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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 31 Juil 2018 - 8:51

31 juillet 1914
« Ils ont tué Jaurès »



Jean Jaurès.

Le soir du vendredi 31 juillet 1914, Jean Jaurès dîne avec deux collaborateurs dans le café du Croissant, rue Montmartre, à Paris (2e arrondissement).

Le dîner s'achève. Sur le trottoir, un homme observe les convives et, par la fenêtre ouverte, tire trois coups de revolver. Deux balles touchent à bout portant le leader socialiste. Un cri fuse dans le restaurant : « Ils ont tué Jaurès ! »

Le drame survient alors que les Français, comme les autres Européens, commencent tout juste à prendre conscience de la gravité de la situation internationale. L'assassinat de celui qu'on surnommait « l'apôtre de la paix » ruine l'ultime espoir d'éviter la guerre générale et va souder au contraire toute la nation dans « l'Union sacrée ».


Assassinat de Jean Jaurès (reconstitution publiée en 1919).

L'« apôtre de la paix »

Par son opposition à la loi du 19 juillet 1913, qui a reporté le service de deux à trois ans, comme par son plaidoyer en faveur d'une armée de réservistes à vocation défensive, L'Armée nouvelle, Jean Jaurès s'est attiré la haine des nationalistes et des bellicistes, à droite comme à gauche, de Georges Clemenceau à Charles Péguy en passant par Maurice Barrès et Charles Maurras.

Lors de la « Crise de Juillet » qui suit l'attentat de Sarajevo, il réunit toute son énergie pour tenter d'arrêter le destin. Le 30 juillet, il apprend que la Russie a mobilisé ses troupes. Il se rend alors chez le sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères Abel Ferry. Celui-ci l'interroge sur la position des socialistes en cas de guerre. « Nous continuerons notre campagne contre la guerre », répond Jaurès. « Non, vous n'oserez pas car vous serez tué au premier coin de rue » !...

Passablement découragé, Jaurès déclare à un ami, en sortant : « Tout est fini. Il n'y a plus rien à faire ».

C'est alors que survient la tragédie prédite par Abel Ferry...


Raoul Villain.

L'assassin est un déséquilibré de 29 ans, du nom de Raoul Villain. C'est un étudiant en archéologie, lecteur passionné de L'Action française, quotidien nationaliste qui avait appelé le 18 juillet précédent au meurtre de Jaurès.

Son procès sera reporté à la fin de la guerre et il sera finalement acquitté de son crime. Au terme d'une vie errante, il sera lui-même assassiné en Espagne en 1936 par un mafieux quelconque.
Hommages unanimes

À peine la mort de Jaurès est-elle connue qu'une foule de militants socialistes se rassemble dans le quartier Montmartre au chant de L'Internationale.


La foule devant le lieu du crime. Une ambulance est visible à droite.

Le président Raymond Poincaré, son adversaire en politique, se fend d'un communiqué publié dès le lendemain, juste avant l'ordre de mobilisation générale, dans lequel il trouve moyen de « retourner » le défunt en sa faveur : « Un abominable attentat vient d'être commis. M. Jaurès, le grand orateur qui illustrait la tribune française, a été lâchement assassiné. Je me découvre personnellement et au nom de mes collègues devant la tombe si tôt ouverte au républicain socialiste qui a lutté pour de si nobles causes et qui, en ces jours difficiles, et dans l'intérêt de la paix, a soutenu de son autorité l'action patriotique du gouvernement (...) ».

De fait, tous les journaux y vont de leur couplet. Même L'homme libre de Clemenceau et L'Action française de Maurras dénoncent l'assassinat et regrettent l'homme. Le pays, qui s'était jusque-là violemment divisé sur des sujets aussi graves que les conquêtes coloniales, l'Affaire Dreyfus ou la séparation des Églises et de l'État, refait son unité sur la tombe de Jaurès.


Le café du croissant en 1914

Le directeur de La Guerre sociale, Gustave Hervé, connu pour ses menées antimilitaristes, y va de lui-même de son couplet, titre à la Une : « Nous n'assassinerons pas la France » et rejoint le camp de la guerre.

Dès le lendemain de la mort de Jaurès, le consensus patriotique est tel que le gouvernement, à l'instant d'annoncer la mobilisation générale, peut se dispenser de sévir contre les anarchistes, antimilitaristes et rebelles potentiels.

Deux jours plus tard, l'Allemagne déclare la guerre à la France. C'est le début de la Grande Guerre.

Le 4 août 1914, lors des funérailles parisiennes du leader socialiste, avant que sa dépouille ne soit inhumée à Albi, le secrétaire de la CGT Léon Jouhaux, prémonitoire, lance : « Victime de ton amour ardent de l'humanité, tes yeux ne verront pas la rouge lueur des incendies, le hideux amas de cadavres que les balles coucheront sur le sol... ».


Plaque commémorative au café du Croissant,
146 rue Montmartre (à l’angle du côté pair de la
rue du Croissant), 2e arrondissement de Paris.



Centenaire de l'assassinat de jaurès


Au café où Jaurès a été tué, happy hour de 17h à minuit petard
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 31 Juil 2018 - 10:08

Merci Opaline , en effet Jaurès gênait les "va-en-guerre" . Le comble c'est l'acquittement de l'assassin !
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 1 Aoû 2018 - 9:38

1er août 1589
Assassinat d'Henri III (roi de France)



Portrait au crayon du roi Henri III avec sa toque chargée d'aigrette et cordons de diamants,
dessin de Jean Decourt, Paris, BnF, département des estampes, après 1578.


Installé à Saint-Cloud dans l'attente du siège de Paris, ce 1er août 1589, vers huit heures du matin, Henri III accueille sur sa chaise percée le procureur général accompagné d’un moine dominicain ligueur, Jacques Clément, qui se dit porteur de nouvelles en provenance du Louvre. Devant l'insistance du religieux à vouloir parler en privé avec le souverain, Roger de Bellegarde, premier gentilhomme de la Chambre, laisse le moine s'approcher du roi. Selon les versions des chroniqueurs de l'époque, le roi reste sur sa chaise percée ou se lève pour s'entretenir dans l'embrasure d'une fenêtre. Jacques Clément en profite pour frapper le roi au bas ventre avec le couteau qu'il tient dissimulé sous son habit. Henri III s'exclame : « Ah, mon Dieu ! », puis arrache le couteau de son intestin perforé et frappe son assaillant au visage en s'écriant : « Méchant, tu m'as tué ! »


Assassinat du roi Henri III par le moine Jacques Clément.
Détail d'une estampe gravée par Frans Hogenberg, Paris, BnF,
département des estampes, XVIe siècle.


Au bruit, les gardes du roi, les fameux Quarante-cinq, accourent, transpercent le moine de leurs épées et le jettent par la fenêtre. Dans un premier temps, les médecins minimisent la gravité de la blessure, remettent les intestins en place et recousent la plaie. Henri III parvient à dicter des lettres aux villes qui lui obéissent afin de couper court aux rumeurs.
À sa femme restée à Chenonceau, il affirme même que dans quelques jours, il pourra monter de nouveau à cheval. Toutefois, à l'occasion d'une visite de son cousin Henri de Navarre, le roi de France aurait harangué ses serviteurs de respecter les règles de passation de pouvoir en reconnaissant le roi de Navarre comme son successeur légitime.

Cependant, le soir venu, la péritonite progresse et ses souffrances augmentent. Après une douloureuse agonie, il décède le 2 août 1589 vers 3 heures du matin. Henri de Navarre lui succède sous le nom d'Henri IV.

Henri III est le dernier souverain de la maison capétienne de Valois, laquelle a régné sur la France de 1328 à 1589.


Bal à la cour du roi Henri III en présence de la reine, de la reine mère,
des ducs de Guise et de Mayenne. Paris, musée du Louvre, vers 1580.


Le mystère Henri III
« Ce Roy étoit un bon prince, s’il eût rencontré un meilleur siècle. » Ce sont les mots utilisés par le chroniqueur Pierre de L'Estoile à la mort du roi pour rappeler qu'en dépit de sa personnalité particulière et de l'explosion de haine qu'il a pu susciter, Henri III avait démontré aussi ses qualités. Aujourd'hui encore, sa personnalité fait l'objet de discussions, notamment à propos de sa sexualité.

Les contemporains d'Henri III nous ont décrit le roi comme un homme appréciant beaucoup les femmes. Si celles-ci sont assez peu connues, c'est qu’Henri III ne leur a jamais conféré le titre de maîtresse officielle.


Veronica Franco par Le Tintoret, 1575,
Worcester Art Museum, Worcester, Massachusetts.


