Le forum des Gens Ordinaires

Forum de discussions entre amis du net. Ouvert à tous.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  ÉvènementsÉvènements  PublicationsPublications  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
-49%
Le deal à ne pas rater :
Abattant WC avec fermeture en douceur HIMIMI
21.83 € 42.99 €
Voir le deal

Partagez
 

 Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Empty
MessageSujet: Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?   Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Icon_minitimeJeu 31 Mar 2011 - 8:11

VOICI DONC, "UNE AMÈRE VICTOIRE"!!! :

"... Malheureusement, je crains bien que vous ne mentiez, monsieur Hastings, dit le lieutenant de police d'un ton clément; si clément que je ne compris pas tout de suite la portée de ses paroles. Puis leur sens m'apparut clairement.
Je me penchai sur ma chaise et tentai d'accrocher son regard. C'était un homme de forte carrure aux cheveux ébouriffés, avec un rictus légèrement ironique au coin des lèvres et de larges cernes sous les yeux. Il avait à peu près mon âge, environ quarante ans.
Maintenant, écoutez-moi, dis-je d'une voix qui se voulait indignée.
- Non, c'est à vous de m'écouter, trancha le lieutenant.
Nous sommes en mesure de prouver que vous avez menti sur plu-sieurs points; ce qui, par conséquent, démolit votre version de ce qui est arrivé à votre femme cet après-midi. Votre histoire ne tient pas debout, Hastings !
J'étudiai les motifs du tapis brun et gris qui s'étalait sous mes pieds, sans y trouver la moindre inspiration. Je me sentais broyé par ce sentiment d'échec qui m'était devenu familier, mais je m'achar-nais:
- Je vous ai dit la vérité.
Aucun des deux officiers de police, le Lieutenant Snyder et un ser-gent nommé Corsi, ne prit la peine de me répondre. Nous nous trou-vions tous les trois dans le salon de mon appartement. Il était presque minuit et j'étais fatigué, exténué; j'avais peur - mais pas pour la raison qu'on était en droit de supposer. Il ne m'était pas encore venu à l'esprit qu'on pourrait m'accuser du meurtre de ma femme.
Le sergent Corsi prit la parole pour la première fois depuis que les deux policiers étaient arrivés, il y avait environ un quart d'heure.
Pourquoi ne pas avouer ce qui s'est réellement passé?
Dites ce que vous avez sur le cœur, vous vous sentirez beaucoup mieux.
Je secouai la tête.
- Très bien. Reprenons depuis le début, dit le Lieutenant Snyder. Vous êtes rentré chez vous peu après cinq heures, cet après-midi. Votre femme n'était pas dans l'appartement. Vous avez remarqué que la porte de la cuisine donnant sur l'extérieur était ouverte, et vous êtes sorti sur le palier. Vous avez vu votre femme étendue au bas de l'escalier de service. Vous avez dévalé les marches et découvert qu'elle était morte - manifestement à cause de la chute. Est-ce exact?
Je passai une main sur mon visage.
- Je vous ai raconté tout ça la première fois que vous êtes venus. Je vous l'ai déjà dit et redit, et vous continuez à me poser des ques-tions !
- Est-ce exact? répéta le Lieutenant.
- Oui, c'est exact, criai-je excédé.
- Non, c'est faux. On vous a vu entrer dans l'immeuble à quatre heures et demie, pas à cinq heures.
- Eh bien je ... je me suis peut-être trompé sur l'heure.
- En effet. Ça fait environ une demi-heure, trois-quarts d'heure de battement... Vous avez trouvé votre femme au .pied de l'escalier de service et vous avez pensé qu'elle était tombée. Exact?
J'acquiesçai avec lassitude.
- C'est encore faux, dit le Sergent Corsi. Oh, elle est bien tombée mais elle était déjà morte.
- Comment...
