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 Comment le pétrole de la Guyane a eu raison de la ministre de l'écologie

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Varenge
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MessageSujet: Comment le pétrole de la Guyane a eu raison de la ministre de l'écologie   Mar 26 Juin 2012 - 11:09


Comment le pétrole de la Guyane a eu raison de la ministre de l'écologie, Le Monde, 22/06/12, 15h18
Marie-Béatrice Baudet et Laurent Marot (à Cayenne)

L'"affaire" de la suspension des forages de Shell au large de la Guyane aura duré une semaine. Et aura fait une victime : Nicole Bricq. A la faveur du premier remaniement du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, jeudi 21 juin, la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie est mutée au ministère du commerce extérieur, une dépendance de Bercy.
Impossible de ne pas faire le lien entre ce désaveu et la décision surprise de Mme Bricq, jeudi 14 juin, de retarder l'exploration du bassin pétrolier de Zaedyus, à 150 kilomètres des côtes du département d'outre-mer (DOM). Le ministère avait alors stoppé à la signature deux arrêtés préfectoraux nécessaires au lancement des travaux, mettant en avant "une nécessaire remise à plat de l'instruction des demandes de permis afin de ne plus sacrifier l'environnement".
Nicole Bricq souhaitait donc refondre le Code minier français qui jusqu'à maintenant ne prend guère en compte l'impact sur la nature des permis miniers accordés par l'administration.
Le bateau de forage sur zone
Las, on sait que la page est désormais tournée. "Les arrêtés préfectoraux ont été signés", annonce au Monde le sénateur guyanais Jean-Etienne Antoinette (apparenté socialiste). Shell devrait donc lancer les forages en début de semaine prochaine. La compagnie avait pris garde de ne pas stopper ses opérations préparatoires. Le bateau de forage loué - on parle d'un coût de 1 million de dollars par jour (790 000 euros) - par le pétrolier à la société suédoise Stena est arrivé mardi 19 juin dans la zone d'exploration. Un navire de ravitaillement a accosté le même jour au port de Dégrad-des-Cannes, et mercredi, des premières équipes ont été acheminées par hélicoptère vers le bateau-plateforme.
Comment expliquer cette volte-face gouvernementale ? Par une double mobilisation. Celle des élus de Guyane attachés à la poursuite des forages et à leurs retombées fiscales et économiques. Victorin Lurel, le ministre des outre-mers, fut leur relais parisien. Mais c'est surtout la voix des groupes pétroliers et des industriels qui semble avoir pesé. La colère de Shell a été suivie de celle de Total, de l'Union française des industries pétrolières (UFIP) et de Laurence Parisot, présidente du Medef, qui en ont appelé directement à Matignon, voire à la présidence de la République. "Au-delà d'une querelle avec un ministère en particulier, nous avons expliqué deux ou trois petites choses au gouvernement, précise Jean-Louis Schilansky, président de l'UFIP. En l'occurrence, le respect de la parole de l'Etat français. Shell disposait d'un permis en bonne et due forme et avait déjà engagé 250 millions de dollars dans cette opération... La décision du ministère de l'écologie était un signal négatif donné aux investisseurs étrangers. Sans parler de l'absence de toute concertation..."
Erreur de jeunesse d'une ministre tout juste nommée ? Il est clair en tout cas que Nicole Bricq a "foncé" dans cette opération, oubliant, par exemple, de prévenir Shell de sa décision et forçant visiblement la main, en tout cas en partie, à son collègue Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif.
Enjeux économiques
L'ex-ministre de l'écologie avait-elle aussi mesuré les enjeux économiques du dossier ? Selon les chiffres de Shell, l'exploitation du bassin pétrolier guyanais, à 6 000 mètres de profondeur, pourrait produire 300 millions de barils. De quoi diminuer en partie la facture énergétique française en diminuant les importations d'or noir. Le coût du projet, de l'exploration à l'exploitation, a été évalué entre 5 et 10 milliards de dollars. Et en cas d'exploitation, si les premiers sondages révèlent un gisement de bonne qualité, les retombées pour le DOM ne sont guère négligeables : plus de 1 000 emplois et une taxe de 12 % sur la production répartie à part égale entre la région et l'Etat, votée fin 2011 par l'Assemblée nationale.
"Le départ de Nicole Bricq du ministère de l'écologie est une surprise pour tout le monde, y compris sans doute pour son cabinet", a estimé, jeudi 21 juin, France Nature Environnement. Au sein d'un large collectif d'associations, l'ONG avait indiqué le même jour que "Mme Bricq avait perdu son premier arbitrage puisque les forages guyanais allaient reprendre". Au Parti socialiste, certains expliquaient que "le dossier Shell a eu la peau de Nicole Bricq".
"Le gouvernement est passé à côté d'une décision courageuse, surtout au moment du sommet Rio + 20", déplore Christian Roudgé, le coordinateur de la fédération Guyane Nature Environnement. "Nous avions identifié plusieurs faiblesses dans le dossier, dont l'absence d'étude d'impact, la superposition de l'exploration avec la période de plus grande présence des cétacés en mer, et l'utilisation d'un procédé de forage polluant - des boues avec des huiles de synthèse - interdit par le Code de l'environnement", résume-t-il, se réservant la possibilité d'attaquer les arrêtés préfectoraux au tribunal administratif.
Le dossier guyanais échoit désormais à Delphine Batho qui succède à Mme Bricq. Une seule question désormais : que va devenir l'indispensable réforme du Code minier ? Ou plus encore, quelle politique environnementale le gouvernement veut-il porter ? Un débat qui ne manquera pas d'avoir lieu, au moins, avec son allié politique d'Europe-Ecologie-Les Verts.

