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 Un tableau par jour

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Opaline
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MessageSujet: Un tableau par jour   Mer 20 Déc 2017 - 10:42


Le vieux marché Et la rue de l'épicerie à Rouen -  
Camille Pissarro - Toile 61x76 cm
(Metropolitan Museum of Art - New York, United States)

En septembre et octobre 1898 Pissarro séjourna à Rouen
Il fit trois tableaux de la rue de l'Epicerie, à peu près du même point de vue
Ce tableau est le seul montrant le marché qui se tenait chaque vendredi
L'effet de mouvement est renforcé par le patchwork des murs, des fenêtres et des toits des édifices conduisant à la cathédrale
La vielle rue de l'Epicerie menait vers la  cathédrale dont les tours gothique dominaient l'enchevêtrement des toits d'innombrables petites maisons
Cette rue a été détruite au cours de la dernière guerre

Il utilise des couleurs vives : toits rouges et bleus, murs banc ou jaunâtres, boutiques sombres avec des auvents vifs et même un groupe d'affiches multicolores
Il traite par des accords ou des oppositions de couleurs un sujet composé de lignes et de volumes
Il intègre dans la composition les éléments de détail comme les lucarnes, la lanterne et les cheminées
Il obtient l'unité de la composition sans sacrifier les détails
" Je ne vois que des taches. Lorsque je commence un tableau, la première chose que je cherche à fixer, c'est l'accord. ... Ce qui m'intéresse de moins en moins dans mon art, c'est le côté matériel de la peinture (les lignes). Le grand problème à résoudre, c'est de ramener tout, même les plus petits détails du tableau, à l'harmonie de l'ensemble, c'est à dire à l'accord"

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Noel
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Mer 20 Déc 2017 - 11:18

Au moins c'est vivant. Au premier coup d’œil j'ai cru que c'était chez moi, le bas de la rue lui ressemble.
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morticia
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Mer 20 Déc 2017 - 11:46

J' M.............. bien
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Jeu 21 Déc 2017 - 11:17


Watteau. L'Enseigne de Gersaint, 1720
Huile sur toile, 163 × 306 cm, Schloss Charlottenburg, Berlin.

Les scènes de genre sont peu nombreuses chez Watteau. La plus célèbre est L’Enseigne de Gersaint (1720). Il s’agit d’une huile sur toile de grandes dimensions (163 x 306 cm) réalisée en deux parties pour Edmée-François Gersaint, marchand de tableaux et ami de Watteau. Le tableau était destiné à décorer l’entrée du magasin et à attirer la clientèle. Les peintures de grandes dimensions concernaient à l’époque les scènes religieuses, mythologiques ou historiques mais jamais les scènes de genre, considérées comme inférieures par l’Académie.

Si l’on s’en tient à une lecture au premier degré, le tableau représente dans sa partie droite des clients examinant des toiles. Derrière le grand tableau ovale, Gersaint fournit des explications à un gentilhomme agenouillé. Madame Gersaint, assise derrière le comptoir, propose un petit tableau à des clients visiblement désabusés. Sur la partie gauche, un gentilhomme invite une dame à entrer dans la boutique. Celle-ci observe le décrochage puis la mise en caisse du portrait de Louis XIV. La boutique de Gersaint était de très petite taille et le tableau l’idéalise certainement. On peut remarquer l’absence de devanture et une ouverture complète sur la rue dont les pavés sont apparents.

L’Enseigne de Gersaint est une œuvre unique et totalement atypique pour le début du 18e siècle. Outre la richesse expressive propre à Watteau (politesse, galanterie, ironie, passage du temps et des monarques), le génie des attitudes et des mimiques, l’art de la couleur et de la lumière, le tableau préfigure une thématique qui ne naîtra qu’un siècle et demi plus tard. Il faudra en effet attendre le mouvement réaliste dans la seconde partie du 19e siècle pour que la peinture s’intéresse à nouveau à la vie urbaine.


