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 Discours du Président Sarkozy à l'0NU

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Varenge
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MessageSujet: Discours du Président Sarkozy à l'0NU   Sam 26 Sep 2009 - 10:44

Voici le discours intégral du Président Français Nicolas Sarkozy à la tribune de l'ONU,
le 23 septembre 2009.

Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies,
Monsieur le Secrétaire Général,
Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,
Mesdames et Messieurs les représentants des Etats,
En prenant la parole devant vous aujourd’hui, au nom de la France, j’ai bien
conscience que dans les circonstances où nous nous trouvons, nous sommes tous
confrontés à une responsabilité historique. Nous sommes en plein milieu d’une crise
financière, économique, sociale sans précédent ; nous sommes à la veille d’une
catastrophe écologique planétaire ; nous devons maintenant inventer un monde
nouveau où les folies d’hier ne seront plus possibles. C’est la responsabilité qui nous
incombe. Nous savons tous maintenant vers quelles catastrophes peut nous conduire
notre obstination à essayer de régler les problèmes du XXIe siècle avec les
instruments et les idées du XXe siècle.
Désormais, plus un seul d’entre nous ne pourra prétendre qu’il ne savait pas. Il y a
une prise de conscience universelle que la voie dans laquelle le monde était engagé
depuis plusieurs décennies était sans issue.
La prise de conscience est universelle. La voie dans laquelle le monde s’était engagé
depuis plusieurs décennies, cette voie est une impasse. Cette prise de conscience se
fait dans la peine, la souffrance et l’angoisse. Mesdames et Messieurs les chefs
d’Etat et de gouvernement, nous sommes comptables politiquement, moralement de
cette souffrance accumulée sur la planète. Il y a des dizaines de millions d’hommes
et de femmes qui ont perdu leur emploi, leur maison. Il y a un milliard d’êtres
humains qui souffrent de la faim, des centaines de millions d’êtres humains qui n’ont
pas accès à l’eau, à l’énergie, qui n’ont pas les soins médicaux minimum. A ces
centaines de millions d’habitants de la planète, il nous appartient à nous, chefs
d’Etat et de Gouvernement, et à personne d’autre de rendre l’espoir. Ceux qui payent
les conséquences de la crise n’y sont pour rien.
A tous ceux qui sont indignés par les comportements de ceux, dans la finance, qui
nous ont conduit au bord du chaos et qui voudraient continuer à s’enrichir d’une
façon indécente, nous devons une réponse.
A ceux qui meurent encore dans des guerres absurdes qui datent d’un autre âge,
alors que l’humanité a tant de défis à relever, nous devons une réponse. Et la
réponse de la France, elle est sans ambiguïté : cela ne peut plus continuer comme
avant. Nous devons changer, nous ne pouvons pas accepter que tout recommence
pour qu’une autre catastrophe se produise demain.
Après un tel démenti de nos habitudes de pensée, de nos préjugés, au fond, la
tâche qui repose sur nos épaules est exactement la même que celle qui reposait sur
les épaules des hommes de bonne volonté qui ici, au lendemain de la Seconde
Guerre mondiale, ont posé les bases d’un nouvel ordre politique, économique et
monétaire mondial. La génération qui nous a précédé a été à la hauteur de ses
responsabilités, la question qui se pose aujourd’hui : saurons-nous, nous-mêmes,
être à la hauteur de cette même responsabilité.
Le monde va changer. Il ne peut en être autrement. Le monde va-t-il changer parce
que nous saurons faire preuve de sagesse, d’intelligence, de courage ou bien le
monde va-t-il changer parce que de nouvelles crises surviendront si nous n’avons pas
la sagesse de prendre la voie de changements radicaux ?
La vérité c’est que nous avons déjà trop attendu pour réguler la mondialisation, pour
lutter contre le réchauffement climatique, pour faire obstacle à la prolifération
nucléaire. Et je veux dire aux dirigeants iraniens avec solennité, qu’en misant sur la
passivité de la communauté internationale pour poursuivre leur programme nucléaire
militaire, ils commettraient une erreur tragique.
Nous avons trop attendu pour rétablir la paix au Moyen-Orient en donnant au peuple
palestinien cet Etat qui lui est dû, au nom du Droit et de la Justice. Et nous avons
également trop attendu pour garantir au peuple d’Israël ce droit de vivre en sécurité
que les tragédies de l’Histoire lui ont rendu si nécessaire. Nous savons ce qu’il nous
reste à faire, élargir /le cercle des membres permanents et non permanents du
Conseil de sécurité. Je le dis au nom de la France, il est inacceptable que le
continent africain n’ait pas un seul membre permanent au Conseil de sécurité, c’est
inacceptable, parce que c’est injuste. Il est inacceptable que le continent
sud-américain, avec cette grande puissance qu’est le Brésil, que l’Inde avec son
milliard d’habitants, ou encore le Japon ou l’Allemagne soient exclus des membres
permanents du Conseil de sécurité. C’est inacceptable et je le dis ici, il en va de la
légitimité de l’ONU. Soit l’ONU se réforme et elle sera plus légitime, soit l’ONU
choisit l’immobilisme et les grandes décisions, hélas, se prendront à l’extérieur de
l’ONU.
Il faut réformer le FMI et la Banque Mondiale. C’est une nécessité. Les droits de vote
doivent y être plus équitablement répartis entre les pays. Et la mission du FMI,
comme de la Banque Mondiale doit être redéfinie. Conserver le FMI, le cantonner
dans le rôle de gardien d’une orthodoxie que la crise a si fortement ébranlée serait
une erreur tragique.
Il faut refonder le système monétaire international, Mesdames et Messieurs, il ne
peut pas y avoir un monde multipolaire politiquement et uni-monétaire
