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 Des origines à nos jours

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mimi1260
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MessageSujet: Des origines à nos jours   Des origines à nos jours Icon_minitimeMer 1 Mar 2023 - 16:09

Le paysan et ses outils

Au commencement, les hommes vivaient dans des abris sous roche et tiraient leur subsistance de la chasse, de la pêche et de la cueillette... Peu nombreux, ils se déplaçaient en petits groupes et jouissaient sans trop de mal des fruits de la Terre.

Tout change vers 12 500 ans av. J.-C.. Avec la fin des grandes glaciations, le Moyen-Orient se couvre de graminées (céréales). Les hommes de cette région n’ont plus besoin de se déplacer pour quérir leur nourriture. Ils se regroupent dans des villages. C’est ainsi que naît l’agriculture, fille de la sédentarisation. Nous sommes les ultimes héritiers de cette « révolution néolithique » qui, grâce à l’ingéniosité humaine, a permis de multiplier par mille la population de la planète...

Des origines à nos jours Sennedjem

Scène de labour en Égypte ancienne, tombe de Sennedjem, XIIIe av. J.-C., Deir el Medineh, Égypte

La « révolution néolithique »

Avec la naissance de l'agriculture, notre ancêtre va doucement bouleverser son rapport avec la nature, ne se contentant plus de collecter les richesses du monde environnant, par la chasse, la pêche et la cueillette, mais choisissant de le domestiquer. Il se met ainsi à sélectionner plantes et animaux autrefois sauvages pour mieux maîtriser son approvisionnement. Après le chien, animal de compagnie et compagnon de chasse, le premier animal domestique est la chèvre.

Le paysan met son adresse au service de l'élaboration d'outils lui permettant de travailler la terre et ses productions. Il broie les grains dans des mortiers ou dans des meules qui lui font découvrir les vertus du polissage de la pierre. Il développe la vannerie, la céramique et la poterie.

Les hommes tirent-t-ils profit de cette révolution ? Certes, ils se multiplient grâce à une alimentation plus régulière et de meilleures conditions de vie induites par la sédentarité. Mais leur état physique se dégrade (taille, ossature, dentition…) du fait de travaux agricoles pénibles et répétitifs.

L'arrivée des métaux

C'est en Anatolie (Turquie actuelle) que le cuivre est d'abord utilisé pour la fabrication de petits objets ou bijoux. Mais rapidement, au Ve millénaire en Mésopotamie (Irak actuel), le travail du métal permet à l'humanité de faire un bond en avant : en perfectionnant les fours, les artisans parviennent à élaborer des instruments plus grands et solides. L'innovation conforte en particulier la menuiserie qui voit ses outils gagner en précision.

Des origines à nos jours Laboureur

Modèle d'un laboureur, 2000 av. J.-C., British Museum, Londres

Vers cette époque (4000 av. J.-C.) naît l'araire, qui permet de creuser des sillons dans la terre pour y jeter les semences. 

En Égypte, sur les sols rendus meubles par les inondations du Nil, les paysans utilisent bientôt une araire améliorée, avec un versoir qui rejette la terre sur le côté. C'est une ébauche de la charrue.

La découverte de la technique de l'alliage, il y a 5 000 ans, permet aux habitants de Mésopotamie de produire des outils en bronze, mélange de cuivre et d’étain, plus résistants et faciles à travailler. Avec l'arrivée du fer, mis au point par les Hittites vers 1500 av. J.-C., les moyens de traction et de défrichement gagnent encore en solidité. Relativement répandu, le fer devient un composant essentiel du monde agricole auquel il fournit des outils robustes et finalement assez bon marché : houe, bêche, pioche... Le Croissant fertile, de la Mésopotamie à l'Égypte, en profitent largement.

Inconvénients d’une main-d’œuvre servile

Au Ier millénaire av. J.-C., la montée en puissance des cités grecques puis de Rome ne débouche sur aucune avancée dans la vie des paysans. Grecs et Romains se satisfont de la main-d’œuvre servile procurée par les campagnes militaires.