Parmi ses maîtresses, les plus célèbres figurent Louise de La Béraudière (de plus de vingt ans son aînée), Françoise Babou de La Bourdaisière (mère de Gabrielle d’Estrées) et Renée de Rieux, issues de la moyenne noblesse. Il fréquente également lors de son périple italien qui le ramène de Pologne en juin 1574, Veronica Franco, une courtisane vénitienne fort renommée à l'époque. À la même date, il entretient aussi une relation platonique avec la princesse de Condé, Marie de Clèves, pour qui il éprouve une passion démesurée. Sa mort survenue brutalement en 1574 conduit le roi à prendre un deuil particulièrement ostensible qui étonne la cour.


Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d'Épernon.
L'un des mignons d'Henri III


Ses favoris
Longtemps, l'image véhiculée d'Henri III a été indissociable de celle de ses favoris plus couramment appelés mignons, terme pourtant déjà en vogue au XVe siècle. Au XIXe siècle, c'est un thème à la mode et plusieurs peintres et auteurs romantiques s'y sont essayés. Henri III est alors décrit de manière caricaturale, représenté en compagnie d'éphèbes efféminés, aux costumes excentriques et aux passe-temps frivoles comme le jeu du bilboquet.

En raison des nombreux témoignages sur le côté entreprenant d'Henri III auprès des femmes, l'image longtemps répandue de l'homosexualité stricte du roi a été remise en cause par des historiens.
Une source importante qui évoque des aventures masculines s'avère une source partisane, celle du diplomate savoyard Lucinge. Cet ennemi de la France écrit que le roi a été initié aux amours masculines par René de Villequiern.


Pierre de Ronsard

Les écrivains comme L'Estoile ou Brantôme, pourtant connus pour leurs informations scabreuses n'accordent aucun crédit à ces rumeurs et mettent en exergue, quant à eux, la passion du roi pour les femmes. D'Aubigné et Ronsard, en revanche, n'hésitent pas nombre de fois dans des vers à brocarder le roi sur le sujet :
« Le roi comme l’on dit, accole, baise et lèche
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
Eux pour avoir argent, lui prêtent tour à tour
Leurs fessiers rebondis et endurent la brèche. »


Henri III, Paris, BnF, département des estampes, XVIe siècle.
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 2 Aoû 2018 - 9:12

2 août 1834
Naissance de Auguste Bartholdi



Auguste Bartholdi photographié par Nadar vers 1875.

Né à Colmar, en Alsace, dans une famille de notables protestants, Auguste Bartholdi peut donner libre cours à ses penchants artistiques grâce à la bienveillance de sa mère Charlotte. Très tôt s'affirme son goût pour la statue monumentale.

Auguste Bartholdi obtient son baccalauréat en 1852 et un an plus tard, afin qu'il s'installe, sa mère lui achète un atelier, rue Vavin, qu'il occupera pendant quarante ans. De 1855 à 1856, il voyage avec ses amis Édouard-Auguste Imer et Jean-Léon Gérôme en Égypte, où il découvre la sculpture monumentale, puis en Arabie heureuse. Il en rapporte des dessins et photographies orientalistes qui l'influenceront.


La Liberté éclairant le monde,
ou Statue de la Liberté (1886), New York.


En 1871, à la demande d'Édouard Lefebvre de Laboulaye (dont Bartholdi a réalisé un buste en 1866) et de l'union franco-américaine, il effectue son premier voyage aux États-Unis pour sélectionner en personne le site où sera installée la statue de la Liberté. Le projet ressemblera d'ailleurs beaucoup à un projet semblable (L'Égypte éclairant l'Orient), qui aurait dû être installé à l'entrée du canal de Suez, si Ismaïl Pacha l'avait accepté en 1869.

Voulant exalter la portée universelle du message républicain, il est franc-maçon depuis 1875, adhérant à la loge Alsace-Lorraine à Paris. C'est à partir de cette date qu'il commence la construction de la statue de la Liberté dans ses ateliers parisiens, rue Vavin. La pose de la première pierre du piédestal le 5 août 1884, est d'ailleurs une cérémonie maçonnique (c'est le grand-maître de la Grande Loge de l’État de New York, William A. Brodie (en), qui la pose), rappelant que les loges l'ont aidé dans son projet.

Cette sculpture obtient très rapidement une reconnaissance universelle et de nombreuses répliques, de dimensions variées, sont réalisées, dont l’une des plus célèbres orne l’extrémité avale de l’île aux Cygnes (pont de Grenelle) à Paris depuis 1885. La plus récente est érigée à l’entrée nord de Colmar en 2004, à l’occasion du centenaire de la mort de Bartholdi.


Lion de Belfort (1880), Belfort.

De convictions républicaines, il réalise un monument à la gloire de Denfert-Rochereau, le « lion de Belfort ».

Statue équestre de Vercingétorix


Le Monument à Vercingétorix

Cette oeuvre d'Auguste Bartholdi a été inaugurée le 12 octobre 1903 par Louis Renon, le maire de Clermont-Ferrand. Elle fait face au Monument au général Desaix, à l'extrémité nord de la place de Jaude.
Cette statue fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 19 mai 19943.
À l'époque de la construction de la statue, la Troisième République se cherche des valeurs dans le passé historique de la France. Et un thème ressort : les Gaulois. C'est pourquoi, dans toute la France, on peut retrouver des statues de Vercingétorix, le héros de Gergovie.


Tombe d'Auguste Bartholdi

Bartholdi meurt dans le 6e arrondissement de Paris, le 4 octobre 1904, à la suite de tuberculose. Il est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse (28e division).
Le décor de la tombe a été réalisé par Bartholdi lui-même. L'obélisque de porphyre rouge porte l'inscription : "Auteur du Lion de Belfort et de la Statue de la Liberté éclairant le Monde". Il est surmonté d'un ange prenant son envol et décoré d'un médaillon représentant le profil du sculpteur et de sa femme.


Champollion (Auguste Bartholdi)
Musée de Grenoble


L'année suivante en 1905, sa veuve lègue la statue de Champollion en plâtre réalisée par son mari pour l'exposition universelle de 1867 au musée de Grenoble. Cette statue consignée dans le musée ne sera finalement installée dans la cour d'honneur du lycée Champollion qu'en 1926. Elle est aujourd'hui exposée dans la salle 17 du musée.

L’inspiration patriotique et le sens du monumental ont permis à Bartholdi de renouveler puissamment la tradition de la sculpture des lieux publics.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 2 Aoû 2018 - 9:20

merci Opaline , immense sculpteur .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 3 Aoû 2018 - 10:37

3 août 1941
Mgr von Galen dénonce l'euthanasie




Le dimanche 3 août 1941, quelques semaines après l'entrée en guerre de l'Allemagne contre l'URSS, l'évêque de Münster, en Rhénanie, dénonce en chaire le meurtre des handicapés par les nazis.
Mgr Clemens-August von Galen (68 ans) lance : « C'est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d'innocents, qui autorise l'extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité... N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ? ».


Photographie de propagande de 1934 avec la légende
« ce malade mental coûte annuellement 2 000 marks à l'État ».


Une idéologie « progressiste »
Au début du XXe siècle, il paraît légitime que les êtres les plus faibles disparaissent et laissent la place aux êtres les mieux armés pour survivre, au nom de la sélection naturelle.


« L'autorisation » de Hitler datée du 1er septembre 1939.

C'est ainsi qu'au début du XXe siècle sont édictées dans certains États des lois qui permettent de stériliser d'office, dans l'intérêt de la société, les personnes simples d'esprit ou handicapées, sans recours possible pour les familles et les tuteurs.
Le 14 juillet 1933 Hitler publie à son tour une loi sur la stérilisation des handicapés mentaux... Il n'y a de protestations que dans le clergé.
De l'exclusion à l'extermination
Un décret daté du 1er septembre 1939, début de la Seconde Guerre mondiale, prescrit non plus de stériliser mais de mettre à mort les handicapés ainsi que les marginaux et les dépressifs ! Le prétexte est de libérer des lits d'hôpitaux pour les futurs blessés de guerre.



Hitler confie l'opération à Karl Brandt, son médecin personnel, et à Philip Bouhler, chef de la chancellerie. Ceux-ci installent leur activité sous des noms anodins au n°4 de la Tiergartenstrasse, à Berlin, d'où son nom de code « Aktion T4 ».
Les fonctionnaires du T4 expérimentent différents moyens de tuerie dont le poison avant de découvrir le gaz. Dans un premier temps, ils enferment leurs victimes dans un local et y injectent les gaz d'échappement d'un camion. Très vite, le procédé se perfectionne. En janvier 1940, une quinzaine de malheureux sont conduits dans une fausse douche et asphyxiés au monoxyde de carbone. Les cadavres sont ensuite incinérés. Leurs familles sont avisées par lettre de la mort accidentelle de leur parent et invitées à récupérer les cendres. C'est une anticipation des chambres à gaz d'Auschwitz et d'ailleurs.
Environ 70.000 à 100.000 handicapés vont être ainsi assassinés en moins de deux ans. Mais malgré tous les efforts de l'administration, le secret est vite éventé.


