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 L'Âge d'or de la presse

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mimi1260
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MessageSujet: L'Âge d'or de la presse   L'Âge d'or de la presse Icon_minitimeMer 25 Mai 2022 - 8:11

De la monarchie de Juillet à la Commune : des innovations décisives



« Nous sommes tous les enfants de la presse. » C'est Émile Zola qui dresse ce constat dans Le Figaro en 1881. Selon lui, les meilleurs écrivains de son temps ont été façonnés par le journalisme ou se sont fait connaître en publiant leurs œuvres dans les journaux.


C'est vrai : l'Âge d'or de la presse (1830-1930) commence avec la collaboration régulière des romanciers du XIXème siècle aux gazettes. Il s'inscrit dans le cadre d'un modèle économique innovant inventé par Émile de Girardin et qui durera, dans ses grandes lignes, jusqu'à la fin du XXème siècle.
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Les journaux, litographie de Delpech d’après Louis-Léopold Boilly, BnF, Paris.


« La littérature industrielle »
L'Âge d'or de la presse Presse-5-la-presse-n1

La Presse, 1er juillet 1836, Gallica, BnF, Paris.


Lorsqu'il lance La Presse, le 1er juillet 1836, sous le règne du « roi-bourgeois » Louis-Philippe 1er, de Girardin s'appuie sur une analyse simple : compte tenu des conditions politiques et des coûts techniques incompressibles, le développement des journaux ne peut résulter que d'une hausse du prix d'achat.


Or celui-ci est déjà élevé. En effet, en 1828, par exemple, l'abonnement au Journal des Débats coûte 80 francs par an, soit l'équivalent de plus de 400 heures de travail d'un ouvrier. Un prix prohibitif pour la très grande partie de la population.
L'Âge d'or de la presse Presse-16-girardin-gravure

Émile de Girardin (22 juin 1806 - 27 avril 1881), créateur du journal La Presse, photographie de Pierson d’après gravure, XIXe siècle, BnF, Paris.


Seule solution pour favoriser l'essor de la presse : l'augmentation des recettes de publicité en faisant miroiter un plus gros tirage. Elle a pour avantage de réduire le coût de l'abonnement, principale entrave à la progression des ventes. Tel est le calcul de Girardin.


Afin d'attirer de nouveaux lecteurs, il a une idée qui s'avèrera de génie : le recours au roman-feuilleton. 


Ce pari audacieux, il le tente en publiant alors La Vieille fille de Balzac, puis un récit sicilien d'Alexandre Dumas, Pascal Bruno, ainsi qu'une nouvelle de Scribe. Et ça marche !
L'Âge d'or de la presse Presse-6-la-presse-feuilleton

La Presse, 1er juillet 1836, détail, rubrique « Le feuilleton », Gallica, Bnf, Paris.


Le prix de l'abonnement est divisé par deux. Girardin récolte 20 000 abonnés en dix-huit mois ! Les annonces publicitaires affluent parallèlement à l'accroissement du lectorat, ce qui permet au journal d'engranger des bénéfices.


Le Siècle, l'autre grand journal de l'époque, utilise le même procédé. Son tirage passe de 11 000 en 1837 à 37 500 en 1841. Le mécanisme de ce que Sainte-Beuve appellera la « littérature industrielle » est enclenché.
L'Âge d'or de la presse Presse-12-soitzner-petit-journal

Le Petit Journal, Constantin Stoitzner (1863 – 1933),  Vienne.


Alors que la part de la rubrique politique est réduite dans les publications qui s'engagent dans cette voie, le roman-feuilleton offre un centre d'intérêt nouveau et attire une cible supplémentaire de lecteurs. D'autant plus que la population ressent une forte appétence pour la presse.


Dès 1832, le docteur Sylvain Eymard écrit : « Magistrat, artisan, curé, bonne femme, écolier, tout le monde est affamé de nouvelles. On assiège les cercles, les cabinets littéraires et autres lieux où se lisent les feuilles publiques (…) Les journaux arrivent-ils ? On se précipite sur la table qu'ils surchargent ; on les mêle, on les fouille, on se les arrache. »


Ce témoignage contient sans doute une part d'exagération, mais il ne faut pas oublier que, deux ans plus tôt, la liberté de la presse remise en cause par Charles X a constitué une des causes de la révolution des Trois glorieuses fatale au roi.


Les écrivains, eux, voient dans le journal un vecteur supplémentaire pour faire connaître leurs œuvres et accroître leur notoriété. Tout le monde est gagnant !