Des origines à nos jours Vallus

Vallus ou moissonneuse gauloise, Bas-relief, Musée Gaumais, Belgique

En matière de progrès agricoles, c'est du nord que vient l'innovation : les Celtes, autrement dit « nos ancêtres les Gaulois », conçoivent le tonneau en bois, plus pratique que les amphores en terre cuite, pour la conservation et le transport du vin. Ils inventent aussi le soc de « l'araire gauloise » qui permet d'approfondir le sillon tracé et cultiver des sols plus difficiles. Au Ier siècle de notre ère, le vallus, une machine à moissonner, voit même le jour.

Innovations orientales et chinoises

À la chute de l'empire romain d’Occident, Byzance préserve vaille que vaille l’héritage scientifique de la Grèce hellénistique et va le transmettre aux puissances en devenir, l'Islam et l'Occident chrétien.

Des origines à nos jours Labour-chine

Kim Hong-Do, L'album des scènes de la vie quotidienne, XIXe s., British Museum, Londres

Dans les terres conquises par les cavaliers musulmans, y compris le sous-continent indien, les paysans bénéficient de progrès sensibles dans la gestion de l'eau comme dans l'utilisation des engrais et la diversification des espèces.

Passé maître dans de nouvelles cultures (la pistache en Syrie, le café au Yémen ou l'orange en Andalousie...), le monde arabo-persan ne s'arrête pas là et crée de nouvelles variétés de fleurs, comme la tulipe. Il s'intéresse également à leur classification pour pouvoir mieux en utiliser les vertus médicinales.

L'Orient chinois n'est pas en reste en matière agricole avec l’invention au début de l'ère chrétienne de l'indispensable brouette puis, au VIe siècle, de la charrue à versoir avec soc métallique qui permet aux animaux de trait de moins se fatiguer (...).
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MessageSujet: Re: Des origines à nos jours   Des origines à nos jours Icon_minitimeMer 1 Mar 2023 - 16:17

Il était une fois... mon village

Communautés vouées par définition à l'agriculture, les villages demeurent bien ancrés dans notre imaginaire malgré l'exode rural... et l'exode urbain qui l'a suivi et a vu les salariés des villes, les touristes et les retraités réoccuper les fermes abandonnées.

Remontons le cours de l'Histoire et suivons l'apparition de ces villages.

Occuper le territoire

Des origines à nos jours Mondrian-eglise

Pietr Mondrian, L'Église du village, 1898, collection privée

Le village a précédé l'agriculture : il y a près de 12.000 ans, des habitants du Levant renoncent aux inconfortables huttes de chasseurs-cueilleurs pour investir dans des habitations plus solides. Fini le provisoire et l'insalubre !

Les débuts sont humbles, on se contente de cabanes en torchis ou en pierre, parfois à demi-enterrées, élevées à proximité des ressources indispensables à la vie d'un petit groupe : cours d'eau bien sûr, mais aussi zone de chasse.

Au fil des siècles, la vie semi-nomade devient totalement sédentaire et pour éviter d'avoir à se déplacer trop loin pour cueillir ou chasser la nourriture, on développe les semis autour des habitations et l'on domestique les animaux (après le chien, compagnon de chasse, c'est la chèvre, qui donne son lait et sa viande).

Le village prend alors forme tandis que, face à l'accumulation des biens, l'esprit de propriété se développe, faisant de chaque étranger un ennemi potentiel. Ayant compris que l'union fait la force, on se protège en regroupant les habitats. Le village devient non seulement lieu de vie communautaire mais aussi de défense pour la quinzaine de familles qui s'y sont installées. Enfin tranquille ? Pas tout à fait...

Pourquoi faire comme tout le monde ?

Parmi les plus beaux villages, certains doivent leur renommée à leur emplacement quelque peu original. C'est le cas des villages lacustres ou palafittes (de l'italien palafitta : «pieu fiché»), dont on trouve des exemples à travers le monde entier, en commençant par Venise, construite sur les îlots de la lagune du Lido au moment de l'invasion des Huns.

Comme les nids d'aigle occupés par les villages perchés, ces villages lacustres avaient en effet pour but principal de protéger leurs occupants des attaques en utilisant l'eau comme obstacle naturel. Si les premiers habitats étaient certainement à flanc de colline ou à l'entrée de grottes, d'autres ont directement été creusés à l'intérieur des roches, comme les villages troglodytiques de Cappadoce ou, plus près de nous, des bords de Loire.

