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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 12 Juin 2018 - 8:00

12 juin 1856.
"La Rose de Saint-Flour"



Offenbach par Nadar (1878).

La Rose de Saint-Flour est une opérette en un acte de Jacques Offenbach, livret de Michel Carré, créée au théâtre des Bouffes-Parisiens le 12 juin 1856.

Argument

Pierrette  a cassé sa marmite et décide d'en emprunter une en allant à l'épicerie.  En chemin elle médite sur ses deux admirateurs, le cordonnier  Chapailloux et le chaudronnier Marcachu. Comme c'est la fête de  Saint-Pierre ce soir et que l'on va danser toute la nuit, elle aspire à  une nouvelle paire de chaussures à paillettes et une nouvelle marmite  incassable.


« Le public aux Bouffes-Parisiens », caricature d'Émile Bayard (v. 1860)

Marcachu apporte en témoignage de son amour une nouvelle marmite pour  Pierrette, l'accrochant à la cheminée avec dedans un bouquet de fleurs.  Chapailloux suit et dépose son présent, des chaussures, sur la table.

Pierrette revient et découvre la marmite. Elle prépare avec Marcachu  une soupe dans laquelle vont de manière inattendu se retrouver les  fleurs, des cierges et un des souliers de Chapailloux. Chapailloux  arrive et s'étonne de ne trouver qu'un seul soulier sur la table. Alors  qu'il s'apprête à se battre avec Marcachu, Pierrette les sépare et tous  se mettent à table. Le soulier ayant été découvert, Pierrette annonce  qu'elle n'épousera jamais un homme qui met des souliers dans la soupe et  Marcachu quitte la pièce en fureur.


Charles Reutlinger, Hortense Schneider
dans « La Périchole » (1868), photographie.

Pierrette se décide donc pour Chapailloux à qui elle donne la main.  Sur ce Marcachu revient pour d'excuser et tous se réconcilient en  dansant.

Distribution lors de la création

(Chef d'orchestre : Jacques Offenbach)
Pierrette - soprano - Hortense Schneider
Chapailloux - baryton - Charles Petit
Marcachu - ténor - Étienne Pradeau


Etienne Pradeau - Musée Carnavalet
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 14 Juin 2018 - 8:05

14 juin 1928
Naissance de Che Guevara



Che Guevara, le 5 mars 1960
(photo d'Alberto Korda).


Ernesto Rafael Guevara plus connu comme « Che Guevara » ou « le Che » est né en Argentine, dans une famille bourgeoise de Rosario, Ernesto Guevara suit des études de médecine puis, malgré un asthme chronique, accomplit en motocyclette, avec un ami, le tour de l'Amérique latine.


La famille Guevara vers 1941. De gauche à droite :
Ernesto, sa mère Celia, sa sœur Celia, Roberto, Juan Martín, son père Ernesto et Ana María.


Il relatera cette épopée dans des carnets de voyages qui seront publiés sous le titre : Voyage à motocyclette. On peut découvrir dans ces textes un Guevara victime de préjugés racistes, comme dans cet extrait où il évoque Caracas :
« Les Noirs, ces représentants de la splendide race africaine qui ont gardé leur pureté raciale grâce à leur manque de goût pour le bain, ont vu leur territoire envahi par un nouveau type d’esclaves : les Portugais. Et ces deux vieilles races ont commencé leur dure vie commune, émaillée de querelles et de mesquineries de toutes sortes. Le mépris et la pauvreté les unit dans leur lutte quotidienne, mais la façon différente dont ils envisagent la vie les sépare complètement. Le Noir, indolent et rêveur, dépense ses sous en frivolités ou en « coups à boire », l’Européen a hérité d’une tradition de travail et d’économies qui le poursuit jusque dans ce coin d’Amérique et le pousse à progresser, même au détriment de ses aspirations individuelles. » (Voyage à motocyclette, Ed. Mille et une nuits p. 174)

Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population. Son expérience et ses observations l'amènent à la conclusion que les inégalités socioéconomiques ne peuvent être abolies que par la révolution.


Ernesto Guevara à 22 ans (1951).

Toute sa vie, il subit de violentes crises d’asthme, qui l'accablent dès l'enfance. Il affronte cette maladie et travaille afin de devenir un athlète accompli. Malgré l'opposition de son père, il devient joueur de rugby. Il gagne le surnom de « fuser », (une contraction de furibundo (« furibond ») et du nom de famille de sa mère, « Serna ») à cause de son style de jeu agressif16. Durant son adolescence, il met à profit les périodes de repos forcés de ses crises d'asthme pour étudier la poésie et la littérature, depuis Pablo Neruda en passant par Jack London, Emilio Salgari et Jules Verne, jusqu'à des essais sur la sexualité de Sigmund Freud ou des traités sur la philosophie sociale de Bertrand Russell. Il écrit des poèmes (parfois parodiques) tout au long de sa vie comme cela est courant chez les Latino-américains de son éducation. Il développe également un grand intérêt pour la photographie.


Raúl Castro et Che Guevara pendant la révolution Cubaine, 1958.

Il fait en 1955 la connaissance au Mexique de Fidel Castro et s'engage à ses côtés dans la lutte contre le dictateur cubain Fulgencio Batista. Surnommé Che Guevara, il participe au débarquement de Cuba et au renversement de Batista. Devenu citoyen cubain, il occupe par dérogation plusieurs postes dont celui de ministre de l'Industrie à Cuba et écrit plusieurs livres sur la pratique de la révolution et de la guérilla.


Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Che Guevara discutant à Cuba en 1960.
Sartre écrira plus tard que le Che était «l'être humain le plus complet de notre époque».


En 1964, dans son discours d'Alger, Che Guevara accuse le régime soviétique de ne pas être socialiste, puis en 1965 il part en Amérique latine pour organiser la guérilla. Il veut exporter la révolution et créer ainsi plusieurs fronts pour s'attaquer à l'impérialisme américain. Ne parvenant pas à étendre la révolution au Congo-Léopoldville, il se rend en Bolivie où il est capturé dans la région de Valle Grande lors d'un affrontement avec l'armée bolivienne. Celle-ci, sous les ordres de la CIA, l'exécute sommairement le 9 octobre 1967.


Le Che avec sa traditionnelle tenue militaire,
le 2 juin 1959.


Bien qu'accusé par ses opposants d'être un terroriste et d'avoir institué des camps de torture, Che Guevara est devenu un véritable mythe après sa mort et un symbole pour les mouvements révolutionnaires marxistes du monde entier ainsi que pour la lutte des plus pauvres et des opprimés contre l'impérialisme américain et le capitalisme.


Exposition du corps de Che Guevara à Vallegrande. Photo prise par un agent de la CIA, 10 octobre 1967.


"Soyez réalistes : demandez l'impossible."
Ernesto Che Guevara - 1928-1967
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Juin 2018 - 7:52

15 juin 1594
Naissance de Nicolas Poussin



Nicolas Poussin. Autoportrait
Huile sur toile, 98 × 74 cm, musée du Louvre, Paris.


La prime jeunesse de Nicolas Poussin reste assez conjecturale. Il est né à Villers, à proximité des Andelys (Seine-Maritime actuelle). Félibien (1619-1647) rapporte, dans Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes (1666-1688), que son père était un gentilhomme picard ruiné qui vint s’établir aux Andelys où il se maria. Le jeune Nicolas acquit, semble-t-il, quelques rudiments de latin, mais il n’éprouvait de goût que pour le dessin.


Philippe de Champaigne
Autoportrait de 1668.
Gravure par Gérard Edelinck (1676).


Vers 1611-1612, il est placé chez le peintre Quentin Varin (1570-1634), originaire de Beauvais, mais installé aux Andelys. Vers cette même époque (il a 18 ans) il part plus ou moins clandestinement pour Paris. Il travaille brièvement sous la direction du portraitiste flamand Ferdinand Elle (1580-1637) et du peintre maniériste Georges Lallemand (1575-1636) chez qui il aurait rencontré Philippe de Champaigne (1602-1674). Il fait également la connaissance d’un certain Alexandre Courtois, mathématicien du roi et amateur d’art qui lui fait découvrir Raphaël.


