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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 28 Mai 2018 - 7:59

28 mai 1871
Fin sanglante de la Commune



Barricade place de la Concorde, au fond l'église de la Madeleine.

Le 28 mai 1871, au terme d'une Semaine sanglante, la Commune de Paris n'existe plus...

 Illusions révolutionnaires
 Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la  défaite de leur pays face aux Prussiens, s'en étaient pris aux troupes  gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers,  avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement  insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale  sous le nom de «Commune de Paris».

 Mais dès la signature du traité de paix avec l'Allemagne, le 10 mai,  Adolphe Thiers obtient de l'occupant prussien la libération anticipée de  60 000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130 000 hommes,  dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et  formés à la hâte.


La misère ouvrière sous le Second Empire.
Les conditions de vie et le travail des enfants dans l'industrie.

L'assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne.
Les Versaillais ont en face d'eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés.
Ils doivent conquérir les barricades l'une après l'autre. Les combats  de rue feront au total 4 000 tués (877 du côté des troupes  versaillaises).


Thiers chargeant les communards
(couverture du Fils du père Duchêne Illustré).


S'ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l'arrière,  des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place.

Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils  allument aussi des foyers d'incendie. Du fait de ceux-ci et des  bombardements, plusieux monuments illustres partent en fumée. Parmi eux  le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l'Hôtel de Ville  hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d'Orsay...


L'arrestation de Louise Michel le 24 mai 1871, par Jules Girardet.

Le bilan total de la Semaine sanglante est d'environ 20 000 victimes, sans compter 38 000 arrestations. C'est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution.
À cela s'ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux  prononceront jusqu'en 1877 un total d'environ 50 000 jugements. Il y  aura quelques condamnations à mort et près de 10 000 déportations (parmi  les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure  une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L'amnistie  (pardon et oubli) ne viendra qu'en 1879 et 1880.



Cadavres de communards. 
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 29 Mai 2018 - 8:07


29 mai 1453
Prise de Constantinople par les Turcs




Cette illustration tirée d'un manuscrit français de 1455 montre le siège  de Constantinople avec,
à gauche, la Corne d'Or, et au fond, de gauche à  droite, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara.
Le siège de Constantinople  en 1453 – miniature réalisée à Lille en 1455
(manuscrit de Bertrandon de  la Broquière, BNF, MS fr. 9087, f. 207v).

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l'Histoire occidentale. Ce jour-là, Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II.

  La ville, vestige de l'empire romain, était l'ultime dépositaire de  l'Antiquité classique. Elle faisait aussi office de rempart de la  chrétienté face à la poussée de l'islam.


Dès son accession au trône, Mehmed II se fixe
comme objectif la prise de Constantinople.

  La chute finale
  La chute de Constantinople devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d'Asie, les Turcs ottomans,  traversent le détroit du Bosphore. Ils s'emparent de la plus grande  partie de la péninsule des Balkans et installent leur capitale à  Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople.

  Au milieu du XVe siècle, réduite à environ 40.000 habitants et  dépourvue d'arrière-pays, Constantinople n'est plus qu'un petit État en  relation avec les marchés d'Extrême-Orient pour le plus grand bénéfice  des marchands de Venise et de Gênes qui s'y approvisionnent en soieries  chinoises. Elle ne dispose pour sa défense que de 7.000 soldats grecs et  d'un détachement d'environ 700 Génois.



Le canon des Dardanelles,  du type de celui qui a été utilisé par les assiégeants ottomans à
Constantinople en 1453. Il appartient aujourd'hui à l'armurerie royale  du Royaume-Uni.

Le siège de Constantinople commence en avril 1453 avec 150.000 hommes.

Le basileus (empereur en grec) Constantin XI se fie aux  puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en  attendant d'hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles,  le sultan Mehmet II fait appel à toutes les ressources de l'artillerie.  Il dispose de pas moins de 25 à 50 grosses bombardes (canons  primitifs) et de plusieurs centaines de plus petites qui vont projeter  sans trêve des pierres et des boulets sur les murailles pendant  plusieurs semaines d'affilée.

Pour les adversaires, l'accès aux remparts faisant face à la Corne d'Or  est empêché par la présence d'une lourde chaîne installée par l'empereur  Léon III, renforcée par des tonneaux flottants et dressée à l'entrée de l'estuaire de façon à barrer celui-ci

 

La  chaîne servant à barrer la Corne d'Or lors du siège de 1453.
Elle est  aujourd'hui entreposée dans le musée militaire d'Istanbul.

L'immense flotte du sultan complète le siège de la ville par le  Bosphore et la mer de Marmara. Elle arrive à entrer aussi dans le chenal  de la Corne d'Or.

  Arrive l'aube fatale où des dizaines de milliers d'hommes ivres  d'impatience entrent dans la ville. Dans la basilique Sainte-Sophie,  l'empereur grec meurt, les armes à la main, au milieu de ses derniers  soldats. Dès la mi-journée, le sultan peut faire son entrée dans la  ville.

  Les combats ont fait 4.000 morts. Selon la tradition de l'époque, les  vainqueurs s'offrent le droit de piller la ville, de violer et de tuer à  qui mieux mieux pendant les trois jours qui suivent sa chute. Tous les  habitants survivants (25.000) sont réduits en esclavage.


La Prise de Constantinople lors de la Quatrième croisade se fait par le mur de la Corne d'Or.

  Le sultan Mehmet II, qui songe à faire de Constantinople sa propre  capitale et veut lui conserver sa grandeur, veille à ce que les pillages  ne s'éternisent pas. Il fait venir des immigrants de tout l'empire pour  rendre à la cité sa splendeur antique. Il peut enfin déplacer sa  capitale de la ville voisine d'Andrinople à Constantinople, bientôt  rebaptisée Istamboul. Celle-ci atteindra son apogée sous le règne de Soliman II le Magnifique... Notons que jusqu'à la fin de l'empire ottoman, elle conservera une population majoritairement chrétienne.


Portrait de Soliman attribué au Titien, vers 1530.

  Fin du Moyen Âge
  Les historiens datent de cet événement la fin de la longue période historique appelée faute de mieux Moyen Âge. La Renaissance  qui lui succède doit beaucoup aux savants et artistes byzantins qui,  réfugiés en Italie, ont contribué à la redécouverte de la culture  antique par les Occidentaux.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 30 Mai 2018 - 9:25

30 mai 1854
Création du bagne de Cayenne, en Guyane




Le 30 mai 1854, sous le Second Empire, une loi relative aux travaux forcés officialise la création du bagne de Cayenne, en Guyane. L'objectif est de remplacer les bagnes des ports métropolitains, Rochefort, Brest et Toulon, mais aussi de peupler la colonie.

La « terre de la Grande Punition »

Dès la Révolution, Cayenne a accueilli des proscrits royalistes arrêtés à la suite du coup d'État du 18 Fructidor (4 septembre 1797). 65 députés et 35 journalistes furent ainsi condamnés à la « guillotine sèche ». À la suite du coup d'État de Napoléon III, la Guyane reçut encore trois mille prisonniers.



 À partir de 1854, les bagnards, dits « transportés », sont  astreints à des travaux forcés et parqués dans différents camps, à  Cayenne mais aussi à Saint-Laurent-du Moroni, Sinnamary ou encore aux  îles du Salut. Selon le principe du « doublage »,  les survivants ont l'obligation de résider dans la colonie pendant  autant de temps qu'ils y ont été incarcérés, voire toute leur vie si  leur peine est supérieure à huit ans. Ils reçoivent pour leur  subsistance un lot de terres.

 L'administration pénitentiaire espère de la sorte contribuer à la mise en valeur de la colonie, comme avec les convicts anglais en Australie.  Mais sous le climat tropical, dans une nature profondément hostile,  avec des hommes détruits par la brutalité de leur détention, cette  tentative se solde par un échec total. En 1867, du fait d'une trop  grande mortalité parmi les Européens, le bagne est réservé aux condamnés  des colonies.