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Corto M
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Jeu 21 Déc 2017 - 18:41

Allez un des miens tableau...
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 9:45


La Pie - Claude Monet -1868-1869
Peinture à l'huile sur toile - Musée d'Orsay, Paris

La Pie est une peinture à l'huile réalisée par l'impressionniste Claude Monet à Étretat en 1868-1869 et conservée au musée d'Orsay.
La pie posée sur une clôture dans un paysage hivernal lui donne son titre.
La toile fut refusée par le jury du Salon de 1869.

Monet crée son œuvre « La Pie » sous le second empire , période ou l’art officiel en France est l’académisme qui fixe des règles très précises et limite et même empêche le peintre de s’exprimer .Les œuvres impressionnistes de Monet sont alors critiqués et souvent refusés au « Salon ».On peut ajouter que Monet peint cette toile dans une période difficile de sa vie ; suite à une tentative de suicide.

Description de l’œuvre : La pie, élément discret presque invisible est située sur une barrière de bois rudimentaire , celle-ci se prolonge sur toute la longueur du tableau et sépare le tableau en 2 parties : En arrière plan des maisons cachées par une rangée d’arbres nus recouverts eux-mêmes de neige , et au premier plan une grande étendue de neige ou les ombres de l’arrière plan se reflètent sur le sol. La neige recouvre entièrement la toile ; Il s’agit donc d’un paysage hivernal .La pie est le seul être animé de la toile,c’est un élément de très petites proportions et pourtant fondamental de la figuration.

La composition :.L'oiseau posé sur la barrière à gauche est un point de passage entre l'avant et l'arrière. Cette pie posée sur la ligne de l’horizon divise la toile pratiquement en 2 parties égales .Cette séparation fait se confronter les éléments du second plan reflétés sur le sol enneigé .
Sur cette sorte de barrière , la pie semble regarder la barrière en bois qui fait office de muret et sépare ,comme précédemment dit, le tableau en 2 parties égales : au premier plan un champ de neige et à l’arrière plan des batiments à larges toitures couvertes d’une neige bleutée sous un ciel blanc teinté de gris bleu. La pie et son ombre permettent de relever une certaine symétrie dans la construction du tableau entre sa partie supérieure et les ombres de la partie inférieure .(l’axe de symétrie est la ligne horizontale bleue).
Le tableau est composé de bandes horizontales caractérisés par les bandes dans le ciel les toits des maisons , la barrière en bois et les ombres .Cette horizontalité vient se confronter à la verticale des arbres et des sortes de piquets.

Les couleurs : A première vue on pourrait croire que ce tableau est un monochrome blanc .Cependant si l’on observe bien la peinture , le blanc est moins « marqué » et la couleur en quelque sorte éclate . Monet empreinte une gamme de couleur réduite ce sont principalement des couleurs pâles, il joue sur la diversité des blancs en ajoutant des touches de bleu , de marron et de noir .On peut noter un contraste entre le chaud et le froid ; en effet le haut du tableau est composé de couleurs chaudes qui sont dans le ton jaune à l’opposé du bas avec des couleurs plus froides comme le noir ou le gris .Il superpose les nuances par petites touches juxtaposées.(virgules au premier plan , minces tirets dans le ciel)

La lumière : La lumière est une lumière naturelle provenant du soleil . Les ombres au sol sont des repères qui permettent de comprendre que les rayons viennent de la gauche du tableau. On peut ajouter que le soleil est bas dans l’horizon .
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morticia
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 10:37

[quote="Opaline"][justify]


J'adoreeeeeeeee !!!!

Une lumière qui n'appartient qu"'a lui et exceptionellement sur ce tableau !!
Depuis le premier regard sur lui.........j'en reste encore émerveillée !!!!