Sur le même sujet :
> Les forages vont reprendre en Guyane, Novethic, 21/06/12
Véronique Smée
Alors que le 13 juin dernier, la ministre de l'écologie Nicole Bricq avait annoncé la suspension des forages pétroliers en Guyane, les permis d'exploration ont bien té délivrés à Shell et les forages devraient reprendre la semaine prochaine.
Ce sont les élus guyanais qui ont annoncé la nouvelle après leur rencontre avec le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel. Le sénateur Georges Patient (PS) et la députée Chantal Berthelot (PRG) ont indiqué que le préfet de Guyane avait eu "l'autorisation de signer les arrêtés préfectoraux" permettant le redémarrage des forages et se sont féliciités des retombées pour « l’emploi et le développement local. » L’annonce faite par Nicole Bricq avait crée la surprise (voir article lié) la semaine dernière et suscité des critiques de la part des acteurs locaux ainsi que du groupe Shell, qui n’avait pas été prévenu. Elle avait justifié cette annonce par la nécessité de lancer la réforme du code minier, texte ancien qui ne prend pas en compte les impacts environnementaux des forages pétroliers. Or cette activité comporte de multiples risques. Mais la ministre de l’écologie et Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, ont précisé par la suite qu’il « n’est pas envisagé de remettre en cause les permis déjà octroyés pour la recherche de pétrole et de gaz conventionnel.».
Cette politique a été vivement critiquée par France Nature Environnement : « si, comme l’a déclaré la ministre de l’écologie, la prise en compte des impacts environnementaux, concernant le projet porté par la société Shell, est insuffisante, comment peut-on annoncer qu’aucun des permis octroyés avant la réforme du code minier ne sera remis en cause ? », s’interroge FNE.
 L’association Guyane Nature Environnement (GNE), membre de FNE , s'est déclarée de son côté « prête à attaquer au contentieux les arrêtés préfectoraux s'ils contrevienent au code de l'Environnement ». « Les études sismiques recourent à des émissions sonores extrêmement puissantes, nuisibles pour la faune marine à plus de 100 km du navire émetteur", a indiqué GNE à l'AFP.
L’ensemble des ONG environnementales ont également dénoncé dans un communiqué commun une « décision dangereuse » qui « tombe alors même que simultanément la France se veut fer de lance à Rio dans le plaidoyer pour les océans et la gouvernance de la haute mer, de quoi douter de sa sincérité ». "Que s’est-il passé pour qu’en 8 jours à peine les autorités françaises passent d’une décision de suspension et de remise à plat de tous les permis à celles de délivrer les autorisations nécessaires à Shell ? s'interrogent les ONG. La plus grande transparence doit être faite sur les raisons avancées pour justifier ce revirement ». Un dossier qui sera désormais géré par Delphine Batho, nouvelle ministre de l'Ecologie.