Le mot m'avait échappé.
- Comment le savons-nous? Intervint le Lieutenant Snyder. Par le médecin légiste. Votre femme a été étranglée, monsieur Hastings. Elle est morte vers trois heures de l'après-midi, plus de deux heures avant que vous l'ayez trouvée ... d'après votre déclaration.
Je sentais de grosses gouttes de sueur ruisseler sur mon visage. Je n'avais pas pensé à cela. J'avais été pris de panique et n'avais songé qu'à sortir de l'appartement le corps de Marie pour faire croire qu'elle était morte par accident.
Mais, effectivement, mon histoire ne tenait pas.
- Et je vous en prie, n'essayez pas de nous dire qu'elle a dû être tuée dans la cour, là où vous l'avez découverte. Les personnes qui occupent l'appartement du dessous au rez-de-chaussée, M. et Mme Brown, sont passées par là peu avant cinq heures. Ils auraient été obligés d'enjamber son cadavre pour atteindre la porte de service de leur appartement; et ce n'est pas le cas. Qu'en dites-vous, mon-sieur Hastings?
- Je ne sais pas.
Je tentais désespérément d'imaginer une explication plausible, mais mon cerveau semblait bloqué.
- Vous prétendez toujours avoir dit la vérité?
- Oui, mais oui !
- Comme vous voudrez.
Les deux officiers de police se levèrent.
- Je vous arrête, monsieur Hastings, reprit le Lieutenant Snyder, pour le meurtre de votre femme, Marie Hastings. Je vous informe que vous êtes en droit de prendre un avocat et que vous n'êtes pas obligé de faire la moindre déclaration.
Il continua de parler, mais je ne l'entendais plus. Aussi incroyable que cela puisse paraître, jusqu'à ce moment précis je n'avais jamais envisagé qu'on pût me soupçonner du meurtre de Marie.
Dans un état second, je me laissai guider parles deux policiers. J'attendis passivement que Corsi eût éteint la lumière, fermé à clef la porte de l'appartement, et sortis de l'immeuble en les suivant jusqu'à leur voiture.
Pendant le trajet vers le poste de police, Corsi, qui était assis à côté de moi sur la banquette arrière, me demanda doucement:
- Pourquoi l'avez-vous tuée? Un brusque accès de colère à propos de quelque chose de précis? Allez, je comprends ça. Ma femme et moi, nous nous querellons comme chien et chat.
Je me tournai vers lui et le fixai avec un étonnement parfaitement sincère.
- Je ne l'ai pas tuée. Je l'aimais plus que tout au monde. Je n'aurais même pas pu imaginer lever la main sur elle. Je l’adorais !
C'était la vérité, et cette vérité première était la raison pour la-quelle je ne pouvais admettre l'autre vérité ... devant quiconque, pas même moi.
Au poste de police, ils reprirent l'interrogatoire, non sans m'avoir préalablement fourni des précisions supplémentaires concernant mes droits, fait signer la déclaration par laquelle je renonçais à l'assistance d'un avocat; et s'être lancé dans de nouvelles explications d'une longueur si fastidieuse qu'à tout autre moment elles auraient pu paraître comiques.
Je m'en tins à mon récit, en omettant toutefois de préciser que je m’étais trompé sur l'heure de mon retour à la maison.
Je remarquai à plusieurs reprises que le Sergent Corsi me fixait du regard en plissant le front d'un air pensif, comme s'il tentait, sans grand succès, de me percer à jour.
Enfin, vers quatre heures du matin, on m'emmena dans une cellule où je restai seul. J'étais si fatigué que je tenais à peine debout, mais il n'était pas question de dormir. Je m'assis sur le bord de la couchette métallique et, tout en fumant cigarette sur cigarette, je ne pus m'empêcher de repenser à l'après-midi qui venait de s'écouler, de reconstruire mentalement la suite des événements.