Nicolas Poussin - Paysage avec Orphée et Eurydice

Nicolas Poussin connaîtra la misère à Paris, vivant de quelques commandes de nobles et de religieux. Son souhait le plus cher est d’aller à Rome et il faudra plusieurs tentatives avant qu’il y parvienne. Il a rencontré à Paris le poète italien Giambattista Marino (1569-1625), dit le Cavalier Marin, pour qui il dessinera une série de sujets empruntés aux Métamorphoses d’Ovide. Marino devait emmener Poussin avec lui à Rome, mais le peintre fut retardé et partit seul pour la capitale italienne où il arriva au printemps 1624. Marino est déjà reparti pour Naples où il meurt en 1625.


L'Inspiration du poète,
Nicolas Poussin - Louvre, Paris.


Poussin va vivre difficilement à Rome, mais il est passionné par son art et cherche à apprendre : il étudie la géométrie et la perspective, fréquente l’école du peintre baroque Andrea Sacchi (1599-1661) et du Dominiquin (1581-1641) ; il pratique même des dissections avec le chirurgien Nicolas Larche. Vers la fin des années 1620, il tombe malade, est hospitalisé puis recueilli par Nicolas Dughet, un pâtissier français installé à Rome. En 1629, il épouse la fille de Dughet, Anne-Marie, dont il n’eut pas d’enfant. Il adopta les deux frères de son épouse, dont l’un, Gaspard Dughet, dit le Guaspre Poussin (1615-1675) devint un grand peintre paysagiste de Rome.


Nicolas Poussin - L'Empire de Flore

Protégé par le cardinal Barberini, la renommée du peintre va croître et, au cours de la décennie 1640, son génie va s’affirmer. L’Empire de Flore (1631) peut être cité comme particulièrement représentatif par la complexité de la composition, la netteté du dessin, la légèreté des couleurs (qui ne doivent pas primer, selon la doxa classique), la grâce extrême des mouvements proches du maniérisme.

La célébrité de Poussin va atteindre la cour de France. Dès 1639, Louis XIII (1601-1643) et François Sublet des Noyers (1588-1645), surintendant des Bâtiments, lui demandent de revenir à Paris ; mais il faudra attendre que Roland Fréart de Chambray (1606-1676) et son frère Jean, sieur de Chantelou, viennent le chercher à Rome en 1640 pour qu’il défère au souhait royal.


La Mort de Poussin par François Marius Granet,
Musée Granet, Aix-en-Provence.


Il est accueilli avec les égards réservés aux plus grands : une maison dans le jardin des Tuileries, une pension royale de 3 000 livres. Il est nommé peintre du roi. Les commandes affluent : décoration des appartements du roi, de la grande galerie du Louvre, entre autres. Mais ces honneurs suscitent la jalousie et les intrigues de ses pairs. Pour échapper aux tracasseries, Poussin revient à Rome en 1642. Il y restera jusqu’à sa mort en 1665, unanimement admiré et même comparé à Raphaël.


Nicolas Poussin
La Sainte Famille sur les Marches, 1648

source
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 16 Juin 2018 - 15:09

16 juin 1970
Décès de Elsa Triolet



Elsa Triolet en 1925.

Issue de la bourgeoisie russe, Elsa Triolet est née le 11 sept. 1896 à Moscou (Russie).
De son vrai nom Ella Yurevna Kagan (en russe : Элла Юрьевна Каган) (puis Triolet de son premier mari, nom qu'elle gardera toute sa vie), elle apprend le français dès l’âge de six ans. Elle est une femme de lettres et résistante française d'origine russe, née de parents juifs. Elle est également connue sous le pseudonyme de Laurent Daniel.
En 1910, elle rencontre le poète Maïakovski qui l’initie à la poésie mais épousera sa sœur Lyli.



Durant ses études d’architecture, elle fréquentera les milieux artistiques moscovites. Afin d’échapper aux dures conditions de vie de la toute jeune Union soviétique, elle quitte son pays natal pour la France en 1918, où elle épousera l’officier André Triolet, qu’elle quittera dès 1921.

Vivant à Londres et à Berlin, c’est dans le quartier bohème de Montparnasse qu’elle s’installera finalement au milieu des années vingt.


Elsa Triolet et Louis Aragon

En 1928, elle rencontre Louis Aragon : l’une des histoires d’amour les plus fameuses du monde littéraire français commence alors.

Muse inspirée elle-même par son Pygmalion, Elsa Triolet fut à l’origine des fameux Yeux d’Elsa d’Aragon, qu’elle épousera en 1939.

Résistante durant la Seconde guerre mondiale, elle participe à la création du Comité Nationale des Écrivains, et militera aux côtés de son époux surréaliste pour le communisme.


Elsa Triolet et Louis Aragon

En 1945, son roman Le Premier accroc coûte deux cents francs lui vaudra le prix Goncourt. L’expérience de la résistance fortifiera sa volonté d’écrire, sans laquelle, de son propre aveu, elle n’aurait jamais pu survivre.

A sa mort en 1970, Aragon qui lui survécut légua l’ensemble de ses documents (manuscrits, lettres, etc…) au CNRS. Elle reste de nos jours, plus par son rôle de muse que d’écrivain, une figure de proue de la littérature française du XXème siècle.

Source : livres.fluctuat.net



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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 17 Juin 2018 - 9:13

17 juin 1789
Les états généraux deviennent Assemblée nationale



Le serment du Jeu de Paume, par David (Paris, musée Carnavalet)

Le 17 juin 1789, à Versailles, les députés du tiers état, renforcés par quelques curés représentant le clergé, se proclament «Assemblée nationale» sur une proposition de l'abbé Sieyès.

L'autorité du roi bafouée

Quelques semaines plus tôt, le roi Louis XVI a réuni les états généraux en vue de trouver une solution à la faillite qui menace le gouvernement. Héritée d'une tradition médiévale, l'assemblée des états généraux comporte des représentants des trois ordres : clergé, noblesse et tiers état.


Proclamation de Assemblée nationale le 17 Juin 1789

Le tiers état représente les Français qui n'ont droit à aucun privilège particulier. Ses députés sont issus de la bourgeoisie. La majorité est composée d'avocats. Considérant, selon le mot de Sieyès, qu'ils représentent les «quatre-vingt-seizièmes de la Nation», ces députés bafouent la division en trois ordres en se proclamant assemblée nationale.

Ils s'arrogent le droit d'autoriser la perception des impôts et envisagent de fixer par écrit les futures règles de gouvernement et les attributions de chacun (roi, ministres, députés...) dans une Constitution, à l'imitation des conventionnels américains (1789)... et des indépendantistes corses (1735)

Le roi Louis XVI prend fort mal la chose et, sur les conseils de son entourage, fait fermer la salle des Menus Plaisirs où les députés ont pris l'habitude de se réunir.

Le roi Louis XVI prend fort mal la chose et, sur les conseils de son entourage, fait fermer la salle des Menus Plaisirs où les députés ont pris l'habitude de se réunir. Qu'à cela ne tienne. Le 20 juin, les députés se retrouvent dans une autre salle de Versailles, au Jeu de Paume, où ils jurent sous la présidence de Bailly, « de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides ».


Jean-Paul Laurens
Réception de Louis XVI à l'Hôtel de Ville - 1789


Le roi s'incline
Trois jours plus tard, le 23 juin, le roi Louis XVI se décide à adresser à l'ensemble des députés un langage de fermeté, leur ordonnant de délibérer séparément. Mais le tiers état et ses alliés du clergé refusent de se soumettre. Le maître des cérémonies rappelle sans succès l'injonction royale au président de l'Assemblée, Bailly.


Statue d'Honoré de Mirabeau.
Palais de justice d'Aix-en-Provence.

La postérité va magnifier l'incident en prêtant au tribun Mirabeau la célèbre harangue : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté nationale et que nous n'en sortirons que par la puissance des baïonnettes ». Des gardes entrent dans la salle pour la faire évacuer. Mais voilà que des députés issus de la noblesse s'interposent. Rien moins que le marquis de La Fayette et le duc de La Rochefoucauld. Les gardes n'osent pas agir et se retirent. Informé de l'incident, le roi se soumet : « S'ils ne veulent pas s'en aller, qu'ils y restent ! »


L'abbé Sieyès, député à l'Assemblée nationale.

Dès le lendemain, 46 députés de la noblesse libérale conduits par le duc d'Orléans en personne (le cousin du roi) se rallient aux députés du tiers état et du clergé au sein de la nouvelle Assemblée nationale.
Le 27 juin, sur le conseil de son ministre Necker, le roi ordonne finalement à l'ensemble des députés de rejoindre l'Assemblée nationale.