 Les condamnés de la métropole sont alors dirigés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie, ouvert en 1864, dix ans après Cayenne. Il accueille de nombreux Communards dont Louise Michel mais il est supprimé dès 1887 à cause de conditions de détention trop... douces !

C'est ainsi que les Européens retrouvent le chemin de Cayenne. La loi  de relégation du 27 mai 1885 astreint à résidence en Guyane les  condamnés récidivistes et certains petits délinquants. Certains de ces « relégués » sont astreints au travail forcé, d'autres simplement détenus. Parmi eux, le capitaine Alfred Dreyfus, incarcéré de mars 1898 à juin 1899 sur l'île du Diable, l'une des trois îles du Salut.



Le bagne sort avec lui de l'anonymat, et un peu plus tard, dans les années 1920, le journaliste Albert Londres va dénoncer avec brio les conditions d'incarcération. « Ici, morts vivants, dans des cercueils - je veux dire des cellules -, des hommes expient, solitairement », écrit-il devant des cachots de quatre mètres carrés.

 Le 17 juin 1938, Gaston Monnerville, petit-fils d'esclave guyanais  devenu sous-secrétaire d'État aux Colonies, fait voter une loi prévoyant  enfin la suppression du bagne de Cayenne. Celle-ci  ne deviendra effective qu'en 1946, quand la colonie sera érigée en département d'outre-mer.

 Au total, la Guyane aura accueilli 52 000 « transportés » et 16 000 « relégués » ; la Nouvelle-Calédonie, 20 000 « transportés » et 10 000 « transportés ».

Détenus célèbres


Alfred Dreyfus vers 1903




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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 31 Mai 2018 - 8:16

31 mai 1795 :
Suppression du
Tribunal révolutionnaire



Sa compétence était vaste, pratiquement illimitée


« Il sera établi à Paris un tribunal criminel  extraordinaire, qui connoîtra de toute entreprise  contre-révolutionnaire, de tous attentats contre la liberté, l’égalité,  l’unité, l’indivisibilité de la république, la sûreté intérieure et  extérieure de l’État, et de tous les complots tendant à rétablir la  royauté, ou à établir toute autre autorité attentatoire à la liberté, à  l’égalité, et à la souveraineté du peuple, soit que les accusés soient  fonctionnaires civils ou militaires, ou simples citoyens ». (Article premier du décret de la Convention nationale du 10 mars 1793, relatif à la formation d'un Tribunal criminel extraordinaire)


Brissot et vingt autres conventionnels « girondins » devant le Tribunal révolutionnaire.
Estampe anonyme, Paris, BnF, département des estampes, 1793.

Le sort de l’instrument devait suivre celui des hommes. Créé le 10 mars  1793, au moment où le parti qu’on appelait jacobin, montagnard ou  démocrate, arrivait à la puissance, le Tribunal révolutionnaire lui  servit de point d’appui, dans la fatale journée du 31 mai, où les  Girondins succombèrent.

Fonctionnement du Tribunal révolutionnaire en juin 1794

À l’aube les huissiers parcourent la prison de la Conciergerie  pour rassembler ceux qui vont devoir affronter l’épreuve du Tribunal.  On s’y rend par un escalier étroit et obscur qui mène au premier étage  du Palais, où l’on rassemble les accusés en attendant l’heure de  l’audience. Après une attente angoissante, les condamnés du Jour  pénètrent dans l’une des deux salles du Tribunal sous les huées d’une  foule haineuse, tassée derrière les barrières. Les condamnés sont  disposés le long des gradins spécialement construits pour que l’on  puisse les détailler à son aise.


Antoine Fouquier-Tinville, estampe de
François Bonneville, Paris,
BnF, département des estampes, 1796.

René-François Dumas préside habituellement. Il lit pêle-mêle l’acte  d’accusation. On pose une question à chaque accusé. L’audience est  terminée. Pour plus de sûreté, Fouquier-Tinville a fait préparer des  condamnations en blanc et il suffit de rajouter directement le nom des  accusés de la journée. Une fois le verdict rendu, les condamnés sont  rassemblés dans l’une des pièces du greffe où ils vont être dépouillés  de leurs objets personnels. La République héritait, en effet, de tous  leurs biens.


Dufriche-Valazé se  poignardant, à la lecture du verdict du Tribunal révolutionnaire
le  condamnant à mort, plutôt que de monter à l’échafaud. Gravure du XIXe siècle.

Suspendu après la journée du 9 thermidor, où tomba Robespierre, le  tribunal fut bientôt remis en activité avec des formes adoucies, pour  disparaître enfin sans retour après la journée du 1er prairial  (20 mai 1795), où s’abîmèrent les derniers restes du parti qui l’avait  institué. Le 31 mai 1793, voilà le point de départ ; le 20 mai 1795,  voilà le terme du régime de la Terreur en France.


Exécution de Robespierre  et de ses complices conspirateurs contre la liberté et l'égalité :
vive  la Convention nationale qui par son énergie et surveillance a délivré  la République de ses tyrans,
estampe anonyme, 1794, Paris, BnF, département Estampes et photographie.

Le 12 prairial an III, le Tribunal révolutionnaire est supprimé. Ses anciens jurés, dont le peintre François Gérard, sont traînés en justice, et plusieurs d’entre eux guillotinés.

Le premier guillotiné fut Louis-David Collenot, « prévenu d'embauchage », parmi d'autres condamnés, le 26 août 1792 le dernier de la période révolutionnaire, le  5 prairial an III, portant le no 2807, Jean Tinelle, garçon serrurier, « convaincu d'avoir porté la tête du représentant Féraud ».

Tel est, pour ainsi dire, le cadre de cette époque sanglante, durant  laquelle Fouquier-Tinville fut une espèce de bourreau-despote, à qui le  Tribunal révolutionnaire tenait lieu de Conseil d’Etat, et la guillotine  de premier ministre.

Personnalités acquittées


Marat porté en triomphe après son acquittement par le Tribunal révolutionnaire.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 1 Juin 2018 - 8:04

1er juin 1885
Hommage au poète disparu




Le 1er juin 1885, la dépouille de Victor Hugo est conduite au Panthéon.
Le poète est décédé dix jours plus tôt, à 83 ans, en l'avenue qui porte son nom.
Il écrit dans son testament : « Je donne cinquante mille francs[-or] aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l'oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu ».
Victor Hugo n'a sans doute jamais été baptisé mais est venu à la foi au mitan de sa vie. Il n'en refuse pas moins la présence des Églises à ses funérailles.


Le cercueil de Victor Hugo sous l'Arc de triomphe

Le 31 mai, son cercueil est exposé sous l'Arc de Triomphe drapé de noir.

Le 1er juin, à onze heures, vingt et un coups de canons retentissent : le poète va être transféré au «repos des Grands Hommes qui honorent la Patrie», c’est à dire le Panthéon, plus d'un million de personnes suivent le corbillard des pauvres dans lequel il a demandé à être conduit.



Le Panthéon, oeuvre de l'architecte Soufflot, anciennement église Sainte-Geneviève, est réouvert à cette occasion et devient le mausolée des gloires nationales. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un poète reçoit de pareils hommages.


Cortège de l'Ecole Polytechnique boulevard Saint-Germain". Photographie anonyme.
Tirage sur papier albuminé. 1er juin 1885.

Victor Hugo, il est vrai, a non seulement cumulé tous les talents (littérature, poésie, théâtre, dessin) mais aussi témoigné sa vie durant d'une sincère et profonde empathie pour les pauvres et les humbles, tout en affichant des convictions politiques en harmonie avec son temps.

Dorénavant la devise  « Aux grands Hommes La Patrie Reconnaissante » ne quittera plus le fronton du Panthéon.


