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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 3 Jan 2018 - 0:29

3 janvier 1813 :
Le travail à la mine interdit aux enfants de moins de dix ans.





Durant des millénaires, les enfants ont filé un coup de main à leurs parents. Dans les champs, dans l'atelier, à l'usine. Et puis, voilà deux siècles, ils ont commencé à refuser le travail. Sous prétexte d'éducation...

Ce jour-là, Jean-Baptiste de Nompère, comte de Champagny et de l'Empire, duc de Cadore, grand chancelier de l'ordre de la Réunion, futur pair héréditaire des Cent-Jours, et ministre secrétaire d'État du gouvernement de Napoléon Ier, signe un décret sur le travail à la mine excluant l'embauche des enfants de moins de dix ans.


Hurrier Cobden - 1853 : « les esclaves blancs d'Angleterre ».

À l'époque, les mômes n'étaient pas les petits fainéants d'aujourd'hui qui squattent chez leurs parents jusqu'à 25 ans et plus. Au début du XIXe siècle, la plupart des enfants sont mis au turbin dès qu'ils peuvent marcher et gagner leur croûte. Autant d'empoché par des parents qui ne peuvent pas compter sur les allocs. En pays miniers, les très jeunes enfants sont recherchés, car leur petite taille leur permet de se livrer à de nombreuses activités dans les boyaux étroits. Ils se glissent partout, tirent les wagonnets douze heures par jour. Braves gosses qui aident leurs parents ! Cette main-d'oeuvre enfantine est vraiment du pain bénit : pas chère, docile, facilement renouvelable.

Vers la fin du XVIIIe siècle, quelques âmes charitables s'inquiètent du sort de cette jeune main-d'oeuvre corvéable à merci, et réclament une réglementation pour la protéger. Napoléon se laisse attendrir. D'où la rédaction d'un décret impérial signé par le duc de Cadore. Le texte précise qu'il "est défendu de laisser descendre ou travailler dans les mines et minières les enfants au-dessous de dix ans". Ce décret reste lettre morte, car Napoléon disparaît rapidement de la scène politique. Et ce ne sont pas les frères de Louis XVI qui vont s'inquiéter du sort des mioches.



Il faut attendre 1841 pour une nouvelle avancée en faveur de la fainéantise infantile. Vraiment timide : l'âge minimum de travail est alors porté... à 8 ans ! Mais, une fois de plus, la loi ne change rien à la pratique. Les petits morveux continent à aller au charbon. En 1874, nouvelle tentative : une nouvelle loi interdit l'embauche avant l'âge de 12 ans. Encore raté.

Enfin, le 28 mars 1882, la loi Ferry impose l'école obligatoire entre 6 et 13 ans. C'est depuis ce jour-là que nous avons commencé à devenir esclaves de nos enfants...
Le Point.fr


Victor Hugo
et le travail des enfants


Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche, on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue…



Victor Hugo
Mélancholia 1856
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 4 Jan 2018 - 9:31

4 janvier 1809
Naissance de Louis Braille




L’inventeur du système d’écriture tactile à l’usage des personnes aveugles ou fortement malvoyantes, Louis Braille, naît à Coupvray, près de Paris.

À l’âge de trois ans, le jeune Louis se blesse l’ œil droit avec une alêne. La blessure s’infectant, s’étendant à l’œil gauche, provoquera sa cécité.

Ayant quitté son village natal, c'est à l'Institution Royale des Aveugles, située au 68, rue Saint-Victor à Paris, école fondée par Valentin Haüy, qu'il étudie de 10 à 17 ans, puis qu'il enseigne.
Brillant en tout, en particulier en musique, il apprend le piano puis quelques temps après l'orgue.
Il améliorera la sonographie, un système d’écriture mis en place par Charles Barbier.


Maison Natale de Louis Braille

L'écriture braille
Louis Braille a travaillé à l'élaboration de son système d'écriture à partir de l'âge de douze ans. Entre 12 et 16 ans il va mettre au point une première version du Braille.
Il mettra en place son propre code alphabétique construit à partir de 2 rangées de 3 points, permettant 64 combinaisons comprenant l’alphabet, les accents, la ponctuation et les caractères musicaux.
L’alphabet braille sera rapidement adopté car nettement supérieur au système précédent.
En 1829 sort la première édition de l'ouvrage sur sa méthode dont la version définitive sera achevée en 1837 et qui sera peu à peu reconnue et définitivement adoptée par les aveugles du monde entier en 1844. Elle est encore universellement utilisée aujourd'hui

En 1835, Louis Braille atteint de tuberculose, a un premier accident pulmonaire. En grande partie due à l'insalubrité des locaux .
Le soir du 6 janvier 1852, il meurt à l'âge de 43 ans.
Il reposera à Coupvray avant d'être transféré au Panthéon en 1952.

Pour célébrer sa naissance, le 4 janvier sera déclarée Journée Mondiale du Braille en 2001.

Louis Braille et son invention


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 5 Jan 2018 - 11:17

5 janvier 1757
Tentative d'assassinat de Louis XV



Portait de Louis XV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud (1730).

Ce mercredi, à cinq heures du soir, Louis XV, alors qu'il venait de descendre l'escalier du petit-degré pour monter en voiture dans la cour de marbre, est frappé par le coup de poignard de Damiens.

Robert-François Damiens était né dans un faubourg d'Arras, appelé le faubourg Sainte-Catherine. Dès son enfance, ses noires méchancetés le firent surnommer, dans son pays, Robert-le-Diable. Il s'engagea deux fois, et se trouva au siège de Philisbourg. De retour en France, il entra en qualité de domestique au collège des jésuites : il en sortit en 1738 pour se marier. Après avoir servi dans différentes maisons de la capitale, et avoir empoisonné un de ses maîtres dans un lavement, il finit par un vol de cinquante louis qui l'obligea à prendre la fuite.


Vu de dos, Damiens, vêtu d’une cape, porte un chapeau et tient encore son couteau à la main

Il rôda quelque temps à Saint-Omer, à Dunkerque, à Bruxelles. Revenu à Paris, et se trouvant sans condition, il allait souvent dans la grande salle du palais, le temps de la plus grande effervescence des querelles de la magistrature et du clergé. L'emportement avec lequel il parlait, alluma l'imagination de Damiens, et lui inspira l'idée du plus exécrable de tous les attentats. Le roi étant prêt de monter en carosse pour aller de Versailles à Trianon, avec le dauphin, entouré de ses grands-officiers et de ses gardes, fut frappé au milieu d'eux d'un coup qui pénétra de quatre lignes dans les chairs ; il porta la main à sa blessure, et la retira teinte de quelques gouttes de sang.

Il vit en se retournant ce malheureux qui avait son chapeau sur la tête, et qui était précisément derrière lui. Il s'était avancé à travers les gardes, couvert d'une redingotte, à la faveur de l'obscurité, et les gardes l'avaient pris pour un homme de la suite du roi. Il fut arrêté sur-le-champ, et aprè avoir subi quelques interrogatoires à Versailles, il fut transféré à Paris, dans la tour de Montgomery, au-dessus de la chambre que Ravaillac avait autrefois occupée. La grande chambre du parlement instruisit son procès. Malgré les tortures les plus cruelles, il ne fut pas possible de lui arracher le moindre aveu, qui pût faire penser qu'il avait des complices. Il protesta toujours qu'il « n'eût pas commis son crime, si on l'avait saigné copieusement, et si son imagination n'eût pas été enflammée par les propos atroces qu'on tenait à la porte de la grand'chambre. »


Robert François Damiens devant ses juges.

On trouve dans l'histoire du parlement, de Voltaire, un passage dont la fin est curieuse. « Damiens déclara dans son interrogatoire, que c'était le nommé Gauthier, homme d'affaires d'un conseiller au parlement, qui lui avait souvent dit, qu'on ne pouvait finir ces querelles qu'en tuant le roi ; qu'il lui avait entendu tenir ce discours dix fois, et ajouter que c'était une oeuvre méritoire. » On lui confronta ce Gauthier, qui nia toute sa déposition. Il avoua seulement qu'il avait entendu un jour Damiens parler vivement des affaires du parlement, et qu'il avait dit que c'était un bon citoyen. »


Damiens tenaillé, écartelé et brûlé


La France pittoresque
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 6 Jan 2018 - 10:06

6 janvier
Fête de l'Epiphanie.


Le terme épiphanie est issu du grec et signifie apparition.

On a nommé cette fête la fête des Rois, dans la prévention généralement établie que les mages étaient des rois. Ces trois mages s'appelaient Balthasar, Gaspard et Melchior. Cette fête ne se célébrait autrefois qu'après avoir été précédée d'une veille et d'un jeûne très sévère. Il paraît surprenant, qu'à une coutume si pieuse, on ait substitué plus tard une solennité bien opposée à l'abstinence et à la mortification.


Galette des Rois artisanale.

Les Romains faisaient à la fin de décembre, ce que nous avons transporté au mois de janvier, à l'occasion de la fête des Rois ; ils tiraient au sort avec des fèves à qui serait roi.
La fève dans la galette des rois remonte au temps des Romains. C'est une fève blanche ou noire qui était déposée pour les scrutins. Au début de janvier, les saturnales de Rome élisaient le roi du festin au moyen d'une fève. Si la tradition est d'origine religieuse, elle est devenue une tradition familiale où on se rassemble pour découper la fameuse galette. Celui qui trouvera la fève sera couronné roi ... et choisira sa reine.


La Fête des Rois, de Jacob Jordaens, v. 1640-45 (Kunsthistorisches Museum, Vienne).

Cet usage tirait son origine de ce que, chez les Grecs, on en usait pour l'élection des magistrats, d'où est venu ce précepte de Pythagore, a fabis abstine : « Ne vous mêlez point du gouvernement. » Cet usage, qui d'abord n'avait lieu qu'au mois de décembre, s'étendit ensuite à tous les autres mois de l'année. Anciennement, dit Plutarque, on créait un chef, un législateur, un roi de la table dans les repas les plus sages ; il se faisait de deux manières, ou par le sort du dé, ou par le choix des convives.


Le Gâteau des Rois, par Jean-Baptiste Greuze, 1774 (musée Fabre, Montpellier).

On raconte qu'en 1684, le roi Louis XIV décida de fêter le jour des rois avec tous ses courtisans. On avait installé cinq tables, une pour les princes et quatre pour les dames et, bien entendu, autant de galettes. Il y eut à chaque table un roi et une reine qui devaient à leur tour nommer des ministres, des officiers, des ambassadeurs... D'une table à l'autre on s'amusait follement à se demander protection, à se proposer des alliances et aussi à se déclarer la guerre. Ce jour-là Louis XIV ne fut pas le roi, et recevoir des ordres l'amusa tant qu'il décida de recommencer la fête l'année suivante.


