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 Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)

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Opaline
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MessageSujet: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 15 Déc 2017 - 9:00

Rappel du premier message :

15 décembre 1805  
Napoléon signe le décret
de création des maisons d’éducation
de la Légion d’honneur


Ces maisons d’éducation — le château d’Écouen, qui avait été transformé en prison lors de la Révolution, fut désigné dès 1806 par l’empereur pour y recevoir la première de ces maisons — avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes filles pauvres ou orphelines de guerre dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents avaient reçu la Légion d’honneur

Le décret de création de ces maisons d’éducation, qui fut signé au Palais de Schönbrunn (Autriche) le 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), comportait les articles suivants :

Art. 1er. Il sera établi des maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. Le nombre de ces maisons ne pourra excéder celui de trois.

Article 2. Les lieux où elles seront établies seront fixés ultérieurement par nous, sur les rapports qui seront faits par le grand-chancelier de la Légion d’honneur, en grand-conseil.

Article 3. Ces établissements feront partie de ceux de la cohorte dans l’étendue territoriale de laquelle ils seront situés.

Article 4. Les frais de ces établissements seront pris sur les fonds de la Légion d’honneur.

Article 5. Ces maisons seront administrées sous la direction et la surveillance du grand-chancelier de la Légion d’honneur.

Article 6. Le nombre des élèves sera de cent par maison.

Clic sur la photo


Article 7. Les enfants ne seront admis qu’après sept ans accomplis, et ne seront plus reçus s’ils ont plus de dix ans.

Article 8. Néanmoins les filles des membres de la Légion d’honneur qui s’embarqueront pour les colonies, ou partiront pour l’armée, pourront être admises plus tard si elles ont perdu leur mère.

Article 9. Le grand-chancelier de la Légion d’honneur dressera incessamment et nous présentera un projet de règlement :
1° Sur le mode d’admission des élèves ;
2° Sur la durée de leur séjour dans la maison ;
3° Sur ce qui sera fait pour elles à leur sortie, suivant les cas, et sur leur dotation ;
4° Sur le régime de la maison et son administration ;
5° Sur les qualités et les fonctions des personnes qui seront employées dans la maison, le mode de leur nomination et leur traitement.

Article 10. Il dressera également un autre projet de règlement sur l’instruction des élèves.


Le château d’Écouen, où fut installée la première maison d’éducation,
et qui abrite depuis 1977 le musée national de la Renaissance


C’est quelques mois après son décret que, afin d’y abriter la première maison d’éducation, l’empereur désigne le 6 juillet 1806 le château d’Écouen et ses dépendances, cédés à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur, qui lui seront rétrocédés pour une valeur égale au prix de la cession faite à la caisse d’amortissement par la Légion d’honneur. Le 14 mai 1807, du camp de Finkenstein, du fond de l’Allemagne, l’empereur décrète que les bois d’Écouen, de la contenance de cent cinquante hectares, qui touchent le château, et font partie de la Légion d’honneur, seront affectés aux dépenses de la maison impériale Napoléon d’Écouen.


Joseph Boze, Portrait de Jeanne-Louise-Henriette Campan (1786),
Versailles, musée de l’Histoire de France.


Le lendemain, 15 mai, Napoléon adresse une lettre au grand chancelier, dans laquelle il lui explique comment il entend l’éducation des femmes, quelles bases il veut qu’on lui donne, comment on lui fera par la religion des femmes solides, et comment, en leur apprenant tous les ouvrages de leur sexe, on les préparera à être de bonnes épouses, de dignes mères de famille. Puis, par un décret du 15 septembre 1807, il nomme Mme Campan directrice de la maison d’éducation d’Écouen.


(D’après « Écouen. La paroisse, le château,
la maison d’éducation » paru en 1865
et « Fastes de la Légion d’honneur » paru en 1842)
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Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 23 Mar 2018 - 18:59

23 mars 1534
Henri VIII est excommunié



Henri VIII par Hans Holbein le Jeune.

e roi Henri VIII dirige l’Angleterre et l’Irlande de 1509 à 1547. De ces presque trente-huit ans de règne, l’histoire retient le schisme de 1534 de l’Église d’Angleterre avec Rome, ainsi que les six mariages aux conséquences éminemment politiques du souverain.

Gagnée par les ambitions d’indépendance vis-à-vis de l’Église importées par la montée du protestantisme en Europe, l’Angleterre se trouve profondément divisée entre catholiques et protestants, allégeance au pape et idées proto-nationalistes. Henri VIII est lui-même profondément attaché aux préceptes catholiques, mais lassé de l’autorité du pape qui possède de façon indirecte, par l’entremise du clergé, un cinquième des terres anglaises. Les caisses de l’État sont vides, asséchées par le train de vie fastueux du roi et le conflit de 1522 avec la France ; et le monarque veut faire annuler son mariage avec la reine Catherine d’Aragon pour épouser sa maîtresse Anne Boleyn, enceinte de lui. Or le pape Clément VII craint la réaction du neveu de Catherine d’Aragon, qui n’est autre que Charles Quint, et laisse traîner l’affaire à dessein.


Catherine d'Aragon fut la première épouse
d'Henri VIII, vers 1525.


Henri VIII résout alors ses deux problèmes en faisant prononcer son divorce par Thomas Cranmer, récemment nommé archevêque de Canterbury, puis en confisquant les biens religieux, en dissolvant les monastères et en arrêtant les membres du clergé qui se montraient hostiles à la suprématie royale. Il se proclame chef de l’Église d’Angleterre, et en réaction, le pape l’excommunie ainsi que l’archevêque de Canterbury. Les historiens sont en désaccord quant à la cause directe de cette excommunication : d’aucuns arguent qu’il s’agit du remariage du roi, d’autres de la dissolution des monastères. Le doute plane également sur la date exacte de l’évènement : selon certains, il aurait eu lieu le 23 mars 1534, mais d’autres avancent la date du 11 juillet 1533, ou évoquent l’an 1535 ou 1538.


Anne Boleyn fut la deuxième épouse d'Henri VIII,
copie d'un portrait de 1534.


La Réforme anglaise ainsi entamée aura de lourdes conséquences sur le reste du règne de Henri VIII, ainsi que sur les règnes successifs de ses trois enfants reconnus, Edouard VI, Marie Ière dite « la sanglante » (surnom qui lui est attribué lorsqu’elle réprime violemment des révoltes protestantes après avoir réinstauré le catholicisme) et Elizabeth Ière (qui détruit l’œuvre du règne de sa demi-sœur en installant définitivement le protestantisme). Quant à son remariage si coûteux, il se solde d’un échec lorsqu’Anne Boleyn se révèle incapable de concevoir un fils : elle met au monde une fille, la future Elizabeth Ière, et fait par la suite une ou plusieurs fausses couches, puis délivre un garçon mort-né. Lassé de sa femme, hanté par l’obsession d’obtenir un héritier mâle, Henri VIII fait monter des fausses accusations d’adultère et d’inceste contre elle et la fait exécuter par décapitation, ainsi que son frère. Il se remariera encore quatre fois, et son avant-dernière femme, Catherine Howard, fut elle aussi décapitée, à l’âge de vingt ans, après avoir été trouvée coupable d’adultère.


Jeanne Seymour est la troisième épouse d'Henri VIII ;
portrait réalisé par Hans Holbein le Jeune en 1536.


Le roi que la postérité surnomma Barbe-Bleue fit également exécuter certains de ses proches tombés en disgrâce, dont Thomas More (son chancelier, l’humaniste ami d’Érasme et auteur de L’Utopie, canonisé en 1935 par le pape Pie XI), Thomas Cromwell (son conseiller) et Thomas Culpeper (son valet personnel).


par Auriane de Viry
pour La Revue des Deux Mondes



Thomas Cromwell vers 1532 par Hans Holbein le Jeune.
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 24 Mar 2018 - 7:39

24 mars 809
Décès de Haroun al-Rachid
Le calife des Mille et une Nuits



Haroun Al Rachid, "le bien guidé"

Le 14 septembre 786, à Bagdad, sur les bords du Tigre, Haroun al-Rachid devient calife, c'est-à-dire « remplaçant » du prophète Mahomet. Son titre lui confère l'autorité sur la totalité des musulmans à l'exception de ceux d'Espagne.
Haroun al-Rachid est le troisième fils du calife El-Mahdi et d'une affranchie berbère ou yéménite. Il a vingt ans quand il succède à son frère al-Hadi, sans doute assassiné.
Son règne, magnifié par les chroniqueurs et les Mille et Une Nuits, coïncide avec l'apogée de la dynastie des Abbassides. Obscurci par les révoltes fiscales, les échecs diplomatiques et les révolutions de palais, il en amorce aussi le déclin.

Essor de l'empire arabe
Sous son règne, Bagdad est la cité la plus remarquable de l'univers. Elle offre l'exemple d'une civilisation raffinée dont les contes des Mille et Une Nuits nous conservent le souvenir.


Haroun al-Rachid reçoit une délégation envoyée par Charlemagne

Ses commerçants entretiennent des relations avec le monde entier comme le rappelle le conte de Sindbad le marin.
Ses poètes chantent le vin et l'amour, comme Abou Nouwas (ou Abû Nuwas). Ses théologiens et ses savants élaborent une culture de premier plan.
Sa population, en trois ou quatre générations, s'élève à plus d'un million d'habitants, ce qui en fait la plus grande métropole de son époque.
Dans tout l'empire mais aussi dans l'émirat indépendant de Cordoue, en Espagne, et dans le royaume du Maroc, se développe un artisanat prospère dont le souvenir se conserve dans le vocabulaire : cordonnier vient de Cordoue, mousseline de Mossoul, produits damasquinés (orfèvrerie à la feuille d'or) de Damas, maroquinerie de Maroc,.
Les Arabes restaurent et améliorent les anciens réseaux d'irrigation autour de la Méditerranée. Du fait de leurs liens avec la Perse, l'Extrême-Orient et l'Asie du Sud, ils introduisent de nouvelles cultures en Occident : riz, haricot, chanvre, canne à sucre, mûrier, abricotier, asperge, artichaut...


Horloge offerte à Charlemagne par Haroun al-Rachid

Difficile succession
Dans ses relations diplomatiques, le calife Haroun al-Rachid fait preuve d'une activité. Il impose pendant quelques années un tribut aux Byzantins. Il envoie aussi une ambassade à Charlemagne et lui offre une horloge à eau ou clepsydre...
Son règne témoigne aussi de la fragilité de l'autorité califale. Yahya, qui fut le précepteur du calife dans sa jeunesse, est devenu au fil du temps son principal ministre. Il installe sa famille, les Barmécides, au premières places de l'État.
L'aventure connaît une fin tragique avec le massacre des Barmécides sur ordre d'Haroun al-Rachid. Malgré son coup d'éclat, le calife va laisser peu à peu son pouvoir tomber aux mains des ministres et des conseillers.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 24 Mar 2018 - 10:54

Merci pour ces histoires du jour, que je lis avec beaucoup de plaisir.
Bon week end.



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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 24 Mar 2018 - 11:02

24 mars 1603 mort d'Élisabeth 1ère.

Élisabeth Ire, née le 7 septembre 1533 au palais de Placentia à Londres et morte le 24 mars 1603 au palais de Richmond à Londres, fut reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à sa mort.

https://www.histoire-pour-tous.fr/biographies/3411-elisabeth-ire-reine-dangleterre-1558-1603-biographie.html
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 25 Mar 2018 - 11:19

En 1916, la France
passait à l’heure d’été



Dans la nuit de samedi à dimanche, nous faisons un saut d’une heure dans le temps, comme c’est le cas depuis 1976. Mais c’est en 1916, que, pour la première fois, la France — plongée dans une guerre ruineuse — a expérimenté l’heure d’été.