Victor Hugo, Paris, maison de Victor Hugo
(André Gill)

Une aura universelle

Victor Hugo est aujourd'hui présent dans le monde entier. Grâce aux valeurs universelles de son message et de ses œuvres, il a en effet depuis longtemps traversé les frontières, aidé en cela par la diffusion de la culture française au-delà des mers. De son vivant même, il est devenu le Français le plus populaire de tous les temps en concurrence avec son contemporain Louis Pasteur.

Pensons au succès de ses écrits mis en musique : de son vivant, l'Italien Guiseppe Verdi lui emprunte sa pièce Le Roi s'amuse pour écrire son opéra Rigoletto (1851).

Beaucoup plus récente, la comédie musicale Les Misérables, créée en français en 1980 avant d'être traduite en anglais, a fait de Cosette, Fantine et Marius des stars. Les Miz tiennent l'affiche aux États-Unis et au Canada mais aussi à Londres, depuis 1985 !


Funérailles de Victor Hugo.
Transport de son corps au Panthéon, le 1er juin 1885, | Paris en images

Le cinéma et la télévision se sont bien sûr emparés de ces personnages dès 1907, donnant à Jean Valjean les traits de Jean Gabin (1958), Lino Ventura (1982), Jean-Paul Belmondo (1995), Gérard Depardieu (2000) et bien d'autres.

Mais Hugo n'est pas seulement une source d'inspiration pour cinéastes et musiciens : il a aussi trouvé sa place dans le domaine spirituel, rejoignant par exemple Jeanne d'Arc et Louis Pasteur parmi les guides de la religion caodaïste, fondée au Vietnam en 1921.

Porte-étendard, il reste le symbole de l'homme bon, protecteur des plus fragiles. C'est ainsi que de nombreuses familles sud-américaines continuent à lui rendre hommage en prénommant leur enfant Victor Hugo. Y a-t-il plus belle marque de respect ?

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 2 Juin 2018 - 8:28

2 juin 1740
Naissance de Donatien de Sade
Le « dernier libertin »



On ne possède aucun portrait authentique de Sade,
y compris ce profil qualifié de « portrait supposé »,
dessiné par Charles van Loo vers 1770.
Mais on sait de façon certaine que Sade s'est fait
faire le portrait par Van Loo.

Libertin perdu en son siècle, le marquis Donatien de Sade (1740-1814) fait figure d'extraterrestre. Aristocrate riche et égocentrique, évidemment athée, sujet à des accès de colère et de violence, il lui arrivait de maltraiter prostituées et domestiques à une époque où la montée des idéaux démocratiques rendait ces comportements de moins en moins acceptables.

Cela lui valut d'être incarcéré vingt-sept années au total, notamment à Vincennes et à la Bastille. Il mit à profit son oisiveté forcée pour écrire des romans érotiques qui ont fait de lui l'archétype du pervers sexuel au point que l'on a forgé dès 1834 un néologisme pour désigner la cruauté associée au sexe : le sadisme.



Illustration de « Histoire Juliette, sa soeur » de Donatien Alphonse François de Sade

Il faut que jeunesse se passe

Le futur écrivain est né le 2 juin 1740 à l'hôtel parisien de la famille de Condé, à Paris. Élevé au château familial de Saumane, près d'Avignon, il a une première approche du libertinage auprès de son père et de son oncle, un abbé lettré qui vit en galante compagnie avec une mère et sa fille. Le 17 mai 1763, il épouse une riche héritière, Renée-Pélagie, fille d'un magistrat, le président de Montreuil. Malgré les frasques de Donatien, ou à cause d'elles, le couple s'entend plutôt bien et donne le jour à trois enfants. Leur ménage est une alternance de déclarations passionnées et d'insultes.

Les ennuis commencent la même année, le 29 octobre 1763, avec l'incarcération du jeune homme à Vincennes sur une accusation de comportements violents et blasphématoires dans un bordel. Il est libéré dès le 13 novembre sur intervention de son père !


Maison d'Arcueil où Sade fit venir Rose Keller, le dimanche de Pâques, 3 avril 1768

Plus grave est l'affaire qui suit. Le 3 avril 1768, une veuve de 36 ans, Rose Keller, l'accuse de l'avoir entraînée dans un bordel, ligotée sur un lit et soumise à différents sévices. Tout cela le jour de Pâques.
Le scandale est immense. Il faut dire que, quelques mois plus tôt, pour bien moins que ça, on a exécuté à Abbeville le malheureux chevalier de la Barre. Mais le marquis, qui a succédé à son père dans ses charges officielles de son père, a l'avantage, lui, d'appartenir à la haute société. Il est libéré dès le mois de novembre.
Son inconduite est notoire, conforme au demeurant à celle de nombreux aristocrates de sa génération, sans parler du vieux roi lui-même qui cherche le plaisir dans l'hôtel du Parc-aux-Cerfs.

Mais une nouvelle affaire vient corser son dossier : quatre filles accusent le marquis et son valet d'avoir tenté de les droguer et les sodomiser dans un hôtel de passe de Marseille, le 25 juin 1772. Condamné à mort par contumace, il échappe à l'exécution mais sa réputation est brisée. Dans l'intérêt de la famille mais aussi pour le protéger contre lui-même, sa belle-mère le fait interner à Vincennes par lettre de cachet le 13 février 1777.


Une « résidente » du Parc-aux-cerfs, Marie-Louise O'Murphy, par François Boucher.

Écrivain raté en quête de gloire
En prison à 37 ans, le marquis de Sade se pique d'écrire et se rêve en auteur de théâtre mais on lui fait comprendre qu'il n'a aucun avenir dans ce genre. Qu'à cela ne tienne, écrit-il, à défaut de s'illustrer dans le théâtre, il s'illustrera par ses écrits érotiques...

Le 29 février 1784, il est transféré à la Bastille. Dans la crainte que ses manuscrits ne soient saisis, il met au net celui auquel il attache le plus de prix, Les Cent-Vingt journées de Sodome. Il le recopie sur d'étroits feuillets collés bout à bout et cache le tout entre deux pierres. Quand il est expulsé de sa cellule, le manuscrit disparaît. Il sera néanmoins publié au XXe siècle.



Libéré le 2 avril 1790, à la faveur des événements révolutionnaires, obèse et quelque peu usé, coupé de sa famille, le marquis fait publier l'année suivante son roman Justine ou les malheurs de la vertu, qui le classe définitivement parmi les auteurs libertins.

Soucieux de respectabilité, il prend le train de la Révolution en marche. Cela n'empêche qu'il demeure attaché au roi et surtout aux privilèges de l'aristocratie : « Je veux qu'on rende à la noblesse son lustre parce que de le lui avoir ôté n'avance à rien ; je veux que le roi soit le chef de la Nation », écrit-il en décembre 1791 ! Il se fait remarquer le 9 octobre 1793 par un Discours aux mânes de Marat et de Le Peletier dans lequel il dénonce le christianisme mais aussi toute forme de religiosité. Ses outrances ont l'heur de déplaire au pudibond Robespierre, qui voit la morale et la religion comme des nécessités sociales.


Représentation imaginaire du marquis de Sade
prisonnier (XIXe siècle).

Le 5 décembre 1793, Sade, à nouveau incarcéré, échappe à la guillotine d'extrême justesse grâce à la chute de Robespierre, le 9 thermidor... Sous le Directoire, enfin, bénéficiant de l'extrême déliquescence des moeurs, il multiplie les publications à caractère pornographique. Mais le vent tourne. Le 6 mars 1801, ses manuscrits sont saisis sur ordre du Premier Consul, qui a le souci de se réconcilier avec l'Église et d'établir un ordre moral respectueux de son autorité. Il est à nouveau enfermé à l'asile de Charenton, près de Paris, où il finira sa vie.