Gâteau des Rois consommé dans le Sud de la France.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 7 Jan 2018 - 9:58

7 janvier 1709
Terrible hiver




Ce jour-là commença l'un des plus terribles froids dont on a gardé le souvenir, un hiver, comme le dit Saint-Simon, qui « fut de deux mois au-delà de tout souvenir ». On pouvait aller à pied du Danemark en Suède. Le Zuyderzee fut totalement gelé et même, ce qui ne s'était produit qu'en 1234, tous les canaux et la lagune de Venise furent pris par les glaces.
Le mardi 8 janvier 1709, le marquis de Dangeau notait dans son Journal : « Le roi n'a point voulu aujourd'hui aller à Trianon, parce qu'il vit hier, en allant à Marly, que ses gardes et les officiers qui le suivaient souffraient trop du froid excessif qu'il fait, car pour lui, ni le froid ni le chaud, quelque temps qu'il fasse, ne l'incommode jamais. »


Le lagon gelé en 1709, par Gabriele Bella,
une partie de la lagune gela en 1709 à Venise


Le 26 janvier, on put voire sur le Grand-Canal des boeufs tirer des traîneaux contenant des approvisionnements. Dans toutes les forêts d'Europe, les cerfs et les sangliers mouraient par milliers. Les courriers répétaient comme un leitmotiv : « On ne se souvient pas d'avoir ressenti un froid pareil. » Cependant, le froid prit une telle ampleur que Louis XIV, qui avait alors plus de soixante-dix ans, demeura confiné chez Mme de Maintenon. La température était atroce. « L'eau de la reine de Hongrie, les élixirs les plus forts et les liqueurs les plus spiritueuses cassèrent les bouteilles dans les armoires de chambres à feu et environnées de tuyaux de cheminées, dans plusieurs appartements de Versailles. »


Déficit de température durant l'hiver 1708/1709

Un magistrat parisien nous rapporte que « le pain gelait sur la table à mesure qu'on le mangeait. Le vin même gelait dans la cave. La bouteille de vin de Champagne se trouva toute gelée à l'exception d'un demi-verre qui était resté dans le centre de la bouteille, qui était tout l'esprit du vin et qui se trouva plus fort que de l'eau-de-vie. »
Toujours au cours de cet effarant mois de janvier 1709, le copiste de la marquise d'Huxelles dut interrompre son travail au milieu d'une lettre : l'encre de son encrier était gelée. Un incendie se déclara à Paris : lorsqu'on voulut sonner le tocsin, les cloches cassèrent ! Toutes les rivières de France étaient prises ; les moulins ne pouvaient tourner et les boulangers n'eurent plus de farine. Des centaines de personnes furent trouvées mortes de froid dans leur lit. Les oiseaux, gelés, tombaient en plein vol.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 8 Jan 2018 - 10:19

8 janvier 1642
Mort de Galilée.



Portrait de Galileo Galilei par Giusto Sustermans en 1636.

Il fut le premier qui fit parler à la physique le langage de la vérité et de la raison. Il n'y avait pas longtemps que le célèbre Copernic avait découvert le véritable système du monde : ce prudent astronome s'était bien gardé de faire intervenir dans son hypothèse, aucun passage des livres saints. Galilée en adoptant ce système, voulut absolument accorder l'astronomie et l'écriture sainte.

Déféré à l'Inquisition de Rome en 1615, il entassa démonstration sur démonstration, pour que le pape et le saint office déclarent le système de Copernic fondé sur la bible ; mais une congrégation nommée par le pontife, décida précisément tout le contraire. Galilée, dont on respectait les talents, en attaquant ses idées, en fut quitte pour une défense de ne plus soutenir ni de vive voix, ni par écrit, « que l'opinion du mouvement de la terre s'accordait avec les livres saints. »


Phases de la Lune dessinées par Galilée en 1616.

Galilée tint parole jusqu'en 1632, où il publia ses Dialogues, pour établir que « le soleil était immobile, et que la terre tournait autour de cet astre ». Il fut de nouveau cité à l'Inquisition, où il abjura son opinion sur l'évangile, comme une « absurdité » une « erreur », une « hérésie ». Mais un instant après, agité par le remords d'avoir fait un faux serment, on prétend qu'il frappa la terre du pied, en disant : « Mais pourtant elle tourne ! » Les inquisiteurs contents de sa soumission, le renvoyèrent à Florence.


La maison natale (au milieu) de Galilée à Pise.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 9 Jan 2018 - 9:31

9 janvier 1905
Mort de Louise Michel.



Louise Michel en 1880.

La célèbre héroïne de la Commune, était une ancienne institutrice si passionnée par les idées révolutionnaires qu'elle en avait perdu toute féminité. « Elle est laide, disait un journaliste, mais si on essaye d'oublier qu'elle est femme, sa laideur ne choque plus. » Elle racontait d'ailleurs elle-même avec beaucoup d'humour que suivie un soir, dans une rue de Paris, par un mauvais garçon en quête d'aventure, elle s'était brusquement retournée vers lui. L'homme s'était enfui épouvanté.


Louise Michel dans sa maison

Le 9 janvier 1905, Louise Michel mourait d’une congestion pulmonaire à Marseille où elle s’était rendue pour donner l’une de ses innombrables conférences en faveur de la cause libertaire.

En 1871, elle participe activement aux événements de la Commune de Paris, autant en première ligne qu'en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires.



Depuis son retour de Nouvelle-Calédonie – elle y fut déportée dès 1872 pour sa participation à la Commune – et à la faveur de l’amnistie générale de 1880, Louise Michel avait connu une intense activité de journaliste, de pamphlétaire et de conférencière. Elle était ainsi devenue une incarnation populaire de la révolution.


Les obsèques de Louise Michel.
Albert PETERS-DESTERACT ( - )
© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani


La dépouille de la « Vierge rouge » fut ramenée à Paris. À la gare de Lyon, d’importantes forces de police avaient été déployées pour contenir le cortège funèbre qui devait accompagner jusqu’au cimetière de Levallois-Perret le corbillard de septième classe, dit « des pauvres », recouvert d’un drap rouge et bordé de noir.

Dans cette eau-forte polychrome, l’artiste a cherché à produire l’effet d’une foule dense et compacte, sorte de flot humain ponctué de couronnes mortuaires, hérissé de drapeaux rouges et de bannières noires, duquel émerge au centre un cuirassier du service d’ordre. En privilégiant la représentation du cortège au détriment de celle du corbillard, hors champ, l’artiste peut mettre en scène l’hétérogénéité des admirateurs de Louise Michel – femmes, ouvriers, vétérans des causes passées, gamins de Paris dont un crieur du Libertaire… – et en promouvoir la cohérence par les couleurs. Avec un cadrage serré sur la foule et l’alignement des façades qui ferme toute perspective, Peters-Destéract tente de représenter ce que fut ce parcours de quatorze kilomètres que le cortège accomplit en quatre heures.

CLIC SUR LA PHOTO
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 10 Jan 2018 - 10:22

10 janvier 1870
Mort de Victor Noir.




Pierre Bonaparte - l'un des fils de Lucien, frère de Napoléon Ier - tue ce jour-là Victor Noir, un jeune rédacteur du journal de Rochefort, la Marseillaise. La publication avait attaqué le prince Bonaparte de manière assez grossière. L'auteur de l'article, Grousset, avait même insulté toute la famille impériale, et un duel avait été prévu entre le pamphlétaire et le neveu du grand empereur.



Victor Noir, de son vrai nom Ivan Salmon, était l'un des deux jeunes témoins envoyés par Grousset au prince, à son domicile 9 rue d'Auteuil. L'entrevue prit tout de suite un caractère violent, Victor Noir frappa Bonaparte de sa canne au visage et le prince Pierre fit feu... Il alla aussitôt se constituer prisonnier, mais, le surlendemain, les funérailles de Victor Noir devaient donner lieu à de violentes manifestations contre le régime impérial et grouper autour du cercueil de Victor Noir les futurs communards.


Funérailles de Victor Noir

Plus de cent mille personnes se déplacent et initient une agitation anti-bonapartiste qui prélude à la chute du Second Empire. Les obsèques du 12 janvier sont frénétiques. Des gens du peuple coupent les traits des chevaux pour tirer le char funèbre à leur place. On croise dans cette foule Eugène Varlin, Louise Michel (qui prend le deuil après les funérailles), Jean-Baptiste Millière… Pour certains comme Gustave Flourens, les funérailles sont une occasion de déclencher le renversement de l'Empire, ils réclament de transporter le corps dans Paris pour appeler la foule à l'insurrection. Mais de leur côté, les partisans de l'Internationale pensent que la révolution est inéluctable et qu'il serait imprudent de la compromettre par trop de précipitation. Charles Delescluze, rédacteur du Réveil, appelle au calme et Rochefort, Vallès et Grousset proposent de se rendre à l'Assemblée, où ils ne sont même pas reçus.


En 2004, une barrière a été installée autour de la tombe
pour empêcher cette "profanation" pas tout à fait catholique


En 1891, la dépouille, devenue un symbole républicain, est transférée à Paris au Père-Lachaise. Jules Dalou, ardent défenseur de la RépubliqueNotes , réalise son gisant en bronze, où Noir apparaît dans l’état où il aurait été trouvé après le coup de feu. L’œuvre est conçue dans un réalisme dénué de tout ornement. La bouche est ouverte et les mains gantées, les vêtements dégrafés, le chapeau a roulé.
Suivant la technique courante à l’époque, Dalou modèle d’abord la figure nue avant de l’habiller, dotant en l'occurrence son œuvre d'une virilité bien moulée par le pantalon. Ce réalisme anatomique entraîne certaines personnes superstitieuses à toucher le gisant depuis des années, d’où une oxydation disparue de la patine et une érosion du bronze sur le relief du visage, l’impact de balle, la partie virile et les chaussures, que présente la statue de nos jours. Un folklore veut en effet que les femmes en mal d’enfants touchent le gisant afin d’être rendues fertiles. C’est surtout par cette tradition, toujours en vogue, qu’est connue la sépulture de Victor Noir.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 11 Jan 2018 - 8:22

11 janvier 1814
Trahison de Murat.



Joachim Ier Murat, Roi de Naples.

Joachim est le dernier des onze enfants d'un couple d'aubergistes, Pierre Murat-Jordy et sa femme, Jeanne Loubières.
Les relations sont difficiles avec Napoléon. S'ils sont beaux-frères, les deux hommes ne s'apprécient guère. Napoléon méprise Murat qu'il qualifie de « coq vaniteux », il aurait préféré donner la main de sa sœur Caroline au général Moreau mais, voulant rendre sa sœur heureuse, il avait privilégié l'amour à la raison.