> Pétrole guyanais : un accord financier ouvre la voie à la reprise des forages, Actu-Environnement.com, 21/06/12
Philippe Collet
Des parlementaires guyanais ont annoncé la reprise des forages dès lundi prochain. La "remise à plat" des permis aura duré le temps de négocier le partage des revenus pétroliers entre l'opérateur, l'Etat et les collectivités locales.
…Suite à lire à :

> Shell finalement autorisé à forer en Guyane, au détriment de la ministre de l'Ecologie, AFP, 22/06/12, 19:29
Frédéric Pouchot
Paris (AFP) - La compagnie pétrolière Shell a finalement reçu vendredi les autorisations qu'elle espérait pour démarrer une campagne de forages controversée au large de la Guyane, après un imbroglio qui semble avoir coûté son maroquin à l'ex-ministre de l'Ecologie et de l'Energie Nicole Bricq.
Deux arrêtés ont été signés mercredi, a annoncé vendredi la préfecture de Guyane à l'AFP.
Ils autorisent Shell à lancer une campagne de forages exploratoires au large de la Guyane, et à mener d'ici la fin de l'année des études sismiques qui permettront d'évaluer le potentiel guyanais en hydrocarbures, après la découverte l'an dernier d'or noir par 6.000 mètres de profondeur.
Interrogée par l'AFP, une porte-parole de Shell France a indiqué qu'avec l'obtention de ces feux verts, la campagne de forages allait pouvoir démarrer très rapidement, sans doute "dans le courant de la semaine prochaine".
"C'est un soulagement", a déclaré le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, qui y voit un "signe positif" pour la Guyane et la France, vu les importantes retombées économiques potentielles du pétrole guyanais, et "pour les investisseurs internationaux".
La compagnie anglo-néerlandaise -associée en Guyane au français Total et à la britannique Tullow Oil- est ainsi sortie victorieuse du bras de fer déclenché par Nicole Bricq.
Il y a dix jours, la ministre avait annoncé -conjointement avec son homologue chargé du Redressement productif Arnaud Montebourg- une "remise à plat" de tous les permis d'exploration pétroliers et gaziers, en attendant une refonte du code minier, accusé de sacrifier l'environnement sur l'autel du libéralisme.
Conséquence immédiate: les forages programmés cet été par Shell en Guyane, préparés depuis des mois, et qui n'attendaient plus que les fameux arrêtés préfectoraux pour pouvoir démarrer, se retrouvaient du même coup suspendus.
Mais cette décision, annoncée à la stupéfaction de l'industrie pétrolière, a été rapidement contredite, après notamment la montée au créneau d'élus guyanais, très attachés aux retombées socio-économiques des forages.
Bricq débarquée de l'Ecologie
Dès le lendemain, un second communiqué commun précisait qu'il n'était "pas envisagé de remettre en cause les permis déjà octroyés pour la recherche de pétrole et de gaz conventionnel", ce qui avait été accueilli par Shell comme un premier signe positif.
Et ce mercredi, après une réunion avec le ministre de l'Outremer Victorin Lurel, des parlementaires guyanais ont annoncé à l'AFP que les arrêtés seraient rapidement signés et que les forages pourraient donc démarrer à la fin du mois.
Après cet imbroglio gouvernemental, Mme Bricq a été débarquée du ministère de l'Ecologie à la faveur du remaniement post-législatives intervenu jeudi, et recasée à la tête du Commerce extérieur. Elle a été remplacée par Delphine Batho, exfiltrée d'un ministère de la Justice où elle ne s'entendait pas avec sa ministre de tutelle... la guyanaise Christiane Taubira.
Un transfert très mal vécu par les associations de défense de l'environnement, déjà sonnées par le revirement autour de la "remise à plat" du permis de Shell.
"Il est difficile de ne pas voir l'éviction de Nicole Bricq comme la conséquence possible d'un lobbying efficace mené par l'industrie pétrolière. Il est vrai qu'en période de crise, le chantage à l'emploi est d'une redoutable efficacité", s'est alarmée vendredi l'association France nature environnement dans un communiqué.
Des soupçons d'intervention rejetés catégoriquement par le président de l'Ufip. "On est dans le fantasme, c'est totalement inapproprié", a-t-il réagi.
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Shell-finalement-autorise-a-forer-en-Guyane-au-detriment-de-la-ministre-de-l-Ecologie.htm?&rub=20&xml=newsmlmmd.ea750575f966044f663995364972af7d.3d1.xml
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MessageSujet: Re: Comment le pétrole de la Guyane a eu raison de la ministre de l'écologie   Mer 11 Juil 2012 - 14:55

intéressant
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