Au diable la morale

Ses romans vont circuler sous le manteau tout au long du XIXe siècle et distraire quelques happy few tels Stendhal, Flaubert, Baudelaire, Verlaine... Publiés dans la prestigieuse édition de la Pléiade en 1990 et aujourd'hui accessibles à tous sur internet, de même que Les Cent-Vingt Journées de Sodome, ils dégagent surtout un profond ennui par la froide répétition de descriptions scatologiques.

Le marquis de Sade considère, à l'opposé de Jean-Jacques Rousseau, que l'homme est foncièrement mauvais par nature et que le mal est voulu par cette même nature. La morale et la religion, en freinant ses penchants naturels, contrarient la nature : « C'est de la nature que je les ai reçus, ces penchants, et je l'irriterais en y résistant ; si elle me les a donnés mauvais, c'est qu'ils devenaient ainsi nécessaires à ses vues. Je ne suis dans ses mains qu'une machine qu'elle meut à son gré, et il n'est pas un de mes crimes qui ne la serve; plus elle m'en conseille, plus elle en a besoin : je serais un sot de lui résister. Je n'ai donc contre moi que les lois, mais je les brave ; mon or et mon crédit me mettent au-dessus de ces fléaux vulgaires qui ne doivent frapper que le peuple ».



Justine ou les Malheurs de la vertu, édition originale de 1791, ornée d’un frontispice allégorique de
Philippe Chéry représentant la Vertu entre la Luxure et l’Irréligion. Le nom de l’auteur ne figure pas
sur la page de titre et le nom de l’éditeur (Girouard à Paris) est remplacé par la mention :
« En Hollande, chez les Libraires associés ».


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 3 Juin 2018 - 9:39

3 juin 1906
Naissance de Joséphine Baker
à Saint-Louis, Missouri (États-Unis)




Joséphine Baker est née dans une famille pauvre descendant d'esclaves africains à Saint-Louis, dans le Missouri, au sud des États-Unis, le 3 juin 1906. Elle connaît la misère et la ségrégation raciale mais à 13 ans monte sur scène et commence à gagner un cachet d'artiste. À 19 ans, elle débarque à Paris et, le 2 octobre 1925, entame un nouveau spectacle au théâtre des Champs-Élysées : La Revue nègre, avec 12 musiciens et 8 danseuses dont elle.


Joséphine Baker dansant le charleston aux
Folies Bergère à Paris lors de la Revue nègre
en 1926 (photo de Walery).

Elle acquiert la célébrité avec son refrain : « J'ai deux amours, Mon pays et Paris. Par eux toujours, mon coeur est ravie » et devient la coqueluche des Parisiens dans les « Années folles ». Elle leur révèle un monde nouveau qui associe l'exotisme, l'érotisme et la négritude. C'est l'époque où Picasso découvre l'« Art nègre ».

Joséphine Baker se marie une première fois en 1937 et acquiert la nationalité française. Fidèle à son pays d'adoption, elle entre dans la Résistance pendant l'Occupation. Après la Seconde Guerre mondiale, tandis que son étoile décline, elle achète le château des Milandes, sur la Dordogne et y accueille douze enfants adoptifs de toutes les régions du monde. Cela lui vaut bientôt la ruine.


Joséphine Baker en 1961 au Château des Milandes.

En juin 1964, Joséphine Baker, criblée de dettes et harcelée par le fisc, lance un appel pour sauver sa propriété de Dordogne, où vivent ses enfants ; la mise en vente aux enchères du château est annoncée.

Émue et bouleversée par sa détresse, Brigitte Bardot participe immédiatement dans les médias au sauvetage, et envoie un chèque important à cette collègue qu'elle ne connaissait pourtant pas directement. Cependant le château est finalement vendu pour un dixième de sa valeur en 1968. Faisant jouer la loi française, après avoir dû vivre dans la seule cuisine du château, et même passer une nuit dehors devant la porte, elle obtient néanmoins un sursis qui lui permet de rester dans les lieux, jusqu'au 15 mars 1969.


Jean-claude Brialy Opens His New Cabaret, La Goulue. PM 1039.
Josephine Baker. March 28, 1969 Licence

Jean-Claude Brialy la prend sous son aile, et il l’accueille dans son cabaret La Goulue pour se produire régulièrement à Paris. Suite à son expulsion violente des Milandes, elle est hospitalisée un temps mais trouve rapidement les forces nécessaires pour assurer le spectacle. Le lundi, son jour de relâche, Joséphine parcourt l'Europe en solitaire pour aller honorer des engagements à Bruxelles, Copenhague, Amsterdam ou Berlin.

Alors que Joséphine Baker est pratiquement ruinée, la princesse Grace de Monaco, amie de la chanteuse d'origine américaine et artiste comme elle, lui offre alors un logement à Roquebrune pour le reste de sa vie et l'invite à Monaco pour des spectacles de charité.

Aidée aussi par la Croix Rouge, Joséphine Baker remonte sur la scène parisienne de l'Olympia, en 1968, puis à Belgrade en 1973, au Carnegie Hall en 1973, au Royal Variety Performance, au Palladium de Londres en 1974. À Paris, elle est au Gala du cirque en 1974.


Joséphine Baker, hospitalisée à Périgueux en mars 1969

Elle meurt à Paris le 12 avril 1975.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 4 Juin 2018 - 8:02

4 juin 1620
Restauration de la Sorbonne
par le cardinal de Richelieu



Triple portrait du Cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne, Londres, National Gallery.

Le cardinal de Richelieu, qui avait été élève au collège de Sorbonne en 1606-1607, en devint le proviseur le 29 août 1622 après le décès du cardinal de Harley. Face à l'état de délabrement du bâtiment, il entreprit un ambitieux programme de rénovation du collège. Les bâtiments, particulièrement mal commodes, étaient devenus nettement insuffisants au cours des deux derniers siècles. Le rôle des collèges avait en effet alors évolué : d'un simple gîte à l'attention d'une vingtaine de pensionnaires, il était devenu le siège d'une importante bibliothèque et un lieu d'enseignement, tandis que l'acquisition de terres et de rentes avait permis d'accroître le nombre de pensionnaires. Des travaux étaient urgents pour le nouveau proviseur du collège. À cet effet, il y agrégea deux collèges voisins, ceux de Calvi et des Dix-Huit et fit reconstruire les bâtiments dans un style classique.


Le collège de Sorbonne au XVIe siècle.


Richelieu chargea donc son architecte, Jacques Lemercier, de reconstruire l'ensemble afin de répondre aux exigences et au goût de l'époque. Le premier projet consistait à raser les bâtiments gothiques du collège et de son voisin méridional, celui de Calvi, tout en conservant la chapelle. Celle-ci, modernisée et agrandie, aurait servi de séparation entre deux cours de taille égale. Les travaux de démolition étaient en cours depuis 1629 quand Richelieu, conforté dans sa situation de premier ministre après la journée des dupes, fit retravailler le projet dans un sens plus ambitieux.



Le Grand Portail et Eglise de Sorbonne, Colege en l'Universite de Paris, fonde l'an 1245 par Robert Sorbon
homme fort Scavant, enrichy par St. Louis, et magnifiquement basti par le Cardinal de Richelieu l'an 1642,
ou ses os reposent sous le grand Autel. Ce bastiment este conduit par Mr. Mercier Architecte du Roy.

La Sorbonne, appelée par Mézerai, le Concile perpétuel des Gaules, l’aréopage de l’Eglise et le flambeau de la foi, ne fut, dans les commencements, qu’une communauté de pauvres écoliers, nommés les pauvres Maîtres, établie par Robert de Sorbonne. Le cardinal de Richelieu la rebâtit avec une magnificence vraiment royale. Il y choisit sa sépulture ; et les étrangers allaient, avant la Révolution, y admirer son tombeau, chef-d’œuvre du célèbre Girardon.