Caroline Bonaparte

Le 1er août 1808, Joachim Murat devient roi de Naples. Il doit abandonner le grand-duché de Berg, toutes ses propriétés françaises ainsi que leur luxueux mobilier et sa solde de maréchal, dont il conserve toutefois le bâton, et n'accueille pas la nouvelle avec le plus grand enthousiasme. Il se ravise vite devant l'accueil chaleureux que lui réservent les Napolitains. Ils aiment ce cavalier déjà légendaire, son goût du panache et du flamboyant. Ils se souviennent aussi probablement avec reconnaissance de sa proclamation de 1801.


Pièce du royaume de Naples à l'effigie de Murat.

A  la  suite  d’un  ultimatum  de  Metternich,  apporté  par  Neipperg  –  le  futur époux de Marie-Louise – et après quatre jours d’ultimes temporisations, Murat se décide à trahir Napoléon. Il met ainsi un terme à près d’un an de négociations secrètes avec l’Autriche, puis les Alliés.
Ces négociations ne l’ont pas empêché d’ailleurs de se battre encore un peu  dans  la  campagne  d’Allemagne  et  de  mettre  en  déroute  la  cavalerie ennemie. Un beau jour, il arrive en chargeant à 300 mètres de la butte où se
tient l’empereur de Russie Alexandre :
« Vraiment, murmure le tsar, notre allié cache trop son jeu ! »


Le général Murat à la bataille d'Aboukir. Tableau d'Antoine-Jean Gros (1806).

Mais ce 11 janvier 1814, le traité est enfin signé ; le roi Murant acceptait de  mettre  à  la  disposition  des  Alliés  un  contingent  de  30.000  hommes  et s’engageait  à  ne  conclure  la  paix  que  d’accord  avec  l’Autriche.  Il  renonçait  en outre à son royaume - l’Angleterre l’exigeait – si on lui accordait un territoire de 40.000 âmes en Italie.
Deux jours plus tard, Murat entrait dans la chambre de sa femme où se trouvait Mme de Récamier à qui il demanda ce qu’il devrait faire :
« Vous êtes Français, Sire, répondit-elle, c’est à la France qu’il vous faut être fidèle. »
Murat pâlit : « Je suis donc un traître dit-il. » Et montrant par la fenêtre la flotte anglaise entrant dans le port de Naples, il se jeta sur un canapé et fondant en larmes, il couvrit sa figure de ses mains. »


Statue de Joachim Murat sur la façade du Palais royal de Naples.

En septembre 1815, voulant rééditer pour son propre compte le retour de l’Ile  d’Elbe,  il  débarqua  non  loin  de  Naples  avec  25  hommes.  Capturé  par  les soldats du roi Ferdinand IV, il fut condamné à mort.
Il partit bravement à la mort, rachetant par ses dernières heures, les deux années où il avait forfait à l’honneur.


Copie originale de l'acte de condamnation à mort de Joachim Murat conservé aux Archives d'État de Naples.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 12 Jan 2018 - 9:47

12 janvier 1913
Les derniers omnibus à chevaux disparaissent au profit des autobus.



Un omnibus à Paris en 1900.

En France, les omnibus naissent à Nantes, au début du XIXe siècle, lorsqu'Étienne Bureau, petit-fils d'armateur, imagine un véhicule pour transporter ses employés entre les bureaux de l'entreprise, situés dans le centre, rue Jean-Jacques-Rousseau, et les entrepôts des Salorges où se trouvent les services de la Douane.

En 1826, Stanislas Baudry, un autre homme d'affaires nantais, met en place le même service pour convoyer ses clients du centre-ville vers la rue de Richebourg, où se trouvent des bains publics qu'il a créés comme annexe d'une minoterie.
Lorsque Stanislas Baudry décide de créer le même service à Paris, il fonde une nouvelle entreprise à qui il donne le nom d'Entreprise générale des omnibus (EGO).


Un car Ripert sur le Pont Tilsit (actuel Pont Bonaparte) à Lyon vers 1900

À la fin du XIXe siècle, les voitures d'omnibus sont souvent soit dérivées du modèle parisien, à impériale et roues inégales, soit du type « Car Ripert », conçu par le carrossier marseillais Ripert au début des années 1880, plus pratiques et plus légers que les omnibus parisiens, transposant pour la route le petit tramway à plates-formes extrêmes qui existait à l'époque.


Car Ripert grenoblois

Journal des Débats, 7 janvier 1830 :
    « Une ordonnance de police taxe à 50 centimes (6 sous) les places des Omnibus et autres voitures de cette nature qui circulent dans Paris. »
    L'italique montre soit que le mot est encore ressenti comme étranger, moins de deux ans après l'apparition des omnibus à Paris, soit qu'il est plus ou moins réservé aux véhicules de l'EGO.


Omnibus De Dion-Bouton toujours en 1899, conduit par Georges Bouton en personne.

Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, chapitre LXXVII
(L'action se situe en 1838 à Paris. Albert de Morcerf entre dans l'appartement de style oriental d'Haydée, dans la maison du comte de Monte-Cristo) :
    « Mon cher hôte, et vous, signora,…, excusez ma stupéfaction. … Voici que je retrouve l'Orient, l'Orient véritable… Tout à l'heure, j'entendais rouler des omnibus et tinter les sonnettes des marchands de limonades. O signora ! que ne sais-je parler le grec… »

A Bordeaux, en 1897 une déclaration municipale sous le mandat du maire Camille Cousteau est adoptée pour substituer la traction électrique à la traction animale. En 1898, la Compagnie Française des Tramways Électriques et Omnibus de Bordeaux (TEOB) est créée. Camille Cousteau inaugure, en février 1900, la première ligne de tramway électrique.


Tramway électrique place de la Comédie dans les années 1900

Chanson nantaise (Almanach de 1828), sur l'air d'En avant, Fanfan Latulipe (extrait) :

« Pauvre fiacr', quand tu t'appliques
A chercher de rich's chalands
Les échopp's et les boutiques
Seront à nous pour longtemps.

On dit bientôt qu'sur chaqu'route,
Les piétons ne s'verront plus ;
La moitié d'la Franc', sans doute,
Mèn'ra l'autr' en omnibus. »


Cette chanson aurait été composée par un conducteur des omnibus nantais.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 13 Jan 2018 - 10:34

13 janvier 1898
Émile Zola : "J'accuse !"




L'écrivain Émile Zola publie dans le journal "L'Aurore" une lettre ouverte au président de la République Félix Faure.
Le titre lui est soufflé par Georges Clémenceau, alors éditorialiste du journal : "J'accuse".

Vendu habituellement à trente mille exemplaires, le journal diffuse ce jour là près de trois cent mille copies !


Première des 32 pages autographes du manuscrit de « J'accuse… ! », janvier 1898

La lettre dénonce l'antisémitisme et les erreurs judiciaires dont est victime le capitaine Alfred Dreyfus depuis le mois d'octobre 1894.


En mars 1898, Émile Zola est photographié par Nadar
dans l'attitude qu'évoque la conclusion de « J'accuse…! » :
« J'attends ».


En prenant ouvertement la défense de Dreyfus, condamné à la déportation à vie en Guyane pour crime d'espionnage au profit de l'Allemagne, Zola s'oppose au gouvernement de Jules Méline, lequel déclara « Il n'y a pas d'affaire Dreyfus. »

Zola sera condamné à 3.000 francs d'amende et à un an de prison pour diffamation envers une autorité publique.

Le "J'accuse" fait du cas Dreyfus une "affaire" et divise la France. Cette affaire est l'une des crises les plus graves de la IIIe République.


DREYFUS, Alfred (1859-1935)

Capitaine artilleur d'origine juive, est accusé et jugé sommairement de haute trahison en 1894 avant d'être réintégré en 1906.
Dans ce texte virulent qui occupe la première page du quotidien, le célèbre écrivain dénonce les manigances qui entourent le procès du capitaine Alfred Dreyfus, accusé à tort d'espionnage, et l'acquittement par le conseil de guerre, trois jours plus tôt, du capitaine Esterhazy, le vrai coupable.

La source du combat d'Émile Zola est à rechercher dans la tradition d'engagement politique de l'intellectuel, illustrée avant lui, et notamment, par Voltaire et l'affaire Calas au XVIIIe siècle ou encore plus récemment, par Victor Hugo, dont l'affrontement avec Louis-Napoléon Bonaparte reste vivant dans tous les esprit.
Ces écrivains ont su à l'occasion consacrer leur savoir-faire et leur habileté rhétorique à combattre l'intolérance et l'injustice. Ils ont mis leur célébrité au service de la cause défendue, sans souci des conséquences. Le camp dreyfusard cherchait à générer un engagement de ce type, souhaitait l'emblème littéraire au profit de leur cause. La presse de l'automne-hiver 1897-1898 fait référence de nombreuses fois à l'affaire Calas ou au Masque de fer, en réclamant un nouveau Voltaire pour défendre Alfred Dreyfus.


L'âge du papier par Félix Vallotton.
Eau forte publiée le 23 janvier 1898 dans le Cri de Paris.


De l'unanimité politique dans la condamnation du « traître Dreyfus » en 1894, le monde politique se divise peu à peu à l'image de la population elle-même, à mesure des révélations. Cette scission en deux camps radicalement opposés est une conséquence de la publication du pamphlet de Zola, et du procès qui s'ensuit un mois plus tard.

La gauche républicaine dans son ensemble change d'avis, éclairée par les preuves des manipulations politiques et militaires61. À l'image de Clemenceau ou Jaurès, très hostiles à Dreyfus en 1894, ils finissent par être convaincus par les plus chauds partisans du capitaine en comprenant les réalités du dossier. Ils s'engagent dès lors totalement pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus.

Mais par cette scission, la France politique restera durablement coupée en deux camps irréductibles. René Rémond voit même dans cet évènement l'une des origines de l'affrontement droite-gauche, encore en vigueur de nos jours.


« Le roi des porcs », caricature dans le Musée des
Horreurs. Émile Zola devient la cible privilégiée du courant
anti-dreyfusard.


En conclusion de son article, Zola appelle de ses vœux un procès devant les Assises afin de faire éclater la vérité. Il espère substituer une affaire Zola aux affaires Dreyfus et Esterhazy, sur lesquelles il est interdit de revenir, puisqu'elles ont été jugées. L'indécision est grande dans les pouvoirs publics, qui hésitent à traduire l'écrivain devant le tribunal.

Seules dix-huit lignes du journal sur plusieurs centaines sont retenues contre Émile Zola et Alexandre Perrenx, gérant du quotidien. Il est en effet jugé à plusieurs reprises, car, d'une part, le procès d'assises est cassé et rejugé, et, d'autre part, plusieurs procès connexes sont intentés contre l'écrivain. Le premier procès se déroule du 8 au 23 février 1898, au travers de quinze audiences. La condamnation qui s'ensuit est cassée le 2 avril 1898. Un second procès se déroule le 18 juillet 1898 qui confirme la condamnation.