Le 9 juillet 1789, ils officialisent leur projet de donner une Constitution au royaume. Ils se proclament « Assemblée nationale constituante ». C'en est fini de l'absolutisme royal. La Révolution commence.


14 juillet 1789 – La prise de la Bastille
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 17 Juin 2018 - 14:15

merci Opaline de nous rafraîchir la mémoire avec notre Histoire .
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 18 Juin 2018 - 9:19

18 juin 1037
Décès d'Avicenne
à Hamadhan (Iran)



Ibn Sina (Avicenne) - miniature persane.

Philosophe et médecin de langue persane, Avicenne (de son vrai nom Ibn Sînâ) naît dans la famille d'un fonctionnaire de la dynastie samanide. Son père est musulman chiite et sa mère sans doute juive. Très tôt, il montre des dispositions pour l'étude et la médecine.

Avicenne va surtout influencer la médecine musulmane et occidentale jusqu'au XVIe siècle avec son ouvrage majeur : le Canon de la médecine (Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb). Il sera traduit en latin par Gérard de Crémone peu après sa mort.

Ses œuvres principales sont l'encyclopédie médicale Qanûn (Canon de la médecine) et ses deux encyclopédies scientifiques al Shifa (De la guérison [de l'âme]) et Danesh Nâma (livre de science).


Qanûn (Avicenne)

Dans son Qanûn, il opère une vaste synthèse médico-philosophique avec la logique d'Aristote, combinée avec le néo-platonisme, élevant la dignité de la médecine comme discipline intellectuelle, compatible avec le monothéisme. Son influence sera prédominante en Occident médiéval latin jusqu'au XVIe siècle.

Si son œuvre médicale n'a plus qu'un intérêt historique, son œuvre philosophique se situe au carrefour de la pensée orientale et de la pensée occidentale. Elle reste vivante au début du XXIe siècle dans le cadre de l'Islam iranien. Elle continue d'être étudiée en Occident du point de vue de la philosophie, de l'épistémologie et des sciences cognitives.

En s'appuyant sur les traités d'Aristote, il acquiert une grande maîtrise des sciences naturelles, de la médecine et de la philosophie. Il exerce par ailleurs des fonctions ministérielles auprès des émirs de la région, une occupation qui n'est pas sans risque et l'oblige plusieurs fois à fuir ou se cacher.

Les commentaires d'Aristote par Avicenne vont inspirer les penseurs occidentaux de l'école scolastique, tel saint Thomas d'Aquin. L'influence d'Avicenne restera moindre, néanmoins, que celle d'Averroès, autre savant musulman mais de langue arabe et originaire d'Espagne.



Sa vie est connue selon son autobiographie.
Durant sa petite enfance, il étudie l'arithmétique chez un marchand herboriste, expert en calcul indien. Ayant une bonne mémoire, le jeune garçon finit par surpasser son maître en calcul et en mathématiques. Sous la conduite du maitre Abu Abdallah Ennatili, il s'initie au Coran, aux auteurs arabes et à la philosophie en commençant par l'Isagogè de Porphyre (petit traité pédagogique de vulgarisation de la philosophie d'Aristote).

À l'âge de dix ans, il maitrise ainsi le Coran, l'arithmétique, la géométrie d'Euclide, et des bases de la philosophie comme la logique. Il se lance tout seul dans des études difficiles comme l'Almageste de Ptolémée.


Tombeau d'Avicenne à Hamedan

À l'âge de 14 ans, son précepteur Ennatili le quitte pour aller dans une autre ville. Un ami médecin lui apporte les traductions des œuvres d'Hippocrate, qu'il lit d'un trait, nuit et jour. Il raconte dans son autobiographie : « quand le sommeil me gagnait, que je sentais mes forces faiblir, je prenais un breuvage épicé pour me soutenir, et je recommençais mes lectures ».

Sa mémoire étant phénoménale, il lit aussi toutes les traductions de Galien. À l'âge de 16 ans, il est brillamment reçu médecin à l'école de Djundaysabur où professaient des médecins de toutes confessions : juifs, chrétiens, mazdéens et musulmans. À 17 ans, il donne des cours à l'hôpital de Boukhara qui sont suivis par des médecins étrangers.

Il est appelé auprès du prince Nuh ibn Mansûr (976-997) qui souffrait de violentes coliques. Avicenne diagnostique une intoxication par le plomb des peintures décorant la vaisselle du prince, et réussit à le guérir. Il est alors autorisé à consulter la riche bibliothèque royale des Samanides.

En un an et demi, il acquiert la connaissance de tous les auteurs anciens disponibles. Il bute cependant sur la Métaphysique d'Aristote qu'il ne comprend pas, mais il surmonte cette difficulté en découvrant les commentaires d'Al Farabi. Dans son autobiographie, il déclare avoir intégré tous les savoirs de son temps à l'âge de 18 ans, grâce à sa mémoire, mais que son esprit n'était pas assez mûr.

Dernière étape
En participant à une expédition menée par l'émir 'Ala ad-Dawla dans le Kermanshah, Avicenne tombe malade et meurt à Hamadan au mois d'août 1037 (premier vendredi du mois de Ramadan 428 de l’hégire) à l’âge de cinquante-sept ans. Sa maladie est discutée, il s'agissait d'une crise intestinale grave, dont il souffrait depuis longtemps : cancer du colon, dysenterie amibienne, empoisonnement criminel...


Mausolée d'Avicenne à Hamadan

Il fut enterré près d'Hamadan. Son tombeau est resté un lieu de pélerinage jusqu'au XXIe siècle. Jusqu'en 1950, il n'était signalé que par une simple « lanterne des morts » en granit. En 1952, un mausolée monumental a été inauguré sur sa tombe à Hamadan. Il s'agit d'une colonnade de granit en 12 piliers, symbolisant les douze sciences du savoir d'Avicenne, couronnés par une toiture conique.

À cette occasion, des photographies de son crâne furent prises, et un anthropologue et sculpteur soviétique a ainsi réalisé un « portrait » d'Avicenne. Cette statue en marbre blanc se trouve près du mausolée.

Avicenne est revendiqué par de nombreux pays, car il est né dans un pays qui s'est appelé le Turkestan, de père Ouzbek et de mère Tadjik, et qu'il a beaucoup voyagé et séjourné dans des pays musulmans. Le reconnaissent comme leur : l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, l'Azerbaïdjan, l'Afghanistan, l'Iran, la Turquie... De nombreux pays arabes éloignés, au motif d'un séjour supposé, lui prêtent une vénération particulière.


Avicenne statue à Vienne,Pavillon des érudits.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 18 Juin 2018 - 16:39

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 19 Juin 2018 - 9:25

19 juin 1623
Naissance de Blaise Pascal



Blaise Pascal
(anonyme ; copie d’une peinture de François II Quesnel
gravée par Gérard Edelinck en 1691).

Son père, Étienne Pascal (1588-165112) très intéressé par les mathématiques et les sciences, était conseiller du roi pour l'élection de Basse-Auvergne, puis second président à la Cour des aides de Montferrand, et décide d'éduquer seul ses enfants. Blaise Pascal avait deux sœurs, Jacqueline, née en 1625, et Gilberte (née en 1620, mariée en 1642 à Florin Périer, conseiller à la cour des aides de Clermont) qui lui survécut.

En 1631, Étienne se rend avec ses enfants à Paris, alors que Blaise n'a encore que 8 ans. Il décide d’éduquer lui-même son fils qui montre des dispositions mentales et intellectuelles extraordinaires. En effet très tôt, Blaise a une capacité immédiate pour les mathématiques et la science, peut-être inspiré par les conversations fréquentes de son père avec les principaux savants de l’époque : Roberval, Marin Mersenne, Girard Desargues, Claude Mydorge, Pierre Gassendi et Descartes16. Malgré sa jeunesse, Blaise participe activement aux séances où les membres de l’académie Mersenne soumettent leurs travaux à l'examen de leurs pairs.


Blaise Pascal

À douze ans (1635), il commence à travailler seul sur la géométrie. Le travail de Desargues l'intéressa particulièrement et lui inspira, à seize ans, un traité sur les sections coniques qu'il soumit à l'académie Mersenne : Essai sur les coniques. La majeure partie en est perdue mais un résultat essentiel et original en reste sous le nom de théorème de Pascal. Le travail de Pascal était si précoce que Descartes, en voyant le manuscrit, crut qu’il était de son père.


La Pascaline.

