espèce de manchots appartenant à la famille des Spheniscidae et vivant en Amérique du Sud dans les zones côtières du Pérou et du Chili. Les espèces les plus proches sont le manchot de Magellan et le manchot des Galapagos.

Les manchots de Humboldt du zoo de Bremerhaven ont défrayé la chronique médiatique en 2005 car les mâles formaient des couples homosexuels.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 14 Sep 2018 - 11:18

Très intéressante l'histoire de ce personnage , Alexander, baron von Humboldt , que je ne connaissais pas .


Ce soir je m'endormirai moins ignorant . merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 15 Sep 2018 - 9:45

15 septembre 1812
L'incendie de Moscou




Le 15 septembre 1812, de nombreux foyers d'incendie éclatent à Moscou, prenant au dépourvu la Grande Armée de Napoléon 1er.

Terre brûlée

Napoléon 1er avait franchi le Niemen avec ses troupes le 24 juin 1812, envahissant la Russie sans déclaration de guerre préalable. Le 14 septembre, au terme d'une marche éprouvante, la Grande Armée entre enfin à Moscou. C'est pour s'apercevoir que la ville a été, la veille, désertée par tous ses habitants.

Sur ordre du comte Fédor Rostopchine, gouverneur général de la ville (et père de la future comtesse de Ségur, auteur des Malheurs de Sophie), les Moscovites ont été chassés vers les forêts des alentours... et les pompes à eau évacuées au loin.



Les soldats de Napoléon commencent à se livrer à des pillages mais dès le lendemain de leur entrée dans la ville, ils doivent faire face à des incendies multiples, allumés ça et là par des repris de justice russes. Ces derniers avaient été extraits des prisons par le gouverneur avec mission d'incendier un certain nombre d'édifices en échange de leur liberté.


En rouge les quartiers ayant été incendiés

Très vite, la ville, construite pour l'essentiel en bois, est en flammes. Sur un total de 9500 édifices, 7000 brûlent en tout ou partie. Le pouvoir tsariste se garde d'assumer la responsabilité du désastre. Il l'attribue publiquement aux soldats ennemis et attise contre eux la haine de la population.

Napoléon 1er s'entête néanmoins à attendre sur place, pendant un mois entier, une réponse du tsar Alexandre 1er à ses offres de négociations. Celles-ci ne venant pas, il doit se résigner à battre en retraite en dépit de l'hiver précoce... et sans avoir pris la précaution d'y préparer ses soldats.



Le 20 septembre, avant de partir, il fait part de son intention d'achever la destruction de la ville. Suivant ses ordres, le maréchal Mortier fait sauter les tours du Kremlin, depuis lors reconstruites à l'identique.

Comme le maréchal Koutouzov bloque avec ses troupes la route du sud-ouest, l'empereur est contraint de revenir par le même chemin qu'à l'aller, bien que celui-ci eût été déjà dévasté par les troupes russes et que le terrible hiver russe fasse déjà sentir ses morsures. C'est le début d'une nouvelle anabase.

Fabienne Manière
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 15 Sep 2018 - 9:56

C'est la méthode couramment utilisée par les Soviétiques lorsqu'ils sont menacés d'envahissement .

Cette méthode dite de la "terre brûlée" a été utilisé contre les nazis durant la 2ème guerre mondiale 39/45 .

Bonjour et  merci Opaline de nous instruire quotidiennement .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 16 Sep 2018 - 11:54

16 septembre 1807
Napoléon 1er crée la Cour des Comptes




Napoléon Bonaparte créa la Cour des comptes, un corps unique centralisé de contrôle des comptes publics, avec la Loi du 16 septembre 1807. L'établissement de la cour des comptes et l'adoption d'un code commercial furent les actes législatifs les plus importants de 1807. Mollien était à l'époque ministre du Trésor public.


Le comte Mollien, ministre du Trésor public.

Le 5 septembre, les conseillers d'État Jacques Defermon, Jean Bérenger et Jaubert furent chargés de présenter au nom de Sa Majesté, le projet de loi portant création d’une cour des Comptes au Corps législatif. L’exposé des motifs fut présenté le 5 septembre. La discussion en fut remise au 16 septembre. Ce fut le même Jean Bérenger (1767-1850), fils de pasteur huguenot, conseiller d'État, directeur général de la Caisse d'amortissement, qui rédigea et déposa devant l'Empereur le décret impérial du 28 septembre 1807 sur l'organisation de la Cour des comptes.


Le comte Jean Bérenger (1767-1850), conseiller d'État,
Directeur général de la Caisse d'amortissement.


La Cour des comptes est une juridiction financière de l'ordre administratif en France, chargée principalement de contrôler la régularité des comptes publics, de l'État, des établissements publics nationaux, des entreprises publiques, de la sécurité sociale, ainsi que des organismes privés bénéficiant d'une aide de l'État ou faisant appel à la générosité du public. Elle informe le Parlement, le Gouvernement et l'opinion publique sur la régularité des comptes.