C’est une drôle de bataille parlementaire qui se déroule en cette fin du mois de mars 1916. Pendant que les poilus succombent dans les tranchées de Verdun, les députés, eux, jouent à la guerre du temps dans les travées de l’hémicycle. Pourquoi une telle agitation en ces temps d’union sacrée ?

Un député de 47 ans, André Honnorat, a déclenché les hostilités en proposant d’écourter la nuit pour allonger le jour. L’élu radical-socialiste a bien pris soin d’expliquer l’objectif de sa proposition de loi : en décalant l’heure légale, le pays bénéficiera d’un surcroît de lumière du jour — « non artificielle » — et engloutira donc moins de gaz, de charbon et de pétrole. En ces temps où prime l’effort de guerre, voilà un bon moyen d’y contribuer utilement en dégageant de substantielles économies d’énergie.


André Honnorat (1868-1950), à qui l’on doit la première
expérimentation de l’heure d’été en France il y a plus
d’un siècle. © Crédit photo : Henri Martinie/Roger-Viollet

« L’heure à laquelle tombe un soldat sur la ligne du feu est sacrée »
L’Allemagne ennemie et l’Angleterre alliée viennent d’ailleurs tout juste de la décréter, alors qu’attend la France ? s’enhardit le député des Basses-Alpes. Mais à la Chambre, c’est un feu nourri de moqueries et de critiques qu’il doit affronter. « L’heure à laquelle tombe un soldat sur la ligne du feu est sacrée, ne la changeons pas », clame, grandiloquent, un élu. D’autres partisans de retenir la nuit l’accusent de vouloir « détraquer le mécanisme de la nature ». Un vieux sénateur rabroue même l’impétueux : « M. Honnorat veut nous vieillir : pourtant tous les hommes désirent rajeunir [...] J’envie votre jeunesse mais je ne souscris pas à votre juvénile proposition. En votant cette loi vous allez nous couvrir de ridicule ».

Dans la presse, le débat donne également lieu à des joutes passionnelles, qui permettent peut-être d’apaiser le cauchemar de cette guerre qui dévore tout. Les chroniqueurs rivalisent de bons mots dans les colonnes du Petit Parisien, du Gaulois ou du Figaro. Dans La Croix du 30 mars, le « législateur de Barcelonnette » est comparé à Josué, ce personnage biblique qui demanda au soleil de s’arrêter pour conduire les Hébreux vers la Terre promise ! La réplique fuse dans Le Temps, où l’on se réjouit de la perspective de jouir « gratuitement d’une heure supplémentaire du beau soleil de France ».

La loi est finalement votée le 19 mars 1917
Les experts ne sont pas en reste. Charles Lenormand, membre du Bureau des longitudes, s’inquiète de la pagaille qu’engendrera cette valse des pendules sur les rails ou en mer : « Que ferait-on si les montres d’habitacle des vaisseaux se mettaient aux heures des ports ? Il y aurait assurément risque de confusion, d’accidents. » Et de poursuivre avec un brin de mauvaise foi : « Aurait-on l’idée d’abaisser le zéro du thermomètre, en hiver, pour suggérer à ceux qui le consultent la sensation d’un froid moindre et provoquer ainsi des économies de chauffage ? »

L’astronome Charles Nordmann, qui plaide depuis plusieurs années pour l’heure d’été, réplique dans Le Matin du 7 avril contre les « nouveaux adorateurs du soleil » : « C’est par millions que se compteront, les économies réalisées [...] Et c’est le Boche (NDLR : l’ennemi allemand), finalement, qui pâtira de cette mesure », poursuit le ponte de l’Observatoire de Paris. Ce dernier y voit aussi un autre avantage symbolique à avancer les aiguilles d’une heure : « On hâtera au moins un peu le jour de la victoire ».



En 1940, les Nazis imposeront « l’heure allemande »
Celle d’André Honnorat, qui a subi insultes et de menaces de mort, arrive dans la nuit du 14 au 15 juin 1916 : à 23 heures, les pendules et montres du pays sont avancées d’une heure. Le 1er octobre, les aiguilles reviennent en arrière le temps de l’hiver. L’expérience a beau avoir été concluante, les invectives reprennent quand il s’agit enfin de la graver dans la loi quelques mois plus tard.
Mais le 19 mars 1917, elle est finalement adoptée par 291 voix contre 177. Et entre en vigueur cinq jours plus tard, au grand soulagement de Charles Nordmann, comme il l’écrit le 24 dans Le Matin : « Quand ce soir, nous avancerons de par la loi nos montres et nos pendules, nous aurons le sentiment que les soldats de Nivelle (NDLR : Robert Nivelle, général de l’armée française) ont avancé dans le temps en même temps que dans l’espace. »
Cruel retour de bâton de l’histoire : en 1940, les Nazis imposeront « l’heure allemande » à la zone occupée, alors que la France dite « libre », au sud, vivra en décalé. Il faudra attendre la victoire définitive des alliés, en 1945, pour remettre nos pendules à l’heure.


Charles de Saint Sauveur
Le Parisien
Accédez à l’article source

Le Parlement européen vote pour une remise en question de l’heure d’été




Le 8 février, les députés du Parlement européen ont voté en faveur d'une résolution demandant à la Commission européenne de lancer une évaluation « en profondeur » des avantages et inconvénients du changement d’heure semestriel et de présenter « si nécessaire » une proposition pour la réviser.
La résolution, adoptée par 384 voix contre 153 et 12 abstentions, amende la proposition initiale de la commission des transports du Parlement qui demandait directement la fin de l’heure d’été.

L'objectif est, à terme, d'adopter le maintien de l'heure d'hiver toute l'année. La France resterait ainsi à l’heure GMT + 1 toute l’année (contre GMT + 1 en hiver et GMT + 2 en été actuellement).
Depuis plusieurs années, l'abandon de l'heure d'été est réclamé par des organisations comme l'Association contre l'heure d'été double (ACHED).

À l'origine, le passage à l'heure d'été avait été conçu pour permettre des économies d'énergie en profitant des périodes de jour plus longues l'été. Or, selon un rapport réalisé en 2017 par le Parlement européen, les économies sont minimes, rapporte Europe 1.
Les députés européens évoquent également des effets négatifs sur la santé. Selon une étude 2016 de l’université de Turku (Finlande), au cours des deux jours qui suivent le passage à l’heure d’été, le taux d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) serait 8 % plus élevé. Selon une étude publiée en 2014 par l'American College of Cardiology, le risque de crise cardiaque le lundi suivant le changement d'heure serait 25 % plus élevé que les autres lundis de l'année.

Psychomédia avec sources : Reuters, Europe 1, Le Parisien.

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 25 Mar 2018 - 11:21

@cabichot a écrit:
Merci pour ces histoires du jour, que je lis avec beaucoup de plaisir.
Bon week end.




Merci pour tes encouragements denvo10
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 26 Mar 2018 - 8:09


26 mars 1962
Le massacre de la rue d'Isly



Rue d'Isly: le massacre oublié
Paris Match

Par les accords d'Évian et le « cessez-le-feu » du 19 mars 1962, le gouvernement français et ses adversaires du FLN (Front de Libération Nationale) ont mis fin à la guerre d'Algérie, non sans susciter un grand trouble dans la population « européenne » d'Algérie.

Celle-ci s'indigne de ce que le gouvernement ait cédé alors que l'armée avait gagné la guerre sur le terrain en anéantissant les troupes de l'ALN (Armée de Libération Nationale), branche armée du FLN dont les chefs étaient restés à l'abri des combats au Maroc ou en Tunisie.
Contrairement à ce que l'on pouvait espérer, les combats redoublent d'intensité avec un nouvel acteur, l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète).


De Gaulle : « Pompidou, figurez-vous que j’ai passé ma vie à tirer contre des Français»

C'est ainsi que le 22 mars 1962, trois jours après le « cessez-le-feu », onze soldats sont tués dans un attentat de l'OAS. L'armée attaque aussitôt à l'arme lourde le quartier de Bab el-Oued où se sont repliés les activistes, faisant plusieurs dizaines de victimes.

Le drame
Le 26 mars 1962, en guise de protestation, une foule pacifique d'Européens, y compris des femmes et des enfants, se rend en cortège vers le quartier de Bab el-Oued pour protester contre son bouclage par l'armée française.

Dans la rue d'Isly, devant la grande Poste, un détachement de tirailleurs algériens de l'armée française, sous le commandement d'un jeune lieutenant kabyle, fait face aux manifestants. Épuisés et ne sachant plus trop à quel drapeau obéir, ces hommes sont nerveux et prêts à en découdre.



Un massacre sans nom


La tension est à son comble quand soudain un tirailleur lâche une première rafale. Pendant 12 minutes, c'est le carnage. Un homme supplie : « Halte au feu, mon lieutenant un peu d’énergie, halte au feu… Mon lieutenant, criez je vous en prie ! ». Les cris redoublent : « Halte au feu ! ». Mais rien n'y fait.

On relèvera officiellement plus de cinquante morts, dont deux fillettes de dix ans, et deux cents blessés.
Le soir même, s'exprimant à la télévision, le général de Gaulle n'aura pas un mot pour les victimes de ce drame, bien que leur devant son retour au pouvoir. La presse s'abstiendra également d'en faire état sans qu'il soit nécessaire de le lui demander.



Bouleversés, les Algériens de souche européenne ou israélite, au nombre d'un million (10% de la population), prennent alors la résolution de fuir le pays sans attendre le référendum qui doit avaliser les accords.
Les départs vont s'accélérer après le massacre d'Oran, le 5 juillet 1962.


Alban Dignat
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 27 Mar 2018 - 9:33

27 mars 1996
Enlèvement des moines de Tibhirine




Le 27 mars 1996, on apprend l'enlèvement de sept moines cisterciens trappistes dans leur monastère de Notre-Dame-de-l'Atlas, à Tibéhirine, près de Médéa (Algérie). Un mois plus tard, le chef du Groupe Islamique armé (GIA), Jamel Zitouni, revendique l'enlèvement. Le 23 mai 1996, le GIA annonce avoir égorgé les moines deux jours plus tôt. On ne retrouvera que leurs têtes. L'émotion est immense en France.


Cimetière de l'abbaye de Tibhirine.

Comme le mystère demeure autour de l'enlèvement, une plainte est déposée contre X en 2003 et une information judiciaire confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière. Celui-ci laisse dormir le dossier jusqu'à son départ de la magistrature, en 2007. L'enquête est relancée par le juge Marc Trévidic.

Armand Veilleux, procureur général de l'ordre monastique, suggère que la sécurité algérienne (de connivence avec la DST française) aurait arrangé l'enlèvement des moines pour les obliger à partir mais l'affaire aurait mal tourné et abouti à la mort des otages dans un combat entre le commando et l'armée algérienne. D'où le malaise du juge Bruguière...




Ce drame a inspiré un film magnifique au cinéaste Xavier Beauvois : Des hommes et des dieux (2010).
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 28 Mar 2018 - 9:25

28 mars 1757
Exécution de Damiens
pour tentative d’assassinat sur Louis XV

(D’après « Le Petit Journal » des 25 et 26 février 1872)


Portrait de Robert-François Damiens par Gabriel.

L’assassin ne se départit de sa bonne humeur que lorsqu’on vint le chercher pour le transporter à la Chambre de la question,  et cependant qu’il entendait son arrêt, on prenait des mesures pour  l’exécution ; tout le guet à pied était rangé autour de la barrière  palissadée, où l’échafaud allait être dressé. Pas moins de vingt bourreaux avaient été commandés pour la circonstance...