Pour échapper à la prison, Zola s'exile en Angleterre dès le 18 juillet, où il passe onze mois dans l'attente d'une révision du procès Dreyfus. L'arrêt de révision renvoyant Alfred Dreyfus devant le conseil de guerre de Rennes est rendu le 3 juin 1899. Zola peut alors rentrer en France où il publie dans L'Aurore l'article Justice dans lequel il se félicite de cette décision. Mais le procès de Rennes est éprouvant pour les dreyfusards, proches du désespoir, et Zola continuera à lutter jusqu'à sa mort pour demander la réhabilitation d'Alfred Dreyfus.


Zola et la Postérité, caricature de Caran d'Ache, 1899.


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 14 Jan 2018 - 10:46

14 janvier 1858
Un attentat contre Napoléon III à l'origine de l'Opéra-Garnier




Un attentat à l’origine de l’Opéra-Garnier ? Oui ! Tout commence avec un autre drame : l’assassinat du duc de Berry en 1820, à la sortie de l’Opéra de la rue de Richelieu (1er et 2e arr).
Brrr, souvenir sanglant ! On détruit la salle, et Paris se retrouve sans opéra. Vite, on reconstruit une salle, en 1821 : l’opéra Le Peletier, situé dans la rue du même nom, dans le 9e arr.
Avant sa destruction par un incendie en 1873, c’est une salle super courue, bien qu’elle soit située dans un quartier mal famé, un vrai coupe-gorge...
Mais c’est aussi l’endroit où l’empereur Napoléon III et sa femme Eugénie échappe à l’attentat de Felice Orsini, le 14 janvier 1858.



L’explosion vient de souffler les jambes des chevaux. Des hurlements stridents éclatent à droite, à gauche. Du sang. Partout. Horreur !
3 bombes viennent d’éclater dans la rue Le Peletier, au moment du passage de la calèche impériale : lancées à tour de rôle par les 3 complices d’Orsini. Orsini, lui, en balance une, mais pas la 2nde prévue... Pourquoi ? La 1ere l’a touché à la tête et l'a complètement estourbi...


"Felice Orsini (1819-1858)

Les explosions font une dizaine de morts et près de 200 victimes. Toutes les vitres de la rue Le Peletier ont été soufflées. Le couple impérial, lui, s’en sort sans un bleu. Ou presque : Eugénie a été éjectée de la voiture et on la retrouve la choucroute de traviole, couverte de sang sur le trottoir.
Woah ! On remerciera le concepteur du carrosse qui avait installé d'épaisses plaques d’acier sur les côtés...
Dès le lendemain, Napoléon prend la décision de faire construire un nouvel opéra dans un endroit plus aéré, moins coupe-gorge, pour éviter ce genre de truc... Et hop : un certain Charles Garnier se lance dans la construction de l’opéra actuel dès 1861.
Orsini, lui, s'était fait exécuter le 13 mars 1858...


Léonard Saurfelt. "L'Opéra Garnier vu de la rue Auber, vers 1880"
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 15 Jan 2018 - 9:53

15 janvier 1681
Sédileau, membre de l'académie des Sciences, fait les expériences suivantes sur la neige :


1. La neige telle qu'elle tombe naturellement, sans être ni pressée, ni foulée, rend un sixième d'eau
2. Lorsque la neige fond, elle ne fond pas comme le beurre, la graisse, ni même comme la glace, dont les parties de la surface extérieure se fendent d'abord, et deviennent fluides ; mais la neige, avant de tomber et de se réduire en eau, rentre en elle-même, et diminue beaucoup son volume. Sur la gelée, le même physicien remarque plusieurs choses : qu'ayant expoé à l'air un verre rempli d'eau pour la faire geler, la surface supérieure est glacée la première ; ayant fait geler du vin et du vinaigre, ces liqueurs commencent à se glacer en même temps dans le haut et dans le bas du verre ; ayant gelé du vin et du vinaigre qui était resté non glacé, le vin avait perdu beaucoup de sa force, sans avoir perdu de sa couleur ; le vinaigre avait augmenté en force et en couleur.




Sédileau est un mathématicien et astronome français, membre de l'Académie royale des sciences, mort à la fin d'avril 1693.
Il a été un observateur, soit pour l'astronomie, soit pour l'histoire naturelle. Il a donné une grande quantité de relevés météorologiques permettant de constater que la quantité de l'eau de pluie est suffisante pour produire celle que les rivières donnent à la mer.
En 1683, Cassini a proposé à l'Académie de prolonger à travers tout le royaume la mesure de la Méridienne de Paris à travers tout le royaume commencée par Jean Picard. Cassini, avec l'aide de Sédileau, Chazelles, Des Hayes, Perin et Varin, il a mesuré la portion entre Paris et Bourges.
Il a eu une grande part aux travaux de Philippe de La Hire. Il a suivi les travaux du canal devant amener l'eau de l'Eure au château de Versailles.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 16 Jan 2018 - 10:40

16 janvier 1920
La « Prohibition » entre en vigueur aux États-Unis




À partir de cette date, les Américains n’ont plus le droit d’acheter, de vendre ou de fabriquer une seule goutte d’alcool. C’est ce que l’on appelle la Prohibition.

Les mesures relatives à la prohibition furent alors promues et soutenues par plusieurs pasteurs désireux d'élever le niveau de moralité et d'améliorer la vie des citoyens parmi les plus pauvres, de même que par certaines femmes associant alcoolisme et violences conjugales. Avant d'être force de loi, les mesures de Prohibition furent revendiquées par une importante faction du « mouvement pour la tempérance (en) », un mouvement social-religieux des plus actifs qui souhaitait aussi voir l'alcool rendu illégal au Canada. Les premières Ligues de tempérance firent d'abord leur apparition à la fin du XVIIIe siècle. Dès lors et à partir de 1825, Lyman Beecher, pasteur presbytérien du Connecticut, se mit à haranguer ses concitoyens sur les dangers de l'alcool. La Société américaine de tempérance fut ainsi fondée en 1826 et dès la première moitié du XIXe siècle, l'État du Maine instaura la prohibition. En 1855, 12 autres États avaient rejoint le Maine dans la prohibition totale et formèrent alors le groupe des États dits « secs » (dry states) ; les autres États où les lois de prohibition ne s'appliquaient pas furent qualifiés d'« humides » (wet states).


Une descente de police, en 1925, à Elk Lake (James (en)),
dans la province de l'Ontario.


Alors que la plupart des brasseries américaines étaient aux mains d'intérêts dirigées par des Germano-Américains ou leurs descendants, le mouvement prohibitionniste fut encouragé par le sentiment germanophobe prévalant lors de la Première Guerre mondiale et l'alcool ne devait, en aucun cas, détourner les Américains de leur but essentiel : la victoire. Le 22 décembre 1917, le 18e amendement à la Constitution fut proposé à la chambre des représentants et adopté, en 1919, par trente-six des États américains. Le Volstead Act interdira alors la fabrication, la vente et le transport de toutes boissons contenant plus de 0,5 % d'alcool, exception faite pour les breuvages médicaux, du vin pour la messe ou pour les boissons concoctées à la maison.



Beaucoup de problèmes sociaux furent engendrés par l'ère de la prohibition. Un marché noir extrêmement rentable et souvent violent de l'alcool se développa. Le trafic illicite d'alcool s'étendit lorsque de puissants gangs réussirent à infiltrer et corrompre les agences dont la mission était justement de veiller à l'application de la prohibition. Les boissons les plus fortement alcoolisées gagnèrent en popularité car leur pouvoir enivrant élevé rendait leur contrebande plus rentable. Enfin, faire respecter la prohibition eut un coût élevé qui, ajouté à l'absence de revenu provenant des taxes légales sur l'alcool (soit environ 500 millions de dollars américains annuellement pour l'ensemble du pays), greva durement les réserves financières des États-Unis.

Amendé le 17 février 1933 par le Blaine Act, autorisant la vente de bières légères et de boissons faiblement alcoolisées.
En avril 1933, le président Franklin Delano Roosevelt abrogea finalement le Volstead Act qui jusqu'alors justifiait et définissait la prohibition. Cela permit à l’État de lever de nouvelles taxes.
Le Volstead Act, devint finalement caduque, laissant la place à la ratification du 21ème amendement de la Constitution et à la fin officielle de la Prohibition aux Etats-Unis à partir du 5 décembre 1933.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 17 Jan 2018 - 9:50

17 janvier 1895
Félix Faure élu Président de la République



Portrait officiel du président Félix Faure.

Suite à la démission de Jean Casimir-Périer, les parlementaires élisent à la présidence de la République Félix Faure (54 ans).
Élu par une coalition de modérés et de monarchistes, celui que l'on surnommera le «Président Soleil», du fait de son amour du faste, restera dans l'Histoire en raison de sa mort heureuse !

En effet c'est bien par sa mort que le président Félix Faure entre (par la petite porte, certains diraient la porte basse) dans l'Histoire.


La mort de Félix Faure, au palais de l'Élysée
(illustration parue dans Le Petit Journal en 1899).


En 1897, Félix Faure rencontre, à Chamonix, Marguerite Steinheil, épouse du peintre Adolphe Steinheil. Celui-ci s'était fut confié la réalisation d'un grand tableau appelé «La remise des décorations par le président de la République aux survivants de la redoute brûlée.».


Meg Steinheil, dernière maîtresse du président Félix Faure

Du coup, Félix Faure se rend souvent au domicile du couple Steinheil, dans leur pavillon « Le vert logis », au numéro 6 de l'impasse Ronsin à Paris. Marguerite devient rapidement la maîtresse du président.
Elle prend d'ailleurs l'habitude de le rejoindre discrêtement et régulièrement dans le «salon bleu» du palais de l'Élysée.

Le 16 février 1899, Mme Steinheil donne plusieurs coups de sonnettes. Les domestiques se précipitent et trouvent le président allongé sur un divan pendant pendant que Mme Steinheil rajuste ses habits. Il meurt quelques heures plus tard de congestion cérébrale.



Plusieurs phrases célèbres restent en mémoire. Le curé venu donner l'extrême onction au Président et demandant « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? » se serait entendu répondre par un domestique : «Non, elle est sortie par l'escalier de service !».

Clémeceau, qui n'avait aucune affection particulière pour Faure bien au contraire, lâche, lors de l'hommage funèbre rendu à la Chambre des députés « en entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui. » Et à un autre député Clémenceau lance, se moquant du goût pour le faste de Félix Faure lance : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée ».

Au moment où Mme Steinheil fut au coeur d'une affaire judicaire importante en 1908 (elle est accusée d'avoir tué son mari), Clémenceau rappelle aux bons souvenirs du public les talents bucco-fellatoires de la susnommée du temps du Président Faure en l'appellant « la Pompe Funèbre».

Le 23 février 1899 les obsèques nationales du Président Félix Faure faillirent mal tourner. L'extrême-droite de Paul Déroulède (la Ligue des Patriotes) tente le coup de force en marchant sur l'Elysée. Heureusement les extrêmistes sont dispersés.