L'excentricité peut également venir du désir de célébrer un saint facétieux, qui aurait choisi le lieu le plus inaccessible pour séjourner : pensons à Rocamadour ou encore au Mont Saint-Michel, la «merveille de l'Occident». Citadelles étoilées à la Vauban ou bories en pierres sèches de Provence, les architectes s'en donnent à cœur joie !
Des origines à nos jours Village15-rocamadour

Vue du village de Rocamadour, photo : Gérard Grégor

Un peu d'ordre !

Si ces premières «agglomérations» sortent de terre dans l'anarchie, rapidement on se rend compte qu'une certaine organisation devient indispensable. Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi ! C'est pourquoi, par exemple en Europe centrale, les maisons en en argile des premiers «paysans du Danube» se trouvent toutes orientées dans le même sens, celui des vents dominants. Au centre, un bâtiment plus important fait office de lieu de réunion tandis qu'un système hiérarchique, visible à la présence de bâtiments plus importants, se met en place.

Mais on n'est jamais trop prudent : à partir du IVe millénaire avant notre ère, on commence à ajouter palissades et fossés qui transforment les villages en camps fortifiés. Les communautés, de plus en plus nombreuses, commencent en effet à se concurrencer et s'observer d'un mauvais œil.

Dans le monde celtique ou gaulois, cette évolution donne naissance au 1er siècle av. J.-C. aux oppida (pluriel d'oppidum), places fortes situées en hauteur, entourées de murs cyclopéens et parfaitement organisées avec les artisans à proximité de la porte principale, puis les demeures des nobles, enfin, au centre, le sanctuaire.

Il ne s'agit plus tout à fait d'un village mais plutôt d'une ville, avec ses fonctions sociales diversifiées. La campagne alentour est émaillée de fermes isolées et de cabanes familiales. Bibracte, capitale des Éduens, en Bourgogne, est un bel exemple d'oppidum.
Des origines à nos jours Bardo

Villa romaine, mosaïque  du IVe s. ap. J.-C., musée du Bardo, Tunis

De la villa au village

Profitant de la paix romaine, les Gaulois et autres Celtes quittent leur oppidum pour s'installer en plaine. Les campagnes se couvrent alors d'un nouveau type d'habitation, la villa, exploitation agricole plus ou moins importante, soumise à l'autorité d'un propriétaire riche et puissant.

À la fin de l'empire, la villa devient un point d'ancrage pour les paysans pauvres ruinés par une fiscalité écrasante. Ainsi en est-il de Montmaurin, au pied des Pyrénées. Mais les invasions barbares du Ve siècle changent la donne : les habitants des campagnes commencent à se regrouper derrière les murs construits autour des anciennes villae. 

À l'époque carolingienne, à partir du VIIIe siècle, ils se regroupent spontanément autour des chapelles et des cimetières, en quête de réconfort et de solidarité. Les premières communautés villageoises se constituent autour de ces enclos paroissiaux, qui sont le signe de la christianisation des campagnes. Plus tard, avec la montée de l'insécurité, les paysans trouvent aussi protection à l'ombre des premiers châteaux forts, constructions rustiques en bois qui servent de refuge à un seigneur et à ses hommes (...).
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nuagebleu
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MessageSujet: Re: Des origines à nos jours   Des origines à nos jours Icon_minitimeMer 1 Mar 2023 - 17:40

merci beaucoup
 je connais très beau
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MessageSujet: Re: Des origines à nos jours   Des origines à nos jours Icon_minitimeJeu 2 Mar 2023 - 11:12

Mille ans de savoir-faire paysan face au « progrès »

Au cours du précédent millénaire, la paysannerie a su développer un savoir-faire respectueux de l'environnement et de l'avenir. C'est l'enseignement que nous avons tiré d'un débat aux Rendez-Vous de l’Histoire de Blois (18-22 octobre 2012). Ce débat, avec des enseignements très actuels, a mis aux prises le professeur Philippe Desbrosses, l’agronome Marc Dufumier, l’historien Michel Vanderpooten et l’ingénieur Matthieu Calame.