Ce fut le 28 mars 1757 que le domestique  Robert-François Damiens expia, en place de Grève, sa tentative  d’assassinat en date du 5 janvier de la même année sur Louis XV.
La foule était immense. Une mer humaine, écrit Charles Monselet dans Le Petit Journal  du 25 février 1872. Il n’y a pas d’autre comparaison possible. Une mer  agitée dont les vagues battaient les maisons, escaladaient les fenêtres,  et jetaient leur écume de têtes jusqu’aux toits ! Toits pointus,  fenêtres étroites, maisons noircies. Vieille place grimaçante,  accoutumée aux spectacles les plus différents, à toutes les fêtes et à  toutes les atrocités !


Damiens couché sur un lit de fer subit l’interrogatoire de deux magistrats.
Estampe du temps



Damiens fut assujetti à la table-échafaud par deux énormes ceintures  de fer s’ouvrant et se resserrant à l’aide de gros écrous. Plusieurs  autres fortes pièces de fer contenaient les épaules et les cuisses ; une  sorte de fourche entourait le cou, sans empêcher les mouvements de la  tête, exhaussée sur une botte de paille. Tout cela était d’un travail  très compliqué ; et à distance on aurait cru voir une immense araignée  sur un corps humain.

Le programme du supplice appelait la main brûlée. En conséquence, la  main droite de Damiens fut attachée à une barre perpendiculaire fichée  le long de la table. Dans les doigts on fixa avec une chaîne le canif  dont il s’était servi pour frapper le roi. Cela fait, Gabriel Sanson  posa sous cette main le réchaud de soufre enflammé. Le feu était  médiocre, au dire de l’exempt Bouton, mais la douleur fut grande. Elle  fit pousser à Damiens un cri qui domina tous les bruits de la place de  Grève et qui dut être entendu de fort loin.

LIRE LA SUITE:
 
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 29 Mar 2018 - 8:28

29 mars 1918
L'église Saint-Gervais (Paris) bombardée



Effondrement de la voûte de l'église Saint-Gervais (Paris)

Lors de leur ultime offensive  de la Grande Guerre, les Allemands bombardent Paris avec trois canons  géants situés dans la forêt de Saint-Gobain, à 140 km au nord de la  capitale. Ils sont surnommés Langer Friedrich (« Frédéric le Long »), en hommage à l'industriel Friedrich Krupp, et Gross Gustav en hommage à son gendre.


Un obus tiré par la Grosse Bertha pulvérise l'église

L'un  de ces canons tire un obus à l'aveuglette le 29 mars 1918. Il atteint  l'église Saint-Gervais, pendant les vêpres du Vendredi Saint,  occasionnant 91 morts (dont 52 femmes) et 68 blessés parmi les fidèles.  L'événement a un retentissement jusqu'en Amérique.
Au total, entre  le 23 mars et le 9 août 1918, 183 projectiles font 256 tués et 620  blessés parmi les Parisiens. Ceux-ci vont longtemps confondre ces canons  à très longue portée avec un autre canon de bien moindre portée,  surnommé Gross Bertha, d'après le prénom de l'héritière Krupp, qui avait bombardé Liège, Maubeuge et Dunquerque à l'été 1914.   

Article du journal Le Matin

En 1919, pour le premier anniversaire du bombardement est édité et vendu, au profit des œuvres de la paroisse Saint-Gervais, un opuscule d'une trentaine de page relatant ce drame, dont les premières lignes retracent bien l'indignation générale : "Nous dédions ces lignes aux augustes victimes de la barbarie allemande, qui s'est manifestée dans une journée que les plus mécréants respectent". Le baron Pierre de Coubertin, dont l'épouse était parmi les victimes, a écrit le Livre d'Or des Victimes du Bombardement de l'Eglise Saint-Gervais. Cet opuscule, vendu à la sacristie de l'église au profit de ses œuvres donne la liste de toutes les personnes décédées, avec pour la plupart des renseignements biographiques.
 Un monument commémoratif  fut édifié plus tard dans une chapelle de la nef sud de l'église, en mémoire des victimes de ce bombardement du 29 mars 1918.


A la Mémoire des Victime du bombardement de l'Eglise Saint-Gervais.

 
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 30 Mar 2018 - 8:13

30 mars 1900
Découverte de la civilisation minoenne en Crète



Le 30 mars 1900, Sir Arthur John Evans découvre une grande quantité de tablettes en argile sur le site de Cnossos, au coeur de la Crète, une île de Méditerranée orientale un peu moins étendue que la Corse.
Ces tablettes viennent de la civilisation minoenne qui se développa sur l'île jusqu'aux environs de 1200 avant JC. Cette civilisation tire son nom de Minos, roi mythologique de la Crète associé à la légende du Minotaure, qui serait devenu après sa mort juge aux Enfers. Les Minoens utilisent deux écritures encore mystérieuses : Linéaire A et Linéaire B.


Le disque de Phaïstos
C'est le plus ancien exemple d'« imprimerie »
connu à ce jour : le texte qui figure sur le disque
a été en effet gravé à l'aide de tampons portant
chacun un symbole.

C’est un choc intellectuel immense qu’a dû ressentir la communauté scientifique lorsque des archéologues ont, au début du XXéme siècle, mis à jour les ruines d’une civilisation jusqu’alors mentionnée seulement dans des écrits anciens sans que leur existence fût démontrée. Ce sont les traces d’une civilisation enfouie, très ancienne (2700 à 1200 avant notre ère) qui refirent alors surface, géographiquement si proche pourtant de la Grèce antique. Concentrés sur Cnossos, les efforts de l’archéologue britannique Arthur John Evans ont beaucoup fait pour commencer à élaborer une histoire de la civilisation palatiale crétoise, d’une splendeur et d’un raffinement exceptionnels en plein âge de Bronze.


La fresque des dauphins au mégaron de la reine à Cnossos

La destruction des palais est issue de trois catastrophes différentes intervenues à un intervalle de 70 à 100 ans. La première, vers 1620-1600 av. J.-C., due à l'explosion de Santorin, eut un effet limité, les palais ayant été immédiatement réparés. La seconde vers 1520-1500 av. J.-C., limitée elle aussi, eut pour conséquence l'abandon de certains palais et demeures (Galatas, Amnisos, Vathypetros, Sitia). La troisième, plus importante, eut des conséquences plus sérieuses, et de nombreux sites importants furent abandonnés. Tous les centres palatiaux semblent avoir été détruits et incendiés, sauf celui de Knossos. Dans certains villages, comme à Myrtos Pyrgou, seules les demeures plus importantes des gouverneurs locaux sont détruites alors que le reste des habitations est intact.


Le tsunami en Crête

Un très violent séisme frappa la Crète le 21 juillet 365, vraisemblablement dû à une nouvelle explosion de Santorin, soulevant son extrémité sud-ouest de près de neuf mètres et occasionnant un puissant tsunami qui ravagea de nombreuses côtes du bassin oriental de la mer Méditerranée, frappant en particulier durement Alexandrie. Les témoignages littéraires antiques et médiévaux de cette catastrophe sont nombreux, mais à part celui d'Ammien Marcellin qui date et décrit bien le reflux et le flux spectaculaire du tsunami, ils sont entachés d'imprécisions, d'exagérations et d'interprétations tendant à faire du phénomène un séisme de dimension universelle à l'échelle de l'Empire romain, affectant toutes les terres de Méditerranée orientale et centrale. Les historiens et les archéologues sont partagés sur la portée géographique réelle de ce séisme.
 
Plus de photos et d'explications ici
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 1 Avr 2018 - 10:41

1er avril 1755
Naissance de Anthelme Brillat-Savarin
à Belley (Ain, France)


Amateur de bonne chère et auteur de La physiologie du goût, magistrat de profession, Anthelme Brillat-Savarin est le théoricien de la tradition culinaire bourgeoise.


Le Vachez Collection -
Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826)


"La table est le seul endroit où l'on ne s'ennuie jamais pendant la première heure"
. C'est par cet aphorisme que Brillat Savarin introduit la Physiologie du goût, en 1826. A la suite de Grimod de la Reynière, il fait ainsi du XIX e siècle le premier siècle véritablement gastronome.

Se restaurer au XIXe siècle

Le musée d'Orsay, à Paris, a présenté en mars 2002 une charmante et instructive exposition : «A table au XIXe siècle». Ce fut l'occasion pour les Parisiens et les touristes de passage de  découvrir ce musée consacré à l'art du XIXe siècle, où il est très  plaisant de se promener et de se perdre. L'un des rares musées où les  enfants ne baillent pas...

 La table à l'heure de la Révolution industrielle
 Disons tout de suite que le XIXe siècle ne se signale pas par de grandes révolutions dans l'alimentation et la gastronomie.
 On peut seulement retenir que c'est en 1795, sous la Révolution, que  Nicolas Appert invente le moyen de conserver les légumes en les  chauffant sous vide. Son procédé sera longtemps connu comme l'appertisation.  Aujourd'hui, on parle simplement de conservation. La réfrigération sera  quant à elle inventée en 1875. Les boîtes de sardines à l'huile  apparaissent timidement sur les tables, notamment sous la marque  Saupiquet, et jusqu'au début du XXe siècle, la réclame les présente  comme un plat de luxe réservé à l'élite !
 Au XIXe siècle, les changements concernent principalement l'art de la  table, le mode de restauration et l'ordonnancement des repas. De ce  point de vue, l'exposition du musée d'Orsay nous révèle un siècle  étonnamment moderne et proche de nous.

 Les restaurants tels que nous les connaissons sont nés en... 1766  (sous le règne de Louis XV !), à l'initiative de Roze de Chantoizeau,  qui crée le premier établissement du monde où l'on mange à son heure en  choisissant ses plats sur une carte (à la différence des gargotes et  auberges traditionnelles).



Edouard Manet (1832-1883)
L'asperge 1880 Huile sur toile



 La Révolution, en ruinant les nobles, oblige beaucoup de grands  cuisiniers à se reconvertir dans la restauration publique. C'est ainsi  qu'émerge l'un des plus grands cuisiniers-pâtissiers de tous les temps :  Antonin Carême. En activité chez Talleyrand, il maintient les traditions de l'Ancien Régime et notamment le buffet habituel ou  «service à la française», concurrencé par le «service à la russe».
 Auparavant, les convives piquaient  dans les plats disposés devant  eux dans l'ordre de leur choix. Des domestiques, derrière eux, leur  servait du vin au verre lorsqu'ils manifestaient l'intention de boire.  Peu à peu, suivant l'exemple montré par l'ambassadeur de Russie à Paris,  en 1810, les convives voient les plats se succéder selon l'ordre que  nous connaissons : entrée, poisson ou viande, légumes, dessert. Ils  disposent des verres devant eux.


Neuf règles de l'art de la table russe du début du XIXe siècle

 Comme il se doit dans le pays qui a donné au monde le plus grand  nombre d'écrivains qui soit, la gastronomie donne naissance en France à  une littérature spécialisée avec Grimod de la Reynière et surtout  Brillat-Savarin, un digne conseiller à la Cour de Cassation, célibataire  et amateur de repas fins, dont le nom survivra pour l'éternité avec un  seul livre : Physiologie du goût.
 À noter une dédicace de Grimod de la Reynière à une célébrissime courtisane du temps de Louis XIV, Ninon de Lenclos : «Ninon quelquefois infidèle aux amants mais toujours fidèle aux gourmands».... : -))


Frontispice de la Physiologie du goût avec un portrait de Brillat-Savarin (1848).

 L'exposition du musée d'Orsay présentait des documents très riches de sens, à savoir les menus de quelques restaurants.
 Ainsi ai-je relevé celui de la Maison Egalité, à Paris, en  1795 (on est alors à la fin de la Révolution). Le Clos Vougeot, le  Champagne et le Bordeaux y sont proposés au même prix : 30 francs, la  blanquette de veau aux champignons à 10 francs... Les convives peuvent  finir avec un café et un digestif (porto...). Autant dire que nous ne  serions pas dépaysés dans cet établissement ! Un siècle plus tard, vers  1895, le restaurant populaire Aux trois faisans, à Dijon, propose pour 5 francs un repas complet avec soles frites, filet aux pommes, pain et gâteau.