Dans les années 1930, c'est l'heure de gloire des eugénistes.

La montée des protestations
L'inquiétude monte... Jusque dans l'armée où l'on s'alarme du sort que l'on réserve aux grands blessés de guerre. Des pasteurs protestants commencent à protester.
Le pape Pie XII s'en mêle et le 15 décembre 1940, condamne fermement l'euthanasie. Enfin, le 9 mars 1941, l'évêque catholique de Berlin von Preysing dénonce en chaire les « meurtres baptisés euthanasie ». Mais le véritable coup d'éclat vient de l'évêque de Münster avec des sermons copiés et diffusés jusque sur le front.
Joseph Goebbels, chef de la propagande, dissuade Hitler de faire assassiner l'évêque pour éviter un conflit ouvert avec les chrétiens de Münster. Finalement, trois semaines après le coup d'éclat de Mgr von Galen, le 24 août 1941, Hitler se résigne à suspendre l'« Aktion T4 ».
La centaine de fonctionnaires du T4 ne reste hélas pas au chômage. Quelques semaines plus tard, Heinrich Himmler, ministre de l'Intérieur et chef suprême (Reichsführer) de la SS, fait appel à leur « expertise » pour mettre sur pied l'élimination physique des Juifs.


Des femmes et des enfants juifs des Basses Carpates russes attendent la sélection à l'entrée
d'Auschwitz-Birkenau, en mai 1944 (Crédit : Musée du Mémorial de l'Holocauste des Etats-Unis,
autorisation de Yad Vashem [Domaine public])


Une fois la guerre terminée, Pie XII, qui l’avait toujours soutenu, lui donne le chapeau de cardinal dès février 1946. Mais l’homme, sans doute usé par toutes ces années d’épreuve, meurt le mois suivant, juste après son retour triomphal dans sa ville. Quelques décennies plus tard, le 4 octobre 2005, il est béatifié à Saint-Pierre de Rome (et ce fut la dernière béatification célébrée en ce lieu) par un compatriote, le pape Benoît XVI.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 4 Aoû 2018 - 8:31

4 août 1789
Abolition des privilèges et des droits féodaux



Estampe de la séance du 4 août par Charles Monnet, (musée de la Révolution française)

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux et de divers privilèges. Ce moment de grande ferveur nationale s'inscrit parmi les grands événements mythiques de la Révolution française.

La Grande Peur

L'abolition des privilèges est la conséquence inopinée de la prise de la Bastille. Dans les semaines qui suivent celle-ci, les paysans s'émeuvent. Ils craignent une réaction nobiliaire comme il s'en est déjà produit dans les décennies antérieures, avec la réactivation de vieux droits féodaux tombés en désuétude.

Une Grande Peur se répand dans les campagnes. En de nombreux endroits, les paysans s'arment sur la foi de rumeurs qui font état d'attaques de brigands ou de gens d'armes à la solde des «aristocrates». Le tocsin sonne aux églises des villages, propageant la panique.

Les députés qui siègent à Versailles s'en inquiètent. «Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête, s'exclame à l'Assemblée le duc d'Aiguillon, l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime».

Le 3 août, une centaine de députés, ardents partisans de la Révolution, se concerte sur la stratégie à adopter. Plusieurs sont originaires de Bretagne. C'est le «Club breton» (futur club des Jacobins). Ils prennent la résolution de détruire tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.


Détail de la plaque en bronze de la statue de Marianne par Leopold Morice Frances
située Place de la Republique à Paris, consacrée à la troisième République.
Elle dépeint la décision du 4 août 1789 par l'Assemblée pour en finir le système féodal.


Euphorie patriotique

Le lendemain soir, à huit heures, l'Assemblée, passablement troublée, se réunit et disserte sur les moyens de rétablir l'ordre. C'est alors que le duc d'Aiguillon (29 ans) propose d'offrir aux paysans de racheter les droits seigneuriaux à des conditions modérées. Ce libéral est aussi la deuxième fortune de France après le roi.

Le vicomte de Noailles, un cadet de famille sans fortune, surenchérit et propose d'en finir avec les droits seigneuriaux, «restes odieux de la féodalité» selon ses termes. Il suggère rien moins que d'«abolir sans rachat» les corvées seigneuriales et autres servitudes personnelles.

L'évêque de Chartres monte à la tribune et propose l'abolition des droits de chasse, ce qui ne lui coûte rien mais pèse sur les nobles. Le duc du Châtelet dit à ses voisins : «L'évêque nous ôte la chasse ; je vais lui ôter ses dîmes». Et, montant à la tribune, il suggère que les dîmes en nature (impôts payés à l'Église par les paysans) soient converties en redevances pécunières rachetables à volonté.



Là-dessus, voilà que sont attaqués les privilèges des provinces. Le mot privilège vient du latin et désigne une «loi particulière» : il fut longtemps synonyme de liberté. En effet, chaque fois qu’une nouvelle province était annexée, le roi promettait de respecter ses privilèges, c’est-à-dire ses libertés, les lois particulières traditionnelles, les coutumes et droits immémoriaux de ses habitants. C’est ainsi qu’au cours des siècles s’étaient imposés des droits garantissant les libertés locales.

Tout cela prend fin en cette nuit mémorable. Les représentants du Dauphiné, suivis par ceux de Bretagne et des autres pays d'État, provinces jouissant de privilèges, font don de ceux-ci à la Nation. Les représentants des villes font de même. Pour finir, un membre du Parlement de Paris proclame le renoncement à l'hérédité des offices (charges de magistrature).

Au milieu des applaudissements et des cris de joie, sont ainsi abattus les justices seigneuriales, les banalités, les jurandes et les maîtrises, la vénalité des charges, les privilèges des provinces et des villes.



Une application mesurée

Passé le moment d'euphorie, les députés prennent le temps de réfléchir. Ils décident que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité d'aucune sorte.

L'avocat Adrien Duport, ardent député, rédige le texte final. Il est voté et publié le 11 août au soir. Avec lui disparaissent à jamais certains archaïsmes comme la corvée obligatoire, de même que des injustices criantes comme la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.


Adrien Duport : député de Paris
(estampe, pointillé, eau-forte, roulette).


Certains autres droits féodaux, ceux pesant sur les terres comme les cens et les champarts, devront toutefois être rachetés. À cette seule condition, les paysans pourront devenir propriétaires de plein droit de leurs terres.

Sitôt connue, cette restriction suscite quelques désillusions dans les campagnes mais elle est abrogée quelques mois plus tard. L'ensemble des droits féodaux sera irrévocablement aboli sans contrepartie ni exception par le décret du 25 août 1792, quelques jours après la chute de la monarchie.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 4 Aoû 2018 - 11:33

Merci Opaline , toujours documenté et intéressant
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 5 Aoû 2018 - 11:49

5 août 1620
Première escale du Mayflower à Southampton



Le Mayflower dans le port de Plymouth peint par William Halsall (1882).

Le Mayflower (ou « Fleur de mai ») est un vaisseau marchand de 90 pieds (27,4 mètres) et 180 tonneaux du XVIIe siècle qui partit de Plymouth, en Angleterre. Ses passagers furent à l'origine de la fondation de la colonie de Plymouth, dans le Massachusetts.

En 1620, il transportait des dissidents religieux anglais, les Pilgrim fathers ou « Pères pèlerins », et d'autres Européens à la recherche d'un lieu pour pratiquer librement leur religion.


The Mayflower II
photo Susan Roser.


Bien que l'Amérique du Nord fût déjà connue depuis près d'un siècle par les Espagnols, les Anglais ne commencèrent à la coloniser qu'en 1584 avec l'envoi de navires vers la colonie de Roanoke, la « colonie perdue ». Cette première tentative d'installation durable ayant échoué, les Anglais renvoyèrent des navires en 1606 en Virginie, alors récemment achetée à l'Espagne où ils fondèrent le fort de Jamestown (qui fut plus tard détruit par les Amérindiens, la famine, le paludisme et les rudes hivers).

Le bateau quitta Londres en juillet 1620, accompagné d'un autre navire, le Speedwell, qui rebroussa chemin à la suite d'une avarie à la coque.