Félix Faure est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, 4e division. Son gisant en bronze, le représente couché sous les plis des drapeaux français et russe, pour rappeler son rôle dans l'Alliance franco-russe.



Gisant de Félix Faure au Père-Lachaise.
Jean-Laurent Turbet
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 18 Jan 2018 - 8:20

18 janvier 1800
Création de la Banque de France


Bonaparte au pont d'Arcole, par Antoine-Jean Gros
(ca. 1801), musée du Louvre, Paris.

La Banque de France est créée par Napoléon Bonaparte le 18 janvier 1800 (28 nivôse an VIII). Cette initiative du Premier Consul, à peine installé au pouvoir, fait suite à une proposition du financier suisse Jean-Frédéric Perregaux.

Celui-ci a fait fortune en spéculant sur les assignats de la Révolution. Ces billets sans valeur ont dégoûté les Français du papier-monnaie. Ils ont rapidement disparu et laissé la place aux pièces en or ou en argent.


Billet de 1000 francs de type « noir » et « Germinal » (Banque de France, Paris, 1803).

Sous le Directoire, tandis que les affaires reprennent, le manque de monnaie se fait sentir. Jean-Frédéric Perregaux fonde alors à Paris une banque de dépôts, la « Caisse des Comptes courants ».

Avec un groupe d'amis banquiers, il propose au Premier Consul d'octroyer à son établissement l'autorisation d'imprimer à nouveau des billets de banque. Ce droit d'émission vise à collecter l'épargne et à augmenter la quantité de monnaie en circulation.


Entrée de l'hôtel de Toulouse, siège de la Banque
de France, dans la rue Croix-des-Petits-Champs.

C'est ainsi qu'est créée par décret la Banque de France. Le nouvel établissement absorbe la Caisse des Comptes courants et s'installe à son siège, l'hôtel de Toulouse, rue de la Vrillière.

La Banque de France obtient un droit d'émission prudent, limité dans un premier temps à Paris. Elle peut imprimer autant de billets qu'elle veut mais à une condition: il faut que toute personne qui présente un billet à la banque puisse l'échanger, si elle le désire, contre une quantité d'or de la même valeur.

Cela va donner aux Français confiance dans les billets de banque et, petit à petit, la nouvelle monnaie remplacera les pièces en métaux précieux. Les premiers billets sont imprimés à l'encre noire sur un papier blanc filigrané, sur une seule face.


L'éphémère 5000 francs rouge (1846) : il « pesait » 1,450 kg d'or fin au change, un record !


herodote.net
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 20 Jan 2018 - 9:09

20 janvier 1560
Rencontre entre Isabelle de France
et son époux Philippe II d'Espagne




Portrait d'Élisabeth de France, peinture à l'huile d'Antonio Moro,
musée du Louvre, seconde moitié du XVIe siècle.


Ce jour, dans la rude vallée enneigée de Roncevaux, une petite fille de quatorze ans pleurait à chaudes larmes. Pour que la paix soit scellée entre la France et l'Espagne, pour que la France puisse enfin mettre un terme à la guerre, Isabelle de la Paix - la paix de Cateau-Cambrésis - fille de henri II et de Catherine de Médicis, soeur du nouveau roi François II, a été donnée en mariage au peu réjouissant roi Philippe II d'Espagne, veuf pour la seconde fois. L'historien Jean-Lucas Dubreton nous peint l'arrivée de la petite Isabelle à Guadalajara où, pour faire oublier l'hiver, on a apporté du Midi des arbres en fleurs aux branches desquels des oiseaux ont été attachés. Philippe l'attend, assis, hiératique, sur un haut fauteuil doré et se montre aussitôt conquis. Isabelle, qui sur les instances de l'archevêque de Burgos a séché ses larmes, est mince, gracieuse, le teint clair, les yeux noirs comme les cheveux. Brantôme dira que les seigneurs n'osaient la regarder de peut d'en tomber amoureux et que les gens d'Eglise « en faisaient tout de même de peur de tentation », ce qui est sans doute excessif. Assurément, cette petite fille, qui a près de vingt ans de moins que lui, le change de sa seconde femme, la reine d'Angleterre Marie Tudor, qui avait, elle, vingt ans de plus que lui et, s'il faut en croire un témoin du temps, paraissait à trente-sept ans « vieille et délabrée ». Isabelle regardait avec intensité le lugubre visage flamand du roi, ce visage « agrémenté de la ganache propre aux Habsbourg ». Elle le regarde de ses yeux de braise et avec une telle insistance que le roi lui demande : « Voulez-vous voir si j'ai des cheveux gris ? »


La princesse Élisabeth de France
Son mariage avec le roi d’Espagne ouvre une période d’accalmie dans les relations belliqueuses entre la France et l’Espagne


Il trouve charmante cette « fleur de jeunesse » et bientôt la petite Française pourra écrire à sa mère qu'elle est la « plus heureuse femme du monde ». Isabelle s'est fort bien adaptée aux sévères coutumes castillanes, parle l'espagnol et servira la politique de son mari en se rendant en 1565 à bayonne pour voir sa mère Catherine, régente de France pendant la minorité de Charles IX.
Malheureusement, la santé d'Isabelle est chancelante. On craint un jour la petite vérole et on l'enrobe « avec des blancs d'oeufs battus, ce qui préservera sa beauté de toute cicatrice... » Au mois d'août 1566, elle met au monde la petite Isabelle - celle-là même qui, un jour, jurera de ne pas changer de chemise avant la prise d'Ostende par son mari, l'archiduc Albert. On le sait, la résistance de la ville se prolongea durant trois années et la chemise de l'archiduchesse donna son nom à la couleur isabelle.


Le roi Philippe II d'Espagne portraituré par Titien, 1554.

La reine avait seulement vingt-trois ans lorsqu'elle se coucha pour mourir. La faute en était aux médecins de Valence dont on disait qu'ils avaient « longues jupes et courtes sciences ». Comme l'expliquait un diplomate vénitien : « En tirant le sang à leurs malades comme ils le feraient à des boeufs et en leur faisant prendre des médecines que chez nous on penserait plutôt à introduire par voie de clystère, ils ont vite fait de les expédier. »
Pour la première et la dernière fois, on vit Philippe II laisser couler ses larmes lorsque sa chère petite Isabelle de la Paix rendit l'âme en parlant de la France « qu'elle avait toujours regrettée ».
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 21 Jan 2018 - 10:49

21 janvier 1793
Louis XVI est guillotiné


« Je voudrais que ma mort fît le bonheur des Français et pût écarter les malheurs que je prévois, le peuple livré à l’anarchie, devenu la victime de toutes les factions. »



Le 20 janvier 1793, après avoir voté la condamnation à mort du roi, la Convention envoie une délégation annoncer le verdict à Louis XVI, retenu prisonnier à la maison du Temple. Celui-ci formule un certain nombre de requêtes, dont notamment l'octroi d'un délai supplémentaire de trois jours avant l'exécution proprement dite, et une dernière entrevue avec sa famille. Les députés ayant refusé de repousser la date de la mise à mort du roi, celui-ci sera guillotiné comme convenu le lendemain.

Le dernier dîner du condamné lui est servi vers 19 heures. Constatant l'absence de couteau et de fourchette, il s'écrie : « Me croit-on assez lâche pour attenter à ma vie ? »


Lettre autographe signée de Louis XVI, à la Tour du Temple,
réclamant de la Convention un délai afin de pouvoir se
préparer à paraître devant Dieu et communiquer Librement
avec sa famille, rédigée le 20 janvier 1793. Archives nationales.

Voir en grand

Le dimanche 21 janvier 1793, après une courte nuit, Louis XVI est réveillé à 5 heures par Cléry, son valet, qui avait passé la nuit sur une chaise non loin de lui. Le condamné lui dit alors « J'ai bien dormi, j'en avais besoin. ». Le roi se rase, retire de ses poches sa lorgnette, sa boîte à tabac et sa bourse puis se vêt d'un habit marron pâle doublé d'une toile écrue, muni de boutons dorés4. Il demande à son valet de lui couper les cheveux mais on refuse de leur confier une paire de ciseaux.


Louis XVI recevant le dernier sacrement de l'abbé Edgeworth.

Il se confesse une dernière fois vers 7 heures auprès de l’abbé Edgeworth de Firmont (1745-1807) et entend l’installation bruyante du détachement de la Garde nationale.
Accueilli par le bourreau Charles-Henri Sanson à sa descente du carrosse, le monarque désigne son confesseur à l'un des bourreaux et lui dit : "Je vous recommande le prêtre que voici. Ayez soin qu'après sa mort il ne lui soit fait aucune insulte". Calme, il ôte ensuite lui-même sa redingote brune et son foulard-cravate. À la demande de Sanson, il ouvre le col de sa chemise.


L'exécution de Louis XVI d'après une gravure allemande.

Contre toute attente, Louis XVI s'avance sur le bord gauche de l'estrade. Il fait signe aux tambours de s'arrêter et déclare d'une voix forte : « Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. »16 Il veut poursuivre mais Santerre donne l'ordre de faire battre à nouveau les tambours pour couvrir sa voix. Certains auteurs mentionnent que l'ordre a été donné par d'autres protagonistes : parmi les noms cités, ceux de de Dugazon, Beaufranchet d'Ayat ou du tambour Pierrard. La légende historique attribue généralement cet acte à Santerre, mais celui-ci n'aurait fait que transmettre l'ordre du général Berruyer, commandant en second de Paris L'abbé de Firmont lui crie alors : « Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »



À 10h22, la planche bascule, la lunette de bois se referme sur sa tête et le bourreau Charles-Henri Sanson actionne le couperet. Gros, un assesseur du bourreau, saisit la tête sanguinolente et la présente au peuple. Certains auteurs prétendent au contraire que la tête fut prise par Henri Sanson, le fils du bourreau. Quelques parisiens crient « Vive la Nation ! Vive la République ! Vive la liberté ! » Quelques salves d'artillerie sont tirées et certains dansent la farandole. Jacques Roux commissaire de la Commune de Paris, rédige le procès-verbal de l'exécution ; il précise que des citoyens recueillent sur l'échafaud ensanglanté le sang du roi avec leurs mouchoirs, leurs piques ou leurs sabres. Certains veulent acheter au bourreau des mèches de cheveux du roi, les bourreaux plongent leurs doigts dans le sang et se barbouillent mutuellement le visage. Le biographe Éric Le Nabour note même que l'on peut voir « un ci-devant grimper sur l'estrade, se frotter les bras avec le sang de Louis XVI, puis en asperger le public par trois fois en un sinistre et ultime rituel. » Cet homme, un révolutionnaire brestois, lance alors à la foule : « Républicains, le sang d'un roi porte bonheur ! » Le canon tonne et prévient la famille du roi restée à la Tour du Temple que l'exécution a eu lieu.


Cénotaphes à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette dans la basilique Saint-Denis.