Ce tombeau a été transporté au Musée des Petits-Augustins. Le 4 juin 1610, la Sorbonne assemblée en vertu d’un arrêt du parlement, avait signé le décret du concile de Constance, « qu’il n’est loisible à aucun, pour quelques cause et occasion que ce puisse être, d’attenter aux personnes sacrées des rois et autres princes souverains. »

Le tombeau du cardinal de Richelieu à la Sorbonne : une histoire de tête momifiée

Quoi de plus normal que de trouver son tombeau, dans la chapelle Sainte-Ursule du célèbre collège... avec sa tête momifiée ! Une caboche avec une sacrée destinée...

Tout commence après la profanation du tombeau à la Révolution.

Alexandre Lenoir (le sauveur des gisants de Saint-Denis) décrit l'état du corps du cardinal : « une momie sèche et bien conservée. Il avait les pommettes saillantes, les lèvres minces, le poil roux et les cheveux blanchis par l'âge. » (rapporté par Clémentine Portier-Kaltenbach dans Histoires d'os et autres illustres abattis, éd. Lattès).

Mais un des révolutionnaires lui coupe la tête et l'exhibe en trophée. Le jeu de piste peut commencer... ben, oui, elle devient quoi, la tête ? Un témoin affirme l'avoir vue entre les mains de gamins qui en font un ballon improvisé. Qui ?


Le crâne du Cardinal de Richelieu photographié à la Sorbonne
en juillet 1895 par Auguste François.

Un certain abbé Boschamps, qui l'aurait formellement identifiée et aurait fait mine de jouer avec les gosses pour l'intercepter et la ramener chez lui !

L'abbé la confie ensuite à l'abbé Armez : un Breton dont la famille va en prendre grand soin. Si, si, un pharmacien rennais lui applique un traitement anti-insectes qui lui donne un joli ton cuivré, et on la vernit.

Les Armez la donnent en 1866 à la Sorbonne et on décide de lui offrir des funérailles en bonne et due forme. Il faudra attendre juin 1895 pour que ça se fasse : hé, le temps de bien faire authentifier la tête...


Richelieu sur son lit de mort, peint par Philippe de Champaigne.

Hééé, oui, minute ! Avait-on là la vraie trogne de Richelieu ? Tout à fait ! Sauf que, mince. Elle avait perdu sa célèbre barbiche... coupée ! Normal, peu avant sa mort (Richelieu a agonisé dans son lit des mois et des mois), on a coupé la pointe de la barbe pour qu'il puisse boire allongé sans s’en mettre partout...


François Girardon (1628-1715) : Tombeau du cardinal de Richelieu dans la chapelle

Aujourd’hui, on peut voir le tombeau du cardinal dans la chapelle Sainte-Ursule de la Sorbonne. Depuis le retour définitif de ses restes en 1971, après plusieurs exhumations.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 4 Juin 2018 - 8:21

merci Opaline , sacré Richelieu . Louis XIII préférait courir les gueux.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 5 Juin 2018 - 7:42

@mimi1260 a écrit:
merci Opaline , sacré Richelieu . Louis XIII préférait courir les gueux.

mdr
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 5 Juin 2018 - 7:43

5 juin 1692
Prise de Namur par Louis XIV




Jean-Baptiste Martin, Le Siège de Namur, 30 juin 1692,

Périgueux, musée d'art et d'archéologie du Périgord.

Le siège de Namur est un épisode de la guerre de la Ligue d'Augsbourg au cours duquel les armées françaises commandées par Boufflers et Vauban assiègent pendant un mois la ville de Namur (alors dans les Pays-Bas espagnols).

En 1692, pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, Louis XIV se déplace personnellement pour assister au siège de Namur et de sa citadelle. L'armée sous le commandement du maréchal de Luxembourg couvre le siège. L'ingénieur en chef du roi, Vauban est responsable des opérations de siège.


Portrait de Sébastien Le Prestre,
marquis de Vauban, par Hyacinthe Rigaud


Cette ville était alors la plus forte place des Pays-Bas, par sa situation au confluent de la Sambre et de la Meuse, et par une citadelle bâtie sur des rochers. Louis XIV prit la ville en huit jours, pendant que le maréchal de Luxembourg empêchait le roi Guillaume de passer la Mehaigne à la tête de quatre-vingt mille hommes, et de venir faire lever le siège. Ce fut un beau spectacle de voir le maréchal de Vauban assiéger le fort Cohorn défendu par Cohorn lui-même.



Cette conquête fit la plus grande sensation dans la capitale. On prodigua les plus grands éloges au monarque. Boileau, qui avait célébré dans une si belle épître le passage du Rhin en 1672, voulut, dans une ode qui eût plus d’éclat et non moins d’énergie, faire fléchir la Meuse sous le joug de Louis ; mais il éleva trop haut son vol ambitieux, et le dieu du goût l’en punit en le condamnant à effacer ces traits manqués :
Du pinceau faible et dur
Dont il défigura le vainqueur de Namur.


Après un mois, la garnison commandée par Coehoorn, capitule le 30 juin 1692 et quitte la ville avec les honneurs de la guerre. Elle reprendra la ville trois ans plus tard.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 6 Juin 2018 - 11:29

6 juin 1710
Décès de Louise de La Vallière




Dame d'honneur d'Henriette d'Angleterre, belle-soeur de Louis XIV, Louise de La Vallière boîte légèrement et apparaît à ses contemporains plus gracieuse que belle.

En 1661, elle n'en séduit pas moins le roi, de six ans plus âgé qu'elle. Il est vrai qu'elle en est sincèrement amoureuse, l'aimant pour lui-même plus que pour sa fonction : « Quel dommage qu'il soit le roi ! » murmure-t-elle. Elle aura de lui quatre enfants dont deux atteindront l'âge adulte et seront légitimés : Mademoiselle de Blois, future princesse de Conti, et le comte de Vermandois.


Louise de La Vallière et ses enfants par Pierre Mignard

La liaison, bien que discrètement entretenue, est rapidement connue et provoque la colère des dévots et des ecclésiastiques, comme Bossuet, ainsi que les sarcasmes de la duchesse d'Orléans.

Elle symbolisait, selon Sainte-Beuve, l'« amante parfaite », celle qui aime pour aimer, sans orgueil ni caprice, sans ambition ni vanité, et dont la sensibilité ne cache pas la fermeté de cœur.

Culpabilisée par l'adultère, Louise de La Vallière se réfugie chez les Bénédictines de Chaillot mais l'impétueux Louis XIV l'en fait extraire de force ! Après sept ans de passion amoureuse, elle se voit supplantée dans le coeur du Roi-Soleil par Mme de Montespan, plus brillante et plus ambitieuse. Le titre de duchesse de Vaujours, qui lui donne une place officielle à la cour, n'arrive pas à la consoler.


Mademoiselle de La Vallière aux Carmélites, par Pierre Révoil,
1er tiers du XIXe siècle, musée des beaux-arts de Lyon.

Cependant, Madame de Montespan étant mariée et son mari fort peu arrangeant, le roi garde Louise auprès de lui à la cour et dans sa "fonction" de favorite "officielle". De nouveau, Louise sert de paravent pour couvrir l'adultère royal.


Louise lui écrit le Sonnet au roi :

Tout se détruit, tout passe, et le cœur le plus tendre
Ne peut d'un même objet se contenter toujours ;
Le passé n'a point eu d'éternelles amours,
Et les siècles suivants n'en doivent point attendre.

La constance a des lois qu'on ne veut point entendre ;
Des désirs d'un grand Roi rien n'arrête le cours :
Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours ;
Cette inégalité ne saurait se comprendre.

Louis, tous ces défauts font tort à vos vertus ;
Vous m'aimiez autrefois, mais vous ne m'aimez plus.
Mes sentiments, hélas ! diffèrent bien des vôtres.