Un savoir-faire millénaire ignoré


L'agronome Marc Dufumier nous rappelle comment la paysannerie, au fil des générations, a sélectionné des variétés animales et végétales adaptées à leur terroir. Ici, où sévissent les insectes, on a, d’une année sur l’autre, peu à peu éliminé les céréales à épis lisses pour ne retenir que celles à épis velus, qui ne permettent pas aux insectes de piquer les graines ; là, où sévissent surtout les chenilles, on a conservé les plantes à feuilles lisses, sur lesquelles les papillons ne peuvent pas pondre leurs œufs…


Ainsi la paysannerie traditionnelle a-t-elle accru la biodiversité !


Des origines à nos jours Paysans-labourage-nivernais

Labourage nivernais en 1849, Rosa Bonheur, Paris, musée d'Orsay.


La révolution scientifique de la fin du XIXe siècle a amorcé un retournement de tendance. Les laboratoires ont lancé des recherches sur des plantes à haut rendement, et comme il eut été trop coûteux de mettre au point des variétés adaptées à chaque terroir, ils ont mis au point des variétés d’application universelle et corrigé leurs faiblesses par le recours de plus en plus massif à des produits phytosanitaires ou à des amendements (engrais) chimiques. Désormais, on peut ainsi rencontrer les mêmes variétés de blé, de maïs ou de riz dans toutes les plaines céréalières du monde.


Matthieu Calame note avec un clin d’œil que le développement de l’industrie des engrais azotés est consécutif à la Grande Guerre. Pendant celle-ci, on a produit du nitrate en masse pour la fabrication des explosifs. La paix venue, on a reconverti les usines vers la production d’engrais azotés. L’ancienne usine AZF de Toulouse, qui a explosé en septembre 2001, est l’illustration de ce phénomène ; sa proximité et l'activisme de ses commerciaux ont fait des agriculteurs de la région les plus gros consommateurs d’engrais azotés de France.


L'emploi des engrais azotés a été aussi favorisé par la fin de la polyculture et la spécialisation des productions agricoles. En effet lorsqu’un paysan cultivait des céréales et en même temps élevait des animaux, les déjections de ceux-ci étaient épandues dans ses champs et permettaient un cycle court des nutriments en azote, phosphore et carbone. Aujourd'hui, faute de fumier à leur disposition, les céréaliers doivent recourir à des engrais chimiques cependant que les éleveurs doivent traiter les lisiers sans profit pour quiconque... et avec qui plus est des modifications dommageables de la faune et de la flore des eaux fluviales et littorales.


Il s'ensuit qu'une vision comptable à courte vue de la « modernisation » des exploitations agricoles peut entraîner au niveau collectif un résultat négatif si l'on prend en compte les coûts induits...


Michel Vanderpooten signale également un changement d’approche irrationnel dans les calculs de performances :


• Jusqu’au XIXe siècle, les paysans évaluaient leurs performances en nombre de grains récoltés par grain semé. On obtenait déjà au Moyen Âge, dans des régions privilégiées comme l'Île-de-France, un rapport de sept ou huit grains récoltés pour un semé. Cette performance est encore aujourd'hui hors de portée pour beaucoup de paysans des pays pauvres…
• À cet indicateur de performance rationnel (on compare ce qui est produit à ce qui est consommé), on en a substitué un autre qui l’est beaucoup moins : le rendement à l’hectare. Cet indicateur fait fi de tous les « intrants » : produits phytosanitaires, hydrocarbures, engrais, usure des machines...


Il s'ensuit que certaines grandes exploitations intensives peuvent se révéler destructrices de capital. Elles sont à leur manière aussi prédatrices que les premiers agriculteurs qui brûlaient la forêt vierge et dégradaient les sols pour quelques maigres récoltes. Ces exploitations peuvent à bien y regarder se révéler moins performantes que les exploitations familiales traditionnelles ou « bio » qui utilisent très peu de produits chimiques, de gros engins et d’hydrocarbures, bien qu'avec un rendement brut à l’hectare deux ou trois fois inférieur.