Dans Le Nouveau Paris (1798), le dramaturge et conventionnel Louis Sébastien Mercier ancien sympathisant Girondin, raconte l'exécution de Louis XVI en ces termes : « […] est-ce bien le même homme que je vois bousculé par quatre valets de bourreau, déshabillé de force, dont le tambour étouffe la voix, garrotté à une planche, se débattant encore, et recevant si mal le coup de la guillotine qu'il n'eut pas le col mais l'occiput et la mâchoire horriblement coupés ? »

Le 21 janvier 1815, les restes de Louis XVI furent inhumés à la basilique Saint-Denis. En 1816, son frère le roi Louis XVIII fit élever un monument funéraire (statue de marbre de Louis XVI à genoux en orant) réalisé par Edme Gaulle.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 22 Jan 2018 - 10:22

22 janvier 1685
Furetière est exclu de l'Académie française.


Antoine Furetière

Né dans une famille de la petite bourgeoisie parisienne le 28 décembre 1619, Furetière se destine de prime abord à une carrière dans le droit tout en s'intéressant vivement à l'histoire antique et aux langues orientales.
Parallèlement, il s'intéresse à la littérature et publie des romans, des fables et des poésies, ce qui lui vaut l'attention de l'Académie française, dont il est élu membre en 1662.

Pour se mettre en garde contre l’infidélité des copistes pendant tout le temps que durerait le travail de son dictionnaire, l’Académie avait obtenu un privilège portant défense de publier aucun dictionnaire français, avant que le sien eût paru.

Furetière surprit un privilège du grand sceau pour l’impression d’un dictionnaire où, suivant les termes du privilège, il ne devait faire entrer que les termes d’arts et de sciences, mais dans lequel il comprit réellement tous les mots français anciens et modernes, en ayant soin de s’approprier la méthode, les définitions et les phrases de l’Académie.



Ce corps s’étant assemblé, l’exclusion fut prononcée contre l’académicien infidèle. Furetière essaya de se justifier par des factums : mais les injures y sont en plus grand nombre que les raisons. Voici le tableau qu’il trace des séances académiques : « Celui qui crie le plus haut est celui qui a raison. Chacun fait une longue harangue sur une bagatelle. Le second répète comme un écho ce que le premier a dit, et le plus souvent ils parlent trois ou quatre ensemble. Quand un bureau est composé de cinq à six personnes, il y en a un qui lit, un qui opine, deux qui causent, un qui dort, et un qui s’amuse à lire quelque dictionnaire qui est sur la table. Quand la parole vient au second, il faut lui relire l’article, à cause de sa distraction dans la première lecture, etc. »



Furetière ne se contenta pas d’attaquer l’Académie en masse : il s’en prit à La Fontaine en particulier. On prétend que ce dernier avait donné sa parole de ne pas voter contre lui, mais que, par suite de sa distraction ordinaire, il mit dans l’urne la boule noire au lieu d’y déposer la blanche. Furetière l’accusa de ne pas savoir distinguer le bois en grume du bois marmenteau, quoiqu’il eût été officier des eaux et forêts. Le fabuliste riposta par une épigramme dans laquelle il demandait à son adversaire si, lorsque certaines gens avaient frappé sur son dos comme sur une enclume, c’était avec du bois en grume ou du bois marmenteau. Furetière répondit avec moins de politesse encore :

Il est des bois de plus d’une manière :
Je n’ai jamais senti celui que vous citez :
Notre ressemblance est entière,
Car vous ne sentez pas celui que vous portez.

Avant la fameuse ordonnance de 1816 sur la réorganisation de l’Institut, l’exclusion de Furetière était le seul exemple d’un académicien banni de son corps : mais ce fait ne pouvait être considère comme un précédent, suivant le langage de nos jours. Furetière avait été juge par ses pairs, exclu par ceux qui l’avaient admis, à raison d’un fait qui intéressait l’Académie. On ne trouve rien de semblable dans l’ordonnance contresignée Vaublanc, et l’on n’y voit qu’un coup d’état, maladroitement frappé sur les lettres et sur des hommes qui les honorent.



Mais Furetière n'était pas homme à se laisser faire si facilement. Il déversa sa colère et sa haine sur le pauvre La Fontaine qui fut le bouc-émissaire de cette affaire. Il était devenu l'homme qui avait trahi une longue amitié. Rien ne lui fut épargné. Furetière lui fit tous les reproches possibles. Tout y passa: ses fables, ses contes, les essais malheureux de théâtre et d'opéra, l'affaire du Floretin, à la suite du refus de Daphné par Lulli, la jeunesse de La Fontaine, ses amitiés et connaissances, l'infidélité de sa femme et son propre libertinage. Furetière déversait son fiel sur le pauvre Jean qui ne comprenait pas grand chose à toute cette haine jetée par son ancien ami. Il essaya de répondre, mais vous commencez à le bien connaître comme moi, il n'était pas méchant homme et sa plume ne savait pas être mauvaise. Il tenta bien quelques pamphlets, quelques vers trempés dans l'acide, mais la réponse de Furetière était à chaque fois plus vigoureuse et plus violente. +



La guerre dura plus de deux ans!!! A la fin, Furetière se fatigua et calma un peu sa révolte. Il mourut en 1688, ruiné et sans avoir réussi à faire paraître son Dictionnaire Universel. Celui-ci fut imprimé en Hollande en 1690.
Il ne resta rien de cette haine dans l'opinion publique. Toutes les méchancetés dites par Antoine Furetière furent vite oubliées. La bonne réputation dont jouissait Monsieur de La Fontaine ne fut pas ternie. Il restait l'éternel auteur des fables et des contes et n'avait rien perdu de son prestige dans la bataille.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 23 Jan 2018 - 9:17

Le 23 janvier 1846
La Tunisie abolit l’esclavage

Par Ahmed Abdou


Portrait d'Ahmed Bey

Il y a 172 ans, Ahmed Bey a donné à la Tunisie le tout premier texte juridique ayant pour objet l’abolition complète de l’esclavage. Une première dans un monde qui voyait encore dans la traite négrière un commerce profitable.

Inutile de vous rappeler que l’enlisement des Etats-Unis dans une guerre civile en 1861 avait justement pour cause l’esclavage. L’enjeu majeur de son abolition était, comme chacun le sait, la rentabilité des plantations de coton du sud. Ce ne fut que le 18 décembre de 1865, qu’Abraham Lincoln a franchi le pas vers l’abolition de l’esclavage.

Bien avant les Etats-Unis, le 23 janvier 1846, le cachet beylical était apposé sur un document qui mettra fin à de longs siècles d’esclavage institutionnalisé en Tunisie. Car, rappelons-le, la pratique de l’esclavage y a fait son nid dès le VIIème siècle, lors de la conquête arabo-musulmane de l’Afrique du nord.


Routes de la traite arabe au Moyen Âge

Retour sur l’histoire de la traite arabo-musulmane

Il faut reconnaitre que, par pur eurocentrisme, l’essentiel de la recherche académique sur le phénomène de l’esclavage vient mettre aux devants de la scène la traite transatlantique comme étant la plus horrible.

Alors que, pendant très longtemps, ce qu’il convient bien de nommer « la traite arabo-musulmane » était un phénomène plutôt périphérique. Pourtant, dans son livre « Le génocide voilé », l’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye nous dit : « Alors que la traite transatlantique a duré quatre siècles, c’est pendant treize siècle sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne ».


L'abolition de l'esclavage en Tunisie exposée à l'Unesco

A vrai dire, revenir sur l’histoire de l’esclavage dans le monde arabo-musulman nous permet de découvrir que la traite arabe n’était pas seulement plus longue que la traite transatlantique, mais aussi plus cruelle à bien des égards.
Les pauvres eunuques

Pour n’en citer qu’un exemple, il y avait une ancienne pratique qui consistait à castrer la personne réduite en esclavage avant de l’envoyer servir ses futurs maitres dans les majestueux Palais de l’époque médiévale.


Tunis - Le souk el berka dans la médina - Marché aux esclaves.

Cela existait à une époque où l’esclavage ne concernait pas seulement les populations de couleur noir. Les blancs de l’Europe de l’Est avaient aussi leur amère histoire avec la traite arabe et ottomane, en Tunisie comme dans tous les autres contrés arabo-musulmans.

Ce sont les fameux eunuques qui gardaient le harem du Bey. Sur un ton ironique, Victor Hugo se moqua des illettrés qui, pourtant, avaient une bibliothèque à la maison mais qui ne pouvait pas lire en disant « ils y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un harem ».

Car, comme vous l’avez bien compris, ces pauvres eunuques étaient bien castrés.


Maison des esclaves chrétiens à Tunis

Le décret du 23 janvier 1846

Il faut dire qu’avec ce fameux décret d’Ahmed Bey, un chapitre douloureux de l’histoire de notre pays se sera fermé à jamais, du moins sur le volet institutionnel. Car ce n’est pas tout de changer une loi. Il faut encore en assurer l’application. Et ce n’était pas aussi facile que l’on pourrait s’imaginer.

D’ailleurs, les maîtres ne remettaient pas facilement la lettre de manumission à leurs esclaves qui, parfois, ne savaient même pas qu’ils étaient libres. Même les affranchis connaitront une marche ambigüe ver la liberté, une liberté qui sera marquée du sceau de la dépendance.

Car, après une bonne bouffée de liberté, l’ex-esclave retournait assez souvent à l’ancien maitre. Et il n’y a pas de bon maitre, c’est la règle; qu’on n’en tienne pas grief aux hommes mais à la relation maitre-esclave qui est pourri.


Femmes esclaves et leur gardien

L’apport du décret colonial de 1890

En réalité, il faudra attendre un deuxième décret d’abolition rétablissant progressivement les victimes de l’esclavage dans leurs droits et dignité. En fait, c’est à partir du décret colonial de 1890 que les anciens esclaves ne vivront plus chez leurs « maitres » en tant que domestiques, et connaitront aussi certains droits économiques et familiaux.

Les Français avanceront toujours le décret de 1890 comme étant le vrai premier décret d’abolition de l’esclavage en Tunisie. Non seulement ce n’est pas vrai, mais c’est surtout insensé de parler d’affranchissement lorsque tout le pays se trouvait sous le joug de la colonisation.

Cette querelle des dates, aussi secondaire qu’elle puisse paraître, revêt une importance symbolique pour une Tunisie indépendante, une Tunisie qui devrait se réapproprier son histoire nationale et choisir librement ses propres dates et moments phares.

Et lorsqu’on évoque l’abolition de l’esclavage en Tunisie, nous ne devrions pas manquer de mettre à l’actif d’Ahmed Bey sa décision progressiste en date du 23 janvier 1846.


Ancien marché aux esclaves de la médina de Tunis

Une fierté teintée de douleur

Quoi qu’il en soit, c’est une fierté nationale que de pouvoir fêter en Tunisie, chaque 23 janvier, la toute première abolition de l’esclavage dans le monde Arabe. Mais, cette date devrait aussi nous rappeler que, pas mieux que les européens, nous aussi, nous étions, à un moment de l’histoire, une société esclavagiste.