Aphorisme de Brillat-Savarin.

 Sous le Second Empire,  en 1854, tandis que se développe la Révolution industrielle et que se  multiplient à Paris les ouvriers et les employés, un homme du nom de  Duval crée dans la rue de la Monnaie un restaurant d'un nouveau type, le  bouillon. Cette première forme de restauration rapide aura un  grand succès au fil du siècle. Il reste quelques bouillons à Paris, le  plus célèbre, très prisé des jeunes touristes étrangers, étant Chartier, rue du faubourg Montmartre.

 Dans un genre différent, on a pu apprécier au musée d'Orsay la  présentation de la table de réception du duc de Morny, demi-frère de  Napoléon III, avec ses 36 couverts signés Christofle, Baccarat et  Limoges.

 André Larané
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 2 Avr 2018 - 9:23

2 avril 1805
Naissance de Hans-Christian Andersen
«Ma vie est un beau conte de fées...»




Le conteur Hans Christian Andersen est l'un des auteurs les plus lus du monde et à coup sûr le Danois le plus célèbre.
Qui n'a pleuré et parfois ri sur Le Vilain Petit Canard, Les Habits neufs de l'empereur, Le Stoïque Soldat de plomb, La Reine des neiges, La Princesse au petit pois, La Petite Fille aux allumettes, La Petite Poucette, La Petite Sirène, Le Briquet, Les Fleurs de la petite Ida, Le Rossignol et l'Empereur de Chine ?...
Andersen est né à Odense (Danemark) dans le foyer misérable d'un cordonnier le 2 avril 1805.
 Son père, qui rêve de gloire, s'engage en 1812 dans la Grande Armée de Napoléon. et meurt quatre ans plus tard.
 Comme sa mère est illettrée et son grand-père fou, c'est  essentiellement sur sa grand-mère que repose l'éducation du petit  Hans-Christian.
 À quatorze ans, l'adolescent quitte Odense pour Copenhague où il  tente de publier des pièces et des poésies. Son destin bascule avec la  rencontre de Jonas Colin, directeur du Théâtre royal, qui le prend sous  sa protection et l'envoie au collège.


 De la misère à la gloire

"Le vilain petit canard" aquarelle de Eugen Siegert

Souffre-douleur de ses camarades de collège, le jeune homme conserve  néanmoins la folle ambition d'accéder à la gloire littéraire. Il entre à  l'Université où il étudie la philologie et la philosophie.
Ses examens en poche, il part en 1830 à la découverte de l'Europe. De  la Norvège à l'Écosse, de l'Italie à l'Orient, il traverse dans les  années qui suivent tous les pays qui comptent. Il ne manque pas de  rencontrer les personnages qui comptent et de gagner leur  affection. Parmi ses amis les plus illustres : Franz Liszt, Charles  Dickens, Victor Hugo !
 Ses voyages donnent lieu à des récits pittoresques. Ils lui inspirent  aussi de petits romans. Mais c'est avec la publication d'un premier  recueil de contes pour enfants, en 1835, à trente ans, qu'Hans-Christian  Andersen acquiert enfin la célébrité tant recherchée.




Les contes d'Andersen (édition de 1895 Leipzig)

l va dès lors multiplier les publications à raison d'un volume par  an. Émouvants, issus de sa seule imagination et de ses souvenirs de  jeunesse, ses Contes mêlent le merveilleux et le réel. Ils racontent des histoires, le plus souvent douloureuses, plus rarement heureuses (La Reine des Neiges). À la différence des contes des frères Grimm, publiés dans les années 1812-1822, ils n'ont pas de prétention morale.
Laid et hypersensible, célibataire faute de mieux, Andersen s'est dépeint sous les traits du «vilain petit canard», l'un de ses plus beaux contes.
 En 1867, sa ville natale le fait citoyen d'honneur et il a le bonheur d'inaugurer sa propre statue. Sa dernière biographie - Le conte de ma vie (1853) - commence par ces mots : «Ma vie est un beau conte de fées, riche et heureux».
 Mort dans sa petite maison de Rolighed, près de Copenhague, il repose au cimetière Assistens (Copenhague).


 André Larané


Odense fait d'Andersen son citoyen d'honneur (1867)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 3 Avr 2018 - 9:28

3 avril 1862
Publication des Misérables



Portrait de Victor Hugo par Nadar (vers 1884).

Le 3 avril 1862 sortent en librairie les deux premiers tomes d'un roman promis à un succès exceptionnel : Les Misérables. L'auteur  est un proscrit à barbe blanche, qui, de son exil de Guernesey, n'en  finit pas de lancer des philippiques à l'encontre de l'empereur Napoléon  III, alors à l'apogée de son règne.


Cosette chez les Thénardier
(illustration d'Émile Bayard, 1886).


 Victor Hugo,  car c'est de lui qu'il s'agit, a mûri pendant près de trente ans son  projet romanesque. Le dernier roman qu'il ait écrit remonte à 1830 : Notre-Dame de Paris.   Depuis lors, il s'est voué à la poésie et s'est hissé aux plus hautes  marches de la gloire, mais sans cesser d'être travaillé par le sort des  plus humbles et l'injustice sociale.
 Avec Les Misérables, sa gloire va atteindre une dimension  planétaire inconnue jusque-là dans le domaine littéraire. Et, plus  important encore, une nouvelle conscience sociale va émerger dans la  société occidentale.

 Des Misères aux Misérables
Roman phare de Victor Hugo, Les Misérables sont le fruit d'une longue gestation.
Dès 1828, le jeune écrivain, tout royaliste qu’il soit, envisage un grand roman sur le thème de la misère, simplement intitulé Les Misères.
 Commence la période de la documentation avec collecte de coupures de  presse, visite des lieux (bagnes, usines ou champ de bataille de  Waterloo, où il met le point final à son roman), et recueil de  témoignages.


Monseigneur Bienvenu Myriel
Illustration par Gustave Brion.


 L'écrivain aurait aussi assisté à une altercation entre un bourgeois et une prostituée, épisode utilisé dans Les Misérables pour mener Fantine à la déchéance, ainsi qu'à l'arrestation d'un vagabond pour le vol d'un pain (Choses vues, 9 janvier 1841 et 22 février 1846).
 L'écriture elle-même commence le 7 novembre 1845, pour un premier jet  se déroulant jusqu'en 1848. Mais la politique interrompt l'œuvre de  création d'Hugo qui assiste indigné à l'abdication de Louis-Philippe et  plus tard au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (qu'il a d'abord  soutenu).


Jean Valjean ferme les yeux de Fantine
Illustration par Émile Bayard (1862)


 Avant d'être obligé de fuir, il court de barricade en barricade,  expérience qui deviendra un des temps forts de son roman où il met en  scène le petit Gavroche, tout droit sorti de La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix, peinte en 1830. L'exil lui offre le calme pour reprendre la plume, de 1860 à 1862.
 Entre-temps, le projet a évolué, ses idées sociales étant devenues plus claires. Il ne s'agit plus des Misères, abstraction de l'état de pauvreté d'une partie de la population, mais des Misérables, incarnation du peuple souffrant à travers quelques personnages-types.


Illustration de Jules Cheret pour une édition populaire (vers 1896-1900)

Lire :
[hide=« Ce livre est immonde et inepte » (Charles Baudelaire)]

Il faut trois mois, d'avril à juin 1862, pour publier les dix volumes des Misérables. La campagne de lancement est menée de main de maître. D'aucuns la comparent à celle qui accompagne aujourd'hui la sortie d'un épisode d'Harry Potter !

Le jour de la sortie, les librairies sont prises d'assaut, la première partie est aussitôt épuisée, les traductions s'enchaînent : le succès est immense. Hugo a pris soin de demander la création d'une édition illustrée de petit format, au prix abordable, pour toucher un large public rendu impatient par les centaines d'affiches annonçant la publication.

Le peuple est séduit. On dit que dans les ateliers, les ouvriers se cotisent pour acheter les ouvrages et se les passer de main en main.  Mais les lettrés font la grimace. Peut-être parce que l'attente était énorme, la désillusion se révèle cruelle.

Les Misérables est un des premiers romans centré sur le peuple, non pour faire peur aux lecteurs, mais pour dénoncer les conditions de vie des plus humbles. Il n’a été précédé dans cette voie que par Les Mystères de Paris et en Angleterre par David Copperfield (1849, Charles Dickens).

On est plongé avec les « infortunés » au cœur de la première moitié du XIXe s. avec sa pauvreté, sa cruauté envers femmes et enfants, sa justice parfois injuste, mais aussi ses espoirs aperçus du haut des barricades. Mais Hugo n'a pas voulu faire un simple document sociologique ou historique ; il a souhaité signer une grande épopée sur l'humanité elle-même.

À travers ses personnages, c'est l'homme dans sa diversité et sa fragilité qu'il dépeint : Jean Valjean (Jean « V'la Jean ») le courageux, Fantine (« l'enfant ») la victime, Cosette (« la petite chose ») et Gavroche, les enfants martyrs, les Thénardier et Javert, la cruauté et l'acharnement...




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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 4 Avr 2018 - 11:23

4 avril 1968, l’assassinat de Martin Luther King à Memphis




[CE JOUR-LÀ] Prix Nobel de la paix en 1964, le leader noir intégrationniste Martin Luther King est assassiné le 4 avril 1968 à Memphis (Tennessee), ville du sud profond des États-Unis. Mort à l’âge de 39 ans, il avait cinq plus tôt, devant 250 000 Américains rassemblés à Washington, prononcé son fameux discours : « I have a dream ».
Martin Luther King en 1966.
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Martin Luther King en 1966. / AFP

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CONTEXTE

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« La haine ne supprime pas la haine. Seul l’amour y parviendra. » Partisan de l’intégration raciale aux États-Unis, mais opposé à toute violence pour faire aboutir cette revendication, le pasteur Martin Luther King est assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, dans l’État du Tennessee.

Alors qu’il parle à des amis au balcon de la chambre d’hôtel qu’il occupe, il est touché à la gorge par le tir d’« un jeune blanc qui était à cinquante ou cent mètres de là, dans un asile de nuit », indique la Croix dans son édition du 6 avril 1968. Il décède peu de temps après. Il a alors 39 ans. L’auteur du tir, James Earl Ray, un ségrégationniste blanc qui a des antécédents judiciaires, est finalement capturé deux mois plus tard à l’aéroport de Londres Heathrow alors qu’il essayait de quitter le Royaume-Uni.

« L’homme (Martin Luther King, NDLR) était un symbole pour l’Amérique et pour le monde entier ; on ne peut s’empêcher de penser qu’un autre symbole, tragique celui-là, vient s’ajouter à celui de sa vie, de sa pensée, de son action : le Sud incarne la ségrégation raciale depuis les origines du peuplement noir et cet assassinat, quel qu’en soit l’auteur, montre que le climat sudiste de résistance violente à l’intégration n’a pas disparu », commente alors Lucien Guissard, rédacteur en chef à La Croix, dans un éditorial publié deux jours après l’assassinat.

Martin Luther King était venu à Memphis défendre ses compatriotes noirs en grève et devait revenir pour une marche pacifique fixée au 9 avril, et interdite, comme les précédentes. Le pasteur devait également participer à partir du 22 avril à une marche sur Washington. Précisément là où il avait prononcé le 28 août 1963, lors d’une marche des droits civiques réunissant 250 000 personnes, son fameux discours : « I have a dream ».

À lire aussi

La marche des Noirs sur Washington, un modèle fondateur

Le 9 avril, reportage des Actualités françaises consacré au pasteur noir Martin Luther King assassiné quelques jours plus tôt.