Amour, à qui je dois et mon mal et mon bien,
Que ne lui donniez-vous un cœur comme le mien
Ou que n'avez-vous fait le mien comme les autres !

À 30 ans, le 3 juin 1675, elle entre pour de bon au couvent, chez les Carmélites du faubourg Saint-Jacques, où elle meurt à 66 ans.
Saint-Simon écrit « elle mourut […] avec toutes les marques d'une grande sainteté » et encore : « Heureux [le roi] s'il n'eût eu que des maîtresses semblables à Mme de la Vallière… ». Sainte-Beuve estime que, des trois plus célèbres favorites de Louis XIV, c'est elle « de beaucoup la plus intéressante, la seule vraiment intéressante en elle-même. »
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 6 Juin 2018 - 12:18

merci Opaline , très intéressant ces secrets d'histoire dans l'Histoire .


Louis XVI qui en soi n'était pas un mauvais Roi , a payé les excès de ses prédécesseurs Louis XIV et Louis XV dont l'impopularité a été grande à la fin de son règne .

"L'impopularité de Louis XV est telle que sa mort est accueillie dans les rues de Paris par des festivités joyeuses, comme l'avait été celle de Louis XIV Lors des obsèques, le 12 mai, pour éviter les insultes du peuple sur son passage, le cortège funèbre réduit contourne Paris de nuit, par l'ouest, avant d'arriver à la basilique Saint-Denis."
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 7 Juin 2018 - 9:02

7 juin 1954
Décès de Alan Turing



Alan Turing vers 1938.

Diplômé de Manchester, Cambridge (Angleterre) et Princeton (États-Unis), Alan Turing est considéré comme l'« Einstein des mathématiques ». Dès 1936, dans des articles retentissants, il a pressenti l'avènement des ordinateurs et ouvert la voie à l'intelligence artificielle. Il est admis aujourd'hui qu'il a aussi joué un rôle de premier plan dans le déchiffrage du code Enigma employé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Sans Turing, les Alliés auraient perdu la bataille de l’Atlantique, et peut-être la guerre contre le nazisme.



Ce génie est aussi un excentrique introverti, coureur de fond, admirateur de Blanche-Neige et les sept nains et homosexuel.
Inculpé d'« indécence manifeste et de perversion sexuelle, le procès est médiatisé. Hugh Alexander fait de son confrère un brillant portrait, mais il est empêché de citer ses titres de guerre par le Secret Act. Turing est mis en demeure de choisir : incarcération ou castration chimique réduisant sa libido. Il choisit le traitement, d'une durée d'un an, avec des effets secondaires temporaires (le coureur à pied svelte qu'il était devient gros, impuissant, ses seins grossissent comme ceux d'une femme), et surtout des effets psychiques profondément démoralisants. Alors qu'il a été consacré, en 1951, en devenant membre de la Royal Society, à partir de 1952 il est écarté des plus grands projets scientifiques. Toutefois, en avril 1953, la « cure » se termine, ses effets s'estompent et Turing recommence à faire des projets de recherche, de voyages en France et en Méditerranée.


La sculpture en ardoise empilée d'Alan Turing par l'artiste Stephen Kettle

Brisé, malgré un retour en grâce dans sa chère université de Cambridge, il se suicide le 7 juin 1954, peu avant ses 41 ans, en croquant comme Blanche-Neige une pomme empoisonnée au cyanure (la légende veut qu'il s'agisse d'une pomme de la variété Macintosh).

Le suicide d'Alan Turing suscite en effet quelque polémique , dans un de ses ouvrages , Bernard Werber déclare que Turing (affecté par sa condamnation à suivre un traitement de castration chimique) a laissé une note expliquant que « puisque la société l'avait contraint à se transformer en femme, il choisissait de mourir comme aurait pu le faire la plus pure d'entre elles » (allusion à Blanche Neige).

C'est afin de lui rendre hommage que Steve Jobs a fait de la pomme arc-en-ciel le logo de son entreprise Apple, bien qu'il s'en soit défendu. Alan Turing a été officiellement réhabilité par la reine Élisabeth II le 24 décembre 2013.


Plaque commémorative au pied de sa maison.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 7 Juin 2018 - 9:15

merci Opaline , toujours agréable et instructif de te lire  image43
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 7 Juin 2018 - 11:31

merci Mimi
Je ne connaissais pas cet homme avant aujourd'hui et j'ai trouvé qu'il méritait qu'on en parle salutation
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 7 Juin 2018 - 11:43

En effet , Opaline , Alan TURING mérite notre attention et que nous nous attardions sur cette forte personnalité , trop tôt disparue .

Encore une fois merci de nous faire découvrir , quotidiennement , la petite histoire de la grande Histoire .


Bon appétit . image43
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 8 Juin 2018 - 0:00

8 juin 632
Mort du prophète Mahomet



Mort de Mahomet, miniature du Siyar-I Nabi,
Istanbul, 1595.


Mahomet s'éteint à Médine le 8 juin 632 (le 13 du mois de Rabi' premier, selon le calendrier arabe).
Celui qui va apparaître plus tard comme le Prophète de l'islam décède suite à une fièvre douloureuse et une longue maladie, peut-être consécutive à un empoisonnement. Il a environ 63 ans. Sa tombe est creusée à l'endroit même de sa mort.

À l'instant de mourir, il a unifié par les armes la partie occidentale de la péninsule arabe. Mais bien qu'il ait eu neuf femmes légitimes, il ne laisse aucun fils survivant susceptible de lui succéder à la tête des croyants.
Mahomet offre l'image d'un homme énergique mais aussi pénétré de sa mission divine.
Il se défend d'être poète et se juge incapable d'inventer par lui-même quoi que ce soit de comparable au Coran. Il se reconnaît faillible et ne se veut en rien différent des autres hommes. C'est un guerrier qui ne rechigne pas à donner la mort. Il aime les femmes et ne s'en cache pas. Il consacre par ailleurs beaucoup de temps à la prière et dédaigne les richesses de ce monde.


Mahomet recevant le Coran de Gabriel. Tiré du Jami' al-Tawarikh (Histoire du Monde) de Rashid al-Din,
Tabriz, Perse, 1307.


Le premier calife
Abou Bekr (ou Abou-Bakr) remplace le messager d'Allahau terme d'une brève lutte de succession. Il prend le nom de khalîfa (calife), d'un mot arabe qui veut dire lieutenant ou remplaçant. Ce premier calife a 59 ans. Il figure parmi les plus anciens compagnons de Mahomet. Il est aussi le père d'Aïcha, l'épouse préférée du Prophète.


La caverne de Hira, l'endroit où Mahomet aurait reçu
le premier verset du Coran.

Abou Bekr n'appartient à aucune des grandes familles de La Mecque, ce qui lui vaut d'être accepté par toutes. Seul Ali, le gendre du prophète, déplore son élection... Ses ressentiments causeront plus tard la scission entre les musulmans orthodoxes de confession sunnite et ceux de confession chiite.

Avec l'aide de l'énergique chef de guerre Khalid ibn al-Walid, Abou Bekr maintient l'unité de la communauté musulmane, menacée par les rivalités de clans et de tribus.


Mahomet à la bataille de Badr.

Il mène aussi des combats difficiles contre les tribus d'Arabie centrale. La tradition qualifiera ces combats de « guerres d'apostasie » en suggérant que les tribus concernées seraient revenues aux cultes polythéistes. Dans les faits, il semble qu'elles n'aient jamais précédemment fait acte de soumission à Mahomet.

Le calife les vainc rapidement et dès 633, un an après la mort de Mahomet, il peut se flatter d'avoir déjà conquis et soumis la totalité de la péninsule arabe. Prolongeant la tradition guerrière de leurs ancêtres, le musulmans tournent leurs ambitions vers les empires perse et byzantin limitrophes.