À dix-huit ans (1641), Pascal commence le développement de la Pascaline, machine à calculer capable d’effectuer des additions et des soustractions afin d’aider son père dans son travail. Il en écrit le mode d’emploi : Avis nécessaire à ceux qui auront la curiosité de voir ladite machine et s’en servir. Plusieurs exemplaires sont conservés, en France, au Musée des arts et métiers à Paris et au musée de Clermont-Ferrand. Bien que ce soit le tout début du calcul mécanique, ce fut un échec commercial à cause de son coût élevé (100 livres). Pascal améliorera la conception de la machine pendant encore dix années et en construira une vingtaine d’exemplaires.

Pascal est également à l’origine de l’invention de la presse hydraulique, s'appuyant sur le principe qui porte son nom.

On lui attribue également l’invention de la brouette ou vinaigrette, et du haquet, véhicule hippomobile conçu pour le transport des marchandises en tonneaux. Ces attributions semblent remonter à un ouvrage de Bossut, qui réalise la première édition complète des écrits de Pascal, dans l’avertissement duquel il mentionne ces inventions d’après le témoignage de M. Le Roi, de l’Académie des Sciences, qui tient ses informations de son père, Julien Le Roi.

Dans ses dernières années troublées par une mauvaise santé, il rejette les ordonnances de ses médecins en disant : « La maladie est l'état naturel du chrétien. » D'après sa sœur Gilberte, il aurait écrit alors sa Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies. En 1659, Pascal tombe sérieusement malade.
Grâce à ses connaissances en hydrostatique, il participe à l’assèchement des marais poitevins, à la demande du Duc de Roannez. C'est avec ce dernier qu'il inaugurera la dernière de ses réalisations qui reflète parfaitement le souci d’action concrète qui habite le savant : la première ligne de « transports en commun », convoyant les passagers dans Paris avec des carrosses à cinq sols munis de plusieurs sièges.

Testament de Blaise Pascal
(Archives nationales de France).

En 1662, la maladie de Pascal est devenue plus violente. Conscient du fait qu'il a peu de chances de survivre, il songe à trouver un hôpital pour les maladies incurables, mais ses médecins le déclarent intransportable. À Paris, le 17 août1662, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrême onction. Il meurt à une heure du matin du 19 au no 8 de la rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont (devenue le 2 rue Rollin), ses derniers mots étant « Puisse Dieu ne jamais m'abandonner ». Il est enterré dans l'église Saint-Étienne-du-Mont.


Masque mortuaire de Blaise Pascal.

L'autopsie pratiquée après sa mort révélera de graves problèmes stomacaux et abdominaux, accompagnés de lésions cérébrales. Malgré cette autopsie, la raison exacte de sa santé chancelante n'est pas connue.
Des spéculations ont eu lieu à propos de tuberculose, d'un cancer de l'estomac ou d'une combinaison des deux. Les maux de tête qui affectaient Pascal sont attribués à la lésion cérébrale. (Marguerite Périer, sa nièce, dit dans sa biographie de Pascal que l'autopsie révéla que « le crâne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoïde… avec une abondance de cervelle, dont la substance était si solide et si condensée… »).

Les Pensées de Pascal sont largement considérées comme une des pièces maîtresses et une étape de la littérature française. En présentant ses observations sur un chapitre, Sainte-Beuve considérait ces pages comme les plus fines de la langue française. Will Durant, dans son onzième volume de l’Histoire des civilisations, le juge comme « le livre le plus éloquent en français ». Dans les Pensées, Pascal présente plusieurs paradoxes philosophiques : infini et néant, foi et raison, âme et matière, mort et vie, sens et vanité — apparemment n’arrivant à aucune conclusion définitive sans l’appui de l’humilité et de la grâce. En les rassemblant, il développe le pari de Pascal.


Blaise Pascal, marbre d’Augustin Pajou
(1785), musée du Louvre.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 19 Juin 2018 - 9:41

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 20 Juin 2018 - 10:04

20 juin 1936
Le Front populaire généralise les congés payés



Les premiers trains des congés payés à l'été 1936 ...

Un mois après son arrivée au pouvoir, le Front Populaire généralise les congés payés en France. La loi est votée à l'unanimité par les députés le 11 juin 1936 et promulguée le 20 juin 1936. Elle prescrit un minimum de deux semaines de congés par an pour tous les salariés français liés à leur employeur par un contrat de travail. En Belgique dès le 27 juin suivant, les congés payés sont une innovation sociale majeure dont certaines prémices étaient apparues dans des conventions collectives en Allemagne dès le début du XXe siècle. Cette législation sociale est liée à l'avènement du Front populaire en France.


Loi instituant un congé annuel rémunéré, 1936.
Archives Nationales AE/II/2993

Voir en grand

Innovation impériale
Les premiers congés payés ont été institués en France dès le 9 novembre 1853 par un décret de l'empereur Napoléon III, mais seulement au bénéfice des fonctionnaires.
L'idée a été reprise dans de nombreux autres pays, qui l'ont généralisé à tous leurs salariés. Ainsi en Allemagne dès 1905, puis en Autriche-Hongrie et dans les pays scandinaves depuis 1910, en Tchécoslovaquie, en Pologne et au Luxembourg, au début des années 20, et même en Grèce, en Roumanie, en Espagne, au Portugal ainsi qu'au Chili, au Mexique et au Brésil.

Il ne suffit pas d'avoir du temps libre. Encore faut-il savoir comment l'utiliser et en avoir les moyens. Au début du XXe siècle apparaissent en Rhénanie les premières auberges de jeunesse. Après la Première Guerre mondiale, dans l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, l'État met en place d'importantes organisations pour permettre aux citoyens de partir en vacances...
Les syndicats ouvriers européens se désintéressent quant à eux de la question et privilégient les revendications sur la semaine de huit heures.



Rattrapage social
En France, quelques administrations et patrons à la fibre sociale ont dès le début du XXe siècle l'audace d'instaurer les congés payés au bénéfice de leurs salariés (métro parisien, entreprises électriques et gazières, ouvriers du livre...).
Les patrons des houillères les instaurent au profit des mineurs en 1925.

Mais peu nombreux sont toutefois les salariés qui en profitent pour des vacances prolongées, beaucoup leur préférant une brève partie de campagne.



Les congés payés ne figurent pas au programme du Front populaire. La loi qui va les généraliser est promue par le parti radical-socialiste, l'un des partenaires du gouvernement.

Ce parti de centre gauche représente les classes moyennes. Ayant goûté aux charmes des congés payés, les radicaux vont souhaiter en étendre le bénéfice aux classes populaires par la loi du 20 juin 1936.

Cette loi ne conduit pas pour autant à une explosion du tourisme, malgré les billets de train à tarifs spéciaux et le développement des auberges de jeunesse, beaucoup de salariés n'ayant ni le réflexe ni la possibilité financière de partir.

En 1936, 600 000 salariés français seulement en profitent pour jouir de vacances au bord de la mer ou à la campagne ; ils seront 1,7 millions l'année suivante...


Léon Blum, Maurice Thorez, Roger Salengro, Maurice Viollette et Pierre Cot le 14 juillet 1936 .

82 ans plus tard, pour les plus jeunes comme pour nous tous, c'est un acquis, une évidence. Mais 82 ans après, les anciens eux, se souviennent encore très bien de cette révolution. Ils se souviennent très bien qu'il y avait un avant !
Pourtant, aujourd'hui, un français sur deux ne peut pas partir en vacances et un enfant sur trois est dans cette situation comme le rappelle cette année encore, le Secours Populaire Français.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 21 Juin 2018 - 7:15

21 juin 1791
La fuite à Varennes



Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, une berline lourdement chargée s'éloigne de Paris. À son bord le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette et leurs deux enfants, Madame Élisabeth, la sœur du roi, et la gouvernante des enfants.

Premiers déchirements
Onze mois plus tôt, le roi et son peuple célébraient ensemble la Fête de la Fédération. La Révolution semblait close et la monarchie constitutionnelle bien installée. Mais les relations entre Louis XVI et les députés de l'Assemblée constituante allaient très vite achopper sur la politique religieuse.
Le tribun Mirabeau suggère au roi qu'au cas où la collaboration avec le gouvernement révolutionnaire deviendrait impossible, il lui resterait la possibilité de quitter Paris pour prendre la tête de troupes favorables à sa cause et rentrer dans la capitale afin de mettre un terme à la Révolution.