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ARCHIVES

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L’homme de la non-violence

(La Croix du 6 avril 1968)

L’éditorial de Lucien Guissard

C’est donc dans une ville du Sud profond, à Memphis, que le pasteur Martin Luther King a été assassiné. L’homme était un symbole pour l’Amérique et pour le monde entier ; on ne peut s’empêcher de penser qu’un autre symbole, tragique celui-là, vient s’ajouter à celui de sa vie, de sa pensée, de son action : le Sud incarne la ségrégation raciale depuis les origines du peuplement noir et cet assassinat, quel qu’en soit l’auteur, montre que le climat sudiste de résistance violente à l’intégration n’a pas disparu. Le poids de l’histoire est là, avec ses aberrations psychologiques, avec les passions obscures qui font échec à la raison et à l’égalité.

« L’Amérique est choquée », a déclaré le président Johnson. Elle n’est pas seule : Martin Luther King représentait, aux yeux de l’humanité, une Amérique généreuse, libre et décidée à réaliser le grand idéal démocratique inscrit dans sa Loi fondamentale.

Le choc de cette mort brutale rappelle les heures de consternation et de peur que le monde a connues lorsque John Kennedy fut assassiné à Dallas. Ces deux Américains donnaient, chacun à sa manière et dans son domaine, une image de ce que pourrait être la « grande société », la « nouvelle frontière », dont les États-Unis veulent proposer l’exemple au reste du monde.

À lire aussi

22 novembre 1963, l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas

En apprenant que Martin Luther King venait d’être assassiné, sa veuve a eu ces mots qui traduisent un sens religieux profond, mais aussi les menaces toujours possibles pour les hommes de paix : « C’est la volonté de Dieu. Nous n’ignorions pas que cela pouvait arriver. »

Martin Luther King prônait la « révolution non violente » ; c’est le titre d’un de ses livres et c’est le résumé de son engagement. Il avait attiré sur lui la haine des Blancs qui refusent l’intégration ; il savait que le mouvement noir lui-même n’était plus tout entier derrière lui depuis que les dirigeants extrémistes avaient résolu de dépasser la non-violence et de recourir aux méthodes radicales du Black power, le « pouvoir noir ». Il se trouvait ainsi dans la position difficile de ceux qui font face aux adversaires sur deux fronts. Mais il est maintenant, comme il arrive quand le fanatisme fait des martyrs, un signe de ralliement pour tous les Noirs : de cela, on ne peut douter ; les manifestations ont déjà commencé dans plusieurs villes et le coup de feu de Memphis va rendre plus brûlant l’été américain que l’on annonçait déjà agité.

Dans son dernier ouvrage traduit en français : Où allons-nous ?, Martin Luther King cite la première Épître de saint Jean : « Dieu est amour » et il ajoute : « Nous ne pouvons plus nous permettre d’adorer le dieu de la haine et de nous prosterner devant l’autel des représailles. »

Ces paroles d’un chrétien de notre temps reçoivent le démenti du crime. Pourtant le leader noir les laisse à tous comme un testament ; si la violence prend le relais de la légalité, si la révolution noire répudie un jour la non-violence, on saura que la nuit de Memphis en a marqué l’avènement.

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Martin Luther King assassiné à Memphis

(La Croix du 6 avril 1968)

Le pasteur Martin Luther King, prix Nobel de la paix et apôtre de la non-violence, a été mortellement blessé alors qu’il se trouvait au balcon de la chambre de son hôtel situé dans le centre de Memphis.

Un témoin raconte : « Le Dr King était seul sur son balcon lorsqu’un coup de feu fut tiré. Apparemment, la balle a atteint le Dr King au cou », a-t-il ajouté. « Il a été transporté d’urgence, dans un état très grave, à l’hôpital Saint-Joseph de Memphis, où il devait décéder peu après. »

Aussitôt après l’attentat, la police a immédiatement établi un cordon autour de l’hôtel où était logé le pasteur King et sa suite.

Le chef de la police de Memphis a déclaré que selon les premiers éléments de l’enquête en cours, l’assassin du Dr Martin Luther King serait un jeune blanc qui était à « cinquante ou cent mètres de là, dans un asile de nuit ».

Il a en outre décrété le couvre-feu à Memphis « jusqu’à nouvel ordre », étant donné que de jeunes Noirs s’était répandus dans les rues malgré les patrouilles de police.

La garde nationale du Tennessee, renvoyée dans ses foyers à l’issue des manifestations de lundi (qui avaient fait un mort, un jeune Noir de 16 ans, Larry Payne, et une soixantaine de blessés) a été rappelée, et certaines de ses unités ont immédiatement pris position dans la ville.

Une nouvelle manifestation pour la paix, conduite par le pasteur King, devait se dérouler, lundi, dans les rues de Memphis.
« Peut-être qu’il voulait prouver quelque chose »

L’attentat commis contre le pasteur Martin Luther King Peter King a plongé Harlem dans la consternation. Dans la 125e Rue, hommes, femmes, enfants, tout le monde était dehors écoutant les dernières nouvelles retransmises par la radio. La plupart pleuraient. D’autres marchaient comme des automates.

« Il n’avait pas besoin de retourner là-bas », sanglotait une femme. « Peut-être qu’il voulait prouver quelque chose », répondez une autre.

À New York comme dans les grandes villes américaines, l’émotion est grande parmi la population noire. Une série d’incidents ont été enregistrés, et à New York le maire de la ville, M. Lindsey, a lancé un appel au calme. La consternation faisant place à la colère, il est à craindre de nouveaux incidents. À Boston, à Raleigh, à Washington, une fois la stupeur passée, c’est par une explosion de colère que les Noirs ont accueilli la mort du pasteur King.

À Boston, plusieurs centaines de Noirs, armés de gourdin et de chaînes de bicyclettes, se sont attaqués à la police, ont renversé des voitures et ont lancé des pierres aux passants blancs aux cris d’« assassins, assassins ». La foule s’est dispersée en laissant trois blessés sur le terrain.

À Raleigh, une cinquantaine de jeunes Noirs se sont précipités dans la rue principale criant « King, King » et injuriant la police. La police a usé d’armes chimiques et de tranquillisants pour en venir à bout.

À Washington, des groupes de Noirs se sont réunis sur une place du quartier noir pour pleurer la mort du leader intégrationniste. Bientôt, la manifestation a dégénéré et les Noirs se sont mis à hurler des insultes à la police, à lapider les voitures conduites par les Blancs et à piller des magasins.

Quelques jours après l’assassinat de Martin Luther King, Panorama rendait compte de l’atmosphère qui règnait à Memphis alors que les émeutes éclataient dans tout le pays.
Émotion dans le monde

Partout, aux États-Unis comme dans le monde, l’émotion est très vive et les messages de condoléances adressées à Mme Luther King sont nombreux. Ainsi, Mme Indira Gandhi, qui a déclaré qu’un tel événement constituait pour l’humanité « un recul dans sa quête de la lumière ».

À lire aussi

30 janvier 1948, mort du mahatma Gandhi sous les balles d’un fanatique hindou

Le gouverneur de New York, M. Nelson Rockefeller, a ordonné la mise en berne de tous les drapeaux des édifices publics de l’État de New York.

Robert Kennedy, de son côté, a lancé un appel passionné à la paix et la justice.

Compte rendu des obsèques de Martin Luther King à Atlanta au Journal télévisé le 9 avril 1968.
La leçon de Gandhi

Le pasteur Martin Luther King, qui s’était vu décerner en 1964 le prix Nobel de la paix pour ses campagnes en faveur des droits civiques des Noirs aux États-Unis, avait obtenu une licence de philosophie à l’université de Boston, après avoir effectué antérieurement des études secondaires à Atlanta, en Pennsylvanie.

Né à Atlanta, il y a 39 ans, et fils d’un pasteur noir, il était devenu lui-même ministre du culte Baptiste. Fondateur de la Conférence des dirigeants chrétiens du Sud, il était devenu le champion de la non-violence et de la résistance passive.

C’est en 1955 il avait organisé ses premières Campagnes contre la ségrégation dans les autobus de Montgomery, en Alabama.

À lire aussi

Le 1er décembre 1955, Rosa Parks disait non à la ségrégation raciale aux États-Unis

« La protestation non violente est la plus efficace des armes de l’homme opprimé », telle était la maxime tirée de l’enseignement de Gandhi, que Martin Luther King avait faite sienne pour gagner le combat des Noirs américains et leur donner effectivement les mêmes droits qu’aux Blancs.
« Ne brûlons pas l’Amérique » demande l’adjoint du pasteur King

Dans son dernier livre, traduit en français et paru aux Éditions Payot, le pasteur Martin Luther King posait aux Américains l’interrogation dramatique : « Où allons-nous ? » Il songeait bien sûr au problème noir, mais aussi beaucoup à d’autres, car à ce titre de l’ouvrage, il ajoutait un sous-titre révélateur : « La dernière chance de la démocratie américaine. »

Son assassinat plonge les États-Unis dans une nouvelle crise, au moment même où une éclaircie apparaît dans le conflit vietnamien, autre motif de division profonde au sein de l’opinion américaine. C’est « une honte pour notre pays », a dit le vice-président Humphrey. « J’espère, a dit le président Johnson, que tous les Américains procéderont à un examen de conscience, tandis qu’ils réfléchiront à cette tragédie ».

Cet examen de conscience, le pasteur King – qui « aimait les États-Unis », a souligné M. Johnson – le sollicitait déjà dans son livre Où allons-nous ?, Non seulement pour les Blancs, mais aussi pour les Noirs, en condamnant toutes les violences.

Si sa mort tragique devait précipiter cet examen de conscience individuel et collectif sur le problème racial ; si elle devait également resserrer l’unité du peuple américain pour le rétablissement de la paix au Vietnam – le pasteur était partisan d’un règlement négocié du conflit – il pourrait finalement en sortir quelque chose d’utile pour l’Amérique. Mais en sera-t-il ainsi ?

M. Hoses Williams, un des adjoints les plus proches du pasteur King, qui se trouvait en bas du balcon lorsque celui-ci fut atteint par une balle, a lancé un vibrant appel à tous les Noirs des États-Unis : « Le seul moyen d’obtenir un monde pacifique est d’appliquer la non-violence. Ne brûlons pas l’Amérique. Prenons-la comme elle est et rebâtissons-là. Tout ce que le pasteur avait prévu sera appliqué comme prévu. Tout. Rien ne s’arrêtera. Nous appliquerons tout son programme. »
Le rêve du pasteur Quigne

Le plus beau discours que le pasteur Martin Luther King est jamais prononcé, c’est celui qu’il fit en janvier 1963, devant des milliers de manifestants rassemblés à Washington, pour les convier à partager son « rêve » :

« J’ai un rêve. Un rêve profondément enraciné dans le rêve américain… Je rêve qu’un jour, sur les collines rousses de Georgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens esclavagistes prennent place tous ensemble à la table de la fraternité.

Je rêve qu’un jour l’État du Mississippi lui-même, aujourd’hui étouffé par la justice, accablé par la chaleur de l’oppression, deviendra une oasis de liberté et de justice.

Je rêve qu’un jour mes quatre petits enfants vivront dans une nation où ils ne seront plus jugés sur la couleur de leur peau, mais sur leurs mérites.

C’est notre espoir, c’est avec cette conviction que je retourne dans le Sud ; c’est elle qui nous permettra d’apporter à un monde de désespoir une goutte d’espérance. »
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 5 Avr 2018 - 8:06

5 avril 1722
Découverte de l'île de Pâques



Dessin de Pierre Loti L'Île de Pâques,
le 7 janvier 1872 vers cinq heures du matin
.