Didier Migaud, le Premier président de la Cour, lors de l'audience solennelle de rentrée

La Cour siège au Palais Cambon à Paris depuis 1912. Depuis 2010, le premier président de la Cour des comptes est Didier Migaud.
La Cour des comptes siégeait au palais d'Orsay, jusqu'à son incendie lors de la Commune de Paris en 1871. Elle fut ensuite hébergée temporairement au Palais-Royal, puis gagna en 1912 la rue Cambon, dans un bâtiment construit d'après les plans de Constant Moyaux, à l'emplacement du couvent de l'Assomption. Depuis lors, l'institution s'est étendue et occupe d'autres bâtiments du quartier.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 16 Sep 2018 - 13:23

merci Opaline . Cela étant , à part de "caser" des politiciens qui n'arrivent plus à se faire élire au suffrage universel et le salaire exorbitant du Président qui perçoit mensuellement 14.500 € + les avantages liés à son "activité"ou fonction , on peut s'interroger sur l'utilité de cette institution dont les recommandations ne sont jamais respectées !

Pour mémoire , le Budget de fonctionnement de la Cour des Comptes s'élève à 214,1 millions d'€ , dont 188,5 € pour les dépenses de personnel  la majorité étant composée d'énarques .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 17 Sep 2018 - 10:42

Oui, effectivement.
Elle n'a, malheureusement, plus aucun intérêt
En tous cas merci pour ta chaleureuse participation
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 17 Sep 2018 - 10:43

17 septembre 1878
Décès de Antoine de Tounens
ex-roi d'Araucanie et de Patagonie



Antoine de Tounens

Antoine de Tounens, né Antoine Tounens le 12 mai 1825 à La Chèzenote , commune de Chourgnac, et mort le 17 septembre 1878 à Tourtoirac, est un avoué français devenu aventurier, fondateur de l'éphémère royaume d'Araucanie et de Patagonie (1860-1862) et son premier roi sous le nom d'Orllie-Antoine Ier (écrit parfois Orélie-Antoine Ier).

Il débarque en 1858 au port de Coquimbo au Chili, s'installe d'abord à La Serena, et, après avoir passé quelque temps à Valparaíso et Santiago, se dirige vers l'Araucanie, à partir du port de Valdivia. Il entre en contact avec le lonco (chef militaire mapuche) Quilapán, qui s'enthousiasme pour son projet de fonder un État pour le peuple mapuche, afin d'être en mesure de résister à l'armée chilienne — la guerre d'Arauco faisant alors rage. Quilapán accorde à Antoine de Tounens un droit de passage sur ses terres, interdites aux huincas (Chiliens).


Antoine de Tounens acclamé par les chefs araucans

Il dote le nouvel État d'une constitution après avoir été élu roi par les chefs mapuches sous le nom d'Orllie-Antoine Ier (nom officiel en tant que roi), (ou Orélie-Antoine Ier avant le début du règne) (en espagnol : Orelio Antonio I ou Aurelio Antonio I).

Trois jours plus tard, il décrète l'union de l'Araucanie et de la Patagonie, fixant comme limites au désormais royaume d'Araucanie et de Patagonie le fleuve Biobío et le rio Negro au nord, l'océan Pacifique à l'ouest, l'océan Atlantique à l'est et le détroit de Magellan au sud.


Antoine de Tounens en 1872, caricaturé par P. Bernay
dans Le Grelot, 13 octobre 1972, numéro 79


Mettant en place un gouvernement, son royaume devient une menace politique pour les autorités chiliennes et argentines. Craignant une contre-attaque argentino-chilienne, il cherche des alliés et demande protection à l'Empire du Brésil et au Paraguay, mais sans succès. Il demande alors une aide européenne et se tourne vers la France, son pays d'origine. Mais le gouvernement français refuse de prendre toute responsabilité dans un conflit sud-américain à venir.

Après la prise de la capitale Perquenco par les troupes chiliennes le 5 janvier 1862, il est fait prisonnier et envoyé en détention au Chili puis condamné à l'internement dans un asile. Quant aux Mapuches et aux autres tribus, elles doivent subir la répression argentino-chilienne.


Carte du royaume vers 1865

L'intervention du consul général de France lui permet de regagner la France et il embarque le 28 octobre 1862 à Valparaiso à bord du Duguay-Trouin.

Rentré en France en mars 1863, Antoine de Tounens s'installe à Paris, où il crée une petite cour, décernant décorations et titres, tout en étant pauvre et endetté, et considéré par certains comme un souverain de fantaisie d'un pays qui n'existait pas réellement ou qualifié parfois « d'imaginaire ».

Après toutes ces tentatives malheureuses pour conquérir son ancien royaume, Antoine de Tounens, ruiné, tombe gravement malade et meurt à Tourtoirac (Dordogne), le 17 septembre 1878, âgé de 53 ans, alors qu'il était hébergé chez son neveu, Jean dit Adrien Tounens, boucher à Tourtoirac (Dordogne), son héritier potentiel. Sur son acte de décès, le maire de Tourtoirac porte la mention « Antoine de Tounens, ex-roi d'Araucanie et de Patagonie ».

Buste d'Antoine de Tounens en centre-ville
de Tourtoirac, où il est mort
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