Mon travail m'avait amené à quitter la ville pour la plus grande partie de la journée et, en revenant, j'étais allé directement à la maison sans passer par le bureau. Je travaillais pour une agence de relations publiques qui représentait un certain nombre de petites entreprises. La journée avait été morne et pénible, de retour à l'appartement, je tournai la clef dans la serrure et entrai d'humeur maussade.
La première chose que je vis, ce fut ma femme. Marie était allongée par terre dans le salon, près du sofa. Son visage était tourné de l'autre côté, dissimulé par la masse de cheveux noirs et soyeux; je pensai tout d'abord qu'elle était endormie.
Je m'agenouillai près d'elle et remarquai vaguement qu'elle portait un simple sous-vêtement sous un négligé rose vaporeux qu'elle n'avait jamais remis depuis notre lune de miel, il y avait de cela un an et demi.
- Marie? Murmurai-je. Que s'est-il passé...

C'est alors que je vis son visage et, sur sa gorge, de légères meurtrissures bleues qui tachaient la blancheur de sa peau. Je tâtai fébrilement son poignet pour sentir le pouls, mais elle était morte et sa peau était déjà fraîche au toucher. Pendant un moment je restai là, penché sur elle, incapable de détacher mon regard de son visage qui restait adorable jusque dans la mort.
Je finis par relever la tête et jetai un coup d'œil autour de moi. Il y avait une chaise renversée, mais aucune autre trace de lutte. Deux verres à whisky à moitié vides se trouvaient sur la table basse, ainsi qu'un cendrier contenant quelques mégots. Ce n'était pas la marque de mes cigarettes, et Marie ne fumait pas.
Je me redressai lentement et me dirigeai vers la porte de la chambre restée ouverte. Lorsque j'étais parti le lit était déjà fait. Il ne l'était plus.
Je laissai échapper un gémissement et secouai violemment la tête.
- Non!
Tous les détails que j'avais refusé de voir ces derniers mois refluè-rent immédiatement à mon esprit - les réponses évasives de Marie certains jours, les regards en coin lorsque mon travail m'obligeait à m'absenter pour une nuit, comme si elle était impatiente de me voir partir - mais je ne pouvais pas, je ne voulais pas croire qu'il y avait un autre homme; que ma femme avait un amant. .
J'avais échoué dans tout ce que j'avais entrepris; de misérables petits échecs qui poursuivaient leur œuvre destructrice sans même offrir le caractère rédempteur de la tragédie; à l'école, dans mon travail, et maintenant cet épouvantable fiasco en tant qu'homme.
Si j'admettais que je n'avais pu retenir ma femme, que me restait-il ? Rien, absolument rien.
- Je m'approchai du lit, j'arrangeai hâtivement les draps, tirai le couvre-lit sur les oreillers et lissai soigneusement les plis. Puis, tou-jours dans un état second, je retournai dans le salon. Après avoir remis la chaise en place, je vidai le cendrier, lavai les deux verres à whisky et les rangeai dans la cuisine. En faisant le tour de l'apparte-ment je constatai que tout était en ordre.
Il ne restait plus que Marie.
Je retournai m'agenouiller près d'elle.
- C'est ma faute. Pardonne-moi. Je t'aimais. Je me rends compte que cela ne suffisait pas ...
Pour la dernière fois je la pris dans mes bras, et l'emportai sur le palier, derrière la cuisine. Il n'y avait personne en vue dans la cour carrelée de briques. Alors je fermai les yeux et laissai tomber son corps inerte du haut de l'escalier.
Puis je rentrai dans l'appartement et appelai la police.
- Il y a eu un accident, annonçai-je. Un terrible accident ! . .
Il était cinq heures un quart.
Sincèrement, je ne me rendais pas compte que je venais de passer trois quarts d'heure dans l'appartement.
La police était arrivée, sous la direction du Lieutenant Snyder. Au commencement, ils s'étaient montrés très compréhensifs. Ils sem-blaient croire à mon histoire: Marie était sortie sur le palier; d'une façon où d'une autre, elle avait dû perdre l'équilibre et dévaler l'es-calier extérieur. Ils étaient partis vers sept heures.
Je ne me souviens toujours pas de ce que j'ai fait entre ce moment et le retour de Snyder en compagnie de Corsi. Je me rappelle vague-ment avoir arpenté l'appartement silencieux, retournant sans cesse vers la chambre pour jeter un coup d'œil sur le lit bien fait.
Je ne sais pas. J'essayais probablement de me convaincre que ce que j'avais raconté à la police était vrai et que j'avais imaginé le reste. Puisqu'il ne subsistait aucun indice pouvant laisser supposer que Marie avait reçu un homme cet après-midi-là, c'est qu'il ne s'était rien passé. Folie pure et simple? Qui aurait pu le dire, à moins de se trouver dans ma propre situation, avec ce triste passé marqué par d'interminables échecs?