Le 5 avril 1722, l'explorateur hollandais Jacob Roggeveen aborde une  île isolée en plein Pacifique. Comme c'est le jour de Pâques, il la  baptise tout simplement... Île de Pâques.
  L'île est le sommet émergé d'un massif volcanique sous-marin. À la  différence de la plupart des autres îles du Pacifique, elle n'est pas  protégée des vagues par une barrière de corail et un lagon, ce qui rend  son approche en bateau difficile. Sur son sol aride de 171 km2 survivent  quelques centaines de misérables Polynésiens.


Moaïs de l’Ahu d'Aka'hivi.

  Paradis perdu ou saccagé
  Les ancêtres de ces malheureux, arrivés en pirogue entre 900 et 1200  de notre ère, avaient découvert un paradis doté d'une faune et d'une  flore exubérantes, qu'ils avaient appelé dans leur langue Rapa Nui.
  Ils avaient bâti une société prospère et même inventé une écriture idéographique, le rondorongo. Ils s'étaient multipliés jusqu'à être 10 000 ou 15 000.

  La population était divisée en clans familiaux dont chacun était  établi dans l'une des vallées sèches qui descendaient vers l'océan,  cultivant ses jardins et honorant ses morts. Les dépouilles de ces  derniers étaient déposées sur la grève.
  Pour se protéger de l'océan hostile, chaque clan avait aménagé près  du rivage une plate-forme en pierre surmontée de statues géantes,  alignées comme à la parade, au regard impressionnant de vie, tournées  vers les jardins et les habitants.


Carte de l'île de Pâques.

  Les habitants sculptaient les statues (les moaï) dans les  flancs des trois anciens volcans de l'île. Ils les faisaient ensuite  glisser jusqu'aux plates-formes de pierre qui leur étaient destinées  (les ahu). Pour cela, ils fabriquaient des rails et des cordages avec les palmiers géants qui couvraient l'île.
  On a dénombré un total de 800 statues, représentant des hommes et des  femmes d'une taille d'un mètre à 22 mètres. La majorité sont restées  sur les lieux d'extraction, en position couchée. 256 ont été déplacées  et 164 de celles-ci ont été érigées sur les plates-formes.

Le mystère de Pâques
  Les Européens qui ont exploré l'île, tels Lapérouse et Cook  au XVIIIe siècle, n'ont pas manqué de s'interroger sur l'arrêt subit de  cette activité et le déclin brutal de la société pascuane, que les  scientifiques situent vers le milieu du XVIIe siècle. Irresponsabilité  des hommes ou fatalité de la Nature ?...
  Comme si la déforestation ne leur avait pas suffi, les Pascuans ont  encore souffert de l'esclavage et du travail forcé suite à l'arrivée des  Européens. Ils n'étaient plus que 111 en 1877.

L'aspect de l'île frappe actuellement par l'absence de forêt, à l'exception des plantations récentes de toromiro, un sophora endémique  de l'île. Cela n'a pas toujours été le cas : les premiers explorateurs  européens décrivent la présence de bois de toromiro et de sous-bois de  fougères. Il existe de nombreuses traces de racines et de noix d'un  palmier, le Paschalococos disperta. Les dernières recherches archéologiques, notamment l’analyse des pollens  contenus dans les sédiments ou des restes de repas, prouvent que 25  espèces d’arbres ont totalement disparu ou du moins que leur nombre  aurait considérablement chuté à partir des années 1500-1600.


Un pied de toromiro.

  En 1888, l'île passe sous la souveraineté du Chili. Un entrepreneur  livre le sol à des milliers de moutons. Le surpâturage dévaste ce qui  reste de ressources agricoles et relègue les derniers habitants dans un  recoin misérable de l'île.
  Dans les années 1950, diverses personnalités, comme Thor Heyerdal,  se penchent au chevet de l'île et remettent à l'honneur ses antiques  statues. Les moutons sont chassés. L'île renaît lentement à la vie. Elle  compte en ce début du XXIe siècle 4 000 habitants dont la moitié  revendiquent leur filiation avec les sculpteurs des moaï.  

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 5 Avr 2018 - 11:45

merci Opaline
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 6 Avr 2018 - 9:58

6 avril 1348
Mort de Laure de Noves



Laure de Noves

C’était précisément le même jour, ou vingt-un  ans auparavant Pétrarque en était devenu amoureux. C’est encore lui qui  nous apprend cette triste particularité... Eodem mense aprilis, eodem die sexto, eadem hora prima, anno autem MCCC, XLVIII, ab hac luce lux illa substracta est.  « Ce fut dans le même mois d’avril, le même jour, à la même heure, l’an  1348, que la lumière du jour fut ravie à cet astre brillant. »

 Laure, dont le portrait séduisant est épars dans les vers qu’elle a  inspirés à Pétrarque, et qui ressemblait, dit-on, à ce portrait, était  fille d’Audibert de Noves, chevalier riche et distingué. Elle avait  épousé, après la mort de son père, Hugues de Sade, patricien originaire  d’Avignon, jeune, mais peu aimable et d’un caractère difficile et  jaloux. Laure, qui avait vingt ans au moment ou Pétrarque la vit pour la  première fois, était aussi sage que belle. Aucune espérance coupable ne  pouvait naître dans le cœur du jeune poète.


Laure de Noves et Pétrarque Ecole vénitienne (vers 1510),: huile sur toile : 56 x 70 cm

 La pureté d’un sentiment que, ni le temps, ni l’âge, ni la mort même  de celle qui en était l’objet ne purent éteindre, a trouvé beaucoup  d’incrédules ; mais on est aujourd’hui forcé de reconnaître d’une part,  que ce sentiment fut très réel et très profond dans le cœur de  Pétrarque ; de l‘autre, que si Pétrarque toucha celui de Laure, il  n’obtint jamais d’elle rien de contraire à son devoir.
 La malheureuse Laure fut une des innombrables victimes de cette peste  si terrible que des marchands génois et pisans avaient rapportée de  l’Asie, et qui, s’étant répandue d’abord avec violence dans toute  l’Italie, se communiqua successivement aux autres Etats de l’Europe,  dont elle fit pendant trois ans un vaste cimetière. Ceux qui en étaient  atteints, mouraient le troisième jour.


Plaque commémorative apposée par l'Académie de
Vaucluse sur la façade du couvent Sainte-Claire


 Pétrarque était à Vérone quand il apprit la nouvelle de la mort de  Laure : aussitôt il repassa les Alpes, pour aller pleurer sur les bords  de Vaucluse ; il y passa quatre années à s’entretenir avec l’ombre de  Laure, toujours présente à ses yeux, et repartit pour l’Italie, après  les adieux les plus tendres à la fontaine de Vaucluse :    
Claire fontaine, onde aimable, onde pure,
Où la beauté qui consume mon cœur,
Seule beauté qui soit dans la nature,
Des feux du jour évitait la chaleur ;
Arbre heureux, dont le feuillage
Agité par les zéphirs,
La couvrit de son ombrage ;
Qui rappelle mes soupirs,
En rappelant son image ;
Ornements de ces bords, et filles du matin,
Vous dont je suis jaloux, vous moins brillantes qu’elle,
Fleurs qu’elle embellissait, quand vous touchiez son sein ;
Rossignol, dont la voix est moins douce et moins belle ;
Air devenu plus pur, adorable séjour,
Immortalisé par ses charmes ;
Lieux dangereux et chers, où de ses tendres armes,
L’amour a blessé tous mes sens,
Écoutez mes derniers accents,
Recevez mes dernières larmes.
     


François 1er par Clouet

En 1543, François Ier passant par Avignon, à son retour de  Marseille, eut la curiosité de voir le tombeau de Laure, celle dont  s’éprit le poète Pétrarque, comme une espèce d’hommage que ce grand  prince voulait rendre aux lettres, en honorant la mémoire du poète et de  son héroïne ; il fit donc ouvrir ce tombeau, et l’on trouva dans une  boîte de plomb, le sonnet que Pétrarque avait envoyé pour être joint aux  malheureux restes de ce qu’il avait tant aimé.
 François Ier, ayant satisfait sa curiosité, et voulant  honorer de quelques grains d’encens la mémoire de l’illustre dame, dont  il voyait les cendres sous ses yeux, composa à sa louange les deux  quatrains suivants :     
 
En petit lieu, compris vous pouvez voir,
Ce qui comprend beaucoup par renommée :
Plume, labeur, la langue et le savoir,
Furent vaincus par l’aimant et l’aimée.
Gentille âme , étant tant estimée,
Qui te pourra louer qu’en se taisant !
Car la parole est toujours réprimée,
Quand le sujet surmonte le disant.

 
     

Ce prince fit mettre ces deux quatrains avec le sonnet de Pétrarque, dans la boîte de plomb, qui fut remise dans le tombeau.    

Maison historique de la belle Laure

L'hommage de Victor Hugo
Pour célébrer Pétrarque, le grand poète ne put le faire qu'à travers sa muse. Sur la page de garde d'un Canzoniere, il rima :
 
« Quand d'une aube d'amour mon âme se colore,
Quand je sens ma pensée, ô chaste amant de Laure,
Loin du souffle glacé d'un vulgaire moqueur,
Éclore feuille à feuille au plus profond du cœur,
Je prends ton livre saint qu'un feu céleste embrase,
Où si souvent murmure à côté de l'extase. »



Laure de Noves dans le Jardin du Luxembourg
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Sam 7 Avr 2018 - 9:18

7 avril 1795
Adoption du système métrique




le 7 avril 1795, la France adoptait le système métrique. Avant la Révolution française, une quantité de systèmes de mesures différents coexistaient dans les provinces françaises:  le pied, la toise, le boisseau, l’aune, le pouce... Pire, parfois, le  même vocable n’avait pas la même valeur partout: l’arpent commun valait  42 ares partout en France, sauf à Paris où il n'en valait que 34. Une  véritable entrave à des relations commerciales apaisées.



Dès 1790,  l’assemblée constituante décide donc qu’il faut en finir avec le “2  poids, 2 mesures” et élaborer des valeurs de poids et de longueurs  communes à tous. Une décision qui se concrétise le 7 avril 1795 avec  l’adoption du système métrique décimal.

Au gré des conquêtes  napoléoniennes, le système métrique va se répandre dans toute l’Europe,  et un peu partout dans la monde, tout au long du 19e siècle…Aujourd’hui  seuls trois états au monde n’ont toujours pas adopté le système  métrique: les Etats-Unis, la Birmanie, et le Liberia. Dans les années  70, le président des Etats-Unis avait bien essayé d’amener ses  concitoyens à abandonner leurs pieds et leurs pouces. En pure perte, car  pour beaucoup d’américains le système métrique créé par les Français  était beaucoup trop “communiste”...



francetvinfo.fr

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Dim 8 Avr 2018 - 9:03

8 avril 1336
Naissance de Tamerlan
Le « Boiteux de fer »




Le 8 avril 1336 naît dans le village de Khodja-Ilgar, au sud de  Samarcande, un petit garçon qui devait marquer durablement de son  empreinte les mémoires aussi bien orientales qu’occidentales.

 D'origine mongole, sa famille avait largement subi l'influence turque  et n'était devenue musulmane que depuis peu, comme l'indique le prénom  fort peu religieux donné à l'enfant : Timour (« le fer », en turc oriental).

 Son père, Taragaï (« l'Alouette »), était le chef d'un clan  arrivé dans la région avec les troupes de Tchaghatay, second fils de  Gengis Khan. On vivait encore dans le souvenir des exactions de ce  terrible conquérant qui avait mis l'Asie centrale à feu et à sang au  début du XIIe siècle. De cette invasion mongole était né un empire  immense, le plus vaste jamais créé, qui s'étendait de la Hongrie à la  Chine.