monétairement. Ce n’est pas acceptable et ce n’est pas possible.
Il faut refonder le capitalisme financier. La France ne renoncera pas, parce qu’un
système où l’on ne paye pas le vrai prix du risque et le vrai prix de la rareté, est un
système suicidaire.
Il faut en finir avec les paradis fiscaux, car nous n’avons pas à tolérer les lieux où se
cache l’argent de la spéculation, du crime et l’argent de la fraude. Cela ne dépend
que de nous, personne dans le monde ne comprendrait que nous transigions avec cet
objectif.
Il faut limiter les fluctuations des cours des matières premières soumis à une
spéculation excessive, à commencer par le pétrole, cette instabilité est
insupportable. On doit payer aux pays qui disposent de matières premières le juste
prix de ces matières premières et on ne doit pas accepter que la spéculation ne
déstabilise le monde sur les cours de ces matières premières.Nous devons fixer des
objectifs chiffrés à Copenhague, en matière d’émissions de gaz à effet de serre,
nous ne pouvons plus différer le moment du choix.
Nous devons créer une Organisation Mondiale de l’Environnement. Nous devons
reconnaître la légitimité du principe de la taxe carbone aux frontières, pour que nul
ne puisse tirer bénéfice, ce qui serait un comble, d’un dumping environnemental.
Nous ne pouvons pas laisser le droit du commerce imposer seul sa loi. Je crois au
libre-échange mais il y a des normes fondamentales qui existent, nous sommes
membres de l’Organisation Mondiale de la Santé, à quel titre et de quel droit
bafouons nous le droit à la santé de ceux qui n’ont rien ? Nous sommes membres
l’Organisation Internationale du Travail, qui a défini huit normes fondamentales du
travail, pourquoi accepter que ces normes soient bafoués ? Le droit à la santé, le
droit à un minimum de respect de la question sociale, le droit de la protection de la
planète compte autant que le droit du commerce, il n’y a pas un de ces droits qui est
supérieur aux autres. On ne peut pas demander aux pays en développement et aux
pays pauvres de respecter ces normes sans que nous-mêmes, les pays riches, nous
ne les aidions dans leurs efforts. Nous appartenons tous à la même humanité, nous
vivons sur la même planète. Nous sommes tous concernés par les mêmes
défis. Alors oui, il faut être capable de partager nos technologies. Cela concerne la
France et la France y est prête comme les autres pays riches de la planète. Oui, il
nous faudra trouver de nouvelles ressources pour l’aide au développement, pour
relever ensemble le défi écologique et s’il le faut, je n’hésite pas à le dire, nous
trouverons ces ressources en taxant les gains excessifs de la spéculation et de la
rente. Il n’y a pas à aller chercher beaucoup plus loin des ressources, elles existent
là. Je lance un appel à tous les Etats, à toutes les organisations internationales
pour que les recommandations de la commission présidée par Joseph Stiglitz soient
mises en oeuvre partout. Nous nous trompons dans les critères et les indicateurs de
calcul de la croissance.
Mesdames et Messieurs, la tâche est immense, elle ne fait que commencer, alors
raison de plus pour commencer maintenant et commencer vite. Nous n’avons plus le
temps. Chacun doit être conscient dece qui se passerait si nous devions rentrer dans
notre pays les uns comme les autres, en expliquant à nos concitoyens que nous
avons été incapables de nous entendre, d’imaginer de nouvelles solutions, alors que
eux souffrent tant des conséquences de la crise. Je veux avertir très simplement
qu’à Pittsburgh et à Copenhague, rien ne serait pire qu’un compromis médiocre.
L’opinion mondiale et les circonstances exigent que l’on règle réellement les
problèmes et nous interdit de faire semblant.
Mesdames et messieurs,
Mes Chers collègues,
Les risques de crise les plus graves, si nous nous laissons aller à l’immobilisme ne
sont pas derrière nous, ils sont devant nous. Nous sommes dans un de ces moments
de l’histoire où les décisions politiques engagent profondément l’avenir et pour
longtemps. Nous n’avons pas le choix, nous devons prendre des risques parce que le
plus grand risque aujourd’hui serait de ne rien faire, de nous laisser porter par la
force des habitudes, de penser que nous avons le temps.
Du temps, la France est venue vous dire que nous n’en avons plus.
Mesdames et Messieurs, je souhaite que cette année 2009 soit celle de la
refondation d’un nouvel ordre mondial plus juste, plus efficient, dans lequel chacun
d’entre vous pourra se reconnaître.
Je vous remercie
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Noel
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MessageSujet: Re: Discours du Président Sarkozy à l'0NU   Sam 26 Sep 2009 - 19:35

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Varenge
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MessageSujet: Re: Discours du Président Sarkozy à l'0NU   Dim 27 Sep 2009 - 18:19

Pour moi il s'agit d'un discours que j'aurai aimé entendre il y a dix ou ving ans mais un disours reste un discours s'il reste sans effet.
attendons la suite.
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MessageSujet: Re: Discours du Président Sarkozy à l'0NU   Dim 27 Sep 2009 - 18:22

En effet ,mais est il vraiment trop tard pour agir ou quelque chose peut encore être tenté??
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MessageSujet: Re: Discours du Président Sarkozy à l'0NU   Dim 27 Sep 2009 - 18:54

ladanette a écrit:
En effet ,mais est il vraiment trop tard pour agir ou quelque chose peut encore être tenté??

Il est certainement trop tard.
Iil y a trente ans qu'il aurait fallut commencer à agir l'alerte à pourtant été donnée par des gens comme Le Commandant Cousteau, René Dumont ou bien Brice Lalonde.
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