Pères Pèlerins embarquant sur le Mayflower, peinture de Bernard Gribble.
©️ Photos.com/Jupiterimages


Citation :
« Le chef de leur congrégation, John Robinson, approuva la suggestion de fonder une colonie outre-mer. [William] Bradford en était partisan dès le début. […] Ils armèrent un navire, recrutèrent quelques hommes, et c'est ainsi que William et sa femme quittèrent Leyde (Hollande) en 1620 à bord du Mayflower. »— William Bradford

Après deux escales, à Southampton le 5 août 1620 puis à Dartmouth le 12 août, le Mayflower quitta Plymouth le 16 septembre 16203 (6 septembre selon le calendrier julien en usage chez les pèlerins).


Mayflower et Speedwell dans le port de Dartmouth

À la suite d'une halte pour se ravitailler à Terre-Neuve auprès de pêcheurs locaux, une tempête menaça le bon déroulement de l'expédition. Le mauvais temps obligea alors le vaisseau à aborder les rivages de l'Amérique au cap Cod (sur le site de la ville de Provincetown dans le Massachusetts), le 11 novembre 1620, et non sur les bords du fleuve Hudson, but initial du voyage.

Parmi les occupants du bateau se trouvaient trente-cinq dissidents anglais, des Pères pèlerins, très pieux, fuyant les persécutions de Jacques Ier et à la recherche d'un lieu pour pratiquer librement leur religion ; ainsi que d'autres Européens de diverses nationalités. La plupart des passagers venaient de milieux modestes (petits fermiers, artisans…) et adhéraient aux principes puritains.

Ces Européens furent les premiers colons à s'établir durablement en Nouvelle-Angleterre, où ils fondèrent la ville de Plymouth.


La signature du pacte du Mayflower

Un pacte contenant un certain nombre de lois, et régissant les principes de la future colonie (plus connu sous le nom de Mayflower Compact), fut signé à bord du navire par les passagers.

Les passagers et les pèlerins du Mayflower sont souvent considérés comme faisant partie des premiers colons à l'origine de ce qui deviendra les futurs États-Unis.


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 5 Aoû 2018 - 13:22

Merci Opaline pour la narration de cette épopée du Mayflower
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 6 Aoû 2018 - 8:01


6 août 1945
Une bombe atomique sur Hiroshima !




Le 6 août 1945, l'explosion d'une bombe atomique au-dessus de la ville d'Hiroshima, au Japon, précipite la fin de la Seconde Guerre mondiale. Depuis lors plane sur le monde la crainte qu'un conflit nucléaire ne dégénère en une destruction totale de l'humanité.

Le gouvernement américain a justifié ce précédent en affirmant qu'il aurait évité l'invasion de l'archipel et épargné la vie de plusieurs centaines de milliers de combattants (américains)...



Un projet ancien

Avant la Seconde Guerre mondiale déjà, les Américains s'inquiètent du risque de voir les nazis mettre au point une bombe d'une puissance meurtrière exceptionnelle grâce au principe de la fission nucléaire.
Désireux de les devancer à tout prix, le président Roosevelt inaugure en 1942 un programme secret de mise au point de la bombe A.

Au moment où les Américains finalisent la bombe, l'Allemagne nazie s'apprête à capituler sans conditions. Seul le Japon représente encore une menace, mais sa puissance militaire, industrielle et scientifique est bien inférieure à celle de l'Allemagne.



Résistance désespérée du Japon

Dirigé par des généraux jusqu'au-boutistes, le Japon s'entête dans une résistance désespérée, que les bombardements conventionnels n'entament pas.

La simple prise de l'île d'Okinawa a coûté 7 600 morts à l'armée américaine. L'état-major américain craint, non sans exagération, de perdre 500 000 soldats pour conquérir Honshu, l'île principale de l'archipel.

C'est ainsi qu'émerge l'idée d'utiliser la bombe atomique contre l'empire du Soleil levant, pour briser sa résistance à moindres frais.



Le président Roosevelt meurt le 12 avril 1945 et son successeur, Harry Truman, reprend à son compte ce projet. Il présente pour les Américains l'avantage d'anéantir le Japon sans l'aide de Staline, qui ne lui a pas encore déclaré la guerre, et de faire étalage devant le dictateur soviétique de toute leur puissance militaire.

Le bombardement

Le 16 juillet 1945, les Américains procèdent dans le désert du Nouveau Mexique à un premier essai nucléaire. L'expérience est pleinement réussie, mais, faute d'expérience, les scientifiques ne mesurent pas précisément les effets de la bombe atomique sur les populations.

Le 26 juillet, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine adressent au Japon un ultimatum qui fait implicitement allusion à une arme terrifiante.



Finalement, au petit matin du 6 août 1945, le bombardier Enola Gay s'envole vers l'archipel nippon, avec, dans la soute, une bombe à l'uranium de quatre tonnes et demi surnommée Little Boy. L'état-major choisit pour cible la ville industrielle d'Hiroshima (300 000 habitants), en raison de conditions météorologiques optimales.

La bombe est larguée à 8h15. 70 000 personnes sont tuées. La majorité meurt dans les incendies consécutifs à la vague de chaleur. Plusieurs dizaines de milliers sont grièvement brûlées et beaucoup d'autres mourront des années plus tard des suites des radiations (on évoque un total de 140 000 morts).



Pourtant, les dirigeants japonais ne cèdent pas devant cette attaque sans précédent. Les Américains décident alors de larguer leur deuxième bombe atomique. À Nagasaki (250.000 habitants), le 9 août, 40 000 personnes sont tuées sur le coup (80 000 morts au total selon certaines estimations).
La reddition

La veille de l'attaque de Nagasaki, l'URSS a déclaré la guerre au Japon et lancé ses troupes sur la Mandchourie. Les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki achèvent de convaincre les généraux japonais de mettre fin à une résistance désespérée. Le 2 septembre, le général américain MacArthur reçoit la capitulation sans conditions du Japon.



La Seconde Guerre mondiale est terminée... et le monde entre dans la crainte d'une apocalypse nucléaire. Seuls de rares penseurs, tel Albert Camus, ont pris la mesure du bouleversement entraîné par l'explosion d'Hiroshima.




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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 6 Aoû 2018 - 8:05

merci Opaline . L'homme possède plus qu'il n'en faut pour détruire notre Planète . C'est fou !
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 7 Aoû 2018 - 10:50

7 août 1947
Arrivée triomphale du Kon Tiki en Polynésie




Le 7 août 1947, le radeau « Kon Tiki » de l'anthropologue norvégien Thor Heyerdal (32 ans) arrive dans l'archipel des Tuamotou, en Polynésie, après un voyage de 6 900 km.


Thor Heyerdal

Aventure et anthropologie
Le radeau a appareillé le 28 avril 1947 du port de Callao, sur la côte du Pérou, avec un équipage de six hommes, cinq Norvégiens et un Suédois.
Avec ce radeau imité des anciennes embarcations des Inca, construit sans clous, avec neuf troncs de balsa (bois léger), Thor Heyerdal veut démontrer que les Indiens d'Amérique ont pu coloniser les archipels du Pacifique.
Cette idée lui est venue en recueillant dans les îles Marquises une légende selon laquelle les ancêtres des insulaires seraient venus là de l'Est, guidés par le dieu Tiki à bord de bateaux plats.



Quelques années plus tard, lors d'un voyage sur les bords du lac Titicaca (Pérou), il fait le rapprochement avec un ancien mythe péruvien selon lequel un héros dénommé Kon-Tiki (roi-soleil) aurait fui le pays en prenant la mer avec femme et enfants.
Sans assistance extérieure, avec seulement une petite radio et un canot pneumatique, en se nourrissant de l'eau de pluie et de la pêche, notamment des poissons volants qui s'échouent sur le pont, l'équipage accomplit l'exploit en frôlant maintes fois la mort.



Le film et le livre à succès que l'anthropologue a tirés de son aventure vont donner du crédit à son hypothèse sans toutefois en apporter la preuve.
Thor Heyerdal a voulu plus tard, en 1969, renouveler l'exploit en traversant l'Atlantique à bord d'un bateau du Nil pour démontrer une parenté entre les civilisations du Mexique et de l'Égypte pharaonique.
Mais son bateau de papyrus, le « Râ », n'a pu atteindre le Nouveau Monde...

André Larané



Le Kon-Tiki au musée d'Oslo.


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 8 Aoû 2018 - 8:32

8 août 1873
A Bruxelles, Paul Verlaine est condamné à deux ans de prison.



Rimbaud et le révolver de Verlaine

« Voilà pour toi, puisque tu pars. » Six mots prononcés par Paul Verlaine avant d’appuyer sur la gâchette. En joue, un autre génie de la poésie : Arthur Rimbaud.
Amour passionnel, relation tumultueuse, tentative d’assassinat… Comment décrire précisément ce qui est resté comme l'« affaire de Bruxelles » ? Les deux hommes, qui se sont rencontrés en 1871 après des échanges épistolaires, sont tombés amoureux. Marié et père, Verlaine quitte sa femme pour vivre avec son « époux infernal », comme il l’appelle. Les deux amants, qui passent une grande partie de leur temps à boire, se disputent violemment et se séparent souvent.