C'est mon super préféré de Monet dont je suis particulièrement fan...
peindre bravo
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Corto M
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 11:03

C'est extraordinaire comme dans ce tableau, le peintre a réussi à donner de la chaleur à des couleurs qui sont des couleurs froides pour représenter un paysage froid ! Noter l'oiseau perché sur le portillon... Superbe !
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Noel
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 13:24

Oui, une vraie photographie.
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 13:43

Un jour, ce peintre m'a inspirée et j'ai voulu marier la Provence à l'esprit de Monet.
J'ai donc peint la montagne Ste Victoire et j'y ai intégré la pie du peintre.
Ce tableau entièrement au couteau (spatule) s'intitule : "Hommage à Claude Monet"

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Noel
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 13:47

C'est vraiment très beau, merci Opaline de nous faire partager ton travail.
Personnellement j'aime bien.

bisou
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 13:49

Merci Noël ♥
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Corto M
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 15:25

Diantre ! La Monragne Sainte Victoire sous la neige, je veux bien, quoi que... Mais les paysages du premier plan, c'est exceptionnel !
Mais très bon travail !Bravo !
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 18:41

@Corto M a écrit:
Diantre ! La Monragne Sainte Victoire sous la neige, je veux bien, quoi que... Mais les paysages du premier plan, c'est exceptionnel !
Mais très bon travail !Bravo !
La Ste Victoire sous la neige, ce n'est pas rare du tout. C'est déjà arrivé cet hiver, début décembre et bien d'autres hivers par le passé.

Merci pour le compliment
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Coccinelle
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 22:55

c'est vraiment super, bravo Opaline bravo
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 23:19

Merci beaucoup Coccinelle
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 22 Déc 2017 - 23:47


"Le radeau de la méduse" de Théodore Géricault

"Le Radeau de la méduse", chef d'oeuvre de Théodore Géricault, est le fruit d'une véritable enquête du maître sur un fait divers macabre : le naufrage d'un bateau nommé La Méduse en 1817 et la lutte pour la survie des rescapés, contraints de manger les morts pour ne pas périr. L'oeuvre est exposée en permanence au premier étage du musée du Louvre.

Cinq mètres par sept, "Le Radeau de la méduse" de Géricault exposé au Louvre ne cesse de soulever des questions. Qui sont les personnages ? Que signifient ces détails passés inaperçus ? Comment Géricault a-t-il pu dessiner des détails si réalistes ? Comment les survivants ont-ils pu manger les morts ?

Géricault s'empare du drame
C'était le 2 juillet 1816, il y a 200 ans. La frégate La Méduse, menée par un commandant inexpérimenté s'échoue sur le banc d'Arguin, au large de la Mauritanie, à deux jours de mer de la côte. Faute de canots en nombre suffisant, seuls les nobles embarquent. Pour les 150 malchanceux restants, il faudra se contenter d'un radeau, construit à la hâte lors de l'échouage pour tenter de délester le bateau avant qu'il ne se couche.


La frégate "La Méduse" © France 2 / Culturebox capture d'écran

Quinze survivants sortent du canot, deux d'entre eux racontent le drame à la presse. Géricault prend connaissance de ce récit et décide de rencontrer les deux rescapés qui témoignent de ces cas d'anthropophagie. Ces miraculés sont représentés fidèlement au centre de la composition. "Ils n'avaient quasiment rien à manger, dès les premières nuits ils s'entretuent et dans les 48 heures qui suivent ils s'entredévorent", relate Jacques-Olivier Boudon, auteur  du livre "Les Naufragés de la Méduse"

Une étude macabre des corps
Fasciné par cette tragique odyssée qui déchaina les passions à l'époque, Géricault se lance dans la réalisation de ce qui allait devenir une oeuvre majeure : "Le Radeau de la Méduse". Il accumule la documentation, interroge des rescapés qu’il dessine, puis il travaille sur une maquette, avec des figurines de cire.