Paradoxalement, je n'éprouvais aucune haine ou colère violente en-vers l'homme qui avait fait l'amour à ma femme, pour la tuer ensuite. Je n'avais aucune idée de son identité. Quelqu'un appartenant sans doute au passé de Marie, ou alors une de mes connaissances, un homme que je considérais peut-être comme un ami ...
Je l'ignorais et ne voulais pas savoir.
Je me retrouvais seul maintenant dans cette petite cellule de la maison d'arrêt; j'écrasai une dernière cigarette sur le sol en ciment et m'allongeai sur la couchette pour essayer de dormir.
Ils revinrent me chercher une heure plus tard. L'interrogatoire re-prit. Je m'efforçai tout d'abord de répondre aux questions, mais, au bout d'un moment, je restai passivement assis, le regard vague, dans cette pièce du second étage de la prison, à l'atmosphère enfumée et saturée de l'odeur du cigare.
Soudain le Lieutenant Snyder leva les bras:
- Regardons les choses en face, Hastings, dit-il, ou c'est vous qui avez tué votre femme, ou bien vous essayez de couvrir le meurtrier. De toute façon, vous êtes coupable!
- Oui, marmonnai-je à mon propre étonnement, oui je¬ suis coupable. Maintenant, laissez-moi tranquille.
Dans le silence qui s'ensuivit, je remarquai le visage de Corsi. Il me regardait de la même façon que la veille au soir, avec une expression de perplexité et d'insatisfaction; mais je ne m'en souciai pas.
Je savourai l'immense soulagement qui venait soudain de me submerger. J'étais coupable; coupable de la futilité et du ridicule de ma situation - un homme bafoué par une femme qu'il aimait à la folie -, ce qui pour moi était pire que d'être accusé de meurtre.
Ils se décidèrent enfin à me laisser retourner en cellule.
Et, pendant plusieurs heures, je ne fus plus dérangé. Au moment du déjeuner, je m'aperçus que j'avais faim et me sentis même prêt à dévorer la pitance peu appétissante que le gardien me tendait dans une assiette en fer-blanc accompagnée d'une cuillère en plastique.
Après avoir mangé, je bus à petites gorgées le café noir dans sa timbale métallique et fumai une cigarette. Je me sentais presque bien.
Il m'est difficile d'expliquer pourquoi, car je me retrouvais face à une accusation de meurtre, avec toutes les chances de passer le reste de ma vie en prison pour un crime que je n'avais pas commis, et que je n'étais même pas capable de commettre.
Ma vie était finie. Ma famille et mes amis allaient m'accabler de leur mépris. Des milliers, des millions de gens qui ne m'avaient jamais vu et ni même entendu parler de moi jusqu'à maintenant, allaient me haïr, et maudire l'assassin que j'étais censé être, mais personne ne rirait de moi.
Et le véritable meurtrier? J'avais dans l'idée qu'il était trop occupé à sauver sa propre peau pour prendre le temps de se gausser de moi, ou de se permettre toute autre fantaisie.
Oui, je me sentais réellement bien.
Puis, en fin d'après-midi, je vis apparaître dans le couloir le Sergent Corsi qui s'approcha de ma cellule. Il était seul.
- Je voudrais vérifier quelque chose avec vous, dit-il. J'étudiai son visage mince au teint olivâtre.
- De quoi s'agit-il ? Demandai-je.
- Vous avez déclaré être rentré chez vous vers deux heures et de-mie, hier après-midi. Vous vous êtes disputé avec Mme Hastings à propos d'argent - elle voulait acheter un manteau de fourrure, etc. Vous avez fini par vous mettre en colère. Vous l'avez saisie à la gorge et vous avez serré. Et puis vous avez compris qu'elle était morte ...
- J'ai été pris de panique, dis-je. Je me suis enfui et j'al roulé en ville au hasard en cherchant un moyen de m'en sortir.
- Mmm ... Et vous avez décidé de faire passer la chose pour un accident. C'est à peu près ça?
J'acquiesçai; sur quoi, il tourna les talons et s'éloigna brusquement.
Perplexe, je restai planté devant la porte, pendant un instant, les mains posées sur les barreaux de métal glacé.
Je me demandai si le Sergent Corsi m'était sympathique.
En fait, la veille j'étais encore en banlieue à deux heures et demie. Mon dernier rendez-vous s'était terminé vers deux heures, et j'avais passé l'heure suivante dans un bar, à broyer du noir en buvant quelques verres. C'était la première fois que j'entrais dans ce bar et il n'y avait aucune raison pour que quelqu'un s'y souvienne de moi.