Un coin de table par Henri Fantin-Latour (1872)
Verlaine se trouve en bas à gauche, Rimbaud est assis à ses côtés.


Deux balles...
Le 10 juillet 1873, Verlaine se rend dans une armurerie de Bruxelles, où le couple séjourne, pour acheter un revolver à six coups et des cartouches. La veille, après une énième querelle, Rimbaud a de nouveau exprimé le souhait de le quitter. Verlaine songe à se suicider. Il retourne à l’hôtel, où se trouve encore son amant. Vers 14h, Rimbaud décide de faire sa valise. « Et là, tout s’enchaîne. Paul ferme à clef la porte qui donne sur le palier, s’assied à califourchon sur une chaise et tire sur Rimbaud », raconte Bernard Bousmanne dans son livre Verlaine en Belgique (Ed. Mardaga).


Paul Verlaine

Celui à qui il avait écrit à peine âgé de 17 ans, deux ans plus tôt, fait feu à deux reprises. Un projectile atteint l’auteur du Dormeur du Val au poignet gauche. Dans son livre, Bernard Bousmanne publie les extraits de la déposition de Rimbaud devant le juge d'instruction dans laquelle il décrit la suite : « Il me mit son pistolet dans les mains et m’engagea à le lui décharger sur sa tempe. Son attitude était celle d’un profond regret de ce qui lui était arrivé. »


Rimbaud alité après le « drame de Bruxelles », juillet 1873
(tableau peint par Jef Rosman, musée Arthur-Rimbaud).


...et deux ans de prison
Verlaine et sa mère, qui séjournait dans la chambre voisine du couple, emmènent Rimbaud à l’hôpital, où il se fait soigner. Lorsqu’il rentre à l’hôtel, le jeune homme de 19 ans reprend ses projets de départ. Le trio se dirige donc vers la gare. En chemin, Verlaine menace à nouveau son amant. L’auteur des Fêtes galantes a conservé l’arme sur lui. Rimbaud prend peur et fait signe à un policier, qui confisque le revolver et conduit tout le monde au poste. Rimbaud dépose plainte.



S’ensuivent alors une enquête et un procès, où « le juge fait payer à Verlaine ses sympathies pour les idées politiques libérales et sa relation homosexuelle », détaille Isabelle de Conihout, directrice du département des livres et manuscrits chez Christie’s. Après un examen physique pour juger de sa « pédérastie », l’inculpation de tentative d’assassinat est abandonnée et Paul Verlaine est condamné pour « blessures graves ayant entraîné une incapacité de travail », malgré le retrait de plainte de Rimbaud. Deux ans de prison et 200 francs d’amende. Paul Verlaine éclate en sanglots. Son amour est rentré en France, où il s’est isolé pour écrire son chef d’œuvre : Une saison en enfer. Il reste seul, emprisonné en Belgique.


Verlaine buvant son absinthe au Café François 1er en 1892,
photographié par Paul Marsan Dornac


Un ultime rendez-vous
Le 25 octobre, il est transféré à la prison de Mons, près de la frontière française. C’est là-bas qu’il va purger ses deux ans d’incarcération et composer une trentaine de poèmes qui paraîtront sous le titre de Cellulairement. Libéré en 1875, il retrouve Rimbaud une dernière fois en Allemagne, à Stuttgart. Stefan Zweig, dans son livre Paul Verlaine, décrit les retrouvailles : « Personne n’a été témoin de cette entrevue, on n’en connaît que le résultat. En rentrant, les deux ivrognes en viennent aux mains. » Rimbaud lui donne tout de même le manuscrit de ses Illuminations pour que son « pitoyable frère » le fasse publier.


Rimbaud au Harar, « dans un jardin de bananes », en 1883.

L'arme
« L’arme mise en vente le Le revolver utilisé par Verlaine contre Rimbaud en 1873 a été vendu 434.500 euros aux enchères par téléphone le 30 août 2016. Le musée Rimbaud de Charleville-Mézières figurait parmi les acquéreurs intéressés. est de fabrication industrielle, mais elle est à la base de chefs-d’œuvre : Cellulairement, Une saison en enfer.
C’est l’épisode final d’une relation tumultueuse entre un Verlaine de 30 ans et un Rimbaud de 20 ans », constate Isabelle de Conihout. Les deux poètes moururent sans jamais se revoir. Reste le revolver à six coups pour dernier témoin de l'« affaire de Bruxelles ».
L'acquéreur a souhaité rester anonyme, ce qui laisse penser qu'il s'agit d'un collectionneur privé. Pas sûr que le grand public puisse revoir cette arme de sitôt.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 8 Aoû 2018 - 8:47

C'est fou où peut mener l'amour . Merci Opaline pour cet épisode que je méconnaissais . Mais que ces deux poètes sont talentueux .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 9 Aoû 2018 - 8:53

9 août 2002
La « Vénus hottentote » inhumée en Afrique du Sud




Le 9 août 2002, soit près de deux siècles après sa mort misérable à Londres, en 1815, la « Vénus hottentote », a retrouvé enfin son pays d'origine, où ses restes ont été inhumés.

Saartjie Baartman, de son vrai nom Sawtche, née vers 1788-1789 dans le Cap-Oriental (Afrique du Sud) et morte à Paris le 29 décembre 1815, est une femme khoïsan réduite en esclavage et exhibée en Europe pour son large postérieur, où elle était connue sous le surnom de « Vénus hottentote ».

Son histoire, souvent prise pour exemple, est révélatrice de la manière dont les Européens considéraient à l'époque ceux qu'ils désignaient comme appartenant à des « races inférieures ». Elle symbolise également la nouvelle attitude revendicative des peuples autochtones quant à la restitution des biens culturels et symboliques ainsi que des restes humains qui figurent dans les musées du monde entier.


« A Pair of Broad Bottoms » (une large paire de fesses),
caricature de William Heath, 1810.


En 1810, un chirurgien militaire de la marine britannique, Alexander Dunlop, en visite chez les Caesar, découvre la morphologie hors du commun de Saartjie : hypertrophie des hanches et des fesses (stéatopygie) et organes génitaux protubérants (macronymphie appelée « tablier des Hottentotes »). Dunlop est près de la retraite, ce qui aura pour conséquence une importante baisse de revenus, et voit se profiler une affaire juteuse : fournir un échantillon spectaculaire d'un peuple colonisé pour les zoos humains en Europe.



En mars 1815, le professeur de zoologie et administrateur du Muséum national d'histoire naturelle de France, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, demande à pouvoir examiner « les caractères distinctifs de cette race curieuse ». Après le public des foires, c'est devant les yeux de scientifiques (notamment le zoologue et anatomiste comparatif Georges Cuvier) et de peintres qu'elle est exposée nue, transformée en objet d'étude. Le 1er avril 1815, le rapport du chevalier Geoffroy Saint-Hilaire compare son visage à « un commencement de museau encore plus considérable que celui de l'orang-outang », et « la prodigieuse taille de ses fesses » avec celle des femelles des singes maimon et mandrill à l'occasion de leur menstruation. Mesurée sous toutes les coutures pendant trois jours, elle a cependant refusé de dévoiler son « tablier génital » (« tablier hottentot » figurant la macronymphie), ce qui agace Cuvier.


« La Belle Hottentote », illustration de la mode des zoos humains.

Vivant dans des conditions sordides dans un taudis, Saartjie Baartman meurt dans la nuit du vendredi 29 décembre 1815, probablement d'une pneumonie comme le diagnostique Georges Cuvier lors de son autopsie, maladie inflammatoire compliquée de la variole voire de la syphilis.


Tablier [Petites lèvres étirées jusqu'à plus de 10 cm et en faire un "tablier" érotique] ...
Lesueur Charles.A (1778-1846)
Paris, Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), bibliothèque centrale


Pièce de musée
Cuvier, qui a récupéré son cadavre, en fait faire un moulage complet de plâtre, dont il tire une statue peinte représentant Saartjie Baartman debout. Estimant que Saartjie est la preuve de l'infériorité de certaines races, il entreprend de la disséquer au nom du progrès des connaissances humaines. À l'issue de la dissection, son cerveau, son anus et ses organes génitaux sont conservés dans des bocaux remplis de formol. Cuvier procède enfin à l'extraction du squelette et le reconstitue entièrement, os par os. En 1817, il expose le résultat de son travail dans sa publication Observations sur le cadavre d'une femme connue à Paris sous le nom de Vénus Hottentote, qu'il présente devant l'Académie nationale de médecine.