Ce qui frappe aussi dans "Le radeau de la méduse" c'est le réalisme des visages et des corps des cadavres. Pour retranscrire cette vérité, le maître a un secret : son atelier jouxtait l'hôpital Beaujon qui lui fournissait des membres coupés.
"Ça lui a servi à se mettre en condition mentalement, faire un travail à la fois physique et spirituel pour essayer d'être au plus près de l'ambiance qu'il y avait", explique Come Fabre, conservateur au musée du Louvre.


Theodore Gericault . Etude de bras pour le Radeau de la Méduse  © GINIES/SIPA

Une oeuvre politique et révolutionnaire
"Le Radeau de la Méduse" exprime également de manière métaphorique l'incompétence du pouvoir en place. Géricault, le Républicain s'élève contre l'injustice et va même jusqu'à contraindre Louis XVIII à traduire le capitaine Hugues Duroy de Chaumareys en justice. Au sommet de la toile, le maître place un esclave noir qui guide le radeau vers un horizon dégagé.



Reportage : N. Lemarignier / M. Berrurier / W. Kamli / P. Gibailt / L. Bourdu


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Corto M
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Sam 23 Déc 2017 - 8:44

Plus proche de nous, nous avons eu cet accident d'avion dans la Cordillère des Andes, dont les passagers pour ne pas mourir ont pratiqué le canibalisme...
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morticia
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Sam 23 Déc 2017 - 10:05

Opa ..........je tiens a te féliciter de tout coeur pour ton tableau sous la neige !!
Ce petit rappel me plait beaucoup clin

J'aime beaucoup !!!
! Bravo !!! bien peindre

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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Sam 23 Déc 2017 - 10:07

Merci mon amie ♥
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Mer 27 Déc 2017 - 9:25


Les Filles d'Edward Darley Boit, 1882,
par John Singer Sargent, 222,5 × 222,5 cm,
Musée des beaux-arts de Boston.


Les  ou Daughters of Edward Darley Boit ou encore Portraits d'enfants, comme le nommait lui-même son auteur, John Singer Sargent, est une huile sur toile réalisée en 1882 à Paris. Le tableau, parfaitement carré, représente les quatre filles d'Edward Darley Boit, de gauche à droite : Mary Louisa (1874-1945), Florence (1868-1919), Jane (1870-1955) et Julia (1878-1969).

Depuis son séjour à Madrid en 1879, où il avait copié certains tableaux exposés au Musée du Prado, le style et les thèmes de John Singer Sargent montraient l'influence de la peinture espagnole, des portraits du Gréco aux complexes compositions de Velázquez. C'est à ce dernier, et aux Meninas, que Sargent s'est surtout intéressé pour l'un de ses plus célèbres portraits de groupe, « Les filles d'Edward Darley Boit », peint à Paris en 1882 et intitulé d'abord « Portraits d'enfants », où l'on découvre quatre sœurs : Julia, Mary Louise, Jane et Florence âgées de quatre à quatorze ans, dans un intérieur à la fois luxueux et étrangement vide. Les enfants sont les filles d'Edward Boit, lui-même artiste et ami de Sargent. Boit, un « Américain cosmopolite » menait à Paris la vie que tant d' expatriés affectionnaient à cette époque, celle que l'on retrouve dans les romans de Henry James ou d'Edith Wharton, où ils sont nombreux à voyager en France et en Italie et à se plaire au milieu d'une société raffinée et éprise d'art européen. On ne sait pas si le tableau était à l'origine une commande de Boit, ou une suggestion de Sargent. Dans cette œuvre, on peut voir des allusions aux Siècles d'or espagnol et hollandais dans la curieuse et asymétrique représentation de la scène et des personnages.