Zola qui fut chroniqueur littéraire, dramatique, parlementaire et diffusera en feuilleton des œuvres des Rougon Macquart, écrira en faisant allusion au Petit Journal, la grande réussite de la presse populaire de la deuxième partie du XIXème siècle : « Je sais quel niveau cette feuille occupe dans la littérature mais je sais aussi qu'elle donne à ses rédacteurs une popularité bien rapide. »
L'Âge d'or de la presse Presse-10-eugene-sue

Eugène Süe (26 janvier 1804 – 3 août 1857), François-Gabriel Lépaulle, 1835, musée Carnavalet, Paris.


Le retentissement phénoménal des Mystères de Paris d'Eugène Sue, publié en feuilleton dans le Journal des Débats de juin 1842 à octobre 1843, restera comme un des événements marquants des histoires littéraire et sociale.


Roman de mœurs et d'aventures mettant en scène ces « classes laborieuses, classes dangereuses », cette œuvre habilement découpée en épisodes haletants introduit le peuple dans la littérature. Et le peuple s'y reconnaît.


La bourgeoisie se passionne également pour un monde qu'elle ignore (...).
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MessageSujet: Re: L'Âge d'or de la presse   L'Âge d'or de la presse Icon_minitimeMer 25 Mai 2022 - 8:17

10 septembre 1915 - Premier numéro du Canard Enchaîné


Le 10 septembre 1915, Maurice et Jeanne Maréchal publient le premier numéro du Canard Enchaîné (son titre fait allusion à un autre journal contestataire, L'Homme enchaîné de Clemenceau). Appelé à devenir une institution de réputation mondiale, le journal satirique naît pendant la Première Guerre mondiale, avec la volonté de dénoncer la censure, la propagande, les mensonges et le « bourrage de crâne », selon une formule popularisée par Albert Londres en 1914. Mais sa sortie ne va pas sans difficultés. L'hebdomadaire interrompt sa parution dès le cinquième numéro avant de la reprendre l'année suivante.


En juin 1917, Le Canard Enchaîné lance sa première offensive contre les mensonges et les outrances de la presse.  Il organise auprès de ses lecteurs le concours du « grand chef de la tribu des bourreurs de crânes ». La compétition est rude car les concurrents sont nombreux et talentueux. La palme est attribuée au journaliste Gustave Hervé (46 ans).


Gustave Hervé a été avant la guerre professeur d'Histoire au lycée de Sens. Il a aussi milité  dans les rangs socialistes. Libertaire, il a été poursuivi pour des propos antimilitaristes dans son journal La Guerre sociale. Ainsi en 1901, pour l'anniversaire de Wagram, il préconisait dans Le Travailleur Socialiste de l'Yonne que l'on rassemble « dans la principale cour du quartier toutes les ordures et tout le fumier de la caserne et que, solennellement, [...] le colonel en grand plumet y plante le drapeau du régiment ». Mais quand éclate la guerre, il tourne casaque et se rallie à l'Union sacrée. En 1916, il rebaptise son journal La Victoire. On y lit : « Quelle est la maman, quelle est l'épouse qui, en ce moment où se joue la vie de la France, n'est pas prête à accepter le suprême sacrifice ? Crois-tu, maman, que les hommes qui meurent en un tel jour meurent réellement ? » (note). Entre les deux guerres, Gustave Hervé se signalera encore à l'attention de ses compatriotes avec cette manchette récurrente de La Victoire : « C'est Pétain qu'il nous faut ».


La propagande de guerre, une réalité toujours actuelle


Dix ans après la Première Guerre mondiale, en 1928, le diplomate anglais Lord Ponsonby publie un essai lumineux sur la propagande de guerre : Falsehood in War-Time: Propaganda Lies of the First World War (« Le mensonge en temps de guerre : Les bobards de la propagande dans la Première Guerre mondiale »). Arthur Ponsonby y voit une caractéristique des conflits modernes. Elle s'avère indispensable dans tous les camps pour mobiliser les masses et soutenir l'effort de guerre.


En 2001, dans Principes élémentaires de propagande de guerre, l'historienne Anne Morelli s'inspirera du travail de Lord Ponsonby pour définir les dix principes de la propagande de guerre ; ces principes paraissent toujours d'une cruelle actualité :
1- Nous ne voulons pas la guerre.
2- La partie adverse est seule coupable de guerre.
3- L'ennemi est intrinsèquement mauvais et ressemble au diable.
4- Nous défendons une noble cause, pas nos propres intérêts.
5- L'ennemi commet des atrocités exprès ; nos bavures sont involontaires.
6- L'ennemi utilise des armes interdites.
7- Nous subissons de petites pertes, celles de l'ennemi sont énormes.
8- Des artistes et intellectuels reconnus soutiennent notre cause.
9- Notre cause est sacrée.
10- Tous ceux qui doutent de notre propagande sont des traîtres.


André Larané
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