Le tribun meurt le 2 avril 1791. Et le 18 avril, les Parisiens empêchent Louis XVI de quitter les Tuileries pour Saint-Cloud, où il veut faire ses Pâques et recevoir la communion d'un curé non assermenté. Pour le roi, très pieux, c'en est trop. Encouragé par le comte suédois Axel de Fersen, il décide de mettre en pratique le conseil de Mirabeau et de rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, à Montmédy, près de la frontière avec le Luxembourg. Il sait que ses troupes sont dévouées à la monarchie.

Fuite maladroite


Le matin du 21 juin, quand la disparition du roi est constatée, l'alerte est donnée et le marquis de La Fayette, commandant de la garde nationale, envoie des courriers dans toutes les directions pour ordonner l'arrestation des fuyards. Entre temps, la berline royale prend beaucoup de retard sur l'horaire. Le soir, elle arrive à Sainte-Ménehould, en Champagne, mais le détachement de hussards envoyé par le marquis de Bouillé pour assurer sa protection n'est pas en selle.


Arrestation de la famille royale à Varennes. Vintage Postcard, Lithographie

Les villageois, intrigués par le remue-ménage, laissent partir la berline suspecte mais retiennent les hussards. Dans le même temps, le fils du maître de poste Drouet, mandaté par la municipalité, saute sur un cheval et, prenant un chemin de traverse, devance la berline à l'étape suivante, Varennes-en-Argonne. Il alerte les habitants et le procureur de la commune, l'épicier Sauce. Quand arrive enfin la famille royale, elle est arrêtée et invitée à descendre de voiture.
C'est le soir. Le tocsin sonne. Les villageois, menaçants, se rassemblent autour de la maison de l'épicier où sont reclus les prisonniers.



Le 23 juin au matin, la berline reprend le chemin de Paris, escortée de trois députés. Elle entre à Paris deux jours plus tard, dans un silence funèbre, les badauds ayant ordre de ne pas prononcer un mot.
Le roi est ramené au palais des Tuileries et placé sous la« surveillance du peuple ». Il est provisoirement suspendu de ses pouvoirs. Pour la bienséance, l'Assemblée qualifie la péripétie de Varennes d'« enlèvement » et non de « fuite ». Mais la confiance entre la monarchie et la Révolution est brisée, d'autant plus que l'on soupçonne le roi de collusion avec l'étranger, voire de trahison.

Les républicains vont dès lors plaider ouvertement leur cause. La monarchie sera finalement renversée par l'émeute du 10 août 1792.


L’arrestation de Louis XVI et de sa famille à Varennes chez l’épicier et procureur Jean-Baptiste Sauce
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 21 Juin 2018 - 7:26

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 22 Juin 2018 - 8:45

22 juin 1586 :
Mort du médecin Louis Duret,
l’Hippocrate de France



Hippocratis magni Coacæ pr&aolig;notiones.
Édition de 1621 de l’ouvrage de Louis Ducret
paru pour la première fois à titre posthume en 1588


Médecin de Charles IX et de Henri III, grand praticien, éclairé par l’anatomie, guidé par le raisonnement, nourri et mûri par l’expérience, Louis Duret professa toute sa vie cette doctrine que le rôle du médecin est presque uniquement d’imiter la nature, de l’observer, de l’aider dans ses mouvements, et de saisir avec justesse et à-propos le moment favorable pour agir, cherchant des leçons dans les efforts que fait la nature pour faire disparaître ces maladies.

Ce célèbre médecin de la Faculté de Paris, l’un des plus remarquables du XVIe siècle, naquit en 1527, à Baugé-la-Ville, petite ville du Bugey en Bresse. Il était second fils de Jean Duret, gentilhomme et seigneur de Montanet en Piémont. La maison de son père étant dérangée et chargée de procès, il la quitta de bonne heure et vint à Paris.

Sa jeunesse se passa à apprendre les langues savantes dans les meilleurs auteurs. Il possédait le grec si parfaitement, qu’il a souvent corrigé et rétabli un grand nombre de passages d’Hippocrate mal entendus des copistes et des traducteurs. Il parlait latin avec beaucoup de grâce et de facilité, mêlant dans son style, sans affectation et sans pédanterie, des phrases entières des auteurs les plus célèbres. L’arabe même ne lui était pas inconnu, il lisait Avicenne dans sa langue naturelle.


Les médecins. Chromolithographie du XXe siècle

Considéré comme écrivain, il nous offre un modèle de goût et d’élégance dans le style ; ses traductions sont d’une rare exactitude, et elles ne pouvaient manquer de l’être, puis les langues latine et grecque ne lui étaient guère moins familières que la sienne propre.

Mais on sait, par ses élèves ou par ses contemporains, que Duret était un de ces génies rares qu’on ne voit paraître que dans l’espace de plusieurs siècles. Il passait sa vie à enseigner, à écrire et à pratiquer ; et ce n’était point l’amour de la gloire ou son intérêt particulier qui lui servaient de motif dans ses travaux, mais le seul bien public. La noblesse de ses vues lui mérita non seulement une réputation conforme à son savoir, mais elle contribua tellement à sa fortune qu’il fut un des plus riches médecins de son temps. On pourrait ajouter un des plus savants, puisqu’il a mérité le nom d’Hippocrate de France ; c’est le plus court mais le plus grand éloge qu’on ait pu faire de lui.


David Teniers le Jeune, Le Chirugien-barbier

Il fut d'abord, comme humaniste, précepteur d'Achille de Harlay. Il fit ses études de médecine sous la houlette de Jacques Houllier et de Jacques Dubois. Nommé au Collège royal en 1568, il y resta 18 ans. Duret avait une mémoire prodigieuse : on disait qu'il savait par cœur toutes les œuvres d'Hippocrate. Il ne jurait d'ailleurs que par lui. Il critiqua en revanche la polypharmacie de la médecine arabe. Il mourut un 22 janvier, après avoir prédit, dit-on, la date de sa mort, comme l'avait fait dix ans plus tôt Jérôme Cardan.


Médecine et savoir au XVIe siècle

Lorsque Duret maria sa fille Catherine à Arnoult de Lisle en 1586, non seulement le roi Henri III honora de sa présence la cérémonie religieuse et le repas de noces, mais encore il fit présent à la jeune mariée de la vaisselle d'or et d'argent du festin. Le roi lui disait que s'il avait eu un fils, il n'aurait pas hésité à le lui confier.

Il eut pour fils Charles Duret, président de Chevry, intendant des finances, et Jean Duret, médecin de Marie de Médicis.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 22 Juin 2018 - 9:33

merci Opaline , très intéressant .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 23 Juin 2018 - 8:18

23 juin 1848
Insurrection ouvrière à Paris



Barricade à l'entrée du faubourg Saint-Antoine, le 25 juin 1848 - Musée carnavalet

Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain issu des journées révolutionnaires de Février.

Les Ateliers nationaux ont été créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d'un travail symbolique.

L'administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s'employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d'un franc par jour. Désoeuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes.

La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l'espoir d'étouffer ainsi l'agitation ouvrière. C'est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu'à 400 barricades.


La Barricade de la rue Soufflot – Tableau de Horace Vernet.

Le matin du 23 juin, premier jour de l’émeute, le tocsin effrayait, le rappel de la Garde Nationale battait, les omnibus rapportaient les nouvelles les plus alarmantes sur les premières barricades et sur les fusillades. Chacun se demandait : « que faire ? », « que penser ? ». Tous cherchèrent à prendre le parti qui paraissait être le plus raisonnable. On se replia sur le voisinage. Un liquoriste dans la Cité raconta : « Le 23 [...] comme tout le monde j’étais indécis sur ce que je devais faire et je me consultai avec mes voisins ». Le voisinage créa un espace d’information, de concertation et de solidarité. La femme Chassan dans le quartier de l’Observatoire : « A la barricade de notre porte, tout le quartier était présent, hommes comme femmes, écoutant les uns et les autres et cherchant à savoir où tous ces malheurs nous conduiraient ». On se barricada d’abord pour défendre sa maison, sa rue et pour se protéger.

Les officiers de la Garde Nationale furent les personnages centraux des barricades. Ils cherchèrent à stabiliser la situation, ils prirent leur quartier sous leur responsabilité.


Combats autour du Panthéon, le 24 juin 1848, par Nicolas Edward GABE, XIX° siècle, musée Carnavalet, Paris.