Les Filles d'Edward Darley Boit
Détail: Julia


Le décor est l'appartement de la famille Boit, avenue de Friedland. Un cadre réaliste, où l'on dirait que les jeunes filles ont été surprises au milieu d'un jeu, pour un agencement pour le moins inhabituel. Il n'y a pas de hiérarchie des âges, ou d'ordre dans la présentation des enfants. Elles sont montrées dans des attitudes et positions distinctes, assez éloignées les unes des autres. La plus jeune d'entre elles, Julia, est assise sur un tapis et tient une poupée. Deux vases japonais décorés en bleu, d'une taille bien plus grande que celle des jeunes filles sont disposés dans deux coins de la pièce -actuellement, ayant été donnés par les héritiers des Boit, ils sont visibles de chaque côté du tableau, au Museum of Fine Arts de Boston-. En dehors de ces objets et d'un paravent rouge, il n'y a qu'un tapis bleu clair et brun qui couvre le parquet. Pas d'autres meubles pour ce lieu qui ne semble pas avoir d'affectation particulière ; il s'agit peut-être d'une salle de classe, ou de jeux, ou d'une antichambre, car l'espace s'ouvre au centre vers une partie de la maison qui reste quasiment invisible, où est placé un meuble surmonté d'un miroir, et deux autres vases bleus, de petite taille. La lumière reflétée dans la glace, et dans la surface brillante de la porcelaine, crée un effet de profondeur, et c'est là l'un des motifs qui renvoient aux Meninas.


Les Ménines (Las Meninas) - Velázquez
Musée du Prado, palais du roi Philippe VI, Madrid (Espagne)


  Dans le tableau de Velázquez, il y a plusieurs plans marqués par des lumières d'intensité différente. Les personnages sont éclairés par une fenêtre qui se trouve à droite, hors-champ. Le fond, avec le plafond et le mur aux peintures accrochées -incluant un portrait du couple royal- et la porte ouverte sur un escalier, restent plongés dans une pénombre grise et brune ; mais cette opacité est brisée par la clarté qui vient de l'escalier. Les points de vue sur le palais, sur l'infante et sa suite, sur le peintre et sur d'autres membres de la cour sont multiples. On voit à la fois les personnages et leur environnement, et même au-delà de ce dernier. La moitié supérieure du tableau est occupée par le vide opaque du mur et du plafond, tandis que la luminosité, les contrastes et les textures -tissus des robes et des habits, chevelures et fourrure du chien - se concentrent dans la partie inférieure. Les plans s'emboîtent les uns dans les autres et forment un ensemble cohérent, lié par une atmosphère perceptible par le spectateur- Velázquez avait la réputation de savoir « peindre l'air ».
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Jeu 28 Déc 2017 - 11:16


Las Meninas,1957

Picasso sera un grand admirateur de l’œuvre de Velázquez pendant toute sa vie. À la fin du XIXe siècle, Velázquez est considéré comme un peintre de référence.

Las Meninas (« Les Ménines », les demoiselles d'honneur) est une série de 58 peintures que Pablo Picasso peint en 1957 en réinterprétant l'œuvre de Diego Vélasquez Les Ménines, (1656).


Pablo Picasso. Las Meninas. Cannes, 17th September, 1957

La série conservée intégralement au musée Picasso de Barcelone est la seule série complète de l'artiste qui est resté groupée en un seul lieu. Il s'agit d'une étude très vaste qui se compose de 45 interprétations de l'œuvre, 9 scènes d'une colombe, 3 paysages, et un portrait de Jacqueline.

Picasso lui-même considérait cette série comme un tout, et l'a légué comme tel au musée de Barcelone en mai 1968, en mémoire de Jaime Sabartés, mort la même année.

Jaime Sabartés, né en 1881 et mort le 16 février 1968, est un poète espagnol qui fut longtemps le secrétaire particulier de Pablo Picasso, dont il publia une biographie : Picasso : Toreros en 1961.
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 29 Déc 2017 - 16:24

William Turner. Le Grand Canal, Venise (1835)


L’œuvre de Joseph Mallord William Turner (1775-1851) préfigure sans aucun doute l’impressionnisme. Certains y ont même vu les prémices de l’abstraction lyrique. Ce peintre d’exception, qui s’est surtout illustré dans les paysages, possédait une vaste culture artistique lui permettant de se situer parfaitement dans l’histoire de l’art. Le caractère novateur de sa peinture résulte de sa volonté de dépasser les anciens en subjectivisant le paysage représenté.