Haussant les épaules, je retournai m'étendre sur la couchette en attendant que le gardien m'apporte le dîner - et je pensai à Marie.
Elle était si belle, si merveilleusement belle ! J'avais peine à imaginer que je ne la reverrais jamais; que jamais plus je ne pourrais serrer son corps souple dans mes bras, et pourtant...
Je m'assis brusquement sur la couchette.
Oui, je l'avais aimée, cependant sa mort ne me laissait pas totale-ment désespéré. Maintenant, elle était à moi pour toujours. Toute à moi. D'une certaine façon, elle m'était plus proche qu'elle ne l'avait jamais été ... Je me recouchai, cherchai une cigarette et l'allumai.
En fermant les paupières, je vis Marie qui me souriait tendrement. Elle s'approcha de moi en me tendant les bras avec, dans les yeux, une lueur d'invite.
- Chérie, murmurai-je, je t'aime tant...
La nuit passa, puis la journée, et de nouveau la nuit sans que personne ne vienne me voir, à l'exception du gardien qui m'apportait les repas. Je commençai à découvrir que la prison avait du bon. Je n'avais aucune décision à prendre, pas d'ennuis de travail, pas de rendez-vous à respecter. Et même si j'avais voulu, je n'aurais pu faire grand-chose dans cette situation. Alors, pourquoi s'inquiéter?
Je n'ai jamais eu de contact avec l'armée, mais ceux qui ont fait du service ont tenté d'expliquer ce sentiment paradoxal de liberté que procure l'enrégimentement. Tout est si simple, quand on n'a pas à penser mais juste à obéir.
Maintenant je commençais à comprendre ce qu'ils avaient voulu dire. Je me rendais compte que j'avais presque envie de rester en prison.
Après tout, Marie ne vivait plus désormais que dans les fantasmes de mon cerveau, que me restait-il donc dans le monde extérieur ? Rien !
Au cours de la matinée de mon troisième jour en prison, deux poli-ciers que je ne connaissais pas, vinrent me voir. Ils se contentèrent de hocher la tête en réponse à mes questions, mais ils ne me semblè-rent pas hostiles. L'un d'eux avait même le sourire aux lèvres lors-que, sur leurs talons, je quittai la maison d'arrêt pour traverser le carré de pelouse baigné de soleil qui nous séparait du poste de police. Après la pénombre fraîche de ma cellule, la luminosité me fit mal aux yeux. Ils me conduisirent dans un bureau où étaient déjà réunies un certain nombre de personnes. Le Lieutenant Snyder s'avança vers moi avec un sourire lugubre.
- Je ne sais que vous faire ... dit-il. Vous mériteriez une correction, mais il y a ...
Je regardai autour de moi sans comprendre.
Le Sergent Corsi était adossé au mur près de la porte.
Il m'adressa un signe de tête complice.
- Vous pouvez remercier Corsi de vous avoir sauvé, dit alors Snyder. Je ne sais pourquoi, il n'a pas cru à votre confession.
Je ne pus que balbutier: - Je ne ...
- Vous rappelez-vous lorsque nous vous avons amené ici? Questionna Corsi. Vous m'avez dit à quel point vous aimiez votre femme, quoi que vous ayez déclaré par la suite, je n'ai jamais pu admettre qu'à ce moment-là vous jouiez la comédie.
Je ne comprenais toujours pas.
- Corsi a pris sur son temps personnel, intervint Snyder pour appro-fondir les recherches et vérifier vos déclarations, monsieur Has-tings. A Perryville, il a retrouvé le bar où vous avez passé une partie de l'après-midi; vous y étiez au moment où votre femme a été assas-sinée. Après le reste était facile à découvrir.
- Une fois prouvée votre innocence, le reste n'était plus qu'une af-faire de routine, poursuivit tranquillement Corsi. Il fallait aller cher-cher dans le passé de votre femme, ses amis, etc., et presque immé-diatement nous sommes tombés sur un nom - Thomas Derrick. Vous connaissez?
Je secouai la .tête sans mot dire.
- Mmm ... Eh bien, votre femme, elle, le connaissait.
Derrick a craqué dès que nous avons commencé à l'asticoter. Il voyait votre femme depuis un certain temps, mais il voulait rompre, et votre femme s'y refusait. Alors il a perdu son sang-froid et l'a tuée.
Quelqu'un dit à mi-voix dans la salle:
- Ce que je ne comprendrai jamais, c'est pourquoi ce type a avoué.
Je levai les yeux vers le Lieutenant Snyder.
- Et maintenant vous allez dévoiler toute cette histoire entre Marie et ce ... Derrick?
- Naturellement. Mais vous êtes lavé de tout soupçon, monsieur Has-tings. Vous êtes libre.
Je baissai les yeux, en proie à cette morne impression de défaite qui m'était devenue familière. Une fois de plus, c'était l'échec. Je me levai et me dirigeai vers Corsi.
- Merci, Sergent, dis-je, merci beaucoup.