Desteract, capitaine rue de Menilmontant, en fit le récit : « Je me trouvais la seule autorité dans le quartier, et l’on s’adressait à moi pour avoir le nécessaire. Dans ma circonscription, il y avait beaucoup d’individus appartenant aux Ateliers Nationaux qui, ne pouvant se rendre à leurs travaux, étaient sans moyen de subsistance ; beaucoup d’autres personnes ne pouvaient vivre sans mon intervention. J’ai fait alors appel aux propriétaires du voisinage, et je les ai suppliés de venir au secours de ceux qui avaient des besoins. C’est alors que j’ai invité les boulangers à fournir du pain et à cet effet j’ai engagé ma signature ». Beaucoup prirent en charge la distribution des vivres dans les quartiers barricadés. Ils mirent en place un système de bons de fourniture qui permettait de calmer les esprits des hommes des barricades, de rassurer les boutiquiers et d’inciter les propriétaires à la solidarité. Le but était de faire taire les hostilités de voisinage ; beaucoup de pillages furent ainsi évités.

Le général Cavaignac engage une terrible répression, à la mesure de l'effroi qu'éprouvent les bourgeois de l'Assemblée.


Mgr Affre

Monseigneur Denis Affre, archevêque de Paris (55 ans), s'interpose entre les insurgés et la troupe, sur une grosse barricade.

Un crucifix à la main, cet homme d'un naturel timide appelle les frères ennemis à la réconciliation. Les coups de feu s'interrompent. Mais un roulement de tambour réveille les pulsions de mort. Les coups de feu reprennent. L'archevêque s'écroule. Il murmure avant de mourir : «Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis».

Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l'ordre.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 23 Juin 2018 - 14:11

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 24 Juin 2018 - 9:17

24 juin 1717
Naissance de la franc-maçonnerie




Le 24 juin 1717, à l'occasion de la Saint Jean, naît à Londres la « Grande Loge de Londres et de Westminster ». C’est l’acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne. Il se produit dans une taverne au nom pittoresque : L’oie et le gril.

La franc-maçonnerie moderne est née en Grande-Bretagne dans les premières années du XVIIIe siècle. Elle s'est très vite diffusée dans l'ensemble du monde occidental, accompagnant partout la démocratie et la tolérance religieuse.

Elle a pris diverses colorations au fil de ses migrations, plutôt spéculative en France et plutôt bienfaitrice aux États-Unis, sans jamais renier les idéaux reçus de ses « géniteurs » anglais.

Elle se définit comme un « Ordre initiatique », avec une notion de « sacré » qui va au-delà de la simple religiosité. Son goût du secret et ses engagements libéraux ont nourri à son encontre mythes et calomnies...


Initiation d'un apprenti franc-maçon vers 1800.
Image: wikimedia commons


Origine anglaise et références bibliques

En juin 1717, quatre loges maçonniques londoniennes qui n’avaient d’autre objectif que celui de pratiquer une entraide mutuelle entre leurs membres se fondent dans une « Grande Loge de Londres ». C’est l’acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne.

Née dans un milieu protestant, la franc-maçonnerie puise dans l’Ancien Testament son enseignement moral. Considérant qu’elle a pour vocation de construire un temple idéal, elle adopte pour modèle le Temple du roi Salomon.

L’architecture sacrée joue un rôle prépondérant dans la vie maçonnique : Dieu est appelé par les francs-maçons « Le Grand Architecte de l’Univers ».

Très rapidement, la franc-maçonnerie accueille en son sein des représentants de la haute société anglaise (exclusivement des hommes) et essaime sur le Continent, à commencer par la France.


Vous pouvez admirer au Musée de la Franc-Maçonnerie du Grand Orient de France,
la lithographie originale du Serment du Jeu de Paume.


Une vocation libérale

Une première loge maçonnique voit le jour à Paris en 1725. Elle est suivie de nombreuses autres loges dans toutes les grandes villes de France,où se pressent les élites cultivées du « Siècle des Lumières ».

Les aristocrates, les bourgeois de qualité, certains membres du haut clergé et tous ceux qui se piquent de « philosophie » envahissent ces loges qui deviennent un lieu privilégié d’échanges intellectuels. Même engouement dans le reste de l'Europe. À Prague, le divin Mozart offre à la franc-maçonnerie un chef-d'oeuvre, La Flûte enchantée...

Le marquis de La Fayette joue un rôle de premier plan dans la guerre d'Indépendance américaine comme dans la Révolution française, professant des idées libérales et sans jamais renier son appartenance à la franc-maçonnerie jusqu’à sa mort en 1834 au soir d’une existence d’une exceptionnelle richesse.


Tablier sur soie,
dit vase aux serpents (XVIIIe siècle),
Musée de laFranc-Maçonnerie, Paris


Vers la démocratie

La Révolution divise les maçons français, partagés entre monarchistes et libéraux. Napoléon réconcilie tout le monde. Au demeurant, les maçons se montrent successivement bonapartistes et napoléoniens et l’on voit même des loges prendre pour nom distinctif : Saint-Napoléon (!). Ce qui n’empêche pas l'empereur de les faire étroitement surveiller par sa police. Et, pour encore mieux les tenir en laisse, il nomme en 1804 son frère Joseph Grand Maître du Grand Orient de France.

Sous la Restauration et le Second Empire, les loges changent peu à peu de visage. La Constitution du Grand Orient de France proclame que « la franc-maçonnerie est une institution essentiellement philosophique, philanthropique et progressive qui a pour base l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme ».

Les citoyens des classes nobiliaire et bourgeoise, qui, jusque-là, avaient occupé une place prépondérante dans les loges, se serrent pour accueillir – fait nouveau – des petits fonctionnaires, des artisans et des commerçants.

Cependant, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, elle apparaît comme une société de notables et demeure imperméable à la classe ouvrière et au prolétariat… Il en est encore de même de nos jours, à quelques exceptions près.


Le musée de la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie et l’Anti-France

Quand éclate l’affaire Dreyfus, le Grand Orient de France (alors la plus importante des obédiences maçonniques françaises en effectifs comme en influence) prend position en faveur du capitaine et demande une révision du procès. C’est à l’occasion de cette affaire qu’est créée la « Ligue des Droits de l’Homme », laquelle compte de nombreux maçons.

Par ailleurs, l’affaire des fiches éclate en 1901 quand le général André, ministre de la Guerre, prend l’initiative de mettre en fiches les officiers en raison de leurs convictions catholiques. Il se trouve que ce ministre-général est franc-maçon…

Dans la première moitié du XXe siècle, ces deux affaires indisposent les adversaires de l’Ordre qui prennent pour cibles quatre ennemis accusés de tous les malheurs réels ou supposés du pays : la République, les juifs, les communistes et les francs-maçons.

Pendant l’Occupation (1940-1944), l’Ordre est interdit, tout comme dans l’Allemagne hitlérienne, avant tout en raison de son internationalisme. Nombreux sont les maçons qui s’impliquent dans la Résistance. Fin 1943, à Alger, le général de Gaulle abroge les lois antimaçonniques de Vichy et affirme « que la franc-maçonnerie n’avait jamais cessé d’exister ».

Blessée, humiliée, pillée, la franc-maçonnerie française renaissant de ses cendres au lendemain de la Libération, se reconstitue non sans mal et sans retrouver l’influence qu’elle avait sous la IIIe République.



Dans une interview donné à la radio italienne Colors Radio, Gioele Magaldi, Grand Maitre franc-maçon italien, révèle l'appartenance maçonnique du nouveau président de la République française, Emmanuel Macron :

"Emmanuel Macron est dans la parfaite continuité de Hollande... Déjà banquier des Rothschild, il a été consultant puis ministre du même Hollande. De plus, il est le chouchou du franc-maçon Jacques Attali... Macron en personne se vante de son appartenance maçonnique dans l’Ur-lodge (super-loge) « Fraternité verte » où l’a amené Hollande, et dans la super-loge « Atlantis Aletheia »... Son mentor Attali ? Un raffiné franc-maçon, un intellectuel d’envergure qui a travaillé pour le centre-gauche et a participé à la construction de cette Europe technocratique et oligarchique, ...opération cosmétique qui a porté Macron à l’Élysée. »

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 24 Juin 2018 - 9:52

merci Opaline , pas très clair , en effet , ces "rouages" des loges maçonniques .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 25 Juin 2018 - 8:06

25 juin 1928
Poincaré exécute le franc Germinal



Raymond Poincaré

Le 25 juin 1928, le gouvernement français dévalue le franc des 4/5e de sa valeur. La monnaie nationale ne vaut plus que le cinquième de la contrepartie en or du franc d'avant 1914, le franc Germinal, créé par Napoléon Bonaparte un siècle plus tôt.

Cette dévaluation massive met un terme à la crise financière qui agite l'État. Elle est le résultat d'une politique courageuse menée envers et contre tous par le président du Conseil Raymond Poincaré, un conservateur austère et sans charisme de 67 ans, qui a déjà eu l'écrasante responsabilité de présider la République française tout au long de la Grande Guerre.


Pièce de 1 franc en argent,
la dernière sera émise en 1920 et marque
la fin « symbolique » du franc germinal.


Retour réussi
Dans l'impasse, le 21 juillet 1926, avec une livre qui est remontée au cours record de 235 francs, le président Gaston Doumergue appelle Raymond Poincaré à former un cabinet d'union nationale, qui réunit les droites et le parti radical, grand parti charnière du centre, à l'exclusion des socialistes (SFIO) et des communistes.

Fort de son prestige, le nouveau chef du gouvernement constitue une équipe de choc avec seulement treize ministres.La confiance des milieux d'affaires et des épargnants revient aussitôt. La conjoncture internationale, il est vrai, est favorable : le monde occidental connaît une euphorie économique et la question des réparations allemandes est en voie de règlement avec le plan Dawes qui a été adopté le 1er septembre 1924.

En une seule journée, le 3 août 1926, Poincaré fait adopter par la Chambre des députés un important train de mesures fiscales.
Là-dessus, réunissant solennellement les parlementaires à Versailles, le 10 août 1926, il crée une « Caisse d'amortissement des bons du Trésor ». Sa fonction est de collecter les recettes générées par certains impôts et taxes, ces recettes devant être affectées au remboursement de la dette de l'État. Les épargnants sont ainsi assurés de récupérer leur mise.

Les résultats, rapides, satisfont l'opinion : les rentrées fiscales augmentent cependant que les prix à la consommation tendent à baisser, en partie du fait de la revalorisation du franc.


Charles G. Dawes

Mais Poincaré veut aussi éviter l'erreur de Churchill, chancelier de l'Échiquier, qui a restauré la livre sterling à son niveau de 1914 et porté de ce fait un coup sévère aux exportations britanniques.

Après les élections législatives du printemps 1928, il se décide à dévaluer le franc et à ramener son cours officiel au cours stabilisé de 1926. Il pèse désormais 65,5 milligrammes d'or au titre de 900 millièmes, contre 322,58 milligrammes d'or lors de sa création par Bonaparte par la loi du 7 germinal an XI (27 mars 1803). On a désormais environ une livre pour 125 francs et un dollar pour 25 francs.


Aristide Briand vers 1905.

La mesure permet de restaurer la convertibilité du franc en lui donnant une valeur réaliste. Les comptes publics et les échanges se redressent et l'année 1929 se présente sous les meilleurs auspices... 1929 ! Le 26 juillet, pour cause de prostate, Poincaré se retire avec les honneurs. Mais son gouvernement demeure en place sous la présidence d'Aristide Briand (l'homme de la séparation des Églises et de l'État ainsi que du rapprochement franco-allemand) puis d'André Tardieu.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 25 Juin 2018 - 8:23

merci Opaline de nous rappeler ces moments historiques .
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 26 Juin 2018 - 8:06

26 juin 1836
Décès de Claude Joseph Rouget de Lisle




Originaire de Lons-le-Saulnier, dans le Jura, Rouget de Lisle est affecté à Strasbourg comme capitaine de génie quand la France révolutionnaire entre en guerre contre la Prusse et l'Autriche. Lors d'une soirée, le maire de la ville de Dietrich, qui connaît ses talents musicaux, l'invite à composer une marche militaire pour stimuler la ferveur des soldats. Ce Chant de guerre pour l'armée du Rhin, rebaptisé Marseillaise en août 1792, deviendra le premier hymne national officiel...


Rouget de Lisle chantant La Marseillaise. Tableau d'Isidore Pils.

Le 24 avril 1792, à Strasbourg, dans le salon du maire, le baron de Dietrich, l'effervescence est à son comble. Cinq jours plus tôt, la France a déclaré la guerre à l'Autriche.

Le maître de maison s'adresse au jeune Joseph Rouget de Lisle, officier de son état et violoncelliste à ses heures (32 ans): « Monsieur de Lisle, faites-nous quelque beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l'appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la nation ».

Le capitaine de garnison, de retour chez lui, s'exécute avec fougue. Le lendemain soir, de Dietrich organise un dîner au cours duquel lui-même reprend son chant, accompagné par une dame au clavecin et par Rouget de Lisle au violon.


Le buste en cire de Rouget de Lisle, par David d'Angers.

Le premier hymne national
D'abord baptisé Chant de guerre pour l'Armée du Rhin, le nouveau chant recueille un succès fulgurant. Des voyageurs colportent les paroles et l'air dans tout le pays.

A Marseille, où des volontaires se préparent à se rendre à Paris pour  combattre l'invasion, on leur distribue des feuillets avec les paroles  du chant patriotique.Les fédérés marseillais entonnent celui-ci tout au  long de leur voyage et lors de leur entrée dans la capitale. D'où son  nom définitif de Marseillaise.

Le chant scande quelques semaines plus tard la charge des soldats de  Valmy. Lors des révolutions de1848 dans l'ensemble du continent  européen, la Marseillaise reçoit une consécration internationale (avant d'être plus tard supplantée par l'Internationale).

De Dietrich fut fort mal récompensé car il finit sur la guillotine  quelques mois plus tard. Rouget de Lisle échappa au même sort par la  fuite...


Rouget de Lisle chantant la Marseillaise dans le salon du maire Dietrich à Strasbourg.

Rouget de Lisle compose d'autres chants semblables à la Marseillaise et en 1825 il publie Chants français. Il n'arrive pas à percer dans sa carrière littéraire (préfaces, traductions d'ouvrages anglais, mémoires). Il écrit sous la Restauration un hymne royaliste. Mais celui-ci, baptisé Vive le Roi !, ne parvint pas à séduire Louis XVIII, qui n'agréa pas la chanson.

Il finit sa vie dans une situation précaire, devant même vendre l'héritage de son père. On connaît une lettre [archive] que Pierre-Jean de Béranger lui adresse le 21 juin 1826 à la prison de Sainte-Pélagie où il est emprisonné pour dettes.


La maison de Choisy-le-Roi.


La plaque, sur la maison de Choisy-le-Roi.

Sous la monarchie de Juillet, Louis-Philippe Ier lui accorde une pension viagère de 1.500 francs en 1830. Il obtient une pension supplémentaire de 2.000 francs en 1832. Peu de temps après, il s'éteint à Choisy-le-Roi le 26 juin 1836 à l'âge de 76 ans. Ses cendres furent solennellement transférées aux Invalides le 14 juillet 1915. On peut cependant encore voir sa tombe au cimetière de Choisy-le-Roi.

Les papiers personnels de Claude-Joseph Rouget de Lisle sont conservés aux Archives nationales sous la cote 75AP


Rouget de Lisle composant la Marseillaise,
Auguste de Pinelli, (musée de la Révolution française)

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 27 Juin 2018 - 7:16

27 juin 1856
La Castiglione devient la maîtresse de Napoléon III.



La comtesse de Castiglione
par Gordigiani en 1862.


Consciente de sa beauté, elle est surnommée La Perla d'Italia (La Perle d'Italie).
Elle épouse, en 1854, à l'âge de 17 ans, le comte Francesco Verasis de Castiglione, dont c'est le 2ème mariage et auquel elle donne le 9 mars 1855 un fils prénommé Giorgio.

Quelques semaines après ses couches, aux fins de servir en secret les intérêts du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II (dont elle est devenue aussi la maîtresse) et l'unification de l'Italie, son cousin Camillo Cavour lui demande de se rendre à Paris pour que la jeune femme de 18 ans devienne la maîtresse de l'empereur Napoléon III qui en a 47, afin d'influencer, sur l'oreiller, ses décisions politiques et d'obtenir l'appui du gouvernement français pour la création d'une Italie unifiée et indépendante. La Comtesse rêvant de jouer un rôle politique accepte cette mission. Le couple part rendre visite aux Walewski (en) et arrive le 25 décembre à Paris, où ils s'installent au 10 rue de Castiglione.