Le tableau de Turner est intitulé Venice, from the porch of Madonna della salute par le Metropolitan Museum of Art. C’est en effet sous ce titre qu’il fut présenté en 1835 à la Royal Academy de Londres. Mais par la suite, le tableau fut plus connu sous le titre The Grand Canal, Venice, conservé ici.

Un peintre de l’imaginaire



Turner voyageait beaucoup et connaissait bien Venise. Au cours d’un premier voyage en 1819, il avait réalisé de nombreux dessins et il se base sur l’un d’entre eux pour composer Le Grand Canal. Mais c’est surtout son séjour à Venise en 1833 qui lui permet d’imaginer cette composition.
Car il s’agit bien d’imagination. Le peintre ne respecte pas le paysage réel. Une photographie prise depuis le porche d’entrée de la basilique Santa Maria della Salute montrerait une configuration très différente. Le campanile (tour à gauche) est beaucoup plus haut chez Turner que dans la réalité et un bâtiment a été ajouté à l’arrière-plan à droite. Cette licence artistique caractérise la peinture romantique, qui ne recherche pas à refléter le réel. Le peintre a toute liberté pour modifier le paysage afin de l’adapter à sa sensibilité. La poésie de l’image prime sur la fidélité de la représentation.
Turner l’affirme d’ailleurs sans ambiguïté :  «… il est nécessaire de distinguer la vérité première de la vérité secondaire, à savoir l'idée plus vaste et libérale de la nature de ce qui est comparativement étroit et confiné ; à savoir ce qui s'adresse à l'imagination de ce qui s'adresse à l'œil…»

Style impressionniste mais état d’esprit romantique


Cette distance par rapport au réel éloigne également Turner de l’impressionnisme, qui est un réalisme. Les impressionnistes voudront, à partir de la décennie 1860, capter au plus près une réalité changeante tout en admettant que la perception diffère parfois beaucoup d’un artiste à l’autre. Chez Turner, il s’agit au contraire de poétiser le réel en s’affranchissant au besoin de la restitution fidèle du paysage observé. Si le style de Turner préfigure l’impressionnisme, son état d’esprit en est très éloigné.

Une composition classique




La composition de Grand Canal, Venise, traduit bien l’admiration qu’éprouvait Turner pour les classiques français et en particulier Claude Lorrain. On pourra par exemple comparer le tableau de Turner à certaines peintures marines de Lorrain :

Claude Lorrain. Port de mer avec la villa Médicis (1638)
Huile sur toile, 102 × 133 cm, Galerie des Offices, Florence.

An centre, la partie aquatique plonge vers l’horizon d’où provient la lumière. Elle est encadrée par des bâtiments ou des vaisseaux. Le contre-jour, fréquemment utilisé par Lorrain, est repris par Turner de façon moins appuyée. Comme chez Lorrain, le flou du milieu marin, qui structure horizontalement le tableau, contraste avec les édifices latéraux, nettement dessinés, qui représentent la verticalité. En s’éloignant vers l’horizon, l’atmosphère et l’eau du canal fusionnent progressivement pour aboutir à un halo vaporeux.


J.M.W. Turner. Le Grand Canal, Venise, détail (1835)

Mais quand Lorrain peint minutieusement les petits personnages se trouvant sur le port, Turner se contente de les évoquer par une silhouette. On retrouve bien ici l’esthétique de la perception que privilégieront les impressionnistes. Il ne s’agit pas d’être exact mais de restituer une impression.