Alban Dignat
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 9 Juin 2018 - 8:07

9 juin 1660
Mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche



Mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche par Jacques Laumosnier, musée de Tessé.

Le 9 juin 1660, Louis XIV et l'infante d'Espagne Marie-Thérèse se marient à Saint-Jean-de-Luz dans la liesse générale. Leur union consacre le rapprochement entre les deux principales puissances européennes de l'époque, la France et l'Espagne. Elle fait suite au traité des Pyrénées négocié par Mazarin et signé le 7 novembre de l'année précédente.


Marie Thérèse d'Autriche, enfant par Velasquez

À la cour d'Espagne, Marie-Thérèse était une jeune fille un peu charmante, timide, petite, gourmande (chocolat), ressemblant à sa mère bien-aimée. À la cour de France, l'atmosphère sera différente : elle sera renfermée sur elle-même avec ses dames de compagnie espagnoles, ses nains, ses petits chiens et son chocolat. Elle ne parle qu'espagnol et suit mal les conversations en français. Elle ne s'occupe pas beaucoup de politique et certaines de ses ennemies seront les maîtresses du roi, comme Mme de Montespan.

À son mariage, elle ne parlait pas un mot de français mais elle apportait le chocolat et la première orange à la Cour de France. La reine Marie-Thérèse parlait mal le français et gardait un fort accent espagnol, mais elle comprenait très bien le français et en saisissait toutes les subtilités.


La reine Marie-Thérèse et son fils le Dauphin de France,
Charles Beaubrun, 1663-1666.


Les époux, tous deux âgés de 21 ans, sont cousins des deux bords : Louis XIV a pour mère Anne d'Autriche, soeur du roi d'Espagne Philippe IV de Habsbourg. L'épouse de ce dernier, Élisabeth de France, est la mère de Marie-Thérèse d'Autriche mais aussi la soeur de Louis XIII, père du marié.

Louis XIV délaissa bien vite son épouse, petite et jugée sotte, disgracieuse et bigote par les contempteurs de la Cour, pour ses nombreuses favorites. Il restait cependant un époux très consciencieux, et Marie-Thérèse mit ainsi au monde six enfants en vingt-trois ans de mariage.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 9 Juin 2018 - 9:28

merci
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 10 Juin 2018 - 9:10

6 juin 1819
Naissance de Gustave Courbet
Bourgeois et socialiste




Gustave Courbet, fils d'un propriétaire terrien aisé, naît le 10 juin 1819 à Ornans (Doubs), dans une maison bourgeoise au bord de la Loue, la maison Hébert, où s'est établie provisoirement sa famille suite à l'incendie de la ferme familiale, au lieu-dit le Flagey.

Gustave Courbet cultive une technique de peinture conventionnelle mais se veut révolutionnaire et provocateur par le choix des sujets, ce qui lui vaut d'être désigné comme le chef de file de l'école réaliste sous le règne de Napoléon III, aux côtés d'Honoré Daumier et Jean-François Millet.


Portrait de l'auteur dit Autoportrait au chien noir (1842),
huile sur toile, Paris, Petit Palais.

Un autre regard
Gustave Courbet passe les années heureuses de l'enfance dans la ferme familiale de Flagey. À 14 ans, il entre pour cinq ans au petit séminaire d'Ornans. Il perd complètement la foi mais découvre la peinture sous la direction d'un professeur attentionné, le père Beau.

Il poursuit sa formation à l'Académie de Besançon et «monte» enfin à Paris.
À grand renfort de cours privés et de travail personnel, avec le soutien aussi du marchand néerlandais Hendrik Jan Van Wisselingh, il se fait enfin remarquer au Salon de 1850-1851 avec trois toiles monumentales : Une après-dîner à Ornans, Les casseurs de pierre et surtout Un enterrement à Ornans. Cette toile est une forme de parodie du Sacre de Napoléon par David. Les personnages sont montrés à taille réelle mais dans toute leur crudité et leur médiocrité.

Ces toiles sont le reflet de la nouvelle esthétique réaliste dont Courbet s'affirme le chef de file, en rupture avec la peinture académique et les sujets mythologiques ou historiques.


Les Amants ou Valse (1845), huile sur toile, Lyon,
musée des beaux-arts.

Virginie Binet
Les années 1840 voit aussi éclore le premier grand amour de Courbet en la personne de Virginie Binet (1808-1865), sur laquelle l'on dispose de peu d'informations. Leur relation semble avoir duré une dizaine d'années et s'être très mal terminée. Liaison rédécouverte tardivement, et selon les historiens d'art Jack Lindsay et Hélène Toussaint, Virginie aurait été embauchée comme modèle par Courbet, posant rue de la Harpe. On voit dans Les Amants ou Valse (1845, présenté au Salon de 1846, refusé) une représentation de leur relation devenue amoureuse. La morale du temps interdit à Courbet d'en parler dans sa correspondance familiale, surtout qu'il est encore aidé par ses parents : le peintre reste donc évasif sur ces tableaux-là.


L'Homme blessé, autoportrait -
au musée d'Orsay


D'autre part, en septembre 1847, Virginie donne naissance à Désiré Alfred Émile, qu'elle doit déclarer « enfant naturel ». Il est avéré que jamais Courbet ne le reconnaîtra de façon officielle — l'enfant est mort en 1872 sous le nom de sa mère à Dieppe, ville où Virginie s'était installée après la rupture avec Courbet au début des années 1850. Un autre fait troublant est ce que révèle la radiographie d'une toile intitulée L'Homme blessé : jamais exposée du vivant du peintre, on y distingue deux repentirs dont l'un montre un jeune couple tendrement enlacé où les experts voient Virginie et Gustave, le tableau présentant en définitive l'image d'un homme agonisant.

Cette peinture fait partie des nombreux autoportraits de Courbet. Elle a été peinte en 1844 et représentait à l'origine l'artiste assoupi, plus jeune, une femme penchée sur son épaule. En 1854, après une rupture amoureuse, Courbet reprend son œuvre, remplace la femme par une épée et ajoute une tache de sang au niveau du cœur.


Les Demoiselles des bords de la Seine (été) (1856),
Paris, Petit Palais.

Foin de convenances
Bourgeois voltairien et anticlérical, convaincu de son génie («Je peins comme un Dieu», dit-il), Gustave Courbet ne s'embarrasse pas de convenances, aidé en cela par la bienveillance du pouvoir impérial. Si conservateur soit-il, celui-ci traite ses artistes avec l'indulgence d'un père pour ses garnements.

L'artiste se rapproche en 1863 du penseur anarchiste Joseph Proudhon (il peindra à sa mort un célèbre portrait du penseur entouré de ses filles).

Ses idées républicaines, mais surtout son goût affirmé pour la liberté, lui font refuser la Légion d'honneur, proposée par Napoléon III, dans une lettre adressée le 23 juin 1870, envoyée peu après son séjour depuis chez son ami le peintre Jules Dupré à L'Isle-Adam, au ministre des lettres, sciences et beaux-arts, Maurice Richard, qui tentait de le courtiser après le plébiscite. La lettre, publiée dans Le Siècle, fait scandale et se termine ainsi : « J'ai cinquante ans et j'ai toujours vécu libre. Laissez-moi terminer mon existence libre : quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi : Celui-là n'a jamais appartenu à aucun école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n'est le régime de la liberté »



le 16 mai 1871, la Colonne Vendôme, érigée pour fêter la Victoire d'Austerlitz (1805) en 1810, est abattue à la demande des fédérés et la statue de Napoléon Ier en César, se retrouve à terre. Courbet avait juste suggéré, en septembre 1870, de la déboulonner et de la reconstruire aux Invalides. La décision d'abattre "ce monument de barbarie, symbole de force brute et de fausse gloire" a été prise sans lui mais après la défaite de la Commune, il en sera jugé responsable et condamné à la reconstruire à ses frais.
Parmi les fédérés, on reconnait sur la photo de droite, Courbet (à l'arrière du groupe, sur la droite). La Colonne sera reconstruite en 1875.

Après que celui-ci eut été renversé par les républicains, il participe à la Commune de Paris comme conseiller municipal du 6e arrondissement et président d'une Commission pour la protection des beaux-arts. Un décret inspiré par ladite commission ordonne d’abattre la colonne Vendôme, témoin honni de l'ère napoléonienne. Il semble toutefois que Courbet était absent lorsque la décision a été prise et que lui-même préconisait simplement qu’elle soit déplacée.



Gustave Courbet poussant une « colonne Rambuteau » (un urinoir),
caricature publiée par Le Père Duchêne illustré (début 1871).


Arrêté le 7 juin 1871 et interné à Sainte-Pélagie, le peintre est condamné à six mois de prison et à une forte amende en raison de sa participation à la Commune.


Autoportrait à la prison deSainte-Pélagie
(1872), Ornans, musée Courbet.


Après quoi, il reprend son atelier à Ornans et s’entoure de plusieurs élèves. Mais cette trêve ne dure pas. Il est poursuivi en justice sous l’accusation d’avoir fait abattre la colonne Vendôme pendant la Commune. Ses biens sont saisis et il doit s’exiler en Suisse.

C'est là, à La Tour-de-Peilz, près du lac Léman, qu'il finit ses jours le 31 décembre 1877, à 58 ans.


Camille Vignolle


Courbet entouré d'amis fribourgeois à Bulle (1875-76).
photographie de Jules Gremaud, Musée gruérien.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 10 Juin 2018 - 11:47

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 10 Juin 2018 - 13:48

Gustave Courbet
Bourgeois et socialiste

Euphémisme mais tellement vrai.
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 11 Juin 2018 - 8:09

11 juin 1909
Tremblement de terre en Provence




Il y a cent neuf ans, le 11 juin 1909 vers 21h15, eut lieu le dernier tremblement de terre très meurtrier en France métropolitaine. Ce séisme se produisit au Nord des Bouches-du-Rhône, à 20 km au NO d'Aix en Provence. Il fit 46 morts et au moins 250 blessés. Plusieurs milliers de logements ont été détruits ou endommagés gravement (dont 1500 à Aix-en Provence). Le village de Lambesc fut entièrement détruit. Rappelons que la dernière victime pour cause de séisme en France métropolitaine est morte en 1967, lors du séisme dit d'Arette (Pyrénées Atlantiques) où une vieille dame mourut.



Un rapport décrivant précisément ces dégâts (note sur le tremblement de terre de Provence du 11 juin 1909, par M. le commandant Spiess, membre de la Société Géologique de France) est disponible sur le site du réseau sismique de l'Université de Marseille 3. On peut notamment y lire « Les communes les plus éprouvées : Lambesc, Saint-Cannat, Rognes, Puy-Sainte-Réparade, Venelles, Aix (partie Nord), la Barben-Pélissanne sont situées dans la dépression comprise entre le massif des Côtes et les collines de la Fare, ainsi que dans la chaîne de la Trévaresse qui, après le Miocène, est venue barrer la partie orientale de cette dépression. La ville de Salon, où les dommages ont été également très sérieux, se trouve á l'issue Ouest de cette région déprimée ».

Plus de cent ans après, il existe encore de nombreuses photographies de ces destructions, dont certaines ont donné lieu à l'époque à l'édition de cartes postales, dont on retrouve plusieurs exemplaires sur le web.



Une étude a été menée sous la direction du Ministère de l'Environnement en 1982. Cette étude consistait à effectuer une simulation d'impact d'un séisme équivalent à celui de 1909 qui aurait eu lieu en 1982 au même endroit, mais avec le plan d'occupation des sols de 1982. Cette simulation se justifiait par le fait que, statistiquement, un séisme d'une telle ampleur se produit en moyenne une fois par siècle en France métropolitaine. Cette simulation visait à déterminer toutes les conséquences de cette catastrophe virtuelle, aussi bien sur le plan humain que sur le plan matériel et économique. Cette région d'une superficie de 700 km2, regroupait 22 communes et 100.000 habitants en 1982. Les conclusions de cette étude sont présentées dans le tableau ci-dessous.

Comparaison des dégâts 1909 et des dégâts prévisibles simulés
en 1982 dans la région de Lambesc




Lambesc : nombreuses maisons détruites.
Aix-en-Provence : la toiture de la vermicellerie Augier s'effondre.
Cornillon-Confoux : destruction partielle de l'église (écroulement du tympan).
La Barben : destruction d'une tour du château.
Le Puy-Sainte-Réparade : plus de vingt maisons détruites. Deux morts. L'eau devient boueuse dans plusieurs puits.
Mouriès : la partie supérieure du clocher est abattue.
Rognes : dégâts considérables, quatorze morts5. L'effondrement d'une bergerie provoque également la mort de 150 moutons.
Saint-Cannat : dix morts, village ravagé, plusieurs bâtiments importants sont détruits, comme la maison des templiers, l'église et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.
Salon-de-Provence : dégâts considérables. Vingt mètres de murs du château de l'Empéri sont abattus.
Venelles : le haut du village est rasé dans sa plus grande partie6.
Vernègues : effondrement du château. La quasi-totalité des maisons est détruite. Deux morts. Le village a depuis été rebâti plus bas.


Cette carte montre que de nombreuses grandes agglomérations actuelles (Salon de Provence, Aix en Provence…) subiraient de très sérieux dégâts si un tel séisme se reproduisait aujourd'hui.
Source de l'image : Réseau sismologique de Provence
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 11 Juin 2018 - 8:22

merci Opaline image43
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 12 Juin 2018 - 8:00

12 juin 1856.
"La Rose de Saint-Flour"



Offenbach par Nadar (1878).

La Rose de Saint-Flour est une opérette en un acte de Jacques Offenbach, livret de Michel Carré, créée au théâtre des Bouffes-Parisiens le 12 juin 1856.

Argument

Pierrette  a cassé sa marmite et décide d'en emprunter une en allant à l'épicerie.  En chemin elle médite sur ses deux admirateurs, le cordonnier  Chapailloux et le chaudronnier Marcachu. Comme c'est la fête de  Saint-Pierre ce soir et que l'on va danser toute la nuit, elle aspire à  une nouvelle paire de chaussures à paillettes et une nouvelle marmite  incassable.


« Le public aux Bouffes-Parisiens », caricature d'Émile Bayard (v. 1860)

Marcachu apporte en témoignage de son amour une nouvelle marmite pour  Pierrette, l'accrochant à la cheminée avec dedans un bouquet de fleurs.  Chapailloux suit et dépose son présent, des chaussures, sur la table.

Pierrette revient et découvre la marmite. Elle prépare avec Marcachu  une soupe dans laquelle vont de manière inattendu se retrouver les  fleurs, des cierges et un des souliers de Chapailloux. Chapailloux  arrive et s'étonne de ne trouver qu'un seul soulier sur la table. Alors  qu'il s'apprête à se battre avec Marcachu, Pierrette les sépare et tous  se mettent à table. Le soulier ayant été découvert, Pierrette annonce  qu'elle n'épousera jamais un homme qui met des souliers dans la soupe et  Marcachu quitte la pièce en fureur.


Charles Reutlinger, Hortense Schneider
dans « La Périchole » (1868), photographie.

Pierrette se décide donc pour Chapailloux à qui elle donne la main.  Sur ce Marcachu revient pour d'excuser et tous se réconcilient en  dansant.

Distribution lors de la création

(Chef d'orchestre : Jacques Offenbach)
Pierrette - soprano - Hortense Schneider
Chapailloux - baryton - Charles Petit
Marcachu - ténor - Étienne Pradeau


Etienne Pradeau - Musée Carnavalet
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