Photographie de la comtesse de Castiglione, dite à l'éventail, sous le titre de Elvira en 1863,
par Pierre-Louis Pierson à Paris. Collection du Metropolitan Museum of Art.


Le 9 janvier 1856 la Castiglione est présentée à la cour de Napoléon III et à l'impératrice Eugénie lors d'un bal chez la princesse Mathilde.

La relation de la comtesse avec Napoléon III se matérialise dans le parc de Saint-Cloud au milieu du château de Villeneuve-l'Étang à Marnes-la-Coquette le 27 juin 1856. L'empereur et la comtesse étant mariés, le double adultère impérial fait scandale, et contraint le comte de Castiglione à se séparer de sa femme : ruiné par le train de maison luxueux dans leur hôtel parisien de la rue de Castiglione, il repart seul en Italie où il doit vendre toutes ses possessions pour rembourser les dettes faites par son épouse.

Libre, la comtesse entretient avec l'Empereur des Français une relation de deux ans (1856-57). Néanmoins, d'après une rumeur infondée, la comtesse de Castiglione serait devenue en 1862, la mère d'un fils illégitime de l'empereur, le chirurgien-dentiste Arthur Hugenschmidt. Robert de Montesquiou, dont la dédicace qu'il fit à Hugenschmidt de son poème des Paroles diaprées reprend la rumeur.


La comtesse de Castiglione en Dame de Cœur vers 1863,
par Pierre-Louis Pierson à Paris.
L'impératrice Eugénie de Montijo commente :
« le cœur est un peu bas ».
Collection du Metropolitan Museum of Art.


Cet adultère impérial qui défraye la chronique lui ouvre les portes des salons privés d'Europe qui, en temps normal, lui auraient été fermées. Elle y rencontre les grands de cette époque : la reine Augusta de Prusse, le comte Otto von Bismarck et l'homme politique Adolphe Thiers.

Mais narcissique et capricieuse, snobant le reste de la cour et se vantant publiquement des cadeaux que l'empereur lui offre à partir des fonds secrets, elle finit par se rendre antipathique et lasse l'empereur qui prend une nouvelle maîtresse, la comtesse Marianne Walewska. De plus, dans la nuit du 5 au 6 avril 1857 alors qu'il sort de chez la comtesse Castiglione, trois carbonari italiens Grilli, Bartolotti, Tibaldi, accusés d'être à la solde du révolutionnaire Giuseppe Mazzini, tentent de tuer l'empereur. Soupçonnée à tort de complicité, elle est officiellement expulsée de France par des agents secrets en possession d'un décret signé par le ministre de l'Intérieur. En réalité, elle s'éloigne simplement et revient en grâce dès le mois suivant grâce à la princesse Mathilde et à son complice et confident Joseph Poniatowski.


La Mà (1895) Virginia de Castiglione par Pierson

Malgré la rupture avec Napoléon III, elle prétend néanmoins que son influence sur l'empereur s'est concrétisée le 21 juillet 1858 lors de l'entrevue secrète à Plombières entre Napoléon III et le comte de Cavour, aboutissant au traité de Plombières.

Soutenue par sa beauté mais aussi un charme irrésistible et une intelligence subtile, la comtesse de Castiglione va conquérir toutes les cours d'Europe, si bien que, durant la guerre franco-prussienne de 1870, Napoléon III, vieillissant, malade et vaincu, lui demandera une dernière fois de jouer de ses talents de diplomate pour plaider la cause de la France auprès du chancelier de Prusse Bismarck, et d'éviter à Paris l'humiliation d'une occupation par des troupes étrangères.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 27 Juin 2018 - 9:58

Belle femme , merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 28 Juin 2018 - 6:50

28 juin 1833
Guizot instaure un enseignement primaire public



Guizot, ministre de l'instruction publique.
Lith. Anst. von Pobuda,


Le 28 juin 1833, au début du règne de Louis-Philippe 1er, le ministre de l'Instruction publique François Guizot fait voter une loi instaurant en France un enseignement primaire public. Chaque commune doit, dans les six ans qui suivent, devenir propriétaire d'un local d'école, loger et entretenir un ou plusieurs instituteurs et instruire tous les enfants en échange d'une rétribution mensuelle des familles : « Toute commune est tenue, soit par elle-même, soit en se réunissant à une ou plusieurs communes voisines, d'entretenir au moins une école primaire élémentaire »​ (article 9).

Pour la formation des instituteurs, le ministre accélère la création des Écoles normales. Les premières sont apparues sous la Révolution pour remplacer les curés dans leur fonction d'enseignement. L'article 11 de la loi stipul​e : « Tout département sera tenu d’entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins »​ (article 11). Il ne s'agit encore que de former des instituteurs masculins. Les écoles normales de femmes seront créées à partir de 1844 selon le bon vouloir ​des élus locaux et les départements ne seront tenus d'en ouvrir qu'à partir de 1879.



La loi Guizot précise le contenu de l'enseignement : « L'instruction primaire élémentaire comprend nécessairement l'instruction morale et religieuse, lalecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures »​ (article 1)...

Non sans préciser : « Le vœu des pères de famille sera toujours consulté et suivi en ce qui concerne la participation de leurs enfants à l'instruction religieuse »​ (article 2) ! Autant dire que dès 1833, sous le règne du roi Louis-Philippe, on met des limites à l'influence de l'Église...



Le débat parlementaire est difficile. Le texte est attaqué par les catholiques, hostiles à l'existence de l'enseignement public, et par la gauche voltairienne et anticléricale, qui combat la liberté de l'enseignement confessionnel.

Guizot s'est personnellement engagé pour que l'instruction primaire comprenne l'éducation morale et religieuse. Mais il doit renoncer à étendre le bénéfice de sa loi à l'enseignement primaire féminin, qui continue d'échapper à toute réglementation et se trouve ainsi abandonné de fait aux congrégations religieuses.




Sur ce tableau de 1844 représentant le Conseil des ministres du 15 août 1842,
le peintre Claudius Jacquand a représenté Guizot debout, à gauche, derrière le roi
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 29 Juin 2018 - 7:10

29 juin 1525
L’avocat de François Ier
défend des rats menacés d’excommunication



Portrait de Barthélémy de Chasseneuz
par le graveur Jacquues Cundier.


La coutume d’excommunier les rats se traitait dans les règles : elle passait d’abord par-devant les juges civils ; deux avocats plaidaient, l’un pour et l’autre contre les rats. Ensuite, sur la sentence ces juges séculiers, ceux d’Église faisaient droit.

Barthélemy de Chasseneuz, mort premier président du parlement de Provence et jurisconsulte connu par ses commentaires sur la coutume de Bourgogne et par d’autres ouvrages, ne crut pas les rats indignes de son éloquence et de son érudition. En 1525, les rats accusés et convaincus d’avoir fait beaucoup de dégâts aux environs d’Autun, furent excommuniés par l’évêque. Chasseneuz, qui était alors avocat du roi François Ierdans cette ville, prit leur défense, et fit en leur faveur un fort beau plaidoyer, au moins autant qu’on peut le présumer ; car malheureusement il n’est point dans ses ouvrages.


Un médecin de peste à Rome,
pendant une épidémie de peste,
portant un masque de protection.


Le président de Thou en parle comme d’une pièce qui a subsisté, mais qu’il n’a pas vue, et semble ne la citer qu’après Chasseneuz lui-même, qui en parle dans son traité de la coutume de Bourgogne. Comme on l’a perdue, les historiens ont raisonné selon qu’il leur a plu, et disent que « monsieur de Chasseneuz (...) étant à Autun dans un temps que quelques villages de l’Auxois demandaient qu’il plût aux juges d’église d’excommunier les rats qui désolaient le pays, il avait pris la défense de ces animaux, et remontré que le terme qui leur avait été donné pour comparaître, était trop court, d’autant plus qu’il y avait pour eux du danger à se mettre en chemin, tous les chats des villages voisins étant aux aguets pour les arrêter en passant : sur quoi, Chasseneuz avait obtenu qu’ils seraient cités de nouveau, avec un plus long délai pour y répondre. »

Déjà, en 1516, les chenilles et les mulots de la région de Troyes avaient été excommuniés, cependant, parmi les animaux nuisibles, les rats ont toujours été ceux contre lesquels la répulsion était la plus grande. Ils étaient considérés comme des ennemis redoutables, et l’on pensait que les puces qu’ils transportaient contenaient les germes de la peste.


La puce du rat, Xenopsylla cheopis
est le principal vecteur de la peste.
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