Moulage de la dépouille de Saartjie Baartman, la "Vénus hottentote" -
©️ FRANCOIS GUILLOT - BELGAIMAGE


En 1994, quelque temps après la fin de l'apartheid, les Khoïkhoï font appel à Nelson Mandela pour demander la restitution des restes de Saartjie afin de pouvoir lui offrir une sépulture et lui rendre sa dignité.

Le 3 mai 2002, la dépouille de Saartjie Baartman est solennellement accueillie au Cap. Le 9 août 2002 (date symbolique correspondant à la Journée nationale de la femme en Afrique du Sud), après une cérémonie œcuménique, la dépouille, après avoir été purifiée, est placée sur un lit d'herbes sèches auquel on met le feu selon les rites de son peuple. Elle est inhumée sur la colline de Vergaderingskop près de Hankey, son village natal, en présence du président Thabo Mbeki, de plusieurs ministres et des chefs de la communauté Khoikhoï.


Tombe de Saartjie Baartman à Hankey, Afrique du Sud.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 9 Aoû 2018 - 13:25

Triste et terrible vie que Saartjie Baartman a vécu et enduré .


Merci  Opaline pour nous avoir fait découvrir cet émouvant et cruel destin .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 10 Aoû 2018 - 9:36

10 août 1826
Premiers omnibus à Nantes


En France, les omnibus naissent à Nantes, au début du XIXe siècle, lorsqu'Étienne Bureau, petit-fils d'armateur, imagine un véhicule pour transporter ses employés entre les bureaux de l'entreprise, situés dans le centre, rue Jean-Jacques-Rousseau, et les entrepôts des Salorges où se trouvent les services de la Douane.



En 1826, Stanislas Baudry, un autre homme d'affaires nantais, met en place le même service pour convoyer ses clients du centre-ville vers la rue de Richebourg, où se trouvent des bains publics qu'il a créés comme annexe d'une minoterie. Le service est d'abord gratuit mais il se rend compte que des gens utilisent ce moyen de transport pour leurs déplacements personnels. Il institue alors un accès payant et crée une entreprise spécifique de transport urbain baptisée « La Dame Blanche », s'inspirant du succès de l'opéra-comique de Boëldieu créé quelques mois auparavant. Il fonde ainsi le premier service français d'omnibus de l'ère contemporaine.


Tramway hippomobile de Marseille (1876-1899)

En 1840, trois nouvelles compagnies s’attaquent au monopole établi par le successeur de Stanislas Baudry, Edme Fouquet : « Les Nantaises », « Les Favorites » et « Les Bretonnes ».
En 1852, une quatrième société arrive : « Les Hirondelles ». Au total une trentaine d’omnibus circulent dans les rues devenues encombrées.
Les omnibus apparaissent ensuite dans les plus grandes villes de France : à Paris (1828), au Havre (1832), à Lyon (1837), Marseille (vers 1840), Bordeaux (1854), Toulouse (1863)


Voiture publique à cinq sols de Pascal

Les débuts des transports publics
Les premiers transports publics réguliers ont été conçus par Blaise Pascal. Ils ont circulé à Paris de 1662 à 1677. Ces « Carrosses à cinq sols » étaient des véhicules à huit places qui avaient des lignes et des horaires réguliers, et partaient donc même lorsqu'ils n'étaient pas complets2. Pour assurer le succès de son entreprise, Pascal n'avait pas manqué d'y associer de grands noms : le duc de Roannes, gouverneur du Poitou ; Pierre de Perrien, marquis de Crénan, grand échanson de France ; le marquis de Souches, grand prévôt de l'Hôtel.
Ils n'étaient toutefois pas pour tous : les lettres patentes accordées par le Roi et enregistrées par le Parlement de Paris le 27 mars 1662 stipulaient que soldats, pages, laquais et autres gens de livrée, mesme les manœuvres et gens de bras ne pourraient entrer esdits carosses. Les carrosses à cinq sols périclitèrent suite à des augmentations de tarif et, sans doute, à cause de l'interdiction faite par le Parlement aux petites gens d'y entrer.

Omnibus à impériale

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 12 Aoû 2018 - 8:50

12 août 1737
Naissance de Antoine Parmentier




Précurseur de la chimie alimentaire et de l'agrobiologie, il est surtout connu pour son action de promotion en faveur de la consommation de la pomme de terre dans l'alimentation humaine, mais aussi pour ses travaux sur l'hygiène alimentaire, l'utilisation de nouveaux aliments durant les fréquentes périodes de famine et comme pharmacien militaire (avec un rôle éminent dans l'organisation pharmaceutique du service de santé sous l'Empire).


Portrait de Parmentier assis dans son cabinet, en habit d’académicien,
tenant un bouquet de toutes les plantes qu’il a étudiées (par Dumont, 1812).


Ses travaux sur la pomme de terre
C’est au cours de la guerre de Sept Ans comme prisonnier militaire en Allemagne que Parmentier goûte la bouillie de pommes de terre, et qu’il reconnaît les avantages alimentaires de ce tubercule. À Hanovre, il découvre notamment sa culture en ligne qui augmente sa productivité. En Europe, en dehors de l'Allemagne, elle est cultivée en Italie dès le XVIe siècle, en Alsace et en Lorraine au XVIIe siècle, en Savoie dès la fin du XVIIe, puis est adoptée dans le Midi, en Anjou et dans le Limousin. Elle a souvent le nom de "truffole" (ou apparenté), en rapport avec son aspect et son origine souterraine. Elle est cependant repoussée par le nord de la France, dont l'Ile-de-France, d'où vient Parmentier.


Parmentier s’empresse d'offrir les fleurs de pommes de terre qu’il vient de cueillir dans le champ des Sablons à Louis XVI et Marie-Antoinette alors à la promenade à Versailles (gravure extraite du Petit Journal, mars 1901).

À la suite des famines survenues en France en 1769 et 1770, l’académie de Besançon propose en 1771, pour sujet de son prix, l’indication des substances alimentaires qui pourraient atténuer les calamités d’une disette. Parmentier établit, dans un Mémoire qui est couronné, qu’il était facile d’extraire de l’amidon d’un grand nombre de plantes, un principe nutritif plus ou moins abondant. À l’issue de la publication de son mémoire, l’Académie des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts le récompense, malgré une interdiction du Parlement (qui a autorité sur la plus grande partie du nord de la France) de cultiver la pomme de terre datant de 1748.



Parmentier va aussi promouvoir la pomme de terre en organisant des dîners où seront conviés des hôtes prestigieux, tels Benjamin Franklin ou Lavoisier assistant, le 29 octobre 1778, devant les fours de la boulangerie de l'hôtel des Invalides, à l'enfournement du pain à base de farine de pommes de terre. Le 1er novembre, tous les invités se retrouvent à la table du gouverneur des Invalides pour tester le pain et une vingtaine de plats. Bien que le résultat gustatif se révèle médiocre, le Journal de Paris relate l'événement comme « la découverte la plus importante du siècle », et cette opération publicitaire est l'occasion pour Parmentier de publier Le parfait boulanger ou traité complet sur la fabrication & le commerce du pain et d'ouvrir son école de boulangerie en 1780.


Antoine Parmentier présentant la pomme de terre à Louis XVI et Marie-Antoinette.

Cependant certains se méfient encore, et Parmentier, selon la légende, utilise alors un stratagème pour vaincre les réticences : il fait garder le champ de la plaine des Sablons par des hommes en armes le jour, mais pas la nuit21. La garde du champ augmente la valeur de la culture aux yeux du peuple parisien qui croit qu'il s'agit d'un mets de choix réservé à la table du roi et des plus hauts seigneurs et la nuit les vols de tubercules sont aisés. Le peuple parisien en profite donc pour « voler » des tubercules et la consommation se serait alors répandue.


Le centenaire du bienfaiteur de l'Humanité

Il travaille aussi sur le maïs, l’opium et l’ergot de seigle. Il préconise la conservation de la viande par le froid. Il travaille également sur l’amélioration de la technique des conserves alimentaires par ébullition découverte par Nicolas Appert, en 1795 et publiée en 1810.

En 1793, il donne même les techniques à employer. C’est ainsi, que, grâce à lui, la première raffinerie de sucre de betterave mise en service par Delessert voit le jour en 1801.


Tombe de Parmentier au cimetière du Père-Lachaise.

N'ayant ni femme, ni enfant, il a consacré toute sa vie à ses recherches.
Il meurt d'une phtisie pulmonaire, rongé par la tuberculose, dans sa maison de la Folie-Genlis, 12 rue des Amandiers-Popincourt (correspond actuellement au 68 rue du chemin vert paris 11ème), le 17 décembre 1813.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans le caveau familial. Sa tombe est régulièrement entretenue par certaines sociétés de pharmaciens38. Jusqu'au début du XXe siècle, cette tombe était ornée d'un potager où s'épanouissaient des plans de pommes de terre pour rendre hommage au grand vulgarisateur.


Statue de Parmentier distribuant des pommes de terre - Station Parmentier, ligne 3, métro de Paris
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 12 Aoû 2018 - 10:03

Merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 14 Aoû 2018 - 9:07

14 août 1714
Naissance du peintre Claude Joseph Vernet



Élisabeth-Louise Vigée-Le Brun - Joseph Vernet (1778)

Joseph Vernet est formé dans le Sud de la France. On lui donne comme maîtres Adrien Manglard et Philippe Sauvan. En 1734, Vernet part pour Rome pour y étudier le travail des précédents paysagistes et peintres de la marine comme Le Lorrain, dont on retrouve le style et les sujets dans les tableaux de Vernet. Il se constitue un solide réseau international à l'occasion de ce voyage, et par la suite à Paris via les salons, l'Académie royale et les loges maçonniques.


L'Entrée du port de Marseille (1754), Musée du Louvre.

Les sociabilités cosmopolites que ce réseau suscite lui permettent de déployer ses talents de société pour lancer, délibérément comme le montre son livre de raison, la mode des marines à travers l'Europe, notamment en exploitant habilement le retentissement produit par la plus grande commande royale de peintures du règne de Louis XV : celle, en 1753, de vingt tableaux des ports de France.


Vue de Naples (vers 1748).

Vernet vend avantageusement ses marines, « au poids de l'or » si l'on en croit Pierre-Jean Mariette. De fait, la liste de ses commanditaires est aussi variée et internationale que prestigieuse ; elle comprend, entre autres figures célèbres, Catherine II de Russie.

Ami de l'auteur Bernardin de Saint-Pierre, il l'aurait dissuadé de détruire son manuscrit de Paul et Virginie après l'échec de sa lecture au salon de Suzanne Curchod.


Vue du golfe de Bandol : la Madrague ou la pêche au thon

Références dans la littérature

Dans son Salon de 1767, Denis Diderot commente longuement sept tableaux de Vernet à travers un texte connu sous le titre de La Promenade Vernet. Il a imaginé être un personnage des tableaux, mais un personnage mobile, qui se promène dans les paysages, accompagné d’un abbé, de quelques élèves et de leur instituteur. Cette promenade comporte sept sites, qui sont autant de tableaux – dont certains ont disparu. Il est quelquefois difficile de lire des considérations sur la peinture sans voir celles qui les ont inspirées. Les images nous manquent, mais les descriptions sont très précises ; il mêle, aux sensations éprouvées lors des promenades, des considérations philosophiques. Parlant de sa peinture par rapport aux grands maîtres, il déclare : « Inférieur à chacun d'eux dans une partie, je les surpasse dans toutes les autres ».


Vue de Toulon, vue du Port-Neuf, prise de l'angle du parc d'artillerie
1754 - Musée national de la Marine


Dans La Maison du chat-qui-pelote de Balzac, Monsieur Guillaume, marchand drapier, juge sévèrement cet artiste — et tous les artistes en général — mettant dans le même sac peinture, danse, art dramatique… : « Ils sont trop dépensiers pour ne pas être toujours de mauvais sujets. J'ai fourni feu M. Joseph Vernet [Claude-Joseph Vernet], feu M. Lekain, et M. Noverre). Ah ! Si tu savais combien de tours ils ont joué à ce pauvre monsieur Chevrel ! Ce sont de drôles de corps. (…)»


Intérieur du port de Marseille, vu du pavillon de l'Horloge du Parc - 1754
Musée national de la Marine


Dans Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, le Nautilus est décoré de peintures, parmi lesquelles des tableaux de Vernet : « Les diverses écoles des maîtres anciens étaient représentées par une madone de Raphaël, une vierge de Léonard de Vinci, une nymphe du Corrège, une femme du Titien, une adoration de Véronèse, une assomption de Murillo, un portrait d’Holbein, un moine de Vélasquez, un martyr de Ribeira, une kermesse de Rubens, deux paysages flamands de Teniers, trois petits tableaux de genre de Gérard Dow, de Metsu, de Paul Potter, deux toiles de Géricault et de Prud'hon, quelques marines de Backuysen et de Vernet. » (chap. IX)


Vue de Bordeaux : prise du château Trompette
Tableau peint en 1759 par Claude-Joseph Vernet dans la série des Vues des ports de France.
Musée national de la Marine


Gérard de Nerval fait aussi référence à Joseph Vernet dans son Voyage en Orient. C'est à propos des impressions suscitées par la « beauté, grâce ineffable des cités d'Orient bâties aux bords des mers », qu'intervient la référence à l'artiste : « On coudoie avec surprise cette foule bigarrée, qui semble dater de deux siècles, comme si l'esprit remontait les âges […]. Suis-je bien le fils d'un pays grave, d' un siècle en habit noir et qui semble porter le deuil de ceux qui l'ont précédé ? Me voilà transformé moi-même, observant et posant à la fois, figure découpée d'une marine de Joseph Vernet».


Vue du port de La Rochelle, prise de la petite Rive - 1762
Musée national de la Marine


Dans son court roman Pauline, Alexandre Dumas évoque le peintre. Le narrateur, Alfred de Nerval, contemple « avec une terreur pleine de curiosité » le « spectacle prodigieux » de la mer déchaînée par la tempête, spectacle « que Vernet voulut voir et regarda inutilement du mât du vaisseau où il s'était fait attacher ».


Vue du port de Dieppe - 1765 - Musée national de la Marine

Dans la nouvelle intitulée L'interprète grec d'Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes déclare que sa grand-mère « était la sœur de Vernet ».

Vue de Bayonne, prise de l'allée des Boufflers, près de la porte de Mousserole - 1761
Musée national de la Marine
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 14 Aoû 2018 - 10:12

Je ne connaissais pas ce peintre . Intéressant à découvrir .  merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 15 Aoû 2018 - 9:04

15 août -30
Suicide de Cléopâtre



Reginald Arthur - La mort de Cléopâtre - 1892 - Roy Miles Gallery, London

Les derniers mois de son règne sont assez méconnus. Antoine retourne en Égypte et ne prend pratiquement aucune mesure pour lutter contre l'avancée de plus en plus triomphale d'Octave. Il consume ses forces en banquets, beuveries et fêtes somptueuses sans se soucier de la situation. Il semble que Cléopâtre ait surtout cherché à mettre Césarion à l'abri en l'expédiant à Méroé en Nubie.


Relief du grand temple d'Hathor de Dendérah,
représentant la reine Cléopâtre et son fils Césarion.


Vers août -30, Octave arrive à Alexandrie. À la fausse annonce du suicide de Cléopâtre, Marc Antoine met fin à ses jours en se jetant sur son épée. Mourant, il est transporté par Cléopâtre dans son propre tombeau. Celle-ci est conduite devant Octave, qui la laisse se retirer avec ses servantes. Cette attitude est curieuse de la part du futur Auguste car il semble ne prendre aucune précaution pour prévenir un suicide de la reine ; il a pourtant besoin d'elle pour figurer à son triomphe. Craint-il qu'à l'instar de sa sœur Arsinoé, figurant au triomphe de Jules César en -46, elle n'inspire aux Romains que compassion plutôt que haine ? Il n'est pas impossible qu'Octave ait espéré le suicide de Cléopâtre, qui peut passer pour un témoignage supplémentaire de lâcheté, accréditant la thèse défendue par sa propre propagande. Suétone affirme au contraire qu'Octave souhaitait maintenir la reine en vie et qu'il aurait tenté de la faire sauver.


Louis Jean François Lagrenée - La mort de Cléopâtre
Peinture - 1755 - Musée des Beaux-arts de Pau


Plutarque dresse un récit saisissant et mélodramatique du suicide de la reine, inspiré d'Olympos, le médecin personnel de Cléopâtre, qui aurait publié un récit des événements : avec ses deux plus fidèles servantes, Iras et Charmion, Cléopâtre se donne la mort, le 12 août 30 av. J.-C., en se faisant porter un panier de figues contenant un ou deux serpents venimeux. Cette version est la plus courante.


Giovanni Lanfranco - Le suicide de Cléopâtre
Peinture - XVIIe s. - Galerie Il Quadrifoglio, Milan


Des historiens continuent de croire en la thèse du poison, déjà évoquée par Strabon qui évoque une pommade toxique qu'elle se serait appliquée. Le poison le plus connu à l'époque est en effet un mélange d'opium, de ciguë et d'aconitum, peut-être placé dans une épingle à cheveux maintenant le diadème souvent orné d'un double uræus, d'où la quiétude décrite sur le visage cadavérique de la reine et la confusion avec les cobras.



Après avoir recherché des peintures représentant la dernière reine d'Égypte Cléopâtre, nous avons remarqué qu'elle n'était pas représentée de la même manière selon les époques : ces représentations changent en fonction de la mode artistique et non pas en fonction de son véritable physique..

Si l'on compare ces représentations avec ces pièces de monnaie, on remarque une différence majeure d'esthétique et de beauté : contemporaines des personnages qui les ont fait frapper, les pièces de monnaie sont généralement plus réalistes que des peintures datant des centaines d'années après la mort de Cléopâtre. On voit que celle-ci n'était pas si jolie que cela en réalité, avec un nez épais, des traits grossiers, une bouche trop large. Et les historiens confirment que ce n'était pas sa beauté physique mais le charme de sa conversation et sa grande intelligence qui fascinaient les hommes.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 15 Aoû 2018 - 10:54

Merci Opaline pour cet épisode épique de l'Antiquité .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 16 Aoû 2018 - 10:41

16 août 1861
Julie-Victoire Daubié
ouvre le baccalauréat aux femmes




C'est la première femme française à s'inscrire aux épreuves du baccalauréat à Lyon en 1861, et la première à le passer avec succès le baccalauréat à Lyon. C'est aussi la première licencié (sans « e », orthographe de l'époque) ès lettres le 28 octobre 1871, à l'époque où les cours sont encore interdits aux femmes.

Julie-Victoire Daubié s'élève contre le manque de qualification de certaines religieuses pour enseigner et non pas contre un enseignement catholique.

Elle étudie le grec et le latin, matières indispensables pour présenter le baccalauréat, avec son frère prêtre. Elle a complété sa formation en zoologie, section mammifères et oiseaux, en s'inscrivant en 1853 au Muséum national d'histoire naturelle de Paris pour suivre les cours d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Il lui a obtenu une autorisation spéciale pour qu'elle vienne étudier dans les galeries hors des heures d'ouverture au public.


Diplôme de bachelier de Julie-Victoire Daubié

Avec l'aide de François Barthélemy Arlès-Dufour, un saint-simonien et industriel lyonnais très influent dans les milieux académiques et à la cour impériale, et forte de son succès au concours lyonnais de 1859, elle s'inscrit à la faculté des Lettres de Lyon pour passer son baccalauréat. Le 17 août 1861, Julie-Victoire Daubié, âgée de 37 ans, est la première femme en France à obtenir le baccalauréat en totalisant six boules rouges, trois boules blanches et une boule noire. Ce système de boules était le moyen de vote des professeurs examinateurs. En ce temps-là, ils ne calculaient pas de moyenne. Une boule rouge signifiait un avis favorable, une boule blanche une abstention et une boule noire un avis défavorable.

« … Nous sommes heureux d'annoncer qu'elle a été reçue avec distinction et qu'elle s'est montrée bonne latiniste, soit dans les compositions, soit dans les explications. On peut citer un certain nombre de femmes qui au Moyen Âge et surtout à l'époque de la Renaissance, ont obtenu leur bonnet de Docteur, mais Mademoiselle Daubié est certainement le premier bachelier de sexe féminin qu'ait proclamé l'Université de France. »


Jules-François-Simon Suisse dit Jules Simon
Ministre de l’Instruction publique


Le ministre Jules Simon en personne, a rayé « au sieur » pour le remplacer par « Mademoiselle » et lui adresse une lettre de félicitations.

Contrairement à la légende, elle n'a jamais travaillé dans les ateliers de la Manufacture royale de fer blanc de Bains-les-Bains. Son nom n'apparaît pas sur les registres d'établissement de livret ouvrier. Elle a certes côtoyé et vu au bureau de bienfaisance de Fontenoy la misère des ouvriers de campagne, la triste condition des domestiques et le sort funeste réservé aux mères célibataires. Elle puise peut-être là l'inspiration de son essai La Femme pauvre au XIXe siècle avec lequel elle remporte le premier prix du concours de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon le 21 juin 1859. La séance de l'Académie, présidée par Monsieur Jean-François Petit de la Saussaye, Recteur de l'Académie de Lyon, accorde à Mademoiselle Daubié une médaille de 800 francs6. Cette question de concours est publiée sous le titre La Femme pauvre au XIXe siècle, par une femme pauvre, et sa deuxième édition est couronnée en 1867 à l'Exposition universelle de Paris.



Ses idées s'inscrivent dans le courant de pensée moderniste du second empire, annonciateur du XXe siècle, auquel ont été associées des figures telles qu'Eugénie de Montijo, Elisa Lemonnier, Michel Chevalier, François Barthélemy Arlès-Dufour, Marie-louise et Ulysse Trèlat, Rosa Bonheur, etc...

Julie-Victoire Daubié aura partagé sa vie entre ses luttes pour l'émancipation de la femme dans la société contemporaine (mariage, conditions de travail, formation professionnelle, rémunération, droit de vote, etc.), ses engagements dans les mouvements de l'histoire du temps, son travail de préceptrice, ses relations politiques, journalistiques et amicales (Jules Simon, Léon Richer, Marie d'Agoult, Juliette Edmond Adam etc.).


Fresque représentant Julie-Victoire Daubié à Fontenoy-le-Château.
Photo Jacques KERAMBRUN


Elle ne voit pas de son vivant le résultat de toutes ses luttes, mais elle a néanmoins la satisfaction de jouir d'une certaine reconnaissance. Elle reçoit à l'Exposition universelle de 1867 une médaille qui récompense l'ensemble de son travail et le renom de son auteur.


Tombe de Julie Victoire Daubié au cimetière du Priolet à Fontenoy-le-Château
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 17 Aoû 2018 - 11:31

17 août 1768
Naissance de Louis Desaix à Riom



Desaix par Andrea Appiani (1800)

Né au château de Saint-Hilaire d'Ayat, près de Riom (Auvergne), sous le nom de Louis Desaix de Veygoux, dans une famille de petite noblesse. Selon l'usage de l'époque, afin de se distinguer de son frère, il a ajouté à son nom celui du fief de sa famille et a pris pour nom Desaix de Veygoux. L'habitude veut qu'on prononce « de-zè » (en français : [dəzɛ]) dans le pays d'origine de Desaix. Le nom provenant de Des Aix, la prononciation « dé-zé » est aussi rencontrée mais elle est moins courante.


Louis-Charles-Antoine Desaix en uniforme de capitaine
au 46e régiment d'infanterie de ligne en 1792 par Charles de Steuben (1835)


Le futur général de la Révolution s'engage dès l'âge de 15 ans avec le grade de sous-lieutenant au régiment de Bretagne-Infanterie.
Il dédaigne de suivre ses frères dans l'exil quand éclate la Révolution et reçoit son baptême du feu sous le nom de Desaix. Il devient général de brigade le 20 août 1792 mais, suspect car d'origine noble, il échappe de peu à la guillotine sous la Terreur.


Statue de Desaix au Louvre

Lorsqu'il rencontre Bonaparte à Passenario en Italie en 1797, celui-ci lui confie l'organisation d'un convoi maritime pour la campagne d'Égypte, où il remplira la fonction d'amiral.


La clémence de Desaix dans
« Voyage dans la basse et la haute Égypte »
de Vivant Denon (1802)


Enthousiasmé par les exploits de Bonaparte en Italie, il le rejoint en juillet 1797. Celui-ci lui confie l'organisation d'un convoi maritime pour la campagne d'Égypte, où il remplira la fonction d'amiral.
L'entente est parfaite entre les deux hommes. Desaix participe bien sûr à l'expédition d'Égypte. Son comportement avec les habitants lui vaut le surnom de «Sultan juste». Il reste cependant en Égypte après que Bonaparte s'en soit enfui. Il quitte à son tour les rives du Nil le 3 mars 1800, juste à temps pour rejoindre une nouvelle fois Bonaparte, devenu entretemps Premier Consul, en Italie.


La mort de Desaix par Jean Broc (1806)

Le 13 juin 1800, son corps d'armée se poste sur la Bormida pour surveiller les Autrichiens en direction de Novi. Le lendemain, entendant le fracas d'une bataille, il «marche au canon» et arrive tout juste à temps pour sauver Bonaparte d'une défaite inéluctable à Marengo. Las, il est tué d'une balle en plein coeur en lançant ses troupes dans la mêlée. Son corps ne sera reconnu que plus tard par son aide de camp. Le Premier Consul pleurera avec sincérité son ami non sans trouver avantage à une mort qui lui réserve le seul mérite de la victoire.


Arc de triomphe de l'Étoile où est gravé le nom de Desaix à Paris
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