Le peintre de la lumière

Dans sa maturité, Turner devient vraiment le peintre de la lumière et de ses effets. Grand aquarelliste, ses huiles conjuguent une touche fluide qui dissout les contours et un dessin très apparent pour certains éléments périphériques. Il transpose ainsi la technique de l’aquarelle à la peinture à l’huile et crée une esthétique nouvelle, totalement incomprise à son époque, mais qui a marqué définitivement l’histoire de la peinture.

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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Sam 30 Déc 2017 - 21:47

@Opaline a écrit:
Un jour, ce peintre m'a inspirée et j'ai voulu marier la Provence à l'esprit de Monet.
J'ai donc peint la montagne Ste Victoire et j'y ai intégré la pie du peintre.
Ce tableau entièrement au couteau (spatule) s'intitule : "Hommage à Claude Monet"





   Il est très très beau ton tableau Opaline ;
c'est magnifique ;
et comme tu dis la sainte Victoire sous la neige , çà arrive :











 Tu peints vraiment très bien ! je suis en admiration ;
tout ce qui touche à l'art , j'aime ;
Bonne soirée ;
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Opaline
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MessageSujet: Re: Un tableau par jour   Ven 5 Jan 2018 - 21:23

Saint Joseph charpentier
Georges de La TOUR
1643 - Musée du Louvre




Saint Joseph, patron des charpentiers, travaille une poutre devant
l'Enfant Jésus qui semble déjà y voir le bois de sa croix.


  De Londres à Paris : l'histoire d'un don
Le tableau apparaît en 1938, peu de temps après la redécouverte  spectaculaire de l’œuvre de Georges de La Tour. Il appartient alors à  Percy Moore Turner, grand marchand anglais. Ce dernier le propose à la  National Gallery de Londres qui n’arrive pas à réunir les fonds  nécessaires. Le tableau demeure chez son propriétaire, qui l’offre au  Louvre, en 1948, en souvenir de son ami Paul Jamot, ancien conservateur  en chef du département des Peintures, disparu en 1939. Depuis, l’œuvre  figure parmi les plus admirées du peintre.

  Une flamme dans l'atelier du charpentier
Issu de la généalogie de David, Joseph, époux de Marie et « père  nourricier » du Christ, est charpentier à Nazareth. Le culte de Joseph  connaît un grand renouveau à partir du XVIe siècle grâce aux Jésuites,  aux Franciscains et à sainte Thérése d’Avila, réformatrice de l’ordre  des Carmes. Ici, le charpentier est penché, occupé à percer une pièce de  bois avec une tarière, alors que le Christ l’éclaire d’une bougie, dont  la grande flamme irradie son visage. La disposition des morceaux de  bois au sol évoque une croix et préfigure le sacrifice du Christ. Ces  éléments se réfèrent à trois dévotions particulièrement importantes en  Lorraine au XVIIe siècle sous l’impulsion des Franciscains : saint  Joseph, l’Enfant Jésus et la Croix.

  Un morceau de bravoure
La technique aussi bien que l’émotion qui se dégage de l’image font  de ce tableau un véritable morceau de bravoure. Le peintre confronte le  physique fruste et imposant du vieillard, au regard plein d’inquiétude, à  celui de l’enfant dont la pureté est ainsi mise en valeur. Ce contraste  est accentué par la forte réflexion de la lumière sur le visage du  Christ qui semble à son tour éclairer la pièce. On retrouvera  fréquemment ce procédé dans les œuvres de Georges de La Tour. Il marque  ainsi la présence de la divinité, dans une scène issue de la vie  quotidienne et traitée avec véracité. L’effet qui en résulte est à la  fois d’une grande retenue, mais aussi d’une force visuelle marquante.  Enfin, le peintre donne la mesure de son talent par des détails  surprenants comme la main de l’enfant traversée par la lumière de la  bougie ou la très belle nature morte du premier plan constituée d’un  outil et d’un copeau de bois.




Musée du Louvre
Département des Peintures : Peinture française          
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