Nous devrions nous en rappeler d’autant plus que l’histoire de l’esclavage en Tunisie était si longue, si douloureuse, que l’on en trouve encore des séquelles dans notre société tunisienne contemporaine.


source
Photos Wikipedia
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 24 Jan 2018 - 11:47

24 janvier 1960
Début de la semaine des barricade
Jusqu'au 1er février 1960




Lors de son discours du 16 septembre 1959, le général de Gaulle évoque le « droit des Algériens à l'autodétermination » et propose trois solutions : sécession, francisation ou association. Qu'une solution autre que française soit envisagée au conflit qui dure depuis 5 ans est jugé inacceptable aussi bien par la population française d'Algérie, que par beaucoup de militaires. La population française ne comprend pas le brusque revirement du général qui clamait "Tous Français de Dunkerque à Tamanrasset" le 13 mai 1958.



La semaine des barricades désigne les journées insurrectionnelles qui se sont déroulées du 24 janvier au 1er février 1960 à Alger durant la Guerre d'Algérie (1954-1962). Son instigateur Pierre Lagaillarde (28 ans) député d'Alger (et ex-parachutiste) ainsi que Guy Forzy (35 ans), officier de renseignement au Deuxième Bureau, Joseph Ortiz (47 ans), patron du bar algérois le Forum, et Robert Martel (42 ans), agriculteur de la Mitidja, organisent une manifestation au cours de laquelle une partie des Français d'Algérie manifeste son mécontentement face à la mutation en métropole du général Massu, le 19 janvier 1960, sur décision du président Charles de Gaulle. Des barricades sont dressées rue Michelet et rue Charles Péguy.



Cette semaine qui marque une escalade des partisans de l'Algérie française fait plusieurs morts parmi la foule et parmi les forces de police.

Les meneurs sont arrêtés et jugés par un tribunal militaire en Métropole. Le procès dit « des Barricades » se tient à Paris au mois de novembre 1960. Les accusés Pierre Lagaillarde et Joseph Ortiz, mis en liberté provisoire pour la durée du procès, s'enfuient à Madrid, Espagne où ils fondent l'OAS en décembre.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 26 Jan 2018 - 8:46

26 janvier 1824
Mort de Théodore Géricault, l'auteur du Radeau de la Méduse.



Théodore Géricault par Alexandre Colin, 1816.

Il incarne l'artiste romantique. Sa vie courte et tourmentée a donné naissance à de nombreux mythes.

Théodore Géricault naît dans une famille aisée de Rouen, originaire de la Manche, à Saint-Cyr-du-Bailleul où un lieu-dit du même nom, l’« Hôtel Géricault » existe toujours. Il y reviendra régulièrement pendant de nombreuses années, notamment chez ses cousins à Saint-Georges-de-Rouelley. C’est là qu’il découvre le milieu équestre, future source d’inspiration et qu’il y peint sa première œuvre connue : son autoportrait (1808). De nombreux tableaux du peintre sont restés dans cette famille. Mais une majorité d’entre eux ont été détruits lors des bombardements de 1944. Géricault y a fait également le portrait de son oncle normand, le conventionnel Siméon Bonnesœur-Bourginière (Minneapolis Institute of Arts), et de son cousin Félix Bonne-sœur-Bourginière.


Napoléon sur le champ de bataille par Théodore Géricault. (musée de Reims)

En 1814, Théodore Géricault s'éprend de sa tante Alexandrine, qui n'a que 6 ans de plus que lui. De cette liaison, qui va durer plusieurs années et qui s’avère désastreuse pour l’artiste, naquit le 21 août 1818 un fils Georges-Hippolyte. Il est déclaré à sa naissance inconnu de père et de la bonne Suzanne. Il est reconnu à la mort de Géricault, par le père de Géricault Georges-Nicolas.


Portrait de naufragé, (Musée de Besançon)

En 1819, un nouveau Salon s’ouvre au Louvre. Géricault veut réaliser une œuvre immense, spectaculaire. Cherchant son inspiration dans les journaux, il y découvre l’« affaire de la Méduse », catastrophe maritime peu glorieuse que la monarchie restaurée avait tenté d’étouffer. Le fait divers que le peintre évoque par sa toile est celui du naufrage d’une frégate, la Méduse, le 2 juillet 1816, au large des côtes du Sénégal. Le moment culminant choisi par Géricault dans cette dérive qui dura treize jours, est celui où une partie des naufragés survivants sur un radeau, voient au loin le navire qui vient les sauver, le brick Argus. Géricault peint cet instant dramatique, où les hommes encore valides se lèvent pour faire signe au navire qui point, à peine visible, à l’horizon.


Le Radeau de La Méduse (1818-1819)

Le peintre a trouvé son inspiration. Soucieux d’ancrer son œuvre dans la réalité, il prend connaissance du récit de deux survivants : Alexandre Corréard, l’ingénieur géographe de la Méduse, et Henri Savigny, le chirurgien du bord. Il fait construire une maquette grandeur nature du radeau dans son atelier et demande à sept rescapés de la dérive du radeau de venir poser pour lui. Il va jusqu’à exposer dans son atelier des restes humains. Grâce à l’entremise d’un ami médecin à l’hôpital Beaujon, proche de son atelier, Géricault peut obtenir des bras et pieds amputés, afin de les étudier. De même, il dessine plusieurs fois une tête coupée, obtenue à Bicêtre, où se trouvait une institution qui était tout à la fois hospice, prison et asile d’aliénés. Selon Charles Clément, son biographe, une puanteur étouffante régnait parfois dans son atelier de la rue du Faubourg-du-Roule. Géricault travaille avec acharnement, pendant une année entière, à une œuvre de cinq mètres sur sept qui est, selon l’expression de Michel Schneider, « une leçon d’architecture autant qu’une leçon d’anatomie ».


Études de mains et pieds Musée Fabre (1818-1819)

Éreinté par la critique française, et en butte avec sa famille, Géricault quitte Paris pour l’Angleterre où le Radeau de la Méduse est présenté outre-manche. La toile est applaudie par la presse anglaise - pour les raisons inverses, en miroir des critiques françaises - et le public, avec plus de 40 000 visiteurs.

Outre ses peintures à l’huile, Géricault réalise également des lithographies, des sculptures, rares mais remarquables, et des centaines de dessins.


La mort de Géricault, par Ary Scheffer. À son chevet, figurent ses amis le colonel Bro de Comères et le peintre Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy.

En 1822, Géricault a une relation suivie avec une certaine « Madame Trouillard », à qui il confie être malade. Bien qu'épuisé, Géricault continue de vivre « comme s'il était dans la plénitude de ses forces alors que les ravages d'une maladie dont le ferment était depuis plusieurs années dans son sang réapparu ».

Il tombe plusieurs fois de cheval, et se brise le dos en août 1823 en tombant rue des Martyrs, à Paris. Il est alité, paralysé. Les médecins diagnostiquaient une phtisie de la colonne vertébrale.


Le masque mortuaire de Géricault, on remarque l'extrême maigreur du visage, les yeux rétractés au fond des orbites.

Il meurt, le 26 janvier 1824, après une longue agonie due officiellement à cette chute de cheval ou plus probablement à une maladie vénérienne, ce qui fit dire au philosophe et critique d'art Élie Faure que « Géricault est mort d'avoir trop fait l'amour »
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 27 Jan 2018 - 8:34

27 janvier 1782
Clôture du cimetière de Saint-Médard
après la mort de Pâris



Cimetière St Médard

François Pâris, devenu si célèbre après sa mort par les prétendues merveilles opérées à son tombeau, était fils aîné d’un conseiller au parlement de Paris. Il devait naturellement succéder à sa charge, mais il aima mieux embrasser l’état ecclésiastique. Après la mort de son père, il abandonna tous ses biens à son frère. Il fit pendant quelque temps des catéchismes à la paroisse de Saint-Côme, se chargea de la conduite des clercs, et leur fit des conférences.

Le cardinal de Noailles voulut le faire nommer curé de cette paroisse ; mais le diacre Pâris, voulant se consacrer entièrement à la retraite, se confina dans une maison du faubourg Saint-Marcel, où il se livrait sans réserve à la prière, aux pratiques les plus rigoureuses de la pénitence et au travail des mains, faisant des bas au métier pour les pauvres, qu’il regardait comme ses frères. Il mourut dans cet asile en 1727, à trente-sept ans, et ce fut alors qu’il commença à être connu et à devenir célèbre.


Le diacre François de Pâris

Son frère lui ayant fait ériger un tombeau dans le petit cimetière de Saint-Médard, les pauvres que le pieux diacre avait secourus, quelques riches qu’il avait édifiés, plusieurs femmes qu’il avait instruites, quelques jansénistes qui le regardaient comme un saint, allèrent faire leurs prières à son tombeau. Quelques zélateurs d’un esprit faible eurent l’imagination si frappée, que leurs organes ébranlés leur donnèrent de légères convulsions : aussitôt la tombe fut environnée de peuple ; la foule s’y pressait jour et nuit.


Convulsionnaires "lascives".

Ceux qui montaient sur la tombe donnaient à leur corps des secousses qu’ils prenaient eux-mêmes pour des prodiges. Les fauteurs secrets du jansénisme encourageaient cette frénésie. Le gouvernement abandonna pendant un mois cette maladie épidémique à elle-même ; mais le concours augmentant, et les prétendus miracles redoublant de jour en jour, il fallut enfin fermer le cimetière, et y mettre une garde.


Convulsionnaires à la Bastille. Gravure anonyme du XVIIIe siècle.

Les convulsions paraissent scandaleuses et sont dénoncées par la police royale : « Ce qu'il y a de plus scandaleux », dit un indicateur, « c'est d'y voir des jeunes filles assez jolies et bien faites entre les bras des hommes, qui, en les secourant, peuvent contenter certaines passions, car elles sont deux ou trois heures la gorge et les seins découverts, les juppes basses, les jambes en l'air… ». Appelés à juger, les médecins du roi ne voient dans le phénomène qu'une imposture. Cet aspect scabreux des scènes de convulsions n'échappe pas à la police du roi : le 27 janvier 1732, une ordonnance du roi déclare qu'on cherche à Saint-Médard à abuser de la crédulité du peuple et, en conséquence, le cimetière est fermé. Immédiatement, un petit distique ironique fleurit et se répand dans Paris et on afficha sur la porte du cimetière ces deux vers si connus :
De par le roi, défense à Dieu
D’opérer miracle en ce lieu.




Lire l'article sur les "convulsionnaires"
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 28 Jan 2018 - 18:50

28 janvier 1813
Mort de madame d’Houdetot



Portrait d’Elisabeth Françoise Sophie de la Live de
Bellegarde, Comtesse de Houdetot (1730-1813)


Élisabeth Sophie Françoise Lalive de Bellegarde, par son mariage, comtesse d’Houdetot, née le
18 décembre 1730 à Paris, où elle est morte le 28 janvier 1813 , est une salonnière française.