… Et je me demandai s'il pouvait voir la haine au fond de mon regard !



Revenir en haut Aller en bas
Noel
Admin
Admin
Noel

Messages : 35517
Qualité : Plein

Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Empty
MessageSujet: Re: Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?   Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Icon_minitimeJeu 1 Déc 2011 - 21:53

VU
Revenir en haut Aller en bas
https://entreamisdunet.forumactif.com
Invité
Invité



Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Empty
MessageSujet: Re: Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?   Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Icon_minitimeVen 2 Déc 2011 - 4:06

Noël a écrit:
VU

Ben... Il était temps!!!
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Empty
MessageSujet: Re: Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?   Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Icon_minitimeDim 12 Aoû 2012 - 16:58

VU!!!!!!
emule
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Empty
MessageSujet: Re: Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?   Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Icon_minitimeLun 13 Aoû 2012 - 19:01

j'aime bien le style d'écriture, vivant et pas alambiqué Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? 742516
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Empty
MessageSujet: Re: Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?   Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Icon_minitimeLun 13 Aoû 2012 - 22:23

Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? 737581 Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? 742516
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Empty
MessageSujet: Re: Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?   Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK? Icon_minitime

Revenir en haut Aller en bas
 
Que diriez-vous d'une petite "nouvelle" ce ce Maitre du Suspense... Qu'était HITCHCOCK?
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le forum des Gens Ordinaires :: Le coin culturel :: Nos livres-
Sauter vers: