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 Jean Moulin

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mimi1260
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MessageSujet: Jean Moulin   Lun 8 Juil 2013 - 18:07

Jean Moulin (1899 - 1943) - Une icône de la Résistance

Jean Moulin est l'un des patriotes français qui se sont illustrés dans la lutte contre l'occupant allemand, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Depuis le transfert de ses cendres au Panthéon, le 19 décembre 1964, cette victime de la barbarie nazie, morte sous la torture en gare de Metz le 8 juillet 1943, à 44 ans, est devenue le symbole de la Résistance française.

Un jeune et brillant fonctionnaire

Né à Béziers, Jean Moulin est le fils d'un professeur de lettres franc-maçon et radical-socialiste, adjoint au maire et président de la section locale de la Ligue des droits de l'Homme.

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Jean Moulin et sa femme Marguerite Cerruti en 1927 à AlbervilleLui-même affiche très tôt des convictions laïques et républicaines, à l'encontre de la plupart des résistants de la première heure, catholiques fervents et parfois royalistes.

Mobilisé à la fin de la Première Guerre mondiale, en avril 1918, il échappe à l'épreuve des tranchées.

C'est alors un jeune homme brillant, intelligent et séducteur, qui passe sa licence de droit et devient chef du cabinet du préfet de la Savoie en 1922, sous la présidence du très controversé Alexandre Millerand.

Il se lie dès ce moment avec Pierre Cot, personnalité radicale-socialiste qui va confirmer son orientation à gauche de l'éventail politique.
Accessoirement, il épouse une lointaine parente de son ami mais le couple divorce deux ans plus tard, en 1928.
Peu disposé à mener une existence rangée, le jeune homme dévore la vie à pleines dents, par la fréquentation des artistes, la pratique des sports... et le dessin, son violon d'Ingres.

Fin administrateur, Jean Moulin devient en 1925, à Albertville, le plus jeune sous-préfet de France. Dans les années 1930, il effectue des passages dans les cabinets ministériels successifs de Pierre Cot, y compris sous le Front populaire.

À cette occasion, Pierre Cot, ministre de l'Air, le charge d'approvisionner secrètement en armements les républicains espagnols, en guerre contre les nationalistes de Franco. C'est là sa première expérience de la clandestinité.

En janvier 1937, il devient à Rodez (Aveyron) le plus jeune préfet de France. Ses engagements militants lui valent le qualificatif de «préfet rouge». En juin 1940, au moment de l'invasion allemande, il arrive à Chartres comme préfet d'Eure-et-Loir...

L'apprentissage de la clandestinité

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Jean Moulin sur l'esplanade du Peyrou, à Montpellier, en 1939  .
 
Le 17 juin 1940, à la préfecture de Chartres, des officiers allemands lui demandent de signer un texte condamnant de prétendus méfaits des troupes africaines de la France. Jean Moulin refuse. Il est arrêté et dans la nuit, désespéré, tente de se suicider en se tranchant la gorge.

Sauvé de justesse, il en conservera une cicatrice qu'il prendra l'habitude de cacher avec une écharpe.
 
Il reprend ses fonctions de préfet à Chartres et encaisse sans barguigner les premières lois liberticides de Vichy, notamment le statut des Juifs. Mais il est relevé de ses fonctions le 2 novembre 1940, par le gouvernement de Vichy, qui lui reproche sa proximité avec la IIIe République et notamment le Front populaire.

Par précaution, avant de quitter ses fonctions officielles, il se fait établir en secret de faux papiers d'identité au nom de Joseph Mercier.
Établi dans sa maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône), il se consacre dès lors à sa passion du dessin et entame une reconversion en tant que marchand d'art (ce sera sa couverture officielle pendant la clandestinité). Mais il tisse aussi de premiers contacts avec les embryons de mouvements de résistance.

C'est seulement en septembre 1941, après l'invasion de l'URSS par la Wechmacht et la mondialisation du conflit, qu'il se décide à partir pour Londres, via Lisbonne, en usant de son faux passeport au nom de Mercier. Il a l'intention de demander une aide aux Anglais et aux Français libres qui entourent le général de Gaulle en vue de développer la résistance intérieure.

Le 25 octobre 1941, Jean Moulin est reçu avec faveur par le général de Gaulle qui apprécie sa connaissance de la Résistance intérieure et ses compétences d'administrateur.

Le chef de la France libre, qui peine à se faire reconnaître par les résistants de l'intérieur, encore peu nombreux, peu actifs et divisés, demande à Jean Moulin de se faire son ambassadeur ou son porte-parole auprès d'eux. L'ex-préfet accepte. C'est ainsi qu'il est parachuté sur le sol français, près de Saint-Andiol, le 2 janvier 1942.

Tout en tissant sa toile secrète sous les pseudonymes de Rex ou Max, Jean Moulin va mener au grand jour, dans le sud du pays, la vie paisible d'un marchand d'art et ancien préfet à la retraite ! Il bénéficie du concours de Daniel Cordier, un jeune «secrétaire» proche de l'Action française (royaliste).

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Carte d'identité de Jean Moulin établie en septembre 1939, avec une photo postérieure de la période de la clandestinité (musée Leclerc, Paris)

L'unité à tout prix

La principale mission de Jean Moulin est d'unifier les mouvements de résistance sous l'égide de De Gaulle, qui peine à faire reconnaître sa légitimité à Londres et Washington. Le principal de ces mouvements est celui d'Henri Frenay et Bertie Albrecht, dénommé Combat et solidement établi dans la région lyonnaise, en «zone libre».

Or, Henri Frenay, officier catholique, est dominé par une préoccupation : obtenir des armes et de l'argent, ce que les Américains sont mieux à même de lui fournir que le général de Gaulle. Par ailleurs, tout comme Pierre Brossolette, intellectuel de gauche actif dans la «zone occupée», il déplore que Jean Moulin veuille établir l'unité de la Résistance intérieure autour des anciens partis de la IIIe République.

Frenay craint que le parti communiste en profite pour faire main basse sur la Résistance tandis que Brossolette attend du futur Conseil national de la Résistance qu'il rénove complètement le pays (c'est de fait ce qu'il fera à la Libération en dépit de la résurrection des anciens partis).

Fin 1942, la situation se complique avec l'occupation de la  «zone libre» par la Wechmacht, le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord et l'arrivée du général Henri Giraud à Alger. Le président américain Roosevelt fait immédiatement de ce dernier son interlocuteur privilégié au grand dam du général de Gaulle.

C'est seulement au printemps 1943 que Jean Moulin arrive à recueillir le fruit de ses efforts. Le 8 mai 1943, dans un message sans ambiguïté, il demande «l'installation à Alger d'un gouvernement provisoire, sous la présidence du général de Gaulle ; le général Giraud devant être le chef militaire». Effectivement, les deux généraux créeront le 3 juin suivant un Comité français de la libération nationale.
Enfin, le 27 mai 1943, il réunit clandestinement les principaux chefs de la Résistance au 48, rue du Four, à Paris, et les convainc de fonder un Conseil national de la Résistance (CNR) inféodé au général de Gaulle.

Il n'a plus que quelques semaines à vivre... Le 21 juin 1943, le tout nouveau Conseil National de la Résistance se réunit à Calluire, une petite ville proche de Lyon, dans une villa louée par le docteur Dugoujon.
 
Pierre de Bénouville, collaborateur d'Henri Frenay au sein de Combat, décide d'y envoyer René Hardy, une «grande gueule» dont il attend qu'il défende l'autonomie de son mouvement au sein du CNR. Ce faisant, Pierre de Bénouville commet une grave imprudence. René Hardy, en effet, a été arrêté quelques jours plus tôt par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon. Il a été presque aussitôt relâché et l'on peut penser que la Gestapo l'a placé sous surveillance.

De fait, la Gestapo investit la villa. Seul René Hardy arrive à s'enfuir. Les Allemands ne tardent pas à identifier Jean Moulin comme le chef de la Résistance intérieure. Ils le transfèrent à Paris puis à Berlin où il n'arrivera jamais. Le 8 juillet 1943, il meurt des suites des tortures et des mauvais traitements en gare de Metz.

L'apothéose

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André Malraux accueille Jean Moulin au Panthéon (19 décembre 1964)Le 19 décembre 1964, à l'occasion du vingtième anniversaire de la Libération du pays, André Malraux, ministre des Affaires culturelles, organise le transfert au Panthéon des «cendres présumées» de Jean Moulin.

Cette cérémonie grandiose et émouvante marque le couronnement de la présidence du général de Gaulle après les affres de la guerre d'Algérie.

Elle sanctionne aussi l'Histoire officielle de l'Occupation et de la Résistance.

Devant les caméras de la télévision, dans une soirée d'hiver glaciale et ventée, le ministre prononce avec sa voix forte et chevrotante, au timbre inimitable, quelques mots qui vont à jamais marquer les consciences : «Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé (...).
 
C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France...»
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louna
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Qualité : ben, heu !! sais pas trop

MessageSujet: Re: Jean Moulin   Lun 8 Juil 2013 - 18:28




bravo
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Varenge
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MessageSujet: Re: Jean Moulin   Mer 10 Juil 2013 - 15:22

colombepaix Une grande figure de notre histoire
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MessageSujet: Re: Jean Moulin   

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