Le nom de madame d’Houdetot rappelle les uniques amours de Jean-Jacques Rousseau et le modèle de sa charmante Julie. Dans quelques pages de ses Confessions le philosophe a immortalisé cette femme aimable, qui n’était point belle, mais qui avait beaucoup d’esprit, beaucoup de talents et un caractère angélique. « Hors la force et la prudence, dit Rousseau, elle rassemblait toutes les vertus ce qui prouve sans réplique, ajoute-t-il plus loin, la pureté et la sincérité de son excellent naturel, c’est qu’étant sujette aux plus énormes distractions et aux plus risibles étourderies, il lui en échappait souvent de très imprudentes pour elle-même, mais jamais d’offensantes pour qui que ce fût.

On l’avait mariée très jeune et malgré elle au comte d’Houdetot, homme de condition, bon militaire, mais joueur, chicaneur, très peu aimable, et qu’elle n’a jamais aimé. Elle trouva dans M. de Saint-Lambert tous les mérites de son mari, avec des qualités plus agréables, de l’esprit, des vertus, des talents. S’il faut pardonner quelque chose aux mœurs du siècle, c’est sans doute un attachement que sa durée épure, que ses effets honorent, et qui ne s’est cimenté que par une estime réciproque. »



En 1752, Sophie d’Houdetot avait entamé avec Jean-François de Saint-Lambert une liaison qui devait durer jusqu’à la mort du poète en 1803, formant avec son mari un ménage à trois qui défraya la chronique et que décrit dans ses Souvenirs Mathieu Louis Molé : « Un grand beau vieillard au teint frais, la tête couverte de sa coiffe de nuit bien blanche entourée d’une vaste robe de chambre de soie pareille à son ruban […] C’était le comte d’Houdetot. […] Une vieille femme courbée, ayant sur les épaules une mantille noire et marchant de compagnie avec un petit vieillard habillé d’une vilaine robe de chambre de cotonnade rayée bleu sur bleu, parsemée de bouquets rouges, un bonnet de coton à mèche sur la tête et soutenant ses pas chancelants par une canne de jonc à pomme d’or aussi haute que lui ; un petit braque au grelot au col, trop gras pour courir, suivait ce couple, la queue entre les jambes. C’était Mme d’Houdetot, Saint-Lambert et Lord. » Chateaubriand, pour sa part, juge sévèrement le ménage à trois dans les Mémoires d'Outre-tombe (XIV, ) : « C’était le XVIIIe siècle expiré et marié à sa manière. Il suffit de tenir bon dans la vie pour que les illégitimités deviennent des légitimités. On se sent une estime infinie pour l’immoralité parce qu’elle n’a pas cessé de l’être et que le temps l’a décorée de rides. »
Cette seconde union, qui avait presque la sainteté de l’hymen, ne fut pas même altérée par l’éloquente passion de Rousseau.


Jean-François, marquis de
Saint-Lambert


Sophie d’Houdetot est surtout connue par le chapitre des Confessions dans lequel Jean-Jacques Rousseau rapporte la passion qu’il conçut pour elle, et qui ne fut pas payée de retour. La belle-sœur de la comtesse d’Houdetot, Louise d'Épinay, en donne une version bien différente dans ses Souvenirs. Rousseau avait rencontré Sophie d’Houdetot sans la remarquer en février 1748 à Chevrette, chez Louise d’Épinay. Par la suite, il la vit à plusieurs reprises à l’Ermitage, mais ce n’est qu’en janvier 1757, alors qu’il avait entrepris la rédaction de la Nouvelle Héloïse, qu’il s’en éprit passionnément. D’abord indulgente à l’égard du philosophe, qu’elle appelait « un fou intéressant », elle prit ses distances à compter de janvier 1758, pour cesser tout échange après 1760. « Nous étions ivres d’amour l’un et l’autre, elle pour son amant, moi pour elle », notera assez justement Rousseau.


Pastel de Quentin de La Tour, Jean-Jacques Rousseau,
en 1753 (alors âgé de 41 ans).


Madame d’Houdetot prodigua les soins les plus touchants à la vieillesse de Saint-Lambert, dont la raison affaiblie reprochait sans cesse des torts imaginaires à cette amie si fidèle et si tendre. Madame d’Houdetot lui survécut dix années, et s’éteignit doucement, comme elle avait vécu, à l’âge de quatre-vingt-trois ans, entourée d’une nombreuse famille.

Après la Révolution française, Sophie d’Houdetot réunissait dans sa propriété de Sannois une compagnie où se mêlaient les survivants de la société littéraire et philosophique du Siècle des Lumières — le fabuliste Florian, l’abbé Morellet, Jean-François de La Harpe, Suard — et de jeunes gens comme Chateaubriand.

Sophie d’Houdetot meurt le 28 janvier 1813 dans sa maison au no 12 rue de Tournon à Paris. Elle est inhumée à Paris au cimetière de Montmartre, 21e division, face à la tombe d'Alexandre Dumas et à côté de la tombe de son petit-fils, Frédéric-Christophe d'Houdetot.

Tombe de Sophie d’Houdetot, Paris, cimetière de Montmartre.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 29 Jan 2018 - 18:19

29 janvier 1726
Ordonnance par laquelle on décide
de numéroter les rues de Paris.


Jusqu'à cette date, les adresses arrivaient à être parfois bien longue : on habitait, par exemple : Rue Sainte-Marguerite, près de celle des Ciseaux, entre un marchand de bas et un boulanger ; ou encore, Rue de la Verrerie, vis-à-vis l'église Saint-Merry, à côté du Coq lié de perles, au coin de la rue Saint-Bon, au second sur le devant.


Numérotation du 2 rue Garancière à Paris ;
l'ancien numéro 1096 est encore visible sur la gauche.


Le bornage de Paris entre 1727 et 1729, sous Louis XV, est une énième tentative de contenir Paris dans ses limites à un moment donné.
La premiere déclaration, en juillet 1724, définie les limites intérieures de Paris, elle est reprécisée en janvier 1726, et prévoit la pose de bornes. En mars 1728 ce sont les faubourg de Paris qui son concernés par le bornage, avec quelques aménagements, en septembre 1728, liés principalement aux tanneries des faubourgs et du bord de Bièvre.


Fontaine Trogneux

En dernier lieu, on pose des bornes sur les dernières maisons des paroisses des faubourgs.
Dans le Traité de la police où l'on trouvera l'histoire de son établissement, les fonctions et les prérogatives de ses magistrats, toutes les loix et tous les reglemens qui la concernent de Nicolas de La Mare (1738), on recense 294 bornes, 40 dans l'enceinte de Paris[1], 55 dans le faubourg Saint-Antoine, 25 dans le faubourg du Temple, 21 dans le faubourg Saint-Martin, 27 dans le faubourg Saint-Denis, 29 dans le faubourg Montmartre, 34 dans le faubourg Saint-Honoré, 23 dans le faubourg Saint-Germain, 12 dans le faubourg Saint-Michel, 13 dans le faubourg Saint-Marcel et 15 dans le faubourg Saint-Victor.


Plaque marquant les anciennes limites de Paris, installée vers 1728
et actuellement située au 304 rue de Charenton

Les plans des faubourgs sont côtés et les côtes sont gravés à l'angle des rues. Quelques-unes de ces inscriptions subsistent, comme sur la fontaine Trogneux ou encore rue des Rats.



Certains très vieux noms de la voirie parisienne sont restés, mais celui-là est passé à la trappe : le boulevard des Rats, devenu en 1864 une partie de l'actuel boulevard de Ménilmontant, dans le XXe arrondissement. C'est là que se dressait la barrière d'octroi (où se percevaient les taxes sur les marchandises qui entraient dans la capitale) dite « des rats ». Non loin de là, une rue des Rats a gardé ce nom jusqu'en 1897, avant de prendre celui du philosophe Pierre Bayle. Et dans le Ve arrondissement, ce sont les plaintes des habitants qui ont eu raison de la rue des Rats, rebaptisée en 1829, rue de l'Hôtel-Colbert, mais l'ancien nom reste gravé dans la pierre.
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 30 Jan 2018 - 9:33

30 janvier 1735
Déclaration d'indépendance des Corses



La bataille de La Meloria

Le 30 janvier 1735, une assemblée corse, la Consulta d'Orezza, rejette la domination de Gênes, qui remonte à la bataille de La Meloria (1284), et donne à l'île une Constitution écrite (la première de l'Histoire).
L'initiative attire l'attention des élites de Paris mais aussi des Treize Colonies anglaises qui, à leur tour, proclameront unilatéralement leur indépendance sous le nom des États-Unis...
La République de Gênes tente de reconquérir l'île. C'est le début d'une « Guerre de quarante ans ». Mais sans s'en douter, les insurgés travaillent pour la France qui ambitionne de prendre pied sur l'île et d'en chasser les Génois.


Pasquale Paoli

De l'insurrection à l'indépendance unilatérale
Une première révolte a éclaté le 27 décembre 1729 lorsqu'un magistrat prétend soutirer une pièce à un berger du village du Borziu sous prétexte d'impôt. Un an plus tard, la révolte paysanne est relayée par les notables.
Gênes obtient des renforts de l'empereur allemand tandis que les Corses entament la guerre avec un énergique général, Giacinto - ou Hyacinthe - Paoli (le père du futur dirigeant corse Pasquale Paoli).
C'est alors que se réunissent à Orezza les délégués de toute l'île. Ils rejettent officiellement la souveraineté génoise et se donnent une Constitution du Royaume de Corse d'avant-garde, qui introduit la souveraineté du peuple et la séparation des pouvoirs.
L'assemblée se met par ailleurs en quête d'un monarque et offre la couronne de Corse au roi d'Espagne mais celui-ci la refuse. Plus volontaire, un personnage surgi de nulle part, le baron Théodore de Neuhoff, postule pour la couronne et offre sa fortune en contrepartie mais sa tentative fait long feu.


Cardinal Fleury

Un rêve avorté
Seuls les Anglais se montrent intéressés à aider les insurgés. C'est qu'ils veulent tirer parti de l'insurrection pour prendre pied en Corse.
Le Premier ministre français, le cardinal Fleury, riposte en apportant son aide aux Gênois en 1737.
Battus, les insurgés reprennent les armes en 1755 sous la conduite de Pasquale - ou Pascal - Paoli (30 ans), qui prend la relève de son père et soulève le peuple. Il crée un « Royaume de Corse » indépendant... et sans roi. Lui-même est proclamé général en chef à la consulta.
Lasse de la guerre, Gênes cède « provisoirement » ses droits sur la Corse à la France par le traité de Versailles du 15 mai 1768.

Hérodote
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