Si l'on voulait revenir à une approche rationnelle de l'économie paysanne, il faudrait mesurer la valeur ajoutée par unité produite en soustrayant de sa valeur marchande tous les coûts : semences mais aussi « intrants » (engrais azotés, machines, pesticides) et alimentation animale d'importation (tourteaux de soja transgénique). Il va de soi que l'agro-industrie se révélerait dans ces conditions bien moins profitable qu'on ne le croit !


Philippe Desbrosses souligne à ce propos une vérité cachée établie par le Prix Nobel Amyarta Sen, à savoir que les petites exploitations sont plus productives que les grandes. Il en appelle à une agriculture « intensément écologique » plutôt qu’« écologiquement intensive ».


Pour une concurrence loyale entre paysans et agro-industriels
Les paysans ne peuvent plus se passer des aides publiques. Elles leur sont devenues indispensables pour financer leurs achats (matériels, produits phytosanitaires, soja transgénique, énergie, etc.) et ainsi obtenir assez de rendements pour s'assurer un revenu décent.
Si l'on souhaite vraiment orienter la paysannerie vers une agriculture moins coûteuse en énergie, produits chimiques et machines, cela peut se faire au niveau national ou européen (PAC, politique agricole commune) en augmentant d'une part les aides à l'hectare et en soustrayant d'autre part de celles-ci les achats ou intrants : de la sorte, si un paysan achète pour mille euros d'engrais ou de soja, les aides qu'il recevra seront diminuées d'autant ; s'il renonce à tout ou partie de ces intrants, il va voir ses rendements et son revenu brut diminuer mais il profitera d'un montant maximum d'aides publiques, l'un compensant l'autre !
Cette disposition fiscale, simple, incitative et non contraignante, met ainsi à égalité les agro-industriels qui ont fait le choix d'une agriculture intensive et ceux qui assument des rendements inférieurs avec moins d'intrants. Il est logique que les premiers reçoivent moins d'aides que les seconds, les aides ayant vocation à rémunérer les paysans et non à grossir les profits des fournisseurs de machines, engrais, énergie, etc.


Michel Vanderpooten rappelle que le progrès n’est pas linéaire. Le fameux agronome Olivier de Serres, contemporain d’Henri IV, a pour une bonne part emprunté à l’agronome romain Columelle ses recommandations concernant le remplacement de la jachère par des légumineuses avec le double avantage que celles-ci nourrissent les sols et nourrissent aussi les hommes en leur apportant des protéines sous la forme de lentilles et de pois. En dépit de leur pertinence, ses recommandations ont tardé à passer dans les faits et la paysannerie française a même vu ses conditions de vie et de travail régresser de la fin du Moyen Âge à la fin du règne de Louis XIV, en bonne partie pour des raisons sociales : poids de la fiscalité et désintérêt des classes dirigeantes pour le monde rural.


Les légumineuses comme les lentilles et les pois sont devenues marginales aujourd'hui, regrette Marc Dufumier, malgré leurs vertus. Pour l'amendement des sols et la fourniture de protéines, elles sont concurrencées par les engrais azotés et la production d'animaux en batterie.


Fin de partie


Aujourd'hui, en France, les céréaliers-betteraviers bénéficient de conditions matérielles plutôt confortables. Les autres paysans, en particulier les éleveurs, bénéficient de conditions matérielles proches de celles des employés, ce qui n'est déjà pas si mal au regard du passé. Mais en contrepartie de ce relatif bien-être, ils ont dû sacrifier leur indépendance à l'agro-industrie, la grande distribution et l'administration, distributrice instiable d'aides et de règlements. Ils sont souvent devenus des ouvriers à domicile payés à la pièce, mais toujours à la merci du climat et de la spéculation, ainsi que le déplore Matthieu Calame.


Fait aggravant, la monnaie unique a levé toutes les barrières à l'importation de produits agro-alimentaires à bas coût issus des fermes industrielles d'outre-Rhin. Il s'ensuit que la France, bien qu'exceptionnellement dotée par la nature, a perdu en vingt ans sa place parmi les grands exportateurs de produits agro-alimentaires. Elle est passée du deuxième au cinquième rang d’exportateur mondial cependant que sa production a stagné. Elle est en passe de devenir débitrice nette avec plus d'importations que d'exportations.


André Larané
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