 Assez tôt orphelin de mère, il n'est donc pas étonnant que le petit  Timour rêvât d'exploits guerriers entre deux parties de chasse avec ses  camarades du clan des Barlas, sorte d'aristocratie guerrière mais  rustique vivant désormais de l'élevage de troupeaux.

 S'il semble qu'il n'apprit jamais à lire et écrire, il reçut  cependant une certaine instruction dans les domaines de la religion et  de l'Histoire. Elle lui permit par la suite de discuter d’égal à égal  avec ses divers interlocuteurs. Mais c'est bien sa maîtrise des armes et  de l'équitation acquise de façon empirique qui l'aida à forger sa  réputation.


Vasily Vereshchagin, Le Triomphateur, 1872, Moscou, galerie Tretiakov

Un boiteux pressé

 En 1352, lorsqu’il va offrir ses talents au maître de la Transoxiane  (l'Ouzbékistan actuel), l'émir Kazghan, il n'a que 16 ans. L'avenir  s'annonce radieux pour le jeune homme qui se révèle habile à se créer  des alliances et à s'attirer les faveurs des puissants. Son protecteur  lui offre vite le commandement d'un bataillon et même la main de sa  fille, la belle Aldjaï, qui devient la première de ses 18 épouses.
 Mais l'époque est peu sûre : Timour n’a guère le temps de profiter de  la vie de famille auprès de son fils baptisé en toute modestie  Djahangir (« Le Conquérant du monde »), que l'émir est assassiné.
Devenu chef de son clan, il se fait logiquement engager par le nouvel homme fort, le khan Tughluk Temour, qui le nomme « Touman » (« chef de dix mille »).
Mais rien n'y fait : le jeune homme pressé ne peut attendre une  réunification de plus en plus improbable du pays et préfère rejoindre  son beau-frère Hussein pour se lancer dans la conquête du territoire.
 C'est au cours d'une de ces expéditions militaires, mélanges  d'exploits et de pillages, que Timour est blessé à une jambe et devient  Timourleng, « Timour le boiteux », prononcé Tamerlan en Occident.

L'empire de Tamerlan



Tamerlan est un lointain héritier des conquérants turcs et mongols et  se présente comme le descendant de Gengis Khan. Musulman convaincu, il  se forge un empire dans l'ancienne province de Transoxiane (Ouzbékistan  actuel) puis attaque ses voisins mongols de la Horde d'Or et se retourne  contre le sultan de Delhi, qui règne sur l'Inde du nord.
 Il s'en prend avec la même sauvagerie aux Arabes de Damas et de Bagdad et, pour finir, se heurte au sultan ottoman à Angora le 28 juillet 1402.
 Partagé entre ses fils, son empire ne lui survivra pas. À la tête de petits royaumes, ses descendants, les Timourides, vont toutefois perpétuer sa dynastie autour de la ville d'Hérat (Afghanistan).


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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Lun 9 Avr 2018 - 8:37

9 avril 2015
Cyberattaque de TV5 Monde
par des pirates informatiques
se revendiquant de l'État islamique.




La cyberattaque contre TV5 Monde est une cyberattaque qui entraîne entre les 8 et 9 avril 2015 l'arrêt de la diffusion des programmes de la chaîne de télévision francophone internationale TV5 Monde, et la publication de messages de soutien à l'État islamique sur ses réseaux sociaux.

Cette attaque de grande ampleur, sans précédent dans l'histoire de la télévision, est revendiquée par le groupe de pirates informatiques « Cybercaliphate », se réclamant de l'organisation État islamique sans que cette dernière ne l'ait confirmé. Cependant, l'enquête s'oriente vers un groupe de hackers russes nommé APT28 (ou Pawn Storm), qui serait soutenu par le gouvernement de Russie.

Le début de l’offensive

À 19 h 57, l’assaillant commence son entreprise de démolition. Il modifie les paramètres des multiplexeurs – les ordinateurs qui gèrent et orientent les lourds flux vidéo de la chaîne – afin de rendre leur redémarrage impossible. Cette modification est invisible tant que ces derniers ne sont pas éteints, et la chaîne continue d’émettre. La première action visible intervient à 20 h 58, quand les comptes sur les réseaux sociaux prennent les couleurs d’un mystérieux « cybercalifat » et affichent leur soutien à l’organisation Etat islamique.



À 21 h 48, nouveau coup de boutoir. Les attaquants se connectent à plusieurs pièces critiques du réseau de TV5 Monde et détruisent le logiciel qui les fait fonctionner. Tous les flux vidéo de TV5 Monde s’interrompent, les écrans deviennent noirs.

Dans son malheur, TV5 Monde a de la chance : une nouvelle chaîne thématique vient d’être lancée, et de nombreux techniciens sont encore dans les locaux à cette heure tardive pour en fêter l’arrivée. Ils réagissent immédiatement. Leur tâche est compliquée par une nouvelle offensive des pirates, qui suppriment à 22 h 40 la messagerie interne de l’entreprise. À ce stade, les équipes de TV5 Monde ont complètement perdu le contrôle de leur réseau. Peu avant minuit, elles prennent la seule décision possible pour stopper l’attaque : elles l’isolent complètement du reste du monde.


Les agents de l'ANSSI et les équipes de TV5 Monde à l'ouvrage pour récupérer le contrôle de leur réseau. Capture d'écran / ANSSI


Les pirates ont perdu la main, mais c’est dans un champ de ruines numérique qu’arrivent, au petit matin, les agents de l’ANSSI. Ils viennent aider des équipes techniques désemparées, mais compétentes et très coopératives. Jamais les experts de l’ANSSI, dont la discrétion est proverbiale, n’ont eu à affronter une telle pression médiatique. Les caméras de télévision campent devant l’entrée de la chaîne de télévision. Les journalistes de TV5 Monde, dont le lieu de travail fait la « une » de l’actualité, tentent de leur extorquer des informations, au détriment de l’extrême sensibilité de ces premières heures d’enquête. Les agents doivent calfeutrer les portes vitrées de leur salle de crise, mise en place pour l’occasion, afin de ne pas être vus, fuir les caméras dans les couloirs, et même se réfugier sous leur bureau pour cacher leurs écrans lorsqu’elles font irruption dans la salle.


A ce stade, les agents de l'ANSSI craignent encore que les pirates reviennent. Capture d'écran / ANSSI


Leur tâche est également techniquement complexe. Pour comprendre le mode opératoire des attaquants, ils doivent se familiariser à très grande vitesse avec des matériels spécifiques au secteur de l’audiovisuel. Si les attaquants ont pour ce faire disposé de plusieurs semaines, les délais qui s’imposent aux agents de l’ANSSI se comptent en heures. L’objectif est fixé dès leur arrivée : il faut reprendre au plus tôt la diffusion et offrir aux salariés une solution temporaire mais sécurisée pour travailler. Et surtout, tout faire pour que les pirates ne remettent pas les pieds dans le réseau de la chaîne. La pression est énorme : chaque minute qui passe sans diffusion satellitaire coûte des milliers d’euros à la chaîne de télévision.

Pendant un mois, les agents de l’ANSSI, les équipes de TV5 Monde et leurs sous-traitants travaillent à cartographier le réseau et à préparer la bascule vers un système sécurisé et débarrassé des traces de l’attaque. Cette dernière intervient le 11 mai, soit un mois après l’attaque. De 17 heures à 5 heures du matin, ils réalisent cette opération extrêmement délicate sans pouvoir débrancher le réseau, car TV5 Monde ne peut pas – à nouveau – cesser d’émettre. Les experts doivent même s’interrompre toutes les 4 heures leurs opérations techniques pour ne pas risquer de perturber la diffusion des journaux télévisés.



Au total, cette attaque aura coûté environ 20 millions d’euros sur cinq ans à la chaîne de télévision. Qui est derrière cette attaque ?
L’enquête judiciaire, ouverte par le parquet antiterroriste dès le soir de l’attaque, va remonter vers d’éventuels responsables ou commanditaires. Cette dernière, malgré les revendications postées sur le site et les réseaux sociaux de la chaîne, s’est orientée vers le groupe de pirates APT28, avait appris Le Monde de source judiciaire en juin 2015. Celui-ci est soupçonné d’être le bras armé du Kremlin sur Internet.

source
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mar 10 Avr 2018 - 9:00

10 avril 1599
Décès de Gabrielle d'Estrées
La presque reine



La Dame au bain, portrait de Gabrielle, son enfant
César et son nourrisson Alexandre, 1er quart du
XVIIe siècle, musée Condé.


Le 18 juin 1590, le roi Henri IV fait une visite au château de Coeuvres, en Picardie. Là, il s'éprend de la fille du châtelain, âgée de 17 ans. Lui-même en a 38. Il sent l'ail et les mauvaises manières. Encore protestant, il doit se battre pour assurer ses droits au trône de France.

Amoureux transi, Henri IV multiplie les faveurs à la famille de la jeune fille avant que celle-ci ne daigne coucher avec lui, lors du siège de Chartres, le 20 janvier 1591. Le roi donne à sa jeune maîtresse un mari de complaisance... puis fait annuler l'union. C'est que lui-même envisage de l'épouser après qu'elle lui eut donné trois enfants dont le futur duc César de Vendôme. Il doit auparavant faire annuler son propre mariage avec Marguerite de Valois (la «reine Margot»).


Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs,
peint autour de 1594 par un auteur inconnu de l'École de Fontainebleau.


Mais les courtisans et le peuple voient d'un mauvais oeil ce projet d'union. Gabrielle d'Estrées, qui n'aime guère le roi, fait l'unanimité contre elle par ses intrigues. Sa mort en couches le 10 avril 1599, à quelques heures de la cérémonie nuptiale, met fin à ses espérances... et épargne à la monarchie une crise de succession. «La racine de mon coeur est morte», dit le roi en apprenant la nouvelle.
Au lendemain de sa mort, Henri IV écrit : « Mon affliction est aussi incomparable que l'était le sujet qui me la donne. Les regrets et les plaintes m'accompagneront jusqu'au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus... »

La belle Gabrielle a droit à des funérailles royales. Le roi porte le deuil en s'habillant tout de noir, ce qui n'était pas permis aux rois de France.

Portrait
Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs, peint autour de 1594 par un auteur inconnu de l'École de Fontainebleau.

Gabrielle d’Estrées, la « presque reine », « blonde, dorée, d’une taille admirable, d’un teint d’une blancheur éclatante » (Mademoiselle de Guise), « blonde aux yeux bleus, aux sourcils admirablement dessinés, avenante et potelée » (François Bluche), « belle mignonne un peu fade et sans trop d’esprit » (Jean-Pierre Babelon), a, du fait même de son destin tragique dans lequel certains ont voulu voir un empoisonnement voire la main du démon, fasciné tant ses contemporains que la postérité. Ainsi Agrippa d’Aubigné, pourtant généralement avare de compliments, salue en elle celle qui pousse le roi à rédiger et signer l’édit de Nantes : « C’est une merveille, comment cette femme de laquelle l’extrême beauté ne sentait rien de lascif, a pu vivre en reine plutôt qu’en concubine tant d’années et avec si peu d’ennemis. Les nécessités de l’État furent ses seules ennemies ».


Gabrielle d'Estrées.Portrait au crayon
par Daniel Dumoûtier vers 1599.


Jules Michelet, qui a examiné son portrait au crayon par Daniel Dumoûtier au cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France, la décrit ainsi : « Elle est étonnamment blanche et délicate, imperceptiblement rosée. L’œil a une indécision, une vaghezza qui dut ravir et qui pourtant ne rassure pas. »  

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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Mer 11 Avr 2018 - 8:30

11 avril 1241
Les Mongols écrasent les Hongrois



Cavaliers mongols, miniature persane du XIIIe siècle
(BNF)


Le 11 avril 1241, les Mongols remportent une éclatante victoire sur les troupes hongroises du roi Bela IV, en un lieu appelé Mohi... L'Europe paraît à leur merci.

En France, c'est l'époque épanouie de Saint Louis. On compose le Roman de la Rose et le roi songe à édifier la Sainte Chapelle. Dans cette chrétienté médiévale plutôt souriante, nul n'imagine les soubresauts qui secouent les lointaines steppes d'Asie centrale. Ces contrées parcourues par des cavaliers nomades ont été unifiées avec brutalité par un chef mongol qui est resté dans l'Histoire sous le nom de Gengis Khan.

L'Europe à merci

Mort le 18 août 1227, Gengis Khan a laissé à son fils Ogodai et à ses lieutenants le soin d'étendre ses conquêtes vers la Perse, la Chine et aussi bien l'Ukraine et la Hongrie. C'est ainsi qu'à l'automne 1236, le vieux général Subotai (60 ans) se dirige vers l'Occident avec une armée de peut-être 150 000 hommes. Une partie de cette armée marche sur les principautés russes du nord et les ravage jusqu'aux abords de la riche cité de Novgorod.

Un peu plus tard, le 6 décembre 1240, Kiev, principale ville d'Ukraine, est prise d'assaut et détruite. L'Ukraine ne se remettra jamais totalement de l'invasion mongole et perdra sa suprématie sur les peuples de la grande plaine russe.


En 1241, les Mongols continuent leur avancée en débutant la « Campagne d'Europe ».

Poursuivant sa marche, l'armée mongole brûle Cracovie, principale cité de Pologne et se heurte à une armée de chevaliers polonais et allemands. Ces derniers sont anéantis à Wahlstadt, en Silésie.

Les Occidentaux, alertés, échouent à organiser une croisade commune. Les Chevaliers teutoniques profitent au contraire des désordres pour partir en guerre contre les Russes de Novgorod mais ils seront arrêtés par Alexandre Nevski.

En Hongrie, le roi Béla IV rassemble en hâte ses forces et se porte au-devant des Mongols mais ses hommes sont presque tous massacrés et lui-même prend la fuite.


En l’an 1241 les Mongols ( communément appelés Tatàrs en Hongrie )
attaquèrent à cinq endroits différents..


Les Mongols ravagent les régions du Danube avec un raffinement de cruauté. Incendies, viols et égorgements systématiques, pratique des « boucliers humains »... Autant de comportements dont ils n'ont hélas pas le monopole. Ils poussent des pointes jusqu'aux abords de Vienne et de l'Adriatique.

Là-dessus arrive la nouvelle de la mort du grand-khan Ogodai dans la lointaine Mongolie. Pressés de prendre part à la succession, les chefs mongols se retirent avec leurs armées. Ils y sont d'autant plus enclins qu'ils sont arrivés au bout de leurs réserves et ne voient plus devant eux assez de pâturages pour assurer la nourriture de leurs chevaux. Ils ne se sentent pas non plus l'envie ni la capacité de tenir des territoires constellés de forteresses.


Bataille de Bagdad (1258)

L'Europe occidentale, inconsciente du malheur auquel elle a échappé, est sauvée. Quelques années plus tard, d'autres Mongols ravageront Bagdad et l'empire arabe.

Conséquences de l'invasion mongole

En contrepartie de ses horreurs, l'invasion mongole a pour effet d'unifier les steppes de l'Eurasie et d'ouvrir la Route de la Soie qui relie l'Europe à la Chine à travers l'Asie centrale. Des marchands occidentaux audacieux en profitent bientôt. Le plus célèbre est Marco Polo, qui parcourra l'Asie en tous sens pendant 25 ans au service de l'empereur mongol de Chine, Koubilaï Khan.

Alban Dignat
Pour Herodote

Je recommande, pour en savoir plus, un petit livre de Chantal Lemercier-Quelquejay qui fait le point sur le XIIIe siècle mongol : La paix mongole (questions d'histoire/Flammarion, 1970).
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 12 Avr 2018 - 8:08

12 avril 1204
Des croisés s'emparent de Constantinople



Prise de Constantinople par Palma le Jeune

Le 12 avril 1204, les troupes de la IVe croisade s'emparent de Constantinople, richissime capitale de l'Empire byzantin.
 La ville est mise à sac par les chevaliers. 2.000 Grecs sont  massacrés. Le scandale est immense dans toute la chrétienté et de ce  jour fatal date la véritable rupture entre la chrétienté orthodoxe  d'Orient et la chrétienté catholique d'Occident...

Querelles de marchands
 La IVe croisade a été voulue par le pape Innocent III.[/b]
 Les comtes Louis de Blois et Thibaud de Champagne répondent avec  enthousiasme à son appel, ainsi que le comte Baudouin de Flandre et le  duc Eudes de Bourgogne. Mais les rois se dérobent et 10.000 chevaliers  seulement se croisent au lieu des 30.000 attendus.
 Le pape donne pour but aux croisés de s'emparer des ports égyptiens,  poumon du monde arabe, en vue de les échanger contre Jérusalem, que le  sultan Saladin a reconquise quelques années plus tôt. Pour le transport maritime, on se propose de faire appel aux marchands vénitiens.


La IVe croisade vue par Delacroix

Le doge Enrico Dandolo, qui gouverne la République de Venise, a fixé le prix du transport à un montant considérable - 85.000 marcs d'or, non compris la moitié du butin escompté -.

Mais les croisés peinent à réunir la somme demandée. Les Vénitiens leur proposent alors une remise de leur dette en échange d'un petit service : il s'agirait de conquérir le port chrétien de Zara, sur la côte dalmate (aujourd'hui Zadar, en Croatie) et de le leur livrer.

Le 24 novembre 1202, la ville capitule. Les habitants (chrétiens) ont la vie sauve mais leurs biens sont partagés entre croisés et Vénitiens. Le pape, indigné, adresse une bulle d'excommunication (*) aux uns et aux autres.


Siège de Constantinople

Là-dessus, des ambassadeurs du roi d'Allemagne se présentent à Zara et expliquent au doge et aux chefs croisés que l'empereur a reçu un appel au secours de son beau-frère Alexis Ange, fils de l'ancien empereur byzantin Isaac II Ange, détrôné par son frère. Ils suggèrent aux croisés de restaurer Alexis Ange dans ses droits. Alexis Ange promet en échange 200.000 marcs d'argent et un appui militaire pour marcher sur l'Égypte.

Beaucoup de croisés jugent que la trahison dépasse les bornes et préfèrent s'en revenir chez eux. Mais les autres cèdent à l'attrait du fruit défendu et occupent une première fois Constantinople le 17 juillet 1203.

Les Vénitiens veulent en finir avec l'anarchie qui règne à la tête de l'empire byzantin et compromet leur fructueux commerce. Avec l'aide des croisés, le doge chasse le basileus (ou empereur) Alexis III et intronise son neveu sous le nom d'Alexis IV. Mais celui-ci, tenu pour un traître par la population, se montre incapable d'imposer son autorité.

Quelques mois plus tard, la population se rebelle contre les chevaliers venus d'Occident, que la découverte de Constantinople et de ses fabuleuses richesses a rendus particulièrement cupides. C'est ainsi que ces derniers attaquent une nouvelle fois la «deuxième Rome» le 12 avril 1204. Il ne s'agit plus d'une simple occupation mais d'une mise à sac de la prestigieuse cité.


Carte de la quatrième croisade

Un empire latin


Après cet assaut d'une extrême brutalité, les croisés détrônent l'empereur et installent l'un des leurs, le comte Baudouin de Flandre et de Hainaut, sur le trône. Celui-ci devient le premier titulaire de l'Empire latin d'Orient sous le nom de Baudouin 1er.

Il brise aussitôt l'administration relativement moderne de l'empire grec et remplace celui-ci par une mosaïque de principautés féodales.

Les Vénitiens se taillent la part du lion avec les principaux ports, les îles, une franchise commerciale dans tout l'empire et le monopole de l'élection du patriarche.

Toutefois, la conquête latine reste très partielle et des royaumes grecs indépendants se constituent immédiatement autour de l'empire latin de Constantinople.

Théodore Lascaris, gendre de l'empereur Alexis III, rétablit par ailleurs un empire byzantin en Asie mineure, autour de Nicée. Il en est élu empereur et, dès lors, ne va avoir de cesse de reconquérir Constantinople et d'en chasser les Latins.

Hérodote


Constantinople devenue Istanbul
(Photo prise en 2012)
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Jeu 12 Avr 2018 - 8:11

merci  Opaline pour ce rappel de l'Histoire avec un grand H image43
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MessageSujet: Re: Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)   Ven 13 Avr 2018 - 9:45

13 avril 1942
Rawa-Ruska, le camp de la mort lente




Le 13 avril 1942, deux mille prisonniers de guerre français entrent dans le camp disciplinaire de Rawa-Ruska. Ils seront bientôt suivis de milliers d'autres. Tous vont souffrir des rigueurs extrêmes de ce camp de représailles, à l'image du docteur J. Guérin et de Georges Moret, dont nous reprenons les témoignages..

Le docteur J. Guérin a publié dès 1945 le souvenir de sa captivité. Il raconte avec beaucoup de vie et d'émotion sa descente aux enfers après une tentative d'évasion et son arrivée au camp de représailles. Herodote.net a numérisé son livre de souvenirs au format pdf, sans oublier les dessins qui l'accompagnent.
Georges Moret, aujourd'hui décédé, a confié à sa fille Paulette les souvenirs de sa captivité à Rawa-Ruska, le camp de la mort lente, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Comme lui, des milliers de militaires français capturés en 1940 ont eu à souffrir des rigueurs extrêmes de ce camp de représailles.



La défaite de juin 1940 s'est soldée par un bilan très lourd pour l'armée française : 120.000 morts, 200.000 blessés, 1.850.000 prisonniers dont 1,6 million envoyés en Allemagne dans des camps de prisonniers (en allemand, « stalags »).

Le camp de la mort lente

Le camp de Rawa-Ruska a été à l'origine ouvert pour accueillir les prisonniers de guerre soviétiques. Sa localisation ne doit rien au hasard.

Annexée par la Pologne lors du traité de Riga, le 18 mars 1921, la Galicie était devenue partie intégrante de l'URSS après un traité germano-russe du 28 septembre 1939. Après que, le 22 juin 1941, Hitler eut envahi l'URSS, elle passe rapidement sous le contrôle du Reich.


Cimetière juif de Rawa-Ruska

Comme la Galicie est une zone d'opérations militaires hors des contrôles de la Croix Rouge internationale, les gardiens allemands ont toute latitude pour perpétrer des exactions contre les prisonniers.

Sur cette terre marécageuse infestée de moustiques favorisant la propagation de maladies, règne un climat continental alternant hivers rigoureux et étés chauds.

Il suffit d'évoquer les noms des camps voisins de Treblinka, Chelmno, Belzec, Sobibor ou Auschwitz-Birkenau, pour comprendre que le camp 325 de Rawa-Ruska est situé dans le terrifiant « triangle de la mort » de la « Solution finale ».



L'arrivée des Français

Le 13 avril 1942, quand arrive le premier convoi de prisonniers de guerre français, vingt mille Russes ont déjà péri victimes de la famine et des mauvais traitements.

Plus de vingt mille prisonniers français et belges suivront dans les mêmes conditions. Rapidement, le camp s'avère trop petit et les nouveaux arrivants sont alors répartis dans des commandos satellites.

Squelettiques, épuisés, les prisonniers sont des victimes toutes désignées pour les maladies endémiques, les maladies pulmonaires ou digestives, l'avitaminose et la décalcification.

Au cimetière il y a une grande stèle de 1m qui a été mise en place en 1942 représentant un femme en deuil avec comme inscription " a nos camarades morts en captivité"




Voir le document Guérin

Voir le document Moret
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Une petite histoire par jour (